Tabula RASA ? Pas tout à fait…

L'initiative RASA a abouti. Mais nous ne pouvons pas simplement faire table rase du 9 février…

 

Le 19 août dernier, les promoteurs de l’initiative RASA ont annoncé avoir obtenu plus de 100’000 signatures. En quelques mois, l’initiative la plus courte de l’histoire suisse – son texte se contente d’abroger les deux éléments de la Constitution votés le 9 février 2014 – a également marqué l’une des récoltes de signatures les plus rapides. Un succès qui démontre certainement un soutien populaire aux accords bilatéraux qui font notre prospérité. Le signal est donc réjouissant !

Mais il faut immédiatement tempérer cette euphorie par une douche de réalisme. Certes, le peuple a systématiquement soutenu les accords bilatéraux à chaque fois qu’un référendum était lancé. Certes, lors du vote sur l’initiative «contre l’immigration de masse», ses partisans ont maintes fois répété qu’elle ne s’opposait pas aux bilatérales et qu’elle n’avait pas pour but de détruire les relations avec nos voisins. Le peuple suisse n’est pas europhile et ne souhaite pas l’adhésion, mais il est pragmatique. Il voit très bien que notre prospérité et notre qualité de vie dépendent des accords bilatéraux et, par conséquent, les soutient.

Pourtant, le 9 février a quand même été un signal. Le peuple suisse a également exprimé – bien qu’à une infime majorité – une critique forte face à l’importance de l’immigration. Même si la campagne était instrumentalisée par l’UDC avec un discours simpliste, mensonger et rempli d’amalgames, le résultat du vote ne saurait être ignoré. Faute de quoi, il est appelé à se répéter.

Ainsi, il ne peut y avoir de solution durable sans régler cette question. Pour cela, deux options ont essentiellement été exprimées : la mise en place d’une clause de sauvegarde qui limiterait la libre-circulation des personnes au-delà d’un certain seuil et/ou des restrictions (négociées avec l’UE) dans l’application de l’accord sur la libre-circulation des personnes, par exemple en matière de conditions de ressources. Votre serviteur l’avait déjà évoqué par le passé.

Dans tous les cas, la nécessité de modifier la Constitution semble prévaloir. Et, en ce sens, l’initiative RASA est salutaire. Mais elle ne résout rien à la question de l’immigration et ne saurait donc suffire sur le long-terme. Si nous voulons sauvegarder durablement les accords bilatéraux, RASA peut faire partie de la solution, mais elle ne peut pas être, seule, la solution.

Vincent Arlettaz

Vincent Arlettaz

Vincent Arlettaz a étudié à Lausanne et Saint-Gall, ainsi qu'à la Richard Ivey School of Business au Canada. Détenteur d'un Master en Finance HEC de Lausanne, il est aujourd'hui économiste, mais aussi délégué du PLR et membre fondateur du Cercle des Libertés.

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