Lâcher prise: sortir du contrôle

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Le lâcher prise est une étape émotionnelle importante à franchir lorsque tu n’as aucune emprise sur les évènements. Il peut s’agir de l’attente de la décision d’une autre personne, d’une rupture, d’une maladie, d’un deuil, ou de toute autre situation dans laquelle tu te confrontes à ton impuissance.

Le premier pas dans cette direction est de constater que tu n’as pas le contrôle sur ce qui se passe, qu’il s’agisse du comportement de quelqu’un d’autre ou de la façon dont les difficultés peuvent émerger.

Le lâcher prise a également lieu lorsque, après avoir retourné ciel et terre pour résoudre un problème, tu te trouves à court d’idée ou de motivation et tu réalises que tu ne sais plus comment lutter.

Si tu ressens que tu as des difficultés à lâcher prise, c’est que tu as de la peine à accepter les choses telles qu’elles sont. Autrement dit, la situation génère chez toi des émotions désagréables que tu n’as pas envie ou que tu n’es pas en mesure d’accueillir.

Fuir la douleur

Ton ressenti peut t’effrayer pour plusieurs raisons. Écouter ton émotion peut remettre en question des principes qui étaient importants pour toi ou des valeurs sur lesquelles ta confiance reposait. Ce changement est trop inconfortable pour que tu lui offres sa place : il nécessite que tu détruises ton système de croyances qui t’avait été tant utile jusqu’ici et que tu en construises un différent, que tu ne connais pas encore. Ce mécanisme peut mener chacun et chacune d’entre nous dans une fuite en avant enrobée de déni, détournant notre attention des évidences qui pourraient déclencher une prise de conscience importante. Pourquoi éviter ainsi la réalité ? Parce que la désillusion est très douloureuse.

Confronter la peur

La méthode Tipi propose d’inverser le processus : là où notre réflexe inconscient consiste à nier l’émotion ou à s’en distraire, il s’agit d’orienter l’entier de notre attention vers l’émotion négative.

  1. Où ressens-tu cette émotion dans ton corps ? Cela peut être dans ton cou, dans le ventre, au niveau des épaules ou ailleurs – l’important est d’identifier l’endroit où elle se manifeste.
  2. Quelle sensation se manifeste ici ? S’agit-il d’une pression, d’une crispation, d’une impression de vide ?
  3. Concentre toute ton attention là-dessus et intensifie ce ressenti à cet endroit. Cela va devenir très désagréable, mais accroche-toi. Traverse cette douleur jusqu’au bout, elle te prendra 2-3 minutes de ton temps et te permettra d’avancer vers l’acceptation.

Cette méthode peut également s’appliquer d’un point de vue plus large : un évènement bouleversant nécessite parfois que tu prennes du temps pour ressentir la détresse qu’il éveille en toi.

Le pouvoir de l’attention

Pour pouvoir appliquer cette méthode, encore faut-il avoir conscience de l’émotion qui cherche à provoquer un changement en toi. Je te propose d’observer régulièrement ce qui se passe à l’intérieur de toi. La méditation peut t’y aider, mais si cela ne te convient pas, il est aussi possible de prendre un moment, chaque jour, pour prendre des notes de tes pensées, ou encore de t’offrir un moment de solitude pendant lequel tu peux te concentrer sur toi (par exemple, lors d’une marche). En prenant cette habitude, tu réussis à cibler les sensations désagréables plus rapidement, ce qui facilite leur résolution.

Lâcher prise, c’est parfois aussi accepter qu’on n’arrive pas à lâcher prise

Certaines situations sont trop douloureuses pour que tu sois en mesure de les digérer immédiatement. Cela est très subjectif : un évènement peut passer comme une lettre à la poste pour une personne et s’avérer extrêmement difficile pour une autre. Il est normal que tu prennes du temps à accepter des épreuves qui relèvent de l’insoutenable pour toi. Fais preuve d’indulgence avec toi-même et confie-toi au temps, qui saura te faire avancer jusqu’à l’étape où tu pourras t’ouvrir émotionnellement à ce qui t’es arrivé.

Si tu n’arrive pas à lâcher prise et que cela te cause trop de souffrance, cherche de l’aide auprès d’une personne qualifiée. Ton bien-être est primordial et il est important que tu ais le courage de prendre soin de toi.

Vidéo de la semaine : Se détacher du regard des autres

Au-delà de la liberté – Julien Borloz et Sophie Serex

Pourquoi aborder le parcours de deux indépendants sur un blog dédié à l’hypersensibilité et au développement personnel ? L’idée a émergé de l’entretien que j’ai eu avec Julien Borloz, qui vit désormais de ses accompagnements en coaching et en hypnose. En écoutant son récit, j’ai réalisé que ses quatre années de persévérance à toute épreuve ne l’avaient pas seulement permis de vivre de sa passion en indépendant, mais aussi et surtout d’adopter une force tranquille face aux aléas de la vie. Cet échange vient confirmer une conviction que plusieurs évènements ont peu à peu insufflé en moi : au-delà de ta culture générale, de ton parcours professionnel, de tes habitudes alimentaires, de tes sorties entre amis, des voyages que tu peux t’offrir, le bonheur réside avant tout dans l’état d’esprit que tu décides d’adopter.

 

Sophie Serex, fondatrice du studio de yoga Samadhi à Morges, partage ce point de vue : « Je pense que le fait de se responsabiliser pour nos propres actions, de se faire confiance, de connaître notre valeur et de continuer à progresser vers l’objectif que l’on s’est fixé, surtout quand cela devient dur, ce sont des qualités qui permettraient à toutes et tous d’être plus indépendants face à notre propre bonheur, peu importe notre statut professionnel. » Elle-même et Julien Borloz ont trouvé leur passion dans un parcours comprenant une carrière indépendante. Pour d’autres rêveurs accomplis, il s’agira d’un chemin différent, comme ce fut le cas de Cristofer Schenke qui, en février dernier, m’a raconté son parcours de musicien professionnel. Ceci dit, ces trois personnes qui se sont battues pour s’épanouir professionnellement partagent une mentalité très similaire, comprenant une persévérance et une motivation inébranlables. Comment trouver la force d’avancer malgré toute épreuve ? Quel que soit ton objectif, ces conseils peuvent t’être utiles !

 

1. Se fixer un but

« A mes yeux, l’entreprenariat c’est savoir ce que l’on veut, savoir que l’on peut l’obtenir, et tout faire pour y arriver » mentionne Sophie. Trois étapes qui nécessitent une certaine assurance, à commencer par la connaissance de son objectif professionnel. Comment déterminer le métier qui nous fera vibrer ? « Je pense qu’au fond de nous, on sait très bien ce qu’on veut faire, l’important est de se détacher du regard des autres pour se lancer. » explique Julien. À celles et ceux qui n’ont pas encore trouvé leur passion, il conseille de lister les valeurs qui les animent au quotidien pour s’orienter. Il s’agit ensuite d’essayer jusqu’à trouver sa voie !

Prioritiser ce qui te tient à cœur joue un rôle crucial dans ton estime de toi. Si les réactions de ton entourage t’effraient, il peut être intéressant de te poser les questions suivantes :

–          En quoi leur avis est-il important pour moi ?

–          Si personne ne connaissait mes choix, qu’est-ce que je déciderais ?

–          Qu’est-ce que j’en penserai le tout dernier jour de ma vie ?

 

2. Une source d’inspiration

Ton objectif t’offre une direction, ce qui est extrêmement motivant. Ceci dit, il est nécessaire « d’avoir suffisamment confiance en soi pour savoir que l’on peut y arriver malgré les coups durs, les doutes et les embûches » ajoute Sophie. Si ta volonté de fer peut t’aider en soi, Julien a trouvé un excellent moyen de renforcer sa conviction : « Un an après avoir lancé betterme.ch, un collègue qui vivait presque du coaching a découvert ce que je faisais et m’a beaucoup encouragé. Cela m’a permis d’avoir un exemple, de savoir que c’était possible ».

T’entourer de personnes qui ont atteint un objectif similaire au tien peut s’avérer extrêmement stimulant. Cela requiert également que tu te détournes de ton sentiment envieux pour cultiver de l’admiration et de la gratitude envers elles. Approche-les, manifeste-leur ta reconnaissance et pose-leur des questions ; elles sont littéralement expertes dans ton domaine, donc les mieux placées pour t’offrir des conseils utiles.

 

3. Apprécier le processus

« Lorsqu’on plante une graine, on attend des mois avant de récolter le résultat. L’indépendance, c’est la même chose ». Julien a passé une année à rédiger un article par semaine sur son blog avant que son tout premier client ne l’appelle. Son statut d’indépendant lui sera revenu entre les mains au bout de quatre années d’efforts ininterrompus. Que s’est-il passé lorsqu’il a atteint son objectif ? « Le moment où j’ai posé ma démission était riche en émotion, mais le lendemain était un jour comme les autres ».

Ton objectif n’est pas une fin en soi ; son aboutissement est de t’enthousiasmer au quotidien. Plutôt que de t’accrocher au résultat, apprécie le processus ! Le rêve d’indépendance de Sophie lui a permis de détacher ses actions des leurs effets : « C’est un moyen de retrouver notre pouvoir personnel et de savoir que l’on peut vraiment faire confiance à notre force intérieure, peu importe les circonstances extérieures, pour continuer de nous faire aller de l’avant. »

 

4. Faire preuve de réalisme

Ton ascension vers ce projet qui t’anime t’apportera de nombreuses découvertes, rencontres et t’apprendra énormément. Cependant, la ligne d’arrivée ne diminuera pas les difficultés qui font partie de ton quotidien et ne mettra pas fin à tes efforts. Au contraire ! « On pense qu’un indépendant est libre de faire ce qu’il veut parce qu’il n’a pas de patron – en réalité, mes 50 clients sont mes patrons. Deux tiers d’entre eux ont décidé de mettre leur accompagnement sur pause pendant le confinement, je n’ai d’autre choix que d’accepter cette réalité » ajoute Julien.

Loin de te faciliter la tâche, les grandes étapes de ta vie t’ouvriront de nouveaux défis et t’obligeront à faire preuve de créativité. Pour Sophie, le confinement « invite à la réflexion sur la diversification des moyens de gagner sa vie pour s’assurer que lorsqu’une rivière s’assèche, il nous reste des petits ruisseaux de secours qui continuent à nous approvisionner en eau pour justement éviter la sécheresse totale ». Autrement dit, atteindre ton objectif augmentera tes responsabilités et ta charge mentale dans les moments difficiles. Ta passion pour ce rêve est le moteur qui te permet de garder le cap, avant et après qu’il soit réalisé.

 

Les bonnes questions

Sophie propose d’ouvrir de nouvelles perspectives en cette période troublée : « Je suis une grande amatrice de tourner le négatif en positif et j’aimerais terminer par un petit questionnement tourné au lectorat sur ce que cette crise pourrait vous apporter de positif. Sur un niveau personnel premièrement : avec quelle nouvelle compréhension de vous, votre fonctionnement, vos peurs et limitations mais aussi vos qualités qui vous permettent de rebondir de façon créative ressortez-vous ? Puis sur un plan professionnel, comment cette situation a-t-elle fait évoluer votre relation à votre travail, son importance pour vous et pour le monde ? Qu’est-ce que ce temps au ralenti vous a permis de faire qui vous a rempli de satisfaction ? »

Un optimisme immuable, c’est sûrement la qualité qui te permettra non seulement de mener tes projets, mais aussi de cultiver une vie heureuse jour après jour.

 

Liens

Julien Borloz : https://www.betterme.ch/

Sophie Serex : https://www.samadhiyoga.ch/

Mettre fin aux ruminations

 

 

Peur de perdre ton travail, colère envers l’absurdité de cette crise, anxiété face à l’incertitude qui accompagne le déconfinement, ou encore tristesse vis-à-vis des évènements qui sont annulés… Les ruminations t’empêchent de dormir1 et entretiennent un état émotionnel désagréable et inutile2. Comment faire face à tes inquiétudes de manière efficace ?

 

Cet article te présente six étapes qui te guident vers une solution en accord avec tes valeurs, tes besoins et tes capacités. Il est recommandé d’avoir à ta disposition un stylo, un cahier et du temps. Tu peux aussi débuter ta réflexion sur papier, puis laisser mûrir tes idées pendant quelques jours, ou encore les nourrir avec les suggestions de tes proches. L’important est que tu gardes une trace écrite de tes pensées.

 

1. ÉTAT DES LIEUX. Fais un résumé de la situation qui te tracasse. Il est prouvé3 qu’écrire au sujet de tes problèmes réduit ton stress face aux prochaines situations anxiogènes. Nous ressentons parfois un malaise sans être capable d’identifier précisément sa source ; cette démarche te permet d’explorer le problème et de comprendre l’origine de ton émotion.

Exemple : Je ressens une grande démotivation depuis le déconfinement. J’ai l’impression que le monde reprend sans moi, car je dois continuer le télétravail. Ma vie professionnelle ne m’offre pas encore de sorties ou de rencontres quotidiennes, et ma vie sociale est devenue très restreinte. J’ai aussi peur de ne pas être à la hauteur le jour où il faudra reprendre un rythme normal.

 

Une fois que tu as une bonne vision d’ensemble de la situation, désigne un moment en particulier où l’élément qui te dérange se produit. Il peut en avoir plusieurs, bien sûr ; ici, tu peux en choisir un qui illustre le mieux ton problème.

Exemple : Lorsque mon réveil sonne, j’ai envie de rester au lit – se lever tôt n’est pas important, je peux aussi terminer mes heures de travail plus tard le soir. Lorsque je me réveille à nouveau, je m’en veux d’avoir perdu du temps je me sens inutile. La motivation descend et j’ai de plus en plus de peine à me lever. Lorsque, finalement, je me décide et démarre, j’ai l’impression que j’ai déjà gâché une partie de ma journée et je ressens de la frustration. En plus, le soir, je suis moins efficace que le matin, et le travail que je réalise à ce moment-là perd en qualité.

 

2. BAGUETTE MAGIQUE. Maintenant que tu as précisément désigné la situation qui te tracasse, imaginons que tu as le super-pouvoir de modifier le déroulement de cet évènement. Comment aimerais-tu que ça se passe, idéalement ? Cela correspond à la première étape de la méthode de Walt Disney pour gérer un problème, celle du rêveur. Il s’agit de recréer la même situation avec une meilleur fin !
Une seule contrainte : tu peux modifier uniquement tes propres émotions, tes propres pensées et ton propre comportement. Qui aimerais-tu être pendant ce moment ?Exemple : Si j’avais une baguette magique, je me lèverais tous les matins avec énormément de motivation, une vision claire de ma journée, une division du temps précise entre les heures de travail et les moments de détente, et une rencontre virtuelle quotidienne avec des proches pour entretenir un lien. Je me réjouirais de démarrer et j’aurais envie d’avancer dans mes projets..
3. PLAN. Tu as conscience du problème actuel et tu sais quel résultat tu aimerais atteindre. Quelles stratégies pourrais-tu adopter pour y arriver ? Walt Disney désigne cette démarche comme étant celle du réaliste, qui considère la situation de manière pragmatique. Plusieurs idées peuvent te venir à l’esprit, note-les toutes, sans aucune exception. Les éléments les plus absurdes ont aussi leur place dans tes notes ! Ne pose absolument aucun filtre, aucune limite, c’est le moment de laisser exploser ta créativité.

Exemple : Pour atteindre cette motivation, je peux… aller me coucher plus tôt / faire un plan de la journée suivante avant d’aller dormir / mettre le réveil un quart d’heure plus tôt pour avoir le temps de me réveiller avant de me lever / m’offrir une célébration à la fin de mes heures de travail (appeler une personne qui m’est chère – me préparer un bon petit plat – aller marcher – regarder un film ou lire un livre) / aller courir avant de prendre le petit déjeuner / diminuer les aliments sucrés qui, une fois dans mon organisme, jouent avec mon moral / écouter de la musique en travaillant / …

 

4. SÉLECTION. Entrons maintenant dans l’étape du critique de la méthode de Walt Disney. Parmi toutes les options que tu as énumérées, laquelle te semble la plus utile, la plus réalisable, la plus efficace ? Bien sûr, il peut y en avoir plusieurs. L’important est que tu sélectionne celles pour lesquelles tu ressens l’envie et la motivation de les mettre en place. Bien sûr, il faut aussi qu’elles fassent partie de ton champ des possibles.

Exemple : La méthode la plus efficace me paraît celle d’écrire un plan des activités du lendemain avant d’aller me coucher. Cela me donne déjà une vision de ma journée et me permet de m’endormir en ayant des projets, des idées, et en ressentant que le lendemain sera utile.

 

5. OBSTACLE. C’est l’heure de faire preuve de pessimisme. Qu’est-ce qui pourrait t’empêcher de mettre en œuvre ton plan, te freiner, ou créer des obstacles dans ta démarche ? Imagine tous les scénarios problématiques imaginables.
Comment feras-tu s’il l’un de ces problèmes se pose sur ton chemin ? Comment vas-tu les contourner, les combattre, les solutionner ? Un esprit averti en vaut deux.Exemple : Je risque de faire une liste de choses à faire trop longues, ce qui peut, au lieu de me motiver, me mettre une trop grande pression et m’empêcher de trouver de l’enthousiasme au réveil. Pour éviter cela, je me mets une limite à maximum 15 éléments par jour.
Je risque de ressentir de la frustration si je n’ai pas réussi à faire toutes les activités à la fin de la journée. Afin d’éviter de m’en vouloir, je m’autorise à reporter 2 éléments par jour au lendemain. Comme ça, si un imprévu m’empêche d’avancer, je sais que j’ai cette marge de manœuvre.  
6. RENDEZ-VOUS. Tu sais comment tu dois t’y prendre, mais cela n’a aucune utilité si tu ne mets pas ton travail en pratique. Quand vas-tu passer à l’action ? Choisis le jour, l’heure, le lieu. N’oublie pas de choisir une personne de ton entourage qui te servira d’alliée. Tu auras expliqué ton plan et indiqué ton horaire, il te faudra ensuite lui envoyer un message une fois que tu auras agi. C’est tellement plus motivant d’agir lorsqu’on sait que quelqu’un compte sur nous !

Exemple : Ce soir, à 21h, je crée ma liste de choses à faire pour demain. Je l’ai promis à une connaissance et je lui enverrai une photo de mon planning une fois qu’il sera terminé. Si je ne l’ai pas fait d’ici 21h30, elle m’appelle !

 

Cette démarche te permet de trouver une solution et de passer à l’action. Si tu as envie de t’y mettre, tu trouves ici un document qui te guide à travers ces différentes étapes.

Tous les problèmes n’ont pas forcément une solution : on s’intéresse ici aux situations sur lesquelles tu as le pouvoir d’agir. Si tu ressens de l’anxiété face à un évènement qui est hors de ton contrôle, tu peux trouver d’autres clefs pour te guider ici.

Belle suite à toi !


1 « Presently, empirical evidence indicates that trait worriers are significantly more likely to experience sleep disturbance and that both experimentally induced and naturally occurring worry can impair subsequent sleep onset and maintenance. »
PILLAI, Vivek et DRAKE, Christopher L. Sleep and repetitive thought: the role of rumination and worry in sleep disturbance. In : Sleep and affect. Academic Press, 2015. p. 218.

2 « [L]es patients avec ruminations pensent ou croient qu’ils vont en tirer un bénéfice direct sur la connaissance qu’ils ont d’eux même et leurs problèmes, alors qu’en pratique leur efficience à trouver des solutions reste faible »
MOUCHABAC, S. Les ruminations idéatives dépressives. L’Encéphale, 2012, vol. 38, p. 30.

3 « [W]riting about past failures reduce[s] one’s physiological stress response to a new psychosocial stressor. »
DIMENICHI, Brynne C., LEMPERT, Karolina M., BEJJANI, Christina, et al. Writing about past failures attenuates cortisol responses and sustained attention deficits following psychosocial stress. Frontiers in behavioral neuroscience, 2018, vol. 12, p. 7.

 

 

 

Retour aux sources à travers le yoga

L’époque du coronavirus t’invite à rester dans ton cocon, ce qui requiert un certain nombre d’aménagements dans ton quotidien. Peur de l’ennui ? C’est là une excellente opportunité de découvrir le yoga ou d’approfondir ta pratique.

Plus qu’une mode, cette discipline devient un véritable style de vie – célébrités revendiquant ses bienfaits, études scientifiques confirmant son utilité, témoignages ravis de ton entourage : tout semble indiquer que ce sport peut amener des changements significatifs dans ton quotidien.

Découvrir les bénéfices du yoga

Ceci dit, ton enthousiasme peut rapidement donner place à un certain embarras face à l’étendue de l’offre qui défile sous tes yeux. Cours de Hatha, Vinyasa, Iyengar, Kundalini, Yin et autres termes inconnus te rendent perplexe. Par où commencer ? Clélia, Christel, Priscilla et Sophie, qui enseignent différentes formes de yoga, te présentent leurs pratiques pour t’orienter dans cette découverte.

  • Hatha

« Le Hatha yoga est considéré comme la forme de yoga la plus traditionnelle car elle comprend des postures, des exercices de respiration et des techniques de purification physique » explique Sophie, fondatrice du studio Samadhi Yoga à Morges. Les postures sont adoptées pendant une longue durée, explorant en profondeur ses effets sur ton corps, ton souffle et ton esprit. Cette pratique de l’effort dans la lenteur permet de te préparer à l’exercice de la méditation.

Séance de Hatha en vidéo

 

  • Vinyasa

Si tu as besoin de dynamisme, le Vinyasa enchaîne des postures en travaillant avec la respiration. « Il s’agit d’une séquence fluide synchronisant souffle et mouvement » explique Clélia. Sa passion pour la danse et le yoga s’unissent dans une approche mêlant rythme et contemplation. L’enchaînement n’est pas préfédini, ses variations cadencées engendrent une méditation dans le mouvement. Tu y découvres le potentiel de ton corps en entraînant force musculaire, souplesse et endurance.

Séance de Vinyasa en vidéo

 

  • Yoga Prénatal

Christel harmonise les bénéfices du yoga dans une approche centrée sur l’attente de ton heureux évènement. « Le Yoga Prénatal offre une pratique physique adaptée aux trimestres » explique l’enseignante. Ses exercices visent à faciliter l’ouverture des hanches, soulager le bas du dos et créer de l’espace au niveau du buste. Tu y travailles non seulement le souffle et le périnée, mais tu te prépares aussi mentalement à l’accouchement avec un groupe de femmes qui traverse une expérience similaire.

Séance de Yoga Prénatal en vidéo

 

  • Kundalini

Cette discipline combine « des exercices physiques, des pratiques respiratoires, des danses des mains et le chant de mantras pour entrer en méditation » explique Priscilla, co-fondatrice du Studio Nomad. En sanskrit, le terme « Kundalini » évoque un serpent enroulé sur lui-même. Il symbolise une énergie latente que tu peux réveiller pour activer tes chakras et te connecter à ton toi profond. Un merveilleux moyen de t’ancrer dans l’instant présent à travers une approche ouverte et bienveillante.

Séance de Kundalini en vidéo

 

  • Iyengar

« C’est une pratique centrée sur la rigueur, l’alignement et la précision » explique Christel. L’Iyengar suit des séquences spécifiques, travaillant différentes parties du corps tour à tour. Des sangles, des briques, des couvertures, des chaises et des cordes peuvent adapter les postures à tes capacités physiques. Cette discipline est un excellent moyen de se remettre au sport après une blessure ou une opération : B. K. S. Iyengar avait lui-même des problèmes de santé lorsqu’il a fondé cette approche.

Séance d’Iyengar en vidéo

 

  • Yin Yoga

Si tu as besoin de te détendre, cette pratique permet de lâcher les tensions profondes et les crispations émotionnelles retenues dans le corps. Elle fait appel à des postures assises ou couchées, tenues pendant plusieurs minutes. « Le Yin Yoga se concentre sur l’étirement des tissus conjonctifs, fascia, articulations et muscles ; lent, passif et efficace, il convient à tous les âges et tous les niveaux » ajoute Clélia. À travers la stimulation des méridiens, cette discipline te permet de retrouver le calme.

Séance de Yin Yoga en vidéo

 

  • Yoga Thérapeutique

Bien qu’adaptée à toute personne cherchant à diminuer le stress du quotidien, cette approche peut t’accompagner en parallèle d’une maladie ou d’un lourd traitement. « Elle combine des moments de profonde méditation avec des exercices de respiration et des mouvements de yoga en douceur » précise Priscilla. Le yoga thérapeutique te permet de découvrir et d’observer les frontières de ton corps, d’explorer de nouvelles sensations, d’assouplir ton corps et ton esprit.

Séance de yoga Thérapeutique en vidéo

 

Il existe de nombreuses autres approches : l’AcroYoga qui se pratique à deux, le Bikram pratiqué dans des salles chauffées à 40°C, le Nidra explorant un état entre l’éveil et le sommeil, mais encore… Quoi qu’il en soit, tes premiers pas dans le monde du yoga gagnent à être accompagnés par les bonnes questions. Qu’est-ce que tu cherches à travers cette discipline ?

Une fois que tu en sais plus sur tes besoins, les enseignantes sont unanimes : le meilleur moyen de trouver chaussure à ton pied est d’essayer. Fais preuve de curiosité, autorise-toi à te lancer, changer, évoluer, prête attention à ton ressenti. Il est important que tu te sentes à l’aise vis-à-vis de la personne qui t’accompagne dans ta pratique, virtuellement ou en personne. Ambiance calme, environnement sérieuse ou atmosphère divertissante : à toi de voir ce qui te nourrit le plus. Cette heure que tu t’offres doit avant tout être un plaisir !

Je te souhaite une excellente découverte.

 

Liens

Christel : https://www.petityogalab.com/

Clélia : https://www.yogaflowclelia.com/

Priscilla : https://www.lestudionomad.com/

Sophie : http://samadhiyoga.ch/

 

L’Acroyoga se pratique à deux.

L’appel de l’alto

Sous la pression de l’archet, une corde entonne le récit d’un rêve. La première note s’installe doucement dans l’air, enveloppant l’atmosphère de ses vibrations. Le chant de l’alto nous héberge au plus profond de son être. Les doigts de Cristofer Schencke valsent gracieusement sur le sillet, oscillent lors d’un vibrato, donnent peu à peu vie à la première Suite de Max Reger.

« J’ai décidé de devenir musicien à 16 ans ». L’altiste quitte alors Valdivia pour étudier à Santiago de Chile, à plus de 800 kilomètres de sa ville natale. Son jeune âge ne lui permettant pas de travailler, il joue dans la rue tous les jours afin de financer ses études et son logement.

L’isolement, la solitude et les difficultés de ce mode de vie forgent tant bien que mal le jeune musicien. À plusieurs reprises, il se rend à la station de bus, toutes ses affaires sur lui, avec la ferme intention de retourner chez ses parents. « J’attendais l’heure du départ devant le bus, puis mon orgueil reprenait le dessus : je regardais le bus disparaître à l’horizon, je retournais à l’hôtel et j’y pleurais toutes larmes de mon corps. »

Les années passent, les heures de travail acharné se succèdent, les auditions défilent. La ville de Santiago s’intéresse peu à peu aux talents de Cristofer, qui joue dans différents ensembles. Vient ensuite le jour où l’Orchestre Symphonique National du Chili l’engage comme remplaçant ; une fois, une autre, puis de plus en plus souvent.

La stabilité le motive à aller plus loin. Il obtient une bourse pour étudier à Berlin et s’y rend sans connaître la langue. « Toutes les difficultés que j’ai vécues à Santiago se sont manifestées de manière plus intense en Allemagne. J’ai passé deux mois dans cette ville sans pouvoir parler à personne. » Les expériences de ses 16 ans s’avèrent salvatrices, lui conférant l’expérience nécessaire pour mener à bien ce voyage.

En 2017, Cristofer obtient un poste permanent à l’Orchestre Symphonique National du Chili. L’artiste exulte. Gratitude, fierté, euphorie. Son rêve réalisé, ses accomplissements célébrés, le musicien insiste sur le rôle de son intuition. « J’ai suivi très tôt la voix qui me disait ce que je devais faire de ma vie, ce qui m’a permis d’arriver plus loin que ce que j’avais imaginé. Deux semaines après avoir reçu cette nouvelle, j’ai recommencé à me poser des questions. »

Le musicien s’est créé de nouveaux buts, évoquant de nombreux voyages. Aujourd’hui en séjour à Berlin, Cristofer parle de son parcours avec beaucoup de reconnaissance. Bien plus que la finalité de ses objectifs, son amour pour le processus qui l’y mène lui permet de vivre un rêve éveillé.

Bajo la presión del arco, una cuerda entona el relato de un sueño. La primera nota se instala suavemente en el aire, envolviendo la atmósfera con sus vibraciones. El canto de la viola nos alberga en lo más profundo de su ser. Los dedos de Cristofer Schencke valsean delicadamente en la cejilla, oscilan durante un vibrato, dándole vida a la Suite 1 de Max Reger.

“Decidí ser músico a los 16 años”. En este momento, el violista deja Valdivia para estudiar en Santiago de Chile, a más de 800 kilómetros de su ciudad natal. Puesto que su edad temprana no le permite trabajar, toca en la calle para financiar los estudios y su vivir.

El aislamiento, la soledad y las dificultades de éste estilo de vida forjan el joven músico a duras penas. En ocasiones acudió a la estación de buses, tomando todas sus cosas, con la firma intención de volver a la casa de sus padres. “Esperaba la hora de ida delante del bus, y luego el orgullo vencía: miraba el bus desaparecer en el horizonte, volvía al hostal y lloraba todas sus lagrimas.”

Los años pasan, las horas de trabajo incansable se suceden, las audiciones desfilan. La ciudad de Santiago se interesa poco a poco por los talentos del Cristofer. Llega finalmente el día en el que la Orquesta Sinfónica Nacional de Chile lo contrata como músico extra; una vez, luego otra; y con más frecuencia.

La estabilidad le motiva a seguir adelante. Obtiene una beca para estudiar en Berlín, en donde el va aún sin conocer el idioma. “Todas las dificultades que viví en Santiago fueron peor aún en Alemania. Pasé dos meses sin poder hablar a nadie.” Las experiencias de sus 16 años se revelan salvadoras, conferándole la experiencia necesaria para llevar a cabo este viaje.

En 2017, Cristofer obtiene un puesto permanente en la Orquesta Sinfónica Nacional de Chile. El artista exulta. Gratitud, orgullo, euforia. Su sueño cumplido, su éxito celebrado, el músico insiste en el rol de su intuición. “Tuve la suerte de seguir muy temprano la semilla que me decía lo que tenía que hacer con mi vida, lo que me permitió llegar más allá de lo que me había imaginado. Dos semanas después de haber recibido esta noticia, volví a hacerme preguntas.”

El músico se creó nuevas metas, evocando muchos viajes. Ahora en su estancia en Berlín, Cristofer habla de su recorrido con mucha gratitud. Mucho más que la finalidad de sus viajes, su amor por el proceso que le lleva allá, le permite vivir un sueño sin esta vez estar dormido…

Une bouchée de bonheur

Photo : Suju

Comment l’alimentation influence-t-elle notre état émotionnel ? Dr. Sylviane Picasso, nutritionniste – nutrithérapeute, explique le lien entre nutriments et sentiments.

Sous mes coups de couteau, le pot de Nutella subit malgré lui le tragique destin qui lui est réservé : combler le sentiment d’abandon provoqué par la violente dispute de ce matin. De bouchée en bouchée, de tartine en tartine, un sentiment de réconfort s’installe gentiment en moi. Le temps se dilue, l’émotion s’apaise… cliché, mais vrai. D’où est-ce que cet aliment tire son pouvoir ?

Un plaisir inhérent à la nutrition

« La consommation de chocolat augmente la synthèse d’endorphines, hormones provoquant un sentiment de bien-être » explique la nutrithérapeute. Ses bénéfices ne se réduisent pas aux moments de déprimes solitaires : à Bournemouth, dans le sud-ouest de l’Angleterre, plusieurs boîtes de nuit distribuent des barres de chocolat à la sortie afin de réduire les violences nocturnes.

L’alimentation répond à des nécessités physiologiques, mais elle est aussi un puissant régulateur émotionnel. « Manger, c’est nourrir à la fois son corps et son esprit » définit Sylviane Picasso. Réciproquement, les émotions suscitent certains comportements alimentaires. Un état de tristesse, de colère ou d’anxiété pousse naturellement vers des aliments réconfortants, appelés « aliments doudous » ou « madeleines de Proust » : riches en sucres, ces derniers ramènent à un souvenir ou un sentiment particulier.

Notre attrait initial pour ces nutriments caloriques est issu du besoin de nos ancêtres de faire des réserves, ce qui s’avère utile dans un environnement où l’horaire du prochain repas est incertain. « Consommer ces aliments pose problème uniquement lorsque cela génère des sentiments de honte, souvent causés par les restrictions des régimes » ajoute Sylviane Picasso. La culpabilité que génèrent les injonctions alimentaires et le contrôle mental qui en découle déséquilibrent le comportement alimentaire en interférant avec l’aspect physiologique et émotionnel de l’alimentation.

Bien-être hormonal

L’impact de l’alimentation sur l’état émotionnel s’observe dès le plus jeune âge, lorsqu’une tétée vient apaiser les pleurs du poupon : « la nourriture répond aussi à une recherche de bien-être et de lien social » souligne la nutritionniste. Les aliments provoquent des émotions agréables en stimulant la sécrétion de certaines hormones, comme la dopamine, responsable du plaisir, de l’action et de la vigilance. Étant donné qu’elle est principalement sécrétée le matin, il peut être utile d’encourager sa production en mangeant un petit-déjeuner protéiné, accompagné d’oléagineux (amandes et noix), tout en évitant les aliments sucrés.

Plus tard dans la journée, entre 16 et 17 heures, le corps sécrète de la sérotonine, encourageant la bonne humeur et permettant le contrôle des pulsions. Il est recommandé d’éviter les protéines animales le soir pour s’alimenter de légumineuses et de céréales complètes. Cela favorise la sécrétion de cette hormone, qui, quelques heures plus tard, pourra donner naissance à la mélatonine, responsable du sommeil. Une nuit reposante contribue également à améliorer la production de la sérotonine, engendrant un cercle vertueux.

Les oléagineux et les protéines du petit-déjeuner, les légumineuses et les céréales complètes consommées le soir influencent également la sécrétion de l’hormone nommée gaba, qui ralentit le cœur, calme le système nerveux et provoque un sentiment d’apaisement ; un avantage de plus à s’orienter vers ces aliments. Pour favoriser la production de ces hormones du bonheur, la nutritionniste recommande également la consommation de chocolat, d’œufs, de viande et de poisson gras nourris de façon traditionnelle.

Une alimentation dans l’instant présent

Les émotions sont également influencées par l’état de l’écosystème intestinal, aujourd’hui reconnu comme le deuxième cerveau : regroupant toutes les bactéries de l’intestin, il peut sécréter chacune des hormones responsables du bien-être. Bien nourrir son intestin consiste à adopter une alimentation riche en végétaux et à éviter les produits transformés et les pesticides dans son assiette ; une raison de plus de s’orienter vers des produits issus de l’agriculture biologique.

L’alimentation a donc une influence sur les émotions, mais d’autres facteurs entrent en jeux : une exposition au soleil provoque aussi la sécrétion de la dopamine, le rire et le sport favorisent l’endorphine, se baigner en fin de journée ou se faire masser augmente le taux de sérotonine, mais encore… « Faites un câlin à une personne qui a un trouble alimentaire vingt secondes avant son repas, elle produira alors de l’ocytocine, hormone de l’attachement, et elle mangera moins » mentionne Sylviane Picasso.

Que faut-il retenir au sujet de ces hormones du bonheur ? « Quel que soit le régulateur émotionnel, qu’il s’agisse d’alimentation, de méditation ou de techniques respiratoires, le plus important est d’être épicurien. Il ne s’agit pas, comme on le croit, de manger énormément, mais de savoir tirer un maximum de plaisir de chaque bouchée » explique Sylviane Picasso. Dans Manger en pleine conscience, Dr. Jan Chozen Bay propose également d’observer l’effet de l’alimentation sur nos sens. Observer, sentir, toucher, prêter attention au bruit provoqué par le croquement, et bien sûr examiner chacune des saveurs. Un exercice requérant beaucoup de concentration, qui permet d’apprécier l’alimentation dans toutes ses dimensions.

Au-delà des résolutions

Image: StockSnap

L’épreuve des repas copieux et des cadeaux parfaits achevée, ton corps se remet tant bien que mal de cette première manche. Ton mental se prépare gentiment à passer le cap de la nouvelle année, avec son lot de questions organisationnelles – comment passer cette soirée obligatoirement mythique ? – et un défi de taille pointant son nez : les résolutions.

Tu gardes un vague souvenir des anciennes, peut-être les as-tu notées quelque part. La plupart du temps, il ne fait pas bon comparer la situation actuelle à tes désirs de l’année passée – faire du sport régulièrement ou adopter une alimentation saine et équilibrée – les bruits émis par ton estomac traumatisé te ramènent cruellement à la réalité. L’occasion de prendre d’autres résolutions ? Non ! Le moment est venu d’arrêter de flageller ton estime et ta confiance avec des buts inatteignables : cette année, ne prends pas de résolutions, fixe-toi des objectifs.

Mais où est la différence ? questionne ton haussement de sourcil à la lecture de ces lignes. Alors que la résolution se limite à de bonnes intentions difficilement applicables, un objectif bien défini te motive à te dépasser. Rien de mieux, pour être efficace, que les bons vieux moyens mnémotechniques : cette année, soyons SMART !

S comme spécifique et M comme mesurable : « manger sainement » ou « adopter une alimentation équilibrée » peut motiver de nouvelles habitudes de consommation un certain temps, mais risque de passer à la trappe dès que ta vie reprendra un rythme soutenu. Et pour cause : c’est très flou. Comment sauras-tu que tu as atteint ton objectif ? Autrement dit, que signifie « manger sainement » pour toi ? Il peut s’agir de diminuer ta consommation de viande à une fois par semaine, d’augmenter le nombre de fruits et légumes à trois par jour, ou encore de renoncer aux fast foods – chaque personne aura une réponse différente. Fixe-toi un but précis, cela te motivera d’autant plus et te permettra d’affirmer avec confiance que tu l’as atteint.

A comme approprié : cet objectif correspond-il à tes valeurs ? Si faire de nouvelles rencontres te tient particulièrement à cœur, l’idée de sortir danser tous les week-ends alors que tu es plutôt du genre introverti risque d’entrer en contradiction avec ta nature profonde. Ton objectif doit te faire vibrer, être aligné avec tes aspirations. Si ce n’est pas le cas, pas de panique : reviens à la première étape et trouve un critère de mesure qui te correspond davantage. Par exemple, rentrer dans une association dédiée à l’un de tes centres d’intérêts te sera plus utile. Tu y rencontreras des gens avec qui tu partages déjà une passion, ce qui facilitera le contact.

R comme réaliste : prends le temps d’examiner ton objectif à froid. Faire du sport quatre fois par semaines en plus d’un travail à plein temps, de ta relation amoureuse et de tes deux associations ? Tu as le mérite de l’ambition, mais ton enthousiasme débordant peut encore mieux te servir : engage-le dans une réflexion qui te permet de définir un équilibre à long terme. Si tu mets la barre un peu moins haut, tu augmentes tes probabilités d’atteindre ton objectif, ce qui améliore aussi ton estime et ta confiance au fil de l’année.

« La différence entre un rêve et un projet, c’est une date » disait Walt Disney. Ce qui nous amène au dernier point : T comme le temps. Envie de faire plus de sorties dans la nature ? « Organiser une randonnée/des raquettes une fois par semaine » est un très bel objectif, que tu ne réaliseras pas forcément dès le mois de janvier. Et c’est normal : cela prend du temps d’adopter de nouvelles habitudes. Tu commenceras peut-être par une promenade par mois, ce qui est déjà un progrès. Quel délai fixes-tu pour adopter la fréquence hebdomadaire ? Cela peut correspondre à ton anniversaire, à tes prochaines vacances ou à la fin du mois de septembre – à toi de mesurer ce qui te paraît jouable.

En pensant SMART, tu augmentes les probabilités de réaliser tes désirs, ce qui te donne également plus de motivation pour te fixer d’autres buts et les atteindre. En somme, un excellent moyen de bien commencer l’année. J’en profite donc pour te souhaiter une année 2020 remplie d’objectifs motivants et réalisables !

Quels sont tes objectifs pour 2020 ?

L’humain ou la planète

Photo : leninscape

Consommation, alimentation et mode de vie : la transition écologique et le développement personnel vont-ils de pair ?

C’est une notion de plus en plus présente auprès des défenseurs d’une économie régénératrice en réponse à la crise environnementale : le bien-être humain. Le Forum des 100 a notamment porté la voix de Sofia de Meyer, fondatrice d’Opaline, qui a insisté sur « la valeur de la vie », mentionné les salaires linéaires respectant chacune des personnes participant à la vente de ses bouteilles de jus de fruit, puis dénoncé la tendance actuelle visant à « dominer, voire exploiter, l’humain et l’environnement ». Même son de cloche du côté de Julien Perrot, rédacteur en chef de La Salamandre, selon qui il faut « plus de lien avec nos proches et avec la nature, plus de sens, plus d’amour pour la vie ». L’évolution vers une société écologique passerait-elle par la recherche du bien-être ?

Méditer pour la planète

Les préoccupations environnementales et individuelles se joignent dans plusieurs habitudes de consommation, dont le végétarisme : en Suisse, si 58% des personnes ayant renoncé à la viande affirment être motivées par conscience écologique, 35% indiquent avoir fait ce choix pour des raisons de santé, selon Swissveg. Du côté des tendances minimalistes, ce mode de vie est avant tout défendu comme étant libérateur, permettant une harmonie intérieure et un épanouissement maximum – les bénéfices de l’alternative à un consumérisme endommageant les ressources épuisables de notre planète, bien qu’envisageables, apparaissent comme secondaires. Enfin, la pratique de la méditation serait également un moyen de s’aligner avec un mode de vie écologique, selon Sarah Koller, doctorante en géosciences et environnement : « la pleine conscience permet de comprendre les motivations de nos comportements, y compris concernant notre mode de consommation ». Convaincue de l’importance de sortir du déni pour se confronter sainement aux enjeux environnementaux, cette chercheuse co-organise également des ateliers d’écopsychologie. Ceux-ci permettent d’ancrer les connaissances de l’état de la planète dans le ressenti, tel que le décrit Lila Erard dans un article du Temps. Une fois l’information intégrée au niveau émotionnel, la nécessité d’agir s’inscrit plus profondément dans l’inconscient et augmente la motivation de modifier ses comportements. Cet effet ouvre la porte à un ensemble d’écogestes qui s’autoalimentent de par leurs effets bénéfiques sur le mode de vie des personnes qui les pratiquent.

Satisfaction écologique

Les connexions entre la santé de la planète et l’accueil des émotions s’avèrent de plus en plus pertinentes, notamment au sein des recherches en psychologie : selon plusieurs études menées sur le sujet, le lien de causalité entre consommation compulsive et état dépressif est véridique. Dans une société où le consumérisme constitue à peu de chose près la norme, force est de s’interroger sur ce lien. « Le matérialisme permet de se rassurer à travers un culte de l’image, très présent dans notre culture. Il offre des réponses faciles à des angoisses existentielles, mais il est important de différencier apaiser et assouvir » commente la doctorante. Il semblerait que la satisfaction provoquée lors d’un achat s’évapore très vite pour laisser place, de nouveau, à un sentiment de manque. L’activisme environnemental à travers le mode de vie s’avère alors doublement utile, malgré les questionnements sceptiques concernant l’impact des consommateurs sur la crise écologique. « Le déni et l’inaction fatiguent beaucoup, car la menace est toujours présente, mais on refuse de l’accepter et de s’y confronter » ajoute Sarah Koller. En choisissant d’agir pour son bien-être et pour celui de la planète, on s’engage dans un cercle vertueux pour son épanouissement personnel, mais cela permet également d’agir sur les références culturelles dans lesquelles on évolue, l’orientant vers une conscience collective de plus en plus écologique.

Le prix du bien-être

Qu’il s’agisse de comportements écoresponsables ou d’alimentation saine, les regards se tournent souvent vers les populations aisées, les achats bio et locaux affichant des prix vraisemblablement plus élevés. Est-il justifié de responsabiliser les consommateurs aux portemonnaies légers ? « Il semble nécessaire de nuancer ce débat, car il va aussi de pair avec l’évolution des besoins » affirme Sarah Koller. En témoignent les activités de la population de Detroit où, suite à la faillite de l’état en 2011, s’est élaboré un système de fermes urbaines respectueux de l’environnement qui a permis de répondre efficacement aux besoins des populations. Sans aller si loin, les ménages suisses incarnent deux paradoxes : d’une part, selon l’OFS, la proportion du salaire investi dans la nourriture a baissé de 40% en 1939 à 6,3% en 2014, ce qui révèle que l’alimentation occupe une place mineure dans les coûts de la vie sur le territoire helvétique, laissant place à des achats dans la technologie. D’autre part, 11% des aliments achetés en Suisse finissent à la poubelle, ce qui représente également une partie non négligeable du budget. Prendre soin de soi et de l’environnement ne serait pas qu’une question d’argent, il s’agirait avant tout d’un choix : celui de prendre le pouvoir qui nous est donné à travers les habitudes de consommation et le mode de vie. Soigner la planète pour aller mieux, un concept mêlant gratitude et proactivité.

Une comparaison gagnante

Alors que les réseaux sociaux favorisent des émotions envieuses en démultipliant les motifs de comparaison entre les uns et les autres, Thierry Paulmier, consultant en intelligence émotionnelle, propose de voir la comparaison sous un autre angle, dévoilant l’opportunité de cultiver l’admiration et la gratitude.

Image : Sasint

Au terme d’une journée peu productive, le statut Facebook d’une connaissance peut inviter un discours envieux à s’installer au creux de l’oreille: « Elle ne mérite pas de décrocher cet emploi, elle s’est sûrement fait pistonner, il aurait mieux valu qu’elle échoue ». À défaut d’être réjouissante, cette nouvelle vient provoquer un sentiment d’échec qui se cache derrière des prétextes dévalorisant ce succès. En quoi la réussite d’autrui réduirait-elle la valeur de soi ?

La comparaison a mauvaise réputation

« La personnalité commence où finit la comparaison2 ». Feu Karl Lagerfeld n’était pas le premier à condamner ce comportement naturel consistant à se réévaluer en observant les agissements d’autrui. Le stoïcien Sénèque, lui aussi, considérait que la comparaison était un obstacle au bonheur3. Sauf, bien sûr, si elle visait des personnes moins chanceuses que soi – une pratique qu’il préconisait pour se remonter le moral4. Enfin, la psychologue britannique Linda Blair considère que la seule compétition qui vaille est celle établie avec soi-même5. Cette idée s’inscrit dans un mouvement très répandu sur internet, qui valorise la comparaison dite « temporelle » (individuelle) aux dépens de la comparaison « sociale » (avec les autres). Si ces considérations prétendent lutter contre les affres de l’envie, elles négligent l’une des issues possibles à la comparaison avec autrui : l’admiration.

Honnêteté envers soi-même

Le regard porté vers la supériorité peut générer des sentiments destructeurs : « la comparaison dont on sort en position d’infériorité est humiliante lorsque l’on refuse l’abaissement qu’elle occasionne face à l’autre ». Thierry Paulmier, consultant en intelligence émotionnelle, rappelle que cette souffrance ne provient pas de la réussite d’autrui, mais bel et bien du rapport que l’on décide d’entretenir avec cette personne. Car la comparaison se fait nécessairement avec des individus présentant une certaine proximité avec soi – en termes d’âge, de métier, de genre, d’origine, ou autre. Ce sont précisément ces similitudes qui rendent insupportables la moindre petite différence observée à son propre désavantage : si l’on se laisse dominer par l’envie, la supériorité d’autrui sera vécu comme un échec personnel. « Il est donc important d’être lucide concernant ses sentiments vis-à-vis des exploits de son entourage et de savoir reconnaître que la tristesse ou la colère qu’ils nous inspirent proviennent de l’envie », précise Thierry Paulmier : dès lors que cette émotion pernicieuse est identifiée, on peut agir afin de la remplacer par une source de motivation.

De l’envie à l’admiration

La supériorité est un fait avéré : on trouvera toujours une personne meilleure que soi dans un certain domaine. Thierry Paulmier invite à faire preuve d’humilité et à accepter cette réalité. Si cette étape demande des efforts considérables, elle permet également de transformer un sentiment néfaste à l’estime de soi en une émotion inspirante. « Cela réclame notamment de poser des actes forts qui visent à lutter contre les tendances naturelles de l’envie. Par exemple, au lieu d’éviter la personne enviée parce que sa présence nous ramène trop à notre propre infériorité, on peut choisir de se rapprocher d’elle, de lui témoigner de l’admiration et de lui demander des conseils ». Cette attitude permet d’activer en soi des sentiments de gratitude et d’admiration. On crée également une connexion positive avec l’être que l’on décide d’applaudir. Thierry Paulmier invite à cultiver ces émotions de manière plus systématique, en prenant le temps de se trouver des héros et des héroïnes, non seulement auprès de personnalités célèbres ou historiques, mais également dans son entourage. Cela permet de tendre vers un modèle encourageant, de se sentir inspiré et d’entretenir un sentiment de gratitude. En fin de compte, la solution du problème se trouve parfois dans le problème lui-même, dès lors que l’on s’autorise à le percevoir comme un cadeau.


Le site de Thierry Paulmier : https://www.emothink.com/

1 « Studies show that (especially passive) Facebook use indeed predicts different measures of social comparison as well as envy ».
Appel, Helmut, Alexander L. Gerlach & Jan Crusius, « The interplay between Facebook use, social comparison, envy, and depression », In Current Opinion in Psychology, 2016, vol. 9, p. 44-49.

2 Napias, Jean-Christophe, Patrick Mauriès & Charles Ameline, Le monde selon Karl. Citations choisies de Karl Lagerfeld. Paris : Flammarion, 2013.

3 « Ne faisons point de comparaison, réjouissons-nous de notre lot ; il ne sera jamais heureux celui que torture un plus heureux que lui ».
Sénèque, « La colère », trad. A. Bourgery, In Entretiens Lettres à Lucilius, Paris : Robert Laffont, Bouquins, 1993, III, XXX, 3, p.174.

4 « Au lieu de regarder combien de personnes il y a au-dessus de vous, songez combien il y en a en dessous ».
Sénèque, Lettres à Lucilius, Tome I (Livres I-IV), trad. Henri Noblot, Paris : Les Belles Lettres, 1985, II, lettre 15, 10, p.63.

5 « Nurturing competitiveness against yourself leads to higher self-confidence than wanting to be better than someone else ».
Blair, Linda, The Key to Calm : Your Path to Mindfulness – and Beyond, London : Hodder and Stoughton, 2014.

Spiritualités du mouvement

Les bénéfices et les pratiquant·e·s du yoga s’avèrent de plus en plus nombreux. Physique, bien-être et santé sont accompagnés d’une dimension spirituelle à l’origine de cette discipline.

Le yoga en images avec Clélia Vuille (réalisé par les Nouvelles Universitaires Lausannoises)

Alors que les journées ensoleillées font gentiment leur arrivée, les parcs lausannois se préparent à accueillir la pratique du yoga sur leurs pelouses. Les débutant·e·s s’initiant lors de cours gratuits, les habitué·e·s retrouvant leur tapis et d’autres yogis expérimenté·e·s s’y adonnant en solitaire : toutes et tous sont au rendez-vous chaque été pour entreprendre une introspection en mouvement. Selon le rapport Sport Suisse 2014, les bénéfices du yoga attirent de plus en plus d’adeptes, ce que Clélia Vuille constate également lors des cours qu’elle anime.

« Le ralentissement de la respiration permet de calmer le système nerveux, les étirements libèrent la circulation sanguine et l’enchaînement des postures offre une meilleure souplesse, ainsi qu’un renforcement musculaire » explique l’enseignante. Amélioration du sommeil, diminution du stress et réduction de l’anxiété : selon une étude comparative menée à l’Université de Maryland en 2010, la communauté scientifique accorde de plus en plus de bénéfices au yoga. Il aurait même des effets sur la schizophrénie, les troubles compulsifs du comportement et le niveau de glucose des personnes diabétiques. L’intérêt croissant pour cette discipline s’avère réjouissant du côté des recherches médicales, mais également parmi les yogis, qui y trouvent encore d’autres bienfaits.

D’après l’enseignante, les pratiquant·e·s cherchent un espace de détente mentale à travers l’effort physique des différentes postures. « Notre société privilégie le résultat aux dépens du processus ; on est constamment sollicités, on doit être disponible à tous temps et on doit faire les choses vite ». Si la majorité des sports permettent de se déconnecter des pensées le temps d’une heure, le yoga inverse la tendance et propose d’entrer dans un rapport avec soi-même. L’occident accorde aujourd’hui une grande attention à la dimension sportive de cette discipline indienne, dont l’origine comprend une philosophie plus large de développement humain. « En sanskrit, yoga signifie « union » ; il cherche à allier le corps et l’esprit, l’âme et la conscience, l’humain et l’univers » explique Clélia Vuille. Elle mentionne notamment les « yamas » qui offrent aux pratiquant·e·s des orientations concernant, entre autres, le respect de sa personne, des autres et de l’environnement, le non-jugement et l’étude de soi. Par ailleurs, la pratique physique accompagnant ces lignes directrices se divise en des dizaines de branches, dont le Nidra, intériorisant, le Kundalini, plus intense, et le Vinyasa, dynamisant.

Parfois confondu avec la méditation assise, le yoga évoque à certain·e·s l’image du lotus immobile. Bien que cette vision illustre le recentrage vers lequel la pratique s’oriente, elle néglige la diversité et l’aspect physique de certains de ses courants. Parmi les yogis, beaucoup considèrent qu’il y a autant de types de yoga que de profs, voire de pratiquant·e·s. Les plus belles découvertes de cette discipline sauront se dévoiler aux personnes suffisamment curieuses pour essayer différents courants jusqu’à trouver celui qui leur correspond.

Clélia Vuille