Les nuits tropicales nuisent aux plantes cultivées

Il y a un quart de siècle,  nous faisons souvent des grillades  les belles soirées d’été. A Lausanne, il fallait se munir au moins d’un pull, et en fait cela ne me suffisait absolument pas, la température devait descendre à environ 10 degrés et je regrettais ma veste d’hiver lors de ces longues soirées dehors.

J’y repensais en marchant à Lausanne un soir d’août, dans une touffeur tropicale, onirique. Je n’arrive pas à croire qu’il fasse si chaud ici, alors que je transpire constamment, que les arbres sèchent sur pied et que la saison de végétation des fruits et des légumes avance.

Les températures de toute la Planète augmentent, et la température de nuit s’accroît plus vite que celle des jours.

Les effets sur la végétation pourraient être plutôt négatifs  La lumière du soleil permet aux plantes de fixer le CO2 et de produire de la matière, par exemple des feuilles et des graines. La nuit par contre, les plantes respirent comme nous, et consomment leurs réserves. De plus, l’augmentation de la température pourrait augmenter la transpiration et accélérer le vieillissement des feuilles.

L’augmentation de la température de nuit d’un degré diminue d’environ 6% le rendement du blé et du riz. Les températures élevées au printemps sont même plus délétères pour le blé.

Les graines des céréales sont plus petites, le pollen de certaines plantes est moins bien formé, alors certaines plantes sauvages pourraient disparaître, faute de pollen.

Je crois que les modèles actuels des effets du changement climatique n’incluent pas le réchauffement nocturne. Les  récoltes pourraient diminuer plus vite que prévu.

 

 

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Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

11 réponses à “Les nuits tropicales nuisent aux plantes cultivées

  1. En climatologie, on part du principe que la végétation ne consomme pas d’eau mais apporte des pluies, et ça change toute la compréhension du dérèglement climatique
    Depuis plus de 30 ans les vrais climatologues disent bien qu’il n’y aura pas moins d’eau mais une dégradation de la répartition annuelle des pluies : inondations l’hiver et sécheresse l’été, exactement le scénario qui s’installe durablement (depuis 20 ans … ) en France.
    60% de l’énergie solaire qui arrive jusqu’au sol est évacuée grâce à l’évaporation de l’eau (entropie : 2250 joules absorbés par gramme d’eau évaporé), les canicules sont uniquement provoquées par le manque d’eau ou de végétation sur les surfaces exposées au soleil, c’est donc la sécheresse qui provoque les canicules et c’est pour cela qu’il n’y a pas de canicule au dessus des mers et dans les forets !
    f https://www.mediaterre.org/actu,20200810121408,1.html

  2. argument absurde : la majorité des plantes cultivées (riz, mais , … ) se trouvent dans des pays tropicaux !
    De plus, c’est au contraire dans des conditions de froid que les pays européens ont souffert de mauvaises récoltes et de famines !

    1. Avec le réchauffement climatique qui est un sujet très vaste et complexe, les pays européens du Nord devraient voir leur rendement agricole augmenter.

  3. Soyons sérieux. Enfin, pas trop ! Parfois il vaut mieux rire.

    SVP, arrêtez de nous bassiner avec l’augmentation de la température globale ou alors, faites le avec des raisonnements scientifiques avérés et non avec des élucubrations qui ne font qu’apporter des arguments aux négationnistes du climat.

    Bien plus qu’une augmentation de température, c’est une diminution de celle-ci qui est à l’origine de famines et de ses conséquences sociales et politiques.

    En 1783, en Islande, le volcan Laki entre en éruption et, avec lui, sur une quarantaine de km, une centaine d’autres cratères. Plusieurs kilomètre-cube de cendres volcaniques sont envoyées dans l’atmosphère et le nuage ainsi provoqué sort largement de l’Islande. On en retrouve des traces sur toute l’Europe où il est à l’origine d’hivers exceptionnellement longs et froids. Les récoltes de céréales deviennent insuffisantes pour nourrir les populations et la révolte gronde un peu partout. En France, ce ne sera pas une révolte mais bien la Révolution.

    Tout compte fait, je préfère avoir un peu chaud pour griller mes merguez.

    1. Les conditions météorologiques sont un des facteurs susceptibles de contribuer aux changements sociaux, mais ne suffisent de loin pas à les expliquer à eux seuls. L’éruption du volcan Lakagigar, en Islande, du 8 juin 1783 au 7 février 1784, pourrait avoir eu une incidence sur le cours de la politique française six ans plus tard, mais cette question fait encore débat aujourd’hui.

      Les données climatiques pour l’année 1873 en France sont connues: à l’exception du 30 décembre, avec une basse de la température à -19 degrés à Paris, et un printemps froid et tardif, l’hiver 1783 a été doux et humide. L’été a été chaud et même caniculaire, avec une chaleur extrême dans le Quercy le 10 juillet (insolation des champs) et 36,3 degrés à Paris:

      10 février 1783: Orage subit, grêle à St-Romain-sur-Cher (Loir et Cher)Clocher endommagé
      Printemps 1783:Froid et tardif.Très grandes pluies jusqu’à la St-Jean, brouillard fréquent
      24 avril 1783:Gelée très dommageable dans le Quercy
      Eté 1783:Chaud et humide, caniculaire ou médiocre avec une brume sèche persistante (11 juin-31 août)
      Juin 1783:Crue du Lot
      10 juillet 1783:Chaleur extrême dans le Quercy. Insolations dans les champs
      11 juillet 1783: 36.3° à Paris
      27 juillet 1783:Orage de grêle à Cahors
      Automne 1783:Bel automne. Gel dès octobre ?
      30 décembre 1783:-19,1° à Paris(60 cm de neige au sol qui tiendra 3 mois)
      En 1783:Eruption du Laki (Islande)

      Sources: “Prévisions-météo, Almanach 1783, Vincent Huck 23 Juillet 2012 Almanach (https://www.prevision-meteo.ch/almanach/1783).

      Du fait des poussières produites par l’éruption du volcan islandais, qui masquent en partie le soleil, c’est l’hiver 1784-1785 qui se révèle précoce et rigoureux, avant un redoux qui occasionne des inondations et une surmortalité sur le continent. Mais ce phénomène climatique ne suffit pas à lui seul à expliquer les causes de la Révolution française. De mauvaises récoltes et une hausse des prix des denrées (indice des prix à 119,4 en France en 1789, pour moins de 60 en 1730) ne suffisent pas pour engendrer des révolutions, comme le souligne Emmanuel Le Roy Ladurie:

      « il y avait encore un pas gigantesque à franchir », écrit-il dans son “Histoire humaine et comparée du climat : disettes et révolutions, 1740-1860″ (Fayard, 2006). Ce pas sera franchi l’année suivante de ce drôle d’été 1788, pour « quantité d’autres raisons », essentiellement politiques et sociales, qui n’ont rien à voir avec le climat.

      Parmi ces raisons, on peut citer :

      – l’influence des idées nouvelles, « les Lumières » ;
      – la crise sociale d’une société divisée en trois états inégaux (noblesse, clergé et tiers état) ;
      – la montée en puissance économique de la bourgeoisie, alors privée de droits politiques — tout comme le reste du tiers état ;
      – la crise institutionnelle que traverse la monarchie française ;
      – la crise financière que traverse l’Etat — dont le budget est systématiquement en déficit.”

      1. A la première ligne du second paragraphe, il faut lire “1783” (et non 1873) et à la seconde ligne, “avec une baisse (et non une basse) de la température”. Avec mes excuses pour ces coquilles.

  4. Comme ecologiste, j’ai souvent soutenu vos inquietudes, sur le changement climatique, ou plutot la durabilite.

    Mais la, franchement, vous perdez la boule et nuisez a la durabilite.

    Que cherchez-vous, des reperes que vous avez perdu?
    Vos blogs sont de plus en plus decousus, esoteriques et sans sens?

  5. Aujourd’hui, 29 août, pour la troisième depuis le début de l’été, on chauffe dans mon immeuble. Du jamais vu auparavant. Et l’immeuble n’est pas situé au cercle polaire, mais dans la région lémanique. Vous qui ne cessez de répéter d’article en article, au point qu’il est toujours plus difficile de vous prendre au sérieux, que le réchauffement est inéluctable et irréversible, comment l’expliquez-vous?
    Que si ce n’est pas pour aujourd’hui, ce sera “per forza” pour demain?

    Même vos plus fidèles zélotes, qui ne demanderaient pourtant qu’à vous suivre, vous font part de leurs doutes à cet égard. Et quel service rendez-vous à la communauté scientifique et universitaire à laquelle vous appartenez en propageant ce qui relève de plus en plus, à l’évidence, du publicisme et de la propagande, et non du discours impartial et fondé sur les faits?

    Ou alors votre théorie a-t-elle raison et, ce matin, une fois de plus mon thermomètre a-t-il tort?

      1. Merci pour votre réponse. Je relève toutefois de l’article de MétéoSuisse que “L’élément météorologique dominant de la première quinzaine du mois a été une vague de chaleur assez longue, mais plutôt modérée.” En effet, cette vague, ou plutôt ces pics de chaleur, n’ont jamais atteint en durée (six à sept jours, au plus – voir plus bas) ceux de l’an dernier, ni même des années précédentes et encore moins ceux de 2003, année de tous les (tristes) records.

        ” Il y a eu d’autres journées tropicales dans la deuxième moitié du mois.” Oui, mais bien plus brèves (voir ma remarque précédente).

        “La chaleur a été moins oppressante en montagne ” […] “…aucune tendance significative à long terme vers des conditions plus chaudes ou plus froides ne peut être observée.”

        “Le 2 août déjà, de l’air atlantique frais a atteint le Nord des Alpes. Les deux journées suivantes ont été pluvieuses dans toute la Suisse et très fraîches au Nord. Les températures maximales journalières se sont souvent situées entre 17 et 19 °C au Nord, entre 24 et 28 °C au Sud.” […] “La période avec des températures maximales journalières de 30 °C ou plus a duré 6 à 7 jours selon les régions.” […] “En comparaison avec les vagues de chaleur prononcées des deux dernières décennies, la chaleur de l’été 2020 a été modérée et même faible dans certaines régions […]”.

        “Après le passage d’un front froid le 22 août avec un peu de pluie au Nord et des pluies orageuses parfois fortes au Sud, la Suisse est restée sur le flanc nord de l’anticyclone des Açores dans un courant d’ouest. Les journées ont été assez ensoleillées avec des températures maximales journalières qui se sont souvent abaissées entre 22 et 24 °C jusqu’au 24 août.”

        Commentaire d’un lecteur du bulletin de MétéoSuisse:

        “Les mesures confirment ce que nous avons ressenti. Le mois d’août aura été anormalement très agréable. Un vrai mois d’été.”

        Je partage en bonne partie son avis. Cet été aura été l’un des plus agréables dont je me souvienne.
        On est loin de pouvoir parler d’un été torride, voire apocalyptique. Comme par hasard, il coïncide avec la période d’arrêt quasi généralisé du trafic aérien et routier. En viendrait-on à regretter le confinement strict?

        Pour le reste, oui, vous avez raison et mon thermomètre aussi. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

        1. Il est gentil, ce zelotogiste, jusqu’a ce qu’il perde son poste a la BC 🙂
          (La Banque du Climat, Ndlr, voire PC, mon pied dans le cul)

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