Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juillet 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Irak: La production pétrolière menacée par la sécheresse et les manifestations
– France: Encore 400 millions € d’augmentation pour l’EPR d’Areva/Orano
– Iran: Les USA veulent réduire à zéro les exportations pétrolières de l’Iran
– USA: Trump utilise les réserves pétrolières pour faire baisser les prix
– Europe: Junker propose d’acheter du gaz de schiste américain
– Inde: Forte augmentation de la demande pétrolière et abandon de la Nano
– Laos: Un barrage hydraulique s’effondre
– Yémen: Des drones pour incendier les raffineries de l’Arabie Saoudite.


 

Yoyo du baril de pétrole avec les pressions de Trump et de l’augmentation de l’OPEP et de la Russie. En attendant novembre, le baril reste dans la moyenne des 70$ à 74.06$ (79.44$ fin juin) à Londres et à New York à 69.30$  (74.15$ fin juin).

L’uranium reprend un peu de vigueur pour monter un peu à 23.35$ (22.55$ fin juin).

 

Graphique du mois:  Croissance Mondiale
Selon l’OCDE, la croissance mondiale devrait progresser à un rythme soutenu, proche de 3.8%, cette année et de 3,9% en 2019.
La progression de la demande de pétrole devrait augmenter +1,8 millions b/j (barils/jour) d’ici à la fin 2019.

 

Monde

Le parallèle entre”la folie du climat et celle des dirigeants qui nous dirigent” est intéressant à relever.

Les canicules secouent l’hémisphère nord. La Suède et la Grèce font face à des incendies importants. La Suisse subit une vague de chaleur plus importante que celle de 2003. Le Japon (+40 degrés), le Canada, les USA et la Grèce comptent leurs morts par centaines. L’Irak et tout le Moyen-Orient voient les problèmes d’eau empirer (+53 degrés).

Au Groenland, un gigantesque iceberg de 100 mètres de haut, 200 mètres de large et 11 millions de tonnes s’est approché du village d’Innersuit. L’iceberg s’est créé après la dislocation d’un pan d’un glacier. Au total, le Groenland perd 300 gigatonnes de glaces par an.

 

 

Pétrole

Entre Trump qui a besoin d’offrir de l’essence bon marché à ses supporters avant les élections de novembre, les sanctions contre l’Iran, le Venezuela qui s’effondre, les manifestations en Irak et la Libye qui se cherche, bien malin qui peut prédire l’évolution du baril dans les mois à venir.

L’IEA (International Energy Agency) pense que le manque d’investissements dans l’exploration pétrolière, nous amène devant une pénurie de l’offre d’ici à 2020, à moins qu’une crise économique survienne et réduise la demande. L’Agence s’inquiète que seuls la Russie, l’Arabie Saoudite, le Koweit et les Emirats Arabes Unis ont la capacité d’augmenter leur production.

La dernière fois que ce scénario s’était présenté, nous étions en 2008 avec une poussée de fièvre du baril à 147$ avec comme corollaire le déclenchement de la crise.

Source: OCDE

 

Pays Clés

La production pétrolière mondiale semble se trouver à un moment charnière. Il reste assez de pétrole, mais les pays qui possèdent l’or noir sont en difficulté et les autres se trouvent entre le marteau et l’enclume de Donald Trump. Ce dernier va certainement “manipuler” ou “influencer” les prix du baril jusqu’aux élections de mi-mandat de novembre. Après les bêtes pourront être lâchées.

 

Iran

Avec un certain succès, Washington freine les exportations de pétrole iranien avec l’objectif de couper les entrées en pétrodollars. L’Iran pourrait être forcé de diminuer sa production pétrolière de 500’000 à 1 million b/j d’ici à la fin de l’année. Les versions les plus pessimistes penchent pour 2 millions b/j. Les élections de mi-mandat américaines se dérouleront en novembre juste avant que les sanctions américaines entrent en force.

Durant sa visite en Suisse, le président Rouhani a menacé de fermer le détroit d’Hormuz. «S’ils veulent arrêter les exportations pétrolières iraniennes, nous ne permettrons pas aux tankers pétroliers de passer par Hormuz ». Le détroit voit défiler 17 millions de barils par jour en provenance de l’Arabie Saoudite, de l’Irak, du Koweit et du Qatar. La US Navy a fait savoir qu’elle était prête à confronter l’armée iranienne pour garder le détroit ouvert. Même la Chine a marqué l’opposition à la fermeture du détroit. Cette option ne sera certainement pas activée par l’Iran, tant elle est explosive.

Est-ce que les autres pays producteurs de pétrole auront la capacité de compenser les baisses des exportations iraniennes afin de maintenir les prix du baril dans une fourchette raisonnable?

Le secrétaire du trésor américain, Steven Mnuchin, a présenté au Congrès US les sanctions prévues pour tous les pays qui achèteront du pétrole à l’Iran (inclus Chine, Europe et Russie). D’ici au 4 novembre 2018, ils devront avoir supprimés leurs importations iraniennes. Actuellement la Corée du Sud, le Japon, l’Inde et quelques pays européens ont accepté les volontés de Trump. Le français CMA-CGM, l’un des plus grands transporteurs maritimes avec 445 bateaux, va s’aligner sur la volonté américaine tout comme Total.

Le président Rouhani avait appuyé sa présidence sur l’accord nucléaire et les investissements occidentaux. Sa survie politique et la stabilité du pays sont en jeux. L’histoire montre que lorsqu’un pays producteur de pétrole se fait renverser, sa production pétrolière n’arrive jamais à revenir à son niveau antérieur.

Suite aux paroles de Hassan Rouhani «Ne jouez pas avec la queue du tigre, cela ne vous amènera que des regrets » ainsi que « les américains doivent bien comprendre que la paix avec l’Iran est la mère de toutes les paix et que la guerre avec l’Iran est la mère de toutes les guerres. » Donald Trump a réagi avec un tweet dont il a le secret.

«NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ÉTATS-UNIS OU VOUS ALLEZ SUBIR DES CONSÉQUENCES TELLES QUE
PEU AU COURS DE L’HISTOIRE EN ONT CONNUES AUPARAVANT.
NOUS NE SOMMES PLUS UN PAYS QUI SUPPORTE VOS PAROLES DÉMENTES DE VIOLENCE
ET DE MORT. FAITES ATTENTION !

 

Ce tweet peut questionner les connaissances historiques de Trump.

Pour améliorer l’ambiance, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a annoncé le lancement d’une chaîne multimédia (télévision, radio, numérique et réseaux sociaux) 24 heures sur 24 en langue farsia l’attention du peuple iranien qu’il appelle à se soulever contre le régime actuel. On se rappelle qu’en décembre dernier, des manifestations avaient éclaté dans 80 villes et 25 personnes avaient été tuées.

Actuellement la Chine est le plus grand importateur de pétrole iranien avec 650’000 b/j. Sa position sera déterminante pour le pays. Les Européens n’ont pu obtenir aucune concession de Washington sur les sanctions économiques. De facto, les entreprises européennes se plieront aux volontés de la Maison Blanche

L’Iran se tourne vers les entreprises russes afin de développer ses champs pétroliers et gaziers. Ayatollah Ali Khamenei a annoncé 4 milliards $ d’investissement de la part de Rosneft et Gazprom. Cependant, Moscou est sur la corde raide, financièrement parlant. Si les termes ne sont pas très favorables, on imagine mal investir les 50 milliards $ demandés par l’Iran.

 

Détroit d’Hormuz

 

Irak

La relative stabilité de l’Irak assurait les marchés pétroliers. Depuis quelques mois, il est judicieux de se demander si l’Irak ne va pas devenir la prochaine Syrie. La genèse de la guerre syrienne fait suite à des sécheresses et des récoltes catastrophiques. L’Irak est confronté à la même situation.

Le Moyen-Orient voit ses températures augmenter deux fois plus rapidement qu’ailleurs sur la planète. Avec des chaleurs de plus de 50 degrés, des pénuries d’électricité, le manque d’emplois ainsi que  la sécheresse des fleuves du Tigre et de l’Euphrate, des manifestations ont d’abord éclaté dans la région pétrolière de Bassorah pour remonter vers Najaf, Aminah et Bagdad. Plusieurs morts après, le gouvernement a proposé des promesses intenables pour l’emploi, l’eau, de l’électricité et la diminution de la corruption. Des promesses qui ressemblent à un mirage.

La production pétrolière du sud du pays aurait été impactée durant ces manifestations et l’eau est un élément clé pour extraire le pétrole.

La raffinerie de Bassorah a dû être mise à l’arrêt à cause de l’augmentation de quantité de sel causée par les marées du golfe Persique dans le Chatt-el-Arab et le faible niveau d’eau des fleuves.

L’Iran a refusé de livrer de l’électricité à son voisin. Bagdad s’est tourné vers l’Arabie Saoudite.

Au nord du pays, c’est le barrage turc d’Ilisu qui retient les eaux du Tigre et de l’Euphrate. Avant la mise en service de ce barrage, le 80% de l’eau de ces fleuves était destinée à l’agriculture et donnait du travail à 10 des 37 millions d’irakiens. Ces dernières années, le Tigre et l’Euphrate offraient le service minimal avec des niveaux d’eau à 40%. Aujourd’hui, ce nouveau barrage va stocker l’eau du côté Turque. Le ministre de l’agriculture a demandé de ne plus cultiver le riz et les autres plantes gourmandes en eau.

En Syrie, il aura fallu 4 années de sécheresse pour que la guerre civile éclate. Dans le cas de l’Irak, 3,5 millions de barils de pétrole sont en jeu.

 

Arabie Saoudite

Le président Trump tweeta que “l’Arabie Saoudite accepte d’augmenter sa production de 2 millions b/j.”  Le royaume a immédiatement tempéré cet optimisme et précisé que +600’000 barils/jour serait un chiffre plus adéquat et proche de la réalité.

Durant les mois d’été, 3 millions b/j sont brûlés pour la production d’air conditionné et la consommation interne. L’Arabie Saoudite a exporté 6,98 millions b/j en avril et 7,2 en juin.

La vente de 10% de l’entreprise pétrolière nationale, Saudi Aramco, pourrait être abandonnée. Le Prince Moammed bin Salman espérait obtenir entre 100 et 200 milliards $. Vu l’augmentation du baril, le budget de l’Etat s’équilibrera sans la vente ce joyau a précisé Amin Nasser, CEO de Saudi Aramco.

Les USA et l’Arabie Saoudite espèrent pouvoir combler la baisse de production iranienne quand les sanctions de Washington entreront en force.

Au Yémen, les Houthis ont utilisé un drone de type Sammad 2, pour toucher les installations pétrolières de Saudi Aramco. Les Houthis qualifient ce test comme une “expérience réussie et qualitative“. Saudi Aramco a confirmé que les pompiers de l’entreprise ont pu contrôler un «incendie mineur sans impact sur les opérations». On peut supposer que durant les mois qui viennent la fonction de pompiers de Saudi Aramco ne va pas être de tout repos.

Toujours au Yémen, les Houthis ont attaqué un tanker pétrolier d’Arabie Saoudite et l’ont légèrement endommagé. La guerre au Yémen a fait plus de 10’000 morts, dont de nombreux civils depuis l’intervention il y a trois ans de la coalition militaire sous commandement saoudien pour repousser l’avancée des Houthis.

 

Venezuela

La production serait descendue à 1,34 million b/j en juin alors que le gouvernement présente les mêmes chiffres qu’en mai à 1,531. Certains pensent que la barre des 1 million pourrait être atteinte d’ici à décembre. Quoi qu’il en soit, le pays a déjà perdu 1 million de barils en 2 ans.

Malgré la famine, le manque de soins médicaux et un régime qui s’effondre, le président Nicolas Maduro continue d’offrir 55’000 b/j de pétrole à des tarifs imbattables à Cuba. Montant: 1,2 milliards $/an.

La China Development Bank va injecter 250 millions $ pour assurer l’exportation de pétrole vers la Chine. Dans les mois à venir, la Chine pourrait signer un chèque de 5 milliards $ alors qu’elle reçoit plusieurs centaines de milliers b/j en repaiement. Cependant, les prêts chinois pourraient ne jamais être remboursés.

Plus de 9 milliards $ de prêts arrivent à échéance cette année. L’inflation pourrait atteindre 1 million% d’ici à la fin de l’année et le PIB pourrait diminuer de 15% (50% depuis 2013). D’ailleurs Nicolas Maduro a décidé de retirer 5 zéros à la monnaie nationale. Ainsi 100’000 Bolivars n’en feront plus que 1.

 

Russie

La Russie se prépare à augmenter de manière «significative» sa production pétrolière. Le ministre de l’énergie Alexander Novak annonce +200’000 barils dès septembre. Les revenus pétroliers supplémentaires devraient atteindre 40,14 milliards $.

Si les prix du pétrole devaient s’effondrer, la Russie se retrouvera dans la même situation qu’en 1991 ou 2008 avec une dislocation de l’économie. Cette perspective est la grande crainte de Moscou d’où son empressement à maintenir l’offre mondiale au niveau de la demande pour stabiliser le baril vers les 70$.

L’augmentation des exportations russes pourraient provenir de la vente des réserves pétrolières du pays.

Le Kremlin annonce une production de 11,215 millions b/j en juin.

La Banque Centrale Russe maintient ses taux à 7,25% avec la perspective que l’entrée de pétrodollars vienne soutenir l’économie.

Les exportations de gaz Russe vers l’Europe ont atteint des niveaux record en 2016 et 2017, grâce notamment à un hiver particulièrement froid. Au premier trimestre 2018, Gazprom a encore annoncé une augmentation de 6,6% de ces exportations sur un an. Le géant couvre environ 35% de la consommation de gaz du continent européen.

Deux bateaux russes Arc7 de gaz liquéfié ont pu livrer leur cargaison en Chine via le Pôle Nord et sans l’assistance d’un brise-glace.

 

 

Dessin: Chappatte
La planète foot a fait battre le coeur du monde durant ce mois de juillet 2018

 

Les Amériques

USA

Pour les élections de mi-mandat, Donald Trump est prêt à tout pour faire baisser les prix du pétrole et maintenir les prix de l’essence sous les 3$ le gallon. Joe America n’aime pas conduire son pick-up quand l’essence est chère.

Après avoir demandé à l’OPEP+ (Arabie Saoudite et Russie) d’augmenter la production, Trump envisage d’écouler une partie des réserves stratégiques américaines pour maintenir les prix sous les 70$. Entre 5 et 30 millions de barils de pétrole américain supplémentaires pourraient ainsi se retrouver artificiellement sur les marchés. Les réserves stratégiques des États-Unis s’élèvent à 660 millions de barils (2 mois de consommation). Et après novembre ? Aucune importance, les électeurs auront voté.

Scott Pruitt, directeur de l’Agence sur la protection de l’Environnement (EPA) a dû démissionner suite à une série de scandales liés à son train de vie. L’homme, ouvertement opposé à des mesures sur le réchauffement climatique, a été remplacé par un ancien lobbyiste du charbon: Andrew Wheeler.

Une nouvelle étude publiée dans Nature, annonce que les émissions de méthane dues au pétrole et au gaz se montent à 13 millions m3 par an, soit 60% de plus que les estimations de l’EPA. Le gaz de schiste est plus dangereux pour le climat que le charbon. Cela sonne drôle, mais les chiffres sont explicites.

Sur les 99 centrales nucléaires du pays, 34 sont en phase de décontamination et de destruction. Deux nouveaux réacteurs sont en constructions. Les autres centrales arrivent en bout de vie.

Elon Musk, CEO de Tesla Motors, a signé la construction d’une usine à Shanghai, Chine.

Elon Musk a trouvé un moyen simple et bon marché de développer son projet de train hyper rapide HyperLoop. Sous le contrôle de sa société privée SpaceX, il a organisé la Hyperloop Pod Competition. Des étudiants du monde entier se sont réunis en Californie pour étaler et offrir gratuitement leurs compétences. Les universités allemandes, hollandaises et suisses sont arrivées en tête. Nul doute que le grand vainqueur est: SpaceX. L’entreprise bénéficie gratuitement du travail et du savoir-faire des universités. Une question titille. Pourquoi les universités européennes se démènent pour soutenir des entreprises et des fonds de pensions américains alors que le concept pourrait être réalisé en Europe?

L’administration Trump désire ouvrir les côtes américaines pour des installations éoliennes offshores. L’administration veut également mettre aux enchères les côtes de l’Alabama, de la Floride, du Mississippi, de la Louisiane et du Texas qui contiendraient 48 milliards de barils de pétrole et 3’000 milliards m3 de gaz.

La production pétrolière offshore des USA se monte à 1,7 million b/j soit le 18% de l’offre américaine.

Les bio-carburants pour les véhicules sont en baisse de 147 à 140 million de gallons en avril. L’huile de soja produit le 48% de part de marché.

Une vague de chaleur a enveloppé une grande partie des Etats-Unis avec des températures dépassants les 40 degrés. Plus de 60 millions d’habitants ont été sous l’alerte température.

En Arizona, le barrage du lac Mead est descendu de 50 mètres sur la moyenne des 20 dernières années. Il se trouve à 50 cm d’une zone limite ou il ne sera plus possible d’y puiser de l’eau.

La patrouille française le 14 juillet 2018
Le fil bleu sur le bouton bleu et le fil rouge sur le bouton rouge!

 

USA Schiste

La production de pétrole de schiste du Bassin Permien plafonne à cause du manque de capacité de transport du brut. D’ici à la fin de l’été, les pipelines fonctionneront à 100% et il faudra 18 mois pour que de nouveaux tuyaux entrent en fonction. Entre temps, le transport se réalise par camions et pour écouler leur pétrole de schiste, les exploitants offrent des rabais entre 15 à 25$ le baril.

Corolaire à cette situation, après avoir augmenté ses extractions de 1,5 million b/j durant la dernière année, (à 10,9 millions b/j), le schiste américaine stagne. Il faudra quelques mois pour voir s’il s’agit de problèmes structurels d’extraction ou de transport.

Morgan Stanley pense que la production du bassin Permien pourrait diminuer de 2/3 d’ici à l’année prochaine alors que l’Agence de l’Energie Américaine voit grimper l’offre US à 11,8 millions b/j (actuellement 10,9). Peut-être que le chiffre exact se trouvera entre ces deux estimations.

Pour être rentable, Wall Street tablait sur une augmentation de la production de schiste à 634’000 b/j pour 2019, mais avec les limitations de pipelines, la capacité ne dépasserait pas 360’000 b/j.

La voracité des besoins en sable, afin de fracturer les roches des forages de schiste, ont permis d’ouvrir 11 champs d’extractions et 10 autres sont sur le point de voir le jour dans le Texas. Pour cette année, on prévoit 22 millions de tonnes de sable pour le bassin Permien soit le quart de la demande pour tout le pays. Si l’on corrobore les prédictions d’extractions pétrolières de l’EIA, il faudra 50 millions de tonnes sable/an pour les forages de schiste.

 

Haiti

La population proteste contre l’augmentation des carburants. L’essence et le diesel coûtent jusqu’à 4$ le litre alors que le revenu journalier est de 2€.

 

Mexique

Le nouveau président Andrés Manuel López Obrador est le nouveau président du pays. Il s’oppose à la libéralisation de l’entreprise pétrolière Pemex et de la libéralisation du secteur de l’énergie.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

Jean-Claude Junker a rencontré le président Trump pour clarifier la situation aux niveaux des tarifs douaniers. Les deux compères ont réalisé un magnifique accord “gagnant-gagnant” ou “win-win”.

Ainsi les consommateurs européens vont pouvoir manger du Soja OGM et du Boeuf aux hormones américains et participer pleinement au réchauffement climatique avec du gaz de schiste US. De leur côté, les consommateurs américains auront le privilège de continuer à acheter des automobiles allemandes aux moteurs truqués!

 

Allemagne

Pour la première fois, les énergies solaires, éoliennes et hydro (36.3%) ont dépassé la part de charbon (35,1%) durant tout le mois de juin.

Après VW, Audi, Porsche, c’est Mercedes qui s’est fait attrapé à truquer les moteurs de ses diesels.

La Commission européenne soupçonne maintenant que les constructeurs automobiles de nouvelles manipulations. La nouvelle tricherie consiste à «gonfler» les émissions de CO2, et permettrait aux constructeurs de satisfaire aux futurs objectifs de réduction sans risquer des sanctions.

 

Angleterre

Rolls Rolls va bientôt homologuer un premier avion hybride électrique/kérosène. L’entreprise penche également sur un drone totalement électrique.

BP a avalé la plus grande entreprise de recharge de voitures électriques sur le sol anglais: Chargemaster. BP changera le nom de l’entreprise et pourra opérer 6’500 points de recharge. Les pétroliers entrent en frontal avec les entreprises productrices d’électricité.

La Commission de l’Infrastructure conseille de construire qu’une seule centrale nucléaire après la réalisation des deux réacteurs EPR à Hinkley Point C d’ici à 2025. La Commission demande d’utiliser les énergies renouvelables.

 

France

EDF a annoncé que les problèmes de soudures de l’EPR de Flamanville, France, apporteront une année de retard supplémentaire et un dépassement de 400 millions d’euros. Le réacteur ne pourrait démarrer qu’à la fin 2019 ou durant le premier trimestre 2020. Le coût de construction passe de 10,5 à 10,9 milliards d’euros. Initialement l’EPR devait couter 3,5 milliards €. Cette nouvelle contre-performance résonne sur le chantier de Hinkley Point en Angleterre ou Areva (Orano) construit 2 centrales EPR.

En France en 2017, 4,5% de l’électricité produite vient de parcs éoliens et moins de 2% de panneaux solaires.

Les magasins Leclerc se lance dans la fourniture d’électricité aux particuliers et vise 3 millions de clients d’ici à 2025 (10% de part de marché). Michel-Edouard Leclerc promet l’électricité verte la moins chère du marché. 200 emplois seront créés. C’est une concurrence de plus pour EDF. Un autre distributeur, Casino, s’est déjà positionné sur ce marché en collaboration avec GreenYellow et offre des tarifs inférieurs à 15% par rapport à EDF.

Le groupe Bolloré n’a pas encore retiré toutes ses Bluecar de Paris. Sans attendre, les constructeurs automobiles français se ruent déjà pour proposer leur offre d’autopartage électrique Autolib à Paris.
PSA aimerait mettre en place d’ici à fin 2018 un service sous sa marque Free2Move. Renault est également dans les starting-blocks.

Un drone en forme de Superman, piloté par des militants de Greenpeace, a survolé, la centrale nucléaire EDF du Buget Saint-Vulbas, près de Lyon pour s’y écraser contre le mur de la piscine d’entreposage de combustible usé, accolée au réacteur 2.

Le même jour, une commission d’enquête parlementaire énumère les failles du parc nucléaire français et recommander de renforcer sa sécurité.

Le recours excessif à la sous-traitance est mis en lumière. La filière du Nucléaire emploie près de 220’000 salariés, dont 160’000 travaillent pour des sous-traitants.

La première centrale pilote de fusion nucléaire à Cadarache, qui a débuté en 2017, est à 55% terminée. La collaboration entre la Chine, le Japon, l’Inde, les USA, la Corée du Sud, la Russie et l’Europe.

Un drone “superman” de Greenpeace dans la centrale nucléaire du Buget

 

Suède

Les températures dépassent de 15 degrés la moyenne. De nombreux incendies de forêts ont éclaté et une alarme canicule a été déclenchée pour des valeurs supérieures à 35 degrés. L’été dernier, la Suède était noyée sous la pluie.

 

Hollande

Le réseau électrique du stade et les panneaux solaires de l’Ajax d’Amsterdam vont fonctionner en étant couplé au plus vaste système de stockage d’énergie d’Europe constitué de 148 batteries de voitures électriques recyclées. Ces dernières, dont la capacité est descendue au-dessous de 70%, trouveront ainsi une seconde vie.

 

Incendies en Grèce

 

Moyen Orient

A cause du réchauffement climatique, la température moyenne du Moyen-Orient augmente deux fois plus rapidement que dans le reste du monde. Les températures de cet été dépassent souvent les 50 degrés ce qui tend à rendre cette région invivable pour l’homme.

Washington annonce des sanctions contre les transactions liées au pétrole et avec la banque centrale iranienne à partir du 4 novembre. L’équipe de Trump a menacé de punir les entreprises étrangères qui feront affaire avec Téhéran. Les Etats-Unis sont «confiants qu’il existe une capacité mondiale suffisante pour la production supplémentaire de pétrole».

 

Egypte

La Banque Mondiale va aider le pays dans ses projets pétroliers et gaziers notamment dans le développement du gisement de Zohr. La Banque Mondiale, comme la Banque Européenne, sont plus confortable dans l’octroi de supports pour les énergies fossiles traditionnelles que pour les énergies renouvelables et l’innovation.

 

Une pause de pub en hommage à Neymar

 

 

Asie

Inde

La demande pétrolière de l’Inde a augmenté de 9% en juin à 4,7 millions b/j. notamment de diesel (+7,8%) et d’essence (+15%). La demande pétrolière et les ventes de voitures explosent dans le pays. Rien que pour 2018, le pays va engloutir 300’000 b/j de plus qu’en 2017.

La voiture la moins chère du monde, la Tata Nano va être retirée du marché. Vendue dès 2011 pour 1’500€, à destination de la classe moyenne, elle est devenue l’image de la voiture du pauvre. Aujourd’hui, les indiens préfèrent les voitures plus grandes.

 

Chine

Alors que les taxes illuminent les relations entre la Chine et les USA, Pékin affiche un excédent record de 28,97 milliards $ en juin (+ 18% par rapport à mai 2018). Ce record mensuel depuis 1999 va certainement inspirer le chef de la Maison Blanche.

Le Yuan, a perdu 8% par rapport au dollar US depuis le début de la bisbille avec les USA en mars. Cette dépréciation arrange la Chine puisqu’elle permet de compenser en partie les hausses des taxes américaines et de stimuler les exportations.

Le PIB chinois est de 6,7% au 2ème semestre (-0,1% par rapport aux 3 trimestres précédents.)  La bourse de Shanghai a perdu 17% depuis janvier.

La ville de Shenzhen va remplacer ses 12’000 taxis thermiques en version électrique.

La Chine a importé 146 millions de tonnes de charbon durant les 6 premiers mois de l’année (+9.9%).

Baidu va industrialiser son bus entièrement autonome. Il utilisera le système Apollo de Baidu. L’entreprise pilote déjà plus de 100 bus en circulation.

La Chine et l’Inde pourraient coopérer afin d’acheter du pétrole et du gaz. Les deux géants représentent le 17% de la demande mondiale. Le duo pourrait avoir plus de poids pour négocier les prix auprès de l’OPEP et des autres producteurs.

 

Vietnam

Les exportations atteignent 1,88 millions de tonnes de pétrole depuis le début de l’année, soit une baisse de 50% par rapport à l’année dernière. Le pays a largement atteint son peak oil et la chute va continuer.

 

Azerbaïdjan

Le groupe britannique BP a lancé l’exploitation d’un gisement gazier, qui doit constituer le premier maillon d’un «corridor gazier» géant («Southern Gas Corridor»), permettant à l’Europe de s’approvisionner via la Turquie, la Grèce, l’Albanie et la mer Adriatique.

Il devrait être terminé en 2020 et ne couvrira à terme 2% de la demande européenne en gaz.

 

Ouzbékistan

Le russe Rosatom va construire la première centrale nucléaire afin de remplacer l’exploitation de gaz en constante diminution dans le pays. La centrale de 1,200 MW sera terminée en 2028. Actuellement 85% de l’électricité est générée avec du charbon et du gaz (69 milliards kWh).

 

Laos, un barrage hydraulique s’effondre dans la province d’Attapeu.

 

Afrique

Nigeria

Le plus grand producteur africain de pétrole arrive bientôt à 190 millions d’habitants. Une infime part des revenus des 2 millions b/j arrivent jusqu’à la population alors que des milliards $ disparaissent dans les poches des élites. Il n’est pas étonnant que le niveau de vandalisme sur les installations pétrolières ainsi que la vétusté des installations fassent perdre 754’000 b/j.

 

Libye

La production pétrolière se trouve quelque part vers les 700’000 b/j. Le général Haftar de la  Libyan National  Army, qui contrôlait 75% des exportations du pays, a transvasé le tout dans une nouvelle société concurrente à la compagnie pétrolière nationale la Libyan National Oil Company.

L’agence anglaise National Crime reporte que 700’000 migrants attendent en Libye pour traverser la Méditerranée.

 

Afrique du Sud

Le Cap et ses 4 millions d’habitants souffrent d’une terrible sécheresse. Une idée a été lancée afin de remorquer les icebergs, qui flottent en plein Antarctique à 2’000 km des côtes sud-africaines.

Les prix des carburants vont encore augmenter de 26 ct $/litre. Depuis le mois de juin, l’essence a augmenté de 82 centimes à cause de la hausse des cours et la baisse de la monnaie locale.

 

Phrases du mois

«Depuis plus d’un siècle, la collaboration entre les pétroliers et les architectes, est l’une des sources les plus importantes du réchauffement climatique. Les premiers extraient le pétrole et le gaz. Les deuxièmes ont totalement modifié leurs principes afin d’utiliser la plus grande quantité d’énergie pour construire, chauffer et refroidir leurs oeuvres.»

[About climate-related class action lawsuits against Big Oil:] “It’s sort of bizarre that the users of our petroleum products say: ‘Well actually we didn’t want your product. So why did you force it on us?’ I don’t think also that in the end it will solve anything other than maybe redistributing wealth to a certain class of the economy.” Ben van Beurden, CEO, Royal Dutch Shell

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Pétrole ou Renouvelable? Les majors ont choisi, pour l’instant…

Depuis 2014 et la chute des prix du baril, l’industrie pétrolière traverse une crise féroce avec d’innombrables mises en faillite, plus de 440’000 emplois perdus et quelques centaines de milliards $ passés à la trappe.

De l’autre côté de la table, les énergies renouvelables ont le vent en poupe d’autant que les considérations environnementales pointent le bout du nez.

On pourrait imaginer que les majors pétrolières se trouvent devant un dilemme cornélien. Faut-il investir dans le pétrole ou le renouvelable?


L’objectif des majors n’est pas d’extraire du pétrole mais de générer des dividendes.

La survie des majors repose sur leur capacité à générer des dividendes. Qu’importe le moyen. L’objectif est de pérenniser les investisseurs et d’en trouver de nouveaux. Aujourd’hui, une matière première continue de remplir cette condition: le pétrole.

Dans une optique à court terme, cette stratégie est gagnante. En effet, il manque presque 1’000 milliards $ d’investissements dans l’exploration et l’exploitation pétrolière pour assurer que l’offre puisse suivre la demande à l’aube des années 2020.

De manière mécanique, nous devrions voir une forte augmentation des prix du baril dans les 2-3 années à venir.

Les vaches maigres débutées en 2014, ont enseigné aux pétroliers l’austérité et une gestion rigoureuse des coûts de production. Ils ont réussi à descendre leur ROI (retour sur investissement) du baril à 50$ alors qu’il atteignait 80-90$ en 2014. Si le pétrole repasse sur les 100$, on peut imaginer des profits stratosphériques.

C’est sur ce scénario que planchent les majors.

 

Faire perdurer le Mythe

Si la hausse à venir du baril est prévisible, c’est au-delà de 2023 que les interrogations se focalisent.

Les majors doivent également rassurer les investisseurs sur le moyen terme. Comme un seul homme, les CEO des différentes entreprises ont repris en cœur le refrain de l’abondance pétrolière à venir.

John Watson, CEO de Chevron, voit une augmentation de la demande pour les 20 années à venir et exclu tout «peak oil» de l’offre ou de la demande. Idem pour ExxonMobil.

L’Agence Internationale de l’Energie enfonce le clou et étend cette tendance jusqu’en 2040.

Seul Shell et son CEO, Ben van Beurden, raccourcit le délai du pic de la demande à 2027. Pour assurer ses arrières, il a acheté pour 54 milliards $ le gazier BG Group. Le gaz devrait reprendre la main dans les années à venir.

ExxonMobil a cassé sa tirelire pour acheter des gisements de pétrole de schiste pour 6,5 milliards $ dans le Bassin Permien aux Texas. Leurs dirigeants pensent qu’en 2040, l’industrie du transport sera propulsée à 90% par le pétrole.

Dans la boule de cristal de BP, 1,8 milliard de voitures circuleront d’ici à 2035 (un peu plus de 1 milliard actuellement) dont 75 millions de voitures électriques (4,1%).

Ce consensus fait plaisir à voir.

 

Les Gouvernements misent également sur le pétrole

Si les Gouvernements ont de la peine à imaginer l’Economie avec moins d’or noir, c’est que l’évolution du PIB est intimement corrélée à la consommation d’énergie.

La Chine en fait l’expérience. Pour garder le taux de croissance de son PIB à 6,5%, elle compense chaque kg de charbon économisé par du gaz.

Avec l’augmentation continue du niveau d’endettement, les Etats se sont inscris dans une hausse obligatoire de leur croissance afin de financer cette stratégie. Là aussi, le pétrole joue un rôle majeur. Mais paradoxalement, la remontée des prix du baril va faire rebondir l’inflation et les taux d’intérêts, qui à leur tour, freineront l’Economie.

Un vrai casse-tête.

 

Energies Renouvelables

Devant cette perspective alléchante, on peut comprendre que sur un total de 100 milliards $ d’investissements, les 5 majors pétrolières, Total, Shell, BP, Chevron et Exxon Mobil n’utilisent que 3 milliards $ pour développer leurs actifs dans les énergies renouvelables, selon l’agence pétrolière Wood Mackenzie.

Même si les voitures thermiques ne représentent que le 20% de la consommation mondiale de pétrole, une baisse de la demande pourrait dans le meilleur des cas, compenser la diminution de la production, ou pire pour les majors, faire retomber le prix du baril dans les eaux actuelles.

Cette vision pousse les pétroliers à timidement flirter avec les énergies vertes.

Annuellement, Shell dépense une enveloppe de 1 milliard $ pour les nouvelles énergies. De son côté Total budgétise 500 millions $. Ce chiffre est à mettre en relation avec le rachat de Maersk Oil pour 7,5 milliards $ pour du pétrole de la Mer du Nord.

Mais comme pour garder un pied dans un nouveau domaine, en Angleterre, Shell a commencé à vendre de l’électricité à ses clients.

 

Arrivons-nous à un tournant?

Si la doctrine de Trump propose la «Dominance Energétique Fossile» des USA sur le monde, les chinois parient sur la «Dominance Energétique des Energies Renouvelables».

Les pétroliers font actuellement le même pari que le Président Américain et les pays Européens. Comme la nature a horreur du vide, cette place ouvre une voix royale aux entreprises et aux investisseurs “durables” qui peuvent ainsi se développer sans la menace de cette concurrence.

Cependant, rien ne dit que les majors ne retournent pas rapidement leur veste. N’oublions pas que l’objectif d’une major pétrolière n’est pas d’extraire du pétrole, mais de produire des dividendes… avec où sans pétrole.

 

 

Tempêtes et Bouleversements dans les Energies

Solidement arrimé à la voiture et aux avions, le pétrole voit son hégémonie vaciller. EDF a fini par avouer que l’électron nucléaire n’est financièrement plus compétitif avec les énergies renouvelables. Le pétrolier Shell débute la vente d’électricité. Les technologies «Smart» catapultent les simples citoyens contre le monopole des producteurs d’électricité. La Chine prend le leadership énergétique mondial face aux USA.

N’en jetez plus ! Nous avons la chance d’assister à un brassage de cartes qui touche toutes les énergies et pulvérise les certitudes.


Au sommet de la pyramide, l’or noir tremble.

Après l’Angleterre, la France, la Norvège, l’Inde, c’est au tour de Pékin de s’interroger sur l’interdiction programmée des ventes de voitures à pétrole. Les 28 millions d’unités vendues chaque année en Chine, ne laissent aucun constructeur indifférent surtout que les prix de vente des véhicules à essence et électriques devraient arriver à parité d’ici à 2025-2029.

De leur côté, les pétroliers s’inquiètent de l’impact sur la consommation. Même si le pétrole reste dominateur, une diminution de 3-5 millions de barils par jour, va déstabiliser les marchés et les prix.

Ainsi, il n’est pas surprenant de voir Shell, commencer à vendre de l’électricité à la place de l’essence, où Total d’acheter 23% des actions de l’entreprise Eren et sa production d’électricité hydraulique et éolienne. Le français est déjà propriétaire de Saft, batteries de stockage, ainsi que des panneaux solaires SunPower et Total Solar.

Même dans le ciel, la révolution s’installe. Un premier avion électrique capable de transporter 10 personnes sur 1’000 km est à l’essai. L’entreprise Allemande, Volcopter, propose un «drone-hélicoptère» autonome et électrique, capable de transporter 2 passagers.

Les producteurs de kérosène toussent.

 

Volcopter: le premier taxi aérien électrique et autonome à Dubai

 

Le nucléaire voit son avenir dans son sabordage

Au niveau de l’atome, c’est au tour de la Corée du Sud d’annoncer sa sortie du nucléaire dans les décennies à venir, pendant qu’EDF avoue que l’électricité nucléaire n’est financièrement plus compétitive face au solaire et à l’éolien.

De manière totalement inattendue, l’arrêt du nucléaire allemand a précipité la course au démantèlement des réacteurs. En effet, les entreprises allemandes se sont positionnées dans ce marché. Autant la France, les USA, la Corée du Sud et le Japon ne veulent pas manquer cette nouvelle opportunité commerciale estimée à plus de 1’000 milliards $.

Du côté des propriétaires des centrales, les parades comptables ont été trouvées en transvasant les réacteurs nucléaires ainsi que les centrales à charbon et à gaz dans des entités d’actifs risqués.

Mais même ces artifices ne suffisent plus. Ainsi, l’indétrônable producteur électrique allemand EON, noyé sous les dettes, pourrait être racheté par le Finlandais Fortum.

 

Chute des prix de l’électricité

Pour la deuxième année consécutive, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables vont dépasser ceux des énergies fossiles. Si l’on en croit Bloomberg New Energy Finance, d’ici à 2040, le prix du solaire devrait encore diminuer de 66% et l’éolien de 47%. La parité avec les énergies fossiles sera atteinte dans les 10 années à venir.

Sans attendre cette prévision, le géant éolien danois, Dong Energy, a cessé de demander des subsides pour ses installations. Même avec des solutions de stockage, elles deviennent financièrement concurrentielles.

De son côté, l’Arabie Saoudite profite de mettre aux enchères des concessions pour exploiter l’énergie solaires et de tester le modèle d’affaire face aux centrales nucléaires. Les premiers résultats sont édifiants. Le prix de l’électricité solaire devrait atteindre 2,5 ct € le kWh.

La Chine et la Russie au nez et à la barbe des européens

Les USA sont en passe de gagner leur pari : freiner les livraisons de gaz et de pétrole de la Russie vers l’Europe.

Logiquement, ce mois a vu le rapprochement fulgurant de Pékin et de Moscou.

Le Chinois SEFC China Energy vient d’acquérir pour 9,1 milliards $, soit 14,15%, le pétrolier russe Rosneft.

CEFC lorgne maintenant sur l’énergie hydroélectrique de l’entreprise russe EN+.

La Banque of China a accordé un prêt de 2 milliards $ à Gazprom sous l’emprise de l’embargo USA-Europe.

Avec le chaos qui règne à Washington, la Chine a clairement pris le leadership mondial sur les énergies. La Russie l’a parfaitement compris et joue sa carte.

 

Le citoyen: cet homme qui avait disparu des cartes

Même s’il reste encore des quantités phénoménales de pétrole et de gaz dans le sol, les ouragans de ces dernières semaines ont délicatement souligné les contours du réchauffement climatique.

La vitesse des changements opérés dans le monde des énergies poussent les pays et les acteurs à monter dans le train d’autant que l’opportunité est trop belle de laisser les USA patauger avec leur exceptionnel président.

Cerise sur le gâteau, le citoyen, qui n’a pas eu droit au chapitre durant des décennies, a maintenant la possibilité technique de devenir lui-même un producteur et vendeur d’énergies. Qui aurait pensé que cet oublié reprenne le contrôle?

Nous vivons des mois historiques et passionnants.