Nous sommes tous belges !

En qualité de président de la Chambre de Commerce Suisse pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg et de président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) en Suisse, je n’ai assez de mots pour condamner les attentats de Bruxelles de ce jour.

J’adresse toutes mes condoléances aux familles et aux proches des victimes.

Nous nous battrons sans limite pour la défense de la liberté.

Pascal Maillard et Pierre-Yves Broulis : les visages d’une nouvelle forme de consensus

L’acceptation massive par le peuple vaudois de la RIE III consacre une nouvelle forme de consensus et un type de personnalité politique.

Durant de très nombreuses années, le consensus était synonyme d’idées centristes. Or, le consensus plébiscité par les Vaudois ne consacre pas les idées du centre, mais est le fruit de compromis, de dialogues et d’accords. En d’autres termes, ce consensus helvétique nouvelle formule ne fait pas fi des idées et des idéologies, mais fait appel à des ententes entre visions politiques différentes affirmées qui débouchent sur des résultats concrets satisfaisant presque l’ensemble de la population. Quoi de plus bel objectif  pour la politique !

Cependant, pour qu’un tel consensus puisse prendre forme un certain nombre de conditions doivent être réalisées.

Tout d’abord, il est important que toutes les forces politiques soient représentées dans le gouvernement concerné. En second lieu, les différents courants en présence doivent avoir à leur tête des personnalités fortes prêtes à prendre des coups au sein de leurs propres partisans. Enfin, ces leaders politiques, doivent, néanmoins, être suffisamment implantés dans leur propre parti pour être suivis par leur base.

Cette nouvelle forme de consensus qui pour l’instant a plus le goût du papet que du rösti tord le cou à deux critiques récurrentes que l’on entend concernant la politique suisse. D’une part, la Suisse n’est pas un Etat où les institutions étouffent les idéologies politiques. Au contraire, les idéologies politiques s’expriment, comme celles du parti socialiste et celles du parti libéral radical, mais elles trouvent un accord, grâce au dialogue. Il n’est pas exclu que les Vaudois n’auraient pas accepté à une telle majorité RIE III si le parti socialiste n’avait pas été aussi fort dans le canton. D’autre part, alors que l’on ne cesse d’entendre que le système suisse consacre la médiocratie politique, cette nouvelle forme de consensus nécessite de fortes personnalités sachant s’imposer parmi ces troupes en ayant le courage de négocier et de faire des concessions.

En ce lendemain de votations, bravo à Pascal Maillard et à Pierre-Yves Broulis qui ont su échanger leur prénom tout en conservant leur nom, c’est-à-dire préserver leur ADN idéologique tout en se rapprochant de l’autre pour trouver une solution pratique.

Je ne saurais terminer sans rendre hommage à Jean Studer, ancien conseiller d’Etat neuchâtelois socialiste qui, à l’époque, a ouvert la voie à la diminution de l’imposition des entreprises dans les cantons romands.

Infantino est un modèle d’intégration

Quel est le rapport entre le vendredi 26 et le dimanche 28 février 2016 ?

Le 28, le peuple suisse se prononçait sur un sujet ayant trait à l’intégration des étrangers et le 26 était élu à la présidence de la FIFA, Gianni Infantino, pur produit de l’immigration italienne en Suisse.

Pour que des jeunes étrangers aient envie de s’intégrer dans leur pays d’accueil, il est fondamental qu’ils aient l’impression de pouvoir, en travaillant, y réussir socialement. Rien de tel pour le prouver que des exemples médiatiques et vivants.

Or, Gianni Infantino est l’archétype de cette réussite. De parents italiens d’origine modeste, il est parvenu à l’âge de 45 ans à devenir, grâce à ses nombreuses qualités, notamment celle d’être un grand travailleur, le patron du football mondial.

Cette réussite doit être mise en exergue par tous les milieux qui luttent pour l’intégration. En effet, cet exemple qui fait appel au sport le plus populaire parmi les jeunes de notre pays démontre que la Suisse, si l’on croit à la valeur travail, permet à un jeune immigré de s’y intégrer et de prendre l’ascenseur social.

Gianni, complimenti e in bocca al lupo !

Infantino Président !

Le 26 février prochain aura lieu l’élection du président de la FIFA. Parmi les cinq candidats, il importe que Gianni Infantino soit élu.

En effet, Gianni Infantino a trois qualités qui devraient en faire un excellent président.

D’une part, c’est un homme loyal. En effet, il a toujours déclaré que si Michel Platini qui aurait sans doute été le président idéal pouvait se présenter, il se retirerait. Malheureusement, la candidature de Michel Platini a été anéantie par la Commission d’éthique. Il faut espérer que son honneur sera lavé et la suite de sa carrière préservée par le Tribunal arbitral du sport ou les tribunaux ordinaires.

D’autre part, Gianni Infantino a le double avantage de bénéficier d’une large expérience dans le domaine du football et des associations qui le représentent, puisqu’il est Secrétaire général de l’UEFA et qu’il a occupé différentes fonctions au sein des associations nationales, sans toutefois avoir été membre des instances dirigeantes de la FIFA.

Enfin, de par sa formation de juriste, les fonctions qu’il a occupées au sein de l’UEFA et son excellence connaissance des langues, il dispose de toutes les qualités pour réformer la FIFA ainsi que pour y imposer de nouvelles règles de gouvernance.

Aucun des autres candidats actuels à la présidence de la FIFA ne cumule autant de qualités.

Il importe que les milieux suisses influents dans le domaine soutiennent la candidature de Gianni Infantino car, autant l’élection d’un Suisse à la tête de la FIFA est une forme de garantie que cette association reste dans notre pays, autant l’élection d’un président non européen ferait courir le risque qu’elle soit happée par d’autres cieux.

L’initiative de l’UDC va à l’encontre de l’intégration

L’initiative de l’UDC « Pour le renvoi effectif des étrangers criminels (initiative de mise en œuvre) » repose notamment sur l’idée que la Suisse doit expulser les ressortissants étrangers qui commettent un certain nombre de délits et qui, par conséquent, ne sont pas intégrés à la société helvétique. Or, en proposant d’expulser automatiquement des personnes étrangères pour des délits de relativement peu d’importance en cas de récidive, cette initiative contrairement au but qu’elle tente d’atteindre, freine en réalité l’intégration des ressortissants étrangers.

En effet, il est incontestable que l’intégration nécessite un effort de la part de l’individu qui désire s’intégrer dans une société ou dans un Etat qui n’est pas le sien. C’est notamment pour cette raison, outre la question de la laïcité, que je suis opposé au port du voile à l’école. Cependant, l’intégration exige également que l’Etat d’accueil offre des conditions-cadre adéquates. La plus importante sans doute est que le ressortissant étranger puisse envisager un avenir pour lui et les générations à venir dans son Etat d’adoption. Pour ce faire, il est impératif qu’il puisse compter sur le fait que, sauf accroc majeur, il puisse résider à demeure dans cet Etat. En effet, comment exiger d’un ressortissant étranger que progressivement, au fil des années et des générations, il se distancie de son pays d’origine pour prendre pied dans son pays d’adoption, s’il a l’impression qu’à tout moment il peut être expulsé de celui-ci ! Pensez-vous que la communauté italienne dont ma grand-mère faisait partie aurait tant fait pour s’intégrer en Suisse si ses membres avaient eu l’impression que du jour au lendemain la Suisse pouvait exiger leur départ ? La réponse est évidemment non. D’ailleurs, la politique migratoire helvétique repose sur ce principe, puisqu’après une période probatoire durant laquelle un ressortissant étranger a un permis B qui peut ne pas être renouvelé, il obtient un permis C qui ne peut lui être retiré que dans des cas très spécifiques.

Il résulte de ce qui précède qu’une acceptation de l’initiative de l’UDC le 28 février n’aurait pas comme conséquence que les ressortissants étrangers en Suisse s’intègrent plus dans la société helvétique, mais serait au contraire un énorme frein à l’intégration !

Battons-nous pour la liberté !

Le 17 novembre, j’assistais à Bruxelles, parmi un public en liesse, à un concert de Charles Aznavour chantant « Emmenez-moi au pays des merveilles ». Le 19 novembre, face à des policiers portant des gilets pare-balles nous protégeant, je présentais, en qualité de président de la Licra-Suisse, Mohamed Sifaoui qui faisait une conférence intitulée « Pourquoi l’islamisme séduit-il ? ». Alors que deux jours s’étaient écoulés, j’avais l’impression que ces deux instants étaient séparés par une éternité. Un monde de liberté que j’adore était en train de basculer.

Il ne faut pas se méprendre sur ce qu’attaquent les islamistes. Ils ne s’en prennent pas uniquement à la liberté d’expression, mais à la liberté tout court. Face à ces attaques, il nous incombe de réagir et de nous battre. Ne faisons pas comme cette génération parfaitement décrite par Stefan Zweig dans son ouvrage « Le Monde d’hier » qui, alors que le monde s’enflammait, ne voyait pas le danger et se consacrait uniquement aux arts et à la littérature.

Avec d’autres, la Licra est l’un des fers de lance de ce combat. En effet, autant il est important de voir la réalité en face et d’admettre que les islamistes se réclament de l’islam, autant il est nécessaire de lutter contre l’islamisme, autant il est impératif de le faire avec nos valeurs démocratiques sans sombrer dans le racisme et la xénophobie à l’égard des musulmans. Une telle dérive, serait non seulement injuste, mais correspondrait exactement au but recherché par les islamistes.

PS, PDC, PLR, UDC, et j’en passe, doivent faire front commun avec nous pour lutter contre les fondamentalistes et pour défendre notre monde de liberté.

Pour paraphraser Aznavour, j’aimerais pouvoir chanter qu’avec la liberté, désormais on nous verra toujours ensemble…

Gauche ET droite au Conseil des Etats

Il appartiendra le 8 novembre prochain aux Genevois et aux Vaudois d’élire leurs représentants au Conseil des Etats.

Il est paradoxal de constater que ces deux cantons où les partis de droite sont très présents risquent d’être représentés à la chambre des cantons non seulement par quatre élus de gauche, mais par des sénateurs, à l’exception de Géraldine Savary, considérés sur la base de leurs votes comme les plus à gauche de Suisse.

A l’heure où le Conseil des Etats devra prendre des décisions importantes sur le plan économique pour les cantons lémaniques, il est fondamental que ces derniers soient représentés par deux sénateurs dont le profil politique correspond aux forces en présence dans ces cantons.

Seul un ticket composé de deux sénateurs, l’un de droite et l’autre de gauche, permettra aux cantons de Vaud et de Genève d’avoir une représentation reflétant leur sensibilité politique.

L’UDC Vaud soutient Eveline Widmer-Schlumpf

Hier soir, les délégués de l’UDC Vaud ont décidé de ne pas soutenir le PLR Olivier Français pour le second tour du Conseil aux Etats qui l’opposera au ticket rose-vert composé de Géraldine Savary et de Luc Recordon.

Cette décision est étonnante et cocasse à la fois.

Etonnante, dans la mesure où l’on sait que l’élection ou la non réélection d’Eveline Widmer-Schlumpf au Conseil fédéral et la nomination d’un second membre de l’UDC au gouvernement se jouera dans un mouchoir de poche. Pour que l’UDC arrive à ses fins, il est fondamental que le maximum de conseillers aux Etats de droite soit élu au second tour. Or, en privant Olivier Français de son soutien, l’UDC diminue ses chances d’être élu.

Cocasse, car en refusant de soutenir Olivier Français, l’UDC fait le jeu de Luc Recordon qui a été l’un des grands artisans de la non réélection de Christoph Blocher.

Outre les rancœurs, cette attitude trouve peut-être sa source, dans le fait que Fathi Derder, le vienne ensuite PLR qui remplacerait Olivier Français au Conseil national en cas d’élection de ce dernier au Conseil aux Etats, n’a pas le profil souhaité…

C’est où Bruxelles ?

La première constatation qui s’impose, malheureusement, après le verdict des élections fédérales est que le vote du 9 février 2014 n’était pas un accident. La montée en puissance de l’UDC doit être ressentie comme une douche froide par tous ceux qui pensaient qu’il suffirait de revoter.

Depuis le 9 février, de nombreux milieux politiques et économiques considéraient, inconsciemment, que le peuple suisse ne sacrifierait pas les relations bilatérales si la question lui était clairement et franchement posée. Par conséquent, le scénario consistant à ce que nos concitoyens exigent une application stricte de l’initiative « contre l’immigration de masse » et refusent tout accord institutionnel, n’était considéré que comme hypothétique. Aujourd’hui, il doit être pris en considération comme un scénario possible. En effet, Bruxelles paraît s’éloigner de plus en plus dans l’esprit des Helvètes.

Durant cette législature, il sera fondamental que le PLR fasse preuve d’une très grande responsabilité, ce dont je ne doute pas. En effet, lui seul pourra, en tout cas au parlement, bloquer les projets de l’UDC de nature à mettre en péril l’économie suisse.

La douleur sans nom

Un de mes amis a perdu il y a quelques jours son fils âgé de 24 ans.

La langue française dénomme orphelin celui qui a perdu son ou ses parents et veuf l’homme dont l’épouse est décédée. Les mêmes mots se déclinent au féminin. Or, aucun terme ne désigne celle ou celui qui a perdu son enfant. La douleur est peut-être trop grande pour que les mots puissent la qualifier.

Comme l’écrivait Victor Hugo, faire des enfants, c’est donner des otages au destin.

Ciao Raffaele