Quel « passeport vaccinal » pour les Suisses?


Lundi, par la voix de sa présidente Ursula von der Leyen, la Commission européenne a annoncé pour le 17 mars une proposition de législation visant à créer un « digital green pass ». Comprenez un passeport numérique européen destiné à prouver qu’une personne a été vaccinée ou testée négative au Covid. La question de la circulation des personnes sera essentielle à régler pour permettre la reprise des activités, également en Suisse. Les débats sont vifs, d’un point de vue éthique et légal, mais cette problématique a toutes les chances de souligner une nouvelle fois l’importance de nos relations et de nos accords avec l’UE.

L’objectif de la Commission européenne est clair : “permettre graduellement aux Européens de se déplacer en sécurité au sein de l’UE ou en-dehors, pour le travail ou du tourisme”, a précisé Ursula von der Leyen sur Twitter. Le moyen d’y parvenir s’annonce nettement plus complexe, au niveau Européen comme au niveau suisse. Il est certain que la population dans son ensemble ne pourra pas être vaccinée d’ici à cet été. Il n’en demeure pas moins que la mobilité doit être rendue possible, pour les Suisses comme pour les ressortissants européens, en garantissant la sécurité sanitaire bien sûr.

Si le Conseil fédéral n’est pas opposé par principe à l’idée d’un « passeport vaccinal » – Alain Berset et Guy Parmelin l’ont laissés entendre cette semaine -, il ne semble pour l’heure pas certain que les Suisses et les Suissesses puissent profiter du « digital green pass » imaginé pour l’UE. Il sera crucial de s’adapter au mieux aux solutions adoptées par nos voisins, afin d’éviter notamment des complications douanières pour nos ressortissants. Cela aussi représenterait une forme de discrimination.

 

Au cœur des débats

Pour l’heure, d’autres formes de discrimination font débat autour de ce passeport. Les doses n’étant pas disponibles en suffisance, cela induit des problèmes éthiques, entre les personnes et les pays ayant pu avoir accès au vaccin et les autres. L’idée est donc de permettre aux gens de voyager, cela pas uniquement s’ils ont été vaccinés mais pour autant qu’ils remplissent une condition garantissant la sécurité sanitaire. Cela semble réalisable, l’immunité pouvant être testée, un test PCR présenté ou la vaccination confirmée. Ce « passeport d’immunité » ne devrait donc pas être considéré comme uniquement vaccinal, ce que la Commission européenne a bien compris.

Pour notre économie et la relance de nombreux secteur, la circulation des personnes doit impérativement être pensée intelligemment dans les mois à venir, et garantie dans le respect de critères stricts ; la maîtrise de la pandémie restant la priorité. Les phases de déconfinement envisagées par la Confédération devront intégrer la mobilité transfrontalière et une solution de « passeport » compatible avec celle des pays voisins. Cela devrait être possible puisque l’UE planche sur « une plateforme qui connecterait les différentes solutions nationales ».  Les chefs d’Etat et de gouvernement européens ont prôné « une approche commune ». La Suisse a tout intérêt à les suivre, pour ses citoyens comme son économie, et nous l’encourageons à travailler dès maintenant concrètement à ce dossier.

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Claudine Amstein

Claudine Amstein

Claudine Amstein est la directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie, depuis 2005. Après avoir été juriste et secrétaire générale de la Chambre vaudoise immobilière, elle en reprend la direction en 1993. Elle a été constituante au Grand Conseil vaudois, avant d’en être députée pendant dix ans. Elle est très engagée dans les associations faîtières de l'économie suisse.

6 réponses à “Quel « passeport vaccinal » pour les Suisses?

  1. Le mot Apartheid a été inventé pour décrire la ségrégation STRICTE entre noirs et blancs en Afrique du sud, et elle a mauvaise réputation. Pourquoi des personnes intelligentes pensent qu’il serait permis de ségréger strictement sur une question de santé, où les vaccins ne sont efficaces pour certains qu’à 70%? et les vaccinés restent contagieux à 100%?. Ne cédons pas devant à l’Apartheid, combattons-le ! En tout cas en Suisse avec les délais de référendums nous allons résister et nous n’aurons pas le passeport vaccinal illégal avant que le Covid-19 ne disparaisse de lui-même.

  2. Le passeport vaccinal pour voyager en Europe ou en Suisse est un non sens. Explications:

    Les personnes à risque sont jeunes ou moins jeunes, mais essentiellement des personnes de plus de 60 ans. Ce sont également ces personnes qui forme le 90 % de la population hospitalisée pour cause de covid et qui compte le 90% des décès. La priorité vaccinale est mise partout avec raison et progressivement des plus âgés vers les plus jeunes, donc sur la population qui se déplace le moins et encore moins à l’international. En attendant que ces catégorie à risque soient vaccinées, un quelconque passeport vaccinal n’a pas vraiment d’utilité. En suisse et dans les pays qui nous entourent la couverture vaccinale de ces groupes à risque sera quasi totale d’ici peu, probablement dans deux mois (?). Et à ce moment là un passeport vaccinal devient également inutile car les personnes à risque ne le seront plus, à risque.

    En pratique, on devrait pouvoir supprimer toutes les mesures anti covid lorsque les groupes à risque seront vaccinés. Depuis une année, nous vivons des restrictions et confinement dans le seul but de soulager les systèmes hospitaliers, d’éviter un grand nombre de mort prématurée et permettre de soigner toutes les personnes qui en ont besoin.

    Ce n’est pas le moment de changer ce discours et donc NON, il n’est pas nécessaire que la population dans son ensemble soit vaccinées. Nous devrions bientôt pouvoir retrouver nos libertés entre tous les pays qui on couvert les populations à risques. Les pays qui n’en sont pas là on bien sûr le droit de demander un vaccin ou un test PCR, mais ne généralisons pas cette méthode lorsque les risques sont couverts et acceptable. Je n’y vois qu’un moyen de faire peur au gens pour les pousser à la vaccination, ce qui en l’état de notre méconnaissance des effets à long terme des vaccins covid, n’est pas raisonnable et je regrette que c’est certainement ce qui va se passer. A confirmer.

    Dis autrement nous devrions pouvoir nous libérer plus rapidement et plus fortement que ce que vous pensez être possible, cela sans le passeport vaccinal.

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