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Climat : j’ai un problème avec la désobéissance civile

J’ai un problème avec la désobéissance civile : en Suisse, en 2019, lorsqu’elle est le fait d’adultes socialement établis, et d’autant plus sur la thématique du changement climatique.

Les actions récentes d’ Extinction Rebellion XR en Suisse, et en particulier la publication récente d’une déclaration de soutien par quelques membres de l’establishment scientifique et politique dans les pages du journal le Temps me font particulièrement réagir sur le sujet (notamment parce que j’en connais plusieurs dont je respecte les travaux scientifiques ou l’engagement).

Et ceci essentiellement pour trois raisons :

  • Une conviction personnelle intime ne suffit pas à rendre une cause juste
  • La désobéissance civile pour accélérer ou s’opposer à une politique gouvernementale n’a pas de légitimité dans la démocratie Suisse
  • En matière de climat en particulier, les effets de la désobéissance civile sont contreproductifs à long terme.

Permettez-moi d’avance d’anticiper une première critique : je partage totalement le constat sur l’importance des problèmes écologiques et environnementaux auxquels notre civilisation est confrontée aujourd’hui (nous consommons davantage de ressources que la terre n’en produit – nous avons modifié le climat à des degrés et une vitesse comme nous ne les avons jamais connus – la biodiversité est en chute libre). J’en ai régulièrement fait part sur ce blog, et pour ceux que cela intéresse, vous trouverez quelques pistes sur mon approche personnelle ici : « Transition écologique : Don’t panic – be happy ».

Une conviction personnelle intime ne suffit pas à rendre une cause juste

En matière de désobéissance civile, il est des exemples historiques et classiquement évoqués dont la pertinence et la légitimité paraissent aujourd’hui évidentes, comme par exemple la lutte anti-esclavagistes, anti-raciste ou anticoloniale (pensons à Henry-David Thoreau, Gandhi, …).

Les formules philosophiques inspirées de Thoreau comme « être homme avant que d’être sujet », « il n’est pas souhaitable de cultiver le même respect pour la loi que pour le bien », ou encore « la seule obligation qui nous incombe est de faire bien » raisonnent dans notre société libérale avec une très haute moralité ; elles mettent l’individu au cœur de l’action, à qui il incombe de définir lui-même sa notion du bien. La désobéissance civile est, à la base, un acte profondément libéral.

Or qu’en est-il de mouvements de désobéissance qui auraient pour objets une notion du « bien » que l’on ne partage pas. Par exemple, s’il s’agit de lutter contre l’avortement, ou encore comme dans le cas du mouvement de désobéissance lié à la « Manif pour tous » en France, dont la notion de bien ne s’accommode pas du mariage homosexuel. Un médecin refusant un avortement par conviction, une maire refusant un mariage entre individus de même sexe, pratiquent aussi la désobéissance civile.

Pour aller encore plus loin, est-ce que le groupement d’extrême droite qui a récemment fait scandale lors du carnaval de Schwyz en se déguisant en membres du Klu Klux Klan, pourrait se reconnaître sous l’étiquette de désobéissance civile ? Ses membres se réfèrent pour l’instant plutôt à la liberté d’expression (ou de bêtise). Mais à partir du moment où son action est mue par des convictions intimes (aussi méprisables soient-elles), qu’elle a été non violente, et où il accepte la sanction qui pourrait lui être administrée, on ne pourrait le contester.

Il faut également prendre conscience que l’on ne peut pas non plus comparer la Suisse actuelle avec l’Amérique des années 50 ou l’Inde de la première moitié du XXième siècle : aujourd’hui, la désobéissance civile est à la portée de tous, et le filtre du risque de sanction encouru est quasi inexistant.

Bref, la désobéissance civile est une méthode qui a fait ses preuves dans des contextes bien précis, mais que l’on ne peut reconnaître comme étant « bonne » intrinsèquement. Si on la reconnaît dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, on ne peut plus s’y opposer dans d’autres contextes. S’il suffit d’avoir une conviction intime pour avoir le droit de se réclamer de la désobéissance civile, la porte est ouverte à toutes les dérives.

La désobéissance civile n’est pas adaptée à une démocratie qui fonctionne

Lorsqu’un gouvernement n’agit plus selon la Constitution ou qu’une administration étatique s’affranchit de son propre cadre légal, je peux concevoir l’outil de la désobéissance civile comme étant légitime, dès lors que les mécanismes démocratiques ne permettent plus d’agir sur le système. La désobéissance peut alors être un moyen pour se sentir en cohérence.

Or lorsque l’on lit le texte publié par Extinction Rebellion et ses soutiens, on y trouve:

« Quels que soient nos domaines d’expertise, nous faisons tous le même constat: le gouvernement suisse, au même titre que d’autres gouvernements, a été incapable de mettre en place des actions fortes et rapides, sans équivalent, pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence est relevée tous les jours. »

Or en Suisse, si le système démocratique est lent, il ne dysfonctionne pas. Il est aujourd’hui en train de prendre la mesure du changement climatique de manière très rapide à l’aune des évolutions politiques classique, et de s’y adapter. Excepté l’UDC pour qui la lutte contre le changement tout court est la priorité, tous les partis qui comptent en Suisse ont pris acte des faits scientifiques. Il reste maintenant à mettre en œuvre une vraie politique climatique, et le prochain parlement sera très probablement mieux armé pour le faire.

Si l’on souhaite accélérer les choses davantage que le système ne le permet, on remet en question le modèle démocratique, qui veut qu’un changement soit intégré par la majorité des votants ou des membres d’un parlement avant qu’il ne soit décidé; ceci une fois fait, le changement est alors robuste et n’est plus remis en question à chaque nouvelle législature. La démocratie n’est pas un modèle de pionniers, mais de suiveurs, qui sont précisément en train de se mettre en route depuis quelques mois. Elle est lente, mais une fois une direction prise, elle la tient.

Le gouvernement, en Suisse, est exécutif. Et il reçoit son mandat du Parlement,  élu par le peuple. Si le gouvernement va plus vite, ou à l’encontre de la majorité démocratique, alors là, oui, le système dysfonctionne. Ce n’est pas le cas en Suisse, à moins de remettre en cause la démocratie.

Et c’est ici où le texte publié devient particulièrement malhabile, lorsqu’on y lit en conclusion : « Nous soutenons la demande de XR de déclarer un état d’urgence climatique et environnementale et d’établir une assemblée citoyenne pour travailler avec les scientifiques pour développer un plan crédible et juste pour une décarbonisation totale de nos sociétés et une préservation des écosystèmes. »

Il ne s’agit ni plus ni moins, de manière très probablement inconsciente, d’un appel à contourner les institutions démocratiques, en imaginant qu’une assemblée de citoyens (élue, désignée, tirée au sort ?) fera mieux et plus vite que le Parlement, qui devra alors simplement en mettre en œuvre les résultats.

Si l’on croit en la démocratie, qu’on en est un acteur, en tant que votant, en tant qu’élu, ou même dans le cadre de son travail, on ne peut en même temps jouer le jeu de la désobéissance civile dès qu’elle n’est pas (encore, ou plus) alignée sur nos propres convictions. Soit on joue selon les règles et on s’y tient, soit on ne joue pas du tout ; mais en aucun cas on joue, en se réservant le droit de ne pas respecter les règles si l’on perd.

S’il en est qui pourraient se réclamer de la désobéissance civile, ce sont les jeunes qui ne sont pas en âge de voter, voire les étrangers sans droit de vote.

Mais là aussi la pente est glissante. La désobéissance civile au sens de Thoreau ou d’autres, implique une haute maturité citoyenne et philosophique, afin de pouvoir garantir d’une part la non-violence et d’autre part l’acceptation des sanctions.
Des utilisateurs non avertis de désobéissance civile pourraient bien vite s’affranchir de ces garde-fous essentiels.

N’oublions pas non plus les utilisateurs avertis. Que se passera-t-il, lorsque les Blocher de demain se mettront à investir dans des mouvements de désobéissance civile, plutôt que dans des campagnes politiques et des journaux ? Appellerons-nous aussi les forces de l’ordre à davantage de tolérance, lorsque seront bloqués les transports publics?

Des rebelles on ferait rapidement des révolutionnaires, et les potentiels tyrans de demain, comme le disait Camus dans son essai « l’Homme révolté ».

En matière de climat en particulier, les effets de la désobéissance civile sont contreproductifs à long terme.

 On parle aujourd’hui beaucoup d’ « urgence climatique ». Et en effet, plus on attend, plus les mesures à prendre pour atteindre un objectif de neutralité carbone seront fortes. Mais ce terme occulte le fait que la lutte contre le changement climatique ne se fera pas en une seule déclaration ni une seule décision du parlement (et encore moins de l’exécutif = « gouvernement » dans le texte incriminé…).

Après une première décision de principe, la bataille se fera sur le très long terme. Durant de nombreuses législatures, il faudra être capable de mettre en place des plans d’actions pour améliorer constamment notre empreinte carbone, respecter nos objectifs, voir les renforcer. Il faudra investir fortement et régulièrement dans des infrastructures, des mesures d’accompagnement, qu’il s’agira de financer. Nous aurons parfois d’autres enjeux essentiels à traiter, et à chaque fois, il faudra ne pas céder sur la dimension climatique, tout en trouvant les bons compromis avec d’autres urgences (environnementales, sociales, économiques), alors que les conflits d’objectifs seront constants. Sans le temps de la discussion, de la négociation, nous ne trouverons pas les majorités pour des solutions acceptables pour tous, à la ville comme à la campagne, pour les jeunes comme les plus vieux, pour les aisés comme pour ceux qui ne possèdent que peu.

Pour cela, il est déterminant que les bases démocratiques qui paveront cette route soient solides. Et que personne n’ait l’impression que les décisions aient été prises sur un coup de tête, de manière peu démocratique, sous la pression de mouvements qui n’auraient pas respecté les règles du jeu. Et encore moins d’une élite qui aurait usé de ses titres de professeurs honoraires, de ses légions d’honneur, de ses prix Nobels ou de sa pureté morale comme de passe-droits. Désobéir pour que les autres obéissent mieux, quel dangereux paradoxe…

Prenons notre temps, à bras le corps

En matière d’incendie, la première règle que l’on apprend est : ne pas paniquer ; puis, agir calmement. Hurler au feu de plus en plus fort en menaçant de sauter par la fenêtre si l’évacuation ne se fait pas en bon ordre n’a jamais sauvé personne. On ne se prépare pas non plus en urgence à un marathon.

Plutôt que se rebeller, il s’agit de transformer le système de l’intérieur. Il ne s’agit pas de ridiculiser ni d’insulter ceux qui n’en auraient pas encore conscience, alors qu’il nous a fallu plus de trente ans pour collectiviser le problème. Il ne s’agit pas de trouver des coupables, il s’agit simplement de prendre son avenir en main.

Les manifestations de cet automne pour le climat ont été formidables d’énergie, et elles ont permis un changement majeur au sein non seulement de la composition partisane du Parlement, mais également dans les esprits de chacun. A nous de porter cet élan en avant, plutôt que de « désobéir » avec des techniques de chantage qui déshonorent la désobéissance civile de nos modèles du siècle passé.

Les études scientifiques montrent que la majorité ne se met pas en marche sous la pression d’une morale externe. Elle se met en marche lorsque les premiers avancent déjà. Pas à pas. Petit à petit. Avec de l’espoir et de l’envie.

En matière de climat aussi, rien ne sert de courir, il faut partir à temps. Nous voilà partis, et nos petits pas d’aujourd’hui, feront les grands de demain. Surtout, si c’est urgent.

 

Addenda 1 (23.10.2019)

Pour ceux que cela intéresse, l’émission RTS Tribu “La désobéissance civile et l’écologie” de ce mercredi 23 octobre a aussi traité le sujet, et reprend beaucoup des questions que je touchais plus haut (sur les réponses, nous ne sommes pas toujours d’accord).

 

Addenda 2 (26.10.2019)

Augustin Fragnière a répondu à ce papier de blog de manière extrêmement constructive, nuancée et réfléchie, en fournissant des éléments essentiels de compréhension.
Je vous mets ci-dessous la réponse que j’ai publiée ce matin sous son article, que je vous encourage à lire ici:

“Cher Augustin,
Je te remercie pour ta réponse extrêmement raisonnée à mon papier de blog, et à nous offrir un mode d’emploi de la désobéissance civile XR made ins switzerland.
Au vu de tes explication, je te suis sur la plusieurs de tes points.

Mon problème reste néanmoins sur trois points:
1. Le grand public, et surtout ceux à qui s’adressent ces actions, voyant les actions de désobéissance civile essentiellement à travers le miroir grossissant de la presse, sans le mode d’emploi, voit avant tout le coté de rupture et la critique directe (et parfois violente dans les mots). La subtilité de ta mécanique ne leur est pas consciente.

2. La critique trop directe (même non violente) ne favorise pas le dialogue.
J’en veux pour exemple l’anecdote cocasse qui m’est arrivée sur Twitter avec l’un des signataires, que tu connais bien vu qu’il préside la commission de la fondation scientifique dont tu fais partie chez Zoein.
Ayant publié mon texte, et interpellé les signataires, sa réponse fut: “n’importe quoi” accompagné sur un ton paternaliste d’une analogie historique déplacée. J’ai réagi en escaladant. Lui aussi. Il m’a bloqué. Fin du dialogue…
Bref, tout le monde n’a pas ta sagesse en matière de dialogue. Et surtout pas par médias et médis sociaux interposés, canaux pricipaux des actions de XR.

3. Je maintiens ma critique principale. Nous ouvrons la porte à d’autres formes de désobéissances civiles, qui ne respecteront par forcément le mode d’emploi de Thoreau et cie, sauront exploiter d’autres droits fondamentaux comme par exemple le droit à la vie, ou encore le droit à décider librement de ses projets de vie, et pourraient dorénavant facilement obtenir des soutiens financiers tiers importants, dont les intérêts ne seront pas toujours publics.

Tu dis toi-même que la notion d’activisme-non violent serait plus appropriée que le terme de “désobéissance civile”. Il ne serait pas seulement plus approprié, mais plus efficace.
En ce sens un activisme positif, visible et non violent, de manière physique mais aussi dans les mots serait plus efficace à long terme. Je ne sais pas non plus combien de temps le stress mental dégagé par les actions XR sauront maintenir le mouvement dans la non-violence (chose faite de manière exmplaire jusqu’à aujourd’hui, il faut aussi le dire).
La responsabilité de tous est d’accompagner ce mouvement, et non de donner un blanc seing à des activivités futures d’un mouvement dont on ne connaît par définition pas l’évolution.

Ma conclusion : les Manifs pour le climat: Oui; Extinction rebellion: non.

Mais surtout, et je te remercie chaleureusement pour cela: le dialogue avant tout!”

Marc Münster

Marc Münster

ApaRtide féru de politique suisse et curieux de l’avenir de mes deux filles, arpenteur inlassable de la twittosphère (@Munsterma) et de ma planche à repasser, je poursuis la chimère de l’humanisme des Lumières. Suisse allemand de culture vaudoise ou inversement, je m’entraîne de longues heures au retourné de röstis dans ma cuisine bernoise. Passionné de passé – latiniste puis géologue - je consacre ma vie professionnelle au futur et à la société (formation et accompagnement stratégique en développement durable).

72 réponses à “Climat : j’ai un problème avec la désobéissance civile

  1. J’apprécie de pouvoir lire un article qui se distancie de l’élan général que ce journal, à mon avis, entretient par de nombreuses publications d’auteurs engagés dans une course tête en avant. Je déplore en particulier une série de blogs qui ressemblent à des feuilletons sur le thème « demain ce sera la catastrophe », qui sont pourtant rédigés par une scientifique, mais décidée à agir par un travail de persuasion basé sur les émotions. Une fois oui, mais une fois par semaine en moyenne non, parce que ce fort vent semble finalement viser à arracher toutes les girouettes qui ne s’orientent pas dans le sens de la tempête. C’est bien à mon avis une tyrannie de l’information : « Croyez et cela suffira, c’est nous qui savons ». Quand bien même ces personnes sont de bonne foi en visant un but honorable, les moyens employés ne le sont pas du tout. Un scientifique a déclaré dans ce journal : « Il faudrait un gouvernement mondial, mais je sais que ce n’est pas réalisable ». Je ne comprends pas comment on peut poser une hypothèse qui n’a pas place dans la réalité, à moins de vouloir cautionner ceux qui se sentent appelés à s’imposer par la force pour diriger, sans réussir évidemment à former ce « gouvernement mondial », mais déjà à l’échelle d’un pays on est en droit de le craindre et s’y opposer.

  2. J’ai 55 ans. Depuis 40 ans, j’entends des gens qui essayent de dire aux citoyens de cette Terre que nous partageaons tous, qu’il y a des choses a faire ou a ne plus faire. Consommer a outrance, polluer, respecter la nature, son voisin, sa descendance… Une quantite incroyable de mise en garde qui n’ont pas ete entendues. Des groupes puissants se sont evertues, et le font encore, a les problemes. Force est de constater que ces lanceurs d’alertes avaient et ont raison de la faire. On a vu, durant toutes ses annees l’inaction des politiques. Meme si on peut se targuer de vivre dans une democratie “exemplaire”, force est de constater que l’inertie est bien presente aussi en Suisse.
    La force de ces mouvements est de montrer, de render attentif les gens a nos habitudes, notre mode de vie, nos erreurs, nos reflexes qui peuvent etre un poison. Le citoyen reste libre de suivre on pas, ce que ce groupe fait passer comme message.
    Je comprends la frustration du citoyen qui va devoir attendre 10 ans qu’une loi passe au parlement pour interdire les plastiques a usage unique. Sans doute 25 ans pour parler des hydrocarbures, 30 ans pour faire payer les pollueurs et j’en passe…
    Tout est question de temps. Notre belle democratie est a cherir, mais il est parfois des moyens efficaces qui n’attende pas le nombre des annees.
    Dans une democratie, il est important que le debat vive. Ces groupes qui mettent en avant certaines idees, nourissent aussi le debat.

    1. Je ne dis pas qu’ils ne nourissent pas le débats. Mais ils focalisent le débat public sur pour ou contre l’urgence, pour ou contre des mesures drastiques, alors que le processus a besoin d’un débat plus posé pour aboutir et durer le temps nécessaire aux vrais changements.

  3. Une petite mise en perspective: les verts et les verts libéraux n’ont totalisé que 20% des votes. Bien sûr la progression est magnifique mais on mesure bien le chemin qui est encore à parcourir: A quand plus de 50% de votes climat? Ce jour là les politiques bougeront vraiment et la démocratie fonctionnera comme argumenté dans l’article. Je pense que le mouvement XR est un vecteur très puissant de prise de conscience qui poussera pour voter pour le climat. Rejoignons la sagesse de nos éminents scientifiques et leur message de soutien. L’histoire nous montre que la désobéissance civile fait bouger les bases fondamentales d’une société et c’est exactement ce que notre planète réclame.

    1. La démarche de ces éminents scientifiques, qui reprennent tels quels des slogans développés en angleterre (cf le rôle du gouvernement), ignore tout ce que l’on sait de la recherche actuelle sur les changements de comportement, et est très peu professionelle. Jusqu’à être publiée le lendemain du succès jamais égalé de la thématique climatique dans les urnes. Il se décrédibilisent vis à vis de ceux qu’ils souhaitent convaincre.

        1. Oui, désolé, c’était trop laconique: Le texte en appelle directement au “gouvernement” qui n’aurait pas pris ses responsabilités.
          Si cet appel peut être pertinent en Angleterre ou en France où l’exécutif est plus puissant et clairement identifié, en Suisse, le gouvernement est sous le contrôle direct du parlement et du peuple… Il ne peut pas prendre des décisions unilatérales de cette ampleur. Et je ne parle même pas encore du fédéralisme qui poserait la question de l’échelon à qui s’adresse ce texte: suisse, cantonal, communal?
          Pour un changement significatif, on doit donc agir par la base avant tout.

          1. Je vous suis partiellement. En effet, le gouvernement est “sous contrôle” direct du parlement et du peuple… LORSQU’IL AGIT! Or s’il ne fait rien, le peuple n’a pas d’autre outil que l’initiative populaire qui n’est pas toujours adaptée à la situation. Respectivement, on connait le rythme de mise en oeuvre des dispositions constitutionnelles lorsque celle-ci ne vont pas dans le sens de l’idéal gouvernemental… Ceci ne serait-il dès lors pas de nature à qualifier les actions qui vous posent problème de nécessaires?

  4. Évidemment dans l’idéal c’est nettement mieux de faire les changements depuis l’intérieur du système avec une majorité qui suit. Mais comme vous l’avez très bien dit en matière d’incendie la première règle est de ne pas paniquer puis d’agir. Le problème c’est qu’il n’y a pas vraiment eu d’action jusqu’à présent, les choses commencent enfin à changer mais très lentement. Hurler au feu à été fait durant ces 30 dernières années mais qu’elles ont été les réponses……?
    Toutes les personnes qui descendent dans les rues le font effectivement car elles ont une conviction personnelle mais cette conviction n’est pas juste basée une croyance elle est basée sur des faits scientifiques réels. Ce qui n’est pas le cas pour un mariage pour tous.
    Vous terminez en disant que rien ne sert de courir il faut partir à temps mais que fait-t-on lorsque nous ne sommes pas parti à temps?

    1. On a mis trente ans à adapter les plans de formation, qui permettent aujourd’hui à la nouvelle génération d’avoir l’approche globale nécessaire à comprendre les enjeux climatiques. On a obtenu les preuves de l’existence de ce réchauffement, et on a obtenu des projections crédibles sur les conséquences de ce réchauffement. Je n’appelle pas cela rien faire. Sans tout cela, Extinction rebellion n’existerait pas. Je n’appelle pas cela rien faire.

      1. “On a mis trente ans à adapter les plans de formation” “Je n’appelle pas cela rien faire.”

        Et personnellement, vos propos, j’appelle cela de la mauvaise fois… On ne doit pas avoir la même notion d'”urgence”.

        “On a mis trente ans à adapter les plans de formation, qui permettent aujourd’hui à la nouvelle génération d’avoir l’approche globale nécessaire à comprendre les enjeux climatiques.”

        Bonne idée, tenons les même discourt que depuis 30 ans et reposons nous sur “la nouvelle génération”! Par contre, votre mensonge sera compliqué, car difficile de nier que nous avions les informations pour comprendre alors qu’on nous fait la morale depuis notre enfance :
        « Si nous n’y prenons pas garde. Un jour prochain. C’est l’homme qui disparaîtra. » “Terre, attention danger. ” 1991 – Club Dorothée

        ” Sans tout cela, Extinction rebellion n’existerait pas.” Vous inversez les rôles. C’est une argumentation fallacieuse…

        1. EH oui, c’est bien pour cela que je consacre quasi toutes mes journées à travailler sur et pour le sujet. J’ai vu les progrès accomplis. Je connais le chemin qu’il reste. Je ne crois juste pas à la précipitation. Et je crois dans la démocratie.

  5. Bonjour,
    Je me souviens de voir encore de la neige au sommet des alpes au mois d’août, un cas de chaleur “extrême” (27°) en 1978 (sauf erreur) … qu’en est-il aujourd’hui?… Vous ne voyez pas l’urgence? XR manifeste pacifiquement, attendez disons 10 ans, quand il manquera d’eau, de nourriture … les réactions seront autrement plus engagées. Oui notre démocratie, oui notre liberté mais là, sans mesures contraignantes significatives c’est la vie (végétale, animale et humaine) qui est en jeu.

      1. Je prends ceci comme un aveu en creux: notre démocratie est trop lente pour prendre les mesures nécessaires à temps. Donc, soit:
        a) on ira à l’effondrement en démocratie, soit
        b) la démocratie sera “suspendue” pour prendre des mesures d’urgence à la dernière minute.

        Comme la solution a) est illusoire, il ne reste que la solution b), et c’est très précisément ce que XR et ces scientifiques cherchent à éviter. Au contraire, ils demandent que les mesures drastiques soient prisent démocratiquement avant que ce soit dans la panique.

        Cher Marc, si tu as une solution c) meilleure, je serais ravi d’en prendre connaissance.

        1. Il me semble que non, car inventer une nouvelle instance sous forme de comité de citoyens d’origine mystérieuse non prévu dans notre système et qui dicterait après ses décisions au gouvernement qui vient d’être élu, cela ne me paraît pas très démocratique…

          1. Le projet de la mise en place d’une assemblée citoyenne n’est en tout cas pas qu’elle dicte ce qu’il y faut faire. C’est qu’elle interagisse avec le gouvernement en place afin de pouvoir accélérer l’application de mesures à prendre dans cet état d’urgence. Ça ne serait pas une assemblée mystérieuse, mais une assemblée représentative du peuple (tirage au sort). Mais pour ça, il faudrait reconnaître l’état d’urgence et avoir la volonté d’y répondre avec des mesures adéquates et contraignantes. Sans quoi, cette assemblée me semble inutile. C’est clairement plus complexe que mon explication, mais en bref, c’est ainsi que je l’ai compris.

          2. Vu comme cela, bien entendu que c’est quelque chose d’envisageable. A l’image par exemple d’une assemblée constituante, ou d’un processus participatif. On peut aussi imaginer des approches comme celles du sommet climatique réclamé par les verts après les dernières élections et qui se tiendra très probablement avant la fin de l’année.
            Mais précisément, afin que de tels processus puissent fonctionner, on ne peut les associer à de la désobéissance civile, afin de maximiser les chances que les résultats soient ensuite repris par le système en place.

        2. Cher VIncent,
          “Ces scientifiques” n’ont pas voulu, ou pas réussi, à entrer dans le jeu démocratique. C’est trop facile de faire une lettre de soutien à XR tout en conservant tous leurs privilèges dûs à ce système qu’ils mettent cause. D’ou la perte de crédibilité.
          Et tu sais comme moi que pour que des mesures drastiques soient prises en démocratie, il y a besoin de beaucoup de dialogue, et beaucoup de confiance. Cela prend du temps. Inscrire l’urgence climatique dans la constitution (ce qui est en effet faisable très rapidement), ce n’est pas encore une mesure suffisante. C’est ce que j’essaie d’expliquer dans mon texte. Et je sais que l’on y travaille tous.

          1. Beaucoup de dialogue, oui, et surtout d’information. Le gouvernement doit immédiatement communiquer très clairement sur la vitesse de la dégradation des écosystèmes et sur la probabilité d’un effondrement. Choses que je lis en permanence dans le cadre de mon métier. Et justement, informer honnêtement est l’un des 3 piliers des demandes XR. Faut-il une loi, fruit d’une négociation de 20 ans au Parlement, pour le faire? Communiquer cela mettrait-il en péril note démocratie?
            Non, on peut le faire tout de suite est c’est vital d’informer correctement la population si on veut se donner une chance de réagir, par des processus démocratiques, avant que ce soit trop tard.

            Donc ne pas communiquer par choix est criminel, par ignorance c’est de l’incompétence. Dans les deux cas, XR remet, grâce à ses actions, de le dénoncer et pousse à y remédier.

        3. Dans un commentaire, vous évoquez la nécessité d’informer correctement la population. Cela me fait malheureusement penser à la 5G (qui est peu en rapport avec le sujet, quoique) où la nouvelle disposition de l’ORNI, l’art 19b a plusieurs facettes dont la mise en place d’un groupe de travail dont de nombreuses personnes attendent le rapport. Celui-ci a pour mission de présenter un projet qui comble les lacunes réglementaires qui pourraient entraver le déploiement des réseaux 5G (euphémisme pour demander d’abaisser les valeurs limites [VLI] et autre). La modification permet également, selon le rapport explicatif, de contribuer à dépassionner le débat et la perception des risques (!) .
          Au vu de ce qui précède, quelqu’un partagerait-il la crainte que la propagande se dissimule derrière l’information (prétendument correcte) ?

      2. Dans l’idéal, je suis d’accord avec vous. Mais peut-être qu’à moyen terme, il n’y aura plus moyen de faire perdurer une démocratie, ni quelconque régime politique… alors, la survie de l’espèce ou celle de la démocratie ? C’est une réelle question que je pose là, elle n’est pas rhétorique !

        1. L’humanité avec un grand H passe avant l’espèce en elle-même, qui n’a pas d’intérêt particulier en soi. Est-ce que la démocratie fait partie de cette Humanité comme je la conçois? Oui, ou alors une variante à inventer encore.

  6. Bonjour
    Nous sommes dans une situation où “partir à temps” aurait dû être fait il y a 40 ou 50 ans, connaissant les 1ères alertes comme le rapport Meadows en 1972 ou les discours de René Dumont.
    Aujourd’hui il est trop tard, comme le montrent de nombreuses études scientifiques. Il faut agir, et agir vite. Alors les manifestations de Greta, les grèves des Fridays for Future ou la désobéissance civiles sont probablement les dernières “cartouches que nous pouvons tirer” pour sonner le tocsin.
    Je viens de visiter le laboratoire de glaciologie de l’université de Grenoble et d’y suivre une conférence sur les influences du changement climatique dans les montagnes. Les projections sont désastreuses avec la disparition quasi programmée des glaciers sous 4000 m. Et le suivi des rapports du GIEC depuis des années montre que les simulations les plus pessimistes sont systématiquement dépassées par les mesures.
    Dans ces projections il y aura probablement un accroissement des débits des rivières alpines avec la fonte définitive des glaciers, et ensuite ces débits qui alimentent nappes phréatiques, agriculture, agglomérations vont décroître et évoluer au gré des précipitations, à l’image des rivières de l’ouest des Rocheuses aux US où les réservoirs de barrage ne sont plus qu’à moitié plein depuis des années, où le Colorado n’arrive plus dans l’océan. C’est ce qui nous guette en France avec la Durance, et dans le reste de l’Europe alpine avec ses grands fleuves, Rhône, Rhin,…
    Tristement.
    Bernard PhD

    1. Bonjour Ancelle,
      Oui … j’abonde dans votre sens! Quand je lis la résistance à changer de paradigme, de ne pas vouloir aller vers la sobriété (heureuse pour citer Pierre Rabhi), la décroissance et peut-être vers une forme de planning familial qui devra assurément être “imposée” afin de pouvoir “perpétuer” la vie, je me dis que le temps qui passe conduira l’humanité à sa perte. Dommage et triste.

  7. Voici un article intéressant pour ceux qui lisent l’anglais (sinon il y a Google translate avec des résultats parfois aléatoires):
    https://www.counterpunch.org/2019/10/22/xr-co-founder-discusses-climate-emergency/

    Il y a juste un point qui m’échappe, peut-être que quelqu’un peut m’aider…

    Donc dans la première partie Roger Hallam, cofondateur de XR, démontre de manière plus ou moins convaincante que quoi que nous fassions, c’est trop tard, que demain ou au plus tard après-demain c’est l’apocalypse, et notamment par exemple que si nous arrêtons toute utilisation d’énergie fossile demain, ce qui bien sûr n’arrivera pas car le remède serait presque aussi catastrophique que le mal, la première conséquence serait de faire monter encore la température de 0.7 degré, etc.
    Que donc la cause est perdue…

    Et il poursuit après longuement pour nous expliquer les mérites de son mouvement de désobéissance civile, dont il vient pourtant de prouver la parfaite inutilité?

    1. Les informations que vous donnez ont leur importance, et on n’en a pas trace dans les articles journalistiques qui relatent des actions de XR. J’ai le sentiment que pour être dans le bon vent, ce journal choisit presque d’accompagner les mouvements de foule plutôt que de garder le recul et le sens critique, pourtant mentionnés pour nous faire mieux connaître ses coulisses. J’apprécie ainsi particulièrement les blogs, qui sont rédigés par des non-journalistes à qui est offerte une vraie liberté de s’exprimer. Ce n’est certainement pas pour rien que l’offre de ces nombreux blogs, ouverts à des personnalités différentes, contribue au succès de ce quotidien. Je ne trouve pas cette même diversité de développement d’idées de la part des journalistes qui sont les vrais collaborateurs du journal, à l’opposé des bloggers qui participent bénévolement. Pour quelle raison ? Et là je n’obtiens pas de réponses du responsable des éditions, ni du rédacteur en chef à ce genre de questions déjà posées en d’autres occasions.

  8. Vous avez totalement raison dans ce que vous écrivez. Une conviction personnelle ne donne pas le droit de bafouer les règles de la démocratie et la désobéissance civile est une source de nuisances entravant le fonctionnement de la société. Il y a déjà tellement de problèmes qu’il n’est pas approprié d’en rajouter artificiellement d’autres. Presser la tête des gens en bloquant par exemple les routes et les transports est en effet contre-productif, ce genre de désagréments provoquant souvent des réactions parfois assez vives de rejet et de colère comme je l’ai vu et entendu. C’est vrai qu’il y a urgence, mais il vaudrait beaucoup mieux passer à des actions plus constructives. On compte ainsi sur le nouveau parlement pour utiliser des financements afin d’aider par exemple à l’isolation des bâtiments ainsi qu’à l’installation de panneaux solaires et de pompes à chaleur, plutôt que de redistribuer les taxes CO2 dans l’assurance-maladie ou de permettre aux entreprises d’acheter par ce biais des permis de polluer à l’étranger. Le très gros problème, c’est qu’il ne reste vraiment plus beaucoup de temps pour agir efficacement et que cette action doit être mondiale, ce n’est pas la Suisse à elle seule qui sauvera le climat et limitera le réchauffement à moins de 2°C. Le climat et l’environnement se dégradent si rapidement qu’il faut faire vite, des délais normaux de fonctionnement démocratique sur quelques décennies sont hélas beaucoup trop longs. Si le réchauffement ne peut pas être contenu à une limite “vivable”, il faudra alors s’adapter aux conséquences, ce qui sera encore plus difficile et problématique. D’après ce que j’ai entendu de sources bien informées, les décisions cruciales devraient être prises dès 2020 pour avoir des chances de succès. J’ai de gros doutes là-dessus comme beaucoup (cf. les moins de 50% de participation à ces dernières élections 2019 pourtant si importantes), mais je continue malgré tout d’espérer et d’y croire.

    1. Nous n’avons pas d’autre responsabilité que chacun, à notre échelle faire du mieux que nous pouvons. Je pense que l’on peut faire mieux que de la désobéissance civile. Dans quelle mesure cela suffira? Nous verrons.

      1. Tout le débat est là. Et, justement, peut-être que nous avons la responsabilité d’en demander plus à notre gouvernement et à nos politiciens. Nous parlons de l’avenir de nos enfants et petits enfants. Nous parlons du cahot à venir, ce n’est pas comme si c’était un sujet anodin. La mort du vivant. Ça n’est pas du catastrophisme, c’est juste la réalité annoncée par la communauté scientifique. Alors, que dois-je dire à mes enfants? Laissons aller, on verra bien ce qu’il advient ? Est-ce vraiment un comportement responsable ?
        Je m’associe au blocage d’une route pour crier ce que l’état ne veut entendre dit tout bas, “Il y a urgence, nous devons agir maintenant, …”.
        C’est ainsi que je prends mes responsabilités de père et c’est ainsi que je fais du mieux que je peux. 
        Car j’ai pris conscience que mes autres choix, que je continue d’appliquer, ne seront pas suffisants (voter, signer des initiatives, aller vers le zéro déchet, ne plus prendre l’avion, ne plus avoir d’automobile, consommer local, etc.).

        1. il y a bien d’autres actions: s’engager dans des sociétés, dans sa commune, agir dans le cadre de son travail, de son métier, convaincre ses amis, en parler. Et là, chacun de nous peut avoir un vrai impact. En étant dans la rébellion pour que d’autres agissent, on court au burnout, et je suis sérieux.
          Pour moi, c’est la cohérence dans le bottom up. Si on vise tous le changement planétaire, on n’arrivera à rien. SI chacun agit un cran au dessous, un cran au dessus, à gauche et à droite, on avancera. Et cela nous donnera de la force.

          1. Que vous dites.
            On ne se rejoindra pas sur ce sujet, par ce que vous pensez que les mesurettes suffisent et que je pense le contraire.
            Votre “chacun de nous” me semble tellement loin en voyant l’inertie populaire. Soyons réalistes. C’est pourquoi, à mon sens, seul un état d’urgence avec des mesures contraignantes, pour tous, pourra amoindrir la catastrophe à venir (qui est déjà en cours).
            C’est à ce moment, en étant à la même enseigne, que nous pourrons agir coude à coude, solidairement tout en restant dans une démocratie.
            Sûrement pas avec le libéralisme tel qu’il est appliqué actuellement où le profit reste LA priorité. Aujourd’hui, je pense que l’utopie n’est pas de changer de système, mais bien de le maintenir tel qu’il est.
            Je préfère me fier aux scientifiques et être en état d’alerte, plutôt que d’écouter les “tranquilisateurs” qui nous endorment en nous disent “ça va aller”.
            La science n’y croit pas, je l’écoute.

    2. Si à elle seule la Suisse ne peut pas sauver le climat et limiter le réchauffement, elle peut d’ores et déjà prendre le tournant de l’épuisement des ressources et reconstruire un approvisionnement local au moins de l’alimentation selon une production évitant les intrants chimiques qui nécessitent tous (ou presque?) l’utilisation d’énergie fossile!
      La Suisse deviendrait ainsi un exemple, à la suite de certaines communes françaises et cela nous donnerait une longueur d’avance lorsque nous n’auront plus le choix…
      Je m’interroge de savoir si le blocage vient des lobby ou du passé paysan de notre pays qui a connu l’exode et qui a trouvé son salut économique dans les technologies. Vos avis m’intéresseront à coup sûr!

  9. Votre article aurait du sens si nous avions le temps. Si vous vous documentez, vous pourrez comprendre la panique évoquée. Pourtant, vous proposer ici https://blogs.letemps.ch/marc-muenster/2019/09/01/behappy/ la vidéo de Next, Arthur Keller. Qu’est-ce que vous ne comprenez pas dans ces courbes ?
    La démocratie avec ses initiatives, ses référendums et son parlement sous l’emprise des lobbys ne nous permettra pas d’aboutir à des solutions dans le temps qui nous est imparti. Cela va de soi.
    D’où les revendications d’Extinction Rebellion (XR).
    Dire la vérité, zéro émissions CO2 en 2025 et une assemblée citoyenne permettraient, peut-être, d’accélérer le mouvement.
    Dire la vérité en informant la population de la situation, permettrait de justifier des mesures contraignantes.
    Zéro émissions CO2 en 2025 permettrait de réellement faire face au problème. Pas en 2050…
    Une assemblée citoyenne permettrait de prendre des décisions plus rapidement que ne peut le faire le parlement et de court-circuiter les lobbys.
    Si nous laissons notre gouvernement ignorer l’urgence climatique et n’agir qu’avec des mesurettes, nous allons vers le pire. La désobéissance civile existe pour essayer de contrer cette inertie.
    Selon mes connaissances du problème climatique, je ne peux que constater que vous êtes dans le déni de la réalité. Ce qui m’étonne, car vous avez l’air d’être documenté ?
    Qui de vous ou de moi se trompe? J’espèrerais tellement que ce soit moi. Mais j’en doute si j’écoute les scientifiques https://etatdurgence.ch

    Avez-vous une référence pour :
    “Les études scientifiques montrent que la majorité ne se met pas en marche sous la pression d’une morale externe. Elle se met en marche lorsque les premiers avancent déjà. Pas à pas. Petit à petit. Avec de l’espoir et de l’envie.”

    Quant à:
    “Plutôt que se rebeller, il s’agit de transformer le système de l’intérieur. Il ne s’agit pas de ridiculiser ni d’insulter ceux qui n’en auraient pas encore conscience, alors qu’il nous a fallu plus de trente ans pour collectiviser le problème. Il ne s’agit pas de trouver des coupables, il s’agit simplement de prendre son avenir en main.”
    Principes et valeurs d’XR, on ne blâme pas.
    XR prend justement son avenir en main, puisque le gouvernement ne prend pas les devants.

    1. « XR prend justement son avenir en main, puisque le gouvernement ne prend pas les devants ».

      Une minorité de la population se dit donc prête à devancer le gouvernement pour assurer « son » avenir qui devra être celui de la population entière. Notre démocratie suisse n’est pas à l’image des fraîches démocraties africaines et ses urnes à fond troué où disparaissent les bulletins de vote. Notre gouvernement est trop lent pour prendre les justes décisions de vos messages de vérité ? Il sera assez rapide pour vous poser des barricades et user des moyens efficaces si vos démonstrations devaient outrepasser les limites de l’aimable tolérance.

    2. Je connais en effet la “réalité” de la situation depuis mes études de géologie il y a 25 ans. Et depuis, je consacre l’essentiel de mon temps à informe, et surtout à faire évoluer les pratiques. Il y a eu des succès, des échecs (surtout quand certains sont allés trop vite).
      Dans notre cas de figure, nous n’avons pas de gouvernement qui puisse prendre des mesures drastiques sans l’aval du parlement et de la majorité des votants. Il ne s’agit pas non plus de donner un gros coup de reins pour prendre une grosse décision importante et qu’ensuite tout suivra.
      C’est frustrant, mais de même que la terre est ronde, que le climat se réchauffe, les processus de changement démocratique prennent un certain temps. Nous avons besoin d’énergie sur le long terme, il ne faut pas se brûler les ailes et ensuite tout lâcher parce que cela n’avance pas assez vite.

  10. Moi j’ai un problème avec les 3 raisons « essentielles » invoquées :

    – On ne peut pas réduire la cause climatique à une conviction intime, dans la mesure où les arguments qui plaident pour des mesures urgentes et profondes reposent sur un corpus scientifique solide et très largement partagé.

    – La désobéissance civile non violente peut être légitime, y compris dans la meilleure démocratie du monde, tout dépend à quel type de menace elle entend répondre. Affirmer qu’en la légitimant en matière climatique on ne peut plus s’y opposer pour d’autres raisons est une ineptie ; cela revient à nier la spécificité de la menace climatique ou à affirmer que toutes les causes se valent…

    – Il n’y a aucune preuve solide que la désobéissance civile, en particulier en matière climatique, serait contreproductive. Par contre, on constate depuis des décennies (le premier rapport du GIEC a 30 ans) que la société n’avance pas assez vite sur une trajectoire de décarbonation. Jusqu’ici, on observe que les mécanismes politiques n’ont pas permis de juguler suffisamment le problème. Les solutions doivent venir de l’ensemble des acteurs, y compris la société civile, et la désobéissance non-violente est un moyen, parmi d’autres, pour contribuer au changement.

    La Suisse est une démocratie qui fonctionne relativement bien, mais elle n’est pas non plus exemplaire à tous égards, ne serait-ce par exemple qu’en matière de transparence ou de plafond dans le financement des partis.
    A cet égard, la désobéissance civile répond certainement plus à une logique de contre-pouvoir par rapport à l’argent, qu’à des intérêts lucratifs.

    La décarbonation de la société constitue une transformation de longue haleine, mais les scientifiques recommandent d’y parvenir dans 30 ans. Au vu de ce que cela signifie aujourd’hui en termes de réductions annuelles des gaz à effet de serre jusqu’à 2050, je ne vois pas que l’on puisse affirmer que la société soit partie à temps sur cette question. Il s’agit donc bien d’une course contre la montre qui est enclenchée.

    1. Je vous rejoins, en précisant que l’alerte a été lancée en 1972 déjà avec le rapport Meadows, publié sous le titre The Limit To Growth ou Halte à la croissance (en français) et la problématique va bien au delà de celle des effets de serre sur laquelle les média se focalisent (pour nous vendre de la géo-ingénierie?)

  11. J’ai un peu l’impression que votre analyse fait l’impasse sur les mouvements sociaux du XXe siècle, que ce soit le droit des femmes, les conditions de travail, mai 68 etc.

    Il y a une sorte de naïveté bourgeoise typiquement suisse dans les reproches que vous formulez. Peut-être à cause d’une distance à la fois temporelle, géographique et sociale avec ceux qui ressentent la nécessité d’agir plus rapidement que leur gouvernement.

    1. si vous me citez un mouvement de désobéissance civile qui a obtenu des résultats en l’espace de deux ans en Suisse, je veux bien réviser ma naïveté.

  12. Ce post rejoint ma reflexion actuelle. La question qui me tarabuste en ce moment c’est celle de savoir s’il existe vraiment des solutions efficaces aux problèmes climatique qui soient compatible avec la démocratie. Cette question peux sembler exagérée mais, même si tous se pare du manteau vertueux de la “vraie démocratie”, le papier de position de XR ainsi que de nombreux commentaire dans ce blog tendent à montrer que ce n’est qu’une facade: “La démocratie avec ses initiatives, ses référendums et son parlement sous l’emprise des lobbys ne nous permettra pas d’aboutir à des solutions dans le temps qui nous est imparti. Cela va de soi. D’où les revendications d’Extinction Rebellion (XR)” (M. Ballestrini, ci-dessus).
    Le “problème” avec la démocratie, c’est qu’elle ne poursuit pas un but précis (justice sociale, écologie ou autre) mais établit que l’important c’est que les actions respectent l’avis d’une majorité tout en respectant les droits des minorités. En d’autres termes, si une majorité préfère profiter des plaisir de la société de consomation tant qu’elle peux et par conséquent fermer un oeil (ou les deux) sur son future, c’est parfaitement démocratique et respectable.
    A l’inverse, imposer une but précis à une société qui n’en veux pas a non seulement déjà été testé mais s’est révélé catastrophique, ceci indépendemment de la légitimité du but (voir par exemple le communisme du 20ème siècle)

    Que penser, alors? Etablir une dictature, fusse-t-elle de la rue, pour imposer des comportement que les gens ne veulent pas pour sauver le monde? Ou s’en tenir à une démocratie réellement représentative avec le risque que les gens préfèrent se saborder pour une coupe de champagne de plus?

    1. Notez que je m’exprimais en mon nom et pas celui d’XR. Je relevais les revendications indiquées ici https://xrebellion.ch/fr/
      Pour ma part, si je me joins aux actions de désobéissance civile, ce n’est pas par plaisir. Je ne prétends pas être dans la vérité, c’est juste que je ne trouve pas d’autres réponses en ce moment et que je me dois d’agir pour essayer de donner une chance à nos enfants de ne pas subir le pire. Je ne peux me résoudre à attendre dans l’inaction.

      1. Mr Balestrini,
        Je me suis permis de vous citer uniquement comme un exemple et non comme une critique. Vos objectifs sont louables et rejoignent les miens en partie. Ma frustration vient du fait que, justement, je veux faire quelque chose pour le futur de mes enfants mais mes convictions démocratique me font désapprouver les méthode de XR.
        Je suis bien conscient de l’urgence climatique. Mais je suis également conscient du risque non moins critique de l’affaisement du modèle démocratique. A moins que, comme tout risque, il y aie également une opportunité de revoir le système de fonds en comble et de passer à une aire post démocratie libérale qui soit néanmoins garant du respect de tous. On peux toujours rêver, non?

        1. Merci pour votre commentaire. Je ne l’ai pas pris pour une critique, je voulais juste préciser que c’est moi qui m’exprimais et non pas XR.
          Pour ma part je veux croire à la possibilité d’évoluer notre société vers une gouvernance plus horizontale qui proposerait d’autres valeurs (plus de justice sociale, le partage du travail, plus d’équitabilité, …). Il me semble qu’une assemblée citoyenne pourrait nous aider à y parvenir. C’est un long débat…

          1. AU final, c’est une question de valeurs: met-on les valeurs démocratiques et une certaine notion de l’humanité au dessus du nombre d’humains et de la qualité de leur vie sur terre, ou l’inverse? A court terme ou à long terme? Voilà bien un conflit que nous n’avons pas encore fini d’explorer, et auquel il n’est pas si simple de répondre…

  13. Il n’est plus temps de prendre le temps !

    L’urgence est VRAIMENT là ‼️

    Le nier c’est ne pas connaître les derniers développements scientifiques (dégel exponentiel du permafrost par exemple).

    Ce qui rend vos trois arguments caduques…🤷🏼‍♂️

      1. Intéressant, puisque ça me conforte également dans la mienne.
        De mon côté j’entends des propos qui contredisent les vôtres:
        – la désobéissance civile à une longue histoire…
        – complément à la palette des outils démocratiques…

        Comme quoi.

        Malheureusement, l’émission n’est plus accessible pour le moment…
        Je compléterais si à nouveau disponible (Vacarme du 23.10 à 11:05).

        1. RTS: https://www.rts.ch/play/radio/tribu/audio/la-desobeissance-civile-et-lecologie?id=10770226
          La désobéissance civile et lʹécologie
          Face à lʹurgence écologique, les actes de désobéissance civile se multiplient. Cet usage est-il justifié dans une démocratie? Est-ce une nouvelle manière de protester et de sʹengager aujourdʹhui? Nous étudions lʹhistoire et lʹusage de la désobéissance civile en compagnie de Clémence Demay, doctorante en droit à lʹUniversité de Lausanne.

  14. Un complément à cette intéressante discussion:
    Le travail fait par XR et les marches pour le climat a été primordial pour imposer le débat avant les élections, et il a eu indiscutablement son effet.
    Pour la suite, il y a également un immense travail pédagogique à faire, puisque au-delà du travail “vers le haut” pour convaincre les politiques de l’urgence – oui, il y a encore beaucoup de travail – il y a maintenant le travail de conviction “horizontale” pour convaincre nos concitoyens du bien-fondé des politiques qui vont être mises en place et éviter de des référendum aboutissent pour contrer chacune des futures lois favorables à l’environnement que l’un ou l’autre de nos lobby ne va pas manquer de lancer. Nous avons entendu ce soir sur RTS un panel de politique dont une partie appelle à un dialogue citoyen pour sortir du cirque (au sens propre, éviter de tourner en rond) politique et élargir la base de proposition afin de trouver les meilleures solutions aux problèmes de la transition. Ce n’est pas une assemblée citoyenne tirée au sort, mais on voit que cette revendication prend du sens, au sein même des institutions suisses.
    Evoluer ou disparaître disait Darwin. Je proposer évoluer, vite…

  15. BONjour, votre poste amènent de nombreuses crispations à sa lecture.
    Je vais me restreindre pour l’heure à certaines qui sont les plus manifestes, en premier lieu l’absence de légitimité en Suisse. N’est-ce pas oublier un peu trop vite la puissance des lobby? A ce sujet https://lilianeheldkhawam.com/2019/10/23/depossession-la-2eme-contrainte-qui-sabote-les-etats-le-lobbying/ dont les passages suivants me semblent parlant:
    “Dans le cas de la Suisse, les rapports, que des experts émettent, semblent influencer de manière décisive les autorités fédérales, et en particulier le Conseil fédéral. Dans le cadre d’une « stratégie Santé2020 », un rapport[4] d’experts venus de 4 pays différents (10 Suisses sur 14 participants) semble être devenu une sorte de feuille de route du représentant officiel de la démocratie pour réformer le secteur. Par ce dispositif, les consultations ne se limitent plus aux seuls élus locaux, mais s’élargissent à des experts-technocrates venus de l’étranger.

    C’est donc tout naturellement que les lobbies s’installent dans l’espace public afin de fournir les informations nécessaires aux élus. Récemment, un élu suisse au Conseil national admettait recevoir d’un grand assureur quelques milliers de francs d’indemnités lors de certaines séances de travail. Ces pratiques, qui choquent encore les populations, sont pourtant celles de la nouvelle gouvernance.”

    La constitution suisse est également évoquée. Or celle-ci contient bon nombre de droits qui, à la faveur du principe de proportionnalité, cèdent le plus souvent le pas à la liberté économique… N’est-il pas du reste symptomatique que les valeurs limites fixées pour les polluants atmosphériques soient régulièrement dépassées sur l’ensemble des zones habitées? Ironie du sort, les recourants n’étant pas plus fortement affectés que les autres habitants ne se voient pas reconnaître la qualité pour agir en justice contre ce fait!!! Certains en déduiront que le système fonctionne; la question est pour qui? Les lobby peut-être?

    1. Ne nous crispons pas 🙂
      Et je partage votre analyse des problèmes de la démocratie Suisse, notamment de la force des lobbys.
      Le sens de mon post est simplement que l’outil de la désobéissance civile ne règle aucun de ces problèmes, et au contraire, tendrait à légitimer ceux qui prenne des libertés avec le respect des règles en démocratie.

    1. Merci Augustin pour ton texte, lu avec intérêt. Je t’ai répondu en commentaire sous ton blog, que j’ai repris en addenda dans mon papier ci-dessus. Bon week-end!

  16. Bonjour
    Je ressens un grand malaise à lire votre analyse du mouvement xr. Ceci revient à décrédibiliser tous les mouvements citoyens et à ne valider que les voies classiques : élections, judiciaire ou récoltes de signatures.
    On peut appliquer votre raisonnement sur d’autres actions violentes qui enfreignent des lois. Prenons par exemple, les grèves de la faim ou les immolations par le feu.
    Le sacro-saint respect des procédures que vous défendez me semble profondément incompatible avec les notions d’urgence et de désespoir que ressentent tant d’êtres humains.
    A votre avis, pourquoi certaines personnes se mettent+elles en danger alors qu’elles n’ont rien à y gagner ?
    Belle journée
    Nicolas Rossé

    1. Bonjour, peut-être que la première phrase de mon texte vous permettra de reativer votre malaise:
      “J’ai un problème avec la désobéissance civile : en Suisse, en 2019, lorsqu’elle est le fait d’adultes socialement établis, et d’autant plus sur la thématique du changement climatique.”
      Je parle ici exclusivement de la méthode de la désobéissance civile, en aucun cas de toutes les formes de manifestations. Je ne dis pas non plus que je ne les crois pas crédible, au contraire.
      Par contre, je ne crois pas à ce qu’elle contribue, à terme, à l’objectif visé: atteindre la neutralité carbone.

  17. Je fais des cauchemars depuis mercredi…
    Pourriez-vois m’expliquer pourquoi je comprends à tort que ce monsieur soutient que l’urgence climatique justifierait le cas échéant de se comporter avec des méthodes violentes (il donne l’exemple d’une bombe) , comme contre des nazis…

    https://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/jacques-dubochet-prix-nobel-de-chimie-2017-on-met-beaucoup-trop-dimportance-a-la-desobeissance-civile?id=10809086

    Stress de la tv ou je ne l’ai pas compris ??

  18. Rousseau, dans le contrat social, a écrit que l’intérêt particulier est contraire à la recherche de l’intérêt général. Le contrat social dont Rousseau fait la promotion institue un ordre social au service de l’intérêt général.
    Lorsque des intérêts particuliers rompent ce pacte, cet ordre social devient tyrannique ou vain.
    Les autorités politiques, dont le devoir est de protéger la population, ont failli : ils ne défendent que les intérêts particuliers des élites financières et économiques, des lobbys et des multinationales, leur cupidité et leur prédation, au détriment de la population, dont la survie est gravement menacée par les pollutions, le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité et la pénurie des ressources (c’est bien une question de survie dont il est question).
    Le contrat social étant rompu, la désobéissance civile est légitime.
    Voilà 50 ans que les faits scientifiques sont connus, et pourtant l’inaction, l’inertie, le déni, l’indifférence, ont prévalu. Il a fallu que des manifestations mettent la pression sur les autorités pour que les choses commencent enfin à bouger. Trop tard.
    Le rythme politique et démocratique n’est malheureusement plus suffisant pour éviter le mur, ou l’iceberg. Il est trop tard.
    Comme le préconisent les auteurs collapsollogues (Pablo Servigne, Jean-Marc Gancille, Yves Cochet, etc.), on ne peut qu’au mieux se préparer à cet effondrement.

  19. Bonjour, lisez mes blogs qui contiennent beaucoup d’informations sur le climat. J’espère qu’elles seront utiles : blogs.letemps.ch/dorota-retelska/2019/10/19/les-bases-du-debat-climatique-le-climat-pourrait-causer-la-mort-de-6-milliards-de-personnes/

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