Face à Washington, rocambolesque pirouette allemande pour du gaz russe

Les américains auront tout fait pour bloquer les prochaines livraisons de gaz russe à l’Allemagne via la construction du deuxième gazoduc Nord Stream 2. Cette intrusion américaine dans les affaires européennes a pour but de diminuer les livraisons de gaz russe pour les remplacer par du gaz de schiste ou du gaz liquide “made in USA”.

Pour contourner les sanctions américaines, il a aura fallu trouver une faille. C’est exactement là où on n’entendait pas la contre-offensive que l’offensive arriva. Pour ce faire, l’Allemagne a créé une fondation sur le climat dont le but est d’aider à terminer la construction de ce gazoduc !


 

C’est ainsi que le «Fonds de Protection pour le Climat du lander de la Mecklembourg-Poméranie occidentale» a vu le jour avec un financement de 200’000€ par le lander Allemand et 20 millions € par le consortium Nord Stream 2 et Gazprom.

Les américains n’avaient pas imaginé la possibilité d’une pareille pirouette.

Ainsi, la fondation nouvellement créée a pour buts de promouvoir des projets de protection de l’environnement, de la nature et du climat, mais aussi de pouvoir être active sur le plan commercial et donc de financer les entreprises qui vont terminer la construction du Nord Stream 2. Le parti d’Angela Merkel a voté pour cette création, avec en arrière plan, la protection des entreprises allemandes face aux intrusions américaines.

 

Rapidement terminer le gazoduc

Il reste à terminer la pose de deux tronçons, 120 km dans les eaux du Danemark et 28 dans les eaux territoriales allemandes. En 2019, l’entreprise Allseas, basée en Suisse, avait arrêté la pose des tuyaux sous la pression américaine.  A la place, le navire russe de pose de conduites Fortuna a recommencé à raccorder 1,5 km de pipeline par jour afin de terminer le travail. Ce 18 janvier, Washington a mis sous embargo le navire russe.

Une fois les tuyaux installés, il restera à mettre en service ce gazoduc d’une capacité de 55 milliards m3 de gaz. Il doublera la capacité de son jumeau le Nord Stream 1.

Au total, l’opération aura coûté 9,5 milliards € et produira plus de 140 milliards kg de CO2 ainsi que des tonnes de méthane, gaz à effet de serre. On peine à comprendre la stratégie climatique de l’Allemagne, mais là n’est pas le propos.

Du côté de la fondation climatique, elle devrait fermer ses portes une fois le processus achevé, pirouette, cacahuète.

Energies : Tendances et Surprises à observer en 2021

Alors que nous sommes englués dans la pandémie de Corona, il est bien difficile d’imaginer ce qui va se passer durant 2021.

Au lieu de prédictions dérisoires, quelles sont les tendances à observer et les surprises qui pourraient émerger au niveau des énergies : pétrole, gaz, charbon, nucléaire, renouvelables et le climat?


Pétrole

Tendances

Au fur et à mesure que le coronavirus diminuera, la demande augmentera et pourrait passer de 90 à 96 millions de barils par jour. Les producteurs sont prêts à bondir sur leurs derricks pour ouvrir les vannes.

Les différents stimuli économiques aux USA, Asie et en Europe devraient faire remonter les cours du baril pour autant que la pandémie régresse.

Alors que la date du peak oil s’approche (soit de la demande ou de l’offre, c’est selon), l’avis général est qu’il n’est pas d’actualité pour cette année. Il devrait pointer le bout de son nez d’ici à la fin de la décennie et dès 2027 pour certains pétroliers.

La lame de fonds de la voiture électrique, dont la profondeur exclue un retour aux moteurs thermiques, devrait commencer à peser sur la demande pétrolière.

Les voyages de loisirs en avion devraient grimper alors que cette tendance pourrait encore attendre 2022 pour les voyages d’affaires.

L’OPEP n’aura plus à se soucier des tweets menaçants de Trump pour faire baisser les cours du baril.

 

Surprises

Du côté de l’OPEP, les quotas devraient perdurer durant 2021, même si de plus en plus de pays producteurs désirent extraire le maximum de pétrole, qui se trouve sous leurs pieds, sous peine de devoir le laisser là, et manquer des rentrées financières. En Arabie Saoudite, certains se demandent pourquoi le royaume devrait continuer à se sacrifier afin que les autres pays puissent encaisser des pétrodollars à leur place.

L’objectif des producteurs est de faire grimper les cours le plus haut possible pour équilibrer leurs budgets. Juste assez haut, mais pas assez pour détruire la reprise économique, telle est l’équation.

Dans quel état réel se trouve le schiste américain? Pourra-t-il rebondir? C’est la grande question de l’année.

 

 

Gaz naturel

Tendances

La Russie avance dans son tissage d’autoroutes du gaz en direction de l’Europe et de la Chine.

La construction du gazoduc Nord Stream 2, qui double les livraisons de gaz Russe à l’Allemagne, devrait se terminer. Les premiers m3 de gaz devraient couler durant l’année et ajouter 125 milliards kg CO2 dans la balance de l’Allemagne.

Au Sud de l’Europe, un nouveau gazoduc de 10 milliards m3 transite depuis l’Azerbaïdjan en passant par la Turquie.

La Turquie, Israël, Chypre et la Grèce devraient continuer à s’écharper sur le partage du gisement gazier du Léviathan en Méditerranée. On peut faire confiance au président Turc pour venir chatouiller les protagonistes et l’Europe.

 

Surprises

Promue par l’industrie gazière en tant “qu’énergie de transition“, le gaz naturel pourrait faire face à une remise en question au niveau mondial.

De nouveaux satellites ont été mis en service pour mesurer les émanations de méthane dans les gisements de gaz. Les résultats ne sont vraiment pas bons d’autant que le méthane, gaz à effet de serre, est 28 fois plus virulent que le CO2. De plus en plus de villes et de régions bannissent l’utilisation du gaz dans les bâtiments pour le chauffage et la cuisine.

Selon Wood Mackenzie, 77% des projets de gaz liquide, au niveau mondial, ne répondent pas à un objectif climatique à +2 degrés.

 

 

Nucléaire

Tendances

Les yeux vont se tourner vers Joe Biden. Il détient une clé pour la Corée du Nord ainsi que pour la remise en route de l’accord nucléaire avec l’Iran.

Si cet accord devait être remis sur la table, l’Iran pourrait arrêter l’enrichissement de son uranium à but militaire et revenir dans les limites prévues. En échange, Téhéran pourrait à nouveau exporter librement son gaz et son pétrole pour alimenter son budget. Dans le cas contraire, l’ambiance sera chaude. Dans l’autre cas, c’est l’Arabie Saoudite et Israël qui grinceront des dents car si le budget iranien augmente, le niveau de testostérone, dans la région, devrait monter de manière proportionnelle.

Comme à son habitude, la Corée du Nord et Kim Jong-un devrait nous surprendre.

Les eaux radioactives de la centrale de Fukushima sont déversées dans le Pacifique faute de place et de budgets. Quel sera l’impact sur les populations dans les mois à venir?

 

Surprises

Le “soleil artificiel” mit en service par la Chine va attirer les regards et les attentes. Un premier réacteur de fusion nucléaire a été mis en service en décembre. Les résultats sont attendus avec impatience.

 

 

Charbon

Tendances

L’Inde et la Chine dévorent le charbon. Corolaire à cette boulimie, le prix du charbon thermique a pris plus de 60% pour atteindre les 80 à 100$ selon la qualité.

La demande sera donc soutenue en 2021.

 

Surprise

Comment va répondre l’industrie du charbon face aux différentes régulations et taxations du CO2 ?

 

 

Renouvelables

Tendances

Au niveau mondial, l’énergie solaire est devenue la source d’électricité la meilleure marché. L’éolien a le vent dans le dos et de nombreux pays s’équipent. Le charbon et le gaz ne sont financièrement plus dans le coup, même s’ils restent essentiels dans la stabilisation du réseau.

Au niveau des citoyens, le partage de la production solaire entre voisins génère de l’électricité hyper locale. Cette tendance devrait progresser.

Les solutions de stockages sont financièrement de plus en plus rentables et certains pays exportent leurs électricités vertes sur des centaines / milliers de kilomètres comme Australie-Indonésie ou Allemagne-Norvège-Angleterre.  La Chine planifie l’exportation de son électricité en Europe.

Et si vous pourriez acheter votre électricité sur le modèle d’un abonnement de smartphone? Vous payez un forfait fixe par mois, qu’importe la quantité. Les plus gourmands auront droit à une option “illimitée” plus dispendieuse.

 

Surprise

Si vous pensez que l’idée précédente était incongrue, Tesla pourrait jouer le rôle de grain de poivre dans votre assiette.

Ainsi le constructeur automobile américain s’est implanté en Allemagne et en Angleterre afin de tester la communauté de partage d’électricité entre propriétaires de Tesla. Si vous avez des panneaux solaires et une Tesla, vous allez pouvoir recharger votre compte en banque électrique Tesla et l’utiliser soit pour recharger votre voiture soit pour vendre votre électricité partout en Europe. A travers le continent, les producteurs d’électricité tentent de réagir à ce changement de business modèle.

 

 

Financement des Energies

Tendances

Christine Lagarde, Directrice de la Banque Centrale Européenne, pourrait décider d’arrêter les investissements dans les obligations des grands pollueurs et les énergies fossiles. La Banque Centrale Européenne détient pour €248 milliards d’obligations d’entreprises gazières, pétrolières et charbonnières.

Si 2019 et 2020 ont lancé les prémices d’une mobilité électrique avec un Tesla en fer de lance, l’année 2021 devrait continuer sur cette tendance et voir arriver de nouveaux acteurs comme Nio. Tous deux ont crevé l’écran à la bourse.

Si les actions des entreprises actives dans l’hydrogène ont commencé à prendre l’ascenseur durant ces derniers mois, avec l’arrivée de Joe Biden et le soutient financier de la Chine pour ses champions, l’industrie pourrait être la surprise de l’année ou de la décennie.

 

Surprise

Après avoir perdu plus de 1 milliard $ dans les actions des deux fleurons américains du pétrole/gaz ExxonMobil et Chevron, la position de la Banque Nationale Suisse devient de plus en plus intenable.

Dans le cas où la Banque Centrale Européenne active son plan de désinvestissement dans les énergies fossiles, la doctrine du financement des grands pollueurs du Conseil Fédéral, des Cantons et de la BNS pourrait s’effriter.

 

 

Climat

Tendances

Après une accalmie en 2020, les émissions de CO2 et de méthane devraient remonter à des niveaux d’avant la pandémie.

L’année 2020 est l’une des 3 années les plus chaudes, qu’en sera-t-il en 2021 ?

Alors que de nombreux pays ont communiqué leurs ambitions de diminution d’émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, pour l’instant il s’agit essentiellement d’effets d’annonces. 2021 pourrait apporter des pistes et des propositions.

 

Surprises

Un retour des USA dans l’accord de Paris?  Même si actuellement ce document ressemble à un outil de communication, un dialogue entre la Chine, l’Europe et les USA pourrait émerger.

En novembre, la nouvelle COP26 à Glasgow pourrait accoucher sur d’autre chose que le traditionnel bide.

 

Finalement

A la sortie de la pandémie, au niveau des énergies, l’année 2021 sera-t-elle une année de transition ou de continuation?

Il est trop tôt pour le dire, mais il est fascinant de voir l’accélération des changements dans une industrie qui n’a été qu’un long fleuve tranquille durant plus de 100 ans.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Décembre 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Climat: 2020 très chaud, mais moins que les années à venir
– Danemark: Le pays va stopper ses extractions pétrolières et gazières
– Chine: Pékin met en service l’un de ses trois “Soleil Artificiel”
– Angleterre: Une première-station “d’essence” 100% électrique pour véhicules électriques
– Venezuela: Drôle tour de passe-passe Russe pour contourner l’embargo américain
– Pékin va financer l’Irak. La dette est plus efficace que la force pour maîtriser un pays
– Inde: 250 millions de citoyens contre les multinationales.


Avant de débuter cette revue, tous mes Voeux pour 2021!

Durant cette année de corona, les visites ont été démultipliées et vous avez été plus de 500’000 à lire les revues mensuelles. Deux points importants: pas facile de faire plus court et il y a toujours ces satanées coquilles (c’est un peu comme les oeufs de Pâques en chocolat, si vous en trouvez: bon appétit!)

Vous êtes bien installés? Ca commence….

Quelle année pour le pétrole! L’or noir en aura vu de toutes les couleurs et pour la première fois d’atteindre un prix négatif à -37$ pour un baril. Est-ce un tournant historique?  L’année 2021 nous dévoilera des indices supplémentaires. Le baril termine à 51,80$ ($56.77 début janvier 2020) à Londres et $48.42 ($51.72) début janvier 2020).

 

 Graphique du mois
Le prix du baril de pétrole durant cette année 2020

Regard sur 2020 et le possible 2021

Dans les énergies fossiles, l’histoire indiquera si 2020 fut un tournant, un point de départ ou une continuation. L’architecture industrielle et financière pétrolière a été sérieusement endommagée. Repartira-t-elle en 2021 et si oui, où?

De plus en plus d’acteurs penchent pour un peak oil entre 2025 et 2028. Le désaccord porte essentiellement sur l’année.

En ce début 2021, l’accès à certains loisirs ou voyages ne pourrait plus être accessible à celui qui n’aura pas un papier qui le déclare vacciné ou innocent.

L’OPEP, le cartel du pétrole, a baissé ses prévisions de consommation mais a paradoxalement décidé d’injecter plus de pétrole sur les marchés car de nombreux pays producteurs se trouvent financièrement dans une belle panade.

L’Agence Internationale de l’Energie pense qu’il va falloir plus de temps que prévu pour que la demande de pétrole retrouve les niveaux de 2019.

 

Climat

Alors que la Nina a refroidi la planète, la température calculée pour 2020 est supérieure de 1,2° C par rapport à la moyenne et bien supérieure à la période préindustrielle. C’est parmi les 3 années les plus chaudes, mais moins que celles à venir.

Cette hausse nous ramène à l’accord de Paris. Il y a 5 ans, cet outil de communication annonçait des mesures pour limiter le réchauffement à 1,5 degrés. Nous y sommes bientôt. Du coup, il va bien falloir annoncer un nouvel objectif. Avec +10 degrés, les gouvernements devraient avoir la paix pour un moment, non ?

L’année 2020 avait débuté sur les chapeaux de roue avec des incendies monstrueux en Australie. Elle se termine dans l’Atlantique avec un nombre record de tornades et autres cyclones après un détour en Californie avec des incendies géants et de solides typhons en Asie. 2021 et les années suivantes devraient être pire.

Global Carbon Project estime nos émissions de CO2 à 37 milliards de tonnes de CO2 en 2020 contre 40,1 en 2019. La quasi-totalité provient de l’utilisation des énergies fossiles : gaz, pétrole, charbon.

La Chine a annoncé un plan pour réduire son “intensité carbone”  de 60% d’ici à 2030. Cependant, Pékin annonce ne pas dévoiler ses plans avant que les USA ne fassent un pas.  En y regardant de plus près, “l’intensité carbone” est le ration entre l’activité économique et les émissions de CO2. Rien à voir avec une diminution des émissions. Il flotte dans l’air comme une légère impression de “on n’est pas prêt d’y arriver.”

Pour faire face au bouleversement climatique, la société a intérêt à se rapprocher au lieu de se diviser (Lire: Seules les femmes peuvent répondre au réchauffement climatique ?).

 

 

Solaire

C’est en augmentant l’efficacité des panneaux solaires, qu’il est possible d’augmenter la production d’électricité d’un panneau. Une nouvelle version avec du pérovskite/silicone fait grimper le rendement de 17% à 29,15%.

En diminuant de 89% en 10 ans, l’électricité solaire est devenue la source d’électricité la plus abordable.

 

Charbon

Les prix du charbon à usage thermique ont pris l’ascenseur, +40% à 80$ la tonne en Australie et +65% à $100 en Afrique du Sud. La forte demande, notamment en Chine, au Japon et en Corée du Sud, en est la cause.

La Chine ratisse le charbon en Russie, en Indonésie et en Afrique du Sud pour éviter de l’acheter à l’Australie. Depuis que Canberra a demandé des comptes à Pékin sur le Coronavirus, les chinois ont lancé une pression impressionnante sur l’Australie à base de cyberattaques massives et l’arrêt de l’achat de produits comme le charbon.

 

Finance

Il y a 10 ans, NextEra, Iberdrola ou Enel étaient des entreprises inconnues qui avaient misé sur les énergies renouvelables. Aujourd’hui, NextEra a dépassé la capitalisation d’ExxonMobil et de BP. Les résultats financiers les places comme les nouvelles Majors d’énergies vertes.

De l’autre côté de la force, les institutions financières traditionnelles continuent d’injecter des milliards $ dans les énergies fossiles, industrie qui saigne son argent. Depuis 2016, 1’600 milliards $ ont été déversés dans les projets de gaz, pétrole et de charbon alors que des centaines de milliards $ ont été perdus.

 

Hydrogène

L’hydrogène est en passe de devenir une source énergétique commerciale et de trading comme le pétrole et le gaz. Bank of America pense que l’industrie pourrait atteindre un marché de 11’000 milliards $. A cette hauteur, l’hydrogène remplacera le pétrole comme carburant. La Commission Européenne a élaboré une stratégie hydrogène pour toutes ses industries d’ici à 2050.

L’espagnol Iberdrola, Orsted du Danmark et l’italien Snam se sont réunis pour développer 25 GW d’hydrogène vert pour un tarif de 2$ par kg d’ici à 2026.

Le pétrolier Equinor et l’énergéticien allemand RWE ont rejoint le projet NortH2 afin de produire 4GW d’hydrogène à base d’éoliennes d’ici à 2030 et 10 GW d’ici à 2040.

Si vous avez investi dans les actions d’entreprises à hydrogène, votre année a été financièrement très prolixe notamment si vous avez misé sur Nel ASA, SFC Energy, Plug Power, Bloom Energy ou Ballard Power Systems. Dans certains cas, c’est plus fort que Tesla !

Les fabricants de camions, DAF, Daimler, Iveco, Volvo, Man, Scania et Ford vont plancher sur la construction de camions à hydrogène afin de bannir le diesel d’ici à 2040. De son côté Hyundai est en train d’introduire en Suisse une flotte de camions à hydrogène pour tester le marché Européen.

 

Gaz

Le gaz liquide est en train de remplacer le pétrole lourd pour le transport maritime, industrie qui doit réduire ses émissions de soufre.

La production de gaz naturel liquide implique l’émissions de grandes quantités de gaz à effet de serre. Selon Wood Mackenzie, 77% des projets de gaz liquide ne répondent pas à un objectif climatique à +2 degrés.

 

Véhicules électriques

Dans les 2 ans, les coûts d’une batterie devrait passer sous les $100 le kWh. Les prix ont chuté de 90% entre 2010-2019 avec un prix moyen de $137/kWh selon le BloombergNEF contre 1’200$ en 2010.

Il ne va falloir que quelques années avant que les voitures électriques soient moins dispendieuses que les voitures thermiques.

Dessin: Hedgeye

 

Dans le top du hit parade du mois

Danemark

Une première dans le hit parade pour ce pays. Mais contrairement à pas mal de contrées (comme la Suisse ou la France), il met en pratique ce qu’il dit au niveau énergétique et climatique.

Ainsi, le gouvernement a décidé de cesser l’exploitation pétrolière et gazière dans la Mer du Nord. Le Danemark porte ses ambitions d’une diminution de 70% de ses émissions de CO2 d’ici à 2030. Avec 103’000 b/j de pétrole et 3,2 milliards m3 de gaz, le Danemark est le plus grand producteur pétrolier de l’Union Européenne. En plus, Copenhague va également investir 1,6 milliards € dans les initiatives climatiques.

Le plus grand fabricant éolien du monde, Vesta a investi € 500 millions dans un partenariat avec le fond d’investissement Copenhagen Infrastructure Partners (€ 14 milliards d’actifs sous gestion) afin d’augmenter les projets à travers le monde. Le marché devrait quadrupler durant les 10 années à venir. Pas du bénévolat, mais pour créer des emplois

 

Les Etats-Unis d’Amérique

Les USA étaient rentrés dans l’année 2020 dans la peau du plus grand producteur mondial de pétrole avec 13 millions b/j. Quelle culbute !
Il aura fallu une pandémie pour massacrer l’architecture financière pétrolière ainsi que son industrie. La Russie et l’Arabie Saoudite ont retrouvé leur leadership.

Trump s’est appuyé sur une “dominance énergétique”, Obama-Biden avaient inventé la doctrine “d’abondance énergétique” en supportant corps et âme le pétrole de schiste. Que va faire l’administration Biden-Obama dans les 4 années à venir ?

La New York State Common Retirement, le 3 ème plus grand fonds de pension du pays avec 226 milliards $, va retirer ses investissements de 12 milliards $ dans les énergies fossiles dont le pétrole et le gaz de schiste. En juin, elle était sortie de ses investissements dans 22 entreprises charbonnières.

La fondation Rockefeller, créée en 1913 par John Rockefeller et les revenus pétroliers, a décidé de se désengager des investissements pétroliers.

Durant 2020, le nombre de forages pétroliers ont diminué de 467.

La fille de Donald Trump, Ivanka et son mari Jared Kushner ont acheté la maison de Julio Iglesias en Floride pour la modique somme de 30 millions $.  Espérons que personne ne les fasse chanter.

General Motors et sa compagnie Cruise ont lancé leurs voitures sans conducteurs dans les rues de San Francisco. Le service de taxis robots entre en compétition avec Uber et Lyft.

ExxonMobil, le fleuron pétrolier américain depuis 135 ans, aligne une perte de 2,4 milliards $ durant les 9 premiers mois de l’année.

Malgré le double effet KissKool, Trump et le corona, les installations d’énergies renouvelables ont grimpé de 43% cette année, +23 GW en 12 mois.

Après un premier déversement de $2’200 milliards dans le système financier US, une nouvelle enveloppe de 2’600 milliards a été posée sur la table par la Banque Centrale. Ainsi, l’aviation devrait recevoir à fonds perdus 50 milliards $, 2 milliards pour les aéroports, 10 milliards pour les autoroutes, 2 pour les lignes de bus inter-villes, 35 milliards $ pour la recherche sur les énergies éoliennes, solaires, batteries, nucléaire et séquestration du CO2.

546 centrales à charbon(30%) ont été mises à l’arrêt depuis 2010 et 50 entreprises ont fait faillites. Au total 100 GW d’électricité au charbon ont été retiré des lignes pour être remplacé par des centrales à gaz de schiste. Climatiquement, le gaz et le charbon sont pratiquement aussi nocif l’un que l’autre. Donc, pas d’amélioration de ce côté-là.

 


FED : Banque Fédérale Américaine qui continue d’injecter des liquidités dans le marché amérricain

 

Chine

Dès 2028, la Chine devrait devenir la première puissance économique devant les USA. Grâce au corona, Pékin a gagné 5 années sur les précédentes estimations selon le Centre of Economic and Business Research basé à Londres.

Le plus grand raffineur du pays, Sinopec, prévoit que la demande de produits pétroliers pourrait atteindre son pic en 2025 notamment avec l’introduction des voitures électriques. La demande de diesel pourrait toucher son pic dès l’année prochaine. Durant cette année 2020, la demande de carburants a diminué de 7%.

Les ventes de voitures électriques entre janvier et octobre s’élèvent à 914’000 unités (-9.2% par rapport à 2019). Elle pourrait atteindre les 1,8 millions d’unités en 2021.

Pékin a mis en service son “soleil artificiel” afin de tester la fusion nucléaire avec son HL-2M Tokamak installé à Chengdu. En théorie, la fusion nucléaire se fait sans émission de gaz à effet de serre, sans production de déchets radioactifs et avec moins de risques d’accident. Avec ce système, la Chine espère pouvoir générer de l’électricité d’ici à 2040. Ce soleil artificiel devrait atteindre les 150 millions de degrés Celsius. La Chine possède deux autres soleils artificiels.

Pékin termine sa prise en main de Hong Kong et en mettant en prison tout ce qui bouge. Même le richissime et propriétaire du journal Apple Daily, Jimmy Lai, a été emprisonné avec Joshua Wong du mouvement de démocratie. Alors que la Chine est en passe de devenir la première puissance mondiale, est-il possible d’imaginer l’impact des us et coutumes chinoises aux USA et en Europe ?

La mise en place du marché carbone va être retardé pour ouvrir durant la première partie de 2021.

D’ici à 2025, la Chine va étendre son programme de modification du climat notamment avec l’iodure d’argent injecté dans les nuages. L’objectif est de créer artificiellement de la pluie et de la neige sur une surface de 5,5 millions km2. Lors des Jeux Olympiques de 2008, un système similaire avait été employé pour diminuer les pluies et réduire le smog. Le gouvernement a injecté 1,3 milliard $ dans différents programmes entre 2012 et 2017.

 

Emission de CO2 / énergies fossiles

Coal:charbon;  NG: gaz naturel ;  oil: pétrole;   FF = énergies fossiles   Gto : giga tonnes

 

 

Europe

Le Brexit s’est opéré. Bon, ça c’est fait.

 

Russie

Le budget de l’Etat ne dépend plus qu’à 30% du pétrole et au gaz selon Vladimir Poutine. En 2019, cette part était encore de 40%. Moscou a réussi là où les pétromonarchies du Moyen-Orient restent engluées dans les hydrocarbures. La Russie peut compter sur ses exportations de bois, de minerais, de produits agricoles et d’armements.

Le gazoduc Nord Stream 2 pourrait commencer à livrer son gaz à l’Allemagne d’ici à la fin 2021. La pression économique américaine sur les entreprises européennes impliquées a réussi à freiner le projet mais pas à le stopper. Grace à ce gazoduc, l’Allemagne va doubler ses importations de gaz russe à plus de 110 milliards m3/an.

La stratégie énergétique Russe repose sur les gisements d’hydrocarbures dans la région Arctique du Yamal et la péninsule du Gydan. Selon Vladimir Poutine, dans les 10 à 15 ans, ces régions seront utilisées notamment pour alimenter la Chine en énergie.

Rosneft, le géant pétrolier Russe, aurait fait une découverte massive d’un champ gazier dans la Mer de Kara.

Toutes les personnes vaccinées avec le vaccin Sputnik V devront éviter de boire de l’alcool pendant 42 jours selon le ministre de la santé.

Le ministre iranien du pétrole, Zanganeh, s’est rendu à Moscou afin “d’examiner l’évolution des marchés pétroliers mondiaux car nous sommes dans une situation délicate”.

 

Angleterre

Même s’il n’a aucun plan, le premier ministre Johnson ambitionne une réduction de 68% des émissions de CO2 d’ici à 2030 (par rapport à 1990).

Hurricane Energy, le groupe pétrolier anglais, est sur le point de faire faillite. Il y a longtemps, le groupe de la Mer du Nord était une étoile montante de l’énergie en Europe.

Les éoliennes de la Mer du Nord sont en train de remplacer le pétrole et le gaz. Plus de 27 milliards $ sont prévus pour multiplier par 4 la production actuelle.

La première station-service entièrement électrique a été inaugurée à Essex. Elle est la première des 100 stations prévues par Gridserve et Hitachi Capital UK. La station comprend 26 chargeurs rapides (300km en 20 minutes) avec de l’électricité à 100% renouvelables.

British Airways va collaborer avec ZeroAvia afin de construire un avion à hydrogène. L’entreprise a levé 37,7 millions $.

Easyjet va repousser ses achats de 22 avions Airbus de 2022 à 2027. En 2020, l’entreprise a essuyé sa première perte annuelle de son histoire. Pour soulager sa trésorie, Easyjet a vendu plusieurs avions  et supprimé 4’500 emplois.

EDF a demandé au gouvernement anglais de se pencher sur sa proposition de construire deux nouveaux réacteurs nucléaires EPR sur le site de Sizewell C, dans le comté de Suffolk. Particularité très intéressante, EDF demande aux consommateurs de payer dès aujourd’hui, les 23 milliards € pour la fabrications des 2 réacteurs nucléaires, qui pourraient être mis en fonction dans 10-15 ans. Ainsi EDF demande une hausse immédiate de la facture d’électricité pour alimenter le fonds de construction. Grâce à ce stratagème, EDF transvase ses risques et ses frais financiers sur les citoyens.

L’Angleterre possède 15 réacteurs nucléaires. D’ici à 2024, 4 des 8 centrales devront fermer. D’où la pression d’EDF pour remplacer les vieilles centrales par de nouvelles.

 

Production éolienne en Angleterre

 

Allemagne

Les débuts commerciaux de NordLink de 1,4 GW, qui relie électriquement la Norvège et l’Allemagne, ont débuté le 9 décembre. A terme, le projet reliera l’Allemagne, l’Angleterre et la Norvège pour des échanges électriques.

Siemens prévoit un rebond de l’industrie ferroviaire et notamment des trains de nuit qui relient les capitales ainsi que l’installation de nouvelles lignes afin de diminuer les émissions de CO2. Le marché global des trains devrait grimper de 25% dans les 3 prochaines années.

 

Norvège

Le groupe technologique Wärtsilä and Grieg Edge et le hub d’innovation norvégien Grieg Star penchent sur un tanker propulsé à l’ammoniaque pour 2024.

 

Finlande

La Radiation and Nuclear Safety Authority de Finlande (STUK) a annoncé un incident dans une centrale nucléaire à Olkiluoto. Le taux de radiation dans la Centrale a augmenté mais est restée confinée. La purification d’un système d’eau pourrait en être la cause.

Sur la même île d’Olkiluoto, EDF-Areva avait débuté en 2005, la construction d’une centrale nucléaire EPR pour un montant de 3 milliards € et une mise en service en 2009. Finalement, la centrale devrait être mise en fonction en février 2022 pour une douloureuse estimée à 10 milliards €. Bonne nouvelle pour la Finlande, l’Etat français devrait financer une partie de ce surcoût.

 

Hollande

Plusieurs cadres de Shell, en charge de la stratégie de développement durable, ont démissionné. Une lutte interne met face à face ceux qui continuent dans la direction carbone/pétrole et ceux qui imaginent une ouverture sur les énergies renouvelables. Marc van Gerven, responsable du stockage solaire et production éolienne, Eric Bradley division énergie et Katherine Dixon, transition énergétique, Dorine Bosman vice-présidente pour l’éolien, ont quitté l’entreprise.

Les employés sont en train de questionner si les changements vont intervenir. La direction ne semble pas vouloir d’un changement radical.

Shell va à nouveau réduire ses coûts et ses actifs. Cette fois, c’est le Golfe du Mexique avec 4,5 milliards $ de coupes avec la fermeture de raffineries et de l’arrêt de gaz naturel liquide. Shell avait déjà passé à la trappe 18 milliards $ d’actifs depuis le début de l’année et arrêté l’achat de ses actions. Afin de retrouver du cash, le PDG, Ben van Beurden, a annoncé une période de hausse des dividendes après que l’action a dévissé de -40% cette année. Shell va supprimer 9’000 emplois.

 

Suisse

Il ne s’y passe rien. Tout le monde attend que la loi sur l’énergie bouge… ou pas.

Juste un petit détail. Entre 2014 et 2020, la Banque Nationale Suisse, la BNS, s’est pris un énorme râteau de 1 milliard $ dans ses investissements dans les 2 pétroliers américains: ExxonMobil et Chevron. Mais comme le gouvernement Suisse ne sait pas quoi faire avec 1 milliard, c’est tout bon.

 

France

Alors que le site nucléaire EPR de Flamanville croule sous les retards et les dépassements de budget, EDF annonce que Penly devient le site retenu pour les prochains réacteurs nucléaire EPR. Le site de Penly est construit sur un polder et vulnérable à la montée des eaux.

 


(Gas = Essence)   Les Banques Centrales qui éteignent le feu

 

Moyen-Orient

Irak

Le pays a extrait 3,685 millions b/j en novembre sous les quotas de l’OPEP de 3,8. Le mauvais temps et la crise interne ont freiné le processus.

Le gouvernement va dévaluer sa monnaie de -23% pour faire face aux problèmes économiques. Même avec ce tours de force, le budget 2021 du pays ne sera pas bouclé.

Englué dans des dettes, suite à la chute du baril de pétrole, l’Irak a fait appel à la Chine pour se financer. Ainsi ZhenHua Oil Co va pouvoir extraire 130’000 b/j pendant 5 ans avec un payement une année à l’avance de 2 milliards $. La stratégie de la dette a été développée par la Chine dans son concept de route de la soie. Il est plus facile de contrôler un pays par une dépendance financière qu’avec des armes.

 

Arabie Saoudite

Le pays a dévoilé un budget en diminution de 7% à 263 milliards $ pour 2021. La plus grande dépense du pays est réservée à l’armement et non aux clubs de foot.

Les exportations pétrolières ont augmenté à 6,15 millions de barils par jour (b/j) en octobre.

Dans le port de Jeddha, un tanker pétrolier de la compagnie Hafnia a été attaqué par un bateau rempli d’explosifs. L’incendie a pu être maitrisé avant que la situation ne dégénère.  L’attaque pourrait avoir été menée par les Houthis du Yémen.

 

Iran

Le président Rouhani espère que l’administration Biden va renouer avec l’accord sur le nucléaire de 2015. La suite s’écrira en 2021.

Si les sanctions sont levées, Téhéran pourrait extraire 4,5 millions b/j et en exporter 2,3. Le budget du pays se base sur cette option.

Les images satellites utilisées par TankerTrackers estime les exportations pétrolières à 1,2 million b/j. Si tel est le cas, les sanctions américaines peinent de plus en plus à se matérialiser.

 

Oman

Le pays a établi une nouvelle entreprise pétrolière : Energy Devlopment Oman (EDO) et se focaliser sur le plus grand gisement du pays, le Block 6 d’une capacité de 650’000 b/j.

Pour les pays producteurs, il est important de pouvoir extraire un maximum de pétrole avant qu’il ne faille le laisser dans le sol à cause de la baisse de la demande et du climat.

 


Marchés boursiers: Votre problème? Vous êtes fous!

 

Les Amériques

Schiste Etats-Unis

La production de schiste a chuté à 7,4 millions b/j par rapport au pic de janvier à 9,1 millions selon l’EIA.

En 2020, 45 entreprises de schiste ont fait faillite selon Haynes & Boone. Pour mémoire, en 2016, 70 entreprises de petites tailles avaient capitulé. En comparaison, la cuvée 2020 a touché les gros calibres comme Whiting Petroleum en avril, Unit Corp en mai, Chesapeake Energy en juin et Oasis Petroleum en septembre. Pour la petite histoire, la Banque Nationale Suisse avait des actions dans toutes ces entreprises.

Selon Bloomberg NEF, les producteurs de schiste auraient réduit leurs coûts de 56,50$ en 2019 à 40$ par baril. Dans les gisements prolifiques du Bassin Permien et d’Eagle Ford au Texas, le chiffre de $36,50 est articulé contre 44$ en 2019.

L’Etat du Nouveau Mexique a demandé l’arrêt de la vente d’eau potable pour l’extraction de pétrole et de gaz de schiste. L’objectif est de garder l’eau potable pour la population et de protéger les nappes phréatiques.

 

Venezuela

Une barge pétrolière de stockage, le Nabarima, est en train de couler lentement dans le Golfe de Pariag entre Trinidad et le Venezuela. PDVSA, l’entreprise nationale, tente de récupérer le 1,3 million de barils de brut lourd afin d’éviter une marée noire. Le processus devrait prendre plusieurs semaines. La cargaison est 1,3 fois plus importante que l’Exxon Valdez.

Le Russe Rosneft était en charge des exportations pétrolières du Venezuela jusqu’à ce que les américains menacent financièrement l’entreprise pétrolière. Du coup, Rosneft s’est retiré à 100% de ce business. Dans l’épisode 1, l’administration Trump avait réussi à faire plier Moscou. Dans l’épisode 2, de nouvelles entreprises ont repris le relais comme Xiamen Logistic Grass, Olympia Stly Trading, Zaguhan & Co., Karaznbas, Kalinin Business International et Poseidon GDL Solutions. Toutes ses entreprises sont établies en… Russie.

 

 

Mexique

La société pétrolière nationale Pemex aligne plus de 100 milliards $ de dettes. Pour soulager l’entreprise, le président Lopez Obrador a décidé de réduire les taxes de 65 à 54%.

La production pétrolière de Pemex continue de dégringoler. Les prévisions pour 2021 passent de 2,02 millions b/j à 1,85.

 

Canada

Hydro-Québec a lancé l’entreprise EVLO Energy Storage Inc qui commercialisera des systèmes de stockage d’électricité à l’attention des distributeurs d’électricité, des distributeurs et des industriels.

Comme son voisin du Sud, le Canada ouvre la porte aux centrales nucléaires de plus petite capacité, les Small Modular Reactor (SMR). Le Ministre des Ressources Naturelles a proposé un plan d’action dans un pays qui possède de grands gisements d’uranium. Il faudra encore une bonne dizaine d’année avant de voir l’émergence de cette technologie. Pour l’instant la faisabilité et les coûts sont inconnus.

 

 

Asie

Inde

Alors que la pandémie est toujours présente, les raffineries pétrolières du pays sont reparties à presque 100% de leur capacité. La forte demande de diesel et d’essence est générée par l’utilisation de voitures au lieu d’utiliser les transports publics bondés.

Plus de 250 millions de citoyens et d’agriculteurs se sont mis en grève afin de se défendre dans ce qui représente le plus grand mouvement social au monde. L’objectif des multinationales est de contrôler les achats directs des paysans et de les interdire de vendre directement leurs produits sur les marchés. Surréaliste.

Le premier ministre Narendra Modi a lancé la construction d’un mégaprojet d’énergies solaire et éolien d’une capacité de 30’000 MW. Il devrait devenir le plus grand parc au monde. L’objectif du gouvernement est d’atteindre 175 GW de renouvelable d’ici à 2022 et 450 GW en 2030.

Le parc produira également de l’énergie pour déssaliner 100 million litres d’eau par jour pour 800’000 habitants proche de la région aride du Pakistan. Avec le réchauffement climatique, l’eau devient une ressource stratégique vitale.

 

Japon

Toyota commercialise sa deuxième génération de voiture à hydrogène, la Mirai avec une autonomie de 850 km avec un plein.

Dès le printemps 2021, elle sera disponible en Europe pour 68’100$. La première version de la Mirai date de 2014 et avait généré 13’000 ventes. La voiture utilise 3 containers d’hydrogène, un moteur électrique et peut être construite sur les mêmes lignes de production qu’une voiture thermique. Toyota aimerait en vendre 30’000 par année.

Les concurrents, Hyundai et Honda sont également sur les rangs et notamment dans les camions.

 

 

Afrique

Libye

Un calme relatif est revenu dans le pays. On dirait que la Turquie et Poutine se sont mis d’accord.

Du coup sur le terrain, le général Haftar a débloqué les ports et les exportations de pétrole. Ainsi, la production est retournée au-delà du million b/j ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour l’OPEP et son souhait de réduire l’offre.

Bien que membre du cartel, la Libye n’est pas soumise aux quotas actuels.

Nigeria

La production pétrolière du pays a chuté de -14% de 1,7 à 1,5 millions b/j. L’industrie croule sous la corruption.

 

Phrases du mois

En choisissant d’exclure la culture de la vie sociale alors qu’il laisse tourner les marchés, le pouvoir énonce clairement ses valeurs. Ce qu’il nous promet pour demain sera encore plus cruel pour les hommes que pour les artistes aujourd’hui. Une société où les rapports humains seront régis par la force et la violence mortifère de l’argent. En somme, le contraire de la civilisation.”  François Corneloup, Saxophoniste

Le marché pétrolier ne sera pas dirigé par les spéculateurs, mais par les décideurs politiques“. Prince Abdulaziz bin salman, Arabie Saoudite.

Bien que la technologie des piles à combustible à hydrogène soit très prometteuse, nous savons que son adoption généralisée prendra du temps. De nombreux facteurs influenceront ce délai, notamment les réglementations en matière d’émissions, les infrastructures, la disponibilité de l’hydrogène et le coût d’utilisation. Les autobus et les trains seront probablement parmi les premières applications à passer à l’hydrogène. La Hydrogen Council prévoit que les poids lourds seront les plus avancés avec 2,5 % d’adoption de l’hydrogène d’ici à 2030”  Amy Davis, présidente de New Power Business, Cummins

«La ligne de démarcation s’est estompée entre la propagande et ce que l’on pourrait considérer comme du journalisme, cela peut se décrire comme une décadence de la vérité”. Barak Obama

Pour écrire cette revue, avec les sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch,  et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde comme FT.com, Bloomberg, RT Russia, NHK, etc.

Pour lire la revue complète 2000Watts.org

 

 

Que faire avec 1 milliard de dollars ?

La question, posée aux restaurateurs, aux entreprises et personnes touchées par le coronavirus, apporterait des solutions capable de transformer des situations désespérées en bouffée d’air. Passer de la survie à la vie.

Dans ce cas précis, 1’000’000’000 de dollars (1 milliard), représente la somme estimée* que la la Banque Nationale Suisse a perdu dans ses investissements dans les deux plus grandes compagnies pétrolières et gazières des Etats-Unis ExxonMobil et Chevron entre le 1 janvier 2014 et septembre 2020.

Alors que le Conseil Fédéral peine à délier les cordons de la bourse, la position et les agissements de la BNS sont de moins en moins compréhensibles dans cette situation de crise économique.


 

Après avoir investi plus de 10 milliards $ dans plus de 200 entreprises américaines actives dans les énergies fossiles, les pertes de la BNS se chiffrent en milliards.  Si la Banque Nationale ne voit aucun inconvénient à dilapider des fortunes aux USA, pourquoi ne soutiendrait-elle pas les entreprises suisses autrement que par des prêts remboursables ?

Avancer l’excuse du soutien au Franc Suisse pour ne pas le faire, ne ferait que de précipiter l’hilarité.

 

Devant cette énigme, les réponses varient:

Une élue verte me confia: “comme la question climatique/énergétique est en suspend, la thématique des genres et des minorités me tient plus à cœur d’autant qu’elle est portée par les médias.

Du côté d’un élu PLR : “Je fais une confiance absolue à la Banque Nationale Suisse pour gérer notre économie.

 

Quand à la BNS, les réponses à mes questions sont apportées par sa porte-parole:
Confirmez-vous vos pertes de plusieurs centaines de millions $ dans vos investissements dans ExxonMobil et Chevron?
La BNS ne s’exprime pas sur les différentes positions concernant son portefeuille d’actifs.

Comment justifiez-vous ces investissements et surtout pourquoi ne pas s’être désengagé depuis la chute des cours pétroliers?
La BNS ne s’exprime pas sur les différentes positions concernant son portefeuille d’actifs.

Est-ce que la BNS effectue un monitoring de ses investissements pour minimiser ses pertes ou augmenter ses profits?
La politique monétaire étant prioritaire, la liquidité et la sécurité des placements prennent une importance plus grande que la maximisation du bénéfice. ….. Pour satisfaire à l’exigence de sécurité, les placements sont structurés de telle sorte que l’on puisse s’attendre au moins au maintien de la valeur réelle à long terme. Toutefois, les rendements doivent être suffisants pour assurer la conservation à long terme de la valeur des placements en francs. …

En résumé: la BNS surveille ses investissements et dès que cela déraille, elle intervient pour se désengager, en théorie du moins.

 

Si 1 milliard n’est pas important, pourquoi ne pas l’utiliser pour l’économie Suisse?

Dans la réalité, si la BNS avait effectivement mis au point des mesures de surveillance, les investissements d’ExxonMobil, comme de nombreuses entreprises de pétrole ou de gaz de schiste américaines, auraient été clôturés depuis bien longtemps.

Dans les faits, la BNS semble à chaque fois tomber de sa chaise quand je lui informe des résultats de mes recherches. C’est d’ailleurs mon article de juin 2015 qui avait dévoilé les investissements de la BNS dans les énergies fossiles aux USA (charbon, gaz, pétrole).

En conclusion: Investir 2 milliards dans ces deux entreprises et perdre 1 milliard est-ce acceptable ?
A cette question, la BNS répond “Oui”.

Alors pourquoi ne pas donner (et non pas prêter) 1 milliard aux entreprises suisses touchées par le coronavirus ?

 

Détails des chiffres publiés par la Banque Fédérale Américaine

En reprenant les chiffres publiés par la Banque Fédérale Américaine, il est possible de tracer les achats et ventes effectués par la Banque Nationale Suisse (dans ce cas avec un intervalle temps de 6 mois) sur les titres d’ExxonMobil et Chevron. Sur cette base, une estimation des bénéfices et des pertes peut être réalisée afin d’offrir une ordre de grandeur. On notera dans le tableau, la forte chute des cours d’ExxonMobil depuis 2017.

 

 

Le montant des pertes n’est officiellement pas communiqué par la BNS d’où la nécessité de faire cette étude avec les chiffres communiqués, en toute transparence, par la Banque Fédérale Américaine.
La Banque a acheté pour 2,1 milliards $ d’actions de Chevron et ExxonMobil. La diminution d’actifs se monte à 1,03 milliard $, soit une diminution de moitié.

Si la BNS utilisait la même transparence que la FED, cette étude n’aurait pas lieu d’être.

A cette perte, il faut ajouter un revenu estimé de 350 millions $ de dividendes distribués par les deux
entités.  Ce montant, n’est également pas communiqué par la BNS et ne peut être qu’évalué.

 

 

Sources et matériel d’information

Si vous désirez m’aider dans mes recherches financières sur la Banque Nationale Suisse, voici les liens pour avoir accès aux documents officiels de la FED. Et je reste à disposition pour toute question.

Banque Fédérale Américaine  Indiquez “Swiss National Bank”  pour obtenir le noms des 2’540 entreprises américaines financée par la BNS

Historique des dividendes:  ExxonMobil, Chevron

 

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16 mai 2019:  Et si la Banque Nationale Suisse soutenait l’Innovation?

4 avril 2019: La Norvège met la Banque Nationale Suisse sous Pression

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30 juin 2015: Banque Nationale Suisse: 2 milliards dans le schiste américain

 

Les fuites de méthane du gaz naturel scrutées depuis l’espace

De plus en plus de publications d’études scientifiques dévoilent de larges fuites de méthane lors de la production, le transport et la combustion du gaz de schiste aux USA, au point que de nombreuses villes américaines ont interdit, pour des raisons climatiques, l’utilisation du gaz naturel pour le chauffage et la cuisine.

En 2018, les premières mesures avaient été révélées par l’Environmental Defense Fund (EDF) et l’université de Harvard. Elles avaient révélé des émissions 60% plus élevées que les mesures des exploitants gaziers et du gouvernement Trump via son agence environnementale “Environmental Protection Agency” (EPA).


Des Etats-Unis à l’Europe

Il est vrai que la pratique d’extraction de schiste est très polluante et inquiète la population américaine. Cette sensibilité plus exacerbée avait poussé certains organismes, universités et scientifiques à obtenir des données factuelles et plus précises qu’un gribouillage sur un papier. Ainsi, l’utilisation d’images satellites et de technologies spatiales ont émergé.

Les études publiées, notamment dans Nature Magazine, démontrent que l’industrie pétrolière et gazière a sous estimé de 25 et 40% ses émissions de méthane.

En Europe, les producteurs et revendeurs de gaz naturel ont réussi à éviter que les projecteurs éclairent cette problématique environnementale alors que les exploitants de gaz ont positionné leur produit comme “le parfait outil de la transition énergétique“. Ce concept avait été élaboré dans les années 80 par le lobby américain gazier. Aujourd’hui, il est largement remis en cause (lire National Geographic).

L’Europe pouvait s’émanciper des mauvais chiffres du schiste américain, car le gaz consommé en Europe vient de Russie, d’Algérie, d’Iran, de la Mer du Nord avec une extraction conventionnelle moins polluante.

Cependant, les nouvelles données venues du ciel montrent que l’exploitation traditionnelle de gaz naturel dégage également de fortes émissions de méthane.

 

Emissions de méthane dans la production de gaz naturel.
Kayrros a publié une liste de points sensibles à travers l’Europe.
Selon les images satellites,  une fuite de 17 tonnes par heure vient
du champ gazier de Yamal opéré par le russe Gazprom.
La carte montre également tous les points d’émissions importants.
Source Kayrro

 

Des émissions de Méthane sous estimées jusqu’à 40%

En collaboration avec le système spatial Européen Copernicus Images, l’entreprise énergétique Kayrros permet maintenant de quantifier des fuites mondiales de méthane notamment au niveau du gaz et du pétrole. Le méthane est 28 fois plus virulent que le CO2 et les fuites de méthane représentent un équivalent de 1,8 gigatonne de CO².

Kayrros a rejoint le GHSSat qui répertorie les émissions de gaz à effet de serre depuis l’espace. En octobre dernier, le GHSSat a estimé des fuites records à 142’000 tonnes de méthane entre janvier et septembre 2019


Forage de Schiste dans le Bassin Permien, USA
Source: European Space Agency

 

Ces données remettent en cause la légitimité du gaz naturel comme énergie de transition

Ces nouvelles technologies et données sont une bonne nouvelle pour le climat. Elles permettent de découvrir les sources d’émissions de gaz à effet de serre, de localiser de manière précise les lieux d’émissions, d’identifier les entreprises et de s’y attaquer de manière chirurgicale pour autant qu’une volonté politique et économique sont en place.

Avant de se faire pointer du doigt, les pétroliers et gaziers BP et Shell ont pris les devants et investissent à leur tour dans l’imagerie satellite afin de découvrir les fuites de leurs propres installations.

De leur côté, les géants américains comme Chevron et Exxon ainsi que l’administration américaine ou les Russes de Gazprom, on préfère ne pas en tenir compte des fuites de méthane pour des raisons économiques. Ainsi Washington, via son agence de l’environnementale, EPA, est en train d’éliminer toutes les législations concernant les émissions de méthane. L’objectif est de diminuer les coûts de production et de relancer la production gravement impactée par le coronavirus.

 

La courbe de l’augmentation des émissions de méthane

 

En Europe, à l’image des villes américaines, des régions et des villes étudient l’interdiction de l’utilisation du gaz pour le chauffage et la cuisine notamment dans les nouvelles constructions. Cependant, au niveau de la Banque Européenne, de la Banque Mondiale et du FMI, les grandes institutions continuent de soutenir massivement et financièrement l’utilisation du gaz pour générer l’électricité.

Pour combien de temps encore ?

La réponse viendra-t-elle du ciel ?

 

Exemple de fuites de méthane dans un forage de gaz de schiste dans le Bassin Permien aux USA
Source: GHGSatCopernicus

La Banque Nationale Suisse investit dans les Banques de Schiste

Pour ceux qui étudient les investissements de la Banque Nationale Suisse SA, la société anonyme est une source d’émerveillement permanent.

Alors qu’elle se doit d’éviter les investissements dans le pétrole et gaz de schiste, le charbon, l’uranium, les énergies fossiles, les armes et les institutions bancaires, la direction préfère cocher toutes les cases.

Comme personne ne semble s’en offusquer, même pas le comité d’éthique ou les ministres des finances des cantons, la BNS a tenté le grand chelem: investir dans des banques qui investissent dans le pétrole de schiste aux USA! Deux interdits dans le même acte faisant une pierre deux coups. La performance est éclatante. Dans cet achat d’actifs, la BNS n’a perdu que 37 millions $ depuis le début de l’année.


Le pot aux roses a été découvert via une publication de Bloomberg d’une liste de 11 banques américaines en difficulté à cause de leurs implications importantes dans le schiste. Sur les 11 institutions bancaires pointées du doigt, la BNS n’en a ratée aucune. Respect!

 

Depuis le début de l’année, la valeur de ces banques n’a perdu que 37,6 millions $.

 

Cependant, la BNS ne s’est pas limitée à investir que dans ces banques. Elle a déversé son argent dans tout le système bancaire local américain. Vous pouvez trouver toutes les banques dans ce fichier mis à jour le 31 mars 2020.

 

Qu’en pense la Banque Nationale Suisse?

Devant cette découverte, j’ai pris contact avec le service de communication de la Banque Nationale Suisse avec ces questions:
   A) Pourriez-vous m’indiquer les motifs des investissements de la BNS dans des banques aux USA?
   B) Si vous n’avez pas cette liste, voulez-vous que je vous la fasse parvenir?
   C) Quel est votre avis sur ces investissements qui se heurtent à deux de vos règles en même temps (banque et environnement)?

L’éclairage est tombé comme la nuit: “Dans sa stratégie de placement, la Banque nationale suisse renonce à acquérir des actions de banques et d’autres établissements à caractère bancaire à moyenne ou à grande capitalisation de pays industrialisés. Elle s’abstient par ailleurs d’acheter des actions d’entreprises qui violent massivement des droits humains fondamentaux, qui causent de manière systématique de graves dommages à l’environnement ou qui sont impliquées dans la fabrication d’armes condamnées sur le plan international.

Bref, le message standard “copier/coller” envoyé aux curieux dont je dois avoir 20 copies.

Devant cette non-réponse, je me suis permis d’insister. Au bout de 3 échanges, une information cruciale et décisive a enfin fini par transpirer: la directrice zurichoise de la communication n’apprécie pas l’humour et l’insistance des Welsches. Punkt Schluss!

 

Est-ce que la BNS investit contre votre entreprise suisse?

Si vous aussi vous voulez vous amuser, voici la liste des investissements de la BNS dans le marché américain au 31 mars 2020. Elle est mise gratuitement à disposition par le gouvernement américain.

Si vous êtes un entrepreneur, un chef d’entreprise, un innovateur de start-up, un PDG d’une multi-nationale comme ABB, vous pourrez immédiatement prendre connaissance des millions de $ que la BNS investit dans vos concurrents directs aux USA.

Ne parlez surtout pas de concurrence déloyale contre les entreprises suisses, la directrice de la com de la BNS n’apprécierait pas !

 

 

 

Chaos sur le pétrole américain. Il termine à moins 37$. Oui, -37$ !

Journée chaotique, historique et vice versa. Le prix du baril de pétrole américain, WTI, est passé sous la barre des zéros, à -37.36$ le baril pour être précis.

Pour bien comprendre, ce lundi, les heureux propriétaires de pétrole américain ont payé 37,63$ à celui qui voudra bien leur débarrasser de leur pétrole! L’industrie pétrolière a réinventé les soldes ou un moyen de piquer la une au coronavirus sur facebook.

La journée se termine alors que le baril valait encore +18,27 à l’ouverture, soit une chute de 55$! Après cette dégringolade, le WTI va remonter rapidement. Comment en est-on arrivé là?


 

Courage, fuyons

La semaine dernière, les t-shirts et casquettes “le pétrole à 19$, j’y étais” avaient été imprimés. Cet événement ne s’était plus reproduit le début du millénaire. Il fallait bien marquer le coup.

Mais hier, l’or noir a fait encore plus fort même si techniquement cette chute s’explique. Les traders ont dû liquider leurs positions sur les livraisons en mai. Dans les grandes lignes, certains traders avaient misé sur un contrat “future“: acheter hier pour se faire livrer en mai.

Ainsi, les heureux détenteurs de “ces futures” avaient le choix: soit de prendre physiquement possession de ce pétrole d’ici à la fin mai, soit de les vendre aux plus offrants ou moins offrants, c’est selon.

Aux USA, les capacités maximales de stockage seront atteintes d’ici à 2 semaines. Donc, à part stocker ce pétrole sur leurs balcons ou dans les salles de conférences, les traders ont dû s’en débarrasser selon le principe de la patate chaude. Le dernier, qui l’a en main, aura le privilège de recevoir les barils devant sa porte. Les prix ont dégringolé durant toute la journée pour atteindre les -37$.

Les gagnants pourraient être les petits malins qui ont sécurisé des places de stockage ou des tankers. Ils pourront attendre que les prix remontent pour extraire de juteux profits.

 

 

Où stocker le pétrole américain ?

Avec la pandémie de coronavirus, la demande mondiale de pétrole a chuté. Comme un forage n’a pas de fonction on/off, l’or noir continue de couler à flot. Il faudra encore quelques jours afin de diminuer sensiblement la production.

La semaine dernière, l’Agence Américaine de l’Energie avait annoncé un surplus de 19.2 millions de barils en une semaine. Selon Baker Hughes, aux USA 66 forages ont été éteints la semaine dernière et il en reste 438 en activité soit 387 de moins qu’il y a une année.

 

Producteurs sous pression

Cette situation pourrait encourager les producteurs américains à faire faillites au lieu de payer des millions pour se débarrasser de leur production. Le mouvement a déjà commencé. Il est nécessaire d’attendre la fin de la tempête pour répertorier les survivants.

Selon Bloomberg, cette hécatombe pourrait donner une opportunité à des activistes du climat afin de racheter, pour une bouchée de pain, ces compagnies afin de garder le pétrole dans le sol. Même si l’on reste dans la théorie, l’idée est séduisante!

 

Make the pétrole great again

Cette situation est une épine dans le pied du président Trump. Il y a 2 semaines, il tweetait en fanfare l’accord de l’OPEP et du G20 et le maintien de centaine de milliers d’emplois dans le secteur.

Si le pétrole de schiste a offert à la Maison Blanche “une dominance énergétique“, l’arme se retourne. Malgré l’injection artificielle de milliards $ dans l’industrie, le schiste est sous respiration artificielle. Il n’est pas certain qu’il redeviendra great again.

 

Dans le reste du monde

Plus au nord, au Canada, le baril se vend à 1 centime $ pour les 159 litres d’un baril. Ce qui confirme l’adage : je pers sur chaque baril que je vends, mais je me rattrape sur la quantité !

A Londres, le baril est resté, plus ou moins stable à 25,95$ le baril. Aujourd’hui, le Brent est moins impacté sur les places de stockage car il concerne un grand nombre de pays. Si la pandémie continue, les choses pourraient rapidement changer. Attendons pour voir.

La seule pincée de certitude: le pétrole américain, WTI, va remonter. Les achats futurs pour le mois de juin se situent à 20$. Ce matin, il est repassé sur la barre des 1$.

 

Le pétrole est la denrée la plus importante et la plus précieuse pour l’Economie mondiale. Analyser ses dysfonctionnements, la désorganisation des pays producteurs et l’impact sur le climat montre la folie d’avoir basé toute notre confiance sur un pareil cheval.

Cette stratégie a bien fonctionné jusqu’à aujourd’hui. La roue tourne et elle pourrait le faire sans pétrole!

 

 

Après 12 jours de Krach Pétrolier: le baril à 23$

Le coronavirus est en train de ravager l’industrie pétrolière et la destruction de la demande pourrait atteindre le chiffre astronomique de 10 millions sur les 100 millions de barils consommés par jour (b/j). Les cours ont chuté à 23,38$ à New York et à 27,94$ à Londres.

En parallèle, l’une des passe-d’armes les plus virulentes du protectionnisme se révèle dans la guerre pétrolière déclarée entre la Russie, l’Arabie Saoudite et les USA. La “Dominance Energétique” américaine est remise en cause mais chaque mètre sera défendu avec ardeur.

Ce chaos pourrait fondamentalement remodeler notre utilisation d’énergie ainsi que la géopolitique mondiale. Comment en sommes-nous arrivés là ?


Vendredi 6 mars 2020

Lors de la réunion de l’OPEP, l’Arabie Saoudite défend une diminution de la production de 1,5 million b/j pour répondre à la baisse de la consommation chinoise générée par le coronavirus. Le Prince Abdulaziz, le frère du prince héritier Mohammed bin Salman, pose cet ultimatum avec l’espoir de faire grimper les prix au-dessus de 60$.

Il ne manque que la signature de Moscou pour avaliser cette nouvelle proposition.

 

Samedi: Niet

La réunion de l’OPEP avec la Russie ne dure que 30 minutes avant de voir Igor Sechin retourner à Moscou avec un Niet définitif.

Rien ne laissait transpirer le refus russe. L’ouverture des hostilités contre les 9,5 millions de barils/jour du pétrole de schiste américain est lancée. En fait, cette décision intervient en réaction aux sanctions de l’administration Trump contre Rosneft Trading SA, fiscalement basée à Zoug, Suisse.

Cette société n’est autre que le bras de trading du géant russe Rosneft. Son PDG, Igor Sechin, fidèle de Vladimir Poutine, s’oppose de longue date aux coupures exercées par l’OPEP+.

Couplée au coronavirus, l’attaque Russe n’a pas l’intention de faire de prisonniers. Elle doit être rapide et fatale afin de pouvoir activer rapidement les prix à la hausse.

 

Dimanche: L’Arabie Saoudite contre-attaque

Peu habitué à être remis en question, Mohammed bin Salman n’apprécie pas la décision de Moscou. Les représailles sont immédiates.

Afin d’asseoir son autorité dans le pays, le prince héritier fait arrêter ses concurrents les plus menaçants dont son oncle Ahmed bin Abdulaziz et son cousin Mohammed bin Nayef. L’objectif est de prévenir toute rébellion face à sa décision : ouvrir les vannes du pétrole à 13 millions b/j quitte à vendre une partie des stocks.

Ryad propose également aux clients européens de la Russie des rabais jusqu’à 8 dollars le baril. Le bras de fer et l’honneur de la famille royale sont engagés.

 

Lundi : 9 mars: Chute des cours : -34%

Le cocktail est prêt : le baril s’effondre à 27$ le baril à New York et 30$ à Londres.

Pour participer à la fête, l’Agence Internationale de l’Energie prévoit que la demande de pétrole pourrait se contracter en 2020 sous la pression du coronavirus.

 

Mardi: Le schiste américain en alerte

La Russie montre ses muscles et annonce que son budget peut se contenter d’un baril entre 25 et 30$ grâce à son fonds souverain de 150 milliards $.

Jouant dans le même bac à sable, Riyad bombe le torse et ajoute que le royaume peut se contenter d’un baril à 30$ même si son budget nécessite des cours à 80$.

Du côté américain, la chute des marchés sème la consternation et une vague de terreur parmi les producteurs. Tous annoncent une réduction des coûts, des licenciements, l’arrêt de forages et surtout une réduction des dividendes appelés par Wall Street.

Championne des dividendes, la directrice d’Occidental Petroleum, Vicki Hollub réduit les versements aux actionnaires de 90%. Le même jour, l’activiste Carl Icahn quadruple ses actions dans Occidental Petroleum afin de renverser sa PDG.

 

Jeudi : Les dividendes disparaissent

Les dividendes prévus par ExxonMobil nécessitent un baril à 87$ selon JP Morgan. En 2014, la valeur de l’entreprise plafonnait à 446 milliards $. Depuis, elle a perdu 184 milliards $ et elle continue de creuser.

La liste des entreprises de schiste en difficulté s’allonge. En 2019, 42 entreprises avaient fait faillites. Le millésime 2020 s’annonce particulièrement fructueux.

De son côté, Chevron revient sur sa volonté de distribuer 70 milliards $ de dividendes durant les 5 prochaines années. Pour atteindre son objectif, la major a besoin d’un baril $ 55$.

 

Vendredi  13 mars: Trump intervient

Afin de soutenir les entreprises de schiste américaines et de maintenir la dominance énergétique du pays, Donald Trump ordonne d’acheter «de grandes quantités de pétrole afin de remplir, jusqu’au bord, la réserve stratégique».

Les stocks pourraient grimper de 100 millions de barils mais la mesure semble insuffisante à moyen terme. La Maison Blanche étudie la possibilité d’acheter pour plus de 200 milliards $ de dettes pourries dont une grande partie pourrait provenir des producteurs de schiste. Rien que cette année, plus de 40 milliards de dettes de schiste arrivent à échéance.

La Banque Fédérale Américaine pourrait privatiser les pertes des producteurs et les maintenir artificiellement en vie. Donald Trump serait-il plus socialiste que Bernie Sanders ?

 

Dimanche 15: 495 milliards $ évaporés

Une semaine après le début du krach, la valeur des 14 plus grandes entreprises pétrolières dans le monde a chuté de 495 milliards $ dont 97 milliards $ pour les 6 entités américaines.

 

Mardi 17 mars 2020 : L’Arabie Saoudite remet une couche

L’Arabie Saoudite informe les marchés qu’elle injecte plus de 10 millions b/j afin de faire baisser les prix. Effectivement les cours chutent et perdent 5 dollars.

Cependant avec les mois chauds qui arrivent, le pays va devoir utiliser 2 millions b/j afin de générer l’air conditionné.

Le gallon d’essence (3,8 lt) passe sous le 1 dollar aux USA. Bonne nouvelle pour Joe America qui votera pour Trump en novembre. Cependant, les USA voient le nombre de personnes contaminées s’envoler. Mauvaise nouvelle pour Joe America qui ira voter en novembre.

 

Mercredi 18 mars: A New York, le baril passe sous les 24$

Le baril débute la journée à 26,49$ le baril à New York et 30,26$ à Londres. A l’ouverture des marchés à New York, il chute encore à 23,38$ et à 27,91$ à Londres au plus bas depuis 17 ans.

La pieuvre, Goldman Sachs, prévoit un baril à 20$. L’Arabie Saoudite annonce qu’elle n’est pas prête à retourner à la table des négociations. Pour combien de temps encore ?

Au lieu de déverser des milliards dans le système bancaire, système qui a prouvé qu’il ne fonctionne pas, Trump annonce la possibilité d’utiliser le stimulus économique dit de l’hélicoptère. Chaque américain recevra 1’000$.

Les constructeurs automobiles européens ont pratiquement tous arrêté leur production par manque de pièces. Depuis février, la valeur des actions d’Airbus a été divisée en deux. La Banque Nationale Suisse détient pour plus de 6 milliards $ d’actifs pétroliers aux USA.

Sommes-nous en train de vivre un tournant?  L’avenir nous le dira.

 

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Septembre 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Arabie Saoudite: La moitié de la production pétrolière bloquée par des drones
– USA: Des villes vont interdire l’utilisation du gaz naturel
– Japon: Toyota travaille sur une voiture rechargeable avec le solaire
– Russie: La centrale nucléaire flottante Akademik Lomonosov est arrivée
– Suisse: L’Union Pétrolière change de nom pour être plus sexy
– Canada: 500’000 personnes marchent à Montréal pour le climat
– Algérie: Le pays augmente fortement sa consommation de pétrole.
– Hollande: Le gouvernement exonère d’impôts Shell malgré des milliards de bénéfices.


 

Encore un mois de folie pétrolière. L’Arabie Saoudite a été attaquée par des drones, des millions de personnes descendent dans les rues à travers le monde pour le climat et l’Economie tousse. Il y a une année, le baril se vendait à 86,74 $ à Londres.

Finalement après un pic après l’attaque contre l’Arabie, le baril est retombé pour terminer à 60,27$ à Londres (fin août 59,09$). Du côté de la grande pomme à New York on le retrouve au même endroit à 55,20$ (55,09$$ fin août).


Prix du baril de Brent à Londres (août-sept 2019).
Le pic correspond à l’attaque contre les installations de l’Arabie Saoudite

 

OPEP

Pour 2020, le cartel révise ses prévisions de la demande pétrolière à 1,08 million barils/jour (b/j) notamment à cause de la baisse de la croissance économique mondiale de 3,2 à 3,1%.

De son côté, l’EIA, l’agence fédérale de l’énergie américaine, estime que la demande augmentera de 1,4 million b/j et que les USA vont extraire 13,23 millions b/j en 2020 soit 1 million b/j de plus que cette année.

 

ONU & Finance

Pendant que Greta Thunberg posait la question «comment osez-vous» dans les contreforts de la cession du Climat à l’ONU à New York, une session parallèle se tenait avec les grandes entreprises gazières et pétrolières sous la houlette de la Oil and Gas Climate Initiative.

Ainsi les ExxonMobil, Saudi Aramco, Total, etc. ont souligné qu’elles travaillent afin de réduire les émissions de CO2 et de méthane, mais qu’elles doivent également extraire plus de pétrole pour soutenir la croissance économique. Ne trouvez-vous pas cela mignon?  La question est de savoir qui est l’auteur originel de cet oxymore: les pétroliers ou les dirigeants des pays?

Selon la Rainforest Action Network, 33 banques internationales (dont l’UBS, Crédit Suisse, BNP, Société Générale, Crédit Agricole) ont injecté 654 milliards $ dans 1’800 entreprises pétrolières en 2018 soit le 70% des besoins financiers des pétroliers. Dans ce palmarès, JPMorgan Chase détient le record avec 195 milliards $ devant Wells Fargo, Citi et Bank of America. Confrontées à ces chiffres, les grandes banques indiquent leurs efforts dans les énergies renouvelables. JPMorgan a ainsi conclu 90 accords avec les pétroliers et 5 avec les énergies renouvelables. Effectivement 5 sur 95, c’est vraiment un bel effort!

Selon le Guardian, 100 entreprises sont responsable de 71% des gaz à effet de serre. Voir la liste ici.

 

Energies renouvelables

En 2018, les investissements dans les énergies renouvelables dans les pays en voie de développement (147,1 milliards $) ont dépassé ceux des pays riches (125,8 milliards $) selon l’ONU.

 

Graphique du Mois
La capacité d’extraction pétrolière supplémentaire par pays


En noir: Capacité minimale. Bleu: capacité maximale
(en million de barils/jour)

 

Les pays phares du Mois

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite fait l’unanimité pour figurer au sommet du hit parade de ce mois. Pour rappel, 17 drones ont divisé par deux la production pétrolière du pays. Badaboum ! Une poignée de drones à 15’000$ a démystifié le mythe de la forteresse pétrolière saoudienne et de son champion Saudi Aramco.

Les centres de traitement du brut lourd à Abqaid et Khurais, qui permettent de transporter et d’exporter l’or noir, ont été mis hors service.

Sans perdre son éternel sens de l’optimisme, il n’aura fallu que 3 jours au nouveau ministre de l’Energie pour clamer que tout était déjà rentré dans l’ordre. En réalité, l’usine pourrait être à 100% opérationnelle d’ici à la mi-octobre. Une grande partie de la production a pu être redémarrée à la fin septembre selon le gouvernement. A voir les premières images de l’attaque, c’est une prouesse.

Cet incident tombe mal car la famille royale planifiait justement la vente de 10% de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale. L’objectif est de ramener entre 130 et 200 milliards $ dans les coffres du pays. Il semble que l’IPO, prévue en 2020, va devoir être retardée de quelques mois.

La production pétrolière de l’Arabie Saoudite était de 9,83 millions b/j en août. Le pays compte 12% de chômage et il faudrait un baril à 85$ pour équilibrer les comptes.

 

Visionner l’interview,  Télévision Suisse Romande: Téléjournal du 16 septembre 2019

 

Le demi-frère du Prince régnant Mohammed bin Salman (MbS), Abdulaziz bin Salman a été nommé à la tête du ministère de l’Energie. Il remplace l’ancien PDG de Saudi Aramco Khalid al-Falih. Ce changement raisonne comme un choc dans l’industrie pétrolière mondiale. De plus, cette nomination casse l’imperméabilité entre le pétrole et la famille royale.

Avant la mise sur le marché de 10% des actions de Saudi Aramco, le Prince Mohammed bin Salman, a également nommé Yasir al-Rumayyan actuel responsable du fonds souverain comme nouveau PDG. Ce proche du Prince sera responsable du bon déroulement de l’opération.

 

USA

La ville de Berkley, Californie, est la première ville à interdire l’utilisation du gaz pour le chauffage et la cuisine dans les nouveaux bâtiments. Les émanations de méthane, 28 fois plus dangereuses pour le climat que le CO2, sont la cause de cette décision. Los Angeles, Seattle et une cinquentaine d’autres villes pourraient prendre le même chemin. Cette décision est d’autant plus forte que la grande majorité des maisons américaines sont chauffées au gaz naturel et que grâce au gaz de schiste les tarifs sont particulièrement bas.

Jeremy Grantham, 80 ans, milliardaire de Wall Street, a décidé d’allouer 98 % de sa fortune, soit un milliard $, pour le climat. Selon lui, l’économie basée sur le pétrole va tôt ou tard imploser et il faut désormais miser sur les énergies vertes.

Donald Trump et Joe Biden se trouvent dans une affaire rocambolesque alors qu’une procédure de destitution est lancée contre le président. L’histoire débuta alors que le fils du candidat démocrate Joe Biden, Hunter Biden intégra le commité de direction de la compagnie gazière ukrainienne Burisma Holdings avec un modique salaire de 50’000$ par mois. Cette nomination entrait en conflit d’intérêt alors que Joe Biden était vice-président des USA. Le procureur ukrainien Viktor Shokin décida d’enquêter sur des soupçons de corruption. C’est alors que Joe Biden intervint pour demander (et obtenir) au président Petro Porochenko la destitution de son procureur. La suite de cette aventure se prolongera dans les semaines à suivre.

Enfin une excellente nouvelle! Le conseiller à la sécurité nationale John Bolton a été licencié. Ce sombre personnage va-t-en-guerre a plombé les relations avec la Corée du Nord, la Russie, l’Iran et l’Afghanistan. Son départ va détendre l’atmosphère sur certains dossiers.

Uber a généré 3,16 milliards $ de chiffre d’affaires et perdu 5,2 milliards. De 41$, à son lancement, l’action touche les 31$.

Dans la course à la présidence de 2020, les démocrates Joe Biden, Elizabeth Warren et Bernie Sanders proposent d’exclure le gaz naturel dans leur plan «net-zero carbon economy 2030-2050». Si le gaz naturel émet moins de CO2 que le charbon où le pétrole, il est nettement plus prolixe en méthane (lire article). Le lobby gazier a riposté avec une campagne de publicité afin de vanter la flexibilité du gaz dans la cuisine ainsi que des coûts abordables.

 

Publicité Donald Trump vs Joe Biden.
Le président Trump n’aura pas tardé à utiliser des spots publicitaires pour se défendre.

 

Europe

Russie

Le Ministre de l’Energie, Alexander Novak, estime que la Russie possèderait pour 1’200 milliards $ de réserves pétrolières soit le double des chiffres de l’année dernière. Les réserves de gaz sont estimées à 221 milliards $ à 15’000 milliards m3.

La première centrale nucléaire flottante russe, l’Akademik Lomonosov, est arrivée à Pevek, son port de destination sur la presqu’île de Tchoukotka en Arctique. Ses deux réacteurs nucléaires permettront d’approvisionner en électricité, en chaleur et en eau désalinisée les régions russes reculées ainsi que les installations pétrolières et gazières. Le réacteur sera mis en service d’ici à la fin de l’année.

 

Allemagne

Angela Merkel annonce des dépenses de 54 milliards € pour aider les entreprises et les citoyens à réduire leurs consommations énergétiques notamment dans les transports. L’objectif est de diminuer, d’ici à 2030 les émissions de CO2 de 55% par rapport à 1990.

Dans la proposition actuelle, les entreprises qui vendent du pétrole, du charbon et du gaz devront acheter des certificats afin d’effacer les émissions de CO2. Le prix de la tonne de CO2 sera basse, ou ridicule c’est selon, à 10€ en 2021 pour progresser à 35€ en 2025. Martin Kaiser résume assez bien la situation: «Si vous faites confiance à ces mesures, vous pourriez également sauter d’un parachute avec un cornet en plastique en guise de parachute.»

Le premier grand procès de consommateurs du “Dieselgate” a débuté contre Volkswagen. Des centaines de milliers de clients demandent réparation pour leurs voitures diesel truquées. Les dirigeants de VW, Hans Dieter Pötsch, Martin Winterkorn et Herbert Driess pourraient être condamnés dans le scandale des moteurs truqués et pour avoir caché ces informations aux actionnaires. Les 3 dirigeants connaissaient le système mis en place pour truquer les moteurs diesels.

 

Un peu de douceur dans un monde de brutes. Photo Dick van Duijn

 

France

«On est en confiance ! » L’optimisme de Régis Clément d’EDF, sur les problèmes de soudures sur 6 réacteurs nucléaires, fait plaisir à voir. Même si la filiale, Framatome n’a pas respecté certaines procédures sur certaines soudures des générateurs de vapeur, tout va pour le mieux du monde dans les centrales du Blayais, Gironde ; Bugey, Ain ; Fessenheim, Haut-Rhin ; de Paluel, Seine-Maritime et Dampierre, Loire ainsi que de l’EPR en construction de Flamanville.

EDF penche sur la séparation de ses activités en deux (Bleu et Vert) dans un plan nommé «Hercule». L’entreprise est en quasi état de faillite avec 37 milliards € et plus du double en ajoutant les emprunts obligataires.

Le Bleu permettra de basculer l’entier de la dette sur l’Etat et d’y transférer tous les risques avec des actifs dangereux.
Le Vert deviendra une tirelire afin de rapatrier les profits et de générer des dividendes importants.

Dans le détail, EDF Bleu deviendrait une structure 100% publique, qui comprendrait les actifs à risque comme le nucléaire, les barrages hydroélectriques, peut-être les centrales à gaz et le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE).
De l’autre, EDF Vert regrouperait la branche commerce avec la possibilité de fixer les tarifs à sa guise. Elle fournira l’électricité aux clients, s’occupera des énergies renouvelables, des services et Enedis (ex-ERDF) ainsi que du très lucratif réseau de distribution d’électricité.

 

Suisse

Le suisse n’est pas un grand manifestant. Il est difficile de le tirer hors du lit pour battre le pavé afin de défendre une cause. Alors de croiser de 100’000 personnes à Berne pour une marche pour le climat, l’événement est historique. Les élections du mois d’octobre pourraient entrainer un vote de ras-le-bol sur la passivité climatique et énergétique de la Suisse.

Le prédateur et géant électrique BKW (Forces Motrices Bernoises) explose son bénéfice et espère générer 370 millions frs de bénéfices avant impôts et amortissements en 2019.

Corolaire à ce succès, le conseil d’administration a décidé de se partager une partie de ce bénéfice. La Directrice, Suzanne Thoma s’est accordé une modeste augmentation de 700’000 frs (630’000 €) pour arrondir son salaire à 2 millions (1,8 millions €). Les autres membres de la direction ont eu le succès plus modeste avec une augmentation de 750’000.

Ces bons chiffres confortent la stratégie prédatrice de Suzanne Thoma qui rachète les entreprises qui lui font de l’ombre pour ensuite les fermer. Cette stratégie et les salaires sont approuvés par le canton de Berne, actionnaire principal.

Pour être plus sexy, le lobby pétrolier «Union Pétrolière Suisse» a changé son nom en Avenergy Suisse. Le terme «Avenergy Suisse» désigne l’«avenir» de l’énergie en Suisse selon son directeur Daniel Hofer. <insérez un gros éclat de rire ici>
A titre personnel, je me réjouis de découvrir leur nouveau papier à entête. Si vous avez le toupet de présenter des informations qui ne vont pas dans le sens de leur communication, vous avez une grande chance de recevoir une lettre de la part de leur avocat maison.

En Suisse, sur le 1,8 millions d’habitations, 50% se chauffent au diesel (mazout, fioul) et 25% au gaz.

Le prix des aliments bio sont 1,6 fois plus chers que les produits traditionnels. Cette différence vient en grande partie des marges des supermarchés Coop et Migros. Au lieu de prendre une marge standard de 25 à 30%,  elle grimpe entre 50 et 70% pour le bio.

Les fonds destinés à la désaffection des centrales nucléaires et la gestion des déchets radioactifs se montent à 7,5 milliards de francs (6,7 milliards €) à la fin 2018 contre 7,7 à la fin 2017.

 

La Suisse ne va pas interdir l’utilisation du Glyphosate
Dessin: Chappatte

 

Angleterre

EDF augmente à nouveau son budget et son retard pour la construction de deux centrales nucléaires EPR de Hinkley Point C. L’ardoise grimpe de +2,6 milliards € à 20,5 milliards €. Comme EDF prend tous les coûts à sa charge, les impôts des français essuieront les dépassements. La date d’ouverture est repoussée de 15 mois à 2026. Les actions d’EDF sont en baisse de 28% depuis janvier.

Après un tremblement de terre de 2,9 sur l’échelle de Richter, le pétrolier Cuadrilla a dû cesser ses opérations de forage schiste à Blackpool. Cette secousse fut la plus forte jamais enregistrée en Angleterre pour un forage de schiste. Officiellement, le gouvernement autorise des tremblements de 0,5 sur l’échelle de Richter. Une semaine avant cette secousse, Cuadrilla avait demandé d’élever cette limite. Aucune date n’a été donnée pour la reprise des travaux. Au total, la British Geological Survey a enregistré 132 secousses sur le forage.

Le 11 août, les émanations de méthane (un gaz à effet de serre 28 fois plus virulent que le CO2) ont dépassé de 40 fois la moyenne sur le site de forage de schiste de Third Energy dans le North Yorkshire selon l’Agence de l’Environnement. Des pointes de 60 milligrammes par m3 ont été mesurées au lieu de 1,41 mg/m3.

 

Hollande

Le pétrolier Shell est exonéré d’impôts dans le paradis fiscal hollandais habituellement très favorable aux multinationales.

Ainsi avec des bénéfices fluctuants entre 2 et 55 milliards $, Shell ne paie pas d’impôts. Devant le tollé, le gouvernement du libéral Mark Rutte est en train d’étudier la possibilité de changer de cap.

 

Asie

Japon

Toyota Motor, Sharp et le NEDO sont en phase de développement d’une voiture à énergie solaire qui pourrait, théoriquement, se passer de toute recharge.

Toyota a lancé les premiers tests de ce nouveau prototype en juillet. Les panneaux solaires Sharp offrent un rendement de près de 34%, contre une moyenne de 20% pour les panneaux traditionnels. Les cellules solaires ont une épaisseur de 0.03 mm et peuvent donc se placer sur davantage de surface du véhicule, comme les parties incurvées, le capot ou le hayon. La voiture pourrait effectuer 50 km par jour. Ce système permettra également de contourner la mainmise de la Chine sur les terres rares pour la production de batteries.

Le ministre japonais de l’Environnement, Yoshiaki Harada, considère qu’il est inévitable de rejeter en mer l’eau pleine de tritium stockée dans les réservoirs de la centrale nucléaire de Fukushima. «D’ici à deux ans, il n’y aura plus assez de réservoirs pour stocker cette eau que personne ne sait traiter.» Une solution qui inquiète mais qui est envisagée depuis longtemps. Suite à cette déclaration, le brave ministre a été limogé.

 

Chine

Le plus grand importateur de pétrole au monde, dépend à 18% du brut livré par l’Arabie Saoudite. En 2019, la Chine va importer 72% de son pétrole. Les attaques sur les installations de Saudi Aramco ont dû créer un certain froid dans le dos des dirigeants chinois.

La ligne de chemin de fer Haoji Railway va être inaugurée ce mois. D’un coût de 27 milliards $, elle va pouvoir transférer 200 millions de tonnes de charbon produit dans le nord du pays dans les centrales du sud du pays. La Chine consomme le 50% du charbon mondial.

Suite à la forte diminution des subventions sur les voitures électriques, les ventes de voitures électriques sont en forte baisse en juillet et en août. Corolaire à cette baisse, les prix du lithium ont chuté de 30% en une année et certains producteurs ne sont plus rentables.

Le bras de fer entre Pékin et Washington continue. De nouvelles rencontres sont prévues en octobre.

 

Inde

Durant la conférence sur le climat à l’ONU, le premier ministre Narendra Modi a annoncé l’ambition d’ajouter 450 GigaWatts d’énergies renouvelables et que l’objectif de 175 GW pour 2022 est sur les rails.

Sur le terrain, l’Inde n’a ajouté que 6,5GW d’énergie solaire entre 2018 contre 9,4 en 2017. Pour cette année, seuls 1,4 GW ont été installé durant le premier trimestre.

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

L’EIA, (Energy Information Administration Américaine) prévoit un niveau record d’extraction de schiste pour le mois d’octobre à 8,843 millions b/j. Le Bassin Permien augmentera sa production de 71’000 b/j à 4,485 millions b/j ce qui en fait le gisement pétrolier le plus important au monde.

Cependant, si l’Agence américaine est toujours très enthousiaste sur ses chiffres, elle peine à confirmer la croissance dans les autres champs de schiste à travers les USA.

Si le prix du baril devait remonter, il n’est pas improbable que les producteurs exploitent des forages creusés mais non encore exploités. Pressé par les investisseurs, qui demandent un retour sur investissement, certains pétroliers attendent que les prix de vente augmentent avant d’extraire l’or noir.

 

Canada

Plus de 500’000 personnes ont participé la marche du climat à Montréal en présence de Greta Thunberg et du premier ministre Justin Trudeau. Si la présence de la première s’explique, la présence du deuxième peine à trouver une explication.

Alors que le schizophrénique Premier Ministre Trudeau se pavane à Montréal, il vient d’approuver la construction du controversé pipeline Trans Mountain afin de faire transiter le pétrole canadien vers les USA. Ottawa espère que les 590’000 b/j transiteront dès 2022.

Pour le fameux pipeline Keystone XL, l’horizon semble également se dégager. Une cour du Nebraska accepté une route alternative. Une cour du Montana doit maintenant examiner le cas.

Deux phrases lues dans les médias lors de la marche à Montréal :
« Nous ne sommes pas à l’école aujourd’hui, vous n’êtes pas au travail aujourd’hui, parce qu’il y a urgence et nous ne resterons pas les bras croisés ».
«Cette semaine, les leaders du monde entier se sont réunis à New York. Ils nous ont déçus une fois de plus avec leurs paroles creuses et leurs plans insuffisants

 

Venezuela

La production pétrolière continue sa lente glissade à 712’000 b/j en août contre 755 en juillet. Les nouvelles sanctions américaines ont bloqué les livraisons au chinois CNPC (China National Petroleum Company). Les importations de la Chine ont diminué de 62% depuis juillet. Pékin s’éloigne de Caracas, mais comme la nature a horreur du vide, Moscou a pris le relai.

Le Président Maduro est parti en Russie pour rencontrer son allier Vladimir Poutine. Lors de la dernière rencontre, en fin d’année 2018, Moscou avait apporté dans ses bagages la rondelette somme de 5 milliards $. Actuellement le Russe Rosneft s’occupe de 66% des exportations du pays.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient

Iran

L’Angleterre, la France et l’Allemagne se sont joints aux USA afin de condamner l’Iran pour l’attaque contre les installations pétrolières de l’Arabie Sadoudite.

Téhéran a mis à l’œuvre de nouvelles centrifugeuses pour accélérer l’enrichissement de son uranium, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). L’Iran augmente son stock d’uranium enrichi. Depuis juillet, il dépasse la limite (300 kg) fixée par l’accord de Vienne mais dénoncé par Donald Trump.

Les USA ont renforcé les sanctions contre l’Iran notamment envers la Banque Centrale Iranienne. Il semble peu probable que ces nouvelles sanctions soient impactantes car toutes les banques ont coupé leurs relations avec les banques iraniennes.

Les exportations pétrolières de l’Iran seraient estimées entre 600 et 800’000 b/j. Douze mois auparavant, l’Iran exportait plus de 2 millions b/j. Malgré les sanctions américaines, Téhéran est passé maître dans la dissimulation des routes de ses tankers.

Téhéran a annoncé la libération du pétrolier anglais Stena Impero. Le bateau avait été saisi le 19 juillet en représaille du pétrolier iranien saisi par les Anglais à Gibraltar. Comme les anglais avaient relâché leur proie en août, les iraniens ont fait de même.

 

Climat Change : what do you want me to say. Financial Times

Afrique

Ouganda

Le Russe Rosatom a battu le Chinois CNNC (China National Nuclear Corporation) afin de de développer un programme nucléaire dans le pays avec la production d’électricité. L’uranium proviendra des mines du pays selon le président Yoweri Museveni.

L’Ouganda possède du pétrole découvert en 2006. Il pourrait y avoir de l’uranium en quantité suffisante pour générer son électricité.

Rosatom est actuellement en discussion avec le Kenya, la Tanzanie, l’Egypte, le Maroc, le Nigeria et la Tunisie.

 

Algérie

Durant les 6 premiers mois de l’année, la consommation d’essence a augmenté de 1,3% pour atteindre 1,91 million tonnes. Idem pour le diesel, 5,16 millions de tonnes + 4,9%  soit + 3,9% par rapport à la même période de l’année 2018. Au total, les algériens ont consommé 3,9% de pétrole en plus.

 


Le renvoi de John Bolton de la Maison Blanche. Dessin Chappette

 

Phrases du mois

« Si nous n’avons pas de planète, nous n’allons pas avoir un très bon système financier.» James Morgan, PDG Morgan Stanley. (à la question, est-ce que le changement climatique va poser un risque sérieux au secteur financier).

«Défiler tous les vendredis pour dire que la planète brûle, c’est sympathique… Je préfère que tous les vendredis on fasse de grandes opérations de ramassage sur les rivières ou les plages corses…. Qu’ils aillent manifester en Pologne ! » Emmanuel Macron.

A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitable les révolutions violentes.” JFK

« Vous pouvez mettre autant d’ordinateurs que vous voulez dans les écoles. La réalité, c’est qu’un ordinateur ou une tablette ne transformera jamais un cancre en bon élève. » Charles Sannat auteur du livre : La fabrique du crétin digital.

Pour voir les revues mensuelles précédentes.

 

 

Pour connaître le prix du baril : lisez Trump

Si par le passé, pour connaître l’évolution des prix du baril de pétrole il fallait analyser une multitude de facteurs, aujourd’hui, il suffit de se connecter à Twitter et de se brancher sur le compte de Donald Trump.

La semaine dernière, après des échanges de courtoisie entre Pékin et Washington sur les tarifs douaniers, le baril a trouvé refuge sous la barre des 60$. On l’a repéré à 58,80 Londres et à 54,17$ New York, et cela malgré les problèmes pétroliers en Iran, en Libye, au Nigeria, au Venezuela et l’enrayement possible de la production de schiste aux USA.


 

En avril dernier, le baril se traitait à 75$. Avec les sanctions américaines contre l’Iran et le Venezuela et le maintien des quotas de l’OPEP, il n’était pas vain de penser de le retrouver au-dessus des 80$ voir 90$.

Plusieurs indicateurs poussaient les réflexions dans cette direction. L’OPEP et la Russie avaient prolongé leur réduction de production jusqu’en mars 2020. Cette décision fut prise alors que les budgets de tous membres du cartel dépendent des rentrées en pétrodollars. Une poussée à la hausse était espérée alors que l’Iran et le Venezuela se débattaient avec les sanctions américaines.

 

Une logique «logique» semble avoir déserté le pétrole.

Malgré un niveau de production mondial suffisant, les USA continuent d’augmenter l’extraction de leur pétrole de schiste alors que l’opération n’est financièrement pas rentable.

Dans ce domaine, le génie américain réside dans cette capacité à internationaliser et financer les pertes par les fonds financiers et d’investissements étrangers. Avec plus de 100 milliards $ de dettes à long terme et un inventaire de 192 entreprises qui ont déjà fait faillites depuis 2014, une certaine dose de témérité est exigée pour y confier son épargne. Durant le deuxième trimestre, sur les 29 plus grandes entreprises de schiste, 11 seulement ont réussi à couvrir leurs charges.

De manière mystérieuse, la main invisible de l’Economie continue de déverser des flots d’argent dans ce trou sans fond.

On peut se demander quels sont les processus et les forces qui détournent les flux financiers vers un pétrole non rentable alors que parallèlement les énergies renouvelables génèrent des retours intéressants. En 2018, pour la première fois durant les 10 dernières années, les investissements dans les énergies renouvelables mondiales ont diminué.

 

Un oeil sur Twitter

Il n’y a encore que quelques années, les métriques pétrolières se basaient sur des fondamentaux réels comme la production pétrolière, l’arrivée de nouveaux gisements ou les tensions géopolitiques.

Aujourd’hui, tant les traders de la génération Twitter que les algorithmes des robots informatiques montrent une certaine incapacité à prendre du recul face aux pulsions du maître de la Maison Blanche. Dès l’arrivée d’un signal du compte @RealDonaldTump, le pétrole grimpe ou recul dans les minutes qui suivent.

On peut également pointer du doigt la haute finance internationale, dont le shadow banking, qui n’a aucun intérêt à voir évoluer la situation de rente dans laquelle elle prospère, et qui alimente inlassablement les énergies fossiles.

De son côté, le message de Trump est clair. Pour prétendre à un nouveau mandat, il compte sur le coup de pouce de prix bas de l’énergie dont le pétrole est une composant crucial. Il n’hésite pas à attaquer l’OPEP quand les prix grimpent et menace les pays producteurs de taxes.

Il sera très intéressant de voir l’évolution de ces comportements et des mécanismes de décisions quand Donald Trump ne sera plus à son poste. D’ici là, Twitter reste notre meilleur ami.