Le bonheur est-il un choix?

Dans les librairies, les rayons et les ouvrages dédiés au développement personnel fleurissent; il en va de même sur les réseaux sociaux, où articles et vidéos se multiplient, offrant des conseils pour s’orienter vers une vie pleine de sens et de bonheur. En fin de compte, le bien-être est-il un choix? Peut-on vraiment décider de s’épanouir et de mener une existence heureuse?

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Cela fait maintenant plus de quinze ans que la Professeure en psychologie Sonja Lyubomirsky et son collègue Kennon Sheldon conduisent leurs études sur le bonheur. Étant donné que la signification de ce concept dépend des individus, leur travail s’est basé sur une échelle de perception subjective du bonheur. Évidemment, leurs recherches ont aussi cherché à définir si l’être humain a la capacité d’influencer son bien-être.

Leur réponse: oui et non. Leurs résultats indiquent que le bonheur subjectif est déterminé en grande partie par la génétique, puis par les efforts des individus, et enfin également par les circonstances. Cultiver des comportements constructifs a donc un effet positif et utile pour le bien-être. Au fil du temps et de leurs découvertes, Lyubomirsk et Sheldon ont également cherché à définir de quelle manière les efforts d’un être humain pouvaient avoir le plus d’effet sur son bonheur subjectif, ce qui leur a permis de tirer les conclusions suivantes:

Agir plutôt qu’acquérir

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En termes de bonheur subjectif, maintenir à long terme des activités ressourçantes confère un impact plus grand et plus durable que les changements de situation de vie (déménager, changer de partenaire de vie, acheter un objet de valeur ou obtenir une augmentation). Cela s’explique par le réflexe d’adaptation qui s’installe fréquemment: un nouvel appartement rend euphorique les premières semaines, mais il fait partie du quotidien après quelques mois et, souvent, il ne rehausse plus de sentiment de satisfaction. Les efforts semblent donc plus utiles lorsqu’ils s’orientent vers des activités durables intéressantes, inspirantes, qui renforcent les liens et qui génèrent un sentiment positif.

Adapter l’adaptation

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Ceci dit, les psychologues ont poussé leur réflexion plus loin: est-il possible de faire durer le bonheur divulgué par un changement de situation de vie lorsqu’il venait de survenir? Leur réponse est positive! Pour cela, il faut tout d’abord éviter de se dire qu’on mérite une nouvelle transformation qui rendra tout encore mieux. À la place, il est recommandé de se connecter aussi souvent que possible au sentiment que le changement a provoqué au début. Par exemple, un déménagement peut continuer d’être une source de bonheur si la personne profite des avantages de son nouveau lieu de vie en organisant souvent des repas dans la salle à manger désormais plus grande, ou en faisant régulièrement des promenades dans son nouveau quartier plus agréable.

La gratitude est la force

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Les recherches ont montré que la gratitude et l’optimisme jouent un rôle essentiel dans le bonheur subjectif: ces qualités permettent de modifier positivement la perception du quotidien et de la vie en général. C’est pour cette raison qu’il est préconisé de les cultiver, par exemple en écrivant des lettres de gratitude, en prenant le temps de visualiser un futur positif, ou encore en listant les activités de la semaine qui ont été agréables. Ce type d’habitudes rend les activités du quotidien plus satisfaisantes.

Les efforts ont leur utilité

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Les personnes qui ont participé à leurs études en investissant plus d’efforts dans les activités proposées ont vu des meilleurs résultats dans leur bien-être subjectif. Ceci dit, cette corrélation s’observe uniquement lorsque les efforts sont appliqués avec les bonnes méthodes. En conséquence, il est toujours utile de sensibiliser les personnes qui s’y intéressent aux meilleurs moyens de travailler sur leur bien-être. De même, les gens qui souhaitent travailler sur leur développement personnel ont tout intérêt à continuer de se renseigner scrupuleusement sur la question.

Se fixer des objectifs personnels

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Excellent pour la motivation et l’estime de soi, le fait de se fixer des objectifs s’avère également avoir une influence positive sur le bonheur. L’étude des psychologues montre même que, plusieurs années après avoir atteint le but fixé, le sentiment de bien-être persiste. Afin d’en savoir plus, cet article permet de découvrir un moyen efficace de se fixer des objectifs.

«Chacun ses goûts»

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D’après Lyubomirsk et Sheldon, «la poursuite du bonheur implique d’essayer différents types de buts, de valeurs, de comportements et d’activités afin de déterminer lesquels apportent le plus de satisfaction et de bonheur»1. Chaque personne est différente et trouvera l’épanouissement à sa propre manière. Les recherches des psychologues tendent simplement à prouver que, de manière générale, les attitudes les plus florissantes en termes de bonheur sont, d’une part, d’essayer de s’améliorer sur le long terme, et d’autres part, de renforcer les liens avec les autres.

Les relations au cœur du bien-être

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Ce dernier point concernant les connexions entre être humains rejoint les observations faites par le psychiatre Robert J. Waldiner, l’un des directeurs d’une étude ayant duré plus de 75 ans auprès de plus de sept cents américains. Suivre la vie adulte de ces hommes depuis leur adolescence a permis de souligner la grande importance des relations dans leur bien-être. Il ne s’agit ici plus seulement du bonheur: «les personnes qui ont de meilleurs liens avec leur famille, leurs amis et leur communauté sont plus heureuses, en meilleure santé, et elles vivent plus longtemps que les autres.»2 Les paramètres observés ne dépendent pas du nombre d’amis, mais bel et bien de la qualité des relations étroites–le fait de pouvoir compter sur ses proches s’avère très précieux. Enfin, les relations de qualité s’avèrent aussi protéger la mémoire des participants à l’étude, lorsqu’ils arrivent dans leurs dernières années. Autrement dit, il semble que l’amour au sens large est excellent pour la santé.

Par où commencer ?

Ces nombreux conseils peuvent donner le vertige lorsqu’on s’y plonge pour la première fois. Que faut-il en retenir? Tout d’abord, le courant de psychologie positive auquel Lyubomirsk et Sheldon ont énormément contribué (et continuent de contribuer) ne cherche pas à culpabiliser quiconque ressentant de la tristesse ou passant de mauvais moments. En réalité, les personnes les plus heureuses du monde traversent toutes des périodes difficiles. Le propos des recherches des psychologues est plutôt de définir quelles activités peuvent améliorer le bonheur subjectif. Le fleurissement du développement personnel suit, consciemment ou non, un parcours similaire. Quant à la question de savoir par quoi commencer, autant tester ce qui vous interpelle le plus en premier. Rien de plus efficace que la motivation intrinsèque, celle qui vient du fond de vos propres envies.

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1 Traduit de : Sheldon, K. M., & Lyubomirsky, S. (2021). Revisiting the sustainable happiness model and pie chart: can happiness be successfully pursued?. The journal of positive psychology, 16(2), p. 152.

2 Traduit de : Waldinger, R. (2015, November). What makes a good life? Lessons from the longest study on happiness [Video]. Ted Conferences.

Rencontre avec la mort

Au-delà des citrouilles

Bonbons et déguisements sont devenus la marque de fabrique d’Halloween, une fête possiblement d’origine celtique initialement nommée Samain, dont les premières mentions dans la littérature irlandaise datent du 9ème siècle. Ce moment était alors considéré comme une ouverture entre le monde des humains et celui des dieux, puis Samain s’est mêlée à d’autres traditions chrétiennes pour devenir la fête des morts que nous célébrons aujourd’hui. Au-delà de l’aspect sordide et divertissant de cette soirée, la mort et les proches de l’au-delà ont énormément de pistes à offrir en termes de développement personnel et d’accomplissement de soi. C’est donc l’occasion de revenir à ces considérations difficiles, mais très aidantes pour mener une vie épanouie.

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Le décès est aussi une mise en perspective

Le quotidien a tendance à absorber notre attention et, la tête dans le guidon, nous nous focalisons sur les préoccupations du moment. Même lorsque nous avons la chance de trouver un équilibre entre travail, hobbys, courses, sport, famille, ménage et vie sociale, le temps se prête rarement aux réflexions profondes quant au sens de la vie en général, et encore moins de notre propre vie.

Lorsqu’une personne de notre entourage décède, dans toute la douleur et la souffrance que ce départ provoque, une brèche s’ouvre. La mort nous oblige à reconsidérer notre présence sur terre en nous heurtant de plein fouet avec des vérités que nous pensions pourtant connaître depuis toujours, à savoir :

  1. Mon temps de vie n’est pas infini.
  2. Je ne sais pas à quel moment ça s’arrêtera.

Des réalités banales qui peuvent générer des prises de conscience importantes lorsqu’elles se concrétisent dans la perte d’un être cher. Que souhaitons-nous faire du temps qui nous est offert ? Qu’est-ce qui est vraiment important d’accomplir avant de s’en aller ? Comment honorer la vie que nous avons la chance d’avoir reçue, et que d’autres n’ont plus ? En somme, le délai imposé par la mort peut offrir de longues pistes de réflexions. De mon côté, je ne peux que vous encourager à cultiver autant et aussi souvent que possible ces questionnements, afin de régulièrement vérifier que votre quotidien est aligné avec vos valeurs. Si cette vie ne vous permet pas de vous accomplir, quand en aurez-vous l’occasion ?

Une contrainte utile pour les prises de décision

Dans les moments où un choix s’impose, la perspective de la mort peut également offrir des ressources utiles. Bien que cette décision nous torture dans le présent, la question suivante permet de prendre du recul vis-à-vis de la situation :

« Qu’est-ce que j’en penserai le dernier jour de ma vie ? »

Peut-être que le problème s’avèrera alors totalement insignifiant, ce qui peut soulager. Ou alors, au contraire, nous découvrons alors l’importance de cette étape et réalisons que nous savions déjà très bien, au fond, quelle décision nous paraissait la plus juste.

Les regrets des personnes en fin de vie

En 2011, l’infirmière australienne Bronnie Ware a publié le livre The top five regrets of the dying (Les cinq regrets des personnes en fin de vie). Son travail recense les ressentis de ses patients une fois que la mort semble proche. On y retrouve alors les regrets suivants :

  1. J’aurais aimé avoir eu le courage de vivre la vie que je voulais vraiment, pas celle que les autres attendaient de moi.
  2. J’aurais dû travailler moins.
  3. J’aurais aimé avoir le courage d’exprimer mes sentiments.
  4. J’aurais voulu garder le contact avec mes amies.
  5. J’aurais aimé m’accorder un peu plus de bonheur.

Une étude menée aux États-Unis et publiée en 2018 dans la revue Emotions confirme ces tendances. Les auteurs de cette recherche, Shai Davidai et Thomas Gilovich, ont rappelé que tout le monde a des regrets et que cela est normal, tout en encourageant le lectorat à oser passer à l’action plus souvent.

La mort au quotidien

La perspective de la mort nous offre de nombreuses pistes de réflexions quant à nos propres vies, Halloween est donc une occasion de se questionner avec sincérité. Néanmoins, ces considérations manqueront d’efficacité si elles n’ont lieu qu’une fois par année. Quitte à prendre des leçons de l’au-delà, autant s’autoriser cette introspection une fois par mois. La régularité offre de nombreuses occasions à la mort de nous ramener sur le droit chemin.

 

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Davidai, S., & Gilovich, T. (2018). The ideal road not taken: The self-discrepancies involved in people’s most enduring regrets. Emotion, 18(3), 439.

 

Le rejet de tes rêves

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Le rejet intervient à de nombreux niveaux – professionnels, relationnels, dans un couple, avec des amis, ou même lors d’une rencontre avec des personnes inconnues. Plutôt désagréables, voire parfois vraiment douloureux, ces moments peuvent s’avérer décourageants. S’ils viennent toucher un point sensible, ils constituent une étape que tout le monde traverse à plusieurs reprises. Autant s’armer pour les confronter au mieux lorsqu’ils surviennent. Voici quelques pistes pour les transformer en opportunités.

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  1. L’acceptation
    S’il s’agit d’un rejet qui fait vraiment mal, autant le reconnaître et l’accepter. Les épreuves difficiles sont d’autant plus douloureuses lorsqu’on essaie de nier ce qu’on ressent. Peut-être as-tu besoin de faire une pause, de prendre soin de toi quelques temps ou de t’offrir un moment de qualité avec tes proches pour traverser cette épreuve. Quelle que soit ta recette favorite pour panser tes plaies, applique-la, tout en gardant en tête que cette tristesse est normale et temporaire.
  2. La protection

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    Vient ensuite le temps de rationnaliser : ce rejet n’est pas personnel. On ne te dit pas non à toi, mais bel et bien à ce que tu proposes, parce que cela ne correspond pas à ce que l’autre recherche ou désire. S’il est bien de constater que tu es triste que la situation n’évolue pas comme tu le désires, fais attention à ne pas remettre en question ton identité ni à te dévaloriser à cause de ce qui est arrivé.

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  3. L’approbation
    Comme le dit le Dalaï Lama : « Rappelez-vous que le fait de ne pas obtenir ce que vous désirez est parfois un merveilleux coup de chance. » Et il a raison. Est-ce que cela t’est déjà arrivé, après des années, de réaliser que tel ou tel rejet t’a permis d’obtenir quelque chose de beaucoup mieux ? Un entretien d’embauche raté t’ouvre les portes vers un travail plus intéressant ; une rupture te permet de rencontrer la bonne personne ; l’appartement de tes rêves te passe entre les mains pour que tu découvres ensuite un lieu de vie qui te correspond beaucoup mieux. Bref, après tant de temps, tu as ressenti de la gratitude vis-à-vis de tes échecs. Pourquoi ne pas commencer à cultiver de la reconnaissance dès aujourd’hui pour toutes les belles opportunités que ton rejet vient de t’ouvrir ? Aie confiance en la vie, il y a toujours d’autres routes à prendre. 
  4. L’orientation

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    Peut-être est-ce aussi l’occasion de te questionner sur ce que tu recherches vraiment. Ton idée n’a pas correspondu à celle qu’avait la personne en face de toi. Mais correspond-elle à la personne que tu es ? Si la réponse est positive, alors passe directement à l’étape suivante. Sinon, veille à évaluer si tu es à la poursuite du bon trésor. Cette aventure correspond-elle à tes valeurs ? Qu’est-ce qu’elle va t’apporter ? En quoi est-elle importante pour toi ? Qu’est-ce qui te correspondrait encore mieux ? On a parfois des surprises en répondant à ces questions. Autant t’assurer que ta boussole est bien réglée avant de continuer ton chemin !

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  5. L’évolution
    Maintenant que tu as bien défini ce que tu souhaites obtenir, le moment est venu d’analyser ton rejet avec sang-froid. En quoi ta proposition n’a-t-elle pas convenu à l’autre ? Que pourrais-tu améliorer dans ta façon de la présenter, comment peux-tu l’adapter à la personne en face, qu’est-ce qui fait que ton offre sera plus intéressante que les autres, et en quoi va-t-elle être intéressante ? Prendre le point de vue de la personne à qui tu fais une proposition te fera découvrir de nombreuses choses, qui te permettront d’améliorer tes prochaines tentatives.
  6. La répétition

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    Tous les domaines de ta vie peuvent te mener à des rejets. Chacun d’entre eux te permet de passer par toutes les étapes que tu viens de lire. Et tu sais quoi ? Tant mieux.
    Derrière chaque victoire se cachent de nombreux échecs. Phrase très clichée, j’en conviendrai bien, mais il s’avère qu’elle est aussi vraie. On apprend très peu de choses en obtenant tout ce qu’on veut tout de suite, même si ça fait du bien à l’égo. Par contre, les grosses déceptions ont l’avantage de t’inciter à remettre en question tes stratégies. Et c’est là que la magie opère: tu observes, tu analyses, tu comprends, tu apprends, tu avances. À chaque rejet, tu gagnes un niveau. La victoire se trouve au-dessus de tous les échecs. Donc concrètement, en te plantant complètement, tu viens de monter d’un cran et de te rapprocher de ton but. Continue d’essayer!

Enfin, si tu ressens de la honte vis-à-vis de ton rejet, laisse-moi t’offrir une autre perspective de la situation. L’échec te permet de rebondir. Le vrai problème, ce serait que tu arrêtes de progresser, que tu abandonnes ce qui te tient à cœur ou que tu laisses cette étape difficile définir la personne que tu es. Tant que tu continues d’essayer, tu peux ressentir de la fierté pour ton courage et ta persévérance. Ce sont ces qualités, bien plus que toutes les expériences que tu traverses, qui te permettent d’avancer.

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Merci le confinement !

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Cela fait désormais une année que le ciel nous est tombé sur la tête. Qui aurait pensé, en mars 2020, que la toute première annonce de confinement résonnerait encore si fort aujourd’hui? Il est vrai que chacune et chacun d’entre nous vit cette réalité d’une manière différente, mais tous nos quotidiens sont encore et toujours entravés par la situation sanitaire. Lorsque le champ des possibles se restreint de la sorte pendant une longue période, la seule liberté accessible est celle de l’esprit.

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L’occasion se présente, au cœur de ce tableau obscurci, de constater que certains ingrédients propices à l’épanouissement s’avèrent encore abordables. Plusieurs recherches certifient notamment que la gratitude améliore l’humeur, augmente le bien-être subjectif, rend plus appréciable, réduit les risques de dépression et accroît le bonheur1. Le sentiment de reconnaissance détient également des effets bénéfiques sur l’entourage de la personne qui l’exprime2. Bonne nouvelle: cette qualité lumineuse dépend moins des évènements que de notre attitude.

Ressentir et communiquer sa gratitude ne se limite donc pas aux grandes occasions – nouveau travail, soirée mythique, étincelle amoureuse, miracle de la vie ou autres étapes officiellement importantes et réjouissantes. Au contraire, les chercheurs ont constaté que les personnes les plus reconnaissantes éprouvent et partagent cette émotion tous les jours, en profitant des petits plaisirs du quotidien.

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Si cette qualité a tant de vertus, comment se l’approprier? Les changements, même d’état d’esprit, passent souvent par l’action. Plusieurs petits rituels peuvent influencer les habitudes mentales à long terme. Par exemple, le célèbre exercice du journal de gratitude consiste à prendre le temps, chaque soir, de noter trois éléments agréables ou constructifs qui se sont déroulés pendant la journée. À nouveau, il s’agit souvent de choses très simples – une repas savoureux, une conversation motivante, ou encore le temps ensoleillé.

Au-delà de cette méthode permettant d’entraîner l’attention à se focaliser sur les aspects positifs du quotidien, les nouveaux réflexes concernent aussi l’entourage. Saluer les efforts des collègues, reconnaître les coups de main des proches, souligner les bons moments passés avec les amis et les en remercier. À l’image des cartes postales, les petites attentions prennent peu de temps et ont des effets lumineux – pensez au plaisir procuré la dernière fois que vous avez trouvé un petit mot sympa laissé juste pour vous.

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La gratitude passe aussi par la célébration. Qu’il s’agisse de la fin d’un gros projet, d’une réussite personnelle, d’une satisfaction intense ou encore d’un défi relevé avec brio, il est important d’officialiser la reconnaissance que l’on porte, à soi-même et aux autres. Un petit cadeau, un plat spécial, une sortie différente de d’habitude, bref, quel que soit le moyen de félicitation qui vous anime, profitez-en! Cela aura également le bénéfice d’alimenter votre motivation.

Ces habitudes tendent à souligner les bons côtés pour créer du lien. Ce n’est pas pour autant qu’il faudrait nier les moments difficiles ou les émotions désagréables. La gratitude n’est pas exclusive: elle consiste à considérer, en plus des pensées pragmatiques et des préoccupations du quotidien, les éléments qui contribuent au bien-être individuel et collectif, pour leur permettre de colorer vos journées.


Un grand merci à Piera Gabola pour l’inspiration de cette article.

1 Watkins, P. C., Woodward, K., Stone, T., & Kolts, R. L. (2003). Gratitude and happiness: Development of a measure of gratitude, and relationships with subjective well-being. Social Behavior and Personality: an international journal, 31(5), 431-451.

2 Shankland, R., & André, C. (2017). Gratitude et bien-être social: mécanismes explicatifs des effets de la gratitude sur le bien-être individuel et collectif. Revue québécoise de psychologie, 38(2), 43-64.

Reconfinement : porte de secours

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Alors que l’hiver recouvre généreusement ton paysage d’un manteau blanc, l’air frais t’invite à explorer de nouveaux horizons. Et rien de mieux, face aux nouvelles mesures, que de t’offrir une évasion loin des tapages et des débats qui animent notre quotidien, près d’un lieu calme et apaisant, où seul le bruit de tes pas accompagne tes pensées. Le moment est venu de te laisser séduire par la randonnée.

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Tout d’abord, la science te le recommande ! Passer au moins 120 minutes par semaine dans la nature est excellent pour ta santé et ton bien-être, selon une étude publiée en Angleterre en 2014. Il a également été prouvé que cela diminue ton stress et améliore ton attention. Si les personnes hypersensibles sont particulièrement réceptives aux bienfaits de la nature, ses vertus sont à la portée de tout le monde.

Par ailleurs, la randonnée est un sport légalement accessible vis-à-vis des mesures que la situation actuelle nous impose. L’activité physique entretient ta santé et ton moral, la marche est donc une excellente façon d’entretenir ta condition en cette période.

Rochers de Naye

Ajoutons discrètement que tu n’as absolument rien d’autre à faire. Ton temps libre se résume actuellement à la vingt-huitième série que tu ne trouves pas trop ennuyante, ou peut-être à la quinzième recette qui ne te lasse pas encore. Peu importe, le monde extérieur a de nouvelles aventures à t’offrir.

En effet, la Suisse regorge d’endroits fabuleux que tu n’as jamais explorés. Si cette vieille époque de voyages insouciants t’a offert de magnifiques découvertes à l’autre bout du monde, peut-être te sera-t-il maintenant agréable de dénicher les merveilles qui t’attendent à quelques heures de train de chez toi.

L’envie te prend de te lancer à l’aventure ? Voici une liste non exhaustive de quelques randonnées facilement accessibles en transports publics depuis la petite ville de Lausanne.

Dent de Vaulion

Un sentier de raquettes à Haut-de-Caux, où tu as une merveilleuse vue sur le Lac Léman. Cette balade de quarante-cinq minutes est facile d’accès, puisqu’il suffit d’une heure de voyage depuis la gare de Lausanne. Tu auras la joie de découvrir le train à crémaillère au départ de Montreux, dont la sonorité rappellerait plutôt l’hélicoptère, mais le diaporama te donnera des frissons. Les âmes aventurières et expérimentées qui désirent prolonger la balade peuvent également se rendre jusqu’aux Rochers de Naye et là, je dois tout simplement de dire que je suis déjà jalouse du paysage que tu pourras admirer.

Envie de changer de décor ? Tu peux également te rendre à la Dent de Vaulion. Depuis le sommet, tu pourras contempler pas moins de trois lacs. Il s’agit d’une randonnée en raquettes d’une journée, dont le départ se situe à une heure de train de Lausanne. 

Les Paccots

Tu peux également te rendre aux Paccots pour une jolie promenade de deux heures, comprenant des sentiers dans la forêt et dans les pâturages, pour ensuite t’offrir une petite vue du Lac Léman. Il suffit d’une grosse heure en transports publics pour t’y rendre.

Si tu es d’humeur promeneuse sans pour autant souhaiter aller trop loin, tu peux tout simplement te rendre au Parc de Sauvabelin. Le lac gelé et les canards qui font du patin sauront te redonner le sourire, quelles que soient les circonstances.

Petite recommandation : beaucoup de magasins de sport se sont retrouvés en rupture de stock de raquettes ; pour les louer, vaut mieux s’y prendre suffisamment à l’avance, histoire de t’assurer une jolie escapade.

Peut-être connais-tu d’autres jolis endroits qui seraient utiles aux personnes qui lisent ces lignes. Si c’est le cas, tes partages sont les bienvenus.

Lac de Sauvabelin: Marion Marchetti

Passions automnales

Gam-Ol

Les températures baissent, les courbes du Covid grimpent en flèche et le mois d’octobre parsème généreusement tes week-ends de pluie. La sécrétion de mélatonine augmente sous l’effet du raccourcissement des journées, invitant la bonne vieille fatigue qui t’accompagne chaque hiver à s’installer dans ton quotidien. Enfin, si plusieurs de tes proches ne sont pas en quarantaine, ce sont peut-être tes collègues, ton voisinage, ou toi-même. Comment retrouver la motivation dans ce tableau mélancolique?

Dans ta tête, Mister Tweedy!

Bien que la situation soit pénible, ta mentalité a une influence significative sur la façon dont tu traverses les évènements. C’est ce qu’explique la professeure en psychologie Carol S. Dweck dans son livre Osez réussir! Changez d’état d’esprit. Tes habitudes mentales ont bel et bien un impact sur ton état émotionnel, voyons donc ensemble comment apprivoiser cette époque rebelle.

 

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La sueur du challenge

Si les nombreux domaines dans lesquels tu brilles t’offrent la flatteuse saveur de la facilité, les nouvelles expériences nourriront davantage ta motivation. Le jour est venu d’éveiller la vache espagnole qui sommeille en toi, de te fixer un objectif aberrant, de débuter une activité qui te ramène au stade de l’enfance avide de découverte. Toujours admiré les spectacles de flamenco? C’est le moment de sauter le pas! Un problème de confiance en toi? Les librairies regorgent d’ouvrages qui rêvent de t’accompagner jusque dans les moindres recoins de ton être. Marre des séries qui te font tourner en bourrique à coup de rebondissements absurdes? Peut-être est-il temps d’explorer ta propre créativité en te lançant dans un art dont tu n’as jamais osé t’approcher. Les options sont infinies, peinture, documentaires, théâtre, cuisine ou randonnée; le seul élément déclencheur se trouve à l’intérieur de toi.

 

L’utilité des obstacles

Valiphotos

Voici le paragraphe tant attendu où l’article motivationnel te sert un proverbe chinois: “Quand le vent du changement se lève, les uns construisent des murs, les autres des moulins à vent.” Les clichés ont beau être mielleux, ils font parfois du bien, je t’encourage donc à t’y mettre, toi aussi. En cette période où il fait moche et la nature se dépérit, détourne la situation pour en profiter: tente la promenade dans les feuilles mortes, romantique et efficace. Tu pourras humer la forêt pailletée de champignons, te perdre dans une contemplation inspirée des couleurs automnales et offrir des photos chaleureuses aux cœurs des internautes qui s’enracinent dans leur quarantaine. Passer du temps dans la nature est bénéfique à ta santé morale et physique, ce qui te permet de comptabiliser d’autres points pour cette activité. Ceci dit, tu as de nombreux autres moyens de transformer les poids du quotidien en des baguettes magiques; le secret est de partir du principe que toute malchance est une opportunité déguisée.

 

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Le retour de pisse-mémé

Personne n’osera contester la généreuse invitation de cette saison à s’emmitoufler. C’est l’heure des chocolats chauds à l’abri du vent, des tisanes au coin du feu et des dégustations de pâtisserie en toute légalité. La douceur des couvertures devant un bon film, les éclats de voix familières autour d’un jeu de société, l’insouciance pantouflarde accordée par le mauvais temps; en résumé, l’automne t’invite à faire une pause. L’occasion de te rappeler que tu ne peux pas être en permanence dans la performance et que les moments de creux sont nécessaires pour entretenir ta motivation. Ils stimulent également ta créativité et rechargent tes batteries. Que de bonnes raisons de te laisser envelopper par l’atmosphère de ton salon, le temps que l’énergie te revienne de te lancer dans de folles découvertes.

Les limbes de l’empathie

Les hypersensibles sont très empathiques, parfois trop, confondent leurs propres émotions avec celles de leur entourage et cherchent à satisfaire ce qu’ils pensent être les désirs des autres.

L’empathie est une qualité lorsque tu cherches à faire preuve d’écoute auprès de tes proches. Les hypersensibles ont tendance à l’activer lors de toutes leurs interactions, ce qui les décentre et les guide au gré des envies de leur entourage.
Il est important d’apprendre à apprécier cette empathie lorsqu’elle est utile à une de tes relations proches, et à la tempérer dans les autres situations.

 

CHANGER D’ETAT D’ESPRIT. Penser à toi n’est pas égoïste, c’est prendre la responsabilité de tes besoins. Tu ne rends pas service aux gens lorsque tu vas à l’encontre de tes envies profondes pour satisfaire les autres. Au contraire, cela génère de la rancoeur, qui finit par se ressentir inconsciemment et altère la qualité de votre relation. Tu ne te rends pas service à toi non plus, car tu t’éloignes de ce qui est important à tes yeux et entres dans une dynamique de sacrifice, cultivant une insatisfaction néfaste à ton bien-être. Enfin, ton empathie peut être exploitée à mauvais escient sur tu tombes sur des personnes aux intentions discutables. À nouveau, c’est ta responsabilité de te protéger en focalisant ton attention sur ton propre ressenti.

 

DIFFÉRER

Si ton esprit est trop souvent plongé dans les émotions de l’autre, tu peux commencer par différer tes réponses lorsqu’on te demande un service. Cela te permet de garder un espace de temps avec toi-même, où tu pourras te recentrer et évaluer la situation sans que l’autre ne perturbe ta réflexion. « Je vais y réfléchir, je te redis demain » peut te sauver dans beaucoup de situations.

 

MÉDITER

La méditation te permet de prendre de plus en plus conscience de ton état interne, ce qui peut être utile lorsque tu es en interaction. Pratiquée régulièrement, elle t’entraîne alors à te recentrer et à retrouver tes propres émotions.

Lire aussi: Cellules d’une survivante

 

BIEN S’ENTOURER

Cela peut paraître évident, mais tu t’étonnerais du nombre de personnes que j’accompagne qui sont dans une relation malsaine ou investissent leur temps dans des amitiés qui leur font du mal. Personne ne nous a jamais appris à sélectionner nos amis et nos amours. Le moment est peut-être venu de nous poser cette question ?
Lorsque je coach quelqu’un dont la situation relationnelle est compliquée et qui vient de traverser une expérience peu agréable, j’aime beaucoup changer de perspective. Après avoir entendu sa version de la situation douteuse vécue, je lui répète la même histoire comme si elle venait de m’arriver. Et je lui demande : Qu’en penses-tu ? Ça te paraît normal ? La plupart du temps, la réponse est négative.
Comme tu pourras l’imaginer, il nous est souvent insupportable d’imaginer que d’autres personnes puissent traverser la même mésaventure. Pourquoi l’acceptons-nous alors pour nous-même ?
Chaque fois que tu as un doute sur la façon dont te traite quelqu’un, demande-toi comment tu réagirais si le même traitement était offert à la personne que tu aimes le plus au monde. Cela te donnera de bonnes indications sur l’état de ta relation.

 

T’ACCEPTER

Si ton empathie te joue des tours, elle t’offre aussi des relations de qualité et une très bonne compréhension de ton entourage. Une fois que tu commences à la doser et à l’appliquer lorsque cela est utile, tu ne pourras nier pas qu’elle est une excellente qualité.

 

 

Est-il vraiment possible d’améliorer notre rapport à l’hypersensibilité? Les problèmes causés par cette différence ne sont-ils pas permanents? Dans son livre Osez réussir, Carol S. Dweck explore les potentialités de l’effort. En savoir plus ci-dessous:

 

 

Cellules d’une survivante

La méditation s’instaure petit à petit comme un incontournable du bien-être. Cours foisonnants, applications et vidéos de plus en plus nombreuses, mais aussi études scientifiques soulignant les changements qu’elle provoque dans le cerveau témoignent de son importance. Sans compter les témoignages rayonnants qui animent de plus en plus nos conversations. Que lui vaut cet engouement ? Sylvie Staub, instructrice de pleine conscience à Lausanne, éclaire nos lanternes.

Les messages de la mort

Cette enseignante découvre la valeur précieuse de l’instant présent lors du long parcours médical qu’ont représenté ses quatre épisodes de cancer, dont elle sort vainqueur malgré les prédictions de ses médecins et la date limite qu’on lui avait donnée. Son livre, Cellules, je vous aime, conte le récit de sa guérison, mais aussi son processus d’acceptation vis-à-vis de la maladie.

Reprendre le pouvoir

« La méditation consiste à entraîner notre esprit à maintenir son attention sur un objet faisant partie de notre intériorité, ainsi qu’à s’en rendre compte dès lors qu’on réalise qu’on a été distrait pour la ramener sur cet élément » définit Sylvie Staub. Les pensées vagabondent naturellement et cet exercice permet d’en prendre conscience, afin de stabiliser notre attention et de décider où nous souhaitons la poser. L’instructrice souligne l’importance de la bienveillance vis-à-vis de nous-même dans cette pratique : lorsque le mental s’évade vers d’autres préoccupations, ce qui est normal, il suffit de le constater sans jugement, pour ensuite revenir à l’exercice.

Le début du changement

Cette pratique nous permet de retrouver le calme : réduction du stress1 et diminution des ruminations2 sont au rendez-vous. « En travaillant notre attention, nous prenons conscience de nos habitudes mentales, ce qui permet de sortir plus facilement des moments de distraction et des automatismes : nous réalisons que nous avons la possibilité d’agir différemment » explique Sylvie Staub. Plutôt que de subir nos pensées et nos émotions, nous les accueillons et leur offrons de l’espace. Tout mouvement intérieur nécessite d’être reçu pour continuer sa course ; en l’acceptant, nous lui permettons de se transformer ou de trouver une place au sein de notre vie tout en prenant soin de nous.

À l’aventure !

« La méditation se décline sous de nombreuses formes : les exercices informels peuvent être appliqués dans les activités quotidiennes, tandis que les exercices formels nécessitent que l’on se réserve un instant pour s’y consacrer entièrement » explique Sylvie. Voici un aperçu des pratiques que nous pouvons adopter dès aujourd’hui :

 

1. Apprécier l’impatience

Lors des moments d’attentes que nous avons l’impression de subir, tels que la file devant la caisse ou le chargement d’une application qui prend plus de temps que d’habitude, nous pouvons profiter de cet instant de vide pour sortir de la routine. « Il s’agit de revenir à l’intérieur de soi, de voir comment on se sent sur le moment et de se demander les émotions qui nous habitent » développe l’enseignante.

 

2. S’aménager des transitions

Il est possible de prendre des pauses pour observer son intérieur à de nombreux moments : avant d’entrer dans notre lieu de travail, ou en s’arrêtant pour souffler lorsque nous venons d’arriver dans une gare. Ces instants permettent de nous remettre à jour avec notre état émotionnel pour constater, sans jugement, l’humeur qui nous habite.

 

3. Revenir au corps

En faisant la vaisselle ou en prenant une douche, nous pouvons orienter notre attention vers les sensations que cela procure sur la peau. Nous pouvons également nous concentrer sur la caresse de l’air, le poids de notre corps sous nos pieds, ou nos perceptions visuelles lors d’une promenade. Les cinq sens peuvent servir de pilier pour entrer dans un exercice méditatif, à tout moment.

 

4. Conversation méditative

Lors de tout échange avec notre entourage, il est possible d’observer notre ressenti, de revenir à l’intérieur de soi tout en restant dans l’ouverture à l’autre et de se demander ce que cette communication éveille en nous. Cela permet une plus grande conscience de soi-même et, éventuellement, une meilleure authenticité dans la relation.

 

5. Le pouvoir de la respiration

Un exercice que nous pouvons essayer dans des activités quotidiennes, par exemple lors d’un trajet, mais également dans une pratique plus formelle. Il s’agit de porter notre attention à la respiration, en observant la façon dont elle traverse notre corps, soulève la poitrine ou le ventre, découvrir son rythme, le bruit qu’elle fait. La respiration est un puissant outil pour nous aider à faire une pause avant de réagir ou à accueillir les sensations et les émotions désagréables.

 

6. Le scan corporel

Il est recommandé d’essayer cette pratique lors d’un moment réservé à la méditation. Nous pouvons orienter notre attention sur différentes parties de notre corps, en commençant par exemple par les pieds, pour ensuite passer aux chevilles, aux genoux, aux cuisses, et ainsi de suite, en percevant à chaque fois les sensations présentes dans l’endroit observé.

 

Si cette liste non-exhaustive permet de découvrir quelques facettes de la méditation, n’oublions pas que les exercices peuvent se décliner de bien d’autres manières. Nous concentrer sur les sensations que procure un aliment, prendre le temps de cultiver de la compassion vis-à-vis de nous-même et du monde, éprouver de la gratitude en orientant notre attention vers des évènements qui nous remplissent de joie, mais encore… « Ce mécanisme existe déjà naturellement chez l’être humain, la méditation ne fait qu’amplifier ce fonctionnement du cerveau pour le bien-être des personnes qui pratiquent » souligne Sylvie Staub. Dès le moment où nous prenons conscience de nos sensations et leur portons notre attention, nous entraînons notre esprit et apprenons à nous comprendre, une véritable porte d’entrée vers plus de liberté ; des millénaires de cette pratique viennent confirmer l’importance de la célèbre phrase « Connais-toi toi-même ».

 

Sylvie Staub donne des cours de méditation à Lausanne : http://www.lapleineconscience.ch/

Son livre : Cellules, je vous aime

 

1 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK77489/
https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/1809754%20
https://www.academia.edu/download/55512605/1156-4.pdf

2 http://www.uclep.be/wp-content/uploads/pdf/Pub/Heeren_Mindfullness_2011.pdf

Au cœur de ta haine

La colère la plus déchirante peut, avec beaucoup d’efforts, être réorientée vers de la gratitude et de la compassion. Pour cela, il est nécessaire de la traverser, de l’observer et de la comprendre.

Une fois dans la solitude, ouvre-toi à cette colère, ressens-la intensément, intensifie-la, laisse-la crisper l’entier de tes muscles et faire trembler ton corps, crie, pleure. Cette émotion est là pour une bonne raison, accueille-la, offre lui l’espace et le temps dont elle a besoin.

La chasse aux trésors

Quel que soit l’évènement ayant provoqué cette émotion, les origines de cette colère se trouvent uniquement en toi. Les actes ou les paroles qui t’ont fait mal viennent toucher un point extrêmement sensible de ta personne, ce qui te permet de prendre conscience de tes blessures ou de tes cicatrices. En cela, tu peux déjà éprouver de la gratitude : sans cette colère, tu n’aurais pas réalisé que tu es fragile à cet endroit-là.

Tu as maintenant l’opportunité d’évoluer. Tu peux explorer ce que ce talon d’Achille dit sur toi, t’ouvrir à tes fêlures et les comprendre. Qu’est-ce qui se passe à l’intérieur de toi ? Qu’est-ce que cet évènement vient toucher en toi ? C’est également l’occasion d’examiner en quoi ton propre comportement a contribué à engendrer cette situation qui te met en colère. Cela te permettra d’orienter tes futurs comportements vers des résultats correspondant à tes désirs.

Des limites constructives

Tu peux aussi ressentir de la compassion pour la personne qui t’a fait ressentir ces émotions. Elle avait forcément une raison d’agir de cette manière, que tu ignores peut-être, parce que certaines pièces du puzzle te manquent pour entrer dans son mode de pensée – une blessure profonde qui anime ses réactions, une valeur qui lui tient à cœur, un évènement qui lui est arrivé récemment ou dans un lointain passé, une expérience de vie marquante, ou tout simplement un aspect culturel qui t’échappe.

Il est possible qu’elle ait cherché à te faire du mal, ce qui n’arrive que dans les situations où elle était elle-même en souffrance. On ne cherche pas à blesser autrui lorsqu’on se sent bien. Cela peut te motiver à ouvrir ton cœur à la compassion. Dans tous les cas, il est possible de se mettre à sa place et d’accepter que là où elle se situait à ce moment précis, ce comportement était sa meilleure option.

Ressentir de la compassion envers quelqu’un ne signifie pas que tu la laisseras te blesser à nouveau à cet endroit. L’émotion que tu traverses te permet d’ajuster tes attentes. Ta représentation de la relation ne correspondait pas à la réalité. Tu peux donc réadapter tes exigences, ce qui signifiera parfois que tu couperas les ponts ; d’autres fois, que tu ne confieras pas d’éléments intimes à cette personne et que tu te contenteras d’échanges plus légers avec elle ; d’autres encore, que tu ne prendras pas au pied de la lettre chacune de ses promesses ; il peut y avoir plein d’autres adaptations.

Un dialogue constructif

Mais ne serait-ce pas plutôt à l’autre de changer ? Tu peux te changer, toi, tes réactions, tes attentes, tes blessures. Tu ne peux pas changer les autres, seuls eux le peuvent, s’ils le décident. Tu n’as pas le pouvoir de leur obliger à modifier leur comportement. Tu peux, cependant, exprimer tes besoins, en gardant en tête que la personne est libre d’accepter ou de refuser. Avant d’engager le dialogue, prends le temps de vérifier que tu es en mesure de t’adresser à l’autre avec bienveillance. Évalue aussi si ton partage sera utile à votre relation. Si c’est le cas, tu peux t’exprimer grâce à cette méthode de Communication Nonviolente de Marshall B. Rosenberg :

1. Lorsque tu [mentionner le comportement en question de manière précise et factuelle, sans jugement].
2. Je me sens [expliquer la conséquence du comportement sur TON ressenti en nommant l’émotion qu’il génère chez toi].
3. Du coup, j’aimerais bien que [proposer un comportement qui m’aiderait à me sentir mieux, tout en gardant à l’esprit que la personne a le droit de refuser].

Par exemple : Lorsque tu arrives avec vingt minutes de retard au restaurant, je ressens de la frustration car je n’ai pas tenu mon planning. Du coup, j’aimerais bien que tu me dises si tu as besoin que nous décalions nos rencontres pour que tu puisses arriver à l’heure.

Quel que soit le message que tu souhaites transmettre, veille à faire preuve d’écoute et de compréhension. Une conversation constructive peut également t’ouvrir les yeux sur un élément du problème auquel tu n’avais pas pensé, y compris une erreur de ta part. En offrant un accueil bienveillant à ce que l’autre souhaite partager avec toi, tu instaures un climat d’ouverture et de tolérance dans tes relations.

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Lâcher prise: sortir du contrôle

Image : pixel2013

Le lâcher prise est une étape émotionnelle importante à franchir lorsque tu n’as aucune emprise sur les évènements. Il peut s’agir de l’attente de la décision d’une autre personne, d’une rupture, d’une maladie, d’un deuil, ou de toute autre situation dans laquelle tu te confrontes à ton impuissance.

Le premier pas dans cette direction est de constater que tu n’as pas le contrôle sur ce qui se passe, qu’il s’agisse du comportement de quelqu’un d’autre ou de la façon dont les difficultés peuvent émerger.

Le lâcher prise a également lieu lorsque, après avoir retourné ciel et terre pour résoudre un problème, tu te trouves à court d’idée ou de motivation et tu réalises que tu ne sais plus comment lutter.

Si tu ressens que tu as des difficultés à lâcher prise, c’est que tu as de la peine à accepter les choses telles qu’elles sont. Autrement dit, la situation génère chez toi des émotions désagréables que tu n’as pas envie ou que tu n’es pas en mesure d’accueillir.

Fuir la douleur

Ton ressenti peut t’effrayer pour plusieurs raisons. Écouter ton émotion peut remettre en question des principes qui étaient importants pour toi ou des valeurs sur lesquelles ta confiance reposait. Ce changement est trop inconfortable pour que tu lui offres sa place : il nécessite que tu détruises ton système de croyances qui t’avait été tant utile jusqu’ici et que tu en construises un différent, que tu ne connais pas encore. Ce mécanisme peut mener chacun et chacune d’entre nous dans une fuite en avant enrobée de déni, détournant notre attention des évidences qui pourraient déclencher une prise de conscience importante. Pourquoi éviter ainsi la réalité ? Parce que la désillusion est très douloureuse.

Confronter la peur

La méthode Tipi propose d’inverser le processus : là où notre réflexe inconscient consiste à nier l’émotion ou à s’en distraire, il s’agit d’orienter l’entier de notre attention vers l’émotion négative.

  1. Où ressens-tu cette émotion dans ton corps ? Cela peut être dans ton cou, dans le ventre, au niveau des épaules ou ailleurs – l’important est d’identifier l’endroit où elle se manifeste.
  2. Quelle sensation se manifeste ici ? S’agit-il d’une pression, d’une crispation, d’une impression de vide ?
  3. Concentre toute ton attention là-dessus et intensifie ce ressenti à cet endroit. Cela va devenir très désagréable, mais accroche-toi. Traverse cette douleur jusqu’au bout, elle te prendra 2-3 minutes de ton temps et te permettra d’avancer vers l’acceptation.

Cette méthode peut également s’appliquer d’un point de vue plus large : un évènement bouleversant nécessite parfois que tu prennes du temps pour ressentir la détresse qu’il éveille en toi.

Le pouvoir de l’attention

Pour pouvoir appliquer cette méthode, encore faut-il avoir conscience de l’émotion qui cherche à provoquer un changement en toi. Je te propose d’observer régulièrement ce qui se passe à l’intérieur de toi. La méditation peut t’y aider, mais si cela ne te convient pas, il est aussi possible de prendre un moment, chaque jour, pour prendre des notes de tes pensées, ou encore de t’offrir un moment de solitude pendant lequel tu peux te concentrer sur toi (par exemple, lors d’une marche). En prenant cette habitude, tu réussis à cibler les sensations désagréables plus rapidement, ce qui facilite leur résolution.

Lâcher prise, c’est parfois aussi accepter qu’on n’arrive pas à lâcher prise

Certaines situations sont trop douloureuses pour que tu sois en mesure de les digérer immédiatement. Cela est très subjectif : un évènement peut passer comme une lettre à la poste pour une personne et s’avérer extrêmement difficile pour une autre. Il est normal que tu prennes du temps à accepter des épreuves qui relèvent de l’insoutenable pour toi. Fais preuve d’indulgence avec toi-même et confie-toi au temps, qui saura te faire avancer jusqu’à l’étape où tu pourras t’ouvrir émotionnellement à ce qui t’es arrivé.

Si tu n’arrive pas à lâcher prise et que cela te cause trop de souffrance, cherche de l’aide auprès d’une personne qualifiée. Ton bien-être est primordial et il est important que tu ais le courage de prendre soin de toi.

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