Une Chance : Trump n’est pas Smart

En focalisant sa stratégie sur l’exploitation des énergies fossiles, Trump a pris une décision d’une portée magistrale.

Certes, cette erreur stratégique est une malédiction pour le climat, mais elle offre l’opportunité à la Chine d’imposer son leadership industriel dans les énergies du futur et à l’Europe son intelligence dans les technologies «Smart».


Rêver du rêve américain

Miser sur le charbon et le pétrole sent bon les fabuleuses années 50-60 ainsi que sur la grandeur du rêve américain.

Cependant, depuis 5 ans le charbon a perdu 36’000 postes pour rester sur la barre des 50’000 employés. Au temps de la splendeur du charbon en 1980, les USA comptaient 130’000 mineurs.

Le secteur pétrolier dénombre 187’000 emplois directs avec une tendance à la hausse grâce à la seconde vie du schiste. Le lobby soutient qu’avec les emplois indirects, plus d’un million de personnes sont impliqués dans l’or noir.

Alors que les USA comptent 152 millions d’emplois, on perçoit la légèreté des arguments du président Trump. L’essentiel n’est pas là.

En coulisse Wall Street, Goldman Sachs et les pétroliers se frottent les mains car des fortunes devraient être déversées dans ce jeu de l’avion. Pilier de cette opération, la Banque Nationale Suisse, qui soutient à coup de milliards $ le schiste et le charbon américain.

 

La Chine industrielle. L’Europe de l’intelligence

Au début des années 2000, l’Europe et les USA étaient les moteurs mondiaux du solaire et de l’éolien.

Après la crise de 2008, l’arrivée de Pékin, avec son soutien financier illimité et un protectionnisme assumé de ses industries ont permis à la Chine de baisser ses coûts de production et d’écraser la quasi totalité de la concurrence internationale.

En 10 ans, la Chine a créé plus de 3,5 millions d’emplois dans les énergies renouvelables selon l’Irena (agence des énergies renouvelables). On peut espérer que cette Blitzkrieg aura laissé des traces en Europe et en Suisse pour que pareille mésaventure ne se reproduise pas.

Nombre d’emplois dans les énergies renouvelables, en milliers

Source: IRENA

Les nouvelles technologies Smart: La peur des USA

L’histoire se répète aujourd’hui avec les technologies intelligentes où l’Europe et la Suisse possèdent une certaine avance technologique.

Ces outils permettent, par exemple, d’intégrer et de stocker l’électricité des énergies renouvelables dans le mix de production, d’augmenter l’efficience énergétique, d’intégrer la mobilité électrique ou les voitures autonomes. La liste est longue.

Si les USA sont maîtres dans le marketing et la communication, en réalité les PME et start-up américaines «Smart» n’arrivent pas à rivaliser avec l’ingéniosité du Vieux Continent. Peut-être que l’objectif premier des entrepreneurs et des investisseurs, «se faire racheter à prix d’or par Facebook, Amazon, Apple, IBM, HP, Google ou Microsoft», leur fait oublier les besoins de leurs vrais clients.

L’opportunité Suisse et Européenne réside dans la peur du Monde d’avoir maille à partir avec l’équipe Trump. Depuis quelques mois, un mot d’ordre revient constamment. Ne pas stocker ses données aux USA ou collaborer avec une entreprise américaine, de peur de voir ses data décortiquées par Big Brother.

La décision de la semaine dernière renforce encore plus le besoin de se distancier de Washington et de privilégier la prudence.

 

Local is beautiful

A l’opposé des monstres de la Silicone Valley, les mondes de l’internet des objets et du Smart City sont en train de se faire une place auprès des entreprises et des citoyens locaux.

En Suisse, les cantons de Genève, Vaud, Zurich et Neuchâtel sont à la pointe avec une myriade d’entreprises qui offrent des solutions innovantes et souvent surprenantes. Les emplois se créent et le monde académique y voit un débouché pour la jeune génération qui peine à trouver un premier emploi.

De plus ces nouvelles technologies vont aider l’implémentation de la stratégie énergétique 2050 auprès des communautés publiques ainsi que des citoyens qui sont de plus en plus nombreux à y voir leurs avantages.

Donald Trump nous donne une fenêtre d’opportunité de 4 ans. Est-ce la Suisse et l’Europe sauront la saisir et la conserver?

Dans tous les cas, le climat et la planète ont besoin de notre innovation et de notre enthousiasme.

 

 

A voir cette semaine, la conférence:  IoTWeek /Smart City Geneva 2017

 

Energies, Pétrole et Economie: Revue Mondiale Février 2017

Comme le 1er de chaque mois, retrouvez l’inventaire mondial des Energies:
– USA: Tesla pèse 45 milliards $ et enlève le mot: Motors dans son nom
– Russie: Le pays achète du pétrole à l’Iran et la Libye
– Japon: Fukushima explose les taux de radiation de Tchernobyl
– DeepWater Horizon: La marée noire aura coûté 62,2 milliards $ à BP
– Irak: Les attentats se multiplient dans le sud pétrolier
– Canada: Les sables bitumineux à la peine financièrement
– USA: L’industrie solaire US a installé 14,6 gigawatts en 2016, un record.


Tout ça pour ça! Le pétrole est scotché sur le pas de la porte et ne sait pas s’il doit rentrer ou rester dehors. Le baril termine à 55,93$ à Londres (55,23$ janvier) et à New York 54.05$  (52.36$ janvier). Vous noterez que les stations d’essence ne répercutent plus les baisses

Le peak uranium s’invite dans les prix de l’uranium qui passe à la hausse après avoir touché les 18$ en novembre dernier. L’uranium remonte à 24,5$ (23$ janvier).

 

Le Graphique du mois
Découverte et investissements dans les nouveaux gisements pétroliers

Monde

Il n’y a eu que 174 découvertes de gisements de pétrole et de gaz en 2016 (400 en 2013). Un plus bas en 60 ans. Le manque de ressources financières et la difficulté de trouver de nouveaux endroits se cumulent et montrent que nous passons dans une nouvelle ère. Dans les années à venir, il va falloir compter sur le pétrole non-conventionnel pour répondre à la demande.

L’industrie pétrolière mondiale a perdu 441’371 emplois depuis juin 2014.

Le Grantham Institute et l’Imperial College London pense que la chute des prix des voitures électriques et des technologies solaires font peser une menace sur les compagnies pétrolières qui n’anticipent pas ce changement de paradigme prévu vers 2020.

Il y a 10 ans personne n’aurait pensé que les voitures électriques fassent trembler l’industrie pétrolière. General Motors retirait ses 1’117 voitures EV1 pour les détruire alors qu’aujourd’hui la valorisation boursière de Tesla dépasse la majorité des constructeurs automobiles conventionnels.

 

OPEP

Si les membres de l’OPEP suivent à 90% leur quota, l’augmentation de la production Libyenne et des USA coupe toute tentative d’une hausse des prix du baril. Du coup, les prix ont de la peine à prendre l’ascenseur pour le plus grand bien de l’Economie mondiale.

 

Russie

Le Kremelin a réduit sa production de 130’000 b/j par rapport à octobre et respecte les engagements de l’accord avec l’OPEP. En décembre, la Russie avait produit 10.49 millions b/j (no 1 mondial). Avec les coupes de l’Arabie Saoudite, le premier rang de la Russie pourrait durer quelques mois encore.

La Russie achète du pétrole en Iran, Irak (Kurdes), Lybie. Alors que le Kremelin n’a pas besoin de pétrole, il faut voir dans ce geste une intention géopolitique et une augmentation de son pouvoir dans ces régions pétrolières.

L’Economie du pays retrouve la croissance. En fait, pour être plus précis, les revenus du pétrole croissent et comme le pétrole c’est l’Economie, l’Economie croit. Si en 2016, la contraction était de 0,6%, cette année la croissance devrait indiquer : +1,1%.

Moscou se fait de plus en plus draguer par l’administration Trump qui espère diminuer l’entente Chine-Russie gardant en tête que diviser est une façon de régner. Cependant, les stratèges chinois et russes ont l’air mieux équipé et compétent que les oiseaux de la Maison Blanche.

Le gisement de Samotlor, qui produisait 3 millions b/j en 1980, n’atteint que 300’000 b/j aujourd’hui. Les forages sortent 20 fois plus d’eau que de pétrole et à 50$, la rentabilité est limitée.
Du coup, Moscou envisage de couper les taxes d’extractions en deux pour les gisements qui produisent plus d’eau que de pétrole. Cette tactique permettra à Rosneft, l’opérateur de ce gisement, d’extraire les dernières gouttes.

 

Le Nombril du Monde

Donald Trump va augmenter le budget de l’armée de 10% (+54 milliards $) pour cette année. Après Wall Street et le Pétrole, l’Armée rejoint le club des nantis.

Les majors pétrolières ExxonMobil, Chevron et ConocoPhillips ont été forcées d’emprunter pour payer les 21,4 milliards $ de dividendes à leurs actionnaires. Leurs dettes à long terme ont augmenté de 40 à 95 milliards $.
Le bénéfice de ces 3 acteurs a fondu de 80 milliards $ en 2012 à 3,7 milliards $ en 2016. Il reste toujours de quoi offrir des bonus dont 170 millions pour le départ de Rex Tillerson pour le Gouvernement Trump.

En 2016, la balance commerciale entre la Chine et les USA est de 347 milliards $ en faveur de la Chine. Le déficit total de la balance commerciale des américains est de 763 milliards $. Ces chiffres peuvent expliquer la volonté du Président Trump de redresser le déficit commercial US.

Rex Tillerson, encore lui, et Trump, encore lui, ont abrogé la loi de transparence Dood-Frank de 2010 qui interdisait l’utilisation de la corruption par les entreprises pétrolières, gazières et minières américaines à l’étranger. Grâce à ces deux compagnons, les entreprises US vont pouvoir réutiliser les petites enveloppes pour faciliter leur business et cela en toute légalité. Pour en savoir plus, cherchez dans le dictionnaire du Commerce sous “protectionnisme” et “éthique”.

 

Arabie Saoudite

L’Arabie est le pays qui a le plus coupé sa production pour respecter les quotas imposés par l’OPEP. Il faut aussi dire que Ryad avait poussé ses machines à fonds afin d’annoncer une solide baisse. C’est comme manger 3 gâteaux en entrée, forcement qu’il est plus facile de se priver durant le repas principal. L’un dans l’autre, le pays est simplement revenu à sa production normale, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat!

Ryad se lance dans le solaire et l’éolien pour générer de l’électricité. L’objectif est de produire 10 gigawatts et d’économiser 13 millions de litres de pétrole par jour.

Ryad annonce qu’une étude indépendante réalisée par une entreprise américaine payée par Ryad dévoile que les réserves pétrolières d’Aramco sont exactement les mêmes que celles reportées par le Gouvernement. L’enseignement majeur de cette étude souligne que l’entreprise qui a réalisé cette étude va pouvoir continuer à travailler pour Aramco.

Pour mémoire, Saoudi Aramco annonce des réserves de 261 milliards de barils alors qu’il y a 30 ans les réserves étaient déjà de 261 milliards de barils. En Arabie Saoudite, le pétrole serait-il renouvelable ?

 

Japon

Les taux de radiations les plus élevés mesurés à Tchernobyl étaient de 300 sieverts par heure histoire de tuer un homme en 60 minutes.

Ce mois à Fukushima, les radiations ont été mesurées à 530 sieverts dans le Réacteur no 2. Une dose de 20 minutes vous sera mortelle et les parties électroniques d’un robot grilleront en 2 heures.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que le combustible nucléaire du Réacteur 3, à base de plutonium, est encore plus redoutable.

A ce jour, comme les hommes et robots n’ont pas réussi à s’approcher à proximité du Réacteur 3 et du Réacteur 1, il est impossible de connaître l’étendu des dégâts et surtout où se trouve l’uranium fondu.

Les coûts pour neutraliser les 3 réacteurs sont estimés à 170 milliards $ à la charge des contribuables japonais et les solutions techniques n’existent encore pas.

Dessin Chappatte

Europe

L’accord commercial entre l’Union européenne et le Canada (CETA) a été ratifié à une large majorité, par le Parlement européen. Il entre en force en attendant que tous les gouvernements le ratifient.

 

Angleterre

Selon Bob Dudley, CEO de BP, la catastrophe de Deepwater Horizon de 2010 aura coûté 62,2 milliards $. Cela n’empêche pas ses dirigeants de retenter l’expérience avec de nouveaux forages dans le Golfe du Mexique. Toujours selon la major British, il faut un baril à 60$ pour redresser ses comptes financiers.

BP va s’engager de manière « incrémentale » dans le pétrole et gaz de schiste aux USA.

La pollution, causée par les voitures diesel et le chauffage à bois, atteint des records dans la capitale Londres.

EDF-Areva ne savent toujours pas si la nouvelle centrale nucléaire de Hinkley Point va pouvoir se réaliser. Les français semblent finalement admettre que l’ampleur des fonds financiers pour construire ce temple pourrait être insurmontable voir déraisonnable.

Toshiba va certainement renoncer à construire une nouvelle centrale nucléaire en Angleterre. Le géant japonais croule sous les 10 milliards $ de dettes creusées par sa filiale nucléaire aux USA. La survie de Toshiba est en jeu.

 

Danemark

Maersk, n’est pas seulement l’un des leader mondial du transport maritime et de container, mais propose également ses services dans le pétrole. Pas de bol pour eux, il s’agit de deux domaines qui se sont fait laminer en 2016. Résultat de la casse: une perte de 1,9 milliard $ après déjà avoir amorti pour plus de 2,7 milliards $ les pertes de sa division pétrole.

 

Suisse

Les grandes entreprises suisses d’électricité ont réussi à cloisonner la production d’énergie solaire et à se réserver les subventions initialement prévues pour les particuliers. Ainsi les installations inférieures à 100 kW ne bénéficieront de plus aucune aide gouvernementale.

Du côté des barrages, les producteurs reçoivent une prime de 0,03 ct kWh ce qui va leur permettre de retourner dans leur léthargie et de consolider leur monopole.

Le parc suisse de véhicules à moteur a progressé de 84’500 unités en 2016 (+1,43%) pour un total de 5,98 million, dont 4,5 millions de voitures de tourisme et 720’400 motos. Les automobilistes ont dépensé 10,1 milliards pour l’essence, dont plus de 4 milliards sont exportés aux pays producteurs de pétrole.

 

France

La course à la Présidentielle française tourne au vaudeville dont les acteurs principaux sont un riche banquier psychopathe et un cleptomane au service de sa famille. En France, une certitude: les 5 prochaines années seront très longues.

Le gouvernement va supporter le solaire à hauteur de 9 milliards € et l’hydraulique avec 530 millions € durant les 20 prochaines années. On a de quoi être étonné par ces montants ridicules si on les met en relation avec les besoins du pays.

George Clooney durant les Césars sur Donald Trump

Les Amériques

CRU Group pense que 4,4 millions de voitures électriques seront vendues en 2021 en comparaison avec les 1,1 en 2016. Du coup, les prix du Cobalt partent à la hausse. Ce métal est un composant clé pour la fabrication des batteries lithium-ion.

 

USA

Tesla a publié de bons chiffres, les revenus sont en hausse de 88%. Ils ont donné plus de détails sur le modèle 3 à 30’000$ et enlevé le mot “Motors” dans le nom. Le titre Tesla pèse 45 milliards $ en capitalisation boursière. Renault pèse 25 milliards, PSA 15 milliards, Volkswagen 75 milliards, tout comme Daimler/Mercedes et BMW 55 milliards… Porsche 8 milliards et General Motors est à 55 milliards pendant que Ford vaut 50 milliards…
Si vous avez 5 minutes, regardez juste combien de voitures sont produites par Tesla et par le reste…

Philip Anschutz, le milliardaire du sport, va investir 3 milliards $ dans la construction d’une ferme d’éoliennes dans la Wyoming afin de livrer l’électricité en Californie. Il va également investir 3 autres milliards $ pour construire les lignes pour transporter l’électricité.

L’industrie solaire US a installé 14,6 gigawatts en 2016, un record pour le pays. (7,4 en 2015).

L’US Energy and Employment de l’United States Departement of Energy conclue que les énergies renouvelables créent plus d’emplois que les énergies fossiles. Ca ne risque de pas plaire à Donald.

L’évolution des investissements d’ExxonMobil, de Chevron et de ConocoPhillips
2013 = $87.2 milliards
2014 = $85.4 milliards
2015 = $66.0 milliards
2016 = $46.6 milliards

Le Pape François insiste que les peuplades indigènes doivent donner leur accord sur les activités économiques qui pourraient se réaliser sur la terre de leurs ancêtres. Cette remarque entre en frontale avec le souhait de l’équipe Trump de construire un pipeline de 3,8 milliards $, le Dakota Access, sur les terres des Indiens sous le Lake Oahe et la rivière Missouri. Sur ce sujet, les indiens Sioux ont été délogés par les forces de police sur le tracé prévu du pipeline.

Sur le même sujet. Kelcy Warren, le milliardaire qui possède Energy Transfert Partners, estime avoir suivi toutes les règles légales pour construire le pipeline Dakota Access mais qu’il a totalement sous-estimé la puissance des médias sociaux. Ce n’est pas pour le contrarier, mais le plus beau reste à venir.

Schiste
Grâce à Wall Street, l’industrie de schiste est en train de relever la tête. Il en va tout autrement pour les forages offshores qui boivent la tasse. Pour les années à venir, soit le pétrole de schiste tient ses promesses et va pouvoir être capable de maintenir la production mondiale, soit nous allons revisiter les années folles du Rock&Roll.

La production US remonte à 9 millions b/j.

Sur l’année 2016, le Texas a diminué sa production de 10%. En décembre la production a atteint 74,2 millions de barils contre 76,7 en décembre 2015.

Dessin Chappatte

Canada

Les sables bitumineux n’ont plus vraiment la côte avec un baril à 50$. Les investissements proviennent essentiellement des champions locaux comme Suncor Energy Inc.

ConocoPhillips annonce que ses réserves dans les sables bitumineux est passé à 1,2 milliard de barils au lieu de 2,4 comme précédemment annoncé. La réduction vient en grande partie du prix du baril de pétrole.

De son côté, ExxonMobil a historiquement effectué la plus grosse coupe dans l’évaluation de ses réserves de sables bitumineux. Roulement de tambour! -16 milliards $ ou -3,3 milliards de barils. Quel bouillon !

 

Venezuela

Caracas a de la peine à livrer la Chine et la Russie alors qu’ils tiennent à bout de bras le pays dans des échanges cash contre pétrole. La Chine détient 50 milliards et la Russie 5 milliards $ de dettes. Le retard est estimé à 45 tankers et le 1/3 du pétrole sert à repayer les dettes au lieu d’apporter de la nourriture dans le pays. Comme dans la pyramide de Maslow, le pétrole arrive après la nourriture, la probabilité que le peuple se soulève n’est pas nulle.

Puisque que l’on parle miam: 75% des vénézuéliens ont perdu en moyenne 10 kg durant la dernière année alors que les denrées alimentaires se font de plus en plus rare.

Caracas expédie 70 à 80’000 barils/jour de pétrole à Cuba en échange de docteurs et de services médicaux.

Moyen-Orient

Iran

L’ambiance est de plus en plus sympathique entre les faucons américains et Téhéran. L’Iran a proposé aux entreprises américaines de venir exploiter le pétrole, mais les règles US interdits aux américains d’y venir. Trump aimerait renforcer les sanctions, mais l’Europe s’y oppose

Avec le rapprochement Russie-Turquie-Iran-Qatar, l’Europe voit son gaz provenir d’un seul et même block. Ce n’est pas le moment de froisser l’Iran ou la Russie alors que le gaz est en jeu.

Téhéran vend 100’000 barils/jour à la Russie et reçoit la moitié du payement en cash et l’autre partie en nourriture, services et armes militaires.

L’Iran a annoncé la découverte d’un gisement de 15 milliards de barils dont 2 milliards extractibles. Le lieu n’a pas été indiqué, mais stratégiquement cette information peut attirer l’attention des investisseurs étrangers.

L’Iran a doublé ses livraisons pétrolières à la Corée du Sud et pique des parts de marché à de l’Arabie Saoudite.

 

Irak

La bataille de Mossoul n’est pas encore terminée que les parties sont déjà en train d’imaginer le futur. Les Peshmerga Kurdes ont conquis une grande partie du territoire de l’Etat Islamique dont les gisements pétroliers. Ce pétrole pourrait permettre aux Kurdes d’obtenir l’indépendance qu’ils recherchent depuis plus de 100 ans. Pour renforcer son influence dans la région, la Russie a commencé à acheter du crude aux Kurdes.

La baisse de la production irakienne du mois de janvier peut être imputée à la maintenance de plusieurs installations. Tant Bagdad que les Kurdes ont un besoin urgent d’argent et le respect des quotas de l’OPEP risque d’être une préoccupation trop onéreuse.

Bagdad a remonté ses réserves de pétrole de 143 à 153 milliards de barils de pétrole.

Les irakiens aimeraient reconstruire leur flotte de tankers pétroliers détruits durant la guerre de 1991 et construire 12 raffineries. Pour l’instant, l’argent du gouvernement est dirigé vers les forces militaires pour combattre l’Etat Islamique..

Evolution des bénéfices des 3 grandes majors pétrolières américaines

Asie

Chine

En 2016, la consommation de pétrole aurait augmenté de 3% et le PIB de 6,5%. Mathématiquement, ça se tient, d’autant que la Chine effectue un revirement de l’industrie vers les services.

La Chine possède 36 centrales nucléaires en opération, 21 en construction et 7 sont en projet. La Chine a également ratissé presque tout l’uranium qui trainait sur les marchés.

 

Corée du Nord

La nouvelle du mois, à part l’assassinat du demi-frère par le malade qui dirige cet Etat, est l’arrêt de l’importation du charbon nord-coréen par la Chine. Les ventes à Pékin représentaient 30-40% des revenus du pays ce qui va forcément avoir un impact sur le sourire du ministre du budget et le nombre de missiles tirés, pour l’instant, sans tête nucléaire.

En novembre dernier, l’ONU avait plafonné les exportations de la Corée du Nord à 57,5 millions de tonnes.

Afrique

Libye

Le géant Suisse Glencore, qui traite 4,4 millions b/j, pourrait s’occuper du tiers de la production libyenne soit 230’000 b/j sur une production de 700’000 b/j. Conformément aux pratiques de l’entité size à Zoug, (canton presque sans impôts), le montant, contenu dans la petite enveloppe distribuée aux dirigeants libyens, n’a pas été révélé.

La production est remontée à 700’000 b/j et pourrait atteindre 1,2 millions b/j d’ici août. Avant le renversement de Kadhafi par Sarkozi, la production atteignait 1,6 millions b/j. La moitié de ce pétrole est exporté mais le pays n’a toujours pas un gouvernement unique et l’augmentation de la production n’est pas garantie.

La Russie continue de resserrer et retisser ses liens avec la Libye alors que l’Europe patauge et que l’équipe de Trump ne sait toujours pas ou se trouve la Libye sur la carte du monde. Là aussi, Moscou commence à acheter du pétrole à la Libye.

 

Nigeria

Le président, de 74 ans, muhammadu Buhari s’est rendu à Londres le 19 janvier dernier. Ce qui devait être des vacances avec un contrôle de santé, semble être devenu un séjour à l’hôpital. Le vice-président Yemi Osinbajo est en charge du pays.

Le gouvernement est en train de travailler avec les milices pour diminuer le nombre d’attaques des installations pétrolières histoire de faire entrer des devises dans le pays et dans les poches des milices. Quand le pétrole était à 100$, le gouvernement avait instauré un système de corruption afin de déverser des pétrodollars dans les caisses des milices en échange d’une paix sur le pétrole.

Au Nigeria la corruption est endémique et le pétrole y participe activement. Le ministre du Pétrole a annoncé que le pays a perdu 100 milliards $ à cause des attaques des milices et on peut y ajouter les petites enveloppes aux bonnes personnes.

 

Phrases du mois

Scott McKay suggests in The American Spectator, “The hacks covering Trump are as lazy as they are partisan, so feeding them . . . manufactured controversies over [the size of] inaugural crowds is a guaranteed way of keeping them occupied while things of real substance are done.”

Le banquier est conservateur. Il fait toujours faillite de la même façon. Johen Keynes.

«L’industrie du ciment reçoit des allocations gratuites pour émettre du CO2, elle ne paie donc pas pour la pollution qu’elle produit. Bien pire, elle engrange des profits exceptionnels grâce aux trop nombreux permis de polluer qu’elle reçoit», selon l’ONG Carbon Market Watch, qui chiffre ces profits à «plus de 5 milliards d’euros».

Je ne monterai jamais dans une voiture sans chauffeur. J’ai déjà la trouille quand c’est pas moi qui conduit. Thomas Veillet

Fossil fuels may lose 10 percent of market share to PV and EVs within a single decade. This may not sound much but it can be the beginning of the end once demand starts to decline.” Carbon Tracker Initiative

If you can get anywhere near the cost target [$100 per kilowatt-hour of energy storage] then you can change the world. It becomes cost effective to put storage batteries in so many places – this research puts us one step closer to reaching that target.” Michael Aziz, lead researcher in a Harvard battery project and a professor of materials and energy technologies

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde

 

Retrouvez la Revue complète sur 2000Watts.org

 

La menace d’une électricité trop bon marché!

La chute des prix du pétrole décime les entreprises du secteur. Les prix trop bas n’arrivent plus à couvrir les coûts de production et les faillites s’enchainent.

Il en va de même pour l’électricité où la baisse des prix est en train de ravager les producteurs européens qui accumulent les difficultés financières dans une ambiance de libéralisation et de restructuration.

 

Un constat: l’électricité est tout simplement trop bon marché !

electricity_pyloneLa similitude entre le pétrole et l’électricité est saisissante. Dans les deux cas, les producteurs inondent les marchés afin de générer le cash suffisant pour couvrir leurs obligations financières à court terme et conserver leurs parts de marché.

Cette surproduction déclenche une spirale négative et propulse toujours plus bas les tarifs jusqu’à pousser certains acteurs à payer pour se débarrasser de leur surproduction. Ainsi alors que le kWh se négociait à 7-9 ct € il y a quelques années, il touche le 1-2 ct aujourd’hui !

La surproduction européenne actuelle d’électricité repose sur trois facteurs principaux : la désindustrialisation de l’Europe, la chute des prix du charbon et l’injection du renouvelable dans les heures de pointe qui a tué la poule aux œufs d’or que représentaient le « peak » de consommation.

Ainsi depuis 2008, le prix de l’électricité de pointe est passé de 23 centimes d’euros le kWh à 4 centimes le kWh.

Cette fuite en avant favorise l’utilisation des matières premières les moins chères et à ce jeu c’est le charbon qui pulvérise ses concurrents comme le gaz, le fioul, l’hydro le nucléaire et dans une moindre mesure les renouvelables.

 

Le Charbon pulvérise ses concurrents

Alors que la dernière mine devrait cesser toute activité en Allemagne d’ici à 2018, les européens ont su trouver du charbon au rabais grâce à l’administration Obama qui subventionne financièrement les exportations «made in USA», et à la Colombie qui se laisse détrousser par des géants miniers, comme Glencore basé à Zoug pour des raisons fiscales, et qui inondent l’Europe d’un charbon exploité dans des conditions innommables.

Paradoxalement, c’est la diminution des importations charbonnières chinoises qui a fait chuter les cours et qui permet aux producteurs européens d’électricité de casser les prix.
(prix de l’électricité en Europe)

 

La facture d’électricité divisé en 2

Au niveau électrique, les gouvernements européens ont deux objectifs majeurs:
A) donner l’illusion d’une production électrique efficace et bon marché
B) offrir des prix très bas aux industries.
Le mécanisme est à deux étages: premièrement, en facturant seulement une partie des coûts de l’électricité aux clients finaux et deuxièmement en utilisant les impôts pour couvrir le solde.

In fine, le citoyen paie l’intégralité des deux factures mais il a le sentiment de profiter de tarifs avantageux tandis que sans le savoir ses impôts couvrent la différence.

Pour illustrer le processus, la France offre un cas d’école parfait. Au niveau européen, Paris propose des tarifs des plus avantageux. Si dans un premier temps, les citoyens ou les entreprises bénéficient de factures électriques allégées, dans un deuxième temps, l’Etat français doit puiser dans ses caisses pour éponger les 37 milliards € de dettes d’EDF.
Avant de se faire éconduire, l’ancien Directeur d’EDF, Henri Proglio avait demandé un doublement des prix de l’électricité. La proposition s’était fracassée contre le mur politique.

 

Les Entreprises publient des chiffres rouges vifs

Du côté de l’Allemagne, après avoir déprécié pour 8,8 milliards € d’actifs, le plus grand producteur d’électricité, E-On a annoncé une perte de 7 milliards € pour 2015 suite une perte de 3,2 milliards € en 2014.

L’autre géant national, RWE rapporte une perte nette de 170 millions € pour 2015 après 3 milliards € de dépréciations sur ses actifs de production d’énergie.

En Suisse Axpo et Alpiq annoncent des pertes mais le manque de transparence de leurs comptabilités ne permet pas de connaître la situation réelle. Les deux entreprises génèrent un bénéfice avant impôt et amortissement et ce n’est que la dévaluation massive de leurs actifs qui fait ressortir artificiellement des déficits. Le comportement d’Alpiq est des plus curieux, mais nous reviendrons dans un prochain article sur ce sujet!

On notera que ces quatre entreprises possèdent un parc de centrales nucléaires. Le détail est importante.

Ces “manipulations” comptables permettent à ces géants d’éviter des sorties de cash pour les paiements de dividendes et des impôts afin de constituer des réserves pour faire face aux pertes financières de leurs centrales nucléaires transformées en gouffre. Certaines essaient également d’enlaidir la mariée pour forcer les pouvoir publics à prendre en charge les coûts de ces centrales et d’autres dévaluent leurs barrages pour une future transaction juteuse.

 

Donner à l’électricité sa véritable valeur: Augmenter les prix!

Comme pour le pétrole, l’électricité a besoin d’un prix minimal idéal pour permettre la pérennité des acteurs et le passage à une production décarbonisée et la guerre des prix ne fait que de diminuer la mixité des moyens de production et met en péril la production et les investissements futurs.

Une solution serait d’ajuster les prix de vente aux coûts minimaux de production afin d’abandonner la gymnastique actuelle qui n’apporte que subsides indigestes, l’opacité des opérations et un manque de confiance face à l’industrie et aux politiques. Comme pour le lait, le retour des quotas de production permettrait de garantir la pérennité du système au futur.

 

Apporter la lumière aux producteurs!

Finalement les prix du pétrole et de l’électricité ne reflètent pas leur juste valeur. Tel l’eau et la nourriture, ils sont essentielles à notre survie et nous avons fini par croire qu’ils sont un dû, voir même une prestation qui devrait être gratuite. A la moindre hausse d’un centime, c’est la révolution alors qu’une augmentation annuelle de Frs 500.—de nos primes d’assurance maladie passe sans broncher.

Comment justifier qu’un abonnement à un smart phone soit plus élevé qu’une facture mensuelle d’électricité alors que son utilité est dérisoire en comparaison de notre appétit électrique.

C’est certainement pour ces raisons que les lobby et les politiques ont préféré transférer les vrais coûts de notre électricité dans nos impôts.

Faut-il ouvrir maintenant la boîte de pandore ou est-il préférable d’attendre l’opportunité d’une crise encore plus profonde ?

La transition énergétique pourrait rimer avec plus de transparence et surtout des prix qui reflète le marché économique. Il est paradoxal de constater qu’il faut apporter de la lumière dans un secteur qui prétend la créer!