Drone Taxi: La course décolle entre l’Europe, les USA et la Chine

Les drones électriques ne cessent d’augmenter leur puissance au point de bientôt pouvoir transporter des personnes et ils apportent de nouvelles solutions à la mobilité urbaine. Si l’on ne devrait pas pouvoir utiliser ce potentiel nouveau moyen de transport dans nos villes avant 2030, c’est aujourd’hui que tout commence.

De plus en plus de villes et d’entreprises explorent cette possibilité dans le cadre de la mobilité urbaine. Si du côté des entreprises les technologiques aéronautiques et de télécommunication 5G progressent, c’est du côté de la législation, de l’environnement et de l’énergie que les regards se tournent. Verrons-nous un ciel rempli de ces engins ou désirons-nous limiter l’accès à des utilisations spécifiques?

Entre les USA, la Chine et l’Europe, une course-poursuite se met en place pour imposer son point de vue.


 

Les drones taxis empruntent le même cheminement que la voiture autonome. Au départ, peu de personnes voulaient voir circuler des bus et des voitures sans chauffeur. Aujourd’hui, sous l’impulsion des fabricants et des géants de l’informatique, les barrières sont en train d’être repoussées.

Il n’existe pratiquement plus aucune grande ville qui n’a pas son démonstrateur. Corolaire à ce changement, les législations doivent être adaptées.

Bien qu’à sa genèse, il en va de même pour les drones taxis. Les grandes puissances économiques commencent à jouer des coudes pour imposer leurs standards, leurs niveaux de sécurité et la maîtrise du ciel.

 

USA : place aux géants de l’internet

Washington compte sur les géants de l’internet comme Google, Apple ou Uber pour déployer mondialement leur business model.

L’actuel leader, UberAir, ne cache pas son ambition de démultiplier les drones-taxis. Dans le but de contrôler l’espace aérien, le géant californien a déjà approché de la Federal Aviation Administration (FAA) et a conclu un accord de collaboration avec la NASA.

Fidèle à sa stratégie, Uber ne construira pas ou n’opèrera pas ses propres drones. Elle mettra à disposition son système de réservations et de guidage. Son business model se base sur la démultiplication des drones et des trajets.

Si Dallas Fort Worth, Texas, et Los Angeles sont partants, le géant recherche encore une ville d’au moins 2 millions d’habitants «hors des USA». Dubaï serait sur les rangs mais l’appel d’offre est ouvert jusqu’au 1er juillet 2018.

Dans cette course,  Apple et Google sont au coude à coude. Cette dernière via Larry Page, son co-fondateur, a décidé de s’expatrier en Nouvelle Zélande pour expérimenter son taxi-volant dénommé Cora. L’objectif est identique à Uber. Le temps et l’argent devraient les départager.

Sous l’impulsion de ses géants informatiques et téléphoniques, les USA se positionnent clairement pour une maximalisation de l’utilisation des drones-taxis dans les villes densément peuplées.

 

Larry Page, Google

 

L’Europe des régions

Dans une stratégie diamétralement opposée, l’Europe compte sur ses villes et ses régions pour proposer des solutions cohérentes et plus à l’écoute de ses citoyens.

D’ici à la fin juin 2018, la Commission Européenne annoncera les 6 villes et régions qui débuteront une étude de faisabilité.

Cette collaboration “de la base au sommet” est notamment l’un des atouts de l’Association Villes Smart Agiles et Ouvertes (OASC). Cet échange entre les villes/régions, pourrait permettre à l’Europe de gagner un temps précieux afin de délimiter le cadre législatif ainsi que le potentiel de son espace aérien.

Une fois es règles du jeu connues, les entreprises européennes, comme Volkopter ou Airbus, pourront examiner l’opportunité de ce marché.

La probabilité n’est pas nulle que l’Europe se distancie des USA et propose une utilisation bien plus modérée et moins anarchique des drones taxis.

 

Pékin soutien la Chine

Pékin propose une troisième vision basée sur un soutien illimité à ses entreprises locales. Ce système a déjà valu à la Chine de prendre le leadership mondial dans les énergies renouvelables et bientôt dans la construction de voitures électriques.

Le constructeur Ehang a débuté ses tests «grandeur nature» dans la province de Canton. Comme les chinois ne font pas dans la demi-mesure, il est imaginable de voir une industrialisation massive à l’image du pays ainsi qu’un changement législatif sur-mesure afin de satisfaire ses champions de l’innovation.

Comme les USA, le pays tentera d’imposer rapidement son système hors de ses frontières.

 

L’enjeu pour tous ces pays et de protéger leur espace aérien et/ou d’imposer leur système dans une industrie du contrôle aérien qui n’a pas évolué depuis le premier homme sur la lune. Il s’agira également d’imposer son point de vue sur la quantité de drones en circulation tout en mettant en avant ses propres entreprises.

Cependant, comme le montre tous les projets de smart city réussis, c’est le citoyen qui a le dernier mot. Sur ce point, l’Europe a pris une longueur d’avance sur ces concurrents.

L’avenir se lira dans le ciel, mais pour l’instant, que la course décolle!

 

Sur le même sujet

Drone-Taxi : La voiture est-elle bientôt prête au décollage ?

Drone-Taxi : La voiture est-elle bientôt prête au décollage ?

Les problèmes de la mobilité urbaine ne cessent d’augmenter et deux options émergent: passer sous le sol ou utiliser les airs. Dans le premier cas, c’est le projet des trains ultra-rapides Hyperloop qui tente sa chance.

Dans la mobilité urbaine aérienne, les drones électriques et autonomes capables de transporter des personnes sont à quelques encablures de passer de la science-fiction à la réalité. Aux USA, en Chine et en Europe une formidable course a débuté pour prendre le leadership et imposer ses standards au reste du monde.


 

Il n’y a encore que quelques années, les entrepreneurs actifs dans les Drone-Taxi rimaient avec “farfelus”.

Aujourd’hui, toute l’industrie aéronautique ainsi que les constructeurs automobiles tentent de trouver une alternative au pétrole. Ces deux industries sont dans l’urgence de se réinventer. Même l’ultra-conservateur Salon de l’Automobile de Genève, focalisé sur les moteurs thermiques, entrevoit l’arrivée de drones avec passagers.

Comme l’année dernière, ItalDesign présente, dans le stand Audi, un prototype basé sur le système Pop Up d’Airbus (voir vidéo ci-dessous). Mais le prototype n’est plus seul. Le voila accompagné par le hollandais Pal-V Liberty.

Personne ne sait si ces nouveaux véhicules vont révolutionner notre mobilité, mais beaucoup d’entreprises et d’investisseurs ne veulent pas rater le train de la Mobilité Urbaine Aérienne (Urban Air Mobility). L’arrivée de la 5G et la crise pétrolière, qui pointe le bout de son nez, ne feront qu’amplifier cette tendance.

Taxi-Drone: ItalDesign – Airbus – Audi  (présenté au Salon de l’Automobile Genève)

 

Trois pôles émergent : les USA, l’Europe et la Chine

Les USA emmenés par les acteurs digitaux

Dans les Drones-Taxis, c’est sans surprise que l’on retrouve les mêmes acteurs digitaux des voitures autonomes comme Google, Apple, Uber.

Dara Khosrowshahi, CEO d’Uber, envisage de mettre en service Uber Air avec des drones électriques entièrement autonomes. L’entreprise de taxis à la demande s’est fait brûler la politesse par Boeing en personne. L’avionneur américain a racheté, au nez et à la barbe d’Uber, son partenaire technologique Aurora Flight Science, spécialisée dans les systèmes de vol pour avions sans pilotes. Cette guerre fait monter la pression sur les investisseurs et booste les entrepreneurs.

Malgré ce revers, dans son concept “Uber Elevate“, l’entreprise californienne a débuté ses premiers tests à l’aéroport de Dallas Fort Worth au Texas, à Los Angeles et à Dubaï. A terme, l’utilisateur pourra ainsi choisir entre Uber Pool (voiture) UberX (berline de luxe) ou UberAir (drone).

Uber Elevate: Concept Drone d’Uber

 

Larry Page, CEO d’Alphabet-Google, ne veut pas laisser la voie libre à Uber. C’est Waymo, la filiale de voitures autonomes de Google, qui est chargée de donner la réplique avec son drone maison.

Du côté des investisseurs, l’intérêt est énorme. Joby Aviation, qui construit son drone-taxi, a levé 100 millions $ auprès notamment d’Intel et de Toyota.

Bloomberg: The future of flying cars (en anglais)

 

La Chine : un objectif stratégique

La Chine semble avoir pris une longueur d’avance sur ses concurrents européens et américains avec l’ambition d’imposer ses standards au reste du monde

En février, le constructeur, Ehang, a effectué un premier vol avec un passager. Le Ehang 184 électrique et autogéré, peut voler à 130 km/h et résister à des vents très violents.

Le premier vol du Ehang 184, février 2018

 

Dans les villes, Dubaï s’impose avec une série de projets. Elle désire bénéficier de la technologie chinoise mais laisse la porte ouverte à l’Allemand Volcopter. La ville hôte de l’exposition universelle en 2020 veut être la première à offrir les services de drones-taxis pour cette occasion. D’autant que Buenos Aires, Argentine, réfléchi également à ce type de mobilité pour son Expo 2023. On voit mal les Emirats Arabes Unis se laisser prendre la vedette par l’Argentine.

Dubaï teste le drone Volcoptère

 

L’Europe : Regrouper ses forces

En Europe deux pôles émergent : l’Allemagne et Airbus.

Ainsi les allemands Lilium et Volcopter ont le vent en poupe. Volcopter s’illustre dans ses projets à Dubaï. Brian Krzanich, CEO d’Intel Corporation, s’affiche même dans une vidéo à bord d’un drone. Tandis que Lilium a levé plus de 90 millions $ pour perfectionner son système.

Volcopter : Brian Krzanich, CEO d’Intel Corporation

 

Du côté d’Airbus, le concept Pop Up d’ItalDesign stimule toute l’industrie européenne. Airbus a également investi dans l’entreprise Vahana, qui propose un drone électrique, entièrement autopiloté. Vahana a réussi son premier “vol test” en stabilisant sa machine à 5 m du sol.

Airbus voit également du potentiel dans la start-up new-yorkaise Blade qui pourra la connecter aux utilisateurs “de services aériens à la demande” à travers le monde.

Finalement, le géant aéronautique européen a la mission de coordonner et fédérer les forces du continent pour établir les standards européen dans la gestion du ciel. La Finlande, le Danemark, la Suède, la Suisse, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Autriche pourraient être les pays ou les premiers tests pourraient être effectués. Grâce à ces études, l’Europe pourrait édicter des standards pour son espace aérien ainsi que les règles du jeu comprenant les considérations environnementales et publiques.

 

Une conquête mondiale

La voiture-drone est techniquement sur les rails. Il ne reste qu’à déterminer les pays et les villes qui prendront le leadership mondial et qui imposeront les règles de ce nouveau mode de mobilité.

On espère que les villes et les régions du Vieux Continent saisissent et comprennent ces enjeux notamment aux niveaux: de l’environnement, de l’emploi, de la sécurité, de l’intégration à la mobilité urbaine et des citoyens. Pas sûr que les américains et les chinois tiennent tous ces principes à cœur.

C’est peut-être à ce prix et à cette implication que l’on pourra voir la voiture décoller de manière durable.

 

Energies, Economie Pétrole: La Revue Mondiale Février 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez une Revue Mondiale de l’Energie:
– Allemagne: Les villes pourront interdire certaines voitures diesel
– Gaz: Avec les fuites de méthane, le gaz broie du noir
– USA: Les Américains achètent du gaz russe pour se chauffer
– Arabie Saoudite: Le Prince bin Salman prochainement en Europe
– Canada: Début d’année difficile pour le premier ministre Trudeau
– Arctique: Record de chaleur +30 degrés au-dessus de la moyenne
– Australie: Tesla va installer 50’000 maisons en électricité autonome


Le pétrole ne fait plus rien. Lui faudrait-il une petite seringue pour qu’il tienne une forme olympique? On le retrouve à 66.63$ à Londres (69.02$ fin janvier) et à 63.01$ à New York (64.50$ fin janvier).

Est-ce le rapprochement entre les deux Corée qui fait hiberner l’uranium?  Il baisse comme la température à 21.75$ (23.15$ fin janvier).

 

Graphique du mois

  Consommation moyenne par personne (équivalent pétrole en kg)

 

Pétrole

L’Economie mondiale est en croissance et pousse de 2% la demande pétrolière à 100 millions barils/jour (b/j). Les soucis de production au Venezuela et au Nigeria pourraient effacer les gains du schiste américain et propulser les prix à la hausse.

Dans les mois à venir, la pieuvre Goldman Sachs verrait bien un baril à 80$. D’autres institutions prédisent un baril à 100$, mais pour l’instant, le pétrole stagne àà 65$.

La croissance de la demande pétrolière pourrait dépasser l’offre. Durant les 4 dernières années, plus de 100 projets pétroliers ont été mis à l’arrêt et il faudra attendre plusieurs années pour en extraire le premier baril.

Sur les 1’250 milliards $ de dividendes versés en 2017, Royal Dutch Shell est l’entreprise la plus généreuse envers ses actionnaires devant China Mobile. Exxon Mobil, Apple et Microsoft occupent les places suivantes. L’intérêt du capital progresse plus rapidement que les salaires.

 

Gaz

Les études et les évidences, qui montrent que le gaz naturel n’est pas une solution pour le climat, sont de plus en plus accablantes. En Pennsylvanie, USA, les émanations de gaz à effet de serre des forages gaziers représentent 11 centrales à charbon. Les 16 études scientifiques ont été compactées par Environmental Defense Fund.

L’extraction de gaz émet d’énormes quantités de méthane. Selon Energy Institute, les producteurs pourraient réduire de 75% ces émissions simplement en améliorant l’extraction. La moitié pourrait être réduite à des coûts nets.

 

OPEP

Les coupes de l’OPEP portent leurs fruits. Le pétrole est sorti de la zone des 50$ pour se maintenir à plus de 60$. Ce succès repose en grande partie sur les baisses de l’Arabie Saoudite et la dégringolade du Venezuela.

Durant le mois, alors que les prix repassèrent sur les 70$, des murmures se sont fait entendre pour mettre fin aux quotas de l’OPEP. Il n’en n’a pas fallu plus pour voir les prix chuter. L’Arabie et la Russie se sont empressées de démentir la rumeur pour soutenir les prix.

Planète

Alors que l’Europe grelotte sous une vague de froid tardive, le pôle Nord a connu un pic de chaleur avec des températures 30 degrés au-dessus des normales saisonnières. A l’extrême nord du Groenland, les températures ont atteint 6,2°C durant ce mois de février.

Les promoteurs des JO Sion 2026 célèbrent, à leur manière, la durabilité et des Jeux Olympiques respectueux de planète
en brûlant un baril de pétrole au sommet du Cervin avec Pirmin Zurbriggen

 

Les Acteurs Clés

USA

Aux USA en 2018, les éoliennes devraient produire plus d’électricité (89,077 MW) que la force hydraulique.

Waymo, une succursale de Google, va lancer un service identique à Uber, mais avec une petite différence. Les mini vans Chrysler Pacifica ne seront pas équipés de chauffeurs! L’Etat d’Arizona a donné son accord pour ce service de voitures autonomes.

Une voiture autonome a besoin de 40 terrabytes de données pour 8 heures de conduite, soit autant que 3’000 personnes. Combien d’électricité consommeront ces données ?

ExxonMobil annonce une augmentation de ses réserves pétrolières de 19% (+2,7 milliards de barils) grâce aux Emirats Arabes Unis, la Guyane et le schiste américain. Au rythme actuel, Exxon pourra produire pendant 14 années. Et après?

L’administration Trump est en train de préparer un croc-en-jambe aux énergies renouvelables. Une réduction de 72% des fonds pour la recherche et le développement est prévue. Les décisions de Washington ouvrent de belles opportunités à l’Europe et l’Asie.

Scott Pruitt, le climato-sceptique et Directeur de l’Agence Américaine de l’Environnement remet continuellement en question le consensus scientifique sur le réchauffement climatique et l’implication de l’homme. Il prend un angle nouveau en se réjouissant qu’une atmosphère plus chaude est une bénédiction pour l’homme.

Halliburton Co mène une campagne agressive contre les brevets posés par son rival Schlumberger dans le secteur du pétrole de schiste. Les deux concurrents tentent de breveter leurs systèmes afin de commercialiser leurs solutions aux exploitants de pétrole.

A 3 ans de sa réélection, le président Trump a nommé Brad Parscale comme manager de sa campagne présidentielle pour 2020. Les gens pressés n’ont-ils pas d’allure?

 

Arabie Saoudite

Le Gouvernement a débuté une campagne pour contenir l’impact médiatique négatif de la vague d’arrestations sur le monde de la finance. Il reste encore 350 fortunes du pays en état d’arrestation. Avant la vente de 5% de Saudi Armaco, l’objectif est de ne pas refroidir les potentiels investisseurs. Elle devrait rapporter entre 100 et 200 milliards $ à Riyad.

Le Prince bin Salman prévoit un voyage en France, en Angleterre et aux USA durant les semaines à venir. L’objectif du Prince Ministre est d’attirer des milliards de $ d’investissements dans l’aérospatial, le pétrole, les techniques de l’internet et des domaines des loisirs. Des journées de promotion de l’Arabie Saoudite sont également prévues à Zurich et à Genève, mais sans le Prince.

L’une des clé du succès de l’Arabie Saoudite fut l’allocation d’une partie des revenus pétroliers à ses citoyens, une sorte de revenu minimal garanti. Cependant, cette clé manque dans la stratégie “Vision 2030”. Le FMI souligne que si la croissance ne crée pas assez d’emplois, le gouvernement sera sous tension, tout comme la production pétrolière.

Historiquement, l’Arabie Saoudite était le seul pays à posséder 1-2 millions b/j de réserve pour stabiliser les marchés. Aujourd’hui, le Bassin Permien aux USA peut également jouer ce rôle avec 1 million b/j de capacité supplémentaire. Pour l’instant, les américains ont plus produits à tout va sans se soucier des prix du baril.

 

Russie

Alors que le brut premium est envoyé aux raffineries chinoises, l’Europe bénéficie d’un brut de seconde zone. La qualité s’est tellement dégradée que les européens désirent renégocier les prix et les quantités livrées. Le pétrole de l’Oural, qui est exportée en Europe, atteint à peine le standard de qualité fixé par Moscou.

L’arrivée d’un tanker russe de gaz liquide à Boston USA, a fait écarquiller des yeux. Malgré les sanctions et le gaz de schiste US, les américains ont dû importer du gaz russe pour couvrir leurs besoins en chauffage!

Selon Gazprom, l’Europe pourrait expérimenter des coupures de gaz si elle ne construit pas de nouveaux gazoducs depuis la Russie. L’option du gaz de schiste américain pour l’Europe ne convainc également pas Gazprom.

En février, Moscou a enregistré des records de neige. Plus de 2’000 arbres ont été déracinés. Le Kremlin a toujours montré peu d’intérêt pour les changements climatiques et se réjouit de la fonte des glaces dans les régions pétrolifères de l’Arctique.

Moscou et Riyad se trouvent de plus en plus de point en commun. Le schiste américain est sur leur liste noire. L’augmentation de la production américaine les a pris par surprise et la baisse des cours du baril a poussé les budgets des deux pays dans les abysses.

Le ministre du pétrole d’Arabie Saoudite a participé à l’inauguration d’une installation de 27 milliards $ de gaz liquide en Russie. Les Russes espèrent que l’Arabie Saoudite importe ce LNG afin d’économiser le pétrole dans les systèmes d’air conditionné.

La Turquie a donné son accord pour la construction du gazoduc TurkStream de Gazprom qui permettra à la Russie de livrer du gaz à la Turquie et l’Europe sans passer par l’Ukraine.

Aucune surprise dans la réélection du Président Poutine. Cela devrait être confirmé le 18 mars pour un nouveau et dernier mandat. Ce sacre mérite bien une chanson.

Soviet Suprem – Vladimir

 

Venezuela

PDVSA, l’entreprise pétrolière nationale, a demandé à ses 143’000 employés de ne suivre sur les réseaux sociaux que les comptes qu’elle autorise. La restriction fait suite après que 10’000 employés ont quitté leur travail au mois de janvier.

La production continue de baisser à 1,6 million b/j en décembre  (2,18 millions b/j début 2017).

Le Venezuela a lancé sa propre crypto monnaie : le «Petro». Le pays espère en vendre pour 2,3 milliards $. En théorie, cette nouvelle monnaie est cautionnée par de l’or et le pétrole, même s’il ne vous sera pas possible de posséder du pétrole vénézuélien en cas de coup dur.

L’ancien président Chavez et ses proches auraient dérobé plus de 20 milliards $ pour leur propre compte. On retrouve une partie de ce montant auprès de la banque helvète Crédit Suisse.

L’administration américaine et son secrétaire Rex Tillerson (ex pdg d’ExxonMobil) étudie des sanctions pétrolières contre le gouvernement du président Nicolas Maduro. Le Venezuela est le 7ème plus grand exportateur de brut pour les américains.

Chaque jour, plus de 35’000 vénézuéliens cherchent refuge ou vont chercher de la nourriture à Cucuta, Colombie.

Schlumberger a passé 938 millions $ dans le compte pertes et profits après une autre perte de 460 millions $ l’année dernière. L’expédition de l’entreprise pétrolière américaine au Venezuela est dispendieuse.

Chine

Le constructeur chinois de drone, Ehang, a effectué un premier vol avec un drone et un passager. Entièrement propulsé par électricité et géré de manière autonome, il peut voler à 130 km/h. La lutte pour le maché des drones-taxi a débuté entre la Chine, les USA et l’Europe.

Le 26 mars 2018, la Chine va lancer au Shanghai International Energy Exchange sa bourse pétrolière pour les livraisons dans les pays asiatiques. Ce geste a le potentiel de secouer les bourses pétrolières mondiales. Le Yuan remplacera le dollar US pour les transactions.

En Chine, d’ici à 7 ans, la moitié des bus pour les transports en commun seront électriques. En 2017, 386’000 bus électriques ont été vendus et les ventes devraient dépasser le million en 2025. Selon Bloomberg New Energy Finance, les coûts d’acquisition et de maintenance des bus électriques sont inférieurs à leurs concurrents à pétrole ou à gaz.

Le président chinois Xi Jinping hésite entre le titre d’Empereur à vie ou celui de Président limité à deux mandats. Empereur à vie semble être sa préférence. A voir si le gouvernement va le confirmer dans ce nouveau poste.

Dans le monde, 60 centrales nucléaires sont en construction dont 20 en Chine. Dans quelques années, Pékin va devenir la plus grande puissance nucléaire civile.

Au Tajikistan, la Chine finance la construction d’un gazoduc pour importer 25 à 30 milliards de m3 de gaz du Turkmenistan. Au total, la Chine devrait engloutir 65 milliards m3 de gaz turkmène.
Les importations de pétrole ont atteint un nouveau record à 9,57 million b/j en janvier.

Sous la pression de Donald Trump, la Chine va importer du gaz liquide LNG américain

Alors que le centre de la Chine croule sous la neige, la capitale Pékin aligne plus de 110 jours sans une goutte d’eau. (depuis le 23 octobre 2017). La dernière sécheresse aussi importante date de 1970.

Drone Taxi Ehang

 

Europe

L’objectif de réduction de la consommation d’énergie de l’Union Européenne avait été fixé à -20% d’ici à 2020. Selon Eurostat, en 2016, le retard était de 4% sur la feuille de route.

Pour la deuxième année consécutive, la croissance économique de l’Europe (+2,5%) est supérieure à celle des USA. En Chine, la croissance 2018 devrait passer à 6,9% (6,5% l’année dernière).

Pour la première fois, en 2017 l’Europe a généré plus d’électricité avec le vent, le soleil et la biomasse qu’avec du charbon. La progression est impressionnante. Il y a 5 ans, le charbon produisait le double des énergies renouvelables.

 

France

Vahana, l’avion électrique, entièrement autopiloté, a réussi son premier vol test pour le compte d’Airbus. L’oiseau volant s’est stabilité à une altitude de 5m. Le vol a eu lieu à Pendleton Range, Oregon, USA. De son côté, l’Europe va lancer des projets pilotes de drones électriques, capable de transporter des personnes.

Des problèmes de soudure ont été repérés sur le réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville. Ces écarts concernent 38 soudures sur 66 dans le circuit secondaire. L’EPR de Flamanville devait entrer en service en 2012 pour 3 milliards €. La facture actuelle dépasse les 10,5 milliards €.

Une vague de froid a atteint l’Europe durant les derniers jours de février. Entre 12 et 15% des français souffrent du froid dans leurs habitations. La précarité énergétique concerne 1 ménage sur 5.

A Bure, les occupants du bois Lejuc ont été évacués par 500 gendarmes. Le site de la Meuse a été choisi pour stocker 85’000 m3 de déchets nucléaires à haute activité et à vie longue. Les opposants occupent, depuis l’été 2016, le site.

Après la Belgique, le chinois Gobee.bike jette également l’éponge en France. Lancé en octobre 2017 à base de vélos à 28€, le nombre de déprédations et de vols ont cassé le business model. De son côté, le Vélib’ compte 20’000 vélos dégradés ou volés par année.

 

Allemagne

Les grandes villes ont le droit d’interdire la circulation des voitures diesel polluantes, selon un jugement qui pourrait concerner 12 millions de véhicules en Allemagne. Ainsi, les municipalités pourront interdire les voitures diesel non conformes les jours de forte pollution. Cette décision est une prouesse dans ce pays tourné vers l’automobile.

Max Planck Institute a investi plus de 1 million d’heures afin de construire le Wendelstein 7-X, un prototype de réacteur à fusion nucléaire. Pour le moment, il s’agit d’un test qui consomme bien plus d’électricité qu’il n’en produit. A l’époque le réacteur Super Phénix avait suivi la même trajectoire.

 

Hollande

Le gisement gazier de Groningen a été secoué par un tremblement de terre de 2.0 alors qu’en janvier une secousse de 3.4 avait été enregistrée. Les tremblements sont directement liés à l’exploitation de gaz.

 

Suisse

Les promoteurs de la candidature des Jeux Olympiques «Sion 2026» ont frappé très fort. Ils ont réalisé la prouesse d’amener en hélicoptère un baril de pétrole au sommet du Cervin. C’est le champion Pirmin Zurbriggen qui a mis le feu au baril de l’entreprise pétrolière Midland. Les organisateurs soulignent, à leur manière, l’importance de réaliser des Jeux durables et propres.

En 2015, les émissions suisses de gaz à effet de serre se sont élevées à 116 millions de tonnes d’équivalents CO2. Les gaz émis à l’étranger (76 millions de tonnes) représentent près des deux tiers de l’empreinte totale de la Suisse.

La Ministre de l’environnement du Canton de Vaud a préparé un projet de loi qui propose l’interdiction de la fracturation hydraulique «et toute forme de stimulation visant à fracturer la roche». Ca tombe bien, car une société gazière voulait justement utiliser cette méthode pour aller chercher du gaz sous le Lac Léman. Soulagement dans la communauté des poissons, qui auraient été en contact direct avec les produits chimiques nécessaires à la fracturation.

Au lieu d’un déficit de 250 millions de francs pour 2017, la Confédération Suisse affiche un bénéfice de 4,8 milliards! En dix ans, les erreurs comptables indiquent un surplus surréaliste de 30 milliards francs.

Norvège

Statoil est satisfaite de sa première installation d’éoliennes flottantes Hywind en Ecosse. Le système permet d’installer des éoliennes qui n’ont pas besoin d’être ancrées dans le fond de la mer.

Le fonds souverain norvégien, dont la cagnotte frise 1’000 milliards $, ne va plus investir dans les énergies fossiles comme le charbon.

 

Italie

Grâce au pétrole égyptien, le géant pétrolier ENI a battu son record pétrolier avec 1,92 millions b/j en décembre dernier.

Sylvio Berlusconi fait un retour surprenant sur la scène politique italienne. Les résultats seront connus en mars.

 

Ukraine

Jusqu’en 2025, Westinghouse Electric, USA, va livrer de l’uranium à 7 centrales nucléaires Ukrainiennes. Le régime local désire diminuer sa dépendance énergétique face à la Russie.

Dessin: L’excellent Chappatte

 

Les Amériques

USA-Schiste

Le Wall Street Journal souligne, avec tact, que l’industrie américaine de schiste a perdu 265 milliards $ depuis 2010.

Sur les 15 plus grands producteurs indépendants de schiste, seuls 5 ont commencé à payer des dividendes.

Dans les 7 années à venir, ExxonMobil espère tripler sa production de schiste dans le Bassin Permien et arriver à 600’000 b/j.

La demande pour le sable utilisé dans les forages de schiste est passée de 34 millions de tonnes en 2012 à plus de 100 millions de tonnes pour cette année. Les exploitants pétroliers ont fortement augmenté les quantités de sable afin de tenter d’extraire plus de pétrole. Si la technique fonctionne bien durant les premières semaines, elle ne permet pas d’extraire plus d’or noir.

La tonne de sable pour le schiste coûte 120$.

La production pétrolière américaine pourrait atteindre 11 millions b/j en 2019 (10,2 en janvier 18). L’Oncle Sam pourrait devenir le plus grand producteur mondial selon l’agence américaine de l’énergie.

Les producteurs de schiste sont sous pression pour trouver des milliards $ afin de financer l’expansion de leurs opérations. Corolaire à ce défi, ils devront réaliser des profits pour financer les financiers qui les financent. Le succès de cette mission pourrait influencer la production nationale tout comme le prix du baril sur le marché.

Si l’on peut supporter le postulat que le pétrole de schiste va augmenter dans les 18 mois à venir, il est plus ardu d’imaginer que la production sera aussi élevée en 2040. L’EIA n’hésite pas à franchir ce pas. Historiquement un forage de schiste s’épuise de 70 à 90% en 3 ans et les forages les plus prometteurs sont exploités en premier. L’EIA base ses prévisions sur des gisements qui n’ont pas encore été trouvés. Dans l’ambiance Trumpienne actuelle, ce détail passera certainement inaperçu.

 

Canada

Ce début d’année est compliquée pour le premier ministre Justin Trudeau. Il a d’abord été chahuté par une vive opposition de la population de Colombie-Britannique face au triplement de la capacité de l’oléoduc Trans Mountain, long de 1150 km entre Edmonton (Alberta) et Vancouver. L’oléoduc transportera terme 890’000 barils de pétrole des sables bitumineux.

Le premier ministre s’est également rendu en Inde où sa communication surjouée s’est retourné contre lui.

Il a également créé le buzz avec une phrase dont il a le secret.

Justin Trudeau: On ne dit pas “Mankind” mais “Peoplekind”

 

Asie

Inde

Durant les 20 prochaines années, l’Inde pourrait représenter le 40% de l’augmentation de la demande mondiale de pétrole. De 4,4 millions b/j, l’Inde pourrait passer à 9,7 en 2040. Le pays pourrait multiplier par 5 le nombre de voitures en circulation.

L’Inde a importé 4,93 millions b/j en janvier (+13,6% par rapport à 2017).

 

Australie

Tesla va équiper 50’000 foyers avec ses tuiles photovoltaïques afin de réaliser la plus grande centrale virtuelle électrique au monde (Virtual Power Plan). 1’100 premières maisons seront équipées gratuitement avec 5 kW de panneaux solaires et des batteries de stockages Tesla Powerwall de 13,5 kWh

Cela permettra aux Australiens de devenir producteurs et consommateurs (prosumer) de leur électricité, voir de vendre leur surplus à leurs voisins.

Une réduction de 30% du prix de l’électricité est prévue pour les citoyens.

Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Iran

Comme dans une grande partie de l’Iran et du Moyen-Orient, Téhéran souffre dramatiquement de manque d’eau. La ville est fortement dépendante des pluies automnales et elles ne sont pas venues, même si la neige est tombée en février. On parle de rationner l’eau alors que les nappes phréatiques ne font que de diminuer.

Pour mémoire, l’un des élément déclencheur de la guerre en Syrie fut la sécheresse et des récoltes agricoles catastrophique.

En décembre, la production pétrolière s’est stabilisée à 3,83 millions b/j.

Le ministre du pétrole, Zanganeh, espère pouvoir augmenter la production de 1,7 million b/j avec l’aide de partenaires non-spécifiés. En décembre, les commandes de la Chine ont diminué de 17,2% à 510’000 b/j pendant que les exportations vers l’Inde ont diminué de 6,2%.

L’Iran va prochainement vendre du gaz liquide à Bagdad via son gisement South Pars, qui est également exploité par le Qatar. Lequel de ces deux pays captera le plus de ce gaz au nez et à la barbe de l’autre est une question qui n’a pas encore de réponse.

 

Irak

Le Ministre al-Luaibi a annoncé que les capacités d’exportations pétrolières se montent à 5 millions b/j dont 4,6 des installations dans le Sud.

L’Irak ambitionne de lever 100 milliards $ de la part des majors pétrolières internationales pour développer son pétrole, des raffineries, de la pétrochimie et des engrais. Il semblerait que Washington ne participera pas à ces investissements.

Par camions, le Gouvernement central va exporter 60’000 b/j de la région de Kirkuk dans une raffinerie iranienne. Jusqu’à présent, le pétrole de ces puits était expédié dans le port Turque de Ceylan par un pipeline opéré par les Kurdes.

Depuis la reprise par le Gouvernement des champs de Kirkuk, les Kurdes sont dans une position de soumission bien inconfortable qui ne demande qu’à exploser.

La Chine pourrait construire 2 raffineries de pétrole de 300’000 b/j. dans le pays.

Suite au départ de Shell du gisement de Majnoon, Total, Chevron, BP, PetroChina et Eni ont fait part de leur envie de reprendre le flambeau. Cependant, si Shell s’est retiré, c’est que financièrement la mariée n’est peut être pas aussi belle.

 

Liban / Israël

Le Liban a octroyé de deux zones d’exploration de gaz à Total, avec l’italien Eni et le russe Novatek. Comme une grande nappe de gaz se trouve entre Israël, Chypre, l’Egypte et le Liban, la situation s’envenime. Israël revendique le bloc 9, qui est frontalière des eaux territoriales israéliennes et selon Tel Aviv, cette poche se trouve dans des eaux maritimes qui n’appartiennent pas au Liban. «Ils ont lancé un appel d’offres pour un bloc qui de toute évidence est à nous ». Il ne manque plus que Donald Trump vienne la ramener pour garantir une bonne ambiance dans les mois à venir.

Afrique

Nigeria

Depuis deux mois, les pénuries de pétrole, qui paralysent le pays, empirent. Le plus grand producteur pétrolier africain n’a pratiquement aucune raffinerie et doit importer ses carburants. Même le milliard de litres de kérosène pour les avions a dû être importé en 2017.

Le pays doit importer 625’000 barils d’essence par jour.

Une nouvelle enquête de corruption a été ouverte pour le vol de pétrole pour un montant de 21 milliards $.

 

Libye

La production nationale a atteint une moyenne de 1 million b/j en janvier. Une première depuis 2013.

En 2017, la moyenne était de 817’000 b/j. Durant l’ère Kadhafi, elle était de 1,5 million b/j.
La production est loin d’être stabilisée alors que les milices se battent pour le partage des revenus et du pays.

 

Phrase du Mois

«Malgré la hausse des prix, la grande partie des exploitants de schiste américains font des pertes. Aucun signe d’amélioration n’est en vue. La moyenne des retours sur les actifs est à 0,8%.» Al Rajhi Capital, d’Arabie Saoudite.

« We would like to say «Peoplekind not necessarily Mankind, this is more inclusive ». Justin Trudeau, Premier ministre du Canada.

I am resolved that not a single drop from Trump’s new oil plan ever makes landfall in California.” Lt. Governor Gavin Newsom, chair of the State Lands Commission and a Democratic candidate for governor

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Trump taxe le Solaire Chinois. Pour le Meilleur ?

L’annonce de Donald Trump, d’instaurer des droits de douane antidumping sur les machines à laver le linge ainsi que sur les panneaux solaires chinois, suscite de nombreuses réactions.

Instinctivement, les questions du changement climatique, du trio pétrole/gaz/charbon et de la Chine viennent à l’esprit. Et si cette décision pouvait redonner vie au solaire américain?
Grand communicateur, Trump appuierait-il là où ça fait mal?


Désinhibé des problèmes climatiques le président Américain, s’attaque à une commodité qui bénéficie d’un fort capital sympathie: le solaire. Il est évident que si la mesure n’avait touché que les lave-linge, le nombre de retweets aurait frisé le ridicule. Ici, l’impact est maximal!

Ainsi, Washington va imposer, sur les panneaux chinois, une taxe de 30% pendant 3 ans et ensuite la diminuer à 15%.

En réalité avec un peu de retard, Donald Trump ne fait que copier l’Europe. Ainsi en 2013, l’Union Européenne avait imposé une taxe antidumping de 47,7% sur les composants solaires chinois afin de protéger son industrie. Sous une pression intense de Pékin, les européens vont l’abolir cette année.

De son côté, en 2012 déjà, le président Obama avait, lui aussi, imposé des tarifs douaniers sur les mêmes panneaux.

 

La Chine a stratégiquement créé un marché intérieur et soutenu ses entreprises

Du côté commercial, Pékin se gausse des règles du jeu. En toute transparence, elle joue carte sur table avec sa stratégie «Made in China 2025». Qu’importe l’OMC, il faut acquérir des technologies, des brevets et des entreprises stratégiques, tuer la concurrence et soutenir financièrement son industrie.

Le secteur des énergies renouvelables en est la parfaite illustration. Pékin a porté à bout de bras ses industries solaires et éoliennes pour détrôner les européens et devenir le leader mondial incontesté.

Meyer Burger, qui fabrique des scies à wafer de silicium pour les panneaux solaires, donne une parfaite illustration de ce mécanisme. Sous pression financière, l’entreprise Suisse a dû délocaliser sa production et céder son savoir-faire à Pékin. Fins stratèges, les chinois ont demandé à Meyer Burger de garder la recherche et le développement en Suisse afin de bénéficier des aides financières de la Confédération. In fine, l’argent du contribuable helvète génèrera de nombreux emplois en Chine et de moins en moins en Suisse.

La Chine n’a pas seulement porté à bras le corps ses entreprises. Elle a également instauré un robuste marché intérieur. Les ambitieux objectifs solaires fixés pour 2020 ont été atteints en 2017 déjà. S’appuyant sur ce marché interne, la surproduction a pu être commercialisée dans le monde entier.

 

Importations américaines des panneaux solaires. Source Bloomberg
Pour éviter les taxes, les entreprises chinoises ont délocalisé en Thaïlande ou au Vietnam

 

Trump sauvera-t-il involontairement l’industrie solaire américaine?

Aux USA, 80% des panneaux solaires sont importés via des entreprises chinoises. Dans ce marché de 28 milliards $, qui compte 260’000 employés dont 38’000 dans l’industrialisation de panneaux solaires, l’impact de ces taxes pourra être mesuré et commenté dans plusieurs mois seulement.

Pour le citoyens, cette mesure devrait renchérir de seulement 3% une nouvelle installation. Pour une unité plus grande, le hausse pourrait atteindre 10%.

Sous l’impulsion d’Elon Musk, activateur de Tesla Motor et de SolarCity, les américains vont devoir faire preuve de génie pour remonter la pente. Ce qui peut faire penser à un geste de Trump pour tuer l’énergie solaire et favoriser le charbon, peut se transformer en une opportunité de stimuler le marché interne avec ses entreprises locales face à la compétition chinoise.

L’exercice a été tenté en Europe. Trop tardive et timorée, elle se termine sur le constat que l’industrie des panneaux solaires a été abandonnée et balayée.

Sur ses cendres, les Européens ont construit la version 2.0 du solaire avec des systèmes «smart» à haute valeur ajoutée. Ainsi il devient possible de partager localement l’énergie renouvelable et d’améliorer l’efficience de chaque kWh produit dans un concept de smart city.

Cette avance Européenne et Suisse doit être protégée et soutenue sans naïveté. Cette fois, la menace pourrait venir de Chine et des USA.
La décision de Trump pourra peut-être nous donner le d’énergie.

 

 

Sur le même Sujet (2000watts.org)

04 Juin 2013  Le Solaire Chinois enfin taxé par l’Europe

08 mai 2013: Solaire: Une taxe de 47% sur le Photovoltaïque Chinois

21 mars 2013 Solaire: Suntech Power annonce une faillite

04 Mars 2013 Solaire: L’Europe s’attaque à la Chine

10 Novembre 2012 Energie Solaire: Escalade entre l’Europe et la Chine

08 Septembre 2012  Solaire: L’Europe porte enfin plainte contre la Chine

18 Avril 2012  Dans moins de 5 ans, l’industrie solaire européenne sera morte

29 Mars 2009  La Chine annonce des subsides pour le Solaire

Tempêtes et Bouleversements dans les Energies

Solidement arrimé à la voiture et aux avions, le pétrole voit son hégémonie vaciller. EDF a fini par avouer que l’électron nucléaire n’est financièrement plus compétitif avec les énergies renouvelables. Le pétrolier Shell débute la vente d’électricité. Les technologies «Smart» catapultent les simples citoyens contre le monopole des producteurs d’électricité. La Chine prend le leadership énergétique mondial face aux USA.

N’en jetez plus ! Nous avons la chance d’assister à un brassage de cartes qui touche toutes les énergies et pulvérise les certitudes.


Au sommet de la pyramide, l’or noir tremble.

Après l’Angleterre, la France, la Norvège, l’Inde, c’est au tour de Pékin de s’interroger sur l’interdiction programmée des ventes de voitures à pétrole. Les 28 millions d’unités vendues chaque année en Chine, ne laissent aucun constructeur indifférent surtout que les prix de vente des véhicules à essence et électriques devraient arriver à parité d’ici à 2025-2029.

De leur côté, les pétroliers s’inquiètent de l’impact sur la consommation. Même si le pétrole reste dominateur, une diminution de 3-5 millions de barils par jour, va déstabiliser les marchés et les prix.

Ainsi, il n’est pas surprenant de voir Shell, commencer à vendre de l’électricité à la place de l’essence, où Total d’acheter 23% des actions de l’entreprise Eren et sa production d’électricité hydraulique et éolienne. Le français est déjà propriétaire de Saft, batteries de stockage, ainsi que des panneaux solaires SunPower et Total Solar.

Même dans le ciel, la révolution s’installe. Un premier avion électrique capable de transporter 10 personnes sur 1’000 km est à l’essai. L’entreprise Allemande, Volcopter, propose un «drone-hélicoptère» autonome et électrique, capable de transporter 2 passagers.

Les producteurs de kérosène toussent.

 

Volcopter: le premier taxi aérien électrique et autonome à Dubai

 

Le nucléaire voit son avenir dans son sabordage

Au niveau de l’atome, c’est au tour de la Corée du Sud d’annoncer sa sortie du nucléaire dans les décennies à venir, pendant qu’EDF avoue que l’électricité nucléaire n’est financièrement plus compétitive face au solaire et à l’éolien.

De manière totalement inattendue, l’arrêt du nucléaire allemand a précipité la course au démantèlement des réacteurs. En effet, les entreprises allemandes se sont positionnées dans ce marché. Autant la France, les USA, la Corée du Sud et le Japon ne veulent pas manquer cette nouvelle opportunité commerciale estimée à plus de 1’000 milliards $.

Du côté des propriétaires des centrales, les parades comptables ont été trouvées en transvasant les réacteurs nucléaires ainsi que les centrales à charbon et à gaz dans des entités d’actifs risqués.

Mais même ces artifices ne suffisent plus. Ainsi, l’indétrônable producteur électrique allemand EON, noyé sous les dettes, pourrait être racheté par le Finlandais Fortum.

 

Chute des prix de l’électricité

Pour la deuxième année consécutive, les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables vont dépasser ceux des énergies fossiles. Si l’on en croit Bloomberg New Energy Finance, d’ici à 2040, le prix du solaire devrait encore diminuer de 66% et l’éolien de 47%. La parité avec les énergies fossiles sera atteinte dans les 10 années à venir.

Sans attendre cette prévision, le géant éolien danois, Dong Energy, a cessé de demander des subsides pour ses installations. Même avec des solutions de stockage, elles deviennent financièrement concurrentielles.

De son côté, l’Arabie Saoudite profite de mettre aux enchères des concessions pour exploiter l’énergie solaires et de tester le modèle d’affaire face aux centrales nucléaires. Les premiers résultats sont édifiants. Le prix de l’électricité solaire devrait atteindre 2,5 ct € le kWh.

La Chine et la Russie au nez et à la barbe des européens

Les USA sont en passe de gagner leur pari : freiner les livraisons de gaz et de pétrole de la Russie vers l’Europe.

Logiquement, ce mois a vu le rapprochement fulgurant de Pékin et de Moscou.

Le Chinois SEFC China Energy vient d’acquérir pour 9,1 milliards $, soit 14,15%, le pétrolier russe Rosneft.

CEFC lorgne maintenant sur l’énergie hydroélectrique de l’entreprise russe EN+.

La Banque of China a accordé un prêt de 2 milliards $ à Gazprom sous l’emprise de l’embargo USA-Europe.

Avec le chaos qui règne à Washington, la Chine a clairement pris le leadership mondial sur les énergies. La Russie l’a parfaitement compris et joue sa carte.

 

Le citoyen: cet homme qui avait disparu des cartes

Même s’il reste encore des quantités phénoménales de pétrole et de gaz dans le sol, les ouragans de ces dernières semaines ont délicatement souligné les contours du réchauffement climatique.

La vitesse des changements opérés dans le monde des énergies poussent les pays et les acteurs à monter dans le train d’autant que l’opportunité est trop belle de laisser les USA patauger avec leur exceptionnel président.

Cerise sur le gâteau, le citoyen, qui n’a pas eu droit au chapitre durant des décennies, a maintenant la possibilité technique de devenir lui-même un producteur et vendeur d’énergies. Qui aurait pensé que cet oublié reprenne le contrôle?

Nous vivons des mois historiques et passionnants.

 

 

France: bientôt un Divorce Nucléaire?

Le mariage entre l’Etat Français et l’industrie du nucléaire traverse une crise sans précédent. Si la mariée continue d’être dispendieuse, l’argent du ménage ne suffit plus.

Le basculement est d’autant plus foudroyant que les robots allemands et son Industrie 4.0 inquiètent les tricolores. Ils pourraient perdre la maîtrise du démantèlement des centrales ainsi que les milliards € et les emplois promis aux vainqueurs.

Ainsi l’annonce de Nicolas Hulot, sur la fermeture possible de 17 réacteurs, tient d’une logique autant financière que stratégique. Paradoxalement pour garder des emplois, Paris doit agir.


Un Mariage coup de foudre

Pendant des décennies, Paris a porté à bout de bras son industrie nucléaire quitte à imposer artificiellement des prix du kWh au-dessous de la moyenne européenne et d’utiliser l’argent des contribuables pour combler la différence.

Mais la/les centaine(s) de milliards nécessaires pour maintenir en vie certaines centrales, démanteler les plus dangereuses, trouver des solutions pour les déchets et couvrir les dettes monstrueuses du duo EDF-Areva sont totalement hors de proportion avec le budget de l’Etat.

De manière surréaliste et pratiquement le même jour, les français ont découvert le gel du budget de l’armée de 850 millions € et de leurs retraites, alors que le Gouvernement annonce le versement de 1,5 milliards € pour recapitaliser Areva et que 2 milliards € supplémentaires devront être ajoutés à la construction de 2 réacteurs AREVA-EPR sur le sol anglais.

Comme le proposait l’ancien directeur d’EDF, Henri Proglio, “le prix de l’électricité doit doubler afin de permettre l’assainissement des comptes et de faire face aux défis à venir”. Nicolas Sarkozy, en campagne électorale, avait humblement refusé cette décision impopulaire et laissé la patate chaude à son successeur.

 

L’Allemagne ouvre les hostilités

Avec l’arrêt de ses 17 centrales d’ici à 2022, les entreprises germaniques se sont mises au travail pour réaliser les robots et les outils spécifiques aux démantèlements de leurs réacteurs. A cet effet, les propriétaires de centrales ont provisionnés plus de 40 milliards € pour ces opérations ainsi que 22 milliards € pour s’occuper des déchets. Il est évident que Berlin désire utiliser la plus grande partie de ce pactole pour ses entreprises locales.

Le Japon s’est également lancé dans la course au démantèlement suivi par la Corée du Sud et les USA. Si dans ces pays les doses sont encore homéopathiques, Berlin, a l’avantage de s’attaquer à un nombre important d’unités afin «d’industrialiser les processus» et de remporter la guerre des coûts.

L’expérience acquise permettra aux Allemands d’exporter leur savoir-faire. C’est justement sur ce terrain que la France est attaquée.

 

France : l’efficience énergétique oubliée

Aussi cruel que cela puisse paraître, il devient de plus en plus évident que financièrement la France n’a pas les moyens de garder la totalité de son parc nucléaire.

Elle se retrouve dans la même situation que cet entrepreneur en faillite qui soulignait avec humour: «Je perds de l’argent sur chaque produit vendu, mais je me rattrape sur la quantité».

Poussée à utiliser un maximum d’électricité, la France n’a jamais activé un programme d’efficience énergétique et la marge de manœuvre est immense. Le gaspillage s’élève à 40% pour les particuliers et 45% pour les entreprises. Même avec un frein atomique, le français pourrait théoriquement et mathématiquement passer ce cap simplement en améliorant son efficience. De son côté, les entreprises françaises, très actives dans les technologies smart city, pourraient y trouver des opportunités d’emplois et de croissance.

Stratégiquement, l’arrêt de plusieurs centrales permettra à l’industrie française de ne pas perdre trop de terrain sur ses concurrents étrangers et de garder sa main d’œuvre qualifiée.

Cependant ce choix logique va se heurter à une culture du nucléaire ancrée profondément dans la fierté hexagonale et la crainte du changement.

La Suisse, l’Allemagne et bientôt la Corée du Sud ont fait ce pari. Pour Paris, ce divorce permettra peut-être la survie de sa mariée.

 

 

La mort annoncée de la voiture à pétrole

Après un siècle de domination, sommes-nous à l’aube de la disparition de la voiture à pétrole?  Objet de désir, de réussite et symbole d’un statut social, elle est en train de se faire dépasser par sa comparse électrique.

La nouvelle Mobilité apporte une disruption totale sur le marché de l’énergie en passant par la géopolitique pétrolière mondiale et aux distributeurs d’électricité. Elle devient un élément clé de la nouvelle économie en se métamorphosant de glouton à outil intelligent.


Un changement rapide

Des banderilles électriques de plus en plus acérées ont été lancées et toute l’industrie vacille. Depuis le début de ce mois, la nouvelle petite Tesla est sortie des usines pendant que Volvo a annoncé l’arrivée de l’électricité dans tous ses modèles d’ici à 2019.

L’Inde, la Norvège, la Hollande et bientôt la Chine vont interdire la vente des voitures à essence ou diesel.

Ce revirement de situation est un pied de nez à l’empire Rockefeller. Si en 1900, les voitures électriques représentaient le 34% des ventes à New York, Boston et Chicago, le magnat du pétrole a su imposer aux constructeurs automobiles son or noir.

Effet exponentiel

A ce jour, les ventes ne représentent que le 1% des ventes, mais la boule de neige se transforme en avalanche et plus de 1 million de voitures électriques seront vendues cette année à travers le monde.

Si les producteurs automobiles se sont focalisés sur les grands modèles dispendieux, les voitures électriques low-cost pointent le bout de leur nez. L’Inde et la Chine travaillent sur des véhicules de 3’000 à 7’000$.

Même les pétroliers accusent le coup au point de se demander s’il vaut mieux extraire son pétrole aujourd’hui, même avec des prix bas, au lieu de prendre le risque de devoir, demain, le laisser sous terre par manque de demande. On comprend mieux les réticences des pays de l’OPEP à réduire leurs productions pour faire remonter les cours.

 

 

Evolution des nouveaux modèles de voitures électriques

 

L’accélération de l’industrie automobile électrique réside dans la batterie.

Pour démocratiser ce véhicule, le prix de la batterie devra descendre sous la barre des 100$ le kWh.

Depuis 2010, la chute est vertigineuse pour arriver actuellement à 190$/kWh. Le nouveau leadership de la Chine et l’augmentation du nombre de voitures vendues nous rapprochent rapidement de cet objectif de démocratisation.

Mais pour l’instant, les constructeurs électriques peinent à atteindre l’équilibre financier.

 

A la charge de la recharge

Un “plein” nécessite entre 9 et 30 minutes pour les modèles les plus performants bien que la majorité des voitures se rechargent comme les smart phones: à la maison durant la nuit.

De leur côté, les stations d’autoroutes et les grandes surfaces se profilent dans des solutions qui nécessitent le temps des commissions ou d’un repas.

La grande inconnue réside encore dans le recyclage des batteries. L’industrie du nucléaire a été incapable de résoudre la gestion des déchets et ce laxisme se retourne comme un boomerang sur cette technologie.

Les batteries pourraient bien avoir une deuxième vie afin de stocker la production d’électricité renouvelable dans les maisons et les habitations, mais in fine, un processus de retour à la nature devra être implémenté.

 

Evolution des ventes de voitures électriques dans le monde

 

 

De la voiture gloutonne à la voiture intelligente et utile

La Mobilité électrique apporte une disruption totale sur le marché de l’énergie mondiale. Elle rebrasse les cartes au niveau de la géopolitique pétrolière et des matières premières. L’Amérique Latine et ses réserves de lithium pourraient supplanter le pétrole du Moyen-Orient.

La voiture va devenir bien plus qu’un simple moyen de se déplacer. Elle va permettre de stabiliser les réseaux électriques, de réduire les pics de demandes, d’ingérer la production renouvelable, de créer des micro-réseaux et de survivre au peak oil.

Ainsi les grands distributeurs électriques tremblent devant la possibilité donnée aux citoyens, anciennement captifs, de produire eux-mêmes leur électricité, de la stocker dans leurs voitures ou de la revendre à leurs voisins.

La voiture change son statut pour devenir un outil de partage et d’efficacité. Contraste saisissant entre une voiture à pétrole qui n’utilise que 2 dl sur 1 litre d’essence/diesel avalé et qui produit 15 kilos de CO2 au 100 km.

 

Paris a annoncé l’arrêt des ventes de voitures à essence et diesel pour 2040. Paradoxalement à la vitesse des changements actuels, si la France tient sa promesse, elle pourrait être l’un des dernier pays au monde à autoriser ces véhicules venus d’un autre siècle !

 

 

Une Chance : Trump n’est pas Smart

En focalisant sa stratégie sur l’exploitation des énergies fossiles, Trump a pris une décision d’une portée magistrale.

Certes, cette erreur stratégique est une malédiction pour le climat, mais elle offre l’opportunité à la Chine d’imposer son leadership industriel dans les énergies du futur et à l’Europe son intelligence dans les technologies «Smart».


Rêver du rêve américain

Miser sur le charbon et le pétrole sent bon les fabuleuses années 50-60 ainsi que sur la grandeur du rêve américain.

Cependant, depuis 5 ans le charbon a perdu 36’000 postes pour rester sur la barre des 50’000 employés. Au temps de la splendeur du charbon en 1980, les USA comptaient 130’000 mineurs.

Le secteur pétrolier dénombre 187’000 emplois directs avec une tendance à la hausse grâce à la seconde vie du schiste. Le lobby soutient qu’avec les emplois indirects, plus d’un million de personnes sont impliqués dans l’or noir.

Alors que les USA comptent 152 millions d’emplois, on perçoit la légèreté des arguments du président Trump. L’essentiel n’est pas là.

En coulisse Wall Street, Goldman Sachs et les pétroliers se frottent les mains car des fortunes devraient être déversées dans ce jeu de l’avion. Pilier de cette opération, la Banque Nationale Suisse, qui soutient à coup de milliards $ le schiste et le charbon américain.

 

La Chine industrielle. L’Europe de l’intelligence

Au début des années 2000, l’Europe et les USA étaient les moteurs mondiaux du solaire et de l’éolien.

Après la crise de 2008, l’arrivée de Pékin, avec son soutien financier illimité et un protectionnisme assumé de ses industries ont permis à la Chine de baisser ses coûts de production et d’écraser la quasi totalité de la concurrence internationale.

En 10 ans, la Chine a créé plus de 3,5 millions d’emplois dans les énergies renouvelables selon l’Irena (agence des énergies renouvelables). On peut espérer que cette Blitzkrieg aura laissé des traces en Europe et en Suisse pour que pareille mésaventure ne se reproduise pas.

Nombre d’emplois dans les énergies renouvelables, en milliers

Source: IRENA

Les nouvelles technologies Smart: La peur des USA

L’histoire se répète aujourd’hui avec les technologies intelligentes où l’Europe et la Suisse possèdent une certaine avance technologique.

Ces outils permettent, par exemple, d’intégrer et de stocker l’électricité des énergies renouvelables dans le mix de production, d’augmenter l’efficience énergétique, d’intégrer la mobilité électrique ou les voitures autonomes. La liste est longue.

Si les USA sont maîtres dans le marketing et la communication, en réalité les PME et start-up américaines «Smart» n’arrivent pas à rivaliser avec l’ingéniosité du Vieux Continent. Peut-être que l’objectif premier des entrepreneurs et des investisseurs, «se faire racheter à prix d’or par Facebook, Amazon, Apple, IBM, HP, Google ou Microsoft», leur fait oublier les besoins de leurs vrais clients.

L’opportunité Suisse et Européenne réside dans la peur du Monde d’avoir maille à partir avec l’équipe Trump. Depuis quelques mois, un mot d’ordre revient constamment. Ne pas stocker ses données aux USA ou collaborer avec une entreprise américaine, de peur de voir ses data décortiquées par Big Brother.

La décision de la semaine dernière renforce encore plus le besoin de se distancier de Washington et de privilégier la prudence.

 

Local is beautiful

A l’opposé des monstres de la Silicone Valley, les mondes de l’internet des objets et du Smart City sont en train de se faire une place auprès des entreprises et des citoyens locaux.

En Suisse, les cantons de Genève, Vaud, Zurich et Neuchâtel sont à la pointe avec une myriade d’entreprises qui offrent des solutions innovantes et souvent surprenantes. Les emplois se créent et le monde académique y voit un débouché pour la jeune génération qui peine à trouver un premier emploi.

De plus ces nouvelles technologies vont aider l’implémentation de la stratégie énergétique 2050 auprès des communautés publiques ainsi que des citoyens qui sont de plus en plus nombreux à y voir leurs avantages.

Donald Trump nous donne une fenêtre d’opportunité de 4 ans. Est-ce la Suisse et l’Europe sauront la saisir et la conserver?

Dans tous les cas, le climat et la planète ont besoin de notre innovation et de notre enthousiasme.

 

 

A voir cette semaine, la conférence:  IoTWeek /Smart City Geneva 2017

 

Révolution Energétique : le retour du peuple ?

Les deux plaques tectoniques des énergies renouvelables et fossiles n’ont longtemps montré aucun signe de mouvement. Mais depuis la crise de 2008 et l’arrivée de technologies nouvelles, les positions ont évolué au point de menacer les équilibres.

Aujourd’hui, c’est à un tremblement de terre majeur que se préparent les majors pétrolières, les fabricants automobiles et les Barons de l’électricité. Au cœur de ces changements, un oublié: le citoyen.


Responsable d’une croissance continue depuis plus de 120 ans, les dirigeants des entités pétrolières, gazières et électriques voient leur suprématie chanceler.

La tendance mondiale le montre: pour la deuxième année consécutive, l’ajout d’électricité renouvelable dépasse celui des énergies fossiles. Les ventes de voitures électriques ont augmenté de 42% sur une année et les technologies smart donnent l’opportunité aux citoyens de tendre vers l’indépendance énergétique.

 

Un business model basé sur le gaspillage

Le pétrole, le gaz et le charbon représentent mondialement le 86% de l’énergie consommée et surtout gaspillée.

En effet, l’énergie fossile a intelligemment compté sur l’inefficience pour démultiplier ses revenus. Dans les entreprises plus de 45% de l’électricité consommée est gaspillée. Les moteurs de voitures n’utilisent que le 20% du carburant, le reste est brûlé inutilement.

Si le solaire et le vent ne représentent que le 4,4% de l’énergie mondiale, les technologies associées maximalisent chaque calorie produite et brisent la spirale de l’inefficience. Un moteur électrique offre un rendement supérieur à 90%.

 

Le monde Automobile s’est concentrée sur la Chine

Même les constructeurs automobiles tremblent devant la menace des moteurs électriques. Le scandale de VW a démontré que la quasi-totalité des constructeurs trichent avec les standards de pollution. Cet aveu démontre la dangerosité de leurs véhicules sur la santé et le climat ainsi que les limites du moteur à explosion.

Focalisé sur le marché chinois, les grands acteurs ont oublié l’électrification de leurs modèles. Même si en 2015, l’Allemagne a produit 15 millions de véhicules, pour un chiffre d’affaires de 464 milliards €, aucun constructeur n’obtient le capital sympathie et la valorisation boursière du californien Tesla.

Bien que la firme d’Elon Musk n’ait produit que 76’000 voitures, généré 7 milliards € de revenus avec une perte de 667 millions €, les investisseurs parient sur son futur et y ont déversé plus de 50 milliards $. Dès 2018, 1 million de Tesla devraient sortir des usines.

La connectivité, l’interactivité, l’intelligence embarquée, le pilotage automatique et une expérience de pilotage hors du commun des Tesla bousculent les standards centenaires de l’automobile.

Signe de cette fébrilité, Ford vient de licencier son PDG, Mark Fields, pour le remplacer par Jim Hackett, actuel responsable de la division «mobilité intelligente».

Au sein du groupe, BMW, c’est en Saxe que la R&D va continuer. Le siège de Munich est trop sclérosé pour imaginer autre chose qu’un moteur à explosion.

Les barons de l’électricité

Il aura fallu aux fournisseurs et producteurs d’électricité des décennies pour sculpter leur monopole et engranger des fortunes. Ils ont minutieusement enchaîné et soumis leurs clients consommateurs.

Jadis le citoyen était encouragé à installer des panneaux solaires sur son habitation. Aujourd’hui, sous prétexte de favoriser les grandes installations, les Barons ont réussi à détourner et à accaparer les subsides gouvernementaux. Même les riches propriétaires de barrages ou de centrales nucléaires obtiennent des financements subsidiaires qui n’ont d’égal que l’opacité de leurs comptes.

L’agressivité des Barons est montée d’un cran en élaborant des stratégies qui visent à proposer des services à prix cassés dans le but de supprimer la concurrence des petites entreprises d’électricité ou d’installations de chauffage. Ces PME familiales sont au mieux rachetées mais souvent étouffées.

Mais à travers l’Europe, l’arrivée des objets connectés, du smart city, du blockchain ou de l’autoconsommation pourraient redonner aux citoyens et aux PME la capacité de se soustraire de l’emprise des Barrons en produisant et consommant ce dont ils ont besoins, en générant l’énergie de leurs voitures électriques ou en la partageant avec ses voisins.

Ainsi, au lieu d’acheter naïvement et maladroitement de l’énergie verte surtaxée par les Barons, les citoyens sont de plus en plus nombreux à utiliser leurs deniers pour s’émanciper.

 

L’industrie fossile: la pression de la concurrence

Incapable de stabiliser le prix du baril ou de garantir la production future, les grandes majors pétrolières et les pays producteurs sentent le vent tourner. Saudi Aramco, la puissante majors d’Arabie Saoudite parle d’une «transformation globale».

Shell la qualifie «d’inarrêtable» et le norvégien Statoil de «refonte de l’industrie énergétique». Même le géant français, Engie, dont le charbon et le gaz ont fait son succès penche pour une «révolution industrielle qui apporte un profond changement dans la manière dont nous nous comportons» témoigne sa CEO Isabelle Kocher.

 

S’adapter pour survivre

Si Obama avait lancé sa campagne de 2012, sur le thème de «l’Indépendance Energétique» des USA, il avait tempéré les ardeurs avec une «Abondance Energétique». Arrivé au pouvoir, le Président Trump compte sur la «Puissance Energétique» afin de dominer le monde.

Cette attitude devrait encourager les pays sans énergie fossile à s’appuyer sur leurs ressources inépuisables: le soleil, le vent, l’eau ou la biomasse.

 

Pour atteindre l’effet de masse, les grands acteurs ne pourront pas y arriver tout seul. Ils vont devoir collaborer avec les citoyens, soigneusement écartés depuis des années, et abandonner certains de leurs privilèges.

Ce changement de paradigme résonne comme un tremblement de terre à venir. Qu’importe la résistance des lobby et des cartels, ce n’est qu’une question de temps.

Comme le soulignait Darwin, ce n’est pas le plus fort qui survit, mais celui qui s’adapte. Gare aux dinosaures !

Electricité, c’est la révolution

electricity_revolutionAlors les nouvelles technologies sont en train de révolutionner le monde de l’électricité, certains grands producteurs électriques freinent des quatre fers pour tenter de garder leurs clients captifs et s’accrochent à leurs anciens modèle d’affaires. A l’image d’Uber, ce mouvement de fond prend de l’ampleur et déstabilise.

Blockchain, Smart City, Internet des objets, autoconsommation, stockage, mini et micro grid émergent au grand bonheur des particuliers et des PME. Cette révolution chahute un business qui avait si peu évolué depuis un siècle.

 

Blockchain, Mini Grid

Grâce aux énergies renouvelables, les particuliers voient émerger toute une gamme d’opportunités pour devenir énergétiquement indépendant, afin d’éviter les frais de transports dispendieux, les taxes et de se libérer des règles rigides des grands producteurs.

Il est maintenant possible de créer un réseau électrique local, entre des bâtiments ou des maisons, qui combine énergie renouvelable et économie du partage. Le tout, grâce à la technologie blockchain, qui permet des échanges décentralisés, précis et sécurisés entre particuliers. (voir exemple à Brooklyn).

Ainsi, en fonction de leurs besoins et de la quantité d’énergie produite, les habitants d’un quartier peuvent s’échanger de l’énergie en temps réel et effectuer les payements avec des bitcoins pour des transactions sécurisées de particulier à particulier, sans intermédiaire et sans banque.

Souvent organisé en coopérative, ce nouveau modèle de proximité est appelé à se généraliser.

Smart City – Internet des Objets

Les technologies «Smart» font une entrée fracassante en Suisse. Alors que les ménages gaspillent en moyenne plus de 40% de leur électricité, ce pourcentage grimpe à plus de 45% dans les PME. L’internet des objets permet de fortement réduire ces pertes.

Ainsi Genève, St-Gall, Winterthur, Berne, Friboug, Neuchâtel sont en train d’équiper leurs régions du système LoRa afin d’activer la connexion des objets connectés et sur nos smartphones, les applications se multiplient.

Ces capteurs, à très faible consommation (une pile peut durer 8 ans), permettent de diminuer les pics de la demande, d’optimiser la consommation ou de repérer les fuites jusque là invisible. Ainsi les Services Industriels de Lausanne vont installer des lampadaires intelligents capables d’adapter automatiquement leur fonctionnement. Economies prévues: Frs 600’000 sur une facture totale de 1,1 million!

Au lieu de chauffer traditionnellement votre eau chaude durant les heures creuses de la nuit, c’est le surplus des heures ensoleillées de la journée qui prend le relais en maximalisant l’utilisation du réseau électrique et en stockant cette énergie.

Les batteries des voitures électriques peuvent déjà servir de tampon pour stabiliser le réseau tandis que le nouveau bus électrique TOSA d’ABB recharge sa batterie en moins de 15 secondes! Une prouesse impensable il y a 5 ans encore.

Pendant que les Forces Motrices Bernoises ont rageusement divisé par 3 les prix de rachats de l’énergie solaire, les propriétaires lésés vont pouvoir se retourner vers les solutions de stockage et auto-consommer l’électricité qu’ils ont produite. Avec ce système, les propriétaires n’auront plus à payer les frais de transports et les taxes qui représentent le 60% de la facture d’électricité. LG Chem Resu, SonnenBatterie Eco compact et Tesla Powerwall 2 arrivent avec des systèmes plug & play pour moins de frs 5’000.–.

 

Ceci est une Révolution

La conjugaison des énergies renouvelables et la progression exponentielle de la technologie ont modelé cette Révolution. Comme dans toute révolution, il y aura du sang, des morts, des perdants et des vainqueurs. Si le consommateurs ou les PME devraient y trouver des outils pour s’extraire du réseau et tendre vers l’indépendance énergétique et la consommation locale, la pression s’exerce sur les grands producteurs dont les outils de production manquent de souplesse.

Avec l’arrêt du nucléaire, les Allemands RWE ou E-On ont déjà prit une longueur d’avance notamment en scindant leurs activités de productions fossiles et de renouvelables. Dans la tourmente, EDF s’enfonce dans ses choix tandis qu’en Suisse Alpiq ou Axpo cherchent une issue.

Les entités les plus agiles, flexibles, à l’écoute du marché et qui savent naviguer dans ces avancées technologiques semblent les mieux adaptées. Les plus rigides, à l’image des dinosaures, disparaitront. Comme la nature a horreur du vide, elles seront rapidement remplacées. Paradoxalement, elles pourraient justement être remplacées par… leurs anciens clients.

Tout est une question d’adaptation. Comme dans la Nature.