Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juin 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– USA: De nouvelles faillites dans le schiste dont le géant Chesapeake
– Suède: Une entreprise propose des éoliennes en bois
– Peak Oil: Le terme pic pétrolier revient de manière incisive.
– Arabie Saoudite: Boston Dynamics met en vente son robot Spot
– Libye: La Turquie et la Russie marquent des points et gagnent en pétrole
– Allemagne: Berlin investit plus de 7 milliards € dans l’hydrogène vert
– Inde: Le pays veut booster sa production de charbon.


 

Les milliards insufflés par les banques centrales assurent que les bourses atteignent les plus hauts. Il en va de même pour le pétrole qui dans le monde virtuel des financiers ne fait que de grimper alors que dans la réalité, c’est comme la banlieue, c’est pas rose, c’est morose.

A Londres, le Brent prend la fièvre à $41,75 ($35,33 fin mai) et à New York, le WTI comble les voeux de Trump et frise les 40 à 39,07 ($35,38 fin mai).

 

 Graphique du mois
Evolution des prix : pétrole, charbon, gaz: 1990-2020

 

Climat

Le mois de mai a été 0,63°C plus chaud que la moyenne en comparaison avec la période 1981-2010, ce qui en fait le mois de mai le plus chaud depuis le début des données. Il a fait particulièrement chaud dans les pôles et en Sibérie alors que l’Europe a gardé la tête froide.

L’Agence Internationale de l’Energie annonce que sur 46 technologies reliées à l’efficience énergétique, durant la pandémie, six ont gardé leur rythme de croisière comme les voitures électriques, le solaire, la lumière et les data center. Du côté des perdants, on retrouve notamment l’énergie nucléaire, le stockage d’électricité ainsi que le gaz et notamment avec ses émissions de méthane.

 

Peak oil

Le terme “pic pétrolier” revient de plus en plus souvent. Cette fois, il arrive via un fervent supporter de l’or noir. Ainsi, l’agence norvégienne, Rystad Energy, pense que 282 milliards de barils de pétrole sont à diminuer des réserves mondiales estimées à la louche à 1’900 milliards de barils. Les réserves de l’Arabie Saoudite restent inchangées depuis plus de 30 ans à 267 milliards de barils, ce qui est soit une prouesse soit une panne de compteur.

Per Magnus Nysveen, de Rystad, annonce que le pic pétrolier se rapproche et pourrait être atteint en 2027 ou 2028 au lieu de 2030. Rystad est historiquement très enthousiaste sur le pétrole et cette annonce fait tomber de la chaise. Rystad pense qu’une forte hausse des prix devrait se réaliser dès 2023 notamment à cause du manque de financements dans l’exploration et l’exploitation de nouveaux gisements.

Du côté de Bloomberg NEF, c’est un pic de la demande d’essence qui devrait être atteint d’ici à 10 ans, et 3 ans plus tard celui du diesel. Maintenant même si Bloomberg parle de pic!

 

Pétrole

Une pénurie de pétrole pourrait pousser le baril à 70$ d’ici à l’automne et le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, pévoit un manque de 3 à 5 millions b/j (barils par jour). Bon, là on sent qu’il vend le fait que la Russie ne respecte pas entièrement les quotas de l’OPEP+. A vérifier cet automne.

Selon Rystad Energy, la demande pétrolière mondiale se projette à 88,1 millions b/j contre 99,5 en 2019. En mai, la demande aurait atteint 78,5 millions b/j soit une baisse de 22% depuis le début de l’année. Un record historique.

Si les cours du Brent restent dans la fourchette 30-70$ d’ici à 2030, ExxonMobil est la moins bien lotie des 7 grandes majors pétrolières selon Wood Mackenzie. Dans cette analyse, Exxon possède le 60% des gisements les moins productifs et chers à extraire. Ces gisements comprennent les sables bitumineux de Kearl et Cold Lake au Canada ainsi que Prudhoe Bay en Alaska. En tête de ce classement, Chevron est le no 1 suivit par Shell.

 

Dessin : Chappatte

 

OPEP+

L’OPEP+ (avec la Russie) va continuer sa réduction de -9,7 millions b/j en juin et de -7,7 millions de juillet à la fin de l’année.

L’Irak et le Nigeria, qui n’ont pas suffisamment baissé leur production, devront compenser entre juillet et septembre même si la situation économique de ces deux pays est alarmante. Cette baisse de 9,7 millions b/j se base sur une acceptation à 100% des pays, mais l’histoire de l’OPEP montre que cette éventualité n’est que rarement atteinte.

Pendant que l’OPEP diminue sa production, le pétrole de schiste reprend sa place de passager clandestin et recommence à extraire pendant que les prix restent autours de 40$.

Certains membres du cartel demandent de se réunir plus souvent. L’objectif est de pouvoir coller au marché et de remonter immédiatement leurs extractions afin de générer des pétrodollars et de garder les parts de marché.

 

Gaz Naturel

L’Agence Internationale de l’Energie pense que la demande de gaz va diminuer de 4% cette année à 150 milliards m³. Cette baisse est supérieure à la crise de 2008 (-2%). L’année dernière, la demande de gaz avait augmenté de 1,8% notamment pour la production d’électricité et le chauffage.

Bien que le gaz émet moins de CO2 que le charbon, les émissions de méthane sont nettement plus nocives pour la planète.

Objectifs d’émissions de méthane du pétrole et du gaz en 2025 et 2030
pour le scénario du développement durable.
La grande partie du méthane est émit par le gaz naturel.

 

Transports maritimes

Les transporteurs maritimes ont annulé plus de 25% de leurs transports entre l’Asie et l’Europe et l’Asie – USA soit une capacité de 4 millions de containers. Pour le 3ème trimestre, les transporteurs continuent d’annuler des lignes ce qui signale une demande qui reste faible.

 

Investissements dans les énergies

Les investissements dans les énergies devaient progresser de 2%. Ce chiffre était publié avant la pandémie. Au niveau mondial, les investissements énergétiques devraient diminuer de 20% ou 400 milliards $.

 

Energies renouvelables

Les éoliennes sont fabriquées en acier et génère des émissions de CO2 lors de leur construction. Afin de diminuer leur empreinte, l’entreprise Modvion propose des éoliennes avec une structure en bois. Le premier prototype a été installé à Gothenburg en Suède pour une commercialisation dès 2022.

Les énergies propres pourraient être les seules sources d’énergies à croître en 2020 en comparaison avec les énergies fossiles et le nucléaire selon l’Agence Internationale de l’Energie. Une fois que les installations solaires et éoliennes sont financées (capex), les coûts de production sont minimes en comparaison avec les achats de gaz, de pétrole, de charbon ou d’uranium.

Sur le même sujet, la pieuvre Goldman Sachs annonce que les investissements dans les énergies propres vont dépasser ceux du gaz et du pétrole et qu’ils devraient totaliser les 16’000 milliards $ d’ici à 2030.

 


Eolienne en bois: Modvion

 

Le Top 3 des Pays

USA Schiste

Deloitte a dépeint les 10 dernières années du schiste américain. Le secteur a généré 300 milliards $ en cash négatif, détruit 450 milliards pour les investisseurs et vu 190 faillites. Elle enfonce le clou en assommant: “le schiste a atteint son pic sans avoir été capable de générer des bénéfices.”

Les compagnies de schiste pourraient passer à la trappe pour 300 milliards $ d’actifs au deuxième trimestre dont la moitié concerne des dettes. Selon Rystad Energy, les producteurs ont perdu pour 38 milliards $ durant le premier trimestre. Selon les agences, une consolidation dans le secteur est primordiale et tant Chevron qu’ExxonMobil sont sur la brèche pour acheter les opportunités bradées.

Pendant ce temps, les managers des compagnies de schiste montrent une fois de plus leur sens de l’éthique et se remplissent les poches avant de partir en faillite. Selon Haynes & Boone, 18 entreprises de schiste se sont mis sous la protection des faillites.

Deux grosses casses ce mois dont la compagnie Extraction Oil & Gas. En 2014, sa valorisation était de 4 milliards $. Elle a chuté à 100 millions $ pour une dette de 1,6 milliards $. La partie a hurler de rire vient des 16 directeurs de l’entreprise, qui se réservent un bonus de 6,7 millions $ afin de les garder au sein de la compagnie après la faillite. Du côté des directeurs de Whiting Petroeum, les 5 managers se sont accordés 14,5 millions $ de bonus juste avant de demander la protection de faillites. Le record des parachutes les plus gonflés se trouve parmi les 21 managers de Chesapeake qui se sont partagés 25 millions $. Il n’y a qu’un pas pour dire que le secteur de schiste n’est qu’une fraude énorme.

La plus grande faillite du mois, nous vient de la NBA. Chesapeake, l’ancienne star et inventeur du schiste, qui accumule 9,5 milliards $ de dettes. Au sommet de sa gloire, Chesapeake avait acheté le nom de la salle où joue l’équipe de NBA de Basket des Thunders d’Oklahoma City. Vous ne serez pas étonnés d’apprendre que la banque Nationale Suisse détenait des actions. La question la plus urgente est: mais comment s’appellera la salle de basket des Thunkders à la rentrée?

Alors que les cours ont frisé les 40$ le baril, certains producteurs de schiste dont EOG, Parsley ou WPX, ont remis en service leurs installations avec un objectif d’extraire 2 millions b/j de plus dès le mois d’août pour autant que les prix continuent à monter.

La baisse de l’extraction de schiste aurait atteint 1,15 millions b/j en avril et en mai selon JBC Energy, mais ces chiffres sont à prendre avec précaution.

 

 Il n’y a pas que le schiste qui traverse une tempête!
Du sable du Sahara a traversé l’Atlantique pour arriver aux USA.
Cette tempête de sable ne s’était plus produite depuis 50 ans.

 

Irak

Le pays est en passe de s’écrouler. Le réchauffement climatique et la sécheresse le rendent invivable. De plus les conditions économiques sont désespérées pendant que l’État Islamique et le coronavirus gagnent des forces.

Washington et Bagdad sont préoccupés par la résurgence de l’Etat Islamique mais rien ne devrait être entrepris pour les mois qui viennent faute de moyens financiers et de volonté politique américaine.

Dans l’accord de l’OPEP, Bagdad n’a respecté qu’à 50% ses quotas et devra compenser en juillet et septembre avec une baisse de ses extractions de 24% à 3,28 millions b/j. L’Irak avait accepté une baisse de 1,061 million b/j. Mais une diminution des revenus pousse un peu plus le pays dans une situation très compliquée.

En Avril, Bagdad a généré seulement 1,3 milliard $ de revenus pétroliers, 2,13 en mai et 2,5 en juin. Le gouvernement n’arrive pas à payer les salaires des fonctionnaires et les frais de fonctionnement. Il a demandé la possibilité d’emprunter 18 milliards $ pour sortir de cette impasse.

La Chine pourrait intervenir en apportant de l’argent ainsi que de la technologie qui permettrait au pays d’extraire jusqu’à 7 millions b/j pour la fin 2022. La Chine a remplacé les USA pour contrôler l’or noir du pays.

Dans le sud du pays, région pétrolifère, l’Iran continue de livrer gaz et électricité pour que la population puisse supporter les chaleurs de l’été dans une région qui devient invivable et qui fait face à une sécheresse.

 

Libye

Sans pétrole, le pays serait certainement un endroit paisible. Mais voilà, la malédiction se cache sous le sable.

En Libye, le grand gagnant du mois est la Turquie! Erdogan a réussi à donner un coup de main militaire efficace à Fayez al-Sarraj du Gouvernement d’accord national (GAN) et à repousser le général Khalifa Haftar qui désirait s’emparer de la capitale Tripoli.

Visiblement Recep Tayyip Erdogan a une stratégie globale qui englobe la Syrie et la Méditerranée. Historiquement, ce concept s’appelait l’Empire Ottoman et pour l’instant l’Europe n’arrive pas à riposter de manière ferme. A court terme, l’intérêt de la Turquie en Libye réside dans l’extraction de gaz et de pétrole offshore dans la Méditerranée grâce à un corridor spécial entre les deux pays qui lui permet de revendiquer des matières premières jusque là interdites. Le pétrole Libyen est également un détail qui vaut quelques sacrifices.

Du côté des supporters du général Khalifa Haftar, l’Egypte s’inquiète de l’avancée de la Turquie au Moyen-Orient. Du côté Russe, plus de 2’000 mercenaires Wagner, organisation fondée par Dmitri Outkine, prêtent main-forte au général. Ce dernier a battu en retraire après avoir dû mettre fin à son offensive sur la capitale. Comme à son habitude, la France tente de faire entendre sa voix et les Emirats Arabes Unis apportent un fort soutient.

In fine, la bataille pour le pétrole s’est dirigée vers Sirte, porte d’entrée des installations pétrolières. Les combattants de Wagner avaient lancé sans succès un assaut sur les champs de pétrole de Deir Eu-Zor. Finalement, la Russie et la Turquie se sont mis d’accord. La milice Wagner s’est installée dans le gisement pétrolier de Sharara. La compagnie pétrolière libyenne, NOC, avait redémarré la production à Sharara et El Feel, mais depuis tout semble à l’arrêt. Le partage du pétrole entre la Russie et la Turquie pourraient apporter des solutions d’autant qu’à Washington la préoccupation se focalise sur les prochaines élections.

Au total, la production pétrolière du pays stagne toujours proche de zéro alors que durant l’époque du Général Kadhafi le compteur indiquait 1,7 million.

 La loi sur la sécurité nationale adoptée à Hongkong
Dessin Chappatte

Chine

Afin de sortir de la déflation et de stimuler l’emploi et l’économie, Pékin va investir dans la construction d’infrastructures. Les régions ont annoncé la construction de 40GW de centrales à charbon soit une flotte équivalente à l’Afrique du Sud. Sur en une année, l’extraction de charbon a également augmenté de 0,9 % à 1,5 milliard de tonnes pour une consommation totale de 4,1 milliards de tonnes.

Pour rester dans les bonnes nouvelles pour le climat, en 2019, les émissions de CO2 de la Chine ont augmenté de 3,4% contre 2,6 % durant les 10 dernières années. La Chine produit 28,8% des émissions mondiales de CO2 selon la BP Statistical Review of World Energy.

Pékin a fait savoir que si Washington continue de chatouiller sur HongKong ou sur le coronavirus, ces thèmes pourraient impacter les achats de produits agricoles des fermiers américains si précieux pour Trump. Ces ventes font parties de la première partie de l’accord économique entre les deux pays. Pékin semble également miser sur une défaite de Trump et tente de gagner du temps.

Les importations de pétrole ont augmenté de 13% à 11,11 millions b/j en profitant des prix bas pour faire des stocks.

La Chine va ajouter 36,65 GW d’éolien et 48,45 GW de solaire par rapport à 2019 soit +52%. Le charbon reste toujours la plus grande source de production d’électricité.

La Chine vient de terminer la construction d’une ligne à ultra haute tension réservée au transport d’électricité éolienne et solaire de 2’390 km de long. Cette ligne de 3,17 milliards $ est dédiée uniquement au transport de l’énergie propre et va permettre le développement des énergies renouvelables dans le Qinghai et Gansu pour des livraisons au Henan. Avec ces technologies de transport sur de longues distances, dans les années qui viennent, Pékin pourrait livrer en électricité l’Europe.

 

Le mois de mai a été 0,63°C plus chaud que la moyenne avec une pointe en Sibérie

 

Europe

Christine Lagarde, directrice de la Banque Centrale Européenne, va soutenir financièrement Shell, Total et l’électricien charbonnier Uniper avec une injection de 7,6 milliards €. En réponse à la crise, sur les 1’700 milliards € injectés par la BCE, 220 milliards sont prévus pour les entreprises polluantes grâce à l’achat d’actifs.

 

Russie

Dans le nord de la Sibérie, la ville de Verkhoïansk, située à 67° de latitude nord, a enregistré le 20 juin 38°C, soit 0,7°C de plus que le précédent record, qui remontait à juillet 1988. Pour l’anecdote, la température la plus basse de l’hiver dernier à cette station était de -57,2°C le 26 janvier 2020.

Pour continuer sur le même sujet, près de 20’000 tonnes de diesel se sont déversées «par accident» dans la rivière l’Ambarnaïa à Norilsk (Sibérie orientale). Un réservoir de diesel a été endommagé après son effondrement. La cité industrielle de Norilsk est entièrement construite sur le permafrost. Elle est menacée par la fonte des glaces causée par le changement climatique.

L’entreprise Concern Avtomatika JSC a vendu aux pétroliers russes un système qui permet de contrer des attaques de drones sur les installations pétrolières. L’année dernière, une attaque avait paralysé une partie de la production d’Arabie Saoudite.

Via la nouvelle constitution, les russes se prononcent sur le maintient de Vladimir Poutine jusqu’à ses 84 ans soit en 2036. Je vais faire un délit d’initié alors que les résultats ne sont pas connus : la réponse est : Da. En comparaison, si l’américain Joe Biden est élu, il terminera son terme à 83 ans.

Moscou dément être responsable d’une fuite d’éléments radioactifs provenant d’une centrale nucléaire. Les pays scandinaves ont détecté une augmentation non-mortelle d’isotopes associés à une fission nucléaire humaine dont la provenance est inconnue.


Nuage d’éléments radioactifs détecté le 22-23 juin 2020
Source: CTBTO – graphique FT.com

 

Allemagne

Berlin continue sur sa lancée dans l’hydrogène vert (fabriqué via des énergies renouvelables) et comme au poker met 7 milliards € sur la table pour voir.

L’objectif est de créer des emplois et d’impliquer son industrie. Cet argent servira à la recherche, la production et les infrastructures de livraisons et provient du plan de relance économique. Sur la durée, l’Allemagne va renoncer à l’hydrogène bleu ou gris produit à base de charbon ou du gaz.

D’ici à 2030, 5GW d’hydrogène vert devrait être produit notamment pour les camions, le secteur maritime, les avions ainsi que le stockage d’énergies renouvelables pour les habitations. Actuellement l’industrie allemande utilise 55 TWh par an d’hydrogène gris ou bleu. Vu l’importance de son industrie lourde, l’Allemagne voit cet investissement comme stratégique. Pour l’instant, le plan n’englobe pas l’utilisation d’hydrogène pour les voitures qui se dirigent vers une propulsion électrique.

Angela Merkel va encore ajouter 70 milliards € pour stimuler l’économie et totaliser 218 milliards cette année. Dans la valise, 9 milliards ont été prévus pour la compagnie aérienne nationale Lufthansa.

Le gouvernement prévoit une baisse significative des importations et exportations pour 2020 alors que de nouveaux foyers de coronavirus émergent.

 

Angleterre

Les compagnies aériennes EasyJet plc, Ryanair et Air Europa cassent les prix qu’elles avaient déjà cassés. Ryanair a débuté les hostilités et EasyJet a riposté en mettant en vente 1 million de billets à €29,90. A ce prix là et histoire de bien rigoler, le coronavirus va certainement en acheter une certaine quantité.

BP a passé à la trappe pour 17,5 milliards $ d’actifs dont 8 à 11 milliards d’équipements et 8 à 10 milliards d’intangibles qui concerne l’exploration. Actuellement la valeur des équipements de BP est de 130,2 milliards $. Alors que Brittish Petroleum accumule les dettes, elle continue de verser des dividendes à ses actionnaires.

Toujours durant le mois de juin, BP a levé 17 milliards $ auprès des investisseurs. Le concept de finance durable a encore un peu de chemin à parcourir.

Et finalement, BP va vendre son secteur pétrochimique à Ineos pour 5 milliards $.

Les forages offshores, plus onéreux que les autres, prennent de pleins fouets la chute des cours. Un tiers des forages dans la Mer du Nord ne sont plus financièrement rentables.

Le ministre des transports Grant Shapps a formé le groupe Jet Zero Council (aviation, environnement, gouvernement) avec l’objectif de réaliser un avion transatlantique sans émissions de CO2 d’ici à 20 ans. Accessoirement, cela permettra au gouvernement de subventionner son industrie aéronautique sans que ces subventions ressemblent à des subventions.

Le gazier anglais, Centrica va licencier 5’000 employés afin d’économiser 2 milliards £ d’ici à 2022. Alors que les revendeurs de gaz se font des marges indécentes, (7 à 15 fois sur le prix de vente aux consommateurs), c’est une prouesse d’être en difficulté financière.

 

 

France

Les quatre plus grandes banques françaises, Société Générale, Crédit Agricole, BNP, Banque Populaire ont déversé 22 milliards $ dans le pétrole et gaz de schiste aux USA durant ces 3 dernières années.

La Société générale détient le pompon avec 11 milliards $ de financements sur la période. Le Crédit agricole est deuxième avec 6 milliards, la BNP 3,6 milliards et le groupe Banque populaire Caisse d’Epargne soutient le tout avec 3,3 milliards. Axa et Rothschild & Co (l’ancienne banque du président Macron), ont engagé 11 milliards pour financer des entreprises actives majoritairement dans le domaine du schiste.

L’industrie aéronautique française va certainement bâtir une statue à nos amis les pangolins et chauves-souris. Ces petites bêtes permettent à certains acteurs de toucher le jack-pot alors qu’ils étaient, avant la crise, déjà dans une sacrée panade financière. Ainsi, la France va mettre 15 milliards € pour 100’000 emplois, soit un montant de 150’000€ par poste aéronautique alors que dans sa forme actuelle, l’industrie est appelée à mourir.

AirFrance reçoit un prêt de 7 milliards € et une petite enveloppe de 300 millions de cash pour moderniser sa chaîne de valeur. Les autres recevront entre 500 millions et 1 milliard €.

La plus vieille centrale nucléaire de France à Fessenheim a été mise à l’arrêt. Il faudra 15 années pour démanteler les 2 réacteurs.

Comme dans plusieurs pays européens, les électeurs français ont choisi le parti des verts lors des élections communales. Jusqu’à présent et dans le domaine environnemental, Emmanuel Macron peine à passer des paroles aux actes.

 

Suisse

Au premier trimestre, le PIB de la Suisse n’a reculé que de 2,6 %. L’administration publique (+0,8%) et la finance (+2,3%) ont apporté une contribution positive au PIB. Cependant, une nouvelle augmentation des cas de coronavirus est en train de pointer le bout de son nez.

Le distributeur d’énergie et prédateur BKW (Forces Motrices Bernoises) se lance dans la vente de gaz qui génère des profits que l’on peut qualifier de “mirobolants”. Sur l’achat de 1 m³ de gaz, les distributeurs prennent une marge qui dépasse souvent 10 fois le prix d’achat. La Commission de la concurrence a décidé d’ouvrir le marché du gaz en Suisse sur la base d’accord à l’amiable entre deux fournisseurs régionaux.

Le Salon de l’Auto de Genève pourrait avoir rendu l’âme, en tout cas dans sa version passée. Après l’annulation de l’épisode 2020 pour cause de coronavirus, l’édition 2021 sera également supprimée. Depuis des années, la manifestation avait du plomb dans l’aile et les pertes générées lors de l’annulation de cette année ont creusé des dettes abyssales. Du côté du canton, c’est le magistrat Pierre Maudet qui s’est chargé de ce dossier et ce même ministre a fustigé les pistes cyclables dans le canton. Il semble que plus rien ne roule pour lui.

La Suisse pourrait acheter de nouveaux avions militaires pour un montant de frs 6 milliards. L’avion français Rafale est sur la liste des candidats. Le jouet consomme environ 6’500 litres de carburant à l’heure lorsque l’on pousse ses moteurs à plein régime. Cette consommation grimpe à près 21’000 litres par heure lorsque la postcombustion est enclenchée. Du coup, durant un engagement, il peut voler un peu plus de 10 minutes sans réservoir supplémentaire.

 

 

Moyen-Orient

Iran

Une deuxième vague de coronavirus a touché le pays et particulièrement dans les zones pétrolières du Khuzestan. Le président Rouhani a insisté pour que l’économie reste ouverte.

Le président Rouhani pourrait reprendre le dialogue avec les USA, si Washington s’excuse d’être sorti l’accord du nucléaire de 2015. On sent que l’Iran prépare l’arrivée de Biden à la présidence US.

L’agence nucléaire internationale note des problèmes de coopération avec Téhéran. Depuis que Donald Trump a déchiré l’accord, le gouvernement traîne les pieds et vient de refuser l’accès à des sites. L’Agence dit ne pas avoir reçu de réponses sur du matériel nucléaire non déclaré dans les années 2000. Elle annonce également une forte augmentation de matériaux nucléaires qui dépassent les accords de 2015. Il faut dire que l’arme atomique est très à la mode en ce moment au Moyen-Orient. L’Arabie Saoudite se lance dans le nucléaire civil afin d’obtenir l’arme atomique militaire alors que seul Israël possède cette arme en ce moment.

L’administration Trump prépare des sanctions pour 50 tankers pétroliers afin d’arrêter les transports entre le Venezuela et l’Iran. L’objectif est d’éviter une confrontation militaire.

Depuis des années, l’Iran souffre de la sécheresse et du manque d’eau. L’Iran semble sur le même chemin que la Syrie et l’Irak.

Résurgence des cas de coronavirus en Iran

 

Arabie Saoudite

Le fond public d’investissement du pays a profité de la chute des bourses afin de faire des emplettes et des achats d’entreprises notamment en Europe et aux USA.

Saudi Aramco coupe dans ses coûts et a licencié notamment des employés étrangers. La compagnie pétrolière nationale compte 80’000 employés.

Saudi Aramco a mis sur pause plusieurs forages offshores et des investissements de 18 milliards $.

Dans les mains de Ryad, la compagnie Boston Dynamics vient de commercialiser son robot Spot. Pour le rendre moins méchant, elle le présente comme un gentil toutou alors que l’engin est développé pour le militaire et fera merveille avec une arme. Dans les mains de Google, Boston Dynamics a été cédée à l’Arabie Saoudite. L’entreprise excelle dans la création de robots destinés à l’armée. Effrayant!

 

Spot est en vente pour 74’500$

 

Asie

Inde

Le gouvernement a augmenté à 50% ses taxes sur l’essence. Pour 1 litre, il vous faudra débourser 1,06$. Les budgets de l’Inde doivent trouver de nouvelles entrées car la situation est financièrement très tendue.

Un autre endroit très tendu se trouve à la frontière avec la Chine dans un coin retiré. Les soldats des deux pays ont réussi à s’entre-tuer, sans armes, pour un lopin de terre qui a la particularité de titiller la testostérone de Modi et Xi Jinping.

Le gouvernement va mettre fin au monopole de l’État sur le charbon et va vendre aux enchères 441 mines. L’objectif est de diminuer les importation en augmentant la production du 3ème producteur mondial derrière la Chine et les USA.

 

Australie

Après les incendies du début d’année, le lobby du charbon, la Minerals Council of Australia, a fait des propositions pour réduire l’impact du charbon sur le climat. Les propositions sont très ambitieuses et proposent d’augmenter la recherche et développement ainsi que d’utiliser des technologies qui restent à inventer. Bien évidemment, aucune date et aucun chiffre n’ont été proposés. On ne peut que regretter que cette proposition n’eut été faite un 1er avril.

L’Australie est le plus grand exportateur de charbon au monde et génère pour 48 milliards $ de revenus.

Le géant minier, Rio Tinto, a réussi a faire exploser un temple aborigène vieux de 46’000 ans afin d’agrandir une mine de fer. Coutumière du fait, la destruction à l’explosif de la grotte de Juukan Gorge aurait dû passer comme une lettre à la poste, mais là, même le gouvernement demande des comptes.

 

 Powell est le président de la Banque Fédérale Américaine.

 

Les Amériques

USA Schiste

Afin d’aider financièrement les entreprises pétrolières et gazières, le gouvernement Trump a relâché les normes environnementales et de pollutions.

La baisse du nombre de plateformes de forages a été stabilisée à 188 et 75 pour le gaz. Il n’est pas impossible que l’industrie ait touché le fond et n’ira pas plus bas. Les mois à venir le diront.

Plus de 85’000 emplois dans les services pétroliers ont été passés à la trappe selon la Petroleum Equipment Association. Au niveau des pétroliers on estime que 100’000 postes ont été supprimés.

Donald Trump s’était précipité sur son compte Twitter afin d’annoncer une création de 2,5 millions d’emplois. Sur la nouvelle les bourses ont grimpé. Quelques heures après l’annonce, le Département du Travail annonça que ce chiffre souffrait de problème de méthodologie car de nombreuses personnes sondées ne savaient pas si elles étaient au chômage ou licenciées.

Les nouvelles installations solaires ont chuté de 31% à 3,4 GW selon Wood Mackenzie et le Solar Energy Industries Association et 72’000 emplois sont à risque. Aux USA, l’énergie solaire représente 81,4 GW, assez pour satisfaire la demande de 15,7 millions de foyers.

L’élection va se jouer entre Donald Trump et l’ancien vice-président d’Obama, Joe Biden coutumier des gaffes et des parachutages de son fils dans des conseils d’administration. Pour éviter que Biden l’ouvre et balance des énormités, on a appelé Obama pour faire le service après-vente et ça marche. Depuis que Joe se tait, il est largement en avance dans les sondages. Qu’importe le choix du président, les 4,5 années à venir pourraient être surprenantes.

La Californie va lancer la production d’hydrogène à base d’énergies propres. Le prix de vente devrait entrer en parité avec l’essence d’ici à 5 ans.

La dette américaine vient de dépasser les 26’000 milliards $. Champagne!

 

Venezuela

Le pays continue d’envoyer du pétrole vers la Chine malgré les sanctions américaines dont 3,3 millions de barils en transit et 5 millions en direction du port de Qingdao. Les raffineries chinoises (comme celles des USA) apprécient le brut lourd du Venezuela qui permet la production de diesel et de kérosène.

Caracas a reçu l’essence livrée par l’Iran via ses tankers pétroliers. Les USA cherchent par tous les moyens de freiner ce transfert sans utiliser la force militaire.

 

Canada

L’entreprise, EarthRenew propose un système pour transformer les déchets et carcasses d’élevages en engrais. Ce système permet de générer sa propre électricité afin de rendre le processus énergétiquement neutre. La grande partie de cette «matière première» est gratuite car personne ne sait quoi en faire à part de la brûler ou pour l’intégrer aux produits cosmétiques ainsi que dans les aliments pour les animaux.

Les pétroliers canadiens sont dans une forme encore plus piteuse que leurs collègues américains notamment dans l’extraction des sables bitumineux de l’Alberta.

 

Afrique

Nigeria

Shell n’a pas appliqué les recommandations des Nations Unies afin de nettoyer les rives du delta du Niger. En 2011, l’UN avait proposé la création d’un fond de 1 milliard $ pour réparer les dégâts des fuites de pétrole. Peu de progrès ont été réalisé dans un pays où la corruption règne en maître.

Alors que certains demandent que la compagnie pétrolière nationale Nigeria National Petroleum Corporation soit démantelée, Mele Kyari, son PDG, annonce «une nouvelle saison de transparence et de comptes rendus». En fait la NNPC est un gouffre à corruption et une caisse pour les politiciens. L’année dernière durant sa campagne pour devenir président, l’ancien vice président, Atiku Abubakar appellait la NNPC, et en toute simplicité, «une organisation mafieuse».

 

Phrases du mois

“L’Arabie saoudite et la Russie sont en mode de contrôle des dégâts. Il ne s’agit pas seulement de mesurer la demande. Il s’agit également de suivre le schiste américain sur une base mensuelle afin de ne pas permettre au schiste de rebondir rapidement.” Christyan Malek, JPMorgan

“Nous érodons les capacités de la planète à maintenir la vie humaine et la vie en général.” Gerardo Ceballos

“Nous avons systématiquement abdiqué devant les revendications de la Chine: transferts de technologies, traités inégaux, droits de douane déséquilibrés, razzia sur nos entreprises sans réciprocité. En résumé, un Munich industriel.” François Genthial, Red chef magazine Capital.

Michael O’Leary, PDG, Ryanair “Une fois que nous commencerons à voler en juin, nous vendrons n’importe quel prix afin d’occuper autant de sièges que possible, même si cela signifie perdre de l’argent pour les 12 prochains mois. Les bénéfices en souffriront un an ou deux, et c’est ce à quoi nos actionnaires devraient s’attendre.”

“Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c’est une crise. Depuis que je suis petit, c’est comme ça.” Coluche

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète 2000Watts.org

 

 

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mai 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Chine-USA: La situation se tend entre les deux pays
– Danemark: € 37 milliards pour soutenir l’éolien et l’hydrogène
– Espagne: La plus grande éolienne du monde fait 222 m.
– Arabie Saoudite: La TVA va passer de 5 à 15% pour combler le manque pétrolier
– Irak: Les mois qui viennent vont être importants
– Venezuela: L’Iran a envoyé plusieurs tankers d’essence pour dépanner le pays
– Japon: Sept entreprises travaillent ensemble pour un bateau électrique.


 

Décidément les cours du baril sont très farceurs et aussi imprévisibles que joueurs. Dans la surprise de ce mois, le prix du pétrole est plus cher aux USA (WTI) qu’à Londres (Brent).  Le déversement de sommes astronomiques par la Banque Centrale Américaine pourrait évoquer une piste. Le monde de la finance ne semble plus savoir quoi faire de tout cet argent, autant le mettre quelque part.

Les cours ont grimpé comme un bouchon de liège alors que les fondamentaux sont identiques au mois passé: surproduction, manque de place de stockage, demande en baisse.
Bref, à Londres, le Brent indique $35,33 (25,27$ fin avril) et à New York, le WTI double le mois précédent à 35,38 (18,60$ fin avril).

 

 Graphique du mois
Diminution de la demande par type de carburants
(essence, diesel, kérosène, gaz liquide, Autres)

 

Pétrole

L’offre dépasse toujours la demande et les places de stockage diminuent. Il n’est pas impossible de voir les cours du pétrole refaire un tour de carrousel durant le prochain mois.

De plus en plus de pays sortent du déconfinement et la demande va reprendre mais combien et quand?  Il semble que nous soyons encore assez loin d’un retour «à avant». Les avions comme les bateaux sont cloués au sol ce qui n’est pas une tâche facile pour un bateau.

Selon les sources, la baisse de la demande vogue entre -10 et -40 millions de barils par jour (b/j). L’Agence Internationale de l’Energie penche pour une chute de 25,2 millions b/j en avril et de 21,5 pour le mois de mai. Sur l’année 2020, l’IEA prévoit une baisse moyenne de 8,6 millions b/j. Soit la plus grande chute jamais enregistrée dans l’histoire du pétrole.

En plus du pétrole, le gaz est également dans l’oeil du cyclone. Le manque de place de stockage pousse les prix à la baisse. Contrairement au pétrole, il est plus facile de s’en débarrasser en le brûlant sur le lieu d’extraction.

Le PIB mondial devrait diminuer de 3,2 % cette année soit la plus grande contraction depuis 1930. Avant le coronavirus, la croissance était limitée à 2,5 %.  (Lire Dépression ou Récession : du cauchemar au rêves?)

 

Majors pétrolières

Les chiffres d’affaires d’ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips, Halliburton, Schlumberger, Baker Hughes (USA), Shell (Hollande), BP (Angleterre), Total (France) , Eni (Italie), Equinor (Norvège) et Rosneft (Russie) ont baissé de 17% à $262 milliards au premier trimestre contre $ 315.5 milliards en 2019 selon Anadolu Agency. L’Oscar de la plus grande perte revient à l’entreprise de services Baker Hughes avec un trou de 10,21 milliards $ au premier trimestre.

Pour l’instant, seuls Shell et le norvégien Equinor ont décidé de réduire leurs dividendes. Toutes les autres maintiennent une rétribution de plus de 6% aux actionnaires.

A contrario des américains, Total, Repsol, BP et Shell ont annoncé des plans pour réduire leur impact carbone à zéro. Venant de pétroliers, le concept zéro carbone est théorique et sens bon l’auto-promotion. Cependant, la jeune génération, qui représente les clients de demain, pourrait tenir rigueur aux entreprises qui ont chauffé leur avenir.

 

 

Renouvelables

L’agence internationale de l’énergie prévoit que les projets solaires, éoliens et renouvelables prendront un peu de retard cette année mais seront en progression dès 2021.

En 2020, l’IEA pense que la demande d’énergie va diminuer de 6% dans le monde.

En comparaison, les entreprises d’énergies propres cotées à la bourse américaines ont augmenté de 2,2% alors que les entreprises d’énergies fossiles ont chuté de 40,5% selon l’Imperial College London. L’étude a étudié 163 entreprises fossiles et 19 entreprises renouvelables et note qu’entre 2010 et 2019, le retour annuel des renouvelables a généré un profit de 11,4% contre 7% pour les fossiles.

 

Automobile et Mobilité Douce

Les ventes de voitures thermiques devraient reculer de 23% cette année. Les voitures électriques devraient reculer de 18%.

Le marché automobile européen a chuté de 76,3% en avril, 55% en mars. Même avant la pandémie, l’industrie était en surproduction et seule la Chine pouvait engloutir ces nouveaux véhicules. La chute actuelle ne fait qu’accélérer la tendance et les pertes d’emplois soulignent le business model défaillant des constructeurs et un marché qui se rétracte. Paradoxalement, les constructeurs se tournent vers les gouvernements pour recevoir des aides financières alors que ces mêmes entreprises font tout pour éviter de payer des impôts.

A travers le monde, les ventes de vélos ont été démultipliées des USA à l’Europe. Aux USA, les ventes ont été multipliées par deux. Les trottinettes apportent également une réponse à la mobilité urbaine.

Certaines villes ont adapté leurs rues pour absorber ce déplacement de comportement et de trafic. Les USA font même face à une pénurie de vélos.

Après Tesla, c’est General Motors qui annonce une voiture électrique avec une durée de vie de 1,6 million de km avec la même batterie. GM devrait se passer de cobalt pour les électrodes.

 

Transports maritimes

Le transporteur de containers Maersk, 17% de part de marché mondial, a généré des bénéfices supérieurs aux attentes. L’entreprise a coupé ses charges de carburants et a augmenté ses coûts de transports afin de compenser la chute de la demande. Maersk prévoit une baisse de 20 à 25% de la demande entre avril et juin de cette année et aucune reprise solide avant la fin de l’année.

Dans l’Atlantique, les prévisions penchent pour 19 tempêtes dont 6 à 10 pourraient se transformer en cyclone. Dans les régions côtières des USA, la température de l’eau est déjà à point.

 

Les gens comme vous et moi

A travers l’Europe en mars, l’épargne des citoyens a augmenté, +€ 20 milliards en France, 16,6 en Italie et 10,1 en Espagne, 14,6 en Angleterre. A l’opposé, comme en 2008, les Allemands ont retiré leur argent de leurs comptes et font confiance au cash +39,7 milliards entre janvier et mai.

Une grande partie des ménages ont accumulé involontairement des économies à cause du confinement. Cependant devant l’incertitude sur l’emploi, ils pourraient être réticents à donner suite à leurs impulsions d’achats pour une nouvelle voiture, des voyages ou pour des objets inutiles. La confiance ne s’achète pas.

La Chine compte plus de 200 millions de chômeurs et les USA 42. La Russie est actuellement au coeur du cyclone. En Europe, les annonces de suppression d’emplois s’amoncèlent. L’augmentation de la consommation d’énergie pourrait prendre du temps.

 

Depuis 2014, le marché pétrolier est entré dans une nouvelle phase

 

Les pays au top du Hit-Parade du Mois

Chine

Après une accalmie suite à l’accord commercial de Donald Trump, l’ambiance entre la Chine et les USA a repris des couleurs vives et vire au rock & roll.

Pékin est en train de faire main-basse sur Hong Kong pendant que Trump tente de se faire réélire. L’option militaire n’est plus dans l’arsenal américain face à la puissante Chine. Il ne reste que le bouton «finance» dans les mains de la Maison Blanche mais la première salve de menaces de Trump a fait pchitt.

La Chine utilise à fonds l’outil diplomatique coronavirus pour consolider ses liens avec les autres pays et notamment dans la distribution de matériels sanitaire ainsi que dans la reconstruction économique et énergétique. La Chine est capable de réaliser et de financer à l’étranger des centrales nucléaire aux fermes solaires. Les pays sur la route de la Soie sont les premières cibles.

La demande pétrolière chinoise aurait grimpé à 13 millions b/j contre 13,4 millions b/j avant la pandémie. Cette hausse reste à confirmer dans les mois qui viennent, mais Pékin fait ses emplettes et profite des prix bas du pétrole afin de remplir ses réserves. Les 117 tankers pétroliers, qui se dirigent vers la Chine, représentent la plus forte concentration mondiale de livraisons pour un seul et même pays.

La demande de charbon est d’un tiers plus élevé que l’année passée à la même époque notamment à cause des fortes températures et de la demande d’air conditionné.

Le PIB chinois se serait contracté de 6,8% depuis le début de l’année selon le gouvernement. Pour mémoire, le PIB 2019 s’était soldé à +6,7%. Comme il s’agit des chiffres officiels, il est impossible de savoir s’ils ont été tirés au sort ou s’il s’agit de la réalité. La deuxième option semble la moins probable.

Le président Xi Jinping ne va pas fixer d’objectifs de croissance pour le reste de l’année, mais il va continuer de stimuler (comprendre injecter de l’argent) dans les entreprises locales.

Volkswagen espère pouvoir vendre autant de voitures cette année qu’en 2019 et cela malgré le coronavirus. En Chine, VW va investir € 2 milliards pour développer les voitures électriques. La Chine représente 40 % des ventes de VW dans ce domaine.

 

Danemark

Le pays va à nouveau se démarquer et lance un projet de 37 milliards € afin de construire deux fermes d’éoliennes et proposer de l’électricité renouvelable pour générer de l’hydrogène. Suite à la pandémie, le gouvernement ambitionne de créer des milliers emplois et de réduire ses émissions de 70% d’ici à 10 ans. Le projet de 4 GW sera principalement financé par le secteur privé.

En 1991, le Danemark avait construit la première ferme d’éoliennes offshores et depuis le pays a continué de pousser et de soutenir son industrie afin de maintenir son leadership et ses emplois dans le pays. Les deux fabricants, Orsted et Vestas ont atteint une envergure mondiale.

Le groupe Six, l’une des plus grande entreprise du pays, va lancer le plus grand consortium d’hydrogène au monde pour alimenter des bateaux, des avions, des camions, bateaux et pour l’industrie. AP Moller-Maerks, la compagnie d’aviation SAS, DSV Panalpina, les lignes de ferry DFDS, Copenhagen Aéroport et Orsted vont utiliser de l’hydrogène basée sur l’énergie éolienne d’ici à 2023.

 

Etats-Unis

Selon Bloomberg et Wood Mackenzie, la production pétrolière américaine est passée de 13,24 millions b/j en mars à 10,94 et devrait évoluer sous la barre des 10 millions dans les semaines à venir. Les chiffres divergent selon les agences. Cependant, un consensus s’accorde sur une baisse de plusieurs millions de barils par jour.

Les pertes d’emplois se montent à plus de 42 millions depuis le début de la pandémie. Stanford University pense que 40% de ces emplois seront perdus. On reste à Stanford. L’Université a refusé que son fonds de gestion sorte des investissements dans les énergies fossiles comme le pétrole ou le gaz.

La société de location de chauffeurs UBER continue sur sa lancée avec une perte de 2,9 milliards $ au premier trimestre soit le triple d’il y a un an.

Les Etats de New York et du New Jersey ont bloqué la construction d’un gazoduc qui devait alimenter en gaz 2,3 millions de foyers. Ce projet de $ 1 milliard entrait en contraction avec les lois environnementales des Etats. Les émissions de méthane du gaz naturel rendent cette énergie aussi nocive pour le climat que le charbon.

Le PDG d’ExxonMobil, Darren Woods au eu chaud. Lors de l’assemblée générale, le fonds anglais LGIM s’était allié à d’autres actionnaires afin de demander à ExxonMobil de divulguer ses activés de lobby contre le changement climatique ainsi que d’implémenter un commité indépendant qui aurait bousculé le PDG dans les questions d’énergies renouvelables. In fine, seuls 32,7% des actionnaires ont voté pour cette proposition.

Dans l’assemblée générale de Chevron, les investisseurs ont demandé au pétrolier de divulguer ses actions de lobby contre le changement climatique. Chevron a annoncé voir licencier 10 à 15% des ses 45’000 employés.

Avec Chevron, ExxonMobil est l’une des rares compagnies pétrolières à n’avoir aucune stratégie de diminution de CO2. Parmi les plus grands investisseurs d’Exxon on retrouve la Banque Nationale Suisse pour une valeur de $ 649 millions alors que l’action a dégringolé de plus de 50% durant ces 4 dernières années.

Avec une ardoise de 19 milliards $, la société de location de voitures HERZ USA-Canada s’est mis en protection de faillite. Ses problèmes datent d’avant le coronavirus.

 

Décompte des plateformes de forages pétrole et gaz aux USA

 

L’australien Quinbrook Infrastructure et l’électricien californien Arevia Power ont reçu le feu vert pour construire le projet Gemini Solar de 1 milliard $ avec 690 MW de panneaux solaires. Proche de Las Vegas, la ferme pourra également stocker l’électricité produite.

Pour leurs voitures à hydrogène Toyota, Hyundai et Honda offrent gratuitement pendant 3 ans les pleins d’hydrogène. En Californie, plus de 8’000 voitures à hydrogène sont en circulation avec 41 stations de recharge. Le kg est vendu à 13,99$ soit 1,47$ en équivalent essence. Le prix devrait descendre entre 10 et 8$ le kg dans les 5 années à venir selon la National Renewable Energy.

La Californie va ouvrir le plus grand centre de production d’hydrogène au monde avec 40’000 tonnes annuellement assez pour les besoins de 2’200 voitures.

Même si l’extraction du charbon est considérée comme un business essentiel et que les mines sont restées ouvertes durant le coronavirus, le nombre d’emplois dans le secteur minier a diminué de 12% à 43’800 employés en avril. La pandémie pourrait accélérer le déclin du charbon aux USA. L’utilisation des énergies renouvelables et le gaz opposent une trop forte concurrence pour qu’il reste compétitif.

Contagion ou récupération? Après que le PDG de BlackRock, qui après des années de pillage de l’économie, a vue les lumières divines, voici que Jamie Dimon, PDG de la Banque JPMorgan Chase, a aussi eu une vision. Avec un toupet certain, le brave homme annonce que “le corona sonne comme un réveil pour les gouvernements et les grandes entreprises afin de construire une économie qui englobe plus les millions de personnes pauvres qui sont laissées derrière et depuis trop longtemps.” Peut-être que de fermer une banque aussi prédatrice que JPMorgan Chase est une excellente première étape pour atteindre cet objectif?

Les cinq premiers milliardaires américains (Jeff Bezos d’Amazon, Bill Gates de Microsoft, Mark Zuckerberg de Facebook, Warren Buffet et Larry Ellison d’Oracle) ont vu leur fortune augmenter de 75,5 milliards $ entre le 18 mars et le 18 mai. Au total les 600 plus grandes fortunes américaines ont augmenté leurs fortunes de 434 milliards $  (+15 %) selon American for Tax Fairness et Forbes.

 

 

 

Europe

A part quelques gouttes de pétrole et de gaz dans la Mer du Nord, l’Europe est énergétiquement dépendante de pays tiers. Dans ce contexte, l’Europe s’engage dans un «Green New Deal» avec l’objectif de se sortir du pétrole, du gaz et du charbon d’ici à 2050.

Dans sa liste de recommandations d’investissement, la commission Européenne désire exclure les investissements dans les énergies fossiles et donner une ligne de conduite pour les assurances et les fonds de pension.
Mais il y a un mais! La Commission vient d’inventer un concept à hurler de rire et qui souligne avec délicatesse l’influence des petites enveloppes distribuées par les lobbies.

Elle défini une énergie fossile, comme «solide» comme le charbon. Une énergie fossile n’est pas «liquide» comme le pétrole et le gaz. Ainsi, seul le charbon sera exclu des recommandations.

 

Russie

En Sibérie en temps normal, les températures deviennent positives autour du mois d’avril, et avoisinent les 10 degrés en mai. Depuis janvier, il fait chaud. Le joli mois de Mai a apporté une vague de chaleur exceptionnelle avec des températures de 30 à 35°C.

Ca chauffe également pour le Président Poutine qui voit sa côte de popularité descendre proportionnellement à la montée du coronavirus d’autant que les budgets de l’État dans les hôpitaux ont fondu comme la neige en Sibérie.

Dans l’accord OPEP+ (OPEP et Russie), Moscou devait fortement réduire sa production pétrolière afin de soutenir les cours. Connaissant la Russie, le chiffre lancé en l’air n’allait pas être respecté. Effectivement, la Russie n’est pas allé au-delà. Rosneft annonce qu’il est difficile de fermer les gisements pétroliers sans les endommager de manière définitive.

 

Allemagne

Dans la Saxe, après 180’000 km, le test de deux rames de trains à l’hydrogène se solde par un succès. Ainsi 14 rames du modèle Coradia iLint d’Alstom vont entrer en fonction pour remplacer les trains diesel.

Les ventes de BMW ont diminué de 61% en avril avec 121’000 ventes (au plus bas depuis 1990) et une chute de 97% en Italie, Espagne et en Angleterre.

Dans l’affaire du Diesel Gate, VW a déjà déboursé € 30 milliards. La facture va s’allonger car le constructeur va devoir racheter, à la valeur actuelle, les voitures truquées aux clients allemands lésés.

Faisant froncer les sourcils de la non-concurrence et des économistes traditionnels, le Gouvernement Allemand injecte des centaines de milliards afin de soutenir ses entreprises.

Lufthansa a pour l’instant refusé les conditions pour une aide de € 9 milliards.

 

Espagne

Quand la taille est importante! Siemens et le producteur espagnol d’éoliennes Gamesa Renewable Energy vont construire la plus grande éolienne au monde: Hauteur de 222 m et une puissance de 14 MW.  La SG 14-222 DD pulvérisera de 2m l’éolienne de General Electric. Les premières unités seront installées aux USA.

 

Angleterre

Bernard Looney, PDG de BP, pense que la pandémie pourrait avoir fait atteindre le peak de la demande pétrolière. Selon lui, «les technologies, qui permettent de travailler à la maison ou d’éviter les déplacements, vont couper la demande pour les voyages et les déplacements. Ces comportements pourraient persister dans le futur.»

BP a vu chuter ses bénéfices de 66% au premier trimestre. Le PDG désire investir dans les énergies renouvelables. En même temps, il ne sera pas trop difficile d’atteindre cet objectif car l’implication actuelle de BP est dérisoire. En moyenne, les majors pétrolières consacrent moins de 2% de leur investissements dans le renouvelable alors que les énergies vertes composent le 50% de leurs communiqués de presse.

AMTE Power et Britishvolt vont coordonner leurs efforts dans la construction d’une fabrique de batteries de 4 milliards £ afin de livrer les constructeurs automobiles et de stockage d’électricité basés en Angleterre. Dans la même veine, Tesla espère ouvrir une fabrique en Allemagne, pendant que le suédois Northvolt a récolté 1 milliards $ pour construire une unité en Suède.

Le pétrolier Hurrican Energy, autrefois positionné comme le champion de l’exploration dans la Mer du Nord, a suspendu ses prévisions d’extraction. Ses prévisions de 20’000 b/j dans les îles Shetland ne sont finalement pas réalistes. En 2017, il avait réussi à lever 530 millions $ pour extraire les 523 millions de barils qui se trouvaient sous les îles. Sur la nouvelle, la valeur de l’entreprise a chuté de 43%.

Le constructeur aéronautique Rolls-Royce va licencier 9’000 de ses 52’000 employés. L’anglais livre des moteurs pour Boeing et Airbus. Son business model repose sur le nombre d’heures de vols des avions, d’où les licenciements.

EasyJet va licencier 4’500 employés. D’ici à juillet, la compagnie aérienne espère retrouver le 30% de sa capacité de vol. Malgré les licenciements, la compagnie va garder ses vols à des tarifs moins cher qu’une pizza notamment pour les weekends indispensables à Barcelone.

 

Norvège

Le Fonds Souverain du pays de $ 1’000 milliards a décidé de renoncer aux investissements dans les entreprises qui utilisent plus de 20 millions de tonnes de charbon par année. En mai, le fonds est sorti du minier Glencore, des électriciens Anglo Amercican et Allemand RWE et du brésilien Vale.

 

Suisse

Le canton de Genève désire sauver le Salon de l’Automobile. Geste de désespoir? Sa fréquentation est en chute libre de 720’000 visiteurs en 2000 contre 600’000 pour 2019. La probabilité, que les billets 2019 deviennent collector, grandi.

En Suisse, la production d’électricité à base d’éolien et de solaire a atteint 284 kWh en 2019. Du coup, le pays fait une percée extraordinaire et remonte au 24 rang au niveau européen. Seules la Hongrie, la Slovénie, la Slovaquie, la République Tchèque et la Lettonie font moins bien que l’Helvétie selon la Fondation Suisse de l’Energie.

Glencore, le géant minier installé à Zoug pour des raisons d’optimalisations fiscales, fait face à une fronde de ses investisseurs soucieux du climat. Ils demandent le départ de Tony Hayward actuel président du conseil. Pour mémoire, Tony Hayward était l’abruti (pas trouvé d’autre mot) qui dirigeait BP lors de la marée noire Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique.

 

France

Renault va licencier 8% de ses employés soit 15’000 personnes dont 4’600 en France durant les 3 prochaines années. Le constructeur automobile souffre d’une surproduction et des pertes financières avaient été annoncées avant le coronavirus. Ses usines peuvent produire plus de 1 million de voitures alors que ses ventes dépassent à peine les 600’000 unités.

A Belfort, l’avenir de General Electric devient de plus en plus incertain et 70 employés ont été licenciés durant le confinement. Derrière la vente bradée d’Alstom à GE se cache Emmanuel Macron qui avait annoncé la création de 1’000 emplois en 2014. Il y a un an 792 postes dans l’entité gaz avaient été déjà supprimés.

 

 
Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Arabie Saoudite

Avec la chute du baril, le royaume tousse. Il y a 2 ans, le prince héritier Mohammed bin Salman avait introduit une TVA de 5%. Elle va grimper à 15% dès le mois de juillet.

Les fonctionnaires vont également voir disparaître des aides financières, histoire de réduire de $ 26,6 milliards le budget de l’État. Le secteur public emploie le plus grand nombre de nationaux et les salaires représentent le 50% du budget de l’État. Le département militaire pourrait également se serrer la ceinture.

Neon, la ville du future au bord de la Mer Rouge, pourrait passer aux oubliettes d’autant que les 500 milliards $ restent à trouver.

Pour se conformer aux quotas de l’OPEP, l’Arabie Saoudite devrait extraire 7,5 millions b/j. en juin, soit une baisse de 4 millions b/j.

Avec des ventes de 51,4 milliards $, Saudi Aramco annonce une baisse de 25% de ses revenus pour le premier trimestre avec un bénéfice de seulement 16,7 milliards $ contre 22,2 en 2019. Avant le coronavirus, la compagnie pétrolière nationale avait prévu de distribuer pour 75 milliards $ de dividendes cette année. L’objectif semble s’éloigner. Dans la foulée, elle va diminuer ses investissements d’extractions de 33 à 25 milliards $.

Ryad continue de vendre son pétrole en Asie avec un rabais de 5,9$ le baril pour une livraison en juin. L’objectif est de prendre des parts de marché à la Russie et aux autres concurrents.

La Chine a augmenté ses importations de pétrole d’Arabie Saoudite. Là aussi, cela sent les rabais.

Pour le nord-est de l’Europe, un marché important pour la Russie, l’Arabie Saoudite propose son pétrole avec un rabais de 3,7$ le baril.

 

Iran

Le pays a été durement touché par le coronavirus d’autant que les USA ont tout fait pour que le pays ne reçoit ni masque, ni ventilateur ou médicament. Les chiffres dépassent les 100’000 contaminés et approchent les 7’000 morts.

Après un calme relatif, le pays a été déconfiné. Mais comme le virus est joueur, il s’est installé dans la partie pétrolifère du pays. Ainsi dans la région d’Abadan, tous les bureaux, raffineries et exploitations pétrolières tournent au ralenti.

Avec la chute des prix du baril, les revenus du pays ont chuté. L’impact sur les citoyens et tout le système économique sera à mesurer dans les mois à venir.

 

Irak

Après des mois de vide, un nouveau premier ministre. Mustafa al-Kadhimi a été nommé à la tête de l’état. Il a muté Ali Allawi de ministre des finances au rôle de ministre du pétrole. Avec la quasi totalité des revenus de l’État qui proviennent du pétrole, on peut se demander l’utilité d’un ministre de l’économie.

Bagdad renégocie avec les majors pétrolières internationales afin de différer les payements. Avec le coronavirus et la chute des prix du pétrole, le pays se trouve sur le fil du rasoir. La production a déjà diminué de 700’000 b/j.

Au nord, les Kurdes ont enfin accepté de rétrocéder 250’000 b/j de pétrole ainsi que les revenus à Bagdad. Cette décision avait été prise à la fin 2019, mais avec la situation actuelle, les Kurdes ont préféré garder le tout pour eux d’autant que l’État Islamique reprend des forces.

L’État Islamique profite du vide et de la détérioration de l’ambiance entre les USA et l’Irak afin de reprendre des forces. En temps normal, des jets militaires patrouillent la région d’Anbar. Comme les budgets sont coupés, il n’y a plus de vols. Une deuxième vague de l’État Islamique pourrait surgir.

 

Yémen

Alors que le pays a obtenu un cessez-le-feu avec l’Arabie Saoudite, la pandémie de coronavirus a mis à genou le système de santé. De plus, une invasion monstrueuse de sauterelles a dévasté les récoltes. Les milliards de sauterelles se sont dirigées vers le Kenya.

 

 

Les Amériques

USA Schiste

Le gisement de schiste du Dakota du Nord a perdu 7’000 forages sur 16’000 et la production a diminué de 500’000 b/j. L’arrêt d’un forage coûte $ 20’000 alors il en faut $ 50’000 de plus pour le redémarrer selon le North Dakota Departement of Mineral Resources. Pour effectuer un forage, comptez une moyenne de $ 7 millions.

Dans les extractions de schiste, l’agence américaine de l’énergie annonce une production de 9 millions b/j avant la pandémie à 8 millions en mai et 7,8 en juin. Ces chiffres sont à prendre avec un peu de recul car la transparence n’est pas dans l’ADN de l’agence.

Les entreprises pétrolières Fieldwood Energy, Ultra Petroleum et Gavilan Resources ont annoncé leur faillite. La dernière était une protégée de BlackRock.

Chesapeake Energy évalue la possibilité de se protéger derrière le chapitre 11 des faillite. Le mois passé Diamond Offshore Drilling et Whiting Petroleum avaient fait le pas.

Selon Rystad Energy, si les prix du baril restent dans la zone des $30, plus de 70 entreprises pourraient faire faillite et 170 pourraient suivre en 2021.
Le nombre de pertes d’emplois dans le schiste aurait atteint 70’000.

Avec une armada de tankers pétroliers, l’Arabie Saoudite livre plus de 1,6 million b/j de brut aux USA. Les commandes avaient été passées avant l’arrêt de la guerre des prix le 12 avril dernier. Avec des prix cassés, ces livraisons pénalisent le pétrole de schiste. Les importations pétrolières américaines ont augmenté à 7,2 millions b/j.

 

Venezuela

Devant la pénurie d’essence qui paralyse le pays, l’Iran a envoyé 5 tankers de carburants avec plus de 200 millions de litres d’essence. Caracas prend toutes les mesures militaires pour protéger l’arrivée des tankers qui pouvaient être bloqués par les américains dans les Caraïbes. Pour l’instant, la US Navy a laissé faire.

Suite aux menaces américaines de sanctions financières contre le russe Rosneft, l’entreprise a vendu tous ses actifs au Venezuela à une entreprise russe détenue à 100% par Moscou. Cependant, la Russie craint les sanctions financières américaines et semble officiellement lâcher le secteur pétrolier du Venezuela. A confirmer.

Le Venezuela pourrait perdre la propriété de Citgo, qui génère un cash précieux. La compagnie pétrolière américaine est détenue par PDVSA la major pétrolière vénézuélienne. La cours suprême américaine a accepté la demande du canadien Crystallex de saisir pour 1,4 milliards $ les actions de PDVSA dans Citgo.

 

Argentine

Le gouvernement aimerait subventionner l’extraction pétrolière de schiste en rachetant aux producteurs le baril à un prix fixe de 45$ au lieu des cours qui naviguent entre 20 et 30$. Ca tombe assez bien car l’Argentine croule sous les dettes et pourrait faire un nouveau défaut de payement.

Le gisement de schiste de la Vaca Muerta a vu sa production s’écrouler et il est peu probable qu’une garantie de payement à 45$ fasse revenir les investisseurs et les producteurs.

 

Asie

Inde

Alors que le pays est sorti de son confinement, la demande de carburants a augmenté. Les ventes de diesel de 38% à -61% en avril, pétrole de -47,5% contre 61% en avril.

Les 20 millions d’habitants de Bombay représentent le 20% des infections de coronavirus et 25% des morts.

Le plus puissant cyclone jamais enregistré dans le golfe du Bengale, Amphan avec ses vents à plus de 180 km/h, a touché les côtes de l’Inde. La température élevée de certains océans pourrait promettre une saison cyclonique intense.

 

Japon

Nissan va réduire sa capacité de production de 7,2 à 5,4 millions de véhicules par an dès 2022. L’usine de Barcelone, Espagne, qui emploie 3’000 personnes sera fermée. Le groupe va abandonner l’Europe et se concentrer sur l’Asie. Nissan, en alliance avec Renault et Mitsubishi, a l’intention de supprimer 20’000 emplois dans le monde.

Sept compagnies japonaises ont formé le e5 Consortium afin de réaliser un nouveau bateau électrique capable de voguer entre les océans.

 

 

Afrique

Comme les médias ne s’intéressent qu’aux nouvelles locales du coronavirus, voici des infos sur les contaminations.

 

Libye

La Russie et la Turquie semblent les deux forces en charge du pays via leurs marionnettes locales. Moscou a misé sur le général Khalifa Haftar, qui tente de prendre, sans succès, la capitale Tripoli avec sa Libyan National Army (LNA). Cependant, Poutine pourrait choisir un nouveau cheval.

L’Egypte, la Russie, les Emirats Arabes Unis soutiennent également le général. Celui-ci a décidé de bloquer toutes les livraisons de pétrole et par ricochet, le budget du pays. Chaque jour qui passe mène au pied du mur. (Lire article)

De son côté, la Turquie soutient le Governement of National Accord (GNA) qui est également soutenu par la France, l’Italie et les USA.

A l’époque de Kadhafi, le pays exportait 1,7 millions b/j. Aujourd’hui, l’extraction est à l’arrêt.

 

Algérie

Le pays envisage d’installer pour 3,6 milliards $ de panneaux photovoltaïques (4’000 MG) afin de générer de l’électricité et pour faire face à l’augmentation de la demande.

 

Nigeria

Le plus grand producteur de pétrole africain a importé pour 20,89 milliards de litres en 2019. Le pays ne possède pas de raffinerie.

La justice anglaise a refusé la plainte déposée par le Nigeria contre l’Italien Eni et l’anglo-hollandais Shell. Le gouvernement nigérien avait porté une affaire de corruption des deux majors pour un montant de 1,1 milliard $. Le juge a précisé que l’Angleterre n’avait pas de juridiction afin de traiter ce cas.

 

Phrases du mois

Dans le passé, nous avons toujours été confrontés soit à une crise [alimentaire] du côté de la demande, soit à une crise de l’offre. Mais c’est à la fois une crise de l’offre et de la demande au niveau mondial. Cela rend cette crise sans précédent et inexploré.”  Arif Husain, Chef Economiste UN World Food Program

“Le succès du déconfinement dépend de notre intelligence collective. – Qu’est-ce qu’il a dit ? – Il a dit que l’on va tous mourir.

Je ne sais pas comment expliquer qu’un homme avec aussi peu de qualifications est devenu le président d’un pays de 210 millions d’habitants.” Virgilio Neto, Maire de Brasilia, Brésil au sujet de Bolosonaro.

“La Politique part d’un principe très simple, quand on manque de tout, un rien nous suffit, et quand il nous suffit d’un rien, on n’a pas besoin de grand-chose.” Coluche

 

La Lecture du Mois sur le Net

TechnoCivilisation : l’âge de déraison

Comment nos smartphones nous espionnent.

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde. Pour lire la revue complète

 

 

 

 

 

Les défis de l’énergie nucléaire

Le boom de la production d’électricité nucléaire a été initié par le choc pétrolier de 1973. Le nucléaire s’était affirmé comme une nécessité bienvenue afin de diversifier les sources énergétiques pour diminuer les dépendances à l’or noir et aux pétromonarchies. La période aura vu l’émergence des centrales portées par les grandes puissances nucléaires militaires.

Est-ce que la crise pétrolière actuelle permettra de dupliquer la crise de 1973 et d’ouvrir de nouvelles opportunités pour l’énergie nucléaire ?


 

Aborder un pareil sujet est risqué tant les opinions et les idéologies sont polarisées. Tentons de rester sur ce fil du rasoir.

En 2020, 52 centrales nucléaires sont en constructions dans le monde, principalement en Chine et en Inde, alors que 186 unités ont pris leur retraite. Trente pays se partagent un parc de 449 réacteurs. Au niveau mondial, ils produisent 10,2% de l’électricité et représentent un peu plus de 4% de l’énergie totale consommée.

Les énergies renouvelables (solaire, éolien, géothermie, hydraulique, marée motrice) jouent un ton en-dessus avec une part de marché électrique estimée à 22,9%.

 


Répartition de la production d’électricité dans le monde, 2017
Source: Agence Internationale de l’Energie

 

Une intensité élevée en capital

Comme pour le solaire, l’hydraulique ou l’éolien, une centrale nucléaire repose sur une forte intensité en capital. Avant de produire le moindre kWh (kilowattheure), il faut d’abord débourser entre € 3,2 et 12 milliards selon le modèle.

Les charges du capital pour une centrale nucléaire peuvent peser jusqu’à 74% sur les coûts de la production d’électricité. En comparaison, ils grimpent à 88% pour le solaire et 80% pour l’éolien. De son côté, une centrale à gaz se monte à un minime 22%.

Au total, les coûts de financement de la construction d’une centrale nucléaire peuvent faire grimper les prix du kWh jusqu’à 3 à 7 ct. Pour illustrer ce chiffre, en 2019, le prix moyen d’achat de l’électricité en Suisse était de € 4,8 ct selon l’OFEN.

Ce talon d’Achille est connu par l’industrie qui planche sur des solutions créatives de financement.

 

Climat et humanité

Le lobby du nucléaire met en avant un bilan CO2 favorable, alors que les opposant ne se limitent pas à la construction d’une centrale et ajoutent l’entier du cycle de vie de l’uranium, de la mine au réacteur, à la gestion des déchets.

Selon les études, les valeurs fluctuent de 50 à 150 gr CO2/kWh.

Par rapport aux autres énergies fossiles, même s’il n’est pas gratuit pour le climat, ce bilan est favorable. Cependant, les déchets radioactifs et les accidents nucléaires font planer une menace différente mais qui met également la survie de l’humanité en questionnement.

 


Production électricité nucléaire par pays.
Source : world-nuclear.org

 

Uranium : les 6 pays clés

Avec 40% de l’extraction mondiale, le Kazakhstan est l’Arabie Saoudite de l’uranium.

Dans le monde, le 85% de l’uranium est extrait par six pays: le Kazakhstan, le Canada, l’Australie, la Namibie, le Niger et la Russie.

Ce manque de diversification représente une menace d’autant que la Chine s’est stratégiquement accaparé de plusieurs gisements. Ainsi Pékin a financé ses services au Kazakhstan afin d’ouvrir une unité d’enrichissement du combustible pour les centrales nucléaires.

A travers le monde, les centrales nucléaires en activité consomment 66’000 tonnes d’uranium par année. L’extraction minière couvre le 90% des besoins avec 53’600 tonnes. Le reste provient notamment des accords de désarment militaire entre la Russie et les USA.

Si l’industrie du nucléaire ambitionne de doubler sa part de marché et de grimper à 20% de la production mondiale d’électricité, il lui faudrait extraire plus de 100’000 tonnes d’uranium à des prix abordables. Cette hypothèse ne repose pas sur des gisements actuellement identifiés et exploitable à des prix raisonnables.

En théorie, il est possible de trouver jusqu’à 4,5 milliards de tonnes d’uranium dans les mers et les océans mais le processus d’extraction en grande quantité est financièrement hors d’atteinte. La hausse des prix de l’uranium permettra d’ouvrir de nouveaux gisements, mais à contrario, pèsera sur les coûts des kWh.

 

Extraction minière vs besoins des centrales.
La ligne noire représente les besoins des centrales
Source: World-Nuclear.org

 

S’aligner sur la concurrence

Face à la baisse continue des coûts de production des énergies renouvelables et du gaz, l’industrie nucléaire recherche des solutions afin de s’aligner sur les conditions financières de ses concurrents.

Au gouvernement Anglais, EDF a proposé un prix de rachat de €10,6 ct pendant 35 ans afin de rentabiliser les deux centrales en construction. Ce chiffre a alerté l’industrie et montré que l’écart ne cesse d’augmenter face au charbon, au gaz, au pétrole ou aux énergies renouvelables.

Ainsi, pour la proposition d’une troisième centrale EPR en Angleterre, EDF et le chinois CGN proposent que les clients consommateurs anglais participent immédiatement au financement de celle-ci en majorant les prix actuels de l’électricité. Ce système permettrait de diminuer les charges, mais oblige les citoyens à porter une grande partie des risques et à accepter une augmentation des tarifs sans garantie de résultats.

 

Le nombre de réacteurs est stable depuis les années 1980
Source: Agence Internationale de l’Energie

 

Durabilité financière

Pour mesurer les rendements financiers du nucléaire et du business model, il est intéressant d’analyser des pays fortement impliqués comme les USA et la France.

EDF, Electricité de France, gère l’entier du parc nucléaire du pays et a repris certaines activités du défunt champion du nucléaire: Areva. La dette d’EDF se monte à € 37 milliards et si l’on ajoute les emprunts obligataires ce montant est doublé alors que Paris a subventionné pour plus de € 10 milliards les pertes d’Areva.

D’ici à 2030, la cour des comptes françaises évalue à 100 milliards € les coûts de maintenance et de la modernisation du parc nucléaire national.

Comme le mentionnait, en 2009, l’ancien PDG d’EDF, Henri Proglio, les prix de l’électricité français sont trop bas par rapport aux coûts réels de la production. Cette problématique est récurrente et avait été relevée avant l’émergence des renouvelables. Depuis, EDF a reçu l’autorisation des différents gouvernements afin d’augmenter continuellement les tarifs à dose homéopathique tant le sujet est sensible.

L’analyse reflète une image similaire aux USA. Devant la percée du gaz de schiste et de l’éolien, de nombreuses centrales nucléaires et à charbon ont été incapables de s’aligner sur la baisse des tarifs. A l’instar de Paris, Washington a refusé de subventionner les centrales qui ont dû être fermées.

In fine, l’option du nucléaire apporte une confortable base électrique, mais dans certains cas nécessite des subventions importantes.

 


Progression des énergies renouvelables de 1998 à 2018
Source: BP Review 2019

 

Small is Beautiful : SMR Small Modular Reactor

Si les grands réacteurs posent de grands problèmes, l’industrie planche sur de plus petits réacteurs: les SMR.

L’américain Nuscale Power avance dans la commercialisation de son système de 720 MW (mégawatts) dès 2027. Elle planche sur un tarif de € 6 ct kWh pour un investissement de € 2,8 milliards. Dans ce prix, Nuscale ne tient pas en compte les traitements et la gestion des déchets. Aux USA, l’industrie nucléaire a délégué ces coûts au gouvernement fédéral.

Le Consortium Rolls-Royce planifie un réacteur de 440 MW d’ici à une dizaine d’année.

De son côté, la Russie a réalisé une prouesse avec son système embarqué sur un bateau, Akademik Lomonosov, afin d’alimenter les installations pétrolières de l’Arctique. Ce prototype a dépassé de 4 fois les budgets. Sa sécurité est également un sujet de controverse mais la possibilité d’apporter une grande quantité d’électricité directement sur les lieux de consommation est un atout puissant et inédit. Même si son prix est élevé, l’Akademik apporte une solution à un problème qui était insoluble.

 

Projet Nuscale Power: Small Modula Reactor

 

La réponse de l’industrie guidera son destin

Avec l’électrification de la mobilité, du transfert du pétrole vers l’électricité ainsi que l’augmentation de la population, les besoins en électricité devraient continuer à progresser.

Le krach pétrolier de 1973 a fait naître le nucléaire. Il est intéressant de noter qu’aujourd’hui, l’Arabie Saoudite, l’Iran et les Emirats Arabes Unis font appel au nucléaire pour transférer la production d’électricité du pétrole vers l’atome. Dans les cas de Ryad et de Téhéran, l’acquisition de l’arme militaire atomique via les centrales civiles fait également partie de l’équation.

En parallèle et pour mettre la pression, Abu Dhabi vient d’annoncer la construction d’une centrale solaire par le consortium du français EDF et du chinois Jinko Solar à un tarif fixe de € 1,25 ct le kWh. La ferme, qui sera en production dès 2022, produira la même quantité d’électricité qu’une centrale nucléaire.

Aux USA, la Californie a confirmé l’installation d’un système de production solaire avec des batteries de stockage pour un tarif de € 1,85 ct.

De leur côté, les grands groupes pétroliers européens (Total, Eni, Shell, BP, Equinor) ont identifié la production, la vente et le stockage de d’électricité comme une opportunité de transition stratégique. Si Shell mise sur le gaz, les autres groupes gardent leurs options ouvertes. Pourraient-ils être séduits par de petites unités SMR ou le nucléaire? Afin de pouvoir offrir des dividendes, les pétroliers exigent un retour sur investissement de 6 à 12% de leurs investissements.

Pour les grandes centrales nucléaires, elles restent l’apanage du secteur public car les risques sont importants, les durées sont longues et les retours insuffisants pour les investisseurs privés. Par contre, la garantie de produire en ruban une grande quantité d’électricité reste un atout majeur.

 

Les défis de l’industrie

Les cartes sont dans les mains de l’industrie. Dans la myriade de paramètres, deux résonnent plus fortement.

Elle doit d’abord prouver et offrir une garantie totale de la disponibilité économique et physique de l’uranium pour les 30 à 40 prochaines années. Cet accès doit être également libre d’éventuelles pressions politiques des pays miniers. La présence omniprésente de la Chine dans toutes la chaine de valeurs est un sujet d’inquiétude géostratégique.

Elle a également la nécessité de répondre à la baisse continue des prix des énergies renouvelables et des solutions de stockages tout en garantissant des niveaux de sûreté et de sécurité élevés.

Comme le soulignait Charles Darwin, “ce n’est pas le plus fort qui survit, c’est celui qui s’adapte”.

 

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mars 2020

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies. A l’agenda:
– Pétrole: Le plus gros krach pétrolier de l’histoire
– Russie: Moscou arrivera-t-il à faire plier le pétrole de schiste américain?
– Japon: Le report des Jeux Olympiques influence Fukushima
– Europe: La Commission se lance dans l’hydrogène
– Electricité: Une baisse mondiale de 10 à 20%
– Venezuela: Le pays plie, plie, plie. Jusqu’à quand?
– Automobile: La production mondiale à l’arrêt.


Avertissement
Le mot «coronavirus» n’apparaît qu’une seule fois dans toute cette revue. Si vous le trouvez, vous avez gagné! Cela rappellera de bons souvenirs à ceux qui jouaient à «Où est Charlie».
Même si cette revue est publiée le 1er avril, il n’y a pas de poisson!

Vous êtes prêt? Allons-y!

 

La demande s’est pris les pieds dans le tapis d’une manière inédite en plus de 100 ans d’histoire pétrolière. Alors que les USA et l’Inde sont en train d’entrer dans le confinement, la chute devrait atteindre entre 20 et 25% sur une consommation de 100 millions de barils/jour (b/j). En comparaison, le crash pétrolier de 1980, la baisse représentait 2,65 millions b/j.

Pour ne pas rester en reste, les prix ont dévalé les escaliers quatre par quatre pour arriver à l’étage -65%.  A Londre, le Brent s’affiche à 26,20$ (49,76$ fin février) et à New York, le WTI touche 20,20$ avec une visite à 19,27$ (44,77$ fin février).

 

 Graphique du mois

Evolution des prix du baril depuis 2000
Source: Refinitiv. Graphique CNN

 

Investissements Pétroliers

Il n’aura fallu que quelques jours pour que l’industrie du pétrole sabre 31 milliards $ d’investissements. Les producteurs de schiste américains et de bitume au Canada ont été les premiers à réduire la voilure.  Dans cet exercice de team building, les grandes majors comme Total, Shell, Saudi Aramco, Exxon, Chevron et BP ont immédiatement suivi le mouvement. Par contre, les grandes majors ont annoncé maintenir la distribution de dividendes, quitte à s’endetter.

Avec plus de 100’000 lecteurs en 3 jours, l’article «Pétrole, cette bombe à retardement», souligne l’intérêt et le moment historique que nous vivons.

 

Stockage du pétrole

Les capacités de stockage mondiales atteignent 7,2 milliards de barils de pétrole dont 1,3 milliards dans des tankers. Selon Rystad Energy, les stocks sont pleins à 76%.

Au rythme actuel de surproductions et de sous consommation, il ne faudra que quelques semaines pour les remplir. Le Canada pourrait être le premier pays à déborder. Il sera intéressant d’analyser les réponses des producteurs de pétrole à la question : qu’est-ce que l’on fait quand c’est plein ?

Si l’offre n’arrive pas à être jugulée, il n’est pas impossible d’observer des prix négatifs. Les producteurs pourraient payer pour se débarrasser du pétrole ce qui ne serait pas une première.

 

 

Renouvelables

L’IEA, International Energy Agency, suggère que les paquets de stimulations économiques comprennent un focus sur les énergies renouvelables. Son directeur Fatih Birol souligne qu’il est important de se focaliser sur la pandémie mais que la menace du dérèglement climatique continue.

Cette demande, qui émane d’une Agence qui a toujours supporté le pétrole et le gaz, est autant remarquée que remarquable.

L’éolien a augmenté sa capacité de 19% en 2019 notamment avec des projets aux USA et en Chine (+60,4 GW). Le 10% de ses éoliennes se trouvent en mer. Pour 2020, il faudra attendre que le vent tourne.

 

Charbon

En 2019, la capacité de production d’électricité à base de charbon a augmenté de 34,2 GW grâce à la Chine. 64% des nouvelles centrales sont chinoises, 12% d’Inde et le 24% restant en Asie dont le Pakistan, l’Indonésie et la Malaisie.

Le think tank, Carbon Tracker Initiative, annonce que 60% des centrales à charbon dans le monde produisent une électricité plus chère que les renouvelables.

 

Electricité

A travers l’Europe, la demande d’électricité a diminué de 10 à 20% notamment suite à l’arrêt de l’industrie mais avec une augmentation de consommation des ménages. Les prix sont également partis à la baisse.

En janvier, la Chine avait diminué sa consommation de 8% par rapport à janvier 2019 et de -16% en février.

Aux USA, la baisse de la consommation est de 10%, mais les prix sont partis à la hausse. Il faudra attendre l’étendue de la pandémie pour voir son impact sur la production d’électricité.

En Suisse, la demande en électricité a chuté de 10 à 30%, selon les régions.

 

Aviation

En temps normal, la consommation de kérosène représente 7 millions de barils/jour. Avec la suppression des vols, la chute de la demande a dépassé les 50%.

Comme pour le pétrole brut, les places pour stocker ce carburant pose problème surtout que sa durée de vie est limitée à quelques mois et que son entreposage est explosif.

 

Coucher de soleil, le 31 mars.
Vous remarquerez qu’il n’y a aucune trace d’avion dans le ciel

 

Automobile

Janvier 2020 fut un très mauvais mois. Seules 6,2 millions de voitures ont été vendues dans le monde au plus bas depuis les 5,9 millions de janvier 2012 .

Pratiquement tous les constructeurs automobiles ont arrêté leurs productions et certains se sont reconvertis en producteur de ventilateurs pour l’aide à la respiration.

La seule bonne nouvelle, qui pointe à l’horizon, est que les chiffres de février, mars et avril devraient être publiés respectivement en mars, avril et mai.

 

Climat

L’Organisation Mondiale de la Météo montre que tous les indicateurs du changement climatique sont dans le rouge : la température dans les terres et des océans, les quantités de gaz à effet de serre, le niveau des mers, etc.

Les glaces du Groenland et de l’Antarctique fondent à une vitesse 6 fois supérieures à 1990.

 

Blah, Blah, Blah. Vidéo Greenpeace

 

Les pays qui ont fait l’actualité durant ce mois

USA: pétrole de Schiste

La Russie a décidé de s’attaquer au pétrole de schiste américain et a refusé d’accepter les nouveaux quotas de l’OPEP. De leur côté, les producteurs de schiste US n’ont jamais levé le petit doigt pour participer au maintien des cours. A force de jouer, les passagers clandestins, il faut bien s’attendre à se faire débarque un jour où l’autre. Et bien, ce jour semble être arrivé. Quels seront les dégâts?

Durant les 10 dernières années, les 34 plus grandes entreprises de pétrole de schiste américain ont perdu 189 milliards $. En 2019, les pertes se sont montées à 2,1 milliards $ selon le rapport de l’Energy Economics and Financial Analysis. Pour la bonne bouche, la Banque Nationale Suisse a investi dans la totalité de ces 34 entreprises.

L’entreprise de service Halliburton a mis en congé 3’500 employés à Houston. Elle est obligée de diminuer ses coûts suite à la chute des cours du baril et pense que les deux tiers des forages vont fermer d’ici à la fin de l’année. Les employés licenciés vont bénéficier du double effet kiss-kool. Ils perdent leur emploi et l’assurance maladie qui va avec. Vivre sans assurance maladie en ce moment aux USA, c’est compliqué.

Les banques, J.P. Morgan (65 milliards $), Citi (52 milliards), Bank of America (48 milliards) Wells Fargo (45 milliards) avaient revêtu leurs uniformes de pom-pom girls du schiste américain avec des implications financières énormes. Avec la chute des cours, l’ambiance doit être festive dans leurs conf calls.

Chesapeake Energy Corp, qui était un pionnier dans le schiste américain, pourrait faire faillite avec une ardoise de 9 milliards $. L’entreprise est également connue des basketteurs, puisque le Thunder d’Oklahoma joue dans la Chesapeake Arena. Son action a dévissé de 50% en 3 semaines (celle de Chesapeake par du Thunder).

Le 8 avril 2019, Occidental Petroleum annonçait l’acquisition de son concurrent Anadarko pour la modique somme de 55 milliards $. A l’étonnement général, Occidental venait de battre l’offre de la major Chevron en personne. Selon Vicki Hollub, Anadarko était un coup sûr et “représentait l’avenir du pétrole de schiste aux USA“. Cette acquisition permettait à Occidental de devenir l’un des plus grands pétroliers aux USA.
Aujourd’hui cet achat est nominé dans la catégorie : «pire achat du siècle dans l’industrie pétrolière.» Occidental a perdu plus de 84% de sa valeur (68$ en avril 2019 et 11$ fin mars 2020). La promesse de sa directrice, Vicki Hollub, d’offrir de généreux dividendes s’est transformée en “so sorry“. La dette d’Occidental se monte à 37 milliards $.

Le milliardaire pétrolier, Harold Hamm via sa compagnie Hamm, veut porter plainte via le Département du Commerce Américain contre l’Arabie Saoudite pour avoir «illégalement» déversé du pétrole brut sur les marchés.

Le Financial Times estime que 110 milliards $ de dettes de schiste sont entrés dans une zone de danger sur les 936 milliards $ d’actions émis par les compagnies gazières et pétrolières.

 

 

Russie

Moscou a refusé de s’aligner sur la volonté de l’OPEP afin de diminuer les extractions pétrolières. Le Kremlin pense que le moment est idéal pour terrasser le pétrole de schiste américain (lire : Après 12 jours de Krach Pétrolier: le baril à 23$). Visiblement, la réalité a dû dépasser les attentes.

Vladimir Poutine a annoncé « une semaine de congé » afin de garder les personnes à la maison. Est-ce que la pandémie fera plier Moscou dans son combat pétrolier ?

Le budget du pays nécessite 12,7 milliards $ par mois. Le ratio PIB/dette de la Russie est l’un des plus faible au monde. La marge de manœuvre est donc encore grande, mais tout peut changer rapidement.

Moscou annonce avoir eu des discussions avec Washington sur la production pétrolière.

 

Arabie Saoudite

Afin de riposter contre la Russie, Riyad affiche une volonté de livrer sur les marchés 12,3 millions de barils de pétrole par jour et plus de 13 millions dès avril. On notera le mot “livrer” et non pas “extraire”. Il est hautement improbable que l’Arabie soit capable d’extraire autant de pétrole. Ainsi, le pays va devoir plonger dans ses réserves pour vivre son engagement.

Dans ses communiqués de presse, Riyad annonce des rabais de 6-8$ le baril afin de prendre des parts de marchés à la Russie notamment en Europe. En pratique, l’Europe regorge de pétrole à l’instant.

Le gouvernement a abattu un missile au-dessus de Riyad. L’attaque proviendrait des Houthis du Yémen.

Pour l’exercice 2019, le bénéfice de Saudi Aramco a chuté de 21% pour se solder à 88,2 milliards $. En comparaison, le bénéfice de 2018 se montait à 111,1 milliards $ après avoir versé plus de 100 milliards $ au budget de l’Etat.

En décembre dernier, l’achat d’actions de Saudi Aramco avait été annoncé comme le coup financier du siècle. Avec un peu de recul, le cours du géant pétrolier est passé sous le prix de vente de 35$ à 29$.

Le budget de l’Etat a été revisité avec une coupe de -5% soit 13,3 milliards $ avec un déficit évalué à 61 milliards $.

Saudi Aramco a reçu le feu vert pour exploiter le gisement de gaz de schiste de Jafurah. Ce gaz pourrait fournir une alternative au pétrole afin de produire l’électricité pour les climatisations durant les mois chauds de l’année. En fait avec le réchauffement climatique, presque tous les mois deviennent chauds au Moyen-Orient.

 

 

 

Europe

La Commission Européenne a développé une nouvelle stratégie industrielle afin d’effectuer une transition vers la neutralité carbone : Clean Hydrogen Alliance.  L’hydrogène va devenir vital pour les secteurs lourds comme l’aviation, les transports et l’industrie.

Alors que les grands constructeurs automobiles regardaient avec un sourire la capacité de Tesla à brûler du cash, la Model 3 est devenue l’une des voitures les plus vendues en Europe devant la Golf de WV et la Clio de Renault avec plus de 77’000 ventes par mois en décembre 2019. L’Américain a augmenté sa part de marché de 13% à 64% du marché dans les voitures électriques.

 

Angleterre

L’aéroport de Heathrow n’aura pas sa troisième piste suite à une décision de justice de la Cour d’Appel. Le gouvernement n’a pas pris en compte ses engagements climatiques qui sont légalement contraignant à souligné la Cour.

Le gouvernement veut introduire son propre marché carbone sur son territoire d’ici à janvier 2021, même si le pays restera dans la EU Emissions Trading System jusqu’à la fin de l’année.

 

Suisse

Les stations d’essence ont répercuté la première baisse des cours mais ont totalement “oublié” de refléter les cours d’un baril sous les 30$. Le litre d’essence est environ 10 centimes trop cher par rapport aux cours du marché. Il devrait se trouver dans une fourchette de 1,30 à 1,38 ct lt pour l’essence au lieu des 1,44 actuels.

La compagnie aérienne allemande «Swiss» subit son deuxième grounding. Son directeur implore une aide financière à la Confédération Suisse pour survivre.

Cette demande pose le thème de la dissertation de ce mois: Est-il essentiel pour un pays d’avoir sa propre compagnie aérienne nationale ?
Vous devez également couvrir la question: Si des fonds publics sont déversés dans Lufthansa afin de soutenir Swiss, serviront ils à subventionner les billets afin que les tarifs soient moins chers qu’une pizza?  Si oui, la Confédération devra-t-elle donc également racheter toutes les pizzerias pour que leurs prix soient moins cher que les billets d’avions ?  Vous avez droit à une page max !

Au 1 janvier 2020, la Banque Nationale Suisse détenait pour 6,7 milliards $ d’actions d’entreprises américaines dans le domaine des énergies fossiles : pétrole, gaz, charbon et nucléaire. La BNS détient également des actions dans des banques américaines fortement impliquées dans le schiste et qui sont actuellement en difficultés financières.

 

France

La construction de la centrale nucléaire EPR de Flamanville va encore prendre du retard. Cette fois, c’est la pandémie qui en est la cause.

Tous les réacteurs nucléaires français sont en fonction sauf les deux unités en maintenance de Flamanville.

La consommation d’électricité a baissé en moyenne de 15%.

 

Hollande

Au milieu de la pandémie, Royal Dutch Shell a réussi à sécuriser un nouveau crédit de 12 milliards $ ce qui pousse ses liquidités à plus de 40 milliards $.

Shell a également annoncé une baisse de ses investissements à 20 milliards $ pour 2020 (-5 milliards) et va mettre sur pause son programme de rachat d’actions afin de garder des liquidités et surtout de garantir la distribution de ses dividendes à ses actionnaires.

Pour rappel, le business des entreprises pétrolières n’est pas d’extraire du pétrole. Leur rôle est de distribuer des dividendes afin de continuer à percevoir de l’argent d’actionnaires qui permet de faire tourner les pompes.

 

Cee Roo: Le top des chansons No 1. Quelle énergie!

 

Asie

La chaîne de l’Himalaya procure de l’eau pour 1,3 milliards de personnes dans 8 pays. Alors que ces pays devraient collaborer pour diminuer l’impact du réchauffement climatique, c’est le contraire. Des tensions grimpent entre le Pakistan, l’Inde et la Chine.

 

Chine

Pékin est en train de retourner la crise sanitaire mondiale en une opportunité géopolitique et une diplomatie de la santé. Elle permet également de consolider l’amitié entre les différents pays qui ont rejoint la route de la soie.

La croissance du PIB chinois pourrait atteindre 8% dès la reprise selon Exford Economics contre 6% l’année dernière.

Avec 31’000 ventes de voitures neuves durant le mois de février, elles ont chuté de 79,1% par rapport à février 2019.

En 2019, la Chine a augmenté ses émissions de gaz à effet de serre de 2,6% malgré une diminution de l’utilisation du charbon. L’augmentation du pétrole et du gaz ont compensé cette baisse. La Chine a émis 13,92 milliards de tonnes d’équivalent CO2.

 

Inde

Avec un avertissement de 4 heures, le premier ministre Nerendra Modi a ordonné à ses 1,3 milliards de concitoyens de rester à la maison pour une période de 3 semaines.

Cette décision va également peser sur la demande de pétrole ainsi que d’électricité.

 

Japon

Après avoir investi 30 milliards dans les Jeux Olympiques de Tokyo, le premier ministre Shinzo Abe s’est résigné à les reporter d’une année. A la sauce Trump, il a d’abord tout fait pour minimiser l’impact de la pandémie, mais le pays a été rattrapé par la réalité.

Ce report va impacter TEPCO, l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima. Par manque de place mais surtout pour freiner les coûts exorbitants de la gestion de cette catastrophe, TEPCO et le gouvernement avaient prévu de déverser des millions de litres d’eau contaminée dans le Pacifique dès la fin des Jeux Olympiques.

La question est de savoir s’il sera possible de reporter d’une année cette dilution dans les eaux territoriales. Dans le cas contraire, se pose une question : est-ce que des athlètes rayonnants sont plus à même à battre des records ?

Le Japon planche sur l’utilisation de l’éolien en mer et de l’hydraulique pour produire 24% de son électricité d’ici à 2030 (contre 16% actuellement). L’hydro représente actuellement 9,2% d’électricité. Le projet d’une ferme de 33 éoliennes pour 894 millions $ dans les ports d’Akita et Noshiro pourrait être opérationnel d’ici à 2022.

 

 

Les Amériques

USA

Le secteur pétrolier américain a été secoué par la chute des cours. Au lieu d’atteindre une production de 13 millions b/j, les Etats-Unis pourraient retourner sous les 10 millions d’ici à la fin de cette année.

Avant la réunion du G20, Mike Pompeo a demandé au prince héritier Mohammed bin Salman d’Arabie Saoudite de limiter sa production pétrolière. L’administration Trump a également fait du pied à Vladimir Poutine. Cependant, même sans la décision des deux pays de libérer leurs productions, la chute du baril aurait été inévitable.

Il faut rendre à César ce qui appartient à César. La position du Président Trump face à la pandémie est en parfaite adéquation avec le bonhomme : ne pas écouter les scientifiques et se fier à ses intuitions. Cela rappelle furieusement sa position sur le réchauffement climatique. Comme l’a souligné Hillary Clinton dans un Tweet : “Trump avait promis : l’Amérique en premier.”

L’industrie solaire a ajouté 5’600 emplois en 2019 +2,3% alors qu’elle avait perdu 8’000 emplois en 2018. Entre 2010 et 2018, le solaire avait créé 150’000 emplois.

Plus de 80 tankers pétroliers entre 1 et 2 millions de barils sont parqués proche des côtes du Texas afin de stocker le surplus de pétrole. Alors que les capacités de stockage diminuent, certains producteurs ont été contraints à brader leur pétrole à 8$ le baril.

Le département de l’environnement (EPA) va suspendre ses contrôles aux motifs que les entreprises et les compagnies pétrolières et gazières auraient de la peine à se conformer aux règles durant la pandémie, selon son directeur Andrew Wheeler.

La quantité de neige tombée en Californie ne représente que la moitié d’un hiver normal, notamment dans la région du Lac Tahoe. Dans la région de la Sierra Nevada, les montagnes n’ont reçu aucune précipitation durant le mois de février, une première en 100 ans.

Le chercheur Michael Zarnstorff du Max Planck-Princeton Research Center aurait réalisé une percée dans l’utilisation de la fusion nucléaire grâce à l’utilisation d’aimants permanents. Cette étude doit être validée par d’autres chercheurs mais nous sommes encore loin de la coupe aux lèvres.

L’entreprise NuScale Power a investi plus de 900 millions $ dans le développement de petits réacteurs nucléaires “Small Modular Reactor” (SMR). L’entreprise travaille sur un prototype de 700 MW qui pourrait voir le jour dans deux ans en Idaho, USA.
Le design devrait être approuvé d’ici à la fin de l’année. L’objectif de l’entreprise est de commercialiser ses unités pour 3 milliards $ avec une durée de construction de 3,5 ans. NuScale ne garantit pas l’accès à l’uranium. Pour le même prix, la Russie, la Corée du Sud et la Chine proposent des centrales de 1’000 MW avec un accès au combustible nucléaire.

Une première dans l’agenda du président américain. Durant le mois de mars, Donald Trump ne semble pas avoir participé à une partie de golf.

 

Canada

Le gouvernement étudie une aide financière de 10,4 milliards $ afin de supporter l’industrie pétrolière et gazière.

Le prix du pétrole canadien est descendu sous les 10$ le baril à 9,38 ! Afin d’écouler leur pétrole, les producteurs canadiens offrent un rabais de 13$ le baril par rapport aux cours américain du West Texas Intermediate (WTI) qui est le pendant du Brent de la Mer du Nord.

La mine de Cigar Lake, Saskatchewan, qui produit le 13% de l’uranium mondial pour les centrales nucléaires, est à l’arrêt suite à la pandémie. Alors que 442 réacteurs nucléaires sont activités dans le monde, il n’existe que 6 mines dans le monde. Les mines de Namibie sont également à l’arrêt et l’Arabie Saoudite de l’uranium, le Kazakhstan, pense également à fermer les siennes. Le prix de l’uranium est monté de 24$ à 27$ la livre. A travers le monde, l’énergie nucléaire ne produit que le 10% d’électricité.

 

Venezuela

Le gouvernement plie, plie, plie mais rompra-t-il ?

Avec la surproduction pétrolière actuelle, les acheteurs n’ont aucun intérêt prendre des risques en achetant ce pétrole d’autant que les USA appliquent des mesures d’embargo très fortes.

La production a diminué à 464’000 b/j.

Une pénurie touche les importations d’essences. Le gouvernement est en train de fermer les stations, et laisse le précieux liquide pour les soins médicaux, l’armée, les transports de nourriture et utilitaires.

L’administration Trump porte des charges de narco trafiquants contre le président Maduro avec une récompense de 15 millions $ pour celui qui conduira à son arrestation.

 

Guyana – Guyane Britanique

ExxonMobil a débuté l’extraction pétrolière dans le pays. Cependant, le géant américain se trouve au milieu d’une crise politique enclenchée lors des élections du 2 mars.

Les citoyens remettent en question l’accord de la multinationale et pensent que les revenus ne sont pas équitablement répartis. Le contraire eut été étonnant.

 

Mexique

Les responsables de la compagnie pétrolière nationale Pemex pensent que le crash pétrolier n’aura pas d’influence sur le budget de l’Etat, malgré la chute record des obligations de la société.

Le ministre du budget, Arturo Herrera, a déclaré qu’une garantie de 1,37 milliards $ couvrait complètement le revenu pétrolier national de 2020.

Un pays qui se prend un krach pétrolier avec une pandémie et qui n’a même pas mal ! Très fort même si les mois à venir devrait pouvoir confirmer cet enthousiasme.

 

Moyen-Orient

Iran – Irak

Alors que les USA et l’Iran sont ravagés par la pandémie, ils trouvent encore le moyen de faire les zozos du côté militaire avec des missiles et roquettes expédiées de part des d’autres sur le territoire irakien. Le score est à 3 soldats américains tués contre 6 irakiens/iraniens. Le président irakien, Salih, a condamné les attaques américaines sur son territoire.

A cause de la pandémie, Petronas, la compagnie pétrolière malaisienne, a évacué ses 80 employés dans le champ pétrolier de Gharraff.

Le gouvernement paie les compagnies pétrolières internationales qui exploitent le pétrole irakien. Elles sont défrayées de leurs frais fixes et reçoivent un montant par baril. Avec un baril à 25$, le gouvernement n’arrive pas à couvrir les coûts. A la signature des contrats, personne n’avait imaginé que nous allions revenir à des niveaux pareils. Osons imaginer que sans les revenus du pétrole, la corruption diminuera dans le pays.

Une nouvelle fois, les USA ont accordé un passe-droit de 30 jours à l’Irak afin de commander du gaz et de l’électricité à l’Iran. Dans le sud pétrolier du pays, il est impossible de se passer d’électricité et les capacités de production irakiennes sont insuffisantes.

 

Emirats Arabes Unis

La plus importante compagnie aérienne de long-courriers, Emirates, a cloué au sol 155 Airbus et demande une ligne de crédit afin d’assurer son existence.

 

 

Afrique

Libye

La National Oil Corporation s’inquiète de ne plus avoir assez d’argent pour importer de l’essence et du diesel pour les besoins de ses citoyens.

Sous la pression du général Khalifa Haftar, qui bloque les ports du pays, la production pétrolière a chuté à 97’000 b/j alors qu’elle dépassait les 1,2 millions il y a quelques mois encore.

 

Nigeria

Le pétrole représente 96% des exportations du pays et 75% des revenus du budget. La situation actuelle est délicate alors que le pays n’est pas atteint par la pandémie. Le président a exigé le confinement de la population.

Le plus grand producteur de pétrole africain voit un parc de 50 tankers pétroliers encré sur les côtes car ils n’ont pas trouvé d’acheteur.

 

 

 

Phrases du mois

Phrases du mois
Le monde a connu un burn-out collectif. Il était impossible d’accélérer encore le rythme que nous avions atteint. Les incendies en Australie ou Ebola en Afrique ne nous ont touchés que marginalement. Mais maintenant nous avons quelque chose qui concerne toute l’humanité, et c’est là que nous remarquons ce qui compte vraiment : les amis, la famille et le respect les uns pour les autres.” Joachim Löw, coach équipe Allemagne football.

Nous pensons que les États-Unis ne devraient plus jamais être à la merci de fournisseurs énergétiques étrangers. Nous nous engageons non seulement à l’indépendance énergétique, mais à la domination énergétique américaine. Et le chemin vers cet avenir commence ici, dans le pays du pétrole de schiste, avec vous tous.”  President Donald Trump, Pittsburgh

L’histoire ne se répète pas, mais elle rime.” Mark Twain

Les gouvernements élaborent des plans de relance dans le but de contrer les dommages économiques causés par le coronavirus. Ces plans offrent une excellente occasion de garantir que la tâche essentielle de la construction d’un avenir énergétique sûr et durable ne se perde pas dans le tourbillon des priorités immédiates.” Fatih Birol. Agence Internationale Energie

“[The Democrats said] ‘We want green energy, let’s stop drilling oil’ — they had things in there that were terrible. Windmills all over the place and all sorts of credits for windmills — they kill the birds and ruin the real estate. A lot of problems.” Donald Trump

 

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org  et l’humour des chroniques matinales de Thomas Veuillet Investir.ch, des images de Patrick Chappatte et toutes les informations diverses et variées, récoltées dans différents médias à travers le monde.

Pour voir la Revue complète: 2000Watts.org

 

 

 

Electricité : Un coup de chaud souffle le froid

En se fiant aux statistiques des années précédentes, l’été 2018 devait être un grand cru et la production électrique atteindre des records. Contre toute attente, c’est l’inverse qui s’est produit. Les prix de production ont pris l’ascenseur pour remonter à des niveaux rarement atteints depuis plus d’une décennie à plus de € 9ct le kWh.

La très forte vague de chaleur n’est pas allée avec le dos de la cuillère et a fait dérailler l’ensemble du mix énergétique européen en passant par le solaire, le charbon, l’éolien et le nucléaire. Ce coup de chaud a jeté un froid.


Tous les types de production touchés

L’anticyclone, qui a campé sur l’ensemble de l’Europe, a réussi à paralyser les éoliennes de la Mer du Nord. Ainsi, l’Angleterre a ainsi eu droit à 11 jours consécutifs d’un flegme très british. Sur l’île, ce coup de mou a logiquement propulsé les prix à la hausse.

Du côté du solaire, sa performance dépend de l’ensoleillement et non pas de la chaleur. Au-delà de 25 degrés de température ambiante, le rendement des panneaux diminue. Ainsi dès 35 degrés (80 degrés au niveau des cellules) le rendement diminue de 30%. La balle est dans le camp des fabricants qui planchent déjà sur une parade à ce phénomène.

L’eau trop chaude des cours d’eau a limité la production d’électricité de certaines centrales nucléaires. Le précieux liquide, nécessaire à refroidir les réacteurs, ne joua plus son rôle.

Du côté du charbon thermique électrique, la forte hausse de la demande chinoise et indienne a poussé les prix de la tonne vers de nouveaux sommets. Les deux pays asiatiques, également frappées par une vague de chaleur, ont fait massivement appel au charbon pour faire tourner les installations d’air conditionné.

 

Hausse de la demande estivale

Alors que nous pensions que les tarifs estivaux pouvaient tendre vers zéro grâce à une surproduction bienvenue, le réchauffement climatique jette un coup de froid sur l’ensemble du mix de production mais il apporte un vent d’air frais pour les producteurs qui voient les prix augmenter.

Du côté de la demande, une tendance émerge. Notre planète devient invivable sans l’utilisation de gourmands systèmes de refroidissement.  Historiquement, si c’est en hiver que les besoins sont les plus élevés (chauffage), l’été n’aura bientôt plus rien à lui envier.

En effet, durant les mois chauds, l’utilisation, de plus en plus massive de la climatisation, pourrait faire basculer cette tendance. Détail piquant, les véhicules électriques n’ont pas encore intégré cette équation.

Nous pensions voir la lumière au bout du tunnel, ce n’est peut être qu’un autre train qui arrive ou une colonne de voitures électriques. C’est selon.

 

Evolution prix du charbon été 2018
Source: trading view

 

Se protéger du chaud et décentraliser la production

Afin de tenter de répondre aux contraintes du réchauffement climatique, il est nécessaire d’apporter une plus grande résilience et intelligence dans la production et la gestion de l’électricité. Avec tous les œufs dans le même panier, n’en déplaise aux grands producteurs, la centralisation dans de grandes unités de production devient de plus en plus risquée.

Une réponse viendra de l’autoproduction et de l’autoconsommation citoyenne et la création de mini-réseaux entre les habitants d’un quartier ou d’une ville. Cela permettra de s’attaquer notamment au gisement de 35% d’électricité gaspillée.

Finalement, serait-il le moment de tourner la page des constructions calquées sur les gratte-ciel new yorkais chauffés et refroidis par le dieu pétrole?

Cet été, lors d’un tour à vélo à travers l’Europe, et d’une journée à 40 degrés, j’avais demandé au propriétaire d’un gîte d’étape: “avez-vous la climatisation?” Il m’avait répondu en souriant. «Cette maison a plus de 150 ans, il n’y a pas besoin de climatisation ». Il avait raison. A cette époque Rockefeller n’avait pas encore débuté son travail d’évangélisation auprès des architectes et des constructeurs.

USA-Chine : Le Combat des Energies Fossiles et Renouvelables

Si Trump fait le pari des énergies fossiles pour stimuler l’Economie et l’emploi US, la Chine, grande consommatrice d’énergies fossiles, table également sur les énergies renouvelables pour créer des emplois et sortir ses villes d’une pollution chronique.

A coup de protectionnisme et de dumping, les deux grandes économies mondiales prennent un chemin opposé. Au final, il devrait y avoir un vainqueur.


Protectionnisme, Dumping et Restriction du marché local

Il y a peine 10 ans, la Chine faisait figure de parent pauvre dans le domaine des énergies renouvelables.

Dans un renversement de situation fulgurant, Pékin a mis sur pieds un programme d’industrialisation imparable notamment en opérant un transfert de technologie gratuit grâce à la naïveté ou/et la cupidité des dirigeants d’entreprises européennes et américaines venus chercher les promesses de croissance.

La stratégie chinoise a été construite sur des bases de protectionnisme, de complication administrative, de dumping et du blocage de son marché interne. De débutant, la Chine a pris le rôle de leader. Il n’est pas étonnant, que Donald Trump soit tenté d’utiliser les mêmes outils pour favoriser les entreprises américaines.

Ainsi les entreprises occidentales parties vers cet eldorado chinois ont été systématiquement vidées de leur savoir-faire puis achevées sur leur propre marché.

L’éclosion des cleatech chinoises ne doit rien au hasard. Le Gouvernement a investi plus de 100 milliards $ par année, le doubles des USA, pour assurer la main mise sur le secteur.

Aujourd’hui, les acteurs chinois sont 9 dans le top 10 au niveau solaire et 5 dans le top 10 mondial dans l’éolien.


Top 10 producteurs photovoltaïques: Monde 2015
Source: RenewableEnergyWorld.com

Créer des emplois et dominer le monde

Les chinois jouent sur plusieurs tableaux : la création d’emplois et la diminution de la pollution bien sûr, mais Pékin table également sur la maîtrise de la production électrique future et l’aspect géopolitique/militaire avec l’achat d’acteurs énergétiques dans les pays clés. A l’image du Moyen-Orient avec le pétrole, la Chine est devenue la puissance géopolitique/électrique mondiale.

En 2016: les chinois ont réalisé 11 acquisitions stratégiques à l’étranger à plus de 1 milliard $ pour un montant total de 32 milliards $ (+ 12 milliards par rapport à 2015). Ainsi des infrastructures en Allemagne, en Egypte en passant par les USA, la production de lithium au Chili pour les voitures électriques, sont passées en mains chinoises.

Sur les 5 plus grands accords énergétiques mondiaux de l’année écoulée, 4 provenaient de Pékin.

De son côté Donald Trump, mise sur le pétrole pour conserver l’hégémonie militaire américaine et reconstruire les infrastructures du pays pour soutenir l’emploi. Le précieux or noir n’a pas son pareil pour alimenter la mobilité des jets, chars, Humvee, porte-avions ou camions. Mais cette stratégie est trop conservative pour avoir une chance de gagner. Si elle a eu son heure de gloire dans les années 50-70, aujourd’hui chaque jour qui passe s’approche du plateau de production.

 

Part de marché des plus grands producteurs éoliens dans le monde: 2015


PRC: Chine     GE: Allemagne     ES: Espagne
Source: RenewableEnergyWorld.com

L’Europe et la Suisse ?

Alors que l’Europe et la Suisse ne possèdent pas/peu de pétrole, elles ont commis l’erreur irréparable d’abandonner à la Chine leurs industries d’énergies renouvelables.

Sous prétexte de liberté de marché et de libre concurrence, à l’opposé des pratiques chinoises et américaines, l’angélisme de Bruxelles et de Berne a laissé perdre des milliers d’emplois et une ressource stratégique cruciale : l’électricité renouvelable.

On parle déjà de la faisabilité technique pour la Chine de livrer de l’électricité à l’Europe.

 

Selon Bloomberg, la Chine va encore investir plus de 363 milliards $ jusqu’en 2020 dans les énergies renouvelables. Trump devrait en faire autant pour les énergies fossiles. Est-ce que ces deux stratégies ne soulignent-elles simplement pas la différence entre un pays qui se trouve sur une pente descendante et l’autre dont les actions ne font que d’augmenter?

Le temps de lire cet article, Pékin a investi 200’000 € dans les énergies renouvelables et la terre s’en porte déjà mieux ! N’est-ce pas là l’essentiel ?

 

Trump: Le Nouveau Plan Marshall Américain

«Make America Great Again.» A l’énoncé de ce slogan, la nostalgie des années 50-60 vient automatiquement à l’esprit. Le plein-emploi, les hauts fourneaux sidérurgiques nécessaires à la construction d’infrastructures géantes et aux courbes infinies des Cadillac qui sillonnaient les rues afin d’afficher sa réussite sociale.

Une époque où le pétrole plafonnait à 2$ le baril, où le charbon et le gaz n’en valaient pas autant. Une époque où King Hubbert n’avait pas encore découvert le peak oil, où les journaux ne parlaient pas de pollution et de réchauffement climatique.

Pour tenter de réaliser ce rêve, Trump va devoir trouver d’énorme quantité d’énergie et de financement pour alimenter les moteurs de la croissance et de l’emploi. La composition de son cabinet témoigne de cette stratégie.


Jusque dans les années 70, les USA étaient le plus grand producteur mondial de pétrole avant de se faire rattraper par le peak oil. Aujourd’hui, Trump ambitionne d’aller chercher les 50 trillions $ de pétrole, de gaz et de charbon qui se trouveraient encore dans le sol US, sur les côtes, dans les océans, dans les réserves naturelles ou en Alaska et de sécuriser les importations avec des alliances stratégiques.

Pour se faire le président Trump a choisi Rex Tillerson, le CEO de la plus grande major pétrolière mondiale : ExxonMobil. Son expérience sera précieuse pour convoiter les champs pétroliers non exploités à travers le monde, notamment en Russie. Sur ce terrain, les américains vont se heurter frontalement aux chinois qui raflent depuis 10 ans toutes opportunités de l’Afrique à l’Amérique du Sud en passant par les USA-eux mêmes.

 

Drill, baby drill

A l’interne, les Agences de l’Energie et de la Protection de l’Environnement ont été mises dans les mains expertes de Scott Pruitt, un lobbyiste pétrolier et climato sceptique virulent et Rick Perry, gouverneur du très pétrolier Etat du Texas.

Les deux hommes vont s’atteler à détricoter et abolir les réglementations mises en place par Obama afin de permettre l’extraction par tous les moyens des dernières gouttes de pétrole, de gaz et de charbon.

 

Le président Trump s’appuie sur le monde de la finance.

Le président s’est tout naturellement tourné vers l’institution financière la plus influente dans le monde de l’énergie : Goldman Sachs.

Ainsi Gary Cohn et Steven Mnuchin auront la tâche de rallier les grandes institutions bancaires afin de financer ce Plan Marshall de l’énergie. Toutes les institutions financières américaines devraient jouer le jeu, même si cette année 70 milliards $ ont été passés dans les comptes “pertes et profits” suite aux faillites dans le schiste et alors que 200 milliards $ se sont évaporés dans la branche pétrolière US depuis la crise de 2014.

Pour compléter le round d’investissements, les institutions étrangères vont être sollicitées et des coups de pouce devraient provenir des financiers les plus actifs dans ce domaine comme la Deutsche Bank, les français BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole.

En Suisse Donald Trump pourra compter sur l’UBS et le Crédit Suisse, acteurs incontournables du schiste et du charbon aux USA, ainsi que sur l’appui inconditionnel et quasi religieux de Jean Studer, Président de la Banque Nationale Suisse (BNS).

La BNS est déjà l’un des plus grand actionnaire mondial d’ExxonMobil. Les actifs de la Banque dans le charbon et le schiste américain se chiffrent en milliards $. Magnifique destin de cet homme politique méconnu des montagnes neuchâteloises qui devient l’un des acteur de la politique énergétique de Washington.

 

Les Révolutions d’Internet et des Energies Renouvelables

Dans sa thèse de doctorat de 2008, Vladimir Poutine, soulignait “l’importance pour la Russie de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières afin de restaurer la puissance mondiale du pays“.

En 2002, la synthèse géostratégique de Robert Ebel soulignait: «Le pétrole alimente plus que les automobiles et les avions. Le pétrole alimente la puissance militaire, les finances nationales et la politique internationale. Il est déterminant pour le bien-être, la sécurité nationale et la puissance internationale pour ceux qu’il le possède et l’inverse pour ceux qui n’en n’ont pas.»

Ces pensées ne datent que de quelques années, mais elles ont été rattrapées par l’émergence stratégique des nouvelles technologies. Quelque soit la volonté de Washington, les énergies renouvelables gérées par l’internet sont en train de bousculer les certitudes, la géopolitique énergétique et les modèles d’affaires.

Si le balancement des USA se confirme, la place sera ouverte aux nations qui sauront en extraire le potentiel et maîtriser ces technologies. La fenêtre d’opportunité ne pourrait durer que 4 ans, mais nombreux sont ceux qui vont vouloir s’y engouffrer.

Là encore, la Chine ainsi que tous les autres pays qui ne possèdent pas de pétrole, ont toutes les cartes en main pour se profiler. La politique de Trump va offrir de magnifiques opportunités pour prendre la place des entreprises américaines ou pour les accueillir sur notre territoire.

Le Nucléaire: Une énergie de beau temps?

La facture pour désamorcer la centrale nucléaire de Fukushima Daichi a été revu à la hausse. Très forte hausse, puisse qu’elle va atteindre € 177,68 milliards selon la nouvelle estimation du gouvernement nippon. Ce montant représente une dette de € 1’300 par habitant.

En 2011, une première estimation envisageait une douloureuse à € 42 milliards. En 2013, la deuxième estimation doublait la mise à  € 80 milliards.


177 milliards €

Le Ministère de l’Industrie a publié sa nouvelle copie. Ainsi il faudra

– 67 milliards € pour la décontamination des environs de la centrale et le démantèlement des 3 réacteurs.
Les indemnisations des victimes est réévaluée à 65 milliards €.

 

Et en Europe

En Suisse, les propriétaires de centrales nucléaires Alpiq et Axpo sont dans une situation économique délicate. Les deux entreprises ne pourraient en aucun cas répondre à un incident qui nécessiterait une injonction massive de cash. De plus, au niveau des assurances, la couverture exigée ne s’élève qu’à 1,2 milliards € histoire de couvrir les frais des premiers jours.

En France, le propriétaire des centrales, EDF, est déjà dans une situation de faillite avec plus de 50 milliards € de dettes. Elle ne doit sa survie qu’à la présence de l’Etat dans l’actionnariat. De son côté, la marge financière de l’Etat Français est inexistante. Un accident n’est pas une option.

En Angleterre, le pays a décidé de sous-traiter ses centrales à des compagnies privées étrangères. En cas d’accident, l’on voit assez mal une entreprise privée respecter son accord et supporter financièrement les milliards nécessaires pour rétablir la situation, surtout si cette entreprise s’appelle EDF.

En Ukraine, le sarcophage de Tchernobyl, qui a été mis en service il y a quelques jours, a coûté la bagatelle de 1,5 milliards €  et a été financée par l’Europe. Les coûts du démantèlement du réacteur prendra encore des décennies et des dizaines de milliards €.

 

Pesée entre les besoins et les risques

Le nucléaire est une énergie de beau temps. Dès qu’une tempête arrive, un réacteur a la puissance de déstabiliser un pays tout entier. C’est tout le paradoxe de notre société entre la pesée de notre équilibre économique et un accident qui pourrait tout remettre en cause en l’espace d’une étincelle.

Notre confort ne tient qu’au caprice de la météo. Bonne nouvelle, ça devrait encore tenir cette semaine!

 

Sur le même sujet

Le Dossier complet sur Fukushima

 

Pétrole, Peak Oil, Energies: La Revue Mondiale Novembre 2016

Dans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
Monde_Map_Oil– OPEP: Accord surprise sur une baisse de la production
– USA: And the winner is… Donald Trump
– Suisse: Le pays conserve ses records nucléaires
– Chine: une pénurie de charbon en vue
– France: 13 réacteurs nucléaires à l’arrêt
– Canada: Trudeau donne le feu vert pour 2 pipelines pétroliers
– Prix du baril: Il repasse sur la barre des 50$ à Londres


Sympa les membres de l’OPEP. Ils se mettent d’accord sur une diminution de la production juste avant d’écrire cette revue. Le pétrole repasse sur la barre des 50$:  pour être précis  50,45$ à Londres (49,71$ à la fin octobre) et à New York 49.37$  (48.70$ fin octobre).

L’uranium surfe sur une vague qui descend: il ne vous faudra pas plus de 18$ pour acheter une livre de 450 gr (20$ fin octobre).

 

Monde

L’OPEP annonce un accord pour la réduction de la production pétrolière mondiale: -1,2 million barils/jour (b/j). Cela devrait être assez facile, car pratiquement tous les pays ont poussé leur production au max durant les derniers mois. Intuitivement, on pourrait penser que les prix devraient grimper dans les jours/mois à venir. Dans cette équation, la réaction des producteurs de schiste américains sera intéressante tout comme le temps de réaction de votre station service à changer les prix de l’essence.

La conférence sur le climat : COP22 a été lancée le 4 novembre avec l’ombre de Trump et la volonté de la Chine de créer des emplois dans le renouvelable. La conférence s’est terminée deux semaines plus tard. C’est tout. Suite de l’épisode à la COP23.

Majors pétrolières
Ca va mieux pour elles. Shell a annoncé un bénéfice de 1,4 milliard $ au 3ème trimestre après une perte de 6,1 milliards $ à la même époque il y a une année.  BP saute de joie avec 933 millions $ de bénéfice.
Shell pense que le peak de la demande va arriver dans 5 ans alors qu’ExxonMobil prévoit une augmentation de la même demande de 20% d’ici à 2040.

Arctique
En Arctique, les mois d’octobre et de novembre servent traditionnellement à créer de la glace et des banquises. Pas cette année qui pulvérise tous les records (+12 degrés en moyenne) et la glace qui n’arrive pas à se former avec une température légèrement au-dessus de zéro degrés. Mais à part ces légers détails, tout va bien.

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USA

Bon, voilà: Trump est Président et Steven Mnuchin, ex Goldman Sachs, ministre des finances. Il pourra retrouver ses potes Mario Draghi de la Banque Européenne et José Manuel Baroso qui a été blanchi de tout soupçon pour avoir rejoint la pieuvre.

Les USA pourraient réduire les impôts des entreprises de 35 à 15%. L’Irlande et le Luxembourg ont le sommeil difficile depuis cette annonce.

Elon Musk (Tesla et SolarCity Corp) a annoncé l’arrivée de tuiles solaires et la batterie de stockage d’énergie solaire pour les particuliers la Powerwall 2.0. Ce n’est pas la première fois qu’une entreprise propose des tuiles solaires, mais toutes les tentatives ont été des flops. Le dernier en date Dow Chemical qui renonce à sa Powerhouse.

Les centrales nucléaires ferment par manque de rentabilité. Bloomberg confirme que les coûts d’une nouvelle centrale sont 5 fois supérieurs à ceux d’une centrale à gaz. Selon le groupe d’investissement Carlyle Group, si le gouvernement n’insuffle pas des subsides, le nucléaire civil US pourrait disparaître dans 10 ans.

La moitié de l’uranium consommé par les centrales américaines provient de Russie.

ExxonMobil est de plus en plus dans l’œil du cyclone concernant ses agissements dans le dénigrement des changements climatiques depuis 1980. Après l’Etat de New York, les journalistes, les environnementalistes, c’est au tour de la famille Rockfeller, en personne, de s’attaquer au plus grand producteur pétrolier américain. Pas sûr que le géant Exxon soit d’aplomb pour combattre son ancien fondateur.

Walmart, la plus grande chaîne de magasin du pays, va produire 50% de son électricité à base de renouvelable d’ici à 2025. L’idée est de réduire les factures d’électricité. Une fois l’installation payée, le kWh produit est proche de zéro ce qui donnera une longueur d’avance par rapport à ses concurrents.

10 jours après l’annonce de Walmart, c’est Microsoft qui annonce l’achat d’une ferme d’éolienne dans le Wyoming pour son data center à Cheyenne. 237 Megawatts sont dans le panier. Il faut juste espérer que les éoliennes ne tournent pas sur Windows.

La production pétrolière 100% Made in America devrait atteindre 8.84 millions b/j en 2016 (9.42 millions en 2015). Les USA consomment 18 millions b/j.

La production de charbon a diminué de 10% en 2015 à 897 millions de tonnes, au plus bas depuis 1986. Les emplois ont diminué de 12% à 66’000 employés. Donald Trump espère faire redémarrer le secteur mais on a beau malaxer les chiffres dans tous les sens, le compte n’est toujours pas bon.

Les compagnies aériennes Delta United et American pourraient payer plus cher leur kérosène si la législation US demande à Colonial Pipeline Co de cesser d’envoyer aux compagnies une qualité dégradée et moins cher de kérosène.

La méga fusion de 32 milliards $ entre General Electric et Baker Hughes dans les domaines des services pétroliers/gaziers arrive au moment où tout patine. C’est ballot. GE parie sur la reprise dans les forages pétroliers et gaziers. Connaissant l’impatience des actionnaires de l’autre côté de l’Atlantique, le CEO va devoir être très diplomatique. GE a également acheté le français Alstom et procédé à des premières vagues de licenciements.

Mississippi Power Co va ouvrir sa centrale à charbon de 58 MW Kemper Project sise à côté de la mine de charbon. C’est la première unité qui utilise le procédé de gazéification ainsi que le stockage de CO2 à cette échelle. Jusque-là tout va bien à part la douloureuse. Devisée à 2,9 milliards $, elle arrive aujourd’hui à 7 milliards $. Il est paradoxal de faire d’une centrale à charbon, une usine à gaz.

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Chine

La production pétrolière chinoise a chuté durant le mois d’octobre à 3,8 million b/j (-11,3% par rapport à octobre 2015). Le plus grand importateur de pétrole mondial tente d’avoir accès aux gisements étrangers via des acquisitions. Les USA, dont les producteurs ne sont pas sous le contrôle du gouvernement, sont une cible privilégiée. Pékin se demande si l’arrivée de Trump ne va pas freiner les acquisitions chinoises dans des entreprises clés.

Selon le plan quinquennal chinois, le pays consommera 2’000 GW d’électricité dont 320 GW (16%) avec le solaire et l’éolien et 110 avec le gaz.

Les coupes dans la production de charbon génèrent des pénuries et forcent Pékin à s’approvisionner en Australie et en Indonésie afin de maintenir la production électrique. L’IEA prévoit que la demande chinoise de charbon devrait augmenter de 214 millions de tonnes durant les 25 prochaines années.

Le prix du charbon a doublé en l’espace de 6 mois ce qui a fait plier Pékin qui relâche ses restrictions sur la production en attendant que le nucléaire et le renouvelable puissent prendre le relais.

Pékin sert la vis sur les achats chinois à l’étranger. Les entreprises et les particuliers ont dépensé plus de 140 milliards $ (dont 40 pour le Suisse Syngenta). Il ne sera plus possible d’investir plus de 10 milliards $ pour des entreprises et 1 milliards $ pour des propriétés immobilières. Le concept est de soutenir la monnaie et d’investir en Chine en priorité. Le même programme que Trump mais un mois avant.

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France

Treize réacteurs nucléaires sont hors circuit.  A cause de la défaillance de certains réacteurs, de contrôles renforcés requis par l’Autorité de sûreté nucléaire ainsi que la découverte de falsifications chez le constructeur Areva, près d’un tiers des réacteurs nucléaires français sont actuellement à l’arrêt.

Les éoliennes et les panneaux solaires qui ont poussé ces dernières années, apportent un supplément de capacité de 1’900 mégawatts par rapport à l’hiver 2015-2016 soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires.

Pékin pourrait investir dans Areva qui est toujours à la ramasse financièrement. A voir si la nouvelle réglementation chinoise va permettre cet accord.

 

Suisse

La Suisse a été à deux doigts de perdre 2 de ses 3 records du monde dans le domaine nucléaire. Grâce au refus du peuple Suisse de mettre à la retraite ses très vieilles centrales nucléaires, l’Helvétie maintient son leadership mondial dans les domaines suivant:
1) la plus vieille centrale nucléaire au monde : Beznau 1 (1969)
2) la cuve de réacteur la plus fissurée avec 900 trous de 5-6 millimètres
3) la quantité per capita de déchets radioactifs balancés dans l’Atlantique en guise de recyclage : 4’420 térabecquerels ont été immergés.

Ce vote démocratique soulage la France qui ne devrait plus entendre les Suisses demander la fermeture de Fessenheim.

La voiture électrique est en train de prendre son élan : 16’814 véhicules sillonnent actuellement le pays. Les prévisions tablent sur 60’000 véhicules d’ici à 2020. Le coût actuel pour un plein varie entre Frs 3.—pour 100 km (2,7 €) à Frs 9.—/100 km (8.1€) avec des bornes publiques.

En provenance de France, deux convois de déchets nucléaires ont été livrés par rail à la Suisse. Va falloir maintenant leur trouver une place, pour les siècles et des siècles. Amen!

Nigeria

Grosse baston entre le Gouvernement et le groupe Niger Delta Avengers qui demande un partage des revenus pétroliers. Ce mois, ils ont fait exploser 3 pipelines dont celui du port de Forcados (200’000 b/j) ainsi que le Bonny Export Terminal d’une capacité de 300’000 b/j.

Le groupe se plaint des attaques de la Navy contre ses raffineries illégales qui opèrent dans le Delta. Le gouvernement est incapable de sécuriser les pipelines qui s’étirent sur des centaines de km. La seule option est de payer ces groupes pour avoir la paix. De plus, 10% de la production se volatilise et une bonne partie du solde sert à faire fonctionner la corruption. Bonne ambiance dans le pays.

La production nigérienne est estimée à 1,84 million b/j en octobre, en forte progression. Le pays pourrait reprendre la première place du plus grand producteur d’Afrique.

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Europe

145’000 voitures électriques ont été vendues en 2015 soit le double de 2014 pour une part de marché de 1%. En 2016, la barre des 200’000 véhicules devrait être franchie.

Allemagne

VW va couper 30’000 emplois. Le constructeur automobile va également tenter de rattraper son retard dans le fabuleux monde de la voiture électrique en construisant une usine consacrée aux batteries et en engageant 9’000 techniciens. La batterie est à la voiture électrique ce que le moteur est à la voiture à essence.

On peut se demander si les techniciens qui ont développé les logiciels «diesel» vont pouvoir utiliser leur savoir-faire en travaillant sur un moyen de traficoter artificiellement l’autonomie des batteries qui devraient être commercialisées d’ici à 2020-2025.

Martin Schulz, Président du Parlement Européen, a démissionné pour tenter de remplacer Angela Merkel à la tête de l’Allemagne. Le sieur Schulz a connu son heure de gloire en soutenant la créativité  de Jean-Claude Junker, l’actuel Président de la Commission Européenne.
M. Junker, alors Ministre de l’Economie du Luxembourg, avait monté un système astucieux pour permettre l’optimalisation fiscale des sociétés internationales. C’est toujours plus rassurant de se savoir gouverné par des gens intègres.

Finlande

Le pays étudie la possibilité d’arrêter toutes ses centrales à charbon d’ici à 2030 afin de réduire les émissions de CO2. Le charbon produit le 7% de l’électricité du pays, contre 45% pour le renouvelable et 34% par le nucléaire. En sachant que 30-40% d’électricité est gaspillé, le défi semble facilement réalisable.

Angleterre

Officiellement la dernière centrale à charbon devrait s’arrêter en 2025. Cependant, pour des raisons économiques, la fin du charbon pourrait déjà intervenir en 2022.

 

Russie

La Banque Centrale Russe est moyennement optimiste sur les prix du baril. Elle le voit à moitié vide ou moitié plein en flirtant vers les 40$ mais ne chutant pas à 30$. Ca, c’était avant la diminution de la production envisagée pour l’OPEP. Le Père-Noël semble venir avant l’heure.

Le Président Poutine a averti la Chancelière Allemande Merkel que l’Ukraine n’achète plus de gaz à la Russie. L’Ukraine va pomper dans ses réserves de diesel surtout si l’hiver est rigoureux.

BP va investir 300 millions $ pour développer de nouveaux projets exploratoires avec Rosneft.

 

Kazakhstan

Le nouveau champ pétrolier de Kashagan produit 52’600 b/j. Pour être financièrement dans les cordes et rembourser les 55 milliards $ d’investissements, il faudrait 75’000 b/j.

2016_04_TTIP_RenardLes Amériques

USA Schiste

La production de pétrole de schiste a atteint 4,518 millions b/j en novembre (4,949 millions b/j en 2015).

La US Chamber’s Institute for 21st Century Energy pense que si le schiste devrait être interdit aux USA, 14,8 millions d’emplois passeraient à la trappe.

Un tremblement de terre d’une magnitude de 5.0 a secoué la ville de Cushing en Oklahoma. Bien que des nouvelles réglementations ont limité les stockages d’eau des forages de schiste dans les sous-sols, la terre n’arrête plus de trembler.

Wall Street semble de moins en moins impressionné par les discours des producteurs de schiste. Après l’annonce de deux bons trimestres, les entreprises ont beaucoup de peine à trouver des fonds.

Ca va nettement mieux du côté d’Occidental Petroleum. La compagnie annonce une perte de 241 millions $ au 3ème trimestre contre une perte de 2,61 milliards $ il y a une année.

Apache Corp a divisé en 2 sa production (270’000 b/J) et annonce une perte de 607 millions $ au 3ème trimestre.

Le point commun entre ces deux entreprises actives dans le schiste et qui perdent des millions?  Elles ont la Banque Nationale Suisse comme investisseur. Là aussi, c’est rassurant de savoir que nos finances sont dans des mains intègres.

 

Venezuela

A court de cash, le gouvernement aimerait couper de 40% ses exportations Petrocaribe. Ce programme, initié par Chavez en 2005, exporte le pétrole à un prix d’ami vers 17 pays d’Amérique Centrale. Les bénéficiaires paient en cash 5 à 50% de la valeur des marchés et le solde dans 25 ans avec un taux d’intérêt de 1%. (Pas convaincu que de remettre un payement qui ne peut pas être fait aujourd’hui à après-demain soit un concept gagnant).

Les entreprises américaines, qui commercent avec le pays, sont en train de passer les dettes dans des comptes «perdus sans espoir d’en revoir la couleur». Le gouvernement n’a plus les moyens de les payer. Les importations ont diminué de 45% durant les 8 premiers mois de l’année et la descente continue.

 

Canada

Justin Trudeau et la ministre de l’environnement, Catherine McKenna, ont proposé de mettre hors service d’ici à 2030, toutes les centrales à charbon du pays.

Justin Trudeau, toujours lui, a donné son accord pour la construction de deux pipelines pour transporter 1 million b/j  de pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers Vancouver et aux Wisconsin, USA. Le Kinder Morgan (6,8 milliards C$) se dirigera vers Vancouver et le Enbridge 4.8 milliards C$ ira aux USA.

Le premier ministre canadien se présente, à qui mieux mieux, comme le champion de la lutte contre le changement climatique, blah, blah, blah…  et de l’autre il encourage l’exploitation du pétrole le plus sale qui existe! Schizophrène ?

 

Panama

Les autorités du Canal de Panama ont lancé l’initiative «Environmental Premium Ranking, » afin de favoriser les cargos qui atteignent certains standards environnementaux. Ceux-ci pourront passer plus rapidement à travers le Canal.

 

Brésil

La compagnie nationale Petrobras va baisser les prix des carburants dans le pays. Il y a une année, elle avait augmenté les prix pour retrouver un peu de cash alors qu’elle était en grande difficulté et à deux doigts d’organiser les Jeux Olympiques.

Tiens une autre compagnie qui galère. Petroles Brasileiro SA a perdu 4,9 milliards $ durant le 3ème trimestre.

Shell va investir 10 milliards $ durant les 5 prochaines années pour tenter d’extraire du pétrole au large des côtes et en eau profonde.

 

Argentine

A part le foot, il y a une vie en Argentine. La preuve: le gouvernement projette 4 milliards $ d’investissements pour produire 1’280 MegaWatts avec les énergies propres dans 30 projets éoliens et solaires identifiés.

Plus tôt dans l’année, Buenos Aires avait proposé de garantir un prix de 67,5$ le baril pour les compagnies pétrolières. Arrière toute ! Vu que le baril ne monte plus et que l’initiative coûte un bras, le gouvernement a retiré cette option de la table.

Le gouvernement planifie 1,2 milliard $ pour la construction d’une ligne de chemin de fer afin de transporter le pétrole de schiste du gisement de la Vaca Muerta. La Vaca Muerta est une formation de pétrole et de gaz de schiste située dans la région de Neuquén, Río Negro et Mendoza. On espère juste que ce gisement ne fasse pas pchitt comme en Pologne.

 

Cuba

Le Général Fidel Castro est décédé.

La compagnie nationale CUPET a mandaté Malbana Energy Ltd. d’Australie pour continuer les explorations de pétrole sur l’île.

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Moyen-Orient

Iran

Roulement de tambour : l’Iran est sur le point d’extraire 4 millions b/j. Il n’en manque que 80’000 pour faire le compte. Qui l’aurait cru il n’y a que quelques mois encore. +230’000 b/j en octobre !

Cependant, l’accord conclus avec l’OPEP demande à l’Iran de se contenter de 3,8 millions b/j. La hausse des prix devraient combler la baisse de production et pour autant que l’Iran limite effectivement sa production. Je parie mon sandwich que Téhéran va passer outre et atteindre ses 4 millions b/j. juste pour le fun et émoustiller l’Arabie Saoudite.

 

Koweït

Pour les 3 prochaines années, le pays va livrer du pétrole à l’Egypte. Dans une passe financière délicate, l’Egypte a vu chuter ses importations de pétrole (très) bon marché de l’Arabie Saoudite.

Avec la hausse des prix des carburants, les taxis égyptiens vont augmenter d’un tiers leurs tarifs.

Il a neigé en Arabie Saoudite

 

Asie

Les USA exportent 98% de light crude (pétrole léger). L’inde et la Chine raffinent 19 millions b/j et uniquement du pétrole lourd. Pas de chance.

Les entreprises d’électricité fonctionnent à plein régime dans la région avec des températures glaciales en Corée, Chine et Kazakhstan. Au début du mois, ce furent des températures très chaudes qui baignaient cette région. Les prix du gaz, de charbon et de diesel, qui servent à cette production, partent à la hausse.

 

Japon

Après Volkswagen, Daimler, General Motors et Jaguard Land Rover, c’est au tour de Toyota et Mazda de se lancer dans les voitures électriques. Ces deux derniers ont trainé les pieds pour se lancer dans ce segment.

Revirement de situation, les deux géants nippons vont construire des usines pour produire des batteries. Aucun des deux ne possède une technologie révolutionnaire et ils ne savent pas s’ils peuvent atteindre le seuil de rentabilité. Toyota s’était illustré dans la voiture hybride, mais le concept est en train de faire long feu.

Après des records de chaleur, il a neigé à Tokyo avec 40 jours d’avance sur la moyenne. La capitale japonaise, habituée à des températures hivernales froides mais pas glaciales, n’avait pas connu d’averses de neige à cette époque de l’année depuis 1962. Un peu comme en Arabie Saoudite.

 

Inde

Le pays à la plus forte croissance en besoin pétrolier au monde voudrait investir 15 milliards $ au Nigeria afin de rapatrier de l’or noir. De son côté, la raffinerie de Essar Oil Ltd a conclu un deal de 13 milliards $ pour du pétrole Vénézuélien. Tant le Venezuela que le Nigeria sont des pays imprévisibles au niveau pétrolier.

New Delhi a dû fermer ses écoles, chantiers, etc. à cause de la pollution et un niveau de 900 microgrammes de particules dans l’air (90 fois le taux limite).

Afin d’augmenter les ventes de son charbon de mauvaise qualité, le gouvernement va diminuer les frais de transports en abaissant le prix des carburants pour ce secteur. Avec la hausse des prix du charbon, l’Inde espère faire entrer de nouvelles devises.

 

Australie

Le groupe français ENGIE a finalement annoncé, jeudi 3 novembre, la fermeture de la centrale à charbon d’Hazelwood, dans le sud du pays. Celle-ci est souvent présentée comme la plus polluante d’Australie, et même l’une des plus sales du monde. La centrale, qui emploie 750 personnes et produit jusqu’à 5 % de l’électricité du pays, cessera de fonctionner le 31 mars 2017.

Le directeur d’Engie en Australie, Alex Keisser, a expliqué dans un communiqué que la centrale n’était plus viable économiquement. «Elle a contribué de manière formidable au marché électrique national, mais nous avons maintenant atteint le point où il n’est plus rentable de la faire fonctionner ». Il faudrait investir «plusieurs centaines de millions de dollars» pour qu’elle soit viable et sûre.

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Afrique

Maroc

A Ouarzazate, le pays est en train de construire la plus grande ferme solaire au monde. Elle sera financée en grande partie par l’Europe et aura une capacité de 160 MW.

 

Angola

En 20016, le pays est devenu le premier pays producteur de pétrole avec 1,7 million b/j devant le Nigeria à 1,5 million. Mais durant les derniers mois, le Nigeria reprend des forces pour repasser sur les 1,8 million b/j.

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Phrases du mois

It’s about 20C warmer than normal over most of the Arctic Ocean, along with cold anomalies of about the same magnitude over north-central Asia…. The extreme behavior of the Arctic in 2016 seems to be in no hurry to quit.
Jennifer Francis, Arctic specialist at Rutgers University

Des améliorations technologiques vont être nécessaires si l’on veut utiliser le gaz sur le long terme notamment pour diminuer les émissions de CO2 et de méthane que génère le gaz.   IEA

La demande pétrolière ne provient pas des voitures, mais des camions, de l’aviation et de l’industrie pétrochimique. Nous n’avons pas d’alternative au pétrole dans ces domaines. Je ne suis pas d’accord avec l’argument que seules les voitures électriques vont créer le peak oil de la demande, au moins pour le moment. Fatih Birol, CEO International Energy Agency (IEA)

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

Electricité, c’est la révolution

electricity_revolutionAlors les nouvelles technologies sont en train de révolutionner le monde de l’électricité, certains grands producteurs électriques freinent des quatre fers pour tenter de garder leurs clients captifs et s’accrochent à leurs anciens modèle d’affaires. A l’image d’Uber, ce mouvement de fond prend de l’ampleur et déstabilise.

Blockchain, Smart City, Internet des objets, autoconsommation, stockage, mini et micro grid émergent au grand bonheur des particuliers et des PME. Cette révolution chahute un business qui avait si peu évolué depuis un siècle.

 

Blockchain, Mini Grid

Grâce aux énergies renouvelables, les particuliers voient émerger toute une gamme d’opportunités pour devenir énergétiquement indépendant, afin d’éviter les frais de transports dispendieux, les taxes et de se libérer des règles rigides des grands producteurs.

Il est maintenant possible de créer un réseau électrique local, entre des bâtiments ou des maisons, qui combine énergie renouvelable et économie du partage. Le tout, grâce à la technologie blockchain, qui permet des échanges décentralisés, précis et sécurisés entre particuliers. (voir exemple à Brooklyn).

Ainsi, en fonction de leurs besoins et de la quantité d’énergie produite, les habitants d’un quartier peuvent s’échanger de l’énergie en temps réel et effectuer les payements avec des bitcoins pour des transactions sécurisées de particulier à particulier, sans intermédiaire et sans banque.

Souvent organisé en coopérative, ce nouveau modèle de proximité est appelé à se généraliser.

Smart City – Internet des Objets

Les technologies «Smart» font une entrée fracassante en Suisse. Alors que les ménages gaspillent en moyenne plus de 40% de leur électricité, ce pourcentage grimpe à plus de 45% dans les PME. L’internet des objets permet de fortement réduire ces pertes.

Ainsi Genève, St-Gall, Winterthur, Berne, Friboug, Neuchâtel sont en train d’équiper leurs régions du système LoRa afin d’activer la connexion des objets connectés et sur nos smartphones, les applications se multiplient.

Ces capteurs, à très faible consommation (une pile peut durer 8 ans), permettent de diminuer les pics de la demande, d’optimiser la consommation ou de repérer les fuites jusque là invisible. Ainsi les Services Industriels de Lausanne vont installer des lampadaires intelligents capables d’adapter automatiquement leur fonctionnement. Economies prévues: Frs 600’000 sur une facture totale de 1,1 million!

Au lieu de chauffer traditionnellement votre eau chaude durant les heures creuses de la nuit, c’est le surplus des heures ensoleillées de la journée qui prend le relais en maximalisant l’utilisation du réseau électrique et en stockant cette énergie.

Les batteries des voitures électriques peuvent déjà servir de tampon pour stabiliser le réseau tandis que le nouveau bus électrique TOSA d’ABB recharge sa batterie en moins de 15 secondes! Une prouesse impensable il y a 5 ans encore.

Pendant que les Forces Motrices Bernoises ont rageusement divisé par 3 les prix de rachats de l’énergie solaire, les propriétaires lésés vont pouvoir se retourner vers les solutions de stockage et auto-consommer l’électricité qu’ils ont produite. Avec ce système, les propriétaires n’auront plus à payer les frais de transports et les taxes qui représentent le 60% de la facture d’électricité. LG Chem Resu, SonnenBatterie Eco compact et Tesla Powerwall 2 arrivent avec des systèmes plug & play pour moins de frs 5’000.–.

 

Ceci est une Révolution

La conjugaison des énergies renouvelables et la progression exponentielle de la technologie ont modelé cette Révolution. Comme dans toute révolution, il y aura du sang, des morts, des perdants et des vainqueurs. Si le consommateurs ou les PME devraient y trouver des outils pour s’extraire du réseau et tendre vers l’indépendance énergétique et la consommation locale, la pression s’exerce sur les grands producteurs dont les outils de production manquent de souplesse.

Avec l’arrêt du nucléaire, les Allemands RWE ou E-On ont déjà prit une longueur d’avance notamment en scindant leurs activités de productions fossiles et de renouvelables. Dans la tourmente, EDF s’enfonce dans ses choix tandis qu’en Suisse Alpiq ou Axpo cherchent une issue.

Les entités les plus agiles, flexibles, à l’écoute du marché et qui savent naviguer dans ces avancées technologiques semblent les mieux adaptées. Les plus rigides, à l’image des dinosaures, disparaitront. Comme la nature a horreur du vide, elles seront rapidement remplacées. Paradoxalement, elles pourraient justement être remplacées par… leurs anciens clients.

Tout est une question d’adaptation. Comme dans la Nature.