Conseils création entreprise start-up en Suisse, avec Elena Debbaut, consultante en entreprise et gestionnaire de crise

La propagande entrepreneuriale

L’entrepreneuriat est mort. L’écosystème des nouvelles entreprises est dysfonctionnel.

Cela choque ?

Pas tant que ça, vous l’avez peut-être senti instinctivement dans le parcours de vos amis ou autres connaissances qui se lancent comme “entrepreneurs” d’une start-up et tentent de faire fonctionner une telle structure, alors qu’ils déménagent chez leurs parents, ou dans un pays avec un coût de la vie plus réduit. Trop souvent, derrière leurs messages faussement optimistes se cache une déception et une souffrance réelle.

Vous avez peut-être déjà lancé une ou plusieurs entreprises, et avez constaté que le marché n’est pas seulement hyper-concurrentiel, il est aussi cruel et maléfique, sans aucune protection légale réaliste. Vous avez peut-être aussi lu les titres de presse quand le “gagnant du marché” élimine sa compétition par une position de quasi-monopole, mais sans être le meilleur, seulement par un accès à des investisseurs favorables envers un modèle d’affaires immoral. Vous-même ou vos connaissances ont peut-être aussi vécu quelques histoires malheureuses, comme employé, stagiaire, ou client de ce type d’entreprises.

Partout dans le monde, nombreux sont les entrepreneurs intelligents, compétents et réellement innovants qui ne se lancent même plus dans l’aventure entrepreneuriale, car ils savent que les chances de succès sont beaucoup plus réduites que par le passé. Voire même inexistantes pour certains secteurs d’activité. Soyons clairs: la création d’entreprise a toujours été faite dans la douleur. Mais quand un jeu est triché, sans règles communes, et les chances de gagner se trouvent à zéro … alors y participer s’avère inutile. Le résultat est une sorte de démission au niveau de la société. Ou un abandon, sans même avoir essayé.

Culturellement, les pays asiatiques croient beaucoup dans les notions de travail et la chance. Mais même la Chine se trouve actuellement en état de rupture. Sa jeunesse commence à pratiquer une nouvelle philosophie d’abandon “tang-ping” et comme vous pouvez lire dans ce récent article du journal LeTemps: https://www.letemps.ch/societe/desabusee-desireuse-stress-jeunesse-chinoise-veut-rester-allongee. La nouvelle génération de jeunes dans les pays occidentaux pratique cette attitude depuis longtemps encore. Paradoxalement, cette nouvelle tendance de société est hautement entrepreneuriale, parce qu’elle consiste à optimiser les résultats selon les conditions existantes.

Loin des histoires à succès qui sont fortement médiatisés, ou le prétendu amusement dans le parcours entrepreneurial, ou encore les belles théories dans les livres pour les chefs d’entreprise, c’est plutôt ça la réalité du terrain. La nouvelle tendance de l’entrepreneuriat s’apparente à un spectacle de “gladiateurs uberisés” et qui se bagarrent sans loi ni foi pour quelques miettes, au lieu d’une réelle prospérité pour la société dans son ensemble.

 

Conseil entreprise - Elena Debbaut - redressement de projet et entreprises en difficulté

 

Table des matières

 

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La vitalité entrepreneuriale est un nuage de fumée

Cet énoncé n’est pas une surprise pour les entrepreneurs et les investisseurs expérimentés. De nos jours, l’entrepreneuriat est souvent un choix forcé, par manque d’autres options viables dans l’actuelle économie numérique. La prétendue vitalité, bien appuyée par les chiffres impressionnants quant aux entreprises enregistrées, n’est qu’un simple coup d’épée dans un nuage de fumée à forte saveur marketing.

Et non, le seul nombre des entreprises enregistrées ou leur valorisation irréaliste n’est jamais un indicateur de réussite. Le nombre des postes de travail théoriques ou les prétendues innovations qui sont annoncés par voie de presse non plus.

La réalité des faits est cruelle: un très grand nombre des “nouvelles entreprises” s’apparentent plutôt à un hobby de dimanche, entre la vente des graines pour le petit-déjeuner, la fabrication de cupcakes, limonades, lessives, ou quelques services à la personne. La multiplication des “coach” qui les accompagnent, et qui savent encore moins que le fondateur, est un triste spectacle, avec des marionnettes délabrées et poussiéreuses.

Malgré leurs communications marketing, ces nouvelles structures n’ont absolument rien d’innovant, elles s’adressent à un marché surchargé, ou trop fragmenté, ou qui est difficile à faire grandir en taille, ou au pire, qui est très peu profitable sans un grand volume de ventes, et l’atteinte sauvage d’une position de quasi-monopole à l’international. Entre autres difficultés, la compétition en provenance des pays à plus faible coût salarial, le vol constant de sa propriété intellectuelle et les coûts significatifs pour leur défense n’arrangent pas non plus les choses.

Pire encore, un trop grand nombre d’entreprises sont sous-capitalisées, avec seulement quelque 20 à 50 milliers de francs comme fonds de départ, ou une marge opérationnelle tout simplement misérable et inférieure à 5%, mais qui ne permet pas d’en vivre, et encore moins de se développer ou créer. Quant à la levée des fonds à plusieurs millions pour aller à l’international, il ne s’agit que d’une immense dette pour pouvoir manipuler le concept de l’effet réseau (“network effect“). En effet, l’obtention d’un prêt qui se mesure au minimum en quelques dizaines de millions n’est jamais un signe de vitalité, mais celui d’un dysfonctionnement important. Par le passé, ce n’était pas possible d’aller à l’international si “facilement” ou devenir une “grande multinationale” en quelques mois. Le profit de sa propre entreprise était une condition indispensable pour arriver à ce stade.

En même temps, il existe des entreprises à bon potentiel qui nécessitent des investissements très importants, compte tenu de la complexité du service ou du produit.

Malheureusement, les financements obtenus par voie “normale” sont trop souvent insuffisants pour un développement rapide, et telles les exigences actuelles du marché. Le “bruit” des entreprises sans potentiel est plus fort. Les fondateurs talentueux souffrent. En effet, il suffit qu’un autre fonds d’investissement fasse le choix d’un autre “gagnant” du marché. Pour certaines entreprises, ce n’est même plus le meilleur produit ou service qui gagne le client, c’est plutôt la famille du fondateur qui peut lui donner accès facilité à un meilleur carnet d’adresses, ou une meilleure somme comme fonds de départ permettant d’attirer les bons investisseurs. La chance d’avoir vu le jour au bon endroit.

L’entrepreneuriat moderne

Depuis les années ’60 déjà, la notion d’esprit entrepreneurial était glorifiée comme un moyen pour réussir sa vie professionnelle et personnelle. Une entreprise était souvent le résultat du travail initial d’un fondateur talentueux. Le fondateur presque toujours immigré, sans connaître la langue de son pays d’accueil, forcément jeune, sans carnet d’adresse, sans famille, et qui par la force de son travail acharné a poursuivi ses rêves, commencé sans argent, échoué plusieurs fois, et créé au final un service ou produit qui s’est bien vendu. Le tout, avec un bon mix marketing, le respect des lois, du client et de ses employés. La notion éthique est toujours discutable dans les affaires, mais la déontologie était une condition pour la réussite entrepreneuriale.

Ce schéma se retrouve de manière similaire un peu partout dans le monde. D’ailleurs, les livres destinées aux chefs d’entreprise se basent surtout sur des notions d’un autre temps, et souvent acquises principalement pendant la période des trente glorieuses.

La presse et le public adorent les histoires qui finissent bien.

Mais aujourd’hui, à l’exception de la fin heureuse, les choses ont évolué, et pas toujours en bien. La création d’une entreprise n’est pas devenu plus facile, ou plus complexe, c’est juste différent. Le mythe entrepreneurial actuel laisse penser que la création d’une entreprise, son expansion à l’international, et son succès répondrait à un besoin du marché. Ou encore, que la création d’entreprise serait facilitée, et que chacun peut avoir sa chance.

Il y a une part de vérité, mais en pratique c’est … non.

Dans l’actuelle économie numérique, cette ancienne idée ne correspond plus aux besoins du marché.

L’identification d’un besoin du marché, qui permet de créer une entreprise viable et capable de créer un “cercle vertueux” au niveau de la société est dysfonctionnel. Pour certains secteurs d’activité, l’analyse du potentiel de marché se fait en quelques secondes et de manière totalement automatisée, sans aucun intérêt sur l’entreprise en soi ou son impact sociétal. Des entreprises qui ne devaient même pas exister mettent à mal celles existantes, et détériorent les conditions de travail et du marché. En effet, il n’y a rien d’innovant dans la prétendue création d’une plateforme d’intermédiaires pour les indépendants.

De plus, aujourd’hui, tout se copie, quel que soit le service ou le produit, ou sa difficulté. Sous le prétexte de “bien faire” le parasitisme et le vol est officialisé et se monnaye en plein jour, entre les listes des clients, les données, la technologie, les brevets, les services, les produits, et même quelques images et textes des articles de blogue. La création coûte de l’argent, alors que le vol est rapide et sans aucun investissement important.

L’éthique dans les affaires serait même une notion désuète. L’irrespect des lois est devenu presque une condition indispensable de réussite. Et même si un entrepreneur voyou se fait prendre, les procès sont longs et coûteux, avec des punitions ridicules par rapport aux gains réalisés entre-temps. Quelques tartuferies juridiques plus tard, et l’esprit des lois et la volonté des législateurs sont détournées en plein jour, sans aucune honte. Les approches éthiques sur le commerce dans les conventions internationales restent au stade d’une simple recommandation qui n’est même plus suivie.

A peine adoptée, la législation est déjà en retard. La technologie va trop vite. Les réglementations actuelles sont trop lentes pour arriver sur le marché. Le renforcement des lois ne peut plus toujours apporter l’ordre nécessaire à un écosystème sain pour les entreprises existantes ou en création. Les mauvais exemples se multiplient, restent impunies, et en voilà d’autres qui répètent la même “recette” d’un succès volé. L’irrespect des lois est devenu la nouvelle loi.

Malheureusement, la vitesse de changement de la technologie oblige les entreprises à aller aussi vite que cette évolution, mais souvent, c’est au détriment de l’éthique. Je ne suis pas la seule personne qui constate que cette dynamique est malsaine pour la société dans son ensemble. En même temps, un usage positif des technologies permettrait de réagir plus vite et renforcer les lois existantes, tout en offrant une adaptabilité constante aux nouvelles conditions du marché. Le potentiel positif est bien présent. J’en ai parlé plus en détail sur ces aspects dans mon livre sur la face cachée de l’économie numérique.

 

La face cachée de l'économie numérique, un essai d'économie et gestion, par Elena Debbaut

 

Le cercle vertueux de l’entrepreneuriat

Fort heureusement, il existe encore des exceptions à ce paysage sombre.

Ainsi, le marché européen est peut-être moins dynamique dans son ensemble, mais bien plus stable. Le marché suisse suit aussi cette tendance, bien qu’il y a d’autres spécificités qui y contribuent. Il y a ainsi un bon nombre des entreprises et collaborateurs de qualité qui réussissent sans vendre son âme, mais le chemin est plus long, moins rapide, et bien plus difficile. Les chances d’échouer avec une telle stratégie sont effectivement plus grandes, tout comme la possibilité réelle de se faire dépasser par une compétition étrangère qui méprise l’éthique et même les lois existantes.

Le succès d’une entreprise éthique est néanmoins plus solide et durable dans le temps.

Pour ma part, et depuis plus de 30 ans de vie professionnelle, je privilégie l’éthique dans les affaires, et je boycotte systématiquement tout pays, ou entreprise, ou personne qui présente des attitudes de voyou. Cette approche de boycott permet de faciliter les choix, surtout quand il s’agit de couper dans les coûts opérationnels pour les entreprises ou les projets en difficulté. En effet, les entités qui figurent sur ma liste de boycott ne sont pas seulement mauvaises, mais aussi très coûteuses par rapport à la qualité de leurs offres.

 

Elena Debbaut: conseils et quelques méthodes pour réduire les coûts opérationnels dans une entreprise en difficulté

 

Le monde des affaires et des entreprises n’est pas compliqué.

Une nouvelle entreprise crée un service ou un produit destiné à la vente. Les ventes répétées permettent à l’entreprise de s’agrandir, investir plus, créer de l’innovation, et embaucher de nouvelles personnes, produire plus, et vendre encore plus. L’entreprise et les personnes qui y travaillent payent des taxes qui sont utilisées à bon escient pour construire des écoles, des routes, ou établissements de santé. Dans la même ligne, une entreprise ou ses collaborateurs contribuent au développement d’autres entreprises par leurs achats d’autres services et produits. Ce cercle vertueux permet la création d’une stabilité économique et psychologique pour les personnes qui y travaillent, le développement d’autres entreprises, l’apparition de nouvelles véritables innovations, et au final, une région ou pays fort.

Le désastre entrepreneurial

Le problème actuel est qu’une trop grande majorité de personnes sont forcées d’aller vers un type d’entreprises qui ne permet plus de se développer ni investir ou embaucher, et créer ainsi un créer un cercle vertueux de l’entrepreneuriat.

Paradoxalement, un très grand nombre de ces nouvelles entreprises détruisent des postes de travail. Vous l’avez certainement déjà observé par vous-mêmes: le marché actuel est surchargé par des offres et services trop similaires, voire identiques, avec messages marketing et textes de pages web copiés carrément en entier depuis les autres publications qui apparaissent dans les premières pages en Google. La seule “différenciation” pour ce type d’entreprises est soit un marketing agressif qui est souvent externalisé dans les pays à plus faible coût salarial, soit l’exploitation d’une main d’œuvre sans autre choix viables, soit une course vers les prix et la qualité la plus basse.

Le marché n’est pas devenu plus compétitif dans le sens sain du terme.

Le marché actuel est devenu plus fragmenté, avec des milliers de micro-entreprises qui récupèrent quelques miettes, et quelques gros acteurs et groupes avec un statut de quasi-monopole. Pour un grand nombre de services et produits, l’illusion d’un “choix abondant” est seulement une duperie macro-économique. En réalité, le client a seulement le choix entre une entreprise avec un statut de quasi-monopole ou un fournisseur avec une capacité de service réduite et une qualité souvent à l’identique.

Cette situation se retrouve dans toutes les régions du monde; ce n’est pas quelque chose qui arrive seulement en Suisse.

Les régions et les états se retrouvent avec une grande cohorte d’entrepreneurs “start-upeurs” mais qui travaillent principalement en mode uberisé. Par exemple, en Suisse, et selon les chiffres de fin 2018, ce chiffre se situait à 594’000 personnes de condition indépendante. En d’autres mots, voici presque un demi-million de chômeurs déguisés, et qui ne figurent plus dans les statistiques officielles.

A l’échelle d’une région et d’un pays ce n’est pas joli à voir. C’est même très moche. Oui. Il faut rester réaliste, ce n’est pas tout le monde qui possède l’expérience stratégique et opérationnelle du terrain, avoir le capital de départ, et être capable de tenir un tel choix de carrière.

Les régions et les états investissent chaque année de millions dans diverses associations de “soutien à l’entrepreneuriat” et multiplient les programmes d’innovation, les concours avec prix qui ne couvrent même pas le temps pour y participer, et le nombre des personnes qui sont assez grassement payées dans le cadre de ces structures. Sans oublier les jolis sites web qui leur sont dédiés. En pratique, tout cet écosystème est une coquille vide: les montants accordés comme “aide” sont souvent comiques, tellement qu’ils sont petits, et ne peuvent pas apporter des résultats sur le terrain. De temps à l’autre, ces entreprises font la une des journaux parce qu’elles sont forcées de fermer pratiquement du jour au lendemain, et bien que leur valorisation théorique était considérée comme très intéressante.

Au final, les résultats sont décevants: très peu d’entreprises viables, encore moins d’innovation et production réelle par manque de fonds, et un nombre encore plus petit d’entreprises qui se développent pour créer de l’emploi ou acheter les produits ou les services d’autres entreprises. Ces entreprises ne peuvent pas contribuer à la société; elles coûtent plus cher qu’elles n’en rapportent.

Les budgets investis par les états dans le développement des nouvelles entreprises n’est pas toujours optimisé. Autant explorer d’autres solutions complémentaires, comme la création d’un revenu de base, en lieu et place d’investissements inutiles. J’ai été longtemps assez opposée à cette idée (je le nommais revenu de naze), mais le contexte actuel de l’économie numérique impose l’exploration de nouvelles solutions. Je parlerai plus sur ce sujet et mes observations, dans une future publication.

La viabilité d’une entreprise dans l’actuelle économie

L’époque où il était possible de lancer son entreprise tout seul dans son garage n’existe plus.

La viabilité d’une entreprise passe aujourd’hui principalement par la technologie de pointe, ou les sciences de la vie.

Or, ces entreprises ont un besoin accru en investissements, et qui se chiffrent en quelques centaines de millions de francs suisses. Des compétences pointues aussi. De plus, le cycle du développement de ce type de produits ou services est long. Malgré les jolis vidéos de promotion pour l’innovation par diverses structures de soutien, il est peu réaliste de penser que seulement 5 000 francs d’aide peut créer un vaccin dans sa salle de bain, ou encore, faire la soudure d’un système électronique miniaturisé sous le microscope qui se trouve sur la table de cuisine.

Le but non-avoué de ce type de fondateur est “se faire racheter” par une autre grande entreprise après le lancement d’un produit minimum viable, et continuer à y travailler comme … employé.

Voici l’entrepreneuriat uberisé.

Les grandes entreprises ont réussi à externaliser même le risque entrepreneurial.

Il ne faut pas rêver, les grandes entreprises et groupes qui “aident” l’écosystème des start-up ne le font que dans une démarche de communication à but marketing, ou le rachat préventif d’un futur compétiteur. En grande majorité, les grandes entreprises n’innovent plus et ne prennent plus de risque entrepreneurial; elles achètent des start-up.

Encore: même si ces nouvelles entreprises ne se font pas racheter, et arrivent à dégager un profit et persister vers l’indépendance, ces start-ups restent fragiles. Les salaires de leurs collaborateurs sont très inférieurs à la médiane du marché, quand il ne s’agit pas de postes sur base de “volontariat” au niveau de la direction stratégique et faux “stagiaires” autonomes avec plus de 15 ans expérience. Les postes de travail proposés par une telle start-up sont instables. Le personnel est trop souvent démotivé, quand il ne s’agit pas d’incompétence ou mauvaise foi. Et même si leurs collaborateurs de qualité souhaitent se reconvertir ou créer leur propre entreprise, ce n’est pas toujours possible par absence de capital, contacts d’affaires plus forts que ceux existants dans les “bonnes familles” ou l’absence de ses économies personnelles. Après avoir fait le tour des diverses association d’une hypothétique aide, ces entrepreneurs potentiels jettent l’éponge. Le cercle vertueux de l’entrepreneuriat n’existe plus.

Le décalage de l’écosystème entrepreneurial

Nombreux sont les futurs entrepreneurs qui n’ont absolument aucune idée du quotidien vécu par le fondateur d’une entreprise. Cette réalité n’est pas remplie d’une musique énergisante, ni de jolis paysages, ou une vie heureuse et équilibrée avec sa famille. C’est plutôt le contraire: un entrepreneur travaille du matin au soir, et possède peu de temps pour admirer la nature. Ses efforts sont trop souvent volés.

Comme entrepreneur qui vient de commencer ou qui envisage de l’être, il vous faudra donc bien s’informer, et ne plus croire toutes les publications optimistes et amusantes sur le lancement entrepreneurial, ou sur l’accès à un réseau secret après le paiement d’une cotisation, ou le quotidien rose d’un start-upeur heureux qui travaille dans un quelconque espace de co-working.

De nos jours, la création d’une entreprise est présentée comme une activité ludique. Or, c’est loin d’être le cas.

Le monde entrepreneurial est cruel et maléfique. L’économie avance tellement vite que les lois, alors quand ils existent, sont obsolètes en seulement quelques années. La participation au marché est une tricherie géante, puisque chaque joueur peut violer la législation existante et définir ses propres règles. Les attaques contre l’existence de son entreprise sont de plus en plus violentes. Les choix éthiques sont de plus en plus difficiles. Un entrepreneur est seul, avec toutes ses souffrances, et personne ne va l’aider. Dans une majorité de situations, un entrepreneur n’est même plus compris. Faire des affaires a toujours été compliqué, mais aujourd’hui c’est encore plus éprouvant.

Les nouveaux entrepreneurs doivent avoir conscience de cet état des faits. La création d’une entreprise dans l’actuelle économie c’est bien plus que les simples considérations stratégiques, financières, ou opérationnelles.

La création d’une entreprise est toute une affaire. Et même très sale.

 

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📌 Droits de Réutilisation …

 

Note: Cette publication présente seulement quelques extraits depuis mon essai d’économie et gestion dans la série “la face cachée de l’économie”. Commandez votre exemplaire auprès de votre libraire, en format électronique ou imprimé en format de poche, ou directement auprès de moi-même, Elena Debbaut. Je vous remercie pour votre soutien.

 

La propagande entrepreneuriale, un essai d'économie et gestion écrit par Elena Debbaut, consultante en entreprise et gestionnaire de crise

 

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Déchiffrez les réalités du terrain, et ce qui se cache derrière les tendances du moment avec Elena Debbaut - conseil restructuration entreprises et projets en difficulté

Les gourous d'entreprise prêchent qu'il faut se réveiller à 3:30 la nuit pour réussir. Ils rêvent.

Les gourous d’entreprise prêchent qu’il faut se réveiller à 3:30 la nuit pour réussir. Ils rêvent.

J’ai assisté à une conférence qui parlait de la réussite entrepreneuriale. C’est une activité très amusante. Je découvre toujours quelques perles fort divertissantes et qui me mettent de bonne humeur pendant au minimum quelques semaines.

Cette conférence était offerte par un entrepreneur de succès. Un entrepreneur homme d’un certain âge très respectable; c’est très important de le préciser. Habituellement, pendant que j’écoute les présentations pendant les webinars, je peux faire d’autres activités en parallèle. Mais sa lecture était suffisamment fascinante pour lui accorder mon entière attention.

J’entends un conseil prodigué sur un ton bien convaincant: “pour réussir, il faut se réveiller à 3:30“. Oui, trois heures trente. La nuit.

Qui se lève de bonne heure arrive à la fortune, dit la sagesse populaire.

Le CEO d’Apple se lève à 3:45. D’autres, plus paresseux, se réveillent au maximum une demi-heure plus tard à 4:15. C’est ainsi aux États Unis.

En Suisse, l’entrepreneur se réveille à 3:30.

Enfin, s’il arrive à dormir.

Compte tenu du succès de leur fortune, cela doit être la bonne tranche horaire. Selon un article publié dans le journal LeTemps en 2016 le sommeil serait même un truc de loosers. Le succès se réveille, lui aussi, de très bonne heure pour attendre tranquillement les coureurs qui l’ont cherché pendant les 15 (quinze) kilomètres de jogging.

 

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Les résultats de mon expérience

Déjà très enthousiaste pendant la conférence, chose qui m’arrive très rarement pendant ce type de présentations, je décide de faire un essai pour contempler la forme de ce nouvel succès. Mon entourage fut vite très curieux sur ma démarche.

Jour 1 du réveil à 3:30

J’ai commencé la première journée de mon expérience par mettre mon réveil à trois heures trente du matin. Selon le fuseau horaire en Suisse cette heure est en pleine nuit. J’ai donc utilisé le mode vibrateur, afin de ne pas réveiller l’entier du bâtiment où j’habite.

Oui, 3:30 est en pleine nuit: tout est noir et silencieux.

Mon époux a brièvement ouvert son œil droit en guise de question muette: c’est pour entrer se coucher, ou aller dans une expédition nocturne aux toilettes ? Ni une ni l’autre, je répondis en silence: c’est pour une journée remplie de succès.

Mon esprit a vacillé quelques secondes, étant bien entourée par la chaleur du lit.

Mais l’appel du succès a été plus fort.

Quand il faut y aller, il faut y aller !

Ma quête du succès commence devant la machine à café.

Une pensée vive me retient brusquement avant d’appuyer sur bouton qui la met en route. Quel serait le niveau du bruit ? Une recherche sur Google me permet de contrôler la fiche technique. C’est incroyable le bruit qu’une machine à café peut faire: quelque 67 décibels. Rien que ça. Ce niveau de bruit est similaire à celui d’une machine à laver. Or personne ne lance une machine à laver en pleine nuit. En tout cas, pas en Suisse, pas avec une famille, et surtout pas dans un immeuble locatif.

Pas de thé non plus. Il se trouve que certaines bouilloires électriques peuvent même aller jusqu’à 95 décibels, soit le bruit d’une tondeuse à gazon. En pleine nuit, c’est fortement déconseillé. Je me dis que le grille-pain fait aussi du bruit, tout comme la préparation de mon omelette, alors je décide de sauter le petit-déjeuner. Pour un premier jour, je me dis que je vais reprogrammer aussi le jogging de 15 kilomètres.

J’arrive au bureau par des rues désertes, et je sors le badge d’accès.

Refusé.

Le bureau, ça ouvre à 7 heures du matin.

Ça ne s’annonce pas très bien.

C’est seulement 4 heures le matin, et le succès lui, est très impatient d’y entrer. Je le sens.

Je note qu’il faudrait que j’envoie aux propriétaires de mon bureau le lien vers la conférence de l’entrepreneur à succès. Ces propriétaires doivent laisser les portes ouvertes 24/7jours parce que beaucoup de personnes commencent à chercher le succès à 3:30 la nuit.

Une voiture de police me voit. Les deux policiers s’arrêtent et me demandent si tout va bien et quelle est la raison de ma présence sur les lieux en pleine nuit. Je leur explique que je cherche le succès à 3:30. Ils notent quand même mes coordonnées; si jamais ils trouvent le succès nocturne avant moi.

Je fais le choix d’une journée télétravail pour regagner le temps perdu avec mon déplacement au bureau, en pleine nuit.

Je continue jusqu’à 13:30 quand je prends mon déjeuner. Vers 14 heures j’étais déjà endormie. Je me réveille vers 15:30 soit pendant ma pause habituelle. Je conclus que les patrons et les directeurs ont une très bonne raison pour fermer la porte après la pause déjeuner. Pendant ce temps, les fidèles cadres opérationnels, eux, travaillent.

Je finis ma journée à 19:30, comme c’est dans mes habitudes des 20 dernières années.

Mon époux me demande pendant le souper: alors, ta journée ? J’esquisse un sourire enthousiaste. Je n’ai pas été en mesure de continuer la totalité de mon repas, ni même de commencer le film du lundi soir sur la RTS.

Vers 21h j’étais déjà endormie.

Profondément.

Jour 2 du réveil à 3:30

Le réveil vibre.

Je suis toujours motivée pour trouver le succès en pleine nuit.

Je saute du lit, mais je reste en télétravail. Je fais quand même un détour dehors sur 4 kilomètres, question de rencontrer le succès. Mais outre quelques chats très curieux suite à ma présence nocturne, rien d’autre.

Je travaille jusqu’à midi et je prépare le déjeuner. Je répète la sieste après le déjeuner. Je travaille pratiquement sans interruption jusqu’à 19:30.

En fin de journée je me dis que ce n’est pas trop mal, faire une sieste après le déjeuner.

La fin de deuxième journée arrive à 19:30, et l’heure du coucher arrive encore plus vite, à 20:30. Ma soirée fut encore plus courte que celle de la journée précédente.

Jour 3 du réveil à 3:30

C’est mercredi.

Je me suis réveillée avant l’heure, à 3:10. C’est toujours la nuit. Magnifique, après seulement 3 jours je commence à m’habituer à un nouveau rythme. L’humain s’habitue à tout.

Je me dis que si je continue ainsi, avec un gain de 20 minutes chaque jour, alors en 15 jours je vais me réveiller même à 10:30 heures le soir d’avant. Ça, c’est un vrai succès: l’heure du coucher qui coïncide avec l’heure du réveil. Je me fais la réflexion que l’humain du futur sera tellement amélioré techniquement qu’il n’aura même plus besoin de dormir.

Pour le moment, et afin d’aider mon expérience, j’ajoute une sieste de plus en pleine matinée. Pas trop mal non plus. Sauf le facteur qui me réveille vers 10:30 pour un colis et une lettre. Les appels téléphoniques aussi.

En fin de journée à 19:30 je cours pendant 10 kilomètres. Je m’arrête et je fais quelques exercices sportifs de pom-pom girl pour compenser les 5 kilomètres manquants. Pas trop mal non plus, c’est bien physique.

Le chat du voisin qui a l’habitude de m’accompagner me regarde très curieusement. Il suit mes mouvements. Je lui explique comment atteindre le succès avec le réveil à 3:30 la nuit. Il écoute très attentivement, les yeux dans les yeux. Un autre chat se joigne à nous. Je commence à rire, encore quand je vois trois autres chats qui s’approchent pour participer à ma présentation improvisée.

Un voisin s’arrête et nous regarde, lui aussi. Il trouve mon auditoire de chats en demi-cercle très amusant, presque magique. Je lui explique à lui aussi, le réveil à 3:30 et qui est supposé apporter le succès. Les tremblements de sa moustache lui donnaient un air clairement perplexe et incrédule. Mais il ajoute quelques bons points: même les poules ne se réveillent pas à 3:30 la nuit, mais peut-être les chats, eux, sont débout toute la nuit et dorment ensuite toute la journée pendant 18 heures. Ça doit être un truc de patron et directeur, il avait conclu.

Sur le chemin de retour, je fais remarquer à mon voisin que les poules n’ont pas beaucoup de succès et travaillent chaque jour pour pondre un œuf, sinon elles finissent à la casserole.

Par contre, le coq, lui, est un vrai chef: il pousse un chant bien puissant dès les premiers rayons de lumière pour réveiller tout le monde. Le coq est debout au minimum 90 minutes avant le lever du soleil et il chante même pendant la nuit quand c’est pleine lune. Les petits coqs en surplus finissent en pâte à nuggets, seul le vrai coq résiste. Belle illustration pour la réussite entrepreneuriale.

La comparaison entre un coq et un entrepreneur a eu beaucoup de succès, y compris parmi les trois chats qui nous ont suivi très sagement. Mais le voisin a persisté dans son opinion: un entrepreneur est plutôt comme un chat, selon une de mes publications plus anciennes.

Autrement, ma soirée a vite fini, parce que je suis allée dormir à 20:30 heures, et sans finir mon repas.

Jour 4 du réveil à 3:30

Enfin, le jeudi.

Je me dis que la semaine est presque finie.

J’attends presque impatiemment le vendredi, bien que j’aime plutôt les lundis.

Mais un semblant de succès est déjà là: mon livre sur l’économie numérique a été accepté pour la publication. Je ressens aussi une connexion avec les humains qui se réjouissent à l’avance du dernier jour de la semaine. Pendant une grande partie de ma vie, y compris la scolarité, le dernier jour de la semaine a été le samedi, alors un vendredi est presque contre-nature.

Le soir, après les courses, je m’effondre en plein repas.

Ma conversation sur la journée et mon livre a été limitée à quelques grognements et une multitude de grimaces muettes.

Je me suis endormie à 20:10 précises.

Jour 5 du réveil à 6:30

La journée de vendredi s’annonce très bien.

Je me suis réveillée le matin à 6:30 exact, sans aucune alarme, et comme je me réveille depuis deux décennies. La vibration de l’alarme à 3:30 n’a pas été suffisante pour me réveiller. Mon expérience qui consistait à me coucher avec les poules et me réveiller avant le coq n’a pas été concluante.

La journée de travail commence à 7:30 le matin.

Et la journée finira exactement à 19:30, comme c’est le cas depuis presque 2 décennies.

La journée fut productive, et sans aucune sieste. En fin de journée, le chat du voisin arrive en courant pour me saluer pendant que je récupère le courrier, et comme il le fait chaque soir de la semaine à 19:30 précises.

Encore une semaine pendant laquelle je n’ai pas écrit d’article académique, ou pour un autre livre. J’ai fini la semaine avec un article qui a partagé une expérience et une autre vision sur les conseils prodigués par les gourous d’entreprise.

Le repas commence à sentir bon.

La table est prête, et je peux enfin tenir une conversation sans m’effondrer de fatigue.

Je passe ensuite une très belle soirée.

Et si c’était ça, le succès et la bonne fortune ?

La vie, tout simplement.

Alors, cette expérience du réveil à 3:30 ?

Si vous êtes arrivés jusqu’ici, c’est que le sujet vous intéresse.

Le réveil à 3:30 et la fin d’une journée de travail à 19:30 avec 21 heures au maximum pour aller dormir n’est pas pour moi, et peut-être pour vous non plus. Avec un tel rythme vous vivez décalé et pour la plupart des journées, en totale solitude.

Mon expérience m’a fait penser que la plupart de gens font l’erreur de suivre à la lettre les gourous d’entreprise, au lieu de définir leur propre succès et sa stratégie pour y arriver.

Il est possible de faire plus avec un tel rythme

Certes, avec un tel rythme de travail il est possible de faire beaucoup de choses et couvrir beaucoup de projets, mais il faudra impérativement ajouter au minimum trois périodes de siestes pendant la journée et passer vers un sommeil multi-phases.

Selon mon expérience de 7 ans pendant mes études et le travail en parallèle j’ai pratiqué le sommeil multi-phases de manière intensive. Cette méthode a bien fonctionné pour moi. Ainsi, je m’endormais pendant les cours à l’université, les examens, le transport, ou encore les réunions ennuyantes. Un sommeil volé. En 24 heures je pouvais avoir mes 4 à 7 heures de sommeil, avec quelques périodes difficiles de seulement 2 heures 30.

Cela m’a permis de couvrir efficacement les 16 à 18 heures de travail intense chaque jour pour mon entreprise, mes études, et mes obligations familiales. Le sommeil multi-phases est très exigeant et je ne recommande pas cette méthode sur de longues périodes. Il faudra retenir que toute “dette du sommeil” se paye par une dégradation de l’état de santé. Cette dégradation se voit après seulement quelques mois, alors que les effets négatifs peuvent durer même quelques années.

En effet, le sommeil est indispensable pour correctement fonctionner et prendre les bonnes décisions, surtout au niveau de la direction. Hasard du calendrier, la date de publication de cet article est 19 mars, soit la journée du sommeil.

L’aide externe est indispensable

Encore: si vous décidez de suivre un tel rythme intensif, alors vous devez avoir au moins une personne qui vous assiste avec les tâches administratives de la vie courante ou celles ménagères comme le nettoyage ou la préparation des repas.

Soit vous payez quelqu’un pour ces tâches, soit, en absence de capital, vous allez devoir utiliser le support familial. Vous ne pourrez pas tout faire. Pour ne rien arranger, la pression sociale pour externaliser ces tâches est même mal perçue pour les femmes entrepreneur.

Je conclus aussi que le réveil à 3:30 peut mieux fonctionner si vous êtes un homme d’un bon niveau socio-culturel qui est né dans une bonne famille, avec un revenu régulier, et qui habite dans une maison individuelle pour pouvoir faire du bruit nocturne. De plus, le capital de son entreprise doit être suffisant important pour embaucher les bonnes équipes qui exécutent l’ensemble des tâches opérationnelles.

En effet, il y a une grande différence entre donner des ordres et “venir avec des idées” en guise de stratégie et la finalité de l’implémentation opérationnelle.

 

L'implémentation opérationnelle de la stratégie d'une entreprise avec Elena Debbaut, Operating Partner Solutions et Consultante en Entreprise dans la gestion de crise

Lire l’article publié sur LeTemps: Elena Debbaut sur la stratégie d’entreprise: un échec annoncé sans la partie opérationnelle.

 

C’est les équipes opérationnelles et les cadres qui concrétisent les idées de la direction ou de tout entrepreneur et c’est souvent par les heures supplémentaires après 19:30, alors quand notre entrepreneur a fini sa journée.

Or, les entrepreneurs ne voient plus ce travail accompli tard pendant la soirée ou les nuits; et ils sont même très contrariés quand les équipes opérationnelles ne sont pas toujours réveillées au petit matin. Mais les collaborateurs de nos jours ne veulent plus être limités à un simple rôle d’exécutant, ni exploités selon des méthodes d’une autre époque.

L’innovation et la culture d’entreprise souffrent

Les entrepreneurs qui appliquent ce modèle de travail décalé n’ont pratiquement aucune interruption en pleine nuit.

Chaque matin, ils ont donc suffisamment de temps pour réfléchir et venir avec de nouvelles stratégies, alors que les équipes opérationnelles n’ont même pas fini d’implémenter les idées de la journée précédente. Ainsi, il n’est pas rare que les équipes opérationnelles suivent un rythme effréné et qui finira souvent … vers 3:30 le matin. Soit à l’heure quand notre entrepreneur se réveille.

Les coûts et l’épuisement de type burn-out pour les collaborateurs à tous les échelons est ainsi très grand. Les personnes de qualité qui composent les bonnes équipes opérationnelles quittent ce type d’entreprises et ces entrepreneurs.

De plus, ce décalage dans la manière de travailler n’est pas propice à l’innovation.

En effet, de nos jours, l’innovation n’est plus l’idée d’une seule personne, mais c’est devenu un processus.

L'innovation est avant tout un processus, consulting entreprises avec Elena Debbaut

Lire l’article: Elena Debbaut sur l’innovation: L’innovation est avant tout un processus

 

La pratique du terrain

Revenons maintenant à la réalité du terrain.

La très grande majorité des entrepreneurs implémentent eux-mêmes leurs propres idées et investissent leurs économies, très souvent sans aucune aide familiale. Cet investissement entrepreneurial permet de développer et présenter aux investisseurs un produit ou un service minimum viable.

Par la suite, si ce produit ou service est intéressant, et qu’il n’a pas été copié par d’autres entreprises, alors il est possible d’obtenir une augmentation du capital pour s’agrandir.

Pendant cette période, le manque de sommeil est cruel et les nuits blanches sont la normalité. En pratique, l’heure de 3:30 la nuit correspond plutôt à l’heure du coucher. Au final, si l’entreprise fonctionne, il est possible d’espérer un revenu régulier et un horaire plus adapté au rythme naturel diurne.

En réalité, c’est dans cet ordre que les choses se passent.

Comme vous pouvez déjà l’imaginer, les chances de “succès” d’une entreprise sont minimes.

Rien n’est garanti.

Et gare aux entrepreneurs qui succombent à la propagande entrepreneuriale et le réveil à 3:30 qui apporterait le succès.

Le réveil à 3:30 c’est toute une affaire, et même une mauvaise affaire, au bout du compte.

 

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Déchiffrez les réalités du terrain, et ce qui se cache derrière les tendances du moment avec Elena Debbaut - conseil restructuration entreprises et projets en difficulté

Le processus d'intégration des femmes dans les entreprises en Suisse, par Elena Debbaut

Qui a peur des femmes dans le monde des entreprises ?

Je n’appartiens pas aux milieux dits féministes.

Il ne s’agit pas d’une sorte d’excuse, ni un étrange moyen pour justifier ma présence dans le monde des entreprises. Comme chaque femme, j’ai vécu, surtout en Suisse, quelques histoires qui pourraient me pousser vers ce type de militantisme. Et pourtant, je ne suis pas devenue féministe.

La raison de mon absence d’engagement à cette cause est que je n’aime pas cette idée de séparation professionnelle entre les hommes et les femmes.

La normalité d’un mérite doit remplacer les discriminations dites positives.

Pourquoi faire cette séparation entre les genres ?

J’ai récemment appris qu’il y a une plateforme de trading d’actions spécialement conçue pour les femmes. Les hommes, eux, sont invités d’aller faire leurs transactions financières sur d’autres plateformes. Il y a aussi des associations pour faire “avancer la carrière” des femmes. Et la carrière des hommes ? J’ai aussi observé l’existence d’une sorte de club privé avec femmes administratrices d’entreprise. Il y a même un très grand nombre de présentations motivantes pour “oser à s’affirmer” et se “découvrir” comme femme. Toutes ces activités sont développées par les femmes, pour les autres femmes.

Or, c’est justement ce type d’initiatives et ces séparations qui maintiennent les différences.

Encore plus curieux: pour se donner bonne conscience, les initiatives en faveur des femmes apparaissent seulement autour de 8 mars. Même les hommes avec des attitudes machistes se font un “devoir” d’aimer sur les réseaux sociaux les quelques partages sur cette journée prétendument si spéciale.

Est-ce un simple hasard du calendrier ?

Que se passe-t-il le reste de l’année ? La culture de la société et dans les entreprises change seulement pendant quelques jours avant et après la journée internationale de la femme ? Il semblerait que oui, avec quelques discours et engagements sans substance et la conformité d’un message politiquement correcte.

Le poids culturel, lui, reste.

 

Quand l’innovation est seulement un mot pour vendre plus - conseil innovation opérationnelle Elena Debbaut

Lire l’article: Elena Debbaut: Quand l’innovation est seulement un mot pour vendre plus.

 

Conseil entreprise - Elena Debbaut - redressement de projet et entreprises en difficulté

Je me demande si la nouvelle tendance de l’écriture inclusive ou le langage épicène qui met le feu à la RTS peut changer les manières de penser ou modifier une approche culturelle qui n’est pas toujours polie envers les femmes.

Je ne crois pas que cette nouvelle manière de communiquer apporterait quelque chose à la vision d’une égalité utopique.

Encore: dans le monde des entreprises, les femmes sont invitées d’imiter les comportements typiquement “masculins” comme la prise d’initiatives et risques. A leur tour, les hommes sont incités de s’inspirer dans l’organisation et l’expression féminine, prétendument plus “douce“.

Le tout, en utilisant la fameuse écriture dite inclusive.

En même temps, la manière et les mots utilisés pour communiquer restent bien encrés et se transmettent d’une génération à une autre. D’ailleurs, tous les stéréotypes liés au genre ou une nationalité reflètent un mode de pensée sommaire. Cette manière de penser n’évolue pas avec le simple changement de mots utilisés.

C’est le mode de pensée qui doit changer. Et ce changement est surtout culturel.

Or, le changement culturel est très difficile et lent.

Selon mon expérience, une entreprise peut changer sa culture après une période entre 3 et 5 ans. Cette durée est influencée, entre autres, par le secteur d’activité, la zone géographique, et la grandeur de l’entreprise. Mais selon une étude du cabinet de conseil McKinsey, la durée de vie moyenne d’une entreprise se situe entre 7 et 12 ans, alors un tel changent serait trop coûteux et trop long. J’en parlerai plus en détail dans un autre article. Quant à l’échelle d’une société, un changement culturel a lieu sur une période de minimum 2 générations.

Je n’aime pas non plus l’idée d’une égalité “forcée” dans le monde des entreprises. Pourquoi forcer un tel lissage de comportements et expressions, au lieu de travailler pour créer un respect réciproque de la personnalité humaine ?

En effet, entre une femme incompétente et un homme compétent, le choix est vite fait.

L’inverse est aussi valable.

D’ailleurs, l’incompétence est un monopole individuel.

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Les capacités physiques peuvent représenter un critère pour certains types de métiers où il faut être fin et menu, ou au contraire, très musclé et grand.

Par contre, la nationalité, l’âge, le sexe, la couleur de sa peau, ou les habilités intellectuelles n’impactent pas la capacité d’exercer une profession.

Et pourtant, en Suisse, la loi sur l’égalité (LEg) est entrée en vigueur le 1er juillet 1996 et la discrimination à l’embauche est “pratiquée quotidiennement en Suisse” selon Jean-Philippe Dunand, docteur en droit, avocat et professeur à l’Université de Neuchâtel. Mais cette discrimination n’est pas limitée à la seule embauche ou seulement envers les femmes. Il y a toute une multitude d’autres aspects de la discrimination, sur la nationalité ou le niveau salarial, ou avec hommes promus régulièrement au détriment des femmes même dans un secteur ouvert intellectuellement comme le journalisme.

Quand je suis arrivée en Suisse dans les années 2001, j’ai découvert en seulement quelques jours qu’il y a un Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG).

J’ai trouvé cela très drôle, tout comme la phrase sur mes “très beaux yeux bleus, et oh, la bouche rouge” entendue à mon égard dans le cadre d’une organisation fortement subventionnée par l’état. Heureusement que ce n’est pas l’inverse: une bouche bleue et des yeux rouges, j’avais répondu. Ma tentative d’humour n’a pas été appréciée, ni mes refus répétés de joindre le Monsieur en question dans son bureau, à une heure tardive de la nuit, et sans aucune justification professionnelle.

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Mais qui a peur des femmes au travail et dans le monde des entreprises ?

Quand un homme exprime le fond de sa pensée, il est considéré comme un vrai “meneur” et un excellent dirigeant. Si une femme utilise exactement la même phrase, alors ce même message est perçu comme “virulent” et hystérique. L’hystérie féminine comme condition médicale qui n’apparaît jamais chez un homme.

Elle se croit qui, celle-là ?

Celle-là: la réponse à une question péjorative.

Les femmes intelligentes se taisent et ne prennent plus de risques, au risque de passer pour une “garce” décervelée. Les données de nombreuses études à ce sujet et l’analyse des mots utilisés pour catégoriser les mêmes attitudes dans le monde du travail sont confirmées par mes propres expérimentations sur les réseaux sociaux et celles des autres journalistes et blogueuses qui écrivent sur le site du journal LeTemps. La “virulence” des commentaires envers les femmes est notable.

Voici une raison parmi tant d’autres qui explique pourquoi le monde des entreprises présente un taux anormalement élevé d’hommes sous-qualifiés et mauvais stratèges, mais qui sont trop actifs et trop confiants. La présence d’un “meneur” avec une “grande gueule” est un élément plus valorisant que le travail délivré ou sa qualité. Par gain de paix, nombreux sont ceux qui laissent passer les erreurs évidentes de leur “leader” et cela au détriment de l’entreprise. Les erreurs s’accumulent jusqu’à un niveau où il devient difficile de les cacher. Heureusement que cette inefficacité fait le moindre mal pendant les périodes du télétravail ou quand l’entreprise se sépare de ce type de collaborateurs en période de crise.

Ce tempérament n’est pas limité aux seuls hommes.

Dans les entreprises il y a aussi des femmes sous-qualifiées qui réussissent parfaitement tous les critères d’une véritable garce incompétente mais avec grande gueule. Ces particularités ne sont pas des insultes: c’est l’assurance d’être reconnue comme similaire, et donc sans danger.

Conseil entreprise - Elena Debbaut - redressement de projet et entreprises en difficulté

Un récent article du journal LeTemps annonçait dans son titre: La Suisse est le pays où les femmes ont le moins de chances d’être promues. Dans le premier paragraphe l’explication est déjà donnée: “un plafond de verre relativement solide“.

Je reste surprise en lisant le mot “relativement” mélangé à du “solide“.

Relatif à quoi ?

Avez-vous eu l’occasion de voir quelques interactions entre les hommes et les femmes au travail ?

En général, pour un poste équivalent, les femmes ont un savoir-faire d’excellence, arrivent avec des idées innovantes, et appliquent avec un meilleur bon sens les processus opérationnels. Encore: les femmes sont meilleures en gestion de crise, partagent les informations utiles, et développent davantage leurs collaborateurs et équipes, selon une étude publiée dans le journal Harvard Business Review.

En même temps, la différence globale en faveur des femmes n’est pas spectaculaire et se situe à 5.7%. Les données détaillées montrent un décalage de 10% en faveur des femmes sur caractéristiques comme la rapidité d’apprentissage agile, le développement des équipes, ou la prise de décisions.

Tous les autres critères d’évaluation sont également plus élevés que ceux des hommes. Il y a même un surplus de 1% en faveur des femmes quant à la prise des risques.

 

Gestion de crise pour les entreprises - Elena Debbaut, consultante opérationnelle
– L’efficacité globale des hommes et des femmes en période de crise –
retrouvez et téléchargez le format .pdf de cette infographie sur www.Debbaut.Solutions

Le graphique ci-avant et les nombreuses autres études similaires apportent une preuve de plus au fait que la sélection d’un homme ou d’une femme doit être basée seulement sur le mérite. Je ne suis pas une grande adepte de ce type d’études parce qu’en général, les recherches prennent en compte seulement les moyennes, et la méthodologie n’est pas toujours claire. Or, une entreprise peut présenter un taux d’hommes ou femmes qui sont plus compétents que la moyenne présentée dans les études. Mais ce type d’études ont le mérite de systématiser les tendances principales.

 

Voici pourquoi une entreprise a besoin de processus entreprise fiables - Elena Debbaut - conseil entreprises

Lire l’article: Voici pourquoi une entreprise a besoin de processus fiables.

 

Conseil entreprise - Elena Debbaut - redressement de projet et entreprises en difficulté

Comment améliorer l’importance et la présence des femmes dans les entreprises ?

Les lois et les discriminations “positives” envers les femmes sont inapplicables en raison du poids culturel. L’énergie des débats législatifs et les coûts pour créer de tels lois sont inutiles. La réalité du terrain restera toujours différente, même en présence d’une loi.

Je crois néanmoins que le changement vers une culture plus égalitaire dans son ensemble passe par une évaluation neutre des compétences professionnelles et humaines. La technologie de l’actuelle économie numérique peut aider à une sélection objective des personnes qui travaillent dans une entreprise. Cela peut passer par un CV anonyme et divers tests automatisés pour mesurer l’existence des compétences nécessaires.

De plus, un système de “bonus technologique” pour les entreprises réduira le poids culturel et sera bien plus motivant que l’aspect punitif d’une quelconque loi sur l’égalité entre les hommes et les femmes. Certes, la technologie présente des risques et vulnérabilités exploitables par les mauvais acteurs, mais les avantages seraient bien supérieurs sur le court et moyen terme.

Et si cette approche basée sur la technologie était la voie à suivre pour arriver rapidement à cette “parité” si chère aux communicateurs en relations publiques, politiques, et entreprises prétendument égalitaires ?

En attendant cette évolution, le sujet de la femme dans le monde des entreprises restera toute une affaire.

 

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Elena Debbaut: Toute stratégie d'entreprise possède un élément très important d'intuition. Et surtout, une bonne dose de chance.

Stratégie d’entreprise: un échec annoncé sans la partie opérationnelle

L’établissement et l’implémentation d’une stratégie d’entreprise est une activité très agréable quand l’implémentation est un succès, ce qui dans la pratique est rarement le cas.

La raison est évidente: en majorité, les tacticiens et les créateurs d’une stratégie n’ont pas toujours conscience quant aux difficultés de l’implémentation. En effet, il ne suffit pas de transformer en stratégie toute nouvelle idée, mais de bien analyser les alternatives, choisir seulement ce qui a le plus de chances de succès, et implémenter correctement sur le terrain, en fonction de processus déjà existants.

Alors, comment choisir et implémenter la bonne stratégie d’entreprise ?

La stratégie et le facteur temps

En théorie, la stratégie d’une entreprise est conçue pour le moyen et le long terme.

Effectivement, une bonne stratégie nécessite du temps pour être correctement implémentée à tous les niveaux.

Mais il y a quelques chiffres qui contredisent cette idée. D’abord, en 2016 déjà, la durée de vie moyenne d’une entreprise se situe à moins de 18 ans, soit entre 7 et 12 ans, selon une étude du cabinet de conseil McKinsey.

Concrètement, cela veut dire qu’une entreprise peut appliquer 1 à 3 stratégies majeures pendant l’entier de sa durée de vie.

Tout concept “stratégique” dont la durée se limite à quelques semaines ou quelques mois s’apparente plutôt à l’implémentation de quelques tactiques et méthodes déjà connues et appliquées ailleurs. Une entreprise ne peut pas collecter les idées, concevoir, analyser ses effets possibles, et implémenter une stratégie en si peu de temps.

Selon le cas, le but d’une stratégie est d’améliorer la viabilité d’une entreprise dans un délai de 3 à 7 ans. En même temps, comme vous avez pu voir plus haut, dans l’actuelle économie numérique, le futur n’existe plus pour une très grande majorité d’entreprises. Les concepts de “futur” et “entreprise pérenne” sont limités par la durée de vie moyenne d’une entreprise.

La conception stratégique

J’ai presque un demi-siècle d’existence, et une expérience de plus de trois décennies dans le monde des entreprises. Je m’en souviens encore de ma surprise suite à l’agitation qui avait gagné l’entreprise après la réception du mémo de convocation pour les “réunions et conception des plans stratégiques“.

Les directeurs étaient assez joyeusement excités.

Les collaborateurs des équipes opérationnelles étaient jaloux sur ce qui était perçu comme quelques “journées de farniente, tous frais payés” et dans un endroit digne d’une belle vacance.

La jalousie était justifiée.

Les équipes opérationnelles restaient confinées et limitées à une boîte à idées, laquelle boîte se trouvait sur un couloir avec très peu de lumière. La boîte à idées était en carton, et la qualité du contenant un peu pareil. Pendant le même temps, les directeurs étaient à l’extérieur, tous frais payés, et avec un bon repas matin, midi, et soir.

Le but de ces séminaires à l’extérieur était d’extraire et affiner quelques bonnes idées. Il fallait impérativement venir avec des idées à accrocher sur un mur. Ces idées étaient ensuite analysées de fond en comble, enregistrées, et catégorisées. Sauf quelques exceptions, il ne restait plus assez de temps pour faire des réflexions opérationnelles sur les plans stratégiques.

Tout à la fin de ces journées, la direction se disait: “Oh, regardez-moi tous ces post-it de couleur. Comme on a bien travaillé. C’est beau.” Pendant ce temps, les équipes opérationnelles avaient une toute autre réflexion. “En voilà encore des conneries.

Conseil entreprise - Elena Debbaut - redressement de projet et entreprises en difficulté

De nos jours, cette manière de faire n’a pas profondément changé.

Les lieux extérieurs ont été remplacés avec la salle de réunion dans laquelle quelques plantes agonisent de plus belle, ou ceux d’un espace de co-working en open-space et dans lesquels les nouveaux coachs d’entreprise vivent leur vie. Les idées sont aussi accrochées au mur, mais aujourd’hui il y a des feuillets en couleur et déjà découpés en diverses formes comme les nuages, petits cœurs, et signes d’exclamation.

Il y a même de la pâte à modeler et briques en plastique. Voyez-vous, c’est du “design thinking” moderne avec quelques gribouillis provenant d’une quantité impressionnante de crayons en couleur. Un vrai arc-en-ciel. Le tout, entre quelques petits croissants et cafés, des tables debout, ou quelques coussins par terre. Oui, c’est plus facile à ranger, moins de coûts pour une entreprise, et il semble que cela ajoute de la convivialité. Tiens, dans mes vagues souvenirs, cela ressemble à mes classes de maternelle dans les années ’70; mais sans le café.

Le résultat final de ces séminaires reste globalement le même que celui des pratiques passé: après quelques mois, plus personne ne s’en souvient encore de ces réunions stratégiques ou leur contenu, parti dans les bacs de récupération papier (écologie oblige).

Ces “stratégies” sont vouées à l’échec parce que la partie opérationnelle n’est pas couverte pendant la phase d’idéation. C’est un paradoxe. Les équipes opérationnelles ont besoin de connaître les activités journalières permettant l’implémentation d’une stratégie, mais la stratégie ne couvre pas cet aspect.

Soyons très clairs: une stratégie n’a pas comme but de détailler la partie opérationnelle.

En même temps, une entreprise a besoin pas seulement d’une vision stratégique, mais aussi d’une implémentation sur le terrain. C’est cela, la bonne stratégie d’entreprise: établir un lien entre la vision sur le moyen et le long terme, ainsi que les activités concrètes au niveau opérationnel.

L’implémentation d’une stratégie

En 2017, un article de Harvard Business Review avait fait beaucoup de bruit.

Et pour cause: cet article mentionnait que seulement 8% des membres de la direction sont suffisamment compétents autant sur le volet stratégie que celui implémentation opérationnelle.

 

Elena Debbaut sur le choix de la bonne stratégie et l'implémentation opérationnelle et processus.
– La stratégie et l’innovation en quelques chiffres, selon un article publié dans Harvard Business Review – retrouvez et téléchargez le format .pdf de cette infographie sur www.Debbaut.Solutions

Concrètement, cela veut dire que sur une centaine de dirigeants, seulement 8 d’entre eux sont bons autant sur le volet stratégie que celui de l’implémentation.

L’explication est que la plupart des dirigeants d’entreprise sont qualifiés et arrivent depuis une seule zone fonctionnelle comme les finances ou le marketing. Très souvent, cet aspect “familier” dicte la stratégie d’une entreprise.

Il y a pire: d’autres dirigeants ne possèdent absolument aucune compétence opérationnelle. L’aspect multi-fonctionnel d’une entreprise est négligé. Les entreprises commencent à s’en rendre compte, mais le recrutement de ces personnes est difficile par l’apparition de besoins technologiques très pointus. Les chiffres de 2017 sont donc aujourd’hui encore plus bas.

Conseil entreprise - Elena Debbaut - redressement de projet et entreprises en difficulté

Afin d’augmenter la capacité d’implémentation, je recommande une approche qui combine les aspects “top-down” et “bottom-up“.

Assez souvent, les entreprises appliquent une ou l’autre approche, mais une combinaison adaptée au contexte de votre entreprise permet un meilleur retour. Les retours “bottom-up” de l’opérationnel permet de comprendre et adapter sa stratégie selon les réalités du terrain.

Cette approche permet un meilleur choix des options stratégiques ainsi qu’une adaptation constante et presque en temps réel.

Il y a plusieurs moyens permettant d’obtenir cet équilibre sans tomber dans l’erreur du micro-management, avec une gestion trop détaillée. Si la stratégie tient la route, avec l’indication claire de quelques activités concrètes, dans un langage clair et sans mots ou concepts à la mode, alors les équipes opérationnelles peuvent parfaitement prendre le relais et faciliter l’implementation.

>> Lire plus: Vous pouvez avoir plus de détails sur cette approche et l’infographique correspondante en suivant le lien suivant vers le document d’économie et gestion de 14 pages et presque 4’000 mots et intitulé Comment choisir et implémenter la bonne stratégie d’entreprise. Le lien direct vers mon travail: https://www.debbaut.solutions/fr/choisir-et-implementer-strategie-dentreprise/

Conclusions

Une stratégie d’entreprise ne doit pas seulement exprimer quelques idées, mais aussi le “comment y arriver” soit la partie opérationnelle. Il faudra également garder à l’esprit que toute stratégie d’entreprise possède un élément très important d’intuition. Et surtout, une bonne dose de chance.

Encore, une entreprise devra percevoir la stratégie à la fois comme un un processus créatif et en constante évolution, mais aussi comme une activité de gestion régulière. Les notions de “change the business” et “run the business” retrouvent ici tout leur sens.

Cette manière de faire est donc très orientée sur la pratique, et c’est la seule qui permet de “faire fonctionner” la stratégie.

Finalement, la stratégie c’est toute une affaire.

 

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7 raisons pour lesquelles les chats feraient d’excellents chefs d’entreprise - un article d'inspiration féline par Félix, Zorro, Tache, et moi-même. Elena Debbaut.

Les 7 raisons pour lesquelles les chats feraient d’excellents chefs d’entreprise

J’ai connu un chat.

Un superbe chat: très intelligent, curieux, drôle, et … presque humain. Ce chat, il n’était pas mon chat, mais celui du voisin en face, un chouette jardinier. Le nom du chat variait selon les familles où il allait en vadrouille: Félix, Zorro, ou Tache. Hélas, il est mort très jeune, et vers le plus grand désarroi et tristesse des gens dans le quartier où j’habite.

Un chat unique.

Tout en regardant l’ensemble des photos de ce chat pour une vidéo personnelle, je me suis dit que les chats feraient d’excellents chefs d’entreprise.

Voici pourquoi.

Conseil entreprise - Elena Debbaut - redressement de projet et entreprises en difficulté

Conseil entreprise - Elena Debbaut - redressement de projet et entreprises en difficulté

1. Les chats adorent la routine.

Même si un chat change ses habitudes au gré de ses envies et besoins du moment, les chats adoptent très rapidement une nouvelle habitude.

Si vous observez un chat, vous allez remarquer qu’il regarde partout, exactement aux mêmes endroits, et suit le même chemin. Un chat utilise tout naturellement une sorte de ‘liste de contrôle‘. Mais le processus du chat n’est pas seulement répété, il est aussi optimisé. Il suffit de changer la place de quelques meubles, ou ajouter un nouveau élément, et une fois la surprise de la nouveauté passée, vous allez voir que le chat adapte son processus selon le nouveau contexte ! Et cela, après une très courte période d’observation.

Qui dit mieux ?

De l’Agilité de Processus, mais sans les ‘sprint‘ et les ‘scrum meetings‘.

Le chat sait comment instaurer un processus répétable, agile, et très rapidement modifié selon les changements qui apparaissent dans l’environnement. Les chefs d’entreprise devraient donc s’en inspirer pour créer très rapidement leurs processus, les suivre, et les adapter selon les besoins.

 

Voici pourquoi une entreprise a besoin de processus entreprise fiables - Elena Debbaut - conseil entreprises

Lire l’article: Voici pourquoi une entreprise a besoin de processus fiables.

 

2. Les chats sont très fidèles une fois que la confiance est acquise.

Et si on pense bien, la confiance est la base même de toute entreprise (et encore plus pour un indépendant) qui souhaite exister dans la durée, et pas seulement vivre selon le ‘coup du moment‘ et son lot de magouilles, violation des lois, mensonges, et manipulations. Malgré les fausses croyances, le suivi à la lettre des mauvais exemples dans l’actuelle économie numérique n’est pas une bonne recette pour la longévité et le succès.

Ce n’est jamais facile de gagner la confiance d’un chat, et c’est un peu pareil dans le monde des entreprises. Un chat peut enseigner sur nombreux autres aspects qui sont tous basés sur la confiance:

  • que cela soit sur les méthodes pour fidéliser la clientèle,
  • travailler avec divers intervenants, même ceux en dehors de son cercle d’influence,
  • ou les manières de communiquer clairement pour arriver au but recherché.

L’univers d’un chat est basé sur la confiance réciproque. Il suffit de voir qu’une fois que la confiance est gagnée, le chat reçoit plus de croquettes, plus de câlins, et plus d’attention. Quelle belle illustration des avantages liés à une stratégie basée sur la confiance.

Le chat n’a pas un seul ‘client‘ ou ‘partenaire d’affaires‘ mais plusieurs. Et le chat ne perçoit pas son humain comme une croquette sur 2 jambes; même si quelquefois, c’est possible que cela soit réellement le cas. Pour un chat, son ‘client‘ ou son ‘partenaire d’affaires‘ n’est pas seulement quelqu’un qui est ‘bon à remplir la gamelle‘. C’est plutôt dans une relation de longue durée que les choses s’établissent dans l’esprit du chat. C’est donc dans une collaboration gagnant-gagnant pour chacun.

Alors, les chefs d’entreprise, vous voyez un peu différemment vos clients et vos relations d’affaires ? Investissez dans vos clients et partenaires, gagnez leur confiance et ils vont vous récompenser pendant une longue période.

3. Les chats sont opportunistes et … innovateurs.

Après le mot ‘opportuniste‘ qui a un sens assez négatif dans les cultures latines, ajoutons un mot positif.

Le mot ‘innovation‘ est positif un peu partout dans le monde, et fait encore vendre. Même si avec le développement du télétravail, les séminaires d’entreprise sont partis en fumée, soit à leur vraie destinée. En cette période, les annonces de produits ou services innovants de la part des entreprises sont dorénavant rares, alors il doit y avoir une relation étroite entre l’innovation à but marketing et la fumée.

 

Le pire ennemi de l'innovation est l'envie d'innover à tout prix - conseil innovation opérationnelle Elena Debbaut

Lire l’article: Elena Debbaut: Le pire ennemi de l’innovation est l’envie d’innover à tout prix.

 

Mais revenons à notre chat opportuniste et innovant, tels les véritables entrepreneurs.

En quoi l’opportunisme est toutefois, positif ?

Eh bien, le chat nous apprend qu’il faut utiliser toutes les occasions du moment. Avec un chat, il n’y a ni demain, ni hier, ni après-demain. C’est le moment présent qui compte.

Si un chat veut manger, il trouvera plein de moyens pour y arriver, même si c’est contre sa nature. Comme dans la vidéo suivante: https://youtu.be/BmD47osvbxo où le chat applique une agilité qui va, concrètement, sur les murs. Et en plus, avec les moyens du bord, une implémentation opportuniste très rapide, et une vision axée sur le résultat. Et comme dans la vraie vie, la compétition qui n’anticipe pas la capacité innovante d’une opportunité ne fait que … courir après.

Le chat est toujours à l’affût de tout. Il est constamment en alerte, pour capturer toute nouvelle opportunité qui se présente à lui. Ce n’est pas un chef d’entreprise qui se repose sur ses lauriers.

4. Les chats se méfient de la compétition.

Les chats surveillent leur terrain jour et nuit; comme si un autre chat veut le reconquérir.

Et ils ont bien raison.

Le chat lui, maîtrise très bien la notion de ‘part de marché‘ et fait tout pour garder son terrain sans aucune autre influence. Surtout ne rien laisser aux autres. Si quelques autres visiteurs sont tolérés pendant un court passage ou au gré des alliances, c’est plutôt l’exception.

S’il pouvait voter, le chat serait contre toute immigration de masse et pour les bonus illimités.

D’ailleurs, le ‘système malus‘ basé sur la punition ne fonctionne pas avec un chat. La règle du chat est simple: tout pour soi-même, et préférablement, à 100%. Aussi, puisque la punition et le malus ne marchent pas très bien sur le chat, donc ne l’appliquez pas non plus sur vos collaborateurs, clients, ou partenaires d’affaires.

Conseil entreprise - Elena Debbaut - redressement de projet et entreprises en difficulté

Le chat a très bien compris que le modèle économique de monopole marche très bien. Alors si même un chat a compris cette notion … il ne faut plus s’étonner pourquoi une entreprise devrait se développer vers le statut de monopole pour réussir. C’est la nouvelle stratégie du moment; mais les chats la connaissent depuis longtemps, eux.

Seul bémol à ce tableau idyllique pour les chefs d’entreprise: la surveillance de son marché demande de l’investissement. Beaucoup d’investissement même; et sans compter ses heures, ni ses efforts pour la surveillance de son marché contre les vols illégaux de toute sorte. Le prix de l’entrepreneuriat, notamment au niveau personnel, est d’ailleurs très grand.

C’est donc assez loin de la vision idyllique de l’entrepreneuriat et les diverses ‘formations start-up‘ enthousiastes et pas toujours pratiques. Pour info, l’outil d’analyse PESTLE doit être utilisé par tout entrepreneur qui se respecte. Il faut toujours suivre les changements dans les environnements politique (P), économique (E), social (S), technologique (T), légal (L) et environnemental (E).

Malgré les outils à disposition et les analyses, ou la stratégie juste parfaite en théorie, la réalité du terrain pour un chef d’entreprise est considérablement moins glorieuse en pratique. Une fois que vous discutez avec ceux et celles qui ont réellement crée une ou plusieurs structures qui fonctionnent tant bien que mal, alors les envies d’entrepreneuriat se font plus rares. Mais ça, c’est le sujet d’une autre publication.

5. Les chats prennent des risques.

Aidé par une curiosité et agilité naturelle, le chat assume quelques risques calculés pour entrer et visiter plein d’autres maisons, et connaître des nouvelles personnes qui peuvent offrir quelques opportunités intéressantes. Pareil pour sauter et attraper sa proie. Ou savoir ‘réseauter‘ et garder toujours les bonnes relations avec celui ou celle qui peut ouvrir la porte de l’immeuble. Le fait de garder les bonnes relations et connaître du monde est une prise de risque ? Oui, surtout dans un marché comme la Suisse.

Encore une belle leçon pour les chefs d’entreprise, et particulièrement pour ceux actifs sur le marché Suisse qui hésitent tellement longtemps, que les diverses opportunités passent littéralement, sous leur nez. Voici quelques exemples:

  • Un processus de sélection pour un candidat ou un fournisseur qui est étalé sur 5 à 11 mois avec trop de vérifications inutiles ? Le candidat ou le fournisseur est déjà loin et travaille avec une autre entreprise.
  • L’évaluation d’une décision stratégique avec peu de risques majeurs, relativement peu d’investissement, et à grand potentiel ? Retarder de 2 à 3 ans cette décision et c’est la mort assurée parce que la compétition, elle, a fait le choix d’une implémentation rapide en seulement quelques mois à l’étranger.
  • L’implémentation opérationnelle d’une stratégie d’entreprise présente quelques problèmes ? Il suffit alors de prendre un raccourci et apprendre comment arriver plus vite et plus loin que sa compétition en faisant appel à quelques services de conseil en entreprise, au lieu de tout tenter à faire soi-même et mal investir ses efforts.

Le chat n’a pas peur de l’échec. S’il se plante, il apprendra de son erreur, et recommencera pour atteindre son objectif.

Et même si un chat se plante parfois dans ses envols, au moins il a essayé.

Il a pris un risque.

C’est d’ailleurs la nature même de l’entreprenariat. Prendre des risques. Prendre des risques avec d’autres entreprises. Prendre des risques avec les futurs collaborateurs ou partenaires. Prendre des risques avec son argent. Prendre des risques stratégiques. Même si, dans quelques situations, on se plante de manière hilarante, comme dans la petite vidéo suivante: https://youtu.be/hwSW_YKAJzM?t=27.

 

Qualités recherchées par les fond d'investissement PE pour les fondateurs d'entreprise - Elena Debbaut

Lire l’article: Les qualités recherchées pour un fondateur d’entreprise.

 

6. Une jolie musette, cela aide. Même beaucoup.

Une jolie musette ouvre plein de portes.

Littéralement.

Et même sans bouger la moustache.

Mais il faut aussi avoir un bon caractère, du professionnalisme, et délivrer. Les chats sont toujours dans une sorte de culture d’entreprise ‘work hard, play hard‘ soit un travail intense et sans limites, suivi de période de repos correspondante.

La beauté est seulement un bonus naturel, et rien de plus.

La beauté, l’intelligence, le travail de qualité et l’amusement peuvent très bien aller ensemble. La seule condition pour que ce mélange résiste c’est de ne pas compter ses efforts du travail, tout en restant éthique et fiable.

La beauté seule, ou l’intelligence seule ne sont pas toujours suffisants. Mais ajouter un bon travail, un haut degré d’éthique et fiabilité, des relations gagnant-gagnant, et voici la voie royale pour gagner et surtout garder, une excellente renommée.

7. Le chat a sept vies ? Pas toujours, mais peu importe.

Le chat a une courte espérance de vie.

Il peut mourir très vite, de manière inattendue.

Et c’est un peu similaire avec la durée de vie des entreprises. C’est d’ailleurs assez rare que son existence dépasse les 30 ans. En pratique, la durée moyenne de la majorité des entreprises se situe dans les 7 à 12 années, un peu identique à la durée de vie moyenne des chats. Même une grande entreprise vit moins longtemps que nous, selon quelques statistiques de McKinsey, si bien expliquées par Stéphane Garelli professeur à l’institut IMD en Suisse Romande.

Mais une courte durée de vie n’empêche pas le véritable entrepreneur de créer une autre entreprise, et aidé par l’expérience, encore meilleure que les autres et avec plus de chances de succès. Sauter plusieurs obstacles, plusieurs fois par jour. Échouer. Recommencer. Vivre le moment. Répéter jusqu’à l’excellence.

Les chats maîtrisent à merveille tout cet ensemble.

L’entrepreneur et le chat se confondent. Pareil comme un chat, le véritable chef d’entreprise adore ce qu’il fait. Les deux sont très enthousiastes et se donnent à fond. Il n’y a aucune demi-mesure. Sur un ‘deal’ intéressant, ou une transaction d’affaires qui peut être conclue rapidement, le chat n’hésite pas. Et le véritable chef d’entreprise non plus. Les deux adorent un travail bien fait et les bons moments de repos. Les deux, croquent la vie à pleines dents. Totalement.

Conclusions

J’ai gardé pour la fin la meilleure qualité d’un chat.

Le chat est très bon pour ‘vendre‘.

Souvent, les entreprises qui ont des bons produits et services n’ont pas toujours de bons vendeurs. La vente est souvent le point faible de telles entreprises et les communications à but marketing sont un peu délaissées. En même temps, puisque la vente est une qualité essentielle à toute entreprise, voyons voir comme le chat procède.

Comme vendeur, le chat est excellent pour ‘chopper‘ son client.

Il se met littéralement, en quatre, vocalise gentiment, fait des grands yeux ronds, et se tortille dans tous les sens pour atteindre son ‘objectif‘ de croquette ou la tranche de jambon. Son secret de réussite ? Le chat est sincère. Le chat ne regarde pas ailleurs mais reste concentré avec son humain, et il ne perd rien des yeux. Il vit dans le moment, et même si son objectif est atteint, il ne quitte pas pour aller ailleurs. Si seulement on pouvait avoir toute une équipe de chats-vendeurs, alors n’importe quelle entreprise pourrait se développer dans un délai plus court. Par contre, comme vendeur, je déconseille d’aller frotter la jambe de son client … ou cliente.

Au final, le chat fait preuve de bon sens, ainsi qu’une quantité de stratégies intelligentes. Ce n’est pas étonnant que les égyptiens des pyramides le considéraient comme une ‘déité‘.

Le chat, lui, n’est jamais allé à l’école, ne suit pas de formation continue, n’a pas de profil LinkedIn, ne suit jamais la mode, et pourtant, il excelle pour développer et gérer ses affaires. Et tout comme un chef d’entreprise, il est seul aux commandes. Quel sacre personnage. Et il fait tout de manière naturelle.

Ça, c’est vraiment toute une affaire.

Miaou.

 

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