Etre responsable de soi, mais aussi des autres

A une époque où la société tend vers un individualisme forcené, la pandémie du Covid-19 confère un relief particulier au concept de responsabilité. Si notre société est basée avant tout sur la responsabilité individuelle, il n’est pas inutile de rappeler que celle-ci doit aussi s’inscrire au profit de la société en général.

La tendance s’observe depuis de nombreuses années: l’individuel prend le pas sur le collectif dans nos sociétés. A l’heure où la planète est secouée par une pandémie sans précédent, qui met en danger un grand nombre d’entre nous, on pourrait imaginer que la conscience collective s’impose de facto. Dans les faits, c’est loin d’être aussi évident. Pas plus tard que l’autre jour, dans une pharmacie, j’ai vu une personne s’offusquer qu’une employée la prie obligeamment de mettre un masque et de se désinfecter les mains avant d’entrer. Une scène assez incroyable par les temps qui courent, mais qui n’est de loin pas unique.

Car les exemples se multiplient. Entre les gens qui portent leur masque n’importe comment, les fêtes clandestines, les rassemblements sauvages sur le domaine public et les restaurants servant à boire et à manger en Suisse romande en douce, comme le relatait la RTS hier matin, l’intérêt personnel prime. On peut certes comprendre que la population exprime un certain ras-le-bol au bout d’une année de pandémie. Il reste que cette dernière n’est de loin pas endiguée, et que les efforts doivent donc être poursuivis. Ensemble.

Individualisme critiqué

Dans ce contexte, j’ai lu avec intérêt dans PME Magazine l’interview d’Ulli Sigg, ancien ambassadeur de Suisse en Chine et en Corée du Nord, qui vit actuellement dans l’Empire du Milieu. L’homme, qui reste un «libéral passionné», constate que l’attitude individualiste des pays occidentaux vis-à-vis de la pandémie est difficile à comprendre depuis les rives du Yang-Tsé-Kiang: «Il faut faire la part des choses entre la protection à tout prix de la sphère privée et les énormes dommages occasionnés par cette pandémie. Il n’est pas nécessaire d’aimer la Chine pour l’admettre.»

La méfiance des Suisses à l’égard de ses dirigeants est incompréhensible pour lui dans la mesure où notre pays reste un Etat constitutionnel disposant de contre-pouvoirs multiples. «Avec l’assurance d’une limite d’utilisation claire et de l’effacement des données enregistrées une fois le délai dépassé, on pourrait accorder temporairement plus de pouvoir à l’Etat pour le suivi des personnes», estime-t-il.

Au-delà de la question d’un interventionnisme étatique temporaire qui n’est pas à la base de mes convictions, une évidence demeure: dans les circonstances hors norme que nous connaissons, la responsabilité individuelle commande de se soucier de la collectivité, notamment en respectant scrupuleusement les gestes barrières et en recourant aux tests. Ce respect de la vie d’autrui devrait aussi pousser chacun à se poser la question de la vaccination au-delà de sa propre protection, mais au profit de tous. Car seule une campagne massive nous permettra d’atteindre rapidement l’immunité collective, qui mettra fin aux contraintes auxquelles nous sommes soumis depuis trop longtemps. Cet effort commun, c’est certain, ne saurait être vain.

Photo: AdobeStock

Claudine Amstein

Claudine Amstein

Claudine Amstein est la directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie, depuis 2005. Après avoir été juriste et secrétaire générale de la Chambre vaudoise immobilière, elle en reprend la direction en 1993. Elle a été constituante au Grand Conseil vaudois, avant d’en être députée pendant dix ans. Elle est très engagée dans les associations faîtières de l'économie suisse.

7 réponses à “Etre responsable de soi, mais aussi des autres

  1. Il est écrit sur les emballages des masques qu’ils ne servent pratiquement à rien. Référez-vous à l’interview du Prof. Pittet sur Léman bleu d’avril 2020. Il est évident qu’un malade qui parle et postillonne dans la figure d’une personne non-infectée peut la contaminer. S’il faut cacher la bouche, ok, mais pourquoi le nez?

    Aucun spécialiste n’a validé la procédure qui consiste à garder le même masque toute la journée en l’enlevant et en le remettant, voire même plusieurs jours de suite. Les instructions à l’entrée des magasins devraient être suivies mais rien ne nous empêche de réfléchir.

    1. Non seulement, c’est stupide d’écrire sur le paquet que cela ne sert à rien (c’est comme mettre en grand sur un pot de nutella qu’il est potentiellement cancérigène et qu’il nuit à l’environnement), mais en plus ça n’est pas le cas.
      Ensuite, les études ont démontré que porter le masque sous le nez ne sert à rien. En effet, la principale source de contamination ne sont pas les postillons, mais les aérosols en général.

  2. Pour une fois je suis entièrement d’accord avec vous, la liberté collective et individuelle se mérite par notre reponsabilité individuelle. Il me semble qu’une grande majorité de gens jouent le jeu et font des efforts énormes depuis des mois. Or, si ces efforts n’ont pas encore totalement payé, c’est que le virus profite encore du comportement de ceux qui n’ont pas encore compris. C’est dommage car cela prolonge une situation difficile pour tous.

    1. Mettre la responsabilité sur le dos de ceux qui n’ont pas encore compris est bien présomptueux. A savoir que si la situation se prolonge, vous vous trompez de cible. La faute en est principalement au CF qui avec des réactions tardives et des recettes édulcorées à raté le coche et fait durer des mesures inefficaces.

  3. Il est si dur à comprendre que nos autorités font l’objet de pression de tous bord? Oui la méfiance doit être de mise. Nous devons observer et essayer de faire la part des choses. Je pense que nos autorités n’en ont pas fait assez pour diminuer la circulation du virus, conduisant à faire durer des restrictions dans le temps et augmenter le nombre de mort prématurées. Le moindre mal économique et social correspond à des mesures forte mais qui seront plus courtes. Cela demande de la volonté, qui manque, de l’imagination, qui manque et du courage, qui manque, pour le réaliser.

    Je dirai plus. La responsabilité individuelle commande en tout temps de se soucier de la collectivité, pas uniquement dans les circonstances hors norme que nous connaissons. En tout temps la responsabilité individuelle est également d’accepter certains risques qui sont acceptables, comme par exemple le risque de la grippe habituelle, et de ne pas sur-réagir face au risques.

    Je prétend qu’il n’est pas nécessaire de faire une campagne de vaccination massive et coûteuse pour atteindre l’immunité collective. Mais que pouvez-vous prétendre d’autre dans la position que vous occupez? Il y va de l’intérêt des pharmas. Non, lorsque les personnes à risque seront vaccinées, elles ne seront plus a risque et nous devrions pouvoir retrouver nos libertés car le nombre de mort et la pression hospitalière est uniquement due à ces personnes dans > 90% des cas. Nos libertés retrouvées, la nature nous amèneras gratuitement vers une plus grande immunité. Mais ne nous leurrons pas le covid-19 ne vas pas disparaitre.

    Un danger liés au mutations du virus est l’éventualité qu’il change la classes des ages des populations à risque, qu’il deviennent plus dangereux et pourrait augmenter le besoin de soins hospitalier. Ce n’est pas le cas actuellement, et vacciner toutes les personnes à risque aujourd’hui ne devrait pas durer plus de 2 mois. Toute diminutions des restrictions d’ici là va faire augmenter le nombre de cas, le nombre d’hospitalisations et le nombre de décès. Il faudrait au contraire encore diminuer les contacts entre les gens et faire vraiment du télétravail quand c’est possible. Tester un maximum de personnes, y compris dans les écoles et accélérer tant que possible la vaccination des personnes à risques comme le prévoit le CF est une bonne politique, mais vouloir vacciner à tout prix un maximum de personnes sans connaitre les effets potentiels à long terme est irresponsable et une mauvaise gestions des risques.

  4. C ‘est pas le covid qui nous infecte c’est la blablid,
    une maladie qui fabrique des expertises d’un jour pour les dénigrer le le lendemain, des analyses pertinentes pour les imbéciles comme pour les savants, qui avant d’être des savants sont d’abord
    des imbéciles, puisqu’ils ne sont pas capable de dire qu’ils ne devrais pas affirmer des vérités qui seront peut être contredites bientôt … cette maladie devrais rendre nous rendre humble autant qu’elle nous rend bêtes bla…bla…bla…

  5. Ce texte manifeste un disposition d’esprit bien trop rare dans le marasme actuel de l’irresponsabilité pour cause de faiblesse de caractère et du déni infantile.

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