http://www.bom.gov.au/climate/current/month/aus/summary.shtml?
Climat
Laissez nous parler du climat! Nous devons assurer notre avenir!
J’ai découvert avec grande surprise un email d’Amnesty International concernant les droits de l’Homme en Suisse. Apparemment, parler du climat dans ce pays pourrait être qualifié de terrorisme.
Amnesty International répertorie les atteintes aux droits de l’Homme partout dans le monde, tente de défendre les prisonniers d’opinion, les victimes de torture et d’assassinat politique. Cette organisation est extrêmement fiable. Je signe parfois des lettres pour la défense de personnes enlevées, torturées, intimidées à des nombreuses reprises pour leurs opinions politiques ou pour avoir dénoncé des faits se produisant dans leur pays. De nombreux militants écologistes alertant sur la pollution sont menacés, certains assassinés. En Russie, des candidats politiques de l’opposition ont été assassinés, ainsi que les journalistes qui ont rapporté ces meurtres. En Chine, toute opposition politique est généralement étouffée par la prison (site d’Amnesty International).
J’ai donc eu un choc à découvrir un courrier d’Amnesty International qui alerte sur les droits de l’Homme des activistes du climat en Suisse. Aujourd’hui, moi, ici, je pourrais être menacée ? Parler du danger que représente le climat pour la vie humaine pourrait être qualifié de terrorisme en Suisse? Le droit d’expression disparaîtrait-il dans ce pays? Je crois au contraire qu’il est trèst utile de parler du climat, que l’activisme a une place réelle dans la société.
Le changement climatique est extrêmement grave, il constitue le plus grand danger pour l’Humanité selon l’ONU. De milliers d’événements liés au changement climatique se produisent chaque année. Qui en rend compte? Je tente de les suivre à titre bénévole. L’ Organisation Météorologique Mondiale dispose probablement d’un scientifique, d’une formation et d’une capacité de travail similaire à la mienne, pour la tenir à jour des catastrophes de l’année liées au climat, alors que des milliers d’événements arrivent chaque année.
Les journaux rapportent des faits liés au climat s’ils en ont connaissance. Cependant, ils dépendent fortement de leurs propriétaires, des contrats de publicité et des envies des lecteurs. Nous devrions récompenser une information de qualité, et nous abonner aux journaux informatifs.
Les chercheurs universitaires sont extrêmement spécialisés, et aussi très occupés. Leur travail inclut l’enseignement, les examens, la supervision des recherches menées par des doctorants, d’autres tâches bureaucratiques. Face au danger du climat, ils ont tenté d’alerter les autorités pendant des décennies. Ils se sont rendus compte que personne ne les écoutait, soit parce que leur discours était trop compliqué, trop orienté sur les détails, soit parce qu’il faut des professionnels de la communication pour faire passer un message et pour faire changer les habitudes. J’accuserai aussi une certaine incrédulité, avec laquelle je me réveillais certains matins, ne me croyant pas moi-même. Elle est désormais révolue car le climat dans lequel je vis aujourd’hui diffère vraiment de celui de ma jeunesse. Aujourd’hui, les gouvernements disposent de synthèses du travail détaillé de milliers de scientifiques.

Nous n’avons pas tout prévu. Les maladies actuelles des forêts n’ont pas été suffisamment anticipées, peut-être parce que les prévisions ont été basées sur un réchauffement plus modéré, sans vagues de chaleur au printemps. Les conséquences du climat se produisent plus vite que prévu, certains événements seuil se déclenchent plus vite. Nous sommes à l’aube d’événements très graves. Il faudrait une sérieuse surveillance du changement de la météo partout dans le monde, et des changements observés dans la Nature, l’agriculture, et la santé humaine.
Il a assez peu de chercheurs en climatologie, météorologie ou mitigation du changement climatique en Suisse. A plusieurs reprises, des institutions officielles que je tentais d’interroger m’ont répondu qu’ils ne travaillent pas sur les sujets qui me paraissaient essentiels. Certains champs de connaissance restent ignorés car il n’y a personne à l’Université capable d’attirer l’attention sur l’importance de cette discipline. Les professeurs sont d’ailleurs très spécialisés et ne sont ni formés ni engagés pour communiquer l’urgence du changement climatique. Pour cela, il faudrait peut-être un organe officiel de surveillance du climat d’au moins dix scientifiques qui surveilleraient le climat actuel et les risques annoncés. la moitié surveillerait la météo du présent, l’autre moitié se documenterait sur les diverses prévisions des climatologues. Ils pourraient ainsi recouper les événements et les modèles.
Personnellement, ayant une formation de chercheuse en sciences et une expérience de recherche universitaire, je vois la nécessité d’au moins dix groupes de recherche différents qui étudieraient des aspects négligés du climat et des solutions naturelles aux réchauffement, d’enrichissement du sol en carbone (en plus de l’organe de surveillance).
Dans de nombreux pays, les recherches dont les conclusions déplaisent au gouvernement ne sont simplement pas financées, elles ne sont donc pas commencées. A tout poste, il vaut mieux dire ce qui est approuvé par le supérieur, et cela occupe l’essentiel du temps de travail.
Une des conséquences est que les armées sont peu informées sur les risques climatiques, l’armée chinoise par exemple semble les ignorer. Aux Etats-Unis, où, les responsables des agences spécialisées sont actuellement remplacés par des ‘climate deniers’, des professionnels de la désinformation climatique, l’ignorance pourrait se répandre rapidement (Desmog), et mener à des projets irréalisables.
D’immenses sommes ont été investies dans le déni climatique par les entreprises pétrolières. La compréhension du climat par le public est biaisée par cette propagande. Les personnes conscientes des risques doivent parler du climat pour permettre au public de réaliser à quel point notre avenir est menacé. De nombreux scientifiques honnêtes et conscients s’engagent d’ailleurs pour le climat et pour faire comprendre l’urgence et la gravité du problème.
Les organisations écologiques fonctionnent parfois à l’échelle internationale, elles incluent des analystes et des professionnels de la communication qui leur permettent de comprendre l’importance et les implications du problème et de le transmettre au public. Elles sont parfois mieux informées de l’ensemble du problème que le professeur qui étudie en détail le permafrost de haute montagne ou celui qui suit le lynx du Jura. Le travail très spécialisé des chercheurs gagne à être replacé dans le contexte général.
Dans une ambiance d’honnêteté et d’ouverture, notre société peut identifier les problèmes et mettre en place les solutions. Les conséquences du changement climatique de produisent plus vite que prévu (Michael Mann). Les alarmistes pourraient bien avoir raison sur le climat et leur contribution à la sécurité des populations pourrait se révéler essentielle.
Image de couverture par Pawel Grzegorz de Pixabay
En août, un vent violent a causé d’énormes dégâts en Iowa, Etats-Unis
L’Iowa devasté
L’état de Iowa aux Etats-Unis a été balayé par un vent très fort les 10 et 11 août 2020. Sa vitesse dépassait les 100 km/h, parfois les 200 km/h
Plus d’un million de foyers a subi des coupures d’électricité. La tempête a cassé et déraciné des arbres, les projetant sur la route et sur des bâtiments, et arraché des pylônes et des toits de bâtiments. Le vent a fait voler des camions, les routes étaient encombrées de débris divers et impraticables pour les secours.

Des milliers de personnes se sont retrouvés sans abri, à cause de la destruction de leurs maisons, et campaient au mieux de décombres, sans qu’aucune aide ne puisse leur parvenir par les routes bloquées par les débris. L’Iowa a vécu quelques jours dans le monde d’après l’effondrement: pas d’électricité, pas de transports, pas d’approvisionnement et pas de secours de l’Etat.
Les récoltes ont subi d’importants dommages, 66% des cultures ont été perdues. La tempête a généré 17 petites tornades. Il ne s’agissait pas d’un ouragan, mais d’un souffle très fort, qui a traversé l’Etat en ligne droite, appelé ‘Derecho’.


Le réchauffement favorise ces phénomènes
Cette très large ligne d’orages balaye une région étendue. Dans ce cas, l’air arctique frais a rencontré de l’air subtropical venu du golfe du Mexique (exceptionnellement chaud cet année lien) ce qui a entraîné la formation de nuages épais et de très forts orages. Ces phénomènes deviennent plus fréquents, apparaissent par exemple à la suite d’une vague de chaleur. Les fronts chauds et humides responsables de cet événement surviennent de plus en plus souvent (Michael Mann).

Le réchauffement apporte des vents destructeurs
L’augmentation des températures forme les masses d’air extrêmement chaud et humide qui ont provoqué ce phénomène atmosphérique. A mesure que les températures montent, des courants brûlants, plus chargés de vapeur d’eau pourraient provoquer la formation de nuages plus épais et de tempêtes plus importantes. Cela arrivera-t-il souvent? Le vent va-t-il arracher nos arbres, nos bâtiments, et jusqu’au souvenir de notre existence de la surface de la Terre?
Nous avons absolument besoin d’arbres pour lutter contre la chaleur et pour éviter l’aggravation du changement mais à certains endroits, il vaudrait peut-être mieux les tailler pour éviter qu’ils ne tombent sur les bâtiments.
Il faudrait établir un modèle basé sur les événements graves comme celui-ci, explorer l’hypothèse que ces vents se multiplieront avec le réchauffement, et prévoir les dégâts qu’ils pourraient occasionner. Un tel modèle pourrait être rapidement vérifié si des tempêtes semblables se produisent par la suite. Nous devons mieux connaître les risques auxquels le changement climatique nous expose. Combien d’arbres pourrait-il casser, combien de toits ou de pylônes seraient arrachés, combien de bâtiments seraient détruits? Alors seulement, nous commencerons à réaliser ce que nous avons provoqué.

Images Jessika Steen, Facebook
Autres images et détails dans Wikipédia
Les semaines passées ont apporté des records de chaleur et des feux dans l’Ouest des Etats-Unis, des pluies torrentielles en Afrique, des vagues de chaleur étranges en Arctiques. ‘ Certains événements étaient quasiment impossibles sans réchauffement causé par l’Homme’ Sonia Seneviratne ETHZ. Le changement climatique a causé de nombreuses vagues de chaleur, des ouragans et des cyclones, et des pluies torrentielles cette année (article Reuters).
Plus d’une centaine de tornades aux Etats-Unis le dimanche de Pâques 2020
Le CO2 atmosphérique a atteint un nouveau record de 414 ppm en juillet 2020
Effet de serre record et chaleur en juillet 2020
Le CO2 atmosphérique atteint des niveaux records, En juillet, sa concentration est montée à 414 ppm (Organisation Météorologique Mondiale rapporté par Reuters). Cette quantité élevée de gaz carbonique dans l’atmosphère rend immédiatement la Planète plus chaude. Dès que la quantité de CO2 s’accroît, la Terre absorbe plus d’énergie solaire, et sa température augmente. L’effet ressenti à différents endroits varie selon les conditions météorologiques, les océans absorbent une partie de la chaleur, mais, logiquement, le mois de juillet 2020 a été chaud. C’était le 2ième mois de juillet le plus chaud de l’Histoire après juillet 2019 (James E. Hansen, monthly temperature update).
Cet effet de serre record a provoqué entre autres la fonte record des glaciers alpins cette année, les vagues de chaleur totalement incroyables en Sibérie, la fonte importante des glaces Arctiques, et de grandes inondations en Afrique (Reuters, AA).
Ces événements diffèrent de plus en plus de la météo connue, et certains, notamment la vague de chaleur en Sibérie, ne se seraient pas produits sans réchauffement climatique (Sonia Seneviratne, World Weather Attribution).
Le Sud-Ouest des Etats-Unis a subi une vague de chaleur interrompue pendant au moins 50 jours. Elle a débouché sur une immense sécheresse, de nombreux éclairs d’orages violents ont allumé d’immenses feux de forêts, qui ont obscurci le ciel de San Francisco et l’ont plongé dans une nuit enflammée, comme c’est déjà arrivé à Sydney il y a quelques mois. Des résidents de certaines villes étaient évacuées par hélicoptère, l’Oregon craignait hier une mortalité massive due aux incendies de forêt. Le Prof. Michael E. Mann ainsi qu’Al Gore imputent ces feux aux réchauffement climatique. D’immenses incendies déclenchés par de nombreux éclairs sévissent aussi en Sibérie et Arctique.
Les récoltes sont mauvaises ou totalement détruites à plusieurs endroits de la Planète. Des dizaines de petites tornades sont apparues sur les grands lac Canadiens, 42 en un jour. A d’autres endroits des rangées de tornades apparaissent sur la mer. Ces trompes d’eau peuvent devenir très destructrices en touchant terre. Ces phénomènes pourraient s’intensifier.
Si l’effet de serre augmente encore, il peut immédiatement apporter des catastrophes plus graves, des vents destructeurs, des nuées de tornades, des vagues de chaleur mortelles. Des catastrophes nouvelles, sans précédent, pourraient se produire l’été prochain. Comme le déclarait le président du GIEC l’année passée (lien), nous ne sommes plus en sécurité. Un grave cataclysme peut nous frapper l’année prochaine ou dans deux ans. Nous devons immédiatement diminuer les émissions de carbone.
Nous devons réduire les émissions de carbone de 7,6% par année
L’été 2020, brûlant et tropical
Feux de Forêts
Cet été a apporté des feux de forêts immenses en Sibérie, frappée par des vagues de chaleur dès le printemps. Greenpeace alertait sur ces incendies en 2018 déjà, et ils sont de plus en plus étendus. Le WWF alerte aussi sur des nombreux feux de forêt en Amazonie (lien WWF).
Etats-Unis: Vagues de chaleur, Vents forts
Les Etats-Unis ont été touchés par des intempéries. Une vague de chaleur persistante dans le Sud-Ouest étouffe la région depuis 50 jours. Ca fait presque deux mois que les températures à Phénix, Arizona, ne sont pas descendus en dessous de 110 Fahrenheit, 43°Celsius. La durée de ce phénomène est nouvelle. Les climatologues avaient prévu que le réchauffement climatique amènerait des vagues de chaleur longues et persistantes, et cela semble se vérifier. Des forêts millénaires s’embrasent, l’électricité est coupée alors que la chaleur est dangereuse pour la vie humaine.
Le Mississippi a subi de graves inondations, la Californie a été touchée par des orages immenses . Une tempête au vent très fort, le Derecho, a déferlé sur l’état de l’Iowa et a provoqué de nombreuses destructions, arbres cassés tombant sur la route ou les maisons, toits arrachés, électricité coupée, bâtiment qui s’effondre sur un autre, tôle ondulée qui vole, et perte des récoltes agricoles.

L’ouragan Laura, favorisé par les eaux extrêmement chaudes du Golfe du Mexique (Michael Mann), a provoqué des inondations des côtes. Selon lui, le changement climatique dû aux combustibles fossiles provoque des inondations sans précédent, des vagues de chaleur, des sécheresses, des feux et des ‘superstorms’, des tempêtes et ouragans géants.
Dès le printemps aussi, le delta du Mékong voyait des températures de plus de 40°C. Il a subi une importante sécheresse.
Inondations
J’ai une liste non-exhaustive, non officielle de fortes inondations, souvent sans précédent: Au cours de cet été, elles se sont produites en Corée du Sud, au Japon, en Indonésie, au Bangladesh, en Chine, au Vietnam, au Népal, en Inde, au Pakistan, en Afghanistan, en Russie, en Turquie, en Arménie, en Géorgie, en Iran, à Oman, en Arabie Saoudite, à Palerme Italie, en Australie, au Mississippi, au Mexique (vidéo par SOTT, ), en Espagne. Ces inondations sont graves, des rivières furieuses profondes de 2-3 mètres déferlent dans les rues et sapent des maisons, dont certains s’écroulent.

Glissements de terrain
Lors des pluies intenses, des glissements de terrains importants se sont produits au Myanmar et en Afghanistan où ils ont fait plus de 100 morts, en Chine, au Japon, en Inde (SOTT, lien, Chine).
Foudre
Des tempêtes avec des très nombreuses foudres, (par exemple plus de >300’000) ont été rapportées en Californie, à Washington, et en Australie.
Tornades
Des nombreuses tornades et ‘funnels’ au Canada, à au moins quatre endroits différents, une tornade en Pologne. La grêle a détruit des récoltes en Italie, il a neigé dans les Andes et en Afrique du Sud, et des nuées de sauterelles saccagent l’Afrique de l’Est et jusqu’à la Chine.
Suisse
En Suisse, il y eu plusieurs forts orages causant de petites inondations. Un orage aux vents étrangement forts a cassé des dizaines d’arbres à Genève et le toit du centre commercial de Crissier. Les températures élevées durant tout le mois de juillet ont provoqué la fonte des glaciers, et des pertes très importantes de la masse glaciaire . Le glacier Turtmann s’est fendu en 2. Les températures actuelles ne permettent pas de réparer ces pertes, et les ruptures de lacs glaciaires menacent de plus en plus (Organisation Météorologique Mondiale).
Conclusions
Il est essentiel de prendre note de nouveaux phénomènes météorologiques et de pouvoir anticiper un peu notre avenir climatique. Comme l’a dit l’organisation Météorologique Mondiale, nous sommes déjà entrés en territoire inconnu et des phénomènes inconnus peuvent se produire à tout moment. Ils iront en s’aggravant.
Ne relancez pas la consommation! Contentons nous de peu!
Me tromperais-je beaucoup en disant que l’économie mondiale de ces dernières dizaines d’années est basée sur le mensonge que tout va bien, et de mieux en mieux? Toute nouvelle inquiétante peut provoquer une panique, une crise boursière et économique. Toute inquiétude, tout danger réel, tels que le changement climatique ou l’épidémie sont sous-estimés, cachés. Dès que le public prend conscience qu’une entreprise court des risques, ses actions sont vendues et elle perd de la valeur. Le futur de toute notre économie est très incertain, et sa valeur réelle, prochaine, est probablement bien inférieure aux chiffres officiels.
Je suis choquée d’entendre que le gouvernement français veut relancer la consommation. Il veut pousser les Français à consommer, à acheter plus? Depuis des années, ils injectent de l’argent dans des entreprises déficitaires pour maintenir des productions souvent inutiles et nuisibles. Or nous courrons d’immenses dangers à cause du réchauffement climatique (lien) (lien), nous devons le limiter fortement, et nous devons dès maintenant réduire les émissions de carbone de la Terre de 7,6% par année (lien).
J’ai lu avec ma fille ‘la petite maison dans la prairie’. Nous connaissons tous cette histoire de vie simple, quasiment en autarcie dans la nature. Le papa plantait les aliments pour toute l’année, et parfois fabriquait un meuble dont la famille avait besoin. Pour leur survie, les paysans devaient prévoir des aliments pour tout l’hiver, les semer, les cultiver, les soigner, les récolter, les économiser et les gérer.

Notre civilisation est aux antipodes. Nous sommes très occupés et à gérer de très nombreux objets. Nous devons constamment dépenser pour faire travailler les restaurants et les entreprises de loisirs, et c’est encore un moindre mal par rapport aux achats d’objets polluants et de voyages par avion. Le sentiment de sécurité qui engendre cette hyper-consommation est un leurre total. Il est basé sur de nombreux mensonges, sur le climat, sur l’innocuité de certains produits, sur les conditions de production, sur leurs conséquences pour notre avenir. Il y a plusieurs raisons différentes qui montrent que le système actuel basé sur la croissance ne peut pas continuer indéfiniment, et qui provoqueront sa rupture bientôt.
Lors de l’épidémie, certains ont eu le réflexe de faire des réserves de nourriture pour quelques mois. Ces mouvements de panique tant décriés sont peut-être normaux et habituels pour les humains, et notre mode de vie dépensier et hyper-consommateur pourrait constituer peut-être une exception dans l’Histoire.
Les gouvernements ont absolument tort d’encourager la consommation. Ils devraient faire tout le contraire. Ils devraient nous encourager à acheter moins. Il faudrait dire la vérité sur le climat, sur la pollution, sur la perte de biodiversité et sur leurs conséquences, que nous entrevoyons seulement. Ils devraient dire la vérité sur le risque, et l’encouragement à la consommation d’objets polluants devrait être jugé crime contre l’Humanité. Il faudrait peut-être supprimer la publicité, les encouragements à la production et à la vente d’objets polluants, mettre des critères de qualité à la production. Un mode de vie raisonnable consommant ‘une planète’ pourrait être enseigné à l’école. On pourrait payer une taxe au points en amenant des objets à la décharge, la mauvaise qualité coûterait alors trop cher.
Un tel changement serait difficile à mettre en place du jour au lendemain. Il faut penser et mettre en place une économie qui ne s’écroule pas dès que nous cessons de jeter l’argent par les fenêtres. Il faut réduire graduellement la consommation, le nombre d’objets achetés, en privilégiant la qualité ou d’autres façons. Je vous en prie, inventez cette économie maintenant!
Comme la productivité humaine a énormément augmenté depuis le Moyen-âge , il faudrait logiquement baisser le temps de travail, faute de quoi nous acquérons beaucoup plus de choses. Et j’ai vraiment l’impression que la machine s’est emballée, nous achetons et nous jetons de plus en plus vite. Il faudrait apparemment baisser le temps de travail à neuf heures par semaine pour éviter la surproduction et la consommation. Ainsi la majorité de la population pourrait occuper des emplois utiles, au lieu de s’employer au commerce, à la publicité et à la communication commerciale. Si tout le monde ne s’ingéniait pas à vendre, nous n’aurions peut-être tout simplement plus envie d’acheter autant.
Il est de notoriété publique qu’il est quasiment impossible de trouver un emploi après quarante ans. Peut-être faudrait-il inscrire cet état de fait dans la loi et octroyer des retraites à quarante ans, éventuellement à choix, plutôt que de pousser les quadragénaires à ouvrir des magasins d’objets plastiques encore plus voyants que les précédents? Le fait est qu’il n’y a pas assez de travail essentiel pour tout le monde, mais travailler douze ou quatorze heures par jour jusqu’à la quarantaine et être recraché par la machine après n’est pas la bonne solution. Selon une vidéo Facebook non vérifiée, la Belgique dépense plus pour les dépressions et les burn-out que pour l’assurance-chômage, sans parler d’encouragements aux entreprises. Les enfants devraient avoir le temps de jouer, les jeunes des moments pour le bien-être, le sport et même pour les relations humaines et les loisirs, les trentenaires devraient passer du temps avec leurs enfants. Une diminution du temps de travail profiterait à tout le monde.
Dans certains secteurs des emplois additionnels seraient très utiles, dans la santé ou dans la lutte contre le changement climatique. Face à l’effondrement prévisible et prévu, un Green New Deal solide, proposant de nombreux emplois utiles semble une excellente solution, mais il devrait progressivement s’étendre à proposer des emplois essentiels et utiles à la majorité de la population. La diminution du temps de travail s’impose aussi comme une évidence.
La richesse provoque le réchauffement climatique
Le président du GIEC en 2019 et les banques centrales
Nous devons réduire les émissions de carbone de 7,6% par année
Les nuits tropicales nuisent aux plantes cultivées
Il y a un quart de siècle, nous faisons souvent des grillades les belles soirées d’été. A Lausanne, il fallait se munir au moins d’un pull, et en fait cela ne me suffisait absolument pas, la température devait descendre à environ 10 degrés et je regrettais ma veste d’hiver lors de ces longues soirées dehors.
J’y repensais en marchant à Lausanne un soir d’août, dans une touffeur tropicale, onirique. Je n’arrive pas à croire qu’il fasse si chaud ici, alors que je transpire constamment, que les arbres sèchent sur pied et que la saison de végétation des fruits et des légumes avance.
Les températures de toute la Planète augmentent, et la température de nuit s’accroît plus vite que celle des jours.
Les effets sur la végétation pourraient être plutôt négatifs La lumière du soleil permet aux plantes de fixer le CO2 et de produire de la matière, par exemple des feuilles et des graines. La nuit par contre, les plantes respirent comme nous, et consomment leurs réserves. De plus, l’augmentation de la température pourrait augmenter la transpiration et accélérer le vieillissement des feuilles.
L’augmentation de la température de nuit d’un degré diminue d’environ 6% le rendement du blé et du riz. Les températures élevées au printemps sont même plus délétères pour le blé.
Les graines des céréales sont plus petites, le pollen de certaines plantes est moins bien formé, alors certaines plantes sauvages pourraient disparaître, faute de pollen.
Je crois que les modèles actuels des effets du changement climatique n’incluent pas le réchauffement nocturne. Les récoltes pourraient diminuer plus vite que prévu.
La restauration des forêts défrichées sauve le climat et la biodiversité
Les forêts tropicales sont un immense réservoir de carbone et doivent le rester. Elles subissent malheureusement des nombreuses atteintes de l’Homme. Mais celles-ci ne sont pas irrémédiables.
Une étude établit que la reforestation est possible en Asie du Sud-Ouest à grande échelle. Ils estiment que 121 millions d’hectares pourraient s’y prêter, et capter jusqu’à 3,4 gigatonnes de carbone par année dans cette région. Ils suggèrent de reforester les parcelles proches des forêts existantes, qui ensemenceraient naturellement les terres défrichées.
Certaines terres sont actuellement exploitées par des petits agriculteurs. Les scientifiques suggèrent aussi de les intégrer à ces projets par l’agro-foresterie ou la plantation d’arbres payée (Zeng, phys.org).
La jungle tropicale peut devenir un puits de carbone important. Une étude internationale en Asie du sud-Ouest montre que la restauration des forêts tropicales abimées leur permet de redevenir des puits de carbone et des havres de biodiversité. Les terres dégradées où une forêt repousse spontanément accumulent jusqu’à 2,9 tonnes de carbone par hectare par année dans leur partie aérienne: dans leurs troncs, leurs branches et leurs feuilles.
La quantité réelle est plus élevée, je dirais que près de la moitié de l’arbre est composée de racines, ce qui pousserait à doubler le chiffre indiqué, et de plus la présence d’arbres, et de leur frondaison sans cesse renouvelée, évite la dégradation du sol et l’enrichit en carbone des feuilles et de leurs minuscules prédateurs.
La reforestation active, telle que la plantation d’arbres, et désherbage autour des jeunes plants accélèrent la repousse de la forêt, et augmentent le gain de carbone dans la partie aérienne de 2,9 à 4,4 tonnes de carbone par hectare par an. Une forêt peut ainsi s’élever en quarante ans (phys.org).
L’Asie du Sud-Est est très petite. La plupart des autres continents, l’Australie et l’Afrique, ont un potentiel de reforestation encore plus élevé. L’Amérique du Nord pourrait aussi considérer la création de grandes forêts sur les terres dégradées par l’agriculture et asséchées par le changement climatique. C’est une priorité absolue. La reforestation doit être développée à grande échelle maintenant, avec toutes les aides et les encouragements existants, avant que les forêts existantes ne meurent et ne nous entraînent dans une spirale de réchauffement mortelle. Une végétation abondante tempère le climat d’une région et aide à la survie des forêts existantes.
Image par bere von awstburg de Pixabay
Les plantes de couverture enrichissent le sol en carbone
Les sols de la Planète perdent du gaz carbonique, qui s’échappe dans l’atmosphère et augmente l’effet de serre. Le sol est un important réservoir de carbone, qui peut augmenter ou résoudre l’effet de serre.
Certains agriculteurs sèment des plantes de couverture entre les cultures de blé, de soja et de maïs. Elles ajoutent du carbone et de l’azote au sol, le protègent et empêchent son érosion.
Jusqu’à maintenant, seule la partie visible de ces végétaux a été étudiée.
Une équipe scientifique a comparé les bienfaits de diverses plantes de couverture et de leur racines pour le sol. Elle a comparé divers mélanges de triticale, de colza et de trèfle incarnat (crimson clover). Ils étudient l’effet de ces plantations depuis 2011, prélèvent des échantillons du sol et observent l’évolution du carbone du sol au cours des années. Ils ont découvert que l’utilisation de couverture végétale accroît le carbone du sol. Après son utilisation, les cultures de maïs donnaient un meilleur rendement. Les scientifiques ont ont trouvé un mélange optimal de cinq plantes.
Certaines d’entre elles produisent beaucoup de racines, la triticale donne des racines latérales, et les légumineuses enrichissent le sol en azote. Elles évitent aussi la prolifération des mauvaises herbes. Les scientifiques espèrent trouver d’autres mélanges, qui bénéficient aux cultures et à l’écosystème.
Il est absolument essentiel d’enrichir le sol en carbone, et les mélanges de plantes étudiés ici seront certainement utiles. Il faut y ajouter d’autres méthodes, d’autres outils pour ajouter du carbone au sol.

Racines: Image par ArtTower de Pixabay Image 'Grow' Nasah Rwafa de Pixabay
Lien avec photos de l’étude: article phys.org
L’Agriculture a réchauffé la Terre a empêché la prochaine glaciation
Il y a six ou ou sept mille ans, les populations humaines ont développé l’agriculture. Auparavant entourées d’immenses forêts, elles ont défriché, généralement par le feu, des grandes étendues de terre. Ce changement de mode de vie a causé la libération du carbone des arbres et du sol. Le réchauffement qui en a résulté a évité l’arrivée du prochain âge glaciaire.
Les scientifiques ont observé une augmentation de CO2 depuis sept mille ans, et de méthane depuis 5000 ans Dès cet époque, les humains défrichent les forêts par le feu. La culture de riz en rizières, qui émet du méthane dans l’atmosphère, permettrait d’expliquer la plupart du méthane s’ajoutant à l’atmosphère dès cette période. L’élevage des bovins contribue aussi aux émissions de méthane.
Les forêts primitives contenaient autant de vieilles souches de bois tombées au sol que d’arbres vivants (Erb), et les sols surexploités perdent le carbone accumulé par les arbres (dr).
La déforestation à grande échelle de l’Europe a commencé il y a six mille ans, les grands villages d’agriculteurs en Chine datent de sept mille ans, et les rizières se sont répandues en Asie il y a cinq mille ans.
Sans les rizières, l’élevage, et avec des forêts à la place des champs la Terre serait bien plus froide, et une glaciation commencerait au Nord-Est de la Sibérie, dans le Nord-Ouest de l’Amérique et dans l’archipel Canadien, comme à l’époque géologique MIS19 (article).
Ruddiman et Vavrus estiment que notre climat n’est plus naturel depuis deux mille ans. Selon eux, l’agriculture humaine a provoqué la fonte des glaciers, en partie du moins. Nous avons modifié le climat dès cette période, et provoqué le dégel progressif. Comme les glaciers constituent la principale source d’eau douce, nos ancêtres ont initié une fonte qui provoque des sécheresses dans d’importantes zones (phys.org). Il y a des milliers d’années, nous avons arrêté un immense cycle du climat terrestre et nous avons évité la prochaine glaciation.

Les émissions de carbone fossile de ces dernières dizaines d’années ajoutent encore plus de gaz carbonique à l’atmosphère, beaucoup plus vite et provoquent le réchauffement climatique rapide, à l’échelle d’un siècle, que nous subissons aujourd’hui.
Nous devons récréer une partie de la biosphère primitive, des forêts, moins de bovins et d’émissions de méthane. Le CO2 de sources fossiles s’ajoutant à celui du sol et de la végétation, nous ne courrons pas de risques de glaciation mais nous pouvons limiter le réchauffement.
La reforestation de la Terre pourrait, en partie du moins, inverser le cycle et diminuer le niveau de CO2 dans l’air.