Une mesure fiscale qui favorise la promotion des femmes

Le coût élevé des crèches et la progressivité des impôts poussent bien des mères à réduire leur temps de travail. L’augmentation des déductions pour les frais de garde contribuerait indéniablement à accroître la présence de femmes qualifiées sur le marché du travail.  

On doit presque se pincer pour le croire: l’un des objets les plus contestés des votations du 27 septembre concerne la prise en compte fiscale des frais de garde des enfants par des tiers. La gauche y voit un cadeau fait aux «riches», sous prétexte que seuls ceux qui paient l’IFD en bénéficieraient, soit environ 60% des familles. Au niveau de l’impôt fédéral direct (IFD), le montant maximum déductible serait relevé de 10’100 à 25’000 francs par enfant. En outre, la déduction générale pour enfants passerait de 6500 à 10’000 francs, ce qui soulagerait les familles quel que soit le mode de garde des enfants.

La réalité, c’est que la catégorie la plus concernée par cette réforme est la classe moyenne, celle qui ne reçoit aucune aide de l’Etat, comme des subventions pour les primes-maladie, des prestations complémentaires, etc. Cela fait longtemps que la fiscalité des familles doit être repensée, le moment me paraît donc opportun d’y contribuer. Ces trente dernières années, le poste crèches a explosé dans le budget familial, d’autant plus que leur coût est proportionnel au revenu. Ainsi, à partir de 4 à 5 jours de garde par des tiers, avec la progressivité de l’impôt, le calcul est vite fait: le revenu diminue. Qui voudrait travailler davantage pour gagner moins?

Une charge trop lourde

Il n’est pas rare que des parents – c’est bien souvent le cas de la femme – réduisent leur temps de travail ou quittent leur emploi en raison de la charge que représentent les frais de garde des enfants en bas âge et de l’impossibilité de les déduire totalement des impôts. On estime que 2500 postes à plein temps pourraient être pourvus à court ou moyen terme en prenant des mesures adéquates. L’augmentation des déductions pour les frais de crèche, c’est indéniable, contribuerait à adapter la fiscalité aux dépenses réelles engendrées par la garde des enfants par des tiers, et permettrait aux entreprises de bénéficier de l’apport précieux de femmes qualifiées en plus grand nombre.

Parallèlement, l’accent devrait être porté sur la flexibilisation des horaires de travail, sur la mise en place d’horaires scolaires harmonisés et, surtout, sur un accès facilité à des structures d’accueil pré- et parascolaires. La CVCI et ses membres ont d’ailleurs soutenu, dès sa création, la Fondation d’accueil de jour de la petite enfance en participant au financement des places d’accueil. Seul le cumul de ces différentes mesures permettra aux femmes de prendre leur place sur le marché du travail. Dire oui à un relèvement des déductions pour enfants dans le cadre de l’impôt fédéral direct constituerait incontestablement un pas important dans cette direction.

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Une politique de repli sonnerait le glas de notre prospérité

Les accords bilatéraux, c’est un million de places de travail créées en Suisse, plus de 1% de croissance annuelle du PIB réel, un taux de chômage bas et un salaire moyen deux fois plus élevé que dans l’Union européenne (UE). Renoncer aux bilatérales serait plus que hasardeux à l’heure de la reprise. 

Le matériel de vote pour l’échéance cruciale du 27 septembre est arrivé dans les boîtes aux lettres. Les sondages prédisent un rejet de la dangereuse initiative de résiliation, qui veut mettre fin aux accords bilatéraux I avec Bruxelles. Chacun a pourtant en mémoire le scrutin du 9 février 2014 contre l’immigration de masse, qui avait vu les partisans du repli l’emporter sur le fil. Ne jouons pas avec le feu: le moment est venu d’écrire avec détermination un grand non sur ce bulletin!

A celles et ceux qui en douteraient encore, il est bon de rappeler que la Suisse a connu une période de grande prospérité depuis l’entrée en vigueur des bilatérales I, en juin 2002. Une étude du groupe de réflexion Avenir Suisse, parue la semaine dernière, le confirme: depuis l’introduction de la libre circulation des personnes, «de nombreux indicateurs économiques tels que le produit intérieur brut (PIB) réel par habitant, la productivité du travail et le volume des exportations ont évolué positivement. La croissance moyenne du PIB par habitant pour les années 2002 à 2018 était de 1,02% (1992 à 2002: 0,66%).» Ces chiffres parlent d’eux-mêmes.

La Suisse exporte 1 franc sur 2 vers l’UE, qui est de très loin notre principal client (52% de nos exportations, bien avant les Etats-Unis, 15%, et la Chine, 5%). Nos entreprises ont besoin d’un accès facilité à ce grand marché aussi bien pour vendre leurs biens directement aux plus de 400 millions de consommateurs qu’en tant que sous-traitants de l’industrie européenne. L’initiative de résiliation détruirait la voie bilatérale et n’offrirait aucune alternative viable.

Pas de substitut équivalent

Dans son étude, Avenir Suisse assure qu’un nouvel accord de libre-échange (ALE) global entre la Suisse et l’UE ne constituerait pas un substitut équivalent aux accords bilatéraux, «car un simple accès au marché est moins intéressant pour les entreprises suisses qu’une intégration complète dans le marché intérieur de l’UE. Un ALE augmenterait également la charge réglementaire pesant sur les entreprises. Comme ces nouvelles charges administratives présentent des caractéristiques de coûts fixes, cela affecterait davantage les PME exportatrices que les grandes entreprises.»

On le voit bien, ce n’est pas le moment d’ajouter une crise institutionnelle à celle, sanitaire et économique, que le Covid-19 nous a infligé. Nous avons plus que jamais besoin de partenaires pour relancer notre économie. La Suisse est l’un des pays les plus interconnectés et globalisés au monde. Selon une étude de la Fondation Bertelsmann, notre pays est celui qui bénéficie le plus de la mondialisation à l’échelle planétaire. L’ouverture au monde reste un gage de prospérité. Confirmons-le dans les urnes le 27 septembre.

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L’ouverture sur le monde reste le meilleur gage de notre prospérité

L’accès au marché européen dont bénéficie la Suisse aidera au redémarrage de notre économie dans le contexte sanitaire actuel. Le repli qu’implique l’initiative dite «de limitation» nous empêcherait d’attirer les talents dont nous avons besoin.

La conseillère fédérale Karin Keller-Suter, qui sera l’hôte de la CVCI demain soir pour présenter les enjeux liés à cette initiative, l’a martelé hier matin à la radio: perdre les accords bilatéraux I provoquerait un choc à long terme pour l’économie suisse. Ce n’est pas le moment d’ajouter une crise de longue durée à celle consécutive à la pandémie de Covid-19. Le marché européen, auquel nos entreprises ont accès librement, absorbe plus de 50% de nos exportations. Couper les ponts avec notre partenaire économique principal hypothéquerait lourdement le redémarrage de l’activité et, par voie de conséquence, notre prospérité. S’ensuivrait alors une longue période d’incertitude porteuse de dangers.

Renégocier des accords avec l’Union européenne (UE) dans la foulée serait utopique, car le texte proposé le 27 septembre prochain stipule qu’«aucun nouveau traité international ne sera conclu et aucune autre nouvelle obligation de droit international ne sera contractée qui accorderaient un régime de libre circulation des personnes à des ressortissants étrangers». On a vu avec le Brexit quelles difficultés la Grande-Bretagne rencontre pour recoller les pots cassés avec ses 27 anciens alliés. Voulons-nous vraiment prendre le risque de jeter au rebut une voie bilatérale qui nous a beaucoup apporté?

Sept accords essentiels

La querelle des chiffres fait rage, mais un fait est incontestable: notre pays connaît une grande prospérité depuis le renforcement de notre partenariat avec l’UE. Les entreprises installées en Suisse ont plébiscité, au gré de diverses enquêtes, l’accord sur la libre circulation. Les six autres accords du paquet des bilatérales I n’en sont pas moins importants, car l’adoption de cette initiative sonnerait leur glas en raison de la clause guillotine. Or ces accords assurent aux entreprises suisses un accès largement non discriminatoire au marché intérieur de l’UE dans des secteurs importants, comme les accords sur les obstacles techniques au commerce, sur le commerce de produits agricoles, sur les transports terrestres et aérien, sur les marchés publics et sur la recherche. La fin de ce dernier nous ferait perdre l’accès à des programmes dotés de plusieurs milliards d’euros.

La voie bilatérale a permis de recruter un personnel qualifié que l’on ne trouve pas forcément sur notre territoire. La main-d’œuvre européenne est indispensable à la Suisse, en particulier dans les services, l’industrie et l’agriculture. Le secteur de la santé ne pourrait pas davantage se passer du personnel bien formé venant des pays voisins, comme on l’a constaté depuis le début de la pandémie.

Depuis quinze ans, le système des mesures d’accompagnement a été continuellement développé afin de garantir le niveau élevé des salaires en Suisse. Les diverses adaptations légales et nombreuses améliorations en matière d’exécution ont permis de mettre en place un niveau de protection efficace des conditions salariales et de travail.

Le matériel de vote va arriver sous peu dans les boîtes aux lettres. Il sera alors temps d’apposer un non ferme et sans réserve sur le bulletin de l’initiative dite de limitation.

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Deux fois oui pour mieux concilier travail et famille

Accepter un congé-paternité de deux semaines et l’augmentation des déductions pour enfants le 27 septembre prochain permettrait aux parents d’envisager un partage des tâches plus équitable. Un plus indéniable pour la promotion professionnelle des femmes.

Les citoyens suisses disposent de deux belles occasions de permettre aux familles de mieux concilier vie privée et vie professionnelle le 27 septembre prochain. Ils s’exprimeront sur l’octroi d’un congé-paternité de deux semaines, financé par les allocations pour perte de gain, ainsi que sur une augmentation des déductions pour enfants dans le cadre de l’impôt fédéral direct. La déduction fiscale maximale possible pour les frais de garde par des tiers passerait de 10’100 à 25’000 francs.

L’idée d’un congé paternité ne saurait être contestée dans son esprit, d’autant que la Suisse est le dernier pays d’Europe à ne pas en proposer un. La société a évolué ces dernières années et aujourd’hui, nombre de pères de famille se sentent davantage concernés par la parentalité. Ces dix jours permettraient de décharger quelque peu les mères. Fruit d’un compromis – l’initiative de départ prévoyait un congé de quatre semaines -, ce projet nous paraît raisonnable et, surtout, supportable financièrement pour les entreprises. Il causera certes des soucis d’organisation aux plus petites d’entre elles, mais comme il pourra être pris dans les six mois sous forme de semaines ou de journées, cela ne devrait pas être trop problématique.

Avancées sociétales

L’augmentation des déductions pour frais de garde permettrait, pour sa part également, de mieux concilier famille et travail, d’adapter la déduction fiscale aux dépenses réelles engendrées par la garde des enfants par des tiers et de favoriser la présence sur le marché de femmes qualifiées, qui sont souvent obligées de réduire leur taux d’occupation ou d’arrêter de travailler pour des raisons fiscales.

Le Covid-19 s’est évidemment invité dans le débat. Certains, acquis au congé-paternité, le rejettent aujourd’hui, estimant que la situation économique actuelle ne permet pas de financer une nouvelle assurance sociale. A mes yeux, il s’agit d’un faux débat. La pandémie actuelle ne saurait justifier que l’on renonce à des avancées sociétales qui faciliteront la promotion des femmes sur le marché du travail.

Cela dit, l’implication des deux parents dans l’éducation des enfants relève aussi d’autres éléments qu’un congé paternité ou de déductions fiscales. Pour faire avancer encore davantage les choses dans ce domaine, il faudra agir sur la flexibilité des horaires de travail, disposer d’horaires scolaires harmonisés et, surtout, faciliter l’accès à des structures d’accueil pré- et parascolaires. La CVCI et ses entreprises membres ont d’ailleurs soutenu, dès sa création, la Fondation d’accueil de jour de la petite enfance en acceptant de participer au financement des places d’accueil. C’est par le cumul de ces différentes mesures qu’un partage des tâches plus équitable au sein des couples pourra devenir réalité.

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Notre défense aérienne doit rester crédible

Renouveler notre flotte d’avions de combat est indispensable pour assurer la sécurité de notre pays dans un contexte international toujours plus incertain. Les affaires compensatoires qui en découlent constituent une formidable opportunité pour les entreprises.

Six milliards de francs pour l’acquisition de nouveaux avions de combat! Nul doute que le débat sur cet objet, soumis au vote le 27 septembre prochain, sera passionné. En ces temps de pandémie, certains estiment que cet argent serait plus utile dans d’autres secteurs. A cet égard, l’échec du Gripen en votation populaire, en 2014, est encore dans les mémoires. La situation est toutefois fort différente en 2020. Il y a six ans, il fallait remplacer une partie de la flotte vieillissante des Tiger. Aujourd’hui, il s’agit de renouveler tous les moyens de notre défense aérienne. Avoir la maîtrise de notre ciel est indispensable pour assurer la sécurité de la population, de nos infrastructures et de notre économie.

Au cœur de l’Europe, notre pays peut sembler en sécurité. Or, les tensions internationales s’accroissent ces derniers mois, comme on le voit entre la Chine et les États-Unis. L’Ukraine et la Biélorussie, qui vivent des heurts récurrents, sont à moins de trois heures d’avion d’ici. Et rappelons-nous que les Balkans se sont entredéchirés dans un conflit meurtrier dans les années 1990, presque à nos portes. Assurer la souveraineté de notre espace aérien et avoir les capacités de résister à des tensions qui peuvent dégénérer en conflit est une nécessité doublée d’un devoir.

Souveraineté en jeu

La neutralité nous interdit de déléguer la défense de notre territoire. Le cosmonaute et pilote militaire Claude Nicollier l’a rappelé dans la presse dominicale: «C’est justement parce que nous ne sommes pas dans l’OTAN que nous avons la responsabilité d’assurer la souveraineté de notre espace aérien. Souvenez-vous de l’avion d’Ethiopian Airlines détourné sur Genève en 2014. Ce sont des pilotes italiens qui ont dû l’escorter, car nos Forces aériennes n’étaient pas actives en dehors des heures de bureau, déclenchant un scandale.» Il ajoute que ces futures acquisitions ne sont pas des jets de luxe, mais des avions qui ont des spécifications élevées et un prix: «Un avion de combat moderne et performant, ce n’est pas bon marché.»

L’argument du gouffre financier absurde brandi par les adversaires de ces acquisitions ne tient pas la route. La somme de six milliards ressortit au budget ordinaire de l’armée, et sa dépense sera étalée sur dix ans. Acquérir des avions de combat constitue un exercice complexe qui dure plusieurs années. Les FA-18 seront obsolètes en 2030, il faut donc anticiper et planifier nos besoins.

A tous ces arguments sécuritaires s’ajoute un volet commercial non négligeable: les affaires compensatoires, également appelées Offset. A l’échelle suisse, 30% de ces participations industrielles sont destinées à la Suisse romande. Il s’agit clairement d’une opportunité pour nos entreprises dans leur diversité en termes de transfert de technologie. Elles permettent d’accroître les compétences et l‘efficience de l‘industrie suisse, favorisent l’innovation, ainsi que la création de relations commerciales à long terme et l’acquisition de nouveaux marchés.

Dire oui à ces futurs avions de combat le 27 septembre, c’est contribuer à la sécurité et à la prospérité de notre pays.

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Les perspectives financières en ligne de mire

Après les couacs communicationnels de l’OFSP sur la pandémie, il est nécessaire de couper court à ces atermoiements pour permettre une rentrée sereine. Les autorités auront un rôle central à jouer pour redonner confiance et visibilité, en communiquant clairement et en effectuant des choix budgétaires judicieux.

Quel pataquès! L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a publié vendredi dernier des données erronées concernant les sources de contamination du Covid-19. Mises au pilori, les boîtes de nuit totalisent moins de 10% des infections, alors que ce sont bien le cadre familial et le lieu de travail qui sont les sources principales. Pire: l’origine de la transmission du virus reste inconnue dans 40% des cas! Penaud, l’office s’est confondu en excuses pour avoir affecté des chiffres aux mauvais endroits (sic) et a assuré qu’il allait revoir ses procédures.

Ce couac est déplorable, car les atermoiements fédéraux désécurisent la population. Les chiffres publiés, quand ils ne sont pas faux…, font le yoyo et inquiètent dans la mesure où les explications et les mises en perspective font largement défaut. Des chiffres bruts, comme ceux présentés chaque jour par le canton de Vaud au fin fond de son site internet, ne donnent pas vraiment d’indication claire sur la situation sanitaire. Les Genevois, eux, ont pu compter sur l’omniprésence médiatique du conseiller d’État Mauro Poggia pour être renseignés.

Flottements préjudiciables

Depuis que la Confédération a mis fin à la situation extraordinaire, le 19 juin dernier, les cantons prennent des mesures disparates, sans vraiment se soucier d’harmonisation. Il est difficile, pour les Chablaisiens, de comprendre qu’ils doivent porter un masque dans les commerces d’Aigle et pas dans ceux de Monthey. Le retour en classe se fera-t-il masqué, pour qui, et jusqu’à quel niveau d’enseignement? Les flottements qui s’ensuivent ne sont assurément pas bons pour la confiance.

Les vacances touchent bientôt à leur terme et, déjà, la reprise suscite son lot d’inquiétudes et d’interrogations, d’autant que la pandémie semble hélas partie pour durer. Dans ce contexte incertain, les collectivités publiques vont devoir prendre des décisions qui engagent l’avenir de la société, autrement plus complexes que le déploiement à la hâte de pistes cyclables. Une première orientation sera donnée le 12 août prochain, date de la conférence de presse de rentrée du Conseil fédéral.

Au plan vaudois, également, le retour aux affaires sera chargé. Le Canton devra notamment empoigner la question du budget et des perspectives financières. Tout cela nécessitera des arbitrages sérieux et il s’agira de ne pas entasser la poussière sous le tapis. Le Conseil d’État devra par ailleurs communiquer de manière soutenue, ne serait-ce que pour tordre le coup aux fake news qui ne cessent de polluer les réseaux et les esprits. La confiance dans les autorités est aussi à ce prix.

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Moderniser les réseaux de téléphonie mobile doit devenir une priorité

La pandémie a accéléré la numérisation de l’économie. Pour développer ces nouvelles technologies, le déploiement de la 5G – au point mort ou presque en Suisse – devient urgent, a fortiori si le recours au télétravail s’étend.

C’est un véritable cri d’alarme qu’a lancé l’Association suisse des télécommunications (ASUT) cet été: pour la principale association du secteur, la modernisation des réseaux de téléphonie mobile avec la 5G ne progresse guère dans notre pays. «L’absence d’aides à l’exécution de la Confédération, des directives plus strictes des cantons et des communes, ainsi que des procédures d’autorisation de plus en plus retardées, bloquent des investissements importants représentant, chaque année, un demi-milliard à un milliard de francs et le déploiement nécessaire de cette infrastructure de base», a-t-elle lancé dans un communiqué. Pour l’ASUT, les politiques et les autorités doivent urgemment soutenir le renouvellement de ces réseaux. Une étude de l’Union internationale des télécommunications montre qu’à défaut, des pays comme la Suisse sont menacés à terme ne plus être en mesure de gérer plus de 60% du trafic de données mobiles. Voulons-nous voir notre compétitivité s’effondrer au moment où l’économie tente de redémarrer après la crise sanitaire?

«Penser digital»

La pandémie, c’est une réalité, a accéléré la digitalisation des entreprises. En témoigne le recours massif au télétravail, pour lequel la 5G constituerait un atout supplémentaire. Elle a surtout montré que celles qui avaient la maîtrise technologique et la capacité à s’en servir ont moins souffert de la crise. Dans «Le Temps» d’hier, l’industriel André Kudelski, qui préside Innosuisse, parle de la digitalisation comme d’«un bouleversement technologique profond. Tous les acteurs n’ont pas encore réalisé qu’il ne s’agit pas simplement de convertir une activité analogique en numérique, mais que c’est la manière de voir les choses qu’il faut changer, en «pensant digital».» La 5G constitue un appui indispensable à cette transition: elle accroît considérablement la capacité des réseaux, les volumes de données et la vitesse de transmission. Elle ouvre la voie à une multitude de nouveaux produits et services, dont les citoyens pourront bénéficier, notamment dans les régions périphériques. L’internet des objets, en plein boom, ne peut pas être utilisé sans cette technologie.

Cessons de croire les apôtres du chaos qui se répandent en anathèmes sur cette (r)évolution technique dans les réseaux sociaux. Le lien supposé entre la propagation du Covid-19 et la 5G en constitue l’exemple le plus grotesque. Comme l’écrivait Avenir Suisse en avril dernier, «il n’est pas étonnant que les scientifiques et les politiciens modérés se fassent discrets; les faits se noient dans une tempête émotionnelle». Le Think Tank souligne que depuis quarante ans, «il n’a pas été possible de prouver de manière cohérente que l’exposition en-deçà des valeurs limites ait des effets nocifs sur la santé».

Comme l’ASUT, j’estime que les autorités doivent prendre des mesures pour permettre le traitement rapide des procédures pendantes en matière d’autorisation. Il s’agit notamment de renoncer aux moratoires illicites, de garantir les ressources nécessaires au sein des autorités chargées des autorisations, ainsi que les aides à l’exécution pour la 5G. La Confédération, qui ne se mouille guère dans ce dossier, doit communiquer plus activement et faciliter le déploiement de l’infrastructure nécessaire. La compétitivité de notre tissu économique en dépend.

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La fiscalité, un levier capital pour la relance


Alors que l’OCDE planche sur une réforme fiscale des entreprises aux effets potentiellement néfastes pour la Suisse, il faut veiller à assurer la compétitivité de notre économie pour relancer la machine post-Covid. Dans le canton de Vaud, la lourdeur de l’imposition des personnes physiques reste un obstacle.

La Suisse fait bonne figure en termes de comparaison fiscale internationale. C’est ce que KPMG Suisse détaille dans son récent «Swiss Tax Report 2020», en comparant les taux d’imposition des bénéfices et du revenu de 130 pays et des 26 cantons suisses. Grâce à la RFFA, la fiscalité des sociétés a pu baisser, améliorant ainsi l’attractivité de notre place économique. Pourtant, avertissent les auteurs de ce rapport, «cette faible imposition des entreprises ne saurait suffire à elle seule à préserver durablement la compétitivité». Car l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) projette une réforme susceptible de bouleverser les budgets publics. Les grandes entreprises ne paieraient plus leur dû au siège du groupe, mais dans les pays où les biens sont exportés et vendus et où les bénéfices sont engendrés. Pour la Suisse, cela équivaudrait à des pertes fiscales considérables, qui pourraient déboucher à terme sur des programmes d’économies ou sur des hausses d’impôts.

Cette musique d’avenir inquiétante ne doit toutefois pas occulter l’urgence actuelle, qui consiste à relancer l’économie après la pandémie. La compétitivité en est un élément-clé. Ce n’est pas le moment de pénaliser les entreprises déjà meurtries par la crise, ni les particuliers. Le conseiller fédéral, Ueli Maurer, a estimé la semaine dernière que l’endettement provoqué par le Covid-19 devrait pouvoir être lissé sur plusieurs années sans devoir augmenter les impôts ni mettre en route un programme d’austérité. L’état enviable des finances fédérales autorise cette politique.

Les perspectives sont en revanche moins bonnes pour les cantons et les communes. L’arrêt partiel de l’activité économique parapublique (crèches, musées, transports, etc.) va coûter cher aux collectivités. En outre, le risque est réel de voir les bénéfices des entreprises baisser, avec des effets directs sur les recettes fiscales. De nombreux particuliers en RHT verront également fondre leur revenu et paieront donc moins d’impôts. Sans parler de celles et ceux qui seront contraints de se tourner vers le social, une aide qu’il faudra financer.

La situation budgétaire des cantons reste toutefois globalement solide après les exercices profitables qui se sont succédé ces dernières années. En bonne théorie anticyclique, c’est précisément maintenant qu’il faut puiser dans les réserves pour relancer l’activité et la consommation. Le canton de Vaud, où l’imposition des personnes physiques est la plus élevée de Suisse, a les moyens de faire un geste pour alléger la facture fiscale des particuliers. Il a encore «des milliards sous le coude» comme le titrait «24 heures» en juin dernier. L’appel est lancé.

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Tous ces pas qui font avancer la parité salariale

Les entreprises qui emploient au moins 100 personnes sont tenues d’effectuer dès aujourd’hui une analyse de l’égalité salariale. Cet instrument n’est pas la panacée, d’autres moyens permettent d’y tendre. Deux objets soumis aux urnes cet automne, par exemple.

 On le sait, le législateur doit veiller à l’égalité salariale pour un travail égal ou comparable. La loi sur l’égalité, qui date de 1996, a fait l’objet d’une récente révision, qui entre en vigueur en ce 1er juillet: les entreprises employant au moins 100 personnes sont désormais tenues d’effectuer une analyse de la parité salariale. Pour y parvenir, la Confédération met à disposition une version modernisée de son outil d’analyse standard de l’égalité salariale (Logib), sous la forme d’une application web.

Légiférer dans ce domaine est a priori louable, mais cela ne suffit manifestement pas à faire avancer cette cause. D’après une enquête sur la structure des salaires réalisée par l’Office fédéral de la statistique (OFS) en 2016, la part inexpliquée de l’écart salarial entre femmes et hommes s’élève en moyenne à 7,7%. Cela représente 642 francs par mois. C’est pourquoi je reste convaincue que cette question ne sera pas résolue dans notre pays tant et aussi longtemps que le problème de l’accueil des enfants ne sera pas réglé à satisfaction. Une femme doit pouvoir travailler suffisamment pour disposer des ressources lui permettant de financer la garde de sa progéniture, et ainsi pouvoir évoluer dans son cursus professionnel et accéder à des postes dirigeants.

Plafond de verre pesant

Selon l’OFS, 59% des femmes et 18% des hommes travaillent à temps partiel. La maternité et la situation familiale sont les facteurs qui poussent ces dernières à opter pour ce modèle de travail. L’interruption du parcours professionnel est doublement pénalisante pour les femmes, car elle les prive à la fois d’un revenu et de l’ancienneté dans l’entreprise. Celles qui connaissent des arrêts liés à la maternité sont perdantes dans ce système, qui doit absolument évoluer. D’autant que le départ programmé des baby-boomers créera un grand besoin de main-d’œuvre. Ces postes à responsabilité, les femmes sont parfaitement en mesure de les assumer. A côté de la flexibilisation du travail, la formation continue doit aussi leur permettre de briser ce pesant plafond de verre.

Deux objets fédéraux soumis au scrutin populaire en septembre permettront d’apporter de nouvelles pierres à l’édifice de la parité salariale: l’augmentation de la déduction fiscale des frais de garde de 6500 à 10’000 francs pour chaque enfant mineur, en apprentissage ou en études. Cette élévation favorisera l’égalité des chances professionnelles pour les femmes et leur évolution de carrière, tout comme le congé-paternité de deux semaines. Financé sur le modèle de l’assurance maternité, via les allocations pour perte de gains (APG), un tel congé posera certes des défis organisationnels à de nombreuses PME. Le fait que ces dix jours soient modulables en journées fractionnées sur six mois doit toutefois permettre une application flexible.

L’économie s’engage pour davantage de places d’accueil de même que pour l’aménagement des horaires de travail. Des incitations fiscales permettraient de renforcer ce trend, car c’est bien l’addition de ces efforts qui contribuera à faire avancer l’égalité salariale.

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Un vent d’optimisme qui plaide pour l’ouverture

Un sondage révèle que près de 40% des PME vaudoises se disent optimistes quant aux perspectives de reprise après la pandémie. Pérenniser la voie bilatérale avec l’Europe ne pourrait que renforcer ce message encourageant de l’économie.

C’est une bonne nouvelle dans le contexte chahuté de l’après-crise sanitaire. Selon les résultats d’un sondage réalisé par la BCV entre le 15 et le 29 mai, près de quatre PME vaudoises sur dix sont optimistes ou très optimistes en ce qui concerne les perspectives de reprise. Dans le même temps, celles qui se disent pessimistes et très pessimistes sont deux fois moins nombreuses. Si 48% des PME anticipent une baisse de leurs ventes sur l’année, elles sont en revanche 41% à envisager une stabilité de leur chiffre d’affaires et même 11% à attendre une progression dans l’année à venir. L’appréciation varie naturellement d’un secteur économique à l’autre, mais le message envoyé n’en est pas moins encourageant.

Ce vent d’optimisme est d’autant plus bienvenu qu’une échéance capitale se profile le 27 septembre, avec la votation sur l’initiative dite de «limitation». C’est une évidence: la suppression de la libre circulation avec les pays de l’Union européenne, que ce texte prône, porterait un coup terrible à notre économie. Plus de la moitié de notre production est exportée vers l’Europe. Des relations stables avec ces nombreux voisins sont indispensables, a fortiori en cette période d’incertitude, si nous voulons maintenir les dizaines de milliers d’emplois qui dépendent de ces échanges. Maintenir les accords existants avec Bruxelles donnerait en outre la visibilité nécessaire aux entreprises pour aller de l’avant. L’incertitude n’est jamais favorable au commerce.

L’instabilité qui règne depuis plusieurs années sur le plan géopolitique constitue une source d’inquiétude. Un certain protectionnisme refait surface, notamment chez les grandes puissances économiques, qui disposent toutes d’un grand marché intérieur. Ce n’est pas le cas de notre pays, qui gagne deux francs sur cinq grâce aux exportations. Des relations fortes et durables avec notre principal marché sont essentielles dans cette période pour le moins incertaine. Rompre avec notre premier partenaire commercial serait irresponsable au moment où les droits de douane et les barrières commerciales se multiplient un peu partout dans le monde.

Le front uni qui défend la voie bilatérale – le Conseil fédéral, la quasi-totalité des partis, les associations économiques et les organisations syndicales – ne s’y trompe pas: la Suisse a tout à gagner en pérennisant le partenariat fécond avec l’UE. Certains ironisent sur l’union de façade qui prévaut entre patronat et syndicat dans cette bataille. Il n’y a là rien d’incongru: tous se battent pour une juste cause, l’emploi. Après les tourments sanitaires et économiques que nous venons de traverser, il serait fou d’ajouter une crise institutionnelle aux conséquences dévastatrices.

Dire non à cette initiative, c’est dire oui à l’avenir de notre pays.

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