Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mars 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
Même un 1 avril, vous n’y trouverez pas de poisson!
– Allemagne: VW se lance dans la distribution d’électricité
– Chine: Le président en Europe pour promouvoir sa route de la soie
– Norvège: Le fonds souverain sort du pétrole de schiste
– Monde: La consommation des énergies fossiles en hausse, comme le CO2
– USA: Les Majors achètent les petits producteurs pétroliers
– Algérie: Le président Bouteflika se retire. L’armée montre ses muscles
– Japon: 8 bougies sur le gâteau d’anniversaire de Fukushima.


Comme les ours, le pétrole va terminer son hibernation pour déployer toute sa force durant les mois d’été. Pour l’instant, le réveil est calme. Comme le changement d’heure en Europe, personne ne sait où il va aller dans les mois à venir. A Londres, il termine ce mois à 68,39$ (fin février 66,39$). A New York, il pointe à 60.14$ (56,94$ fin février).

 

Graphique du mois

Consommation d’Energie Primaire dans le monde en 2017
Le gaz et le pétrole: 57% et avec le charbon: 85%
Source: BP World of Energy 2018

 

Planète

En 2018, les émissions de CO2 ont augmenté de 2,3% à 33 milliards de tonnes, indique l’Agence Internationale de l’Energie. Une augmentation record depuis 2010.

Pour son directeur, Fatih Birol, c’est une “surprise pour beaucoup” et une hausse exceptionnelle due aux énergies fossiles. “Nous avons vu une augmentation extraordinaire de la demande d’énergie, au plus haut depuis 10 ans. Toutes les énergies fossiles sont en hausse : charbon, gaz, pétrole.

La hausse annuelle de 560 millions de tonnes équivaut aux émissions de l’industrie de l’aviation. Si l’Europe baisse, c’est en Chine, en Inde et aux USA que l’augmentation fut la plus forte.

 

Monde

La santé de l’Economie mondiale montre des signes de fatigue. Une petite toux ou un virus? Le médecin va se pencher sur le malade, même si dans certains pays l’on parle déjà de récession. Du coup, le prix du baril de pétrole ne sait pas trop où aller. Dans le doute, l’Arabie Saoudite va continuer à diminuer sa production pour espérer voir les prix grimper.

Après avoir abreuvé en carburants nos chers véhicules, les grandes majors pétrolières s’embarquent dans la production et la livraison d’électricité notamment pour les voitures. Le mouvement des pétroliers ressemble à la transition effectuée par l’industrie du tabac dans la e-cigarette.

Ainsi Total et Shell opèrent des achats stratégiques. Si le gaz devrait générer l’électricité vendue par les géants du pétrole, Shell mise sur les énergies renouvelables et espère un retour sur investissement de 8 à 12%.

La capacité des majors à trouver des fonds pourraient faire trembler les producteurs traditionnels d’électricité comme E-On, RWE, EDF, Axpo ou Alpiq.

 

Peak Oil

Dès l’arrivée du pétrole de schiste en 2008, les discussions sur le peak oil ont été reléguées aux oubliettes. Depuis quelques mois, la tendance est en train d’évoluer.

A court terme, l’avenir du pétrole offre deux visages. Certains penchent sur une hausse des prix et une baisse de la production notamment dans le schiste américain. D’autres, comme le président Trump, tablent sur une hausse modérée des prix et une production qui suit la demande.

Un indice pourrait provenir des investissements et des tendances de ce début d’année. Voir le graphique ci-dessous, avec les intentions d’investissements dans les 5 principaux gisements de schiste aux USA.

 

En noir foncé: la production pétrolière
En gris: les intentions d’investissements

 

Depuis 2008, le boom du pétrole de schiste a été financé par des prêts et des actions dans des entreprises qui n’ont jamais dégagé de bénéfice. Les producteurs avaient promis des dividendes et des bénéfices pour fin 2018. Il n’en est rien et Wall Street est en train de serrer les cordons de la bourse. Les données chiffrées montrent que les investissements sont en chute libre depuis le début de l’année et devraient impacter la production dans les mois à venir.

 

Les pays à la Une du mois de mars

Venezuela

Suite à une panne totale d’électricité d’une semaine, la production pétrolière du pays a été sérieusement impactée. Il est encore trop tôt pour évaluer la capacité du pays à pouvoir faire redémarrer sa production ou si elle va totalement s’écrouler, et le pays avec. Pour ne rien arranger, une nouvelle série de pannes est venue secouer le pays à la fin du mois.

Avant ces incidents, la production pétrolière reculait de 50’000 b/j par mois et avait passé sous la barre du million de barils. De son côté, les USA, qui importaient plus de 500’000 b/j, ont réussi à réduire leurs importations à néant. Pour le coup, Caracas dévie ses livraisons vers Moscou. Il reste à déterminer les entrées financières pour le régime Maduro.

Deux avions militaires russes ont atterri à Caracas avec une centaine de militaires et 35 tonnes de matériels. Le président Maduro a précisé qu’un prochain vol apportera des médicaments et de l’aide humanitaire.

PetroChina prévoit une baisse de 33% des livraisons de pétrole du Venezuela à 186’000 barils par jour.

Du côté politique, le bras de fer entre le président Maduro et son opposant Juan Guaido, continue. Le vainqueur devra imaginer un futur qui s’évapore de plus en plus avec l’effondrement des installations pétrolières.

 

Production pétrolière du Venezuela
Source: Ron Patterson’s Peak Oil Barrel.

Algérie

Sous la pression des militaires, la situation se tend. Le chef des armées, Gaïd Salah, a demandé la destitution du président Abdelaziz Bouteflika.

En 2018, les ventes de pétrole et de gaz représentaient le 40% du budget du pays. Si l’arrivée du président Bouteflika a coïncidé avec la hausse des prix du baril au début des années 2000, une grande partie des pétrodollars ont servi à la corruption, à la construction de constructions inutiles et à de généreux versements pour maintenir la paix sociale.

La chute des prix du pétrole a fortement pesé sur les réserves du pays qui ont fondu de 178 milliards $ en 2014 à 88,6 en juin de l’année dernière.

Alors que les gisements pétroliers et gaziers vieillissent, la consommation interne augmente fortement notamment pour la production d’électricité. Basé sur le modèle français, l’Etat subventionne fortement le kWh. Il est facturé à 3 ct € alors que son prix de revient est à 8,9ct €.

Comme beaucoup de pays pétrolier/gazier, l’Algérie va devoir effectuer une transition rapide hors des énergies fossiles et tenter de diversifier les revenus du pays.

Le géant pétrolier ExxonMobil retarde ses explorations de gaz de schiste en Algérie. Les compagnies étrangères évaluent les risques d’un changement de régime au pouvoir.

En Algérie, l’humour a toujours été utilisé pour taquiner le pouvoir, en particulier dans les moments difficiles. Cette tradition s’est confirmée ce mois.


Manifestation et humour en Algérie

 

Arabie Saoudite

Malgré la hausse des prix du baril depuis le début de l’année, l’Arabie Saoudite va maintenir ses coupes de production pétrolière, au moins jusqu’en juin, à un niveau de 6,9 millions b/j.

Le ministre de l’Energie, al-Falih ne désire pas changer cette stratégie lors de la prochaine rencontre de l’OPEP. D’abord prévue en Avril, la rencontre de l’OPEP a été repoussé de 3 mois.

Pour équilibrer son budget, le pays compte sur un baril à 70$.  Même si les USA vont continuer à extraire du pétrole de schiste très léger, idéal pour produire du plastique, le royaume sait que le monde ne dépend pas du schiste, mais de pétrole lourd nécessaire aux avions, camions, bateaux et voitures.

Riyad pense que la demande de brut va rester solide cette année, notamment grâce à la Chine avec 11 millions b/j.

Toujours selon le ministre al-Fahih, d’importants gisements gaziers auraient été trouvés dans la Mer Rouge. L’Arabie semble séduite par le gaz et Aramco pourrait acheter des gisements aux USA.

Les exportations vers les USA ont chuté à 1,6 million b/j en février contre 5,75 il y a une année. Paradoxalement, les USA se tournent vers la Russie pour acheter le pétrole lourd dont ils ont cruellement besoin notamment après l’abandon des importations du Venezuela.

L’administration Trump est en train d’examiner la demande de l’Arabie Saoudite afin de s’équiper de centrales nucléaires civiles.

L’Europe a effectué un rétropédalage magistral après avoir mis l’Arabie Saoudite sur la liste noire des pays qui privilégient le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Riyad a menacé “de sévères et négatives conséquences” sur les flux du royaume vers l’Europe. Le Prince a également prononcé la formule magique «ulahup Barbatruc» pour immédiatement revenir dans le monde des gentils. Si l’on se rappelle la gymnastique effectuée par la Suisse pour éviter de figurer sur cette liste noire, la décision européenne laisse perplexe.

 

Chine

L’agence Xinhua annonce la découverte «massive» de réserve de pétrole de schiste dans la municipalité de Tianjin. Selon les désirs du parti, CNPC et Sinopec augmentent fortement leurs investissements d’explorations pétrolières et gazières. Jusqu’à présent, la Chine n’a pas encore réussi à percer les mystères du pétrole de schiste américain.

Le président Xi Jinping a débuté une tournée en Europe. Aucun doute, à la table, c’est lui le patron. Quand il parle, il engage son pays. Quand Macron, Merkel et Junker parlent au nom de l’Europe, ils n’engagent que leur parole. Les Chinois savent qu’ils peuvent contourner les menaces européennes en jouant sur les intérêts nationaux divergents. Pour garantir l’ambiance, il a débuté sa visite en Italie.

Stratégiquement en Europe, Pékin s’intéresse à l’énergie dont le premier producteur d’électricité portugais ainsi qu’à l’accès aux ports afin de trouver de nouveaux marchés pour ses entreprises. L’utilisation de l’arme financière et la création de des dettes, aux conditions draconiennes et difficilement remboursables, fait merveille en Asie et en Afrique. C’est au tours de l’Europe de profiter de ce privilège.

Xi Jinping a souligné les défis qui attendent le pays : chômage, politique internationale, commerce et prix de l’immobilier. Il espère que son pays ne soit pas pris dans cette spirale notamment pour éviter tous mouvements sociaux.

 

USA – Pétrole de Schiste

Faute de rentabilité financière depuis plus de 10 ans, Wall Street est en train de couper les vivre aux petits producteurs de schiste. Ceux-ci se font avaler par les majors comme ExxonMobil, Chevron et Conoco. BP et Shell ont rejoint le mouvement même si les préoccupations climatiques des investisseurs pèsent sur les acteurs européens.

Gretchen Watkins, Présidente de Shell USA, a demandé à la Maison Blanche de conserver les règlementations sur la limitation des émanations de méthane dans les extractions de gaz et de pétrole de schiste. Paradoxalement, l’administration Trump désire justement les abolir. Les émanations de méthane pénalisent fortement l’attrait du gaz de schiste qui est plus dangereux que le charbon au niveau des gaz à effet de serre.

Chevron et Exxon sont en train d’industrialiser les procédures de forages de schiste dans le Bassin Permien. Après avoir injecté 10 milliards $, Exxon ambitionne de réduire ses coûts à hauteur de 15$ le baril soit au niveau des prix d’extraction du pétrole conventionnel au Moyen-Orient. Si ce vœux devait se réaliser, il restera plus qu’à ExxonMobil à d’identifier de nouveaux gisements à travers le monde. Paradoxalement, la major ne s’aventure pas dans les autres champs de schiste aux USA.

Durant le mois de décembre, les gisements de schiste du Bakken ont généré 40 millions de barils de pétrole et 55 millions de barils d’eau. L’eau extraite des forages vient soit des gisements soit de l’injection d’eau qui favorise la fracturation des roches. Avec un coût de 4$ le baril d’eau, le traitement de l’eau usée s’élève à 2 milliards $ par année.

Durant la conférence CERA WEEK à Houston, l’IEA a annoncé que le pétrole de schiste pourrait ajouter 4 millions b/j de plus d’ici à 2024. L’Agence pense que la production pétrolière (pétrole, gaz liquide et les hydrocarbures) américaine pourrait grimper à 19,6 millions b/j d’ici à 2024, contre 15,5 aujourd’hui.

Cependant, les données sur les émissions de titres de créance et d’actions par les sociétés de schiste et sur leurs positions sur les marchés à terme montrent de gros nuages dans le ciel et un frein de la production. Cette tendance est à confirmer dans les mois qui viennent.


33% des compagnies de pétrole de schiste on eu un cash flow positif au 3è trimestre 2018

 

Europe

Les prévisions de la croissance du PIB pour 2019 diminuent à 1,1% au lieu de 1,7. Du coup, la Banque Européenne pourrait recommencer un Quantitative Easing. Les banques privées vont ainsi bénéficier d’argent à taux négatif où le simple fait d’emprunter, permet de gagner de l’argent.

 

Norvège

Le Fond de Pension du Gouvernement va diminuer ses participations financières dans les entreprises actives dans l’exploration et l’exploitation pétrolière car “ces investissements sont volatiles, risqués et imprévisibles.” Le GPFG est le plus grand investisseur mondial avec plus de 1’000 milliards $ d’actifs.

Le gouvernement a demandé au GPFG de sortir graduellement de l’actionnariat des entreprises pétrolières actives dans l’extraction et la production pétrolière. Les investissements dans les grandes majors comme BP, Exxon, Shell qui s’occupe également de la distribution ne seront pas impactés. Le fonds possède actuellement pour 37 milliards $ d’actifs pétroliers dans son compte.

Ce revirement de situation risque de remettre en question les autres institutions financières comme la Banque Nationale Suisse qui investit dans le même index énergétique et qui fait également face à des pertes financières importantes.

 

Russie

Selon le ministre de l’Energie, la Russie va respecter les quotas pétroliers discutés avec l’OPEP+. Moscou va diminuer ses extractions dans le mois qui vient.

Suite au réchauffement climatique et la fonte des glaces de l’Arctique, Moscou a identifié de nouvelles routes de transports maritimes dans la Mer du Nord ainsi que des opportunités d’extractions pétrolières et gazières. La région pourrait contenir 90 milliards de barils et 47’000 milliards m3 de gaz.

Les taux d’approbations du président Poutine est passé de 80 à 64% durant les 6 derniers mois.

Malgré la pression de Donald Trump, la Russie continue l’installation du gazoduc Nordstream 2 afin de livrer du gaz à l’Allemagne. De son côté, Washington annonce des sanctions contre les entreprises qui participent à la réalisation de Nordstream 2 et parallèlement Gazprom étudie un moyen de contourner ces sanctions. Le monde de l’énergie est extraordinaire. L’objectif est de créer une compagnie qui gèrera les 50 km sur le sol Allemand et qui tombera sur le coup des sanctions. Cela permettra d’éviter de mettre en danger les 9,5 milliards $ d’investissements sur les 1’200 km du gazoduc.

 

Allemagne

VW se lance dans la production et la distribution d’électricité via sa société Elli.  Elli fournira des bornes de recharge de véhicules électrique et les services associés aux clients résidentiels et aux entreprises mais fournira également de l’électricité verte, que le consommateur soit déjà client de Volkswagen ou non, qu’il soit propriétaire d’un véhicule électrique ou non. Cette offre entre en concurrence avec les producteurs traditionnels d’électricité ainsi que Shell et Total qui se lancent également dans ce créneau.

Paradoxalement, jugé cancérigène, le pesticide Roundup, à base de glyphosate, continue d’empoisonner Bayer-Montsanto. Le géant allemand de la pétrochimie avait déboursé 63 milliards $ pour avoir le privilège de faire face à 11’200 actions en justice sur le sol américain. Ce mois, elle vient de perdre un nouveau procès au niveau fédéral avec une pénalité de 81 millions $. Bayer pourrait débourser jusqu’à 20 milliards $. Le chiffre d’affaires de Bayer-Montsanto atteint les 40 milliards $ par année.

Avec l’arrivée des voitures électriques, l’industrie Allemande pourrait perdre 80’000 emplois dans le secteur.

 


Dessin Chappatte

France

Soutenues par deux millions de signataires de la pétition “L’Affaire du Siècle“, quatre ONG ont déposé plainte contre le gouvernement français pour inaction climatique.

Le film Le couvercle du soleil, sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, a été censuré par EDF qui possède la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire non lieu de la salle de cinéma qui désirait le projeter. EDF a mis demandé au cinéma de renoncer à passer ce film s’il voulait continuer à recevoir des aides financières.

En toute discrétion, le gouvernement Macron a décalé de 3 ans l’interdiction de la production de certains pesticides interdits par l’Union européenne.

Pour ceux qui ont Twitter, découvrez un compte qui apporte la bonne humeur: Le Journal de l’Elysée. C’est parodique et très décalé.

 

Bande Annonce Le Couvercle du Soleil, Fukushima

 

Hollande

Maarten Wetselaar, Directeur du gaz et des nouvelles énergies à Royal Dutch Shell, annonce que d’ici à 2030, le géant pétrolier désire devenir l’un des plus grands producteurs et distributeur d’électricité.

Poussé par ses investisseurs, Shell va se fixer un objectif de réduction de gaz à effet de serre. D’ici à 2021, l’entreprise espère réduire son emprunte carbone de 2 à 3% par rapport à 2016.

 

Suisse

Contrairement au fond souverain de la Norvège, la Banque Nationale Suisse a explosé ses investissements dans les énergies fossiles aux USA (charbon, pétrole, gaz, nucléaire) passant de 1,5 milliards $ en 2013 à plus de 6,3 aujourd’hui. La BNS n’a pas hésité à acheter des actions dans 183 entreprises américaines, dont pratiquement tous les acteurs du schiste. La vénérable dame est en passe de devenir l’une des entreprises la plus polluante de la Suisse.

Les fonds prévus pour la désaffection des centrales nucléaires n’est pas suffisant car le rendement du capital des fonds pourrait être revisité à la baisse. Si la demande est validée par la Confédération, les exploitants devront puiser dans leurs poches pour trouver les milliards manquants.  Du côté de l’Allemagne, qui a déjà débuté l’exercice, les budgets prévus sont insuffisants.

 


Dessin Chappatte

 

Moyen-Orient

Iran

En mars, les exportations pétrolières semblent être en diminution entre 1,1 et 1,3 million b/j contre 1,3 en février.

Selon l’OPEP, la production iranienne reste stable à 2,75 millions b/j après avoir chuté de 1 million b/j depuis l’activation des sanctions américaines.

Les USA ont donné à 8 pays l’autorisation d’importer du pétrole iranien. Washington ne sait pas encore si elle va lever cette faveur. Cependant avec les problèmes d’extractions au Venezuela et dans d’autres pays dans le monde, une rupture d’exportations iraniennes pourraient faire augmenter l’arrêt à la station d’essence pour le SUV de Joe America. Quand l’essence est chère, Joe pourrait hésiter à voter pour Donald en 2020.

 

Irak

Les exportations pétrolières irakiennes ont atteint 3,996 millions b/j en février, presque un record.

Augmentation du PIB Chinois.  J’aime les contes de fées.

 

Les Amériques

USA

Le jeu “Qui va récolter des millions” a débuté. Le vainqueur aura le droit de devenir Président et de prendre demeure à la Maison Blanche. A ce jeu, Trump a déjà amassé 130 millions $ et caracole en tête d’autant que le rapport Mueller l’a blanchi dans l’affaire russe.

Les effets de la réforme fiscale sur les entreprises émergent. Les recettes ont diminué de 1,5% sur un an (-34% pour l’impôt sur les sociétés) et le déficit fédéral avoisine le 4,5% du PIB pour un total de 22’000 milliards $ soit 107% du PIB. Il devrait manquer 1’000 milliards $ dans le budget en 2019.

Pour des raisons économiques et de flexibilité, BP va produire de l’énergie solaire afin de l’injecter dans ses divers lieux de productions pétrolières. Il y a 2 ans, BP avait acheté la compagnie Lightsource avec des investissements prévus de 200 millions $ sur 3 ans.

 

Canada

ExxonMobil va retarder ses investissements de 1,9 milliards $ dans les pétroles bitumineux en Alberta. Son entreprise locale, Imperial Oil avait prévu d’extraire 75’000 b/j d’ici à 2022. Exxon va revisiter son objectif notamment à cause du manque de pipelines pour transporter le brut vers les USA.

Durant les 12 derniers mois, le nombre de forages de pétrole et de gaz a reculé de 56 unité à 105. L’industrie fait face à une pénurie de pipelines et gazoducs pour transporter ces matières premières.

 

Mexique

Le gouvernement propose d’utiliser le «Fonds de Stabilisation» pour rembourser une partie des dettes de son géant pétrolier Pemex. Actuellement, la valeur de ce fonds public est estimé à 15,4 milliards $. La dette totale de Pemex dépasse les 100 milliards $.

Dessin: Chappatte

 

Asie

Japon

Le 8ème anniversaire de la catastrophe de Fukushima démontre la patience nécessaire afin de tenter de stabiliser la situation.

TEPCO, le propriétaire de la centrale, a proposé de vidanger dans l’Océan Pacifique, toute l’eau contaminée utilisée lors du refroidissement quotidien des réacteurs. L’entreprise est incapable de traiter cette eau qui s’accumule de jour en jour.

Du côté technique, cette dernière année, un robot a réussi à retirer quelques grammes du corium (combustible nucléaire fondu). C’est un bon début. Il n’en reste plus que 500 tonnes.

Du côté de la santé, les études réalisées depuis la catastrophe documentent une exposition des cas de cancers notamment chez les enfants. Normalement, tous ces détails seront réglés d’ici au 24 juillet 2020 date de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo.

Les coûts de la décontamination de la centrale pourraient atteindre plus de 640 milliards $ (voir vidéo ci-dessous)

À Fukushima, le coût faramineux de la décontamination nucléaire. France24

 

Afrique

Libye

Au moins 19 personnes ont été tuées dans le Sud de la Libye dans des combats avec le Khalifa Haftar (Armée Nationale Libyenne, LNA) pour la possession de champs pétroliers. A Murzuq, la LNA a gagné sa première bataille pétrolière. Si cette information est vérifiée, elle pourrait expliquer le temps nécessaire afin de reprendre l’extraction de 300’000 b/j.  La fermeture aurait coûté 1,8 milliard $ au pays.

Le Général Haftar, 75 ans, semble prendre l’ascendant sur le pays notamment grâce à l’aide des Emirats Arabes Unis et l’Egypte. L’objectif est refaire régner l’ordre dans un pays divisé oar une multitude de milices et de peuplades.

 

Phrases du mois

En arrivant il y a 6 ans au conseil d’Etat vaudois au département des infrastructures, je m’attendais à gérer des réseaux routiers, ferroviaires et des navettes lacustres mais pas des questions telles que la voiture autonome ou les drones ambulance“. Nuria Gorrite, Conseillère d’Etat Vaudoise.

The full impact of the shale revolution is yet to be seen. It is now coming. Because the first wave of oil and gas shale was mainly used domestically, to replace imports. The second wave of production is going to be used to export US oil and gas [to] several nations around the world. And this will have a major impact on the established oil and gas market order.”  Fatih Birol, Director IEA

While most forecasts see peak oil demand at some point in the 2030s, the oil industry still sees itself as being relevant for decades to come.” Amin Nasser, PDG Saudi Aramco.

L’assertion de la maîtrise de l’humain sur le Monde est pratiquement balayée par la montée des eaux et des tempêtes d’une puissance sans précédent.” Stephanie Wakefield.

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Février 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Hollande: Pédalez et injectez votre électricité dans les réseaux
– USA: L’extraction de pétrole américain coûte très cher à ExxonMobil
– Suisse: Le parti politique PLR secoué par les jeunes et le climat
– Allemagne: Shell achète l’allemand Sonnen et ses batteries
– Europe: L’EU va acheter du biocarburant américain
– Algérie: Manifestations contre un 5ème mandat de Bouteflika
– Chine: Une station spatiale solaire pour générer de l’électricité
– Chine: Une application pour réviser les citations du président Xi Jinping.


Le pétrole est d’humeur haussière au point d’agacer le Sieur Trump, qui a sauté sur son compte Twitter, pour pointer du doigt l’OPEP.   A Londres, il (le pétrole pas Trump) termine ce mois à 66,39$  (fin janvier 60,86$). A New York, il pointe à 56,94$  à un cheveux de la barre des 57. (53,74$ fin janvier).

 

Graphique du mois

Il n’y a pas que les températures qui grimpent sur notre brave planète. En 2018, les dividendes mondiaux versés aux actionnaires ont grimpé de 9,3% à 1’370 milliards $. Parmi les généreux donateurs, les entreprises pétrolières et énergétiques. Dans le pétrole, les dividendes sont obligatoires pour appâter les investisseurs. Pour 2019, ils devraient encore grimper de 3,3%. Deviendrait-il plus agréable d’être un actionnaire qu’un travailleur?

Selon l’American Geophysical Union, la quantité de méthane dans l’atmosphère a fortement augmenté depuis 2014. Le méthane est l’un des gaz à effet de serre le plus efficace. L’extraction et l’exploitation de gaz contribuent à cette hausse. La mauvaise nouvelle: la demande de gaz liquide (LNG) pourrait doubler d’ici à 2030 à 550 millions de tonnes.

 

Pétrole

Le pétrole repart à la hausse. Malgré l’augmentation de la production du schiste américain, les disruptions du Venezuela et de la Libye ainsi que la demande chinoise donnent une poussée de fièvre à l’or noir. De son côté, la consommation européenne diminue au rythme de son économie.

Selon Bank of America et Merill Lynch, le pic de la demande (demand peak) pourrait être atteint en 2030. D’ici à 2024, la hausse de la demande freinerait à 0.6 million de barils par jour (b/j), (1,2 million pour 2019). Comme l’Economie mondiale est strictement corrélée à la quantité de pétrole consommée, il n’est pas impensable d’assister à un pic de la croissance.

A l’opposé de cette prévision, BP pense que la demande pétrolière sera résiliente durant les 20 prochaines années, même avec l’adoption des accords sur le Climat de Paris et l’arrivée des énergies renouvelables.

Cette année, la production pétrolière en eau très profonde va atteindre un record de 10,3 millions b/j, grâce à de nouveaux gisements du Brésil, du Golfe du Mexique, de l’Angola, de la Norvège et du Nigeria.

 

OPEP

Afin de soutenir les prix, l’OPEP+ avait décidé de diminuer de 1,2 million b/j sa production. Sans surprise, l’Arabie Saoudite porte le plus gros fardeau avec une baisse de 550’000 b/j et des exportations limitées à 7,687 millions b/j.

De son côté, la Russie (non membre de l’OPEP) traine les pieds et annonce qu’il est impossible de réduire sa production durant l’hiver.<insérer un éclat de rire ici>.

Moscou et Riyad ont un besoin de pétrodollars pour équilibrer leurs budgets. Est-ce que l’alliance Russie/Arabie pourra tenir encore longtemps? Un effondrement de la production pétrolière du Venezuela pourrait parfaitement faire l’affaire et arranger toutes les parties.

De son côté, Donald Trump, n’a pas pu s’empêcher de maintenir la pression sur l’OPEP: “Les prix du pétrole vont trop haut. OPEP, soyez relax et prenez-le calmement. Le Monde ne peut pas supporter une hausse de prix. Fragile!

 

Les pays du Mois

Arabie Saoudite

Le budget de l’Arabie Saoudite a besoin d’un baril à 80$ pour couvrir son budget. On comprend l’envie de revoir le baril rôder dans ce quartier.

L’encre d’un bateau a coupé le câble électrique de la barge pétrolière offshore de Safaniyah. La production a été totalement arrêtée. En temps normal, l’incident aurait passé inaperçu. Mais avec la baisse de la production mondiale du brut lourd, cette coupure souligne la pénurie de cette qualité de pétrole nécessaire à la production de diesel et de kérosène.

Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale, va développer son business à l’étranger selon le Ministre de l’Energie, Khalid al Falih. Ce changement pourrait apporter un indice sur la diminution possible de la production du pays dans les années à venir. Saudi Aramco va ainsi jouer dans la cours des BP, Shell ou ExxonMobil. Comment cette décision va s’aligner sur les plans de MbS et « la dangereuse addiction pétrolière du pays » dixit le Prince, cela reste à voir.

Saudi Aramco a formé une joint-venture de 10 milliards $ avec le chinois Norinco pour développer un complexe pétrochimique et de raffinerie à Panjin city. La Huajin Aramco Petrochemical Co produira 300’000 b/j de carburants et annuellement 1,5 million de tonnes d’éthylène.

Afin de redorer son blason, le Prince Mohammed bin Salman (MbS) a effectué une tournée d’investissements en Asie. En Chine, il a promis 28 milliards $, 20 milliards avec le Pakistan ainsi que de la menue monnaie dans des raffineries en Inde. L’Histoire montrera si l’argent peut acheter des amis.

L’Europe a publié sa liste de pays peu recommandables, financièrement parlant, notamment pour des raisons d’aide au blanchiment et de manque de transparence. L’un des nouveaux venus est l’Arabie Saoudite, qui a adoré apprendre la nouvelle, eux qui ne sont pas susceptible du tout. Le Nigeria, autre membre de l’OPEP, fait également sont entrée. Dans ce cas, on peut se demander pourquoi il n’y était pas avant ?

Très joli coup de communication effectué par le Gouvernement. Pour la première fois, il a nommé une femme en tant qu’ambassadrice. La princesse Rima bint Bandar va succéder au frère cadet du prince héritier Mohammed ben Salmane. L’Arabie Saoudite a choisi la plus grande caisse de résonance pour montrer patte-blanche: les USA. De là à dire: “Vive le Prince ouvert et réformateur” il y a encore du chemin.

 

Presque…
Dessin: Chappatte

 

Russie

En janvier, la Russie a diminué sa production de 35’000 b/j à 11,38 millions. Le Ministre des finances, Alexei Sazanov a souligné que le peak oil Russe n’est pas d’actualité. Moscou prendra les mesures nécessaires pour maintenir la production pétrolière. Ce message entre en opposition avec le Ministre de l’Energie qui avait annoncé une baisse signifiante de la production dans les années à venir.

Le Ministre de l’Energie, Alexander Novak, pense que la Russie ne rejoindra pas l’OPEP d’autant que les USA étudient des sanctions contre le cartel. Selon Reuters, les membres de l’OPEP ont défini les contours d’une nouvelle alliance tout en évitant soigneusement une référence sur les prix du baril.

Nouveau sommet Trump-Kim
Dessin Chappatte

Venezuela

Depuis que les sanctions imposées par les USA sont entrées en vigueur, la production pétrolière a chuté, de 1,17 millions b/j à moins de 800’000.

PDVSA, la compagnie pétrolière nationale, ne peut plus importer des solvants et des diluants pétroliers pour diluer ses extractions de pétrole extra-lourd. La compagnie est dans l’impossibilité de produire 300’000 b/j sans l’injection de ces produits afin de liquéfier le pétrole dans le but de le transporter.

Le gouvernement Maduro a commencé à rationner les ventes d’essence dans le pays. La Russie, qui porte à bout de bras le gouvernement, devient de plus en plus pessimiste sur les chances de Maduro à sortir de cette crise. La conjonction entre le peak oil et les prix relativement bas du pétrole n’arrivent pas à équilibrer les budgets du pays qui dépendent à 96% du pétrole. Son successeur fera face au même dilemme. (Lire: Pourquoi l’avenir pétrolier des USA dépend du Venezuela)

Le trader Trafigura, qui collaborait avec PDVSA pour des livraisons en Chine et aux USA, a décidé d’arrêter ses services.

Grâce à l’utilisation du dollar, les sanctions paralysent les payements vers l’entreprise pétrolière nationale PDVSA. L’argent déposé sur un compte bloqué sera à disposition du nouveau président soutenu par Washington.

Pékin a pris langue avec le parti d’opposition. On n’est jamais assez prudent. La Chine détient plus de 20 milliards $ de dettes ainsi que des gisements pétroliers dans le pays.

 

Explications ci-dessous
Source: ExxonMobil

USA

En 2018, ExxonMobil a investi 12,524 milliards $ en investissements (CAPEX) afin de produire 1,7 millions b/j. Rien qu’aux USA, la major a utilisé 7,67 milliards $ pour extraire seulement 551’000 b/j. Les 4,8 milliards restants ont généré 1,149 million b/j. Ainsi, Exxon dépense 3 fois plus pour extraire chaque baril de pétrole américain. Les résultats financiers montrent une tendance claire. Si les grandes majors n’arrivent pas à générer du cash avec le pétrole de schiste, qui pourra le faire ?

L’administration Trump veut annuler les limitations de consommation d’essence pour l’industrie automobile. Cette stratégie permettra au pays de consommer 500’000 barils de pétrole en plus par jour.

L’américain Bye Aerospace continue son chemin dans la création d’un avion électrique pour 4 personnes. Le Sun Flyer 2 est réalisé avec des moteurs électriques de 90 kW à 120 chevaux de Siemens. L’avion est également nettement plus silencieux qu’un avion thermique.

La fameuse centrale nucléaire de Three Mile Island va cesser son activité le 30 septembre prochain. Trois autres centrales nucléaires devraient fermer cette année.

Pour 218 millions $, Tesla Motor a acheté le fabricant californien de batteries Maxwell Technologies. Maxwell compte dans ses clients le chinois Volvo-Geely, Lamborghini et General Motors. Elon Musk désire réduire les coûts de production pour faire face à la concurrence chinoise. Maxwell travaille également sur une batterie au lithium sans solvant et avec des capacités supérieures.

VW va installer 100 stations de recharge PowerBack de Tesla aux USA. Suite au scandale des moteurs truqués, VW a dû créer une entreprise, Electrify America, avec une enveloppe de 2 milliards $ pour offrir des services de recharge aux automobilistes.

La National Oceanic and Atmospheric Administration annonce que les ouragans sur l’Atlantique deviennent de plus en plus violents et le changement climatique est l’une des raisons. L’étude s’est focalisée sur l’intensification et le passage rapide de la catégorie 1 à 4 ou 5.

La dette américaine vient de dépasser les 22 billions. Soit 22 fois 1’000 milliards $. C’est là que ça se complique, parce qu’aux USA, ils disent trillion, mais en Europe, nous disons billion. Mais aux USA un billion c’est un milliard. Par contre ici; un billion, c’est mille milliards. Bref, pour faire simple, ça fait: 22’000’000’000’000 $.

 

 

Europe

La Commission Européenne plie devant les USA. Du biocarburant à base de soja OGM américain sera importé par l’Europe pour alimenter les voitures européennes et voir les avions.

Le marché automobile européen est stable avec 15,6 millions de voitures (identique par rapport à 2017). La Norvège possède le plus grand parc de voitures électriques avec une part de marché de 31% sur son territoire.

 

Allemagne

La major pétrolière Shell a racheté l’entreprise allemande Sonnen, spécialisée dans le stockage d’électricité solaire pour les particuliers et les entreprises. Shell vend déjà de l’électricité en Angleterre et le transfert de son business, pétrole vers électricité, s’amplifie à petit pas. Les majors marchent ainsi sur les plates-bandes des fournisseurs d’électricité.

Shell se positionne également sur la livraison d’électricité pour les voitures électriques.

 

Belgique

Comme tous les jeudis, jusqu’à 90’000 étudiants se mettent en grève pour soutenir le climat. La réponse du gouvernement est cocasse. Des coaches climatiques ont été envoyés pour visiter les écoles afin de désamorcer le mouvement.

Une question un peu bête: Si en Belgique, 100 entreprises émettent 45% des gaz à effet de serre du pays, pourquoi ne pas envoyer ces coaches dans les entreprises ?

 

Angleterre

Le production de schiste Cuadrilla et le géant de la chimie Ineos pensent que l’extraction de gaz de schiste en Angleterre ne peut pas se faire avec les règles environnementales proposées par le gouvernement et signées par les industriels. L’entreprise américaine demande de relâcher les normes relatives aux tremblements de terre causés par les forages.

Cuadrilla tente de terminer un premier test à Preston dans le Lancashire. Elle n’a été capable d’injecter que 14% de sable avant qu’un tremblement de terre n’intervienne. Aux USA, la limite pour les tremblements de terre causés par le fracking sont autorisée jusqu’à 4 sur l’échelle de Richter. L’entreprise suggère de monter à 1,5 pour l’Angleterre.

BP reporte un bénéfice de 12,7 milliards $ pour 2018. Sa production pétrolière a augmenté de 2,4% à 3,7 millions b/j.

Dans son BP Outlook 2019, l’entreprise pense que la guerre contre le plastique va être le principal facteur pour diminuer la demande pétrolière. Le plastique représente 13% du pétrole. C’est la première fois que BP prévoit un peak oil.

 

Amsterdam, pédalez, produisez de l’électricité que vous injectez dans le réseau

 

France

Dès 2021, le constructeur Airbus arrêtera la production de l’avion géant A380. Les compagnies préfèrent les modèles plus petits. L’aventure avait commencé au début des années 2000.

Airbus annonce son premier prototype de Drone capable de transporter des personnes. Le mois passé, Boeing avait brûlé la politesse aux européens avec une annonce identique. A terme, ce type de drones-passagers pourront être propulsés par l’hydrogène en lieu et place du pétrole.

La dernière mouture du projet de loi «Energie France 2050» ne divise plus par 4 les émissions de gaz à effet de serre. Pour déguiser ce recul, le gouvernement Macron propose une «neutralité carbone». C’est drôle comme l’on sent immédiatement l’entourloupe!

Ainsi le Président compte sur les forêts, les prairies, les sols agricoles ou les zones humides pour faire le travail qu’il ne fait pas. Ce tour de passe-passe permettra au gouvernement Macron d’augmenter ses émissions de CO2 jusqu’à la fin de son mandat et de passer la patate chaude à son successeur. Il est intéressant de noter que ce sujet passe de président en président.

En 2016, la France émettait 463 millions de tonnes équivalent CO2.

 

Suisse

Ivan Glasenberg, président de géant minier Glencore a annoncé qu’il allait plafonner ses extractions de charbon à 150 millions de tonnes/an. L’élan «écologiste» de Glencore provient du fait que le Suisse a acquis plusieurs mines en 2018 et que les prochaines opportunités d’achats se font rares. Du coup, la multinationale en a profité pour reverdir son image.

Est-ce que les manifestations des jeunes pour le climat pourraient faire plier le parti politique de droite PLR (Libéral-Radical)? Les jeunes ont détourné le logo du parti FDP en «Fuck de Planet». La tête du parti a pris conscience que pour l’opinion publique le PLR se moque du défi climatique autant que Donald Trump. Le rétropédalage est édifiant à quelques mois d’élections et il souligne la potentielle puissance de la mobilisation des jeunes.

Lors d’une votation, le canton de Berne a décidé à 50,6%, de ne pas interdire la construction de nouvelles maisons avec du chauffage à mazout (diesel-fioul).

Depuis que Nestlé a arrêté de produire des bouteilles en verre et abandonné un système de recyclage performant, Nestlé Suisse produit 200 millions de bouteilles en PET à base de pétrole. Le système permet à la multinationale de passer les coûts

En moyenne par an, un suisse consomme 186 bouteilles en PET soit 1,4 milliards de bouteilles pour la Suisse. Le PET est réalisé à base de pétrole. Le 27% termine dans la nature ou sont brûlées. Le reste est broyé pour tenter d’être réutilisé.

Manifestation des jeunes pour le climat à Zurich
Le logo du parti politique, FPD en allemand, a été détourné en “Fuck de Planet”

 

Moyen-Orient

Iran

Les exportations sont supérieures aux attentes. En février le pays a exporté 1,3 millions b/j. contre 1 million en décembre. Ceci est dû aux exemptions accordées par les USA. Elles devraient s’arrêter à la fin du mois de mars.

Le ministre du pétrole, Bijan Zangeneh, a annoncé la fin de la 3ème phase de la construction de la raffinerie New Persian Gulf Star qui couvrira la consommation interne. Depuis des années, Téhéran devait importer des carburants de l’Inde ou l’Asie.

 

Irak

En janvier, la production irakienne a atteint son deuxième plus haut niveau à 4,081 millions b/j.

Dans la région de Basra, Basra Oil Co. va forer 40 nouveaux puits dans le but de doubler sa production de 240’000 b/j d’ici à 2021.

 

Qatar

Qatar Petroleum et ExxonMobil Corp annoncent un projet de 10 milliards $ pour la construction d’un centre d’exportation de gaz liquide (LNG).

 

Yémen

Le gouvernement soutenu par l’Arabie Saoudite espère augmenter la production de pétrole à 110’000 b/j en 2019. Abd-Rabbu Mansour Hadi contrôle le port de la ville de Aden et une région pétrolière.

Dans la capitale Sanaa, les groupes Houthi soutenus par l’Iran, contrôlent toujours le terminal de Ras Issa. Depuis 2015 et l’arrivée de l’armée Arabie Saoudite pour soutenir le gouvernement de Hadi, la production pétrolière a chuté.

 

Le Mur et l’Etat d’Urgence aux USA.  Dessin Chappatte

 

Les Amériques

USA pétrole de schiste

Selon l’EIA, Drilling Productivity Report, la production par forage est de 1’400 b/j dans le Bakkeen et Eagle Ford. Dans le Permian, l’extraction est de seulement 600 b/j. Cette différence implique qu’il faut deux fois plus de forages pour obtenir la même quantité de pétrole.

Les chiffres du schiste américain sont impressionnants mais la croissance d’extraction semble ralentir. L’EIA prévoit 12,4 millions b/j pour cette année et 13,2 pour 2020.

La pression des investisseurs demande de réaliser des bénéfices au lieu de se focaliser sur des records de production. Selon Cowen & Co, les investissements de production pourraient diminuer de 6% en 2019. Depuis le mois de janvier, l’on observe déjà une baisse du nombre de forages en activité (-32 unités).

 

Canada

Très mauvaise nouvelle pour le premier Ministre Justin Trudeau. La Cour Suprême a confirmé qu’une compagnie pétrolière ou gazière en faillite doit nettoyer et fermer ses forages abandonnés avant de payer ses créditeurs.

Cette annonce ne résout pas la crise de l’abandon des vieux forages dans une industrie qui croule sous les dettes. Il faudrait 260 milliards $ pour désaffecter, les forages, les pipelines et les mines des sables bitumineux.

 

Mexique

Le Mexique a produit 1,62 million b/j en janvier, au plus bas depuis 30 ans. Le nouveau président Lopez Obrador a offert à la compagnie pétrolière nationale Pemex un cadeau fiscal de 3,5 milliards $ pour les 6 prochaines années.

Comme c’est Noël avant l’heure, il a ajouté une couche avec 3,9 milliards $ d’investissements dans l’entreprise.

Pemex cumule une dette de 106 milliards $ mais elle n’est pas la seule compagnie énergétique à faire payer ses dettes par les citoyens. En France, EDF, qui bénéficie encore de 37 milliards € de dettes, a déjà épongé une partie de ce gouffre avec le même mécanisme.

Le président Obrador tente également de diminuer la dépendance du Mexique au gaz américain qui comble 50% de la demande. Le Mexique génère 60% de son électricité avec le gaz.

 

Le discours de Donald Trump devant les scénateurs
Dessin Chappatte

Asie

Inde

La demande d’électricité devrait doubler d’ici à 20 ans. Par le passé, le pays s’était tourné vers le charbon. Avec la chute des prix des énergies renouvelables, l’Inde se détourne de la lignite.

Au Cachemire, l’ambiance entre le Pakistan et l’Inde, qui possèdent tous les deux l’arme nucléaire, se réchauffe. Au niveau des avions abattus, le Pakistan clame un 2-0. De son côté l’Inde indique qu’elle gagne 1-0. L’arbitre du match est en train de regarder les images de la VAR pour en savoir un peu plus.

 

Chine

Les équipes des présidents Xi Jinping et Trump auraient trouvé un accord sur leurs relations commerciales. La Chine est en passe de devenir la plus grande puissance mondiale et la passation de pouvoir avec les USA est intéressante.

La Chine a importé 10,07 millions b/j (+5,1% en comparaison annuelle) de pétrole. Du côté du gaz, la croissance est de +26,8% à 9,81 millions de tonnes.

PetroChina extrait 733 b/j de pétrole de schiste dans le réservoir Jimsar, dans la province du Xinjiang. Le sol de la Chine n’est pas propice aux gisements de schiste.

Dans l’univers merveilleux du président Xi Jinping, l’application Xuexi Qiangguo permet de calculer la durée passée par les internautes à réviser les citations du président ou à visionner des vidéos consacrées à ses discours. Des points sont à gagner. Plus vous avez de points, plus il vous sera facile de trouver ou garder un job. L’application a été téléchargée 44 millions de fois depuis janvier.

La Chine aimerait construire une station spatiale solaire afin de capturer les rayons du soleil 24h/7. Pékin a déjà débuté la construction une tour expérimentale dans la ville de Chongquing. Cette technologie pourrait livrer de l’énergie à 99% avec des ratios 6 fois plus élevé que les fermes solaires actuelles.

 

La station solaire chinoise afin de générer de l’électricité

 

Afrique

Algérie

Un sursaut populaire, inédit et spectaculaire contre le cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika a eu lieu dans le pays gazier contre le cinquième mandat du président actuel (et non pas en fonction).

Cela fait quelques années, que le brave homme est maintenu en vie pour permettre à son frère, Saïd Bouteflika, de diriger le pays dans l’ombre en accord avec une grande partie des généraux de l’armée. Abdelaziz Bouteflika a effectué un cours séjour à Genève, Suisse pour se remettre en forme.  Paradoxalement, son frère Saïd serait également malade.

Par la taille de ses réserves annoncées, l’Algérie est le 11ème plus grands pays gazier au monde.

 

Libye

Le pétrole attise toujours plus les milices. Cette fois, les forces libyennes de l’Est ont repris le contrôle du plus grand champ pétrolier: El Sharara (315’000 b/j). La compagnie pétrolière nationale, NOC, espère pouvoir redémarrer les extractions quand la sécurité sera garantie.

Si une baguette magique pouvait régler les bisbilles entre les différents groupes, la production pourrait remonter de 1 million b/j.

 

Nigeria

Le pays de 191 millions d’habitants a élu un nouveau président. Le choix se portait entre Atiku Abubakar qui possède une bonne réputation dans le crime organisé ou Muhammadu Buhari, 76 ans dans un état de santé précaire. Ce dernier a gagné. Il est rassurant de voir qu’un pays aussi important au point de vue du pétrole et du nombre d’habitants soit dans des mains solides.

Le gouvernement a trouvé une source de financement très lucrative. Elle consiste à exiger le payement de taxes par les majors comme Shell, Chevron, ExxonMobil, Eni, Total, Equinor pour un montant total de 20 milliards $.

Le Nigeria produit actuellement 1,8 million b/j de pétrole.

 

Afrique du Sud

Le français Total aurait trouvé du pétrole au large des côtes de l’Afrique du Sud. Le réservoir contiendrait 1 milliard de baril dont 30-40% récupérable.

 

Manifestations en Algérie: 5

 

Phrase du mois

A la question sur le climat, aux jeunes :  « Si on met une bouteille à la mer et qu’on la retrouve en 2050 ou 2100, si jamais il y a quelqu’un qui la retrouve, le message sera «désolé les gars, on est parti trop vite, on n’a pas rangé et remis les choses en place. On a foutu un bordel monstre et bon courage”.» Pablo Servigne

«Donald Trump est un homme qui a brigué la présidence pour faire grandir sa marque, pas pour la grandeur de notre pays. Il n’avait ni désir ni intention de diriger cette nation – il voulait seulement se vendre lui-même et accroître sa richesse et son pouvoir. M. Trump disait souvent que sa campagne serait «la plus grande infopublicité de l’histoire politique.» Michael Cohen, ancien avocat de Donald Trump

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Pourquoi l’avenir pétrolier des USA dépend du Venezuela

La malédiction du pétrole s’illustre une fois de plus. Cette fois c’est le Venezuela qui en fait les frais. Si pour le grand public, l’image d’un gouvernement incapable et corrompu a été vendue, la partie non visible de l’iceberg révèle un enjeu pétrolier extrême. Actuellement dans les mains de la Chine et de la Russie, les Etats-Unis ont la cruelle nécessité de s’approprier cet or noir.

Même si les USA sont devenus les plus grands producteurs pétroliers au monde, la mauvaise qualité de leur pétrole les oblige à incorporer le brut extra lourd du Venezuela pour produire du kérosène ou du diesel.

Sans ce pétrole, qui s’épuise, la suprématie énergétique des USA ne tient qu’à un fil.


Le Dilemme Américain

Grâce au pétrole de schiste, les USA sont devenus le plus grand producteur pétrolier au monde. Si la légèreté du schiste convient à merveille pour la pétrochimie, les pesticides ou le plastique, le diesel et le kérosène nécessitent de le mélanger à un brut plus lourd. Pour produire ces carburants, les raffineries du pays importent plus de 500’000 barils/jour de brut extra lourd du Venezuela.

Le Canada pourrait venir en aide à Washington, mais les capacités limitées des transports et les coûts importants des sables bitumineux de l’Alberta freinent le processus.

Pour ne pas se tirer une balle dans le pied avec les lourdes sanctions financières, imposées par le président Trump au régime Maduro, les USA continuent d’accepter les livraisons de brut mais déposent les payements sur des comptes bloqués. Qui entre Caracas et Washington pourra tenir le plus longtemps, la question est posée.

 

26% du pétrole américain peut être raffiné.
Le restant 74%, doit être mélangé avec du brut lourd ou exporté.
Source: EIA

 

Trump : une pierre plusieurs coups

La stratégie du Président Trump repose sur plusieurs piliers : l’opinion publique, les élections de 2020 et l’argent.

Donald Trump fustige les dérives et l’incapacité d’un gouvernement «socialiste» en soulignant la précarité du peuple vénézuélien et le manque d’investisseurs. Ce message fait une pierre deux coups. A l’interne, il permet d’entrer en frontal avec les candidats démocrates «ouvertement socialistes» aux élections de 2020 et à l’externe de scinder le monde entre les méchants et les gentils.

Cette perception est renforcée par l’envoi d’une aide humanitaire, qui a pris une tournure de communication hollywoodienne, alors qu’elle devrait être organisée de manière neutre et indépendante. Cette suspicion de Cheval-de-Troie a été renforcée par, John Bolton, le Conseiller à la sécurité nationale. Son bloc-notes a dévoilé : “5’000 soldats américains en Colombie.”

 

Sur le bloc notes de John Bolton:
“5’000 soldats américains en Colombie.”

 

De manière plus discrète, le même John Bolton travaille sur le véritable objectif d’un renversement du président Maduro par son protégé Juan Guaidó : le pétrole.

ExxonMobil et Chevron devraient reprendre les installations pétrolières du Venezuela et assurer l’approvisionnement des raffineries américaines. Les Français, Total, Anglais BP et Espagnol Repsol sont également impliqués dans cette réflexion d’où la coopération immédiate du Président Emmanuel Macron et des Premiers Ministres Theresa May et Pedro Sánchez.

Nous discutons actuellement avec de grandes entreprises pétrolières américaines. Cela ferait une différence si nous pouvions faire en sorte que des entreprises américaines produisent le pétrole au Venezuela. Nous avons tous les deux un large intérêt. Ce serait une bonne chose pour le Venezuela et les habitants des États-Unis.” – John Bolton, Conseiller à la sécurité nationale (voir la vidéo sur Twitter)

 

Voir 5min40 secondes pour le pétrole

 

Peak Oil

A lui seul, le pays est en train d’illustrer le paradoxe pétrolier actuel. Le pétrole bon marché s’épuise et il devient de plus en plus onéreux d’extraire un baril.

Membre de l’OPEP, le Venezuela possède potentiellement les réserves pétrolières les plus importantes au monde et ses rentrées économiques sont à 96% assurées par cette manne.

Historiquement, le Venezuela ne s’est jamais remis de la crise de sa monnaie et de sa dette des années 80-90. Les régimes drastiques imposés par le FMI et la Banque Mondiale n’ont finalement réussi qu’à monter la population appauvrie contre le président de droite Rafael Caldera.

Le libéralisme porté par les américains devait permettre de revitaliser le secteur privé et attirer les investisseurs internationaux. Pour tenter d’augmenter la production pétrolière, Caldera privatisa le secteur pétrolier. Malgré les efforts, le Venezuela a atteint son peak oil en 1997 avec 3,5 millions b/j.

Quand Hugo Chavez prit le pouvoir en 1999, la production avait déjà diminué de 1 million b/j. et la corruption ravageait le pays.

Aujourd’hui, avec l’illusion d’être assis sur une richesse pétrolière, le blâme se porte essentiellement sur le modèle économique socialiste des gouvernements Chavez et Maduro.

Il n’y a aucun doute que les erreurs de casting et la corruption ont endommagé l’extraction du précieux liquide. Mais la grande partie de l’or noir vénézuélien nécessite d’énormes quantités d’argent, des techniques avancées et un management professionnel. Tant que le baril tenait au-dessus de 100$, l’équation pouvait se résoudre. Avec la chute du baril en 2008 et en 2014, le Venezuela subit le même sort que l’Union Soviétique dans les années 1990.

Si aux USA, le pétrole de schiste ou les sables de schiste canadiens ont vu affluer, à perte, des milliards $ d’investisseurs étrangers comme des fonds de pension européens, les banques privées ou la Banque nationale Suisse, le Venezuela n’a pas eu autant de chance.

Au contraire, Caracas a dû continuellement se battre contre la justice et les fonds vautours (ex: Crystallex ou Pharo Gaia Fund Ltd) d’investissements américains pour rembourser, avec des taux indécents, les prêts effectués. Dans ce désastre financier, de Bush à Obama, Washington aura tout fait pour tendre vers la situation actuelle.

Ainsi, de 1998 à 2013, Chavez n’a pas réussi à saisir l’importance d’injecter de l’argent dans le système pétrolier. Il a dévié cet argent pour son usage propre mais aussi pour réduire la pauvreté en passant de 55 à 34%, à instruire 1,5 million d’adultes et avec l’aide de docteurs cubain à d’offrir là 70% de la population un système de santé gratuit.

Dès que le baril à chuté en juin 2014, le gouvernement s’est retrouvé à court d’argent pour soutenir la production pétrolière et ses programmes sociaux.

Le retour de manivelle fut édifiant avec plus de 3,5 millions de vénézuéliens obligés de s’expatrier pour simplement manger. En quelques années, le pays est tombé en ruine.

 


Moyenne de la Production pétrolière Venezuela depuis son peak oil en 1997.
Source EIA

 

Indépendance pétrolière

Demain, celui qui sera en charge du Venezuela héritera d’un pays dont l’agonie n’égalera que la vitesse de la baisse de sa production pétrolière.

Si pour la Russie et la Chine les risques se résument par la perte de plusieurs dizaines de milliards $ de créances et d’actifs ainsi que d’influence en Amérique Latine, le président Trump doit absolument garantir l’importation de brut conventionnel ou très lourd pour assurer la production de carburants pour ses camions et ses avions.

On pensait les petites nations plus vulnérables aux variations pétrolières. La position très inconfortable des USA démontre ce changement de paradigme. Nous produisons de plus en plus de pétrole, de moins en moins bonne qualité mais de plus en plus cher. L’équation n’a pas de solution dans le système économique actuel.

La vitesse à laquelle le Venezuela s’est écroulé, ne peut que nous inciter à trouver une indépendance pétrolière sous peine de subir le même sort.

Serions-nous tous en passe de devenir Vénézuéliens?

 

Les 3 plus grandes importations de pétrole, des raffineries américaines du Sud des USA
en milliers de barils par jour


Source: RBC Capital Markets

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Août 2018

Tous les mois, vous êtes plus de 25’000 à lire cette revue! Merci pour votre fidélité.
Bref, le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Chine: Les glaciers se vident. Le pic d’eau dès 2020?
– USA: Le charbon US s’exporte bien. 2’200 emplois créés depuis l’arrivée de Trump
– Iran: Grosse pression sur les exportations pétrolières
– France: A peine Hulot parti, 6 nouvelles centrales nucléaires EPR sont réclamées
– Russie: Le gazoduc Nord Stream II a reçu le feu vert pour sa construction vers l’Allemagne
– Australie: Le premier ministre viré pour avoir présenté sa loi sur le climat
– Afrique: La Chine et l’Inde ratissent large pour avoir accès aux matières premières
– Rwanda: Pour du pétrole, Total exproprie 15’000 personnes sans indemnisations


Après la baisse consécutive à l’annonce de la hausse de la production de l’OPEP, le mois d’août termine fort. Le baril atteint 77.77$ (74.06$ fin juillet) à Londres et 70,25$ à New York  (69.30$ fin juillet).

Houps! L’uranium s’est réveillé d’un coup. Est-ce l’annonce de l’envie française de construire 6 nouvelles centrales nucléaires…  il grimpe de 4$ depuis juin et termine ce mois à 26.20$ (23.35$ fin juillet).

 

Graphique du mois:  Consommation d’énergie depuis 1850, par personne

 


Monde

En 10 ans, le nombre de passagers aériens a augmenté de 64% pour atteindre 4,08 milliards en 2017.

Le PIB de l’Economie mondiale croit à un rythme de 4,3%. La demande de pétrole augmente de +1,4 million barils/jour (b/j) pour arriver à 99,4 millions b/j. (+1,1 million par rapport à 2017). En 2019, la production devrait augmenter de +1,5 million b/j.

Selon, le Directeur de l’IEA, Fatih Birol, les investissements dans l’exploration pétrolière sont insuffisants pour répondre à la demande à venir.

En 2017, les membres de l’OPEP ont encaissé 567 milliards $ de pétrodollars. (+29% par rapport à 2016). A elle-seule, l’Arabie Saoudite a engrangé 167 milliards $. Cette année, les pays importateurs de pétrole vont verser 736 milliards $ à l’OPEP.

Les températures prennent l’ascenseur à travers le monde. Lire l’excellent article de Sylvestre Huet sur la canicule et la fonte des glaces.

 

Les pays clés du mois

Chine

Le bras de fer, sur les taxes douanières avec les USA, influence le baril et l’Economie mondiale. Pour l’instant la Chine répond du tac au tac aux impulsions de Trump. Cependant, des deux côtés de la frontière, le seuil de douleur émerge. Cette partie de poker menteur débute sur une mise à 100 milliards $.

La Chine avait initialement mis le pétrole sur la liste des produis à taxer. Elle est revenue sur ce choix privilégiant la diversification de ses fournisseurs. De plus, un litre pris aux USA est un litre qu’ils n’auront plus à l’avenir.

Depuis le début de l’année, la Chine a augmenté ses importations pétrolières à 8,98 millions b/j (+5,6%). Pour le gaz, l’augmentation est de +28,3% à 7,38 millions de tonnes. La croissance du PIB et la volonté de générer 10% de l’électricité avec du gaz expliquent ces augmentations.

En juillet, la Chine a augmenté de 14% ses importations de charbon (au plus haut depuis 4 ans). Les températures de 40 degrés et les besoins d’air conditionné ont poussé la demande d’électricité.

Le réchauffement climatique va sérieusement impacter les quantités d’eau à disposition en provenance des glaciers. Leur fonte accélérée diminue les réserves d’eau contenues dans la glace et le pic d’eau (peak water) pourrait arriver dès 2020. Ce pic influencera la quantité d’électricité hydraulique ainsi que l’agriculture.

La Yuan a perdu 7% par rapport au dollar américain ce qui est excellent pour les exportations chinoises.

Tesla Motors aimerait construire une usine à Shanghai pour un montant de 5 milliards $. La Model 3 devrait y être produite courant 2020.

 

Iran

La grande question est: “dès novembre 2018, de combien de barils les exportations iraniennes vont-elles baisser?“. Les exportations iraniennes seraient déjà en baisse de 700’000 b/j alors que les sanctions ne sont pas encore entrées en force. Washington table sur une baisse d’au moins 1 million b/j.

L’agence Platts estime la production iranienne de juillet à 3,72 millions b/j au plus bas depuis 18 mois et les exportations de 2,32 millions b/j (-7%).

Les raffineries, qui s’accommodent du brut iranien, sont localisées en Chine, Inde, Japon, Corée du Sud, Turquie et en Europe. Les alternatives de remplacement de cette qualité de pétrole ne sont pas triviales. Il est difficile pour les raffineries de changer si facilement de crèmerie.

Avant l’imposition des sanctions en novembre, l’Inde fait le plein. Les raffineurs indiens redoutent de se faire couper l’accès au dollar américain s’ils continuent d’importer le brut iranien. Il faudra attendre la fin de l’année pour avoir une image plus précise de la situation.

Le Président Trump a proposé de rencontrer sans conditions les leaders iraniens. La réponse iranienne a été immédiate en qualifiant la proposition de Trump de «sans aucune valeur et un rêve». Sans prendre de risque, on peut qualifier l’ambiance de froide.

Téhéran a mentionné que «les sanctions cruelles imposées à l’Iran vont affecter les fonctions pétrolières du Détroit d’Hormuz». La Navy américaine a confirmé une plus forte présence armée iranienne dans le détroit stratégique. Sans prendre de risque, on peut qualifier l’ambiance de chaude.

L’Economie du pays souffre. Depuis mai, le Rial a perdu la moitié de sa valeur face au dollar US. Il faudra garder un œil sur la réaction des citoyens. Le commandant des Gardes de la Révolution, le général Mohammad Ali Jafari souligne que «les faiblesses de la situation interne sont plus sérieuses que la menace militaire américaine».

Sous pression américaine, le français Total quitte Téhéran et renonce à plusieurs milliards de dollars d’investissements en Iran. En contrepartie, l’Arabie Saoudite a offert un juteux contrat à Total en Inde.

British Airways, Air France et KLM suspendent leurs vols vers l’Iran.

USA

La croissance américaine atteint les 4,2% durant le deuxième trimestre 2018. Corolaire à ce boom, la consommation d’essence est repartie à la hausse (+1,5% en 12 mois) et pourrait être en passe de battre de nouveaux records.

Le nombre de forages pétroliers s’élève à 860 (759 il y a 12 mois).

En juin, les USA ont exporté 9,2 millions de tonnes de charbon (+38,6% par rapport à juin 2017) selon la US Census Data. L’Inde a été friande de ce charbon notamment pour la sidérurgie et la production d’électricité pour les systèmes d’air conditionné. Durant les 12 derniers mois, la production de charbon américain a augmenté de 7,8%.

Depuis l’arrivée de Trump, 2’200 emplois ont été créés dans l’industrie du charbon pour atteindre 52’900 employés. Le charbon US est revigoré par de fortes exportations +61% en 12 mois.

Pour combler la diminution des exportations pétrolières iraniennes, Trump va relâcher 11 millions de barils dans sa réserve stratégique. De quoi compenser le manque iranien pendant 11 jours. Le Congrès a accepté une diminution de 240 millions de barils jusqu’en 2027. Actuellement la réserve stratégique se monte à 660 millions de barils, soit la consommation d’un mois.

L’administration Trump va aider financièrement les centrales à charbon et augmenter les niveaux de pollution afin de réduire les coûts de production.

Pour produire leur électricité, les américains ont brûlé 661 millions de tonnes de charbon en 2017, au plus bas depuis 1983. Le peak de consommation a été atteint en 2008 avec 1’037 millions de tonnes.

La production pétrolière américaine a atteint 10,68 millions b/j. L’EIA estime que les USA pourraient augmenter de 1,02 millions b/j en 2019 à 11,7 millions b/j. Cependant, comme les chiffres de l’EIA sont systématiquement corrigés, il y a de bonne chance que les USA ne produisent pas autant de brut.

La Californie compte 4’819 véhicules à hydrogène et 36 stations de recharge.

Le postier UPS va collaborer avec le constructeur Thor Truck pour réaliser des camionnettes de livraisons entièrement électriques avec un rayon d’action de 160 km. Les premiers tests seront réalisés à Los Angeles.

Les dettes des étudiants américains s’élèvent à 1’300 milliards $. Certains pensent qu’elles pourraient être la prochaine bombe qui fera dérailler l’Economie mondiale.

Le Hoover Dam, Las Vegas, pourrait être équipé d’un système de pompage/turbinage via des éoliennes et du solaire. Objectif : faire remonter l’eau dans le barrage et produire de l’électricité à la demande. Le coût du projet est estimé à 3 milliards $.

De mai à juillet, la température moyenne des USA a battu tous les records depuis la création des mesures en 1895. (70,9 fahrenheit)

Ce mois, Elon Musk, le fantasque CEO de TESLA Motos, a conforté son statut. Dans un tweet, il avait annoncé qu’un fond d’Arabie Saoudite était prêt à investir dans son entreprise et sortir TESLA de la bourse. Après une séance de psychanalyse avec le New York Times, il a rétropédalé.

Le numéro un mondial des services parapétroliers, Schlumberger, a vendu pour 600millions $, au norvégien Shearwater, sa flotte de 10 navires spécialisés dans l’échographie des  fonds sous-marins pour la recherche pétrolière. Cerise sur le gâteau, le géant américain annonce une nette amélioration du marché des services parapétroliers en 2018, avec un chiffre d’affaires semestriel en hausse de +12,4 %, à plus de 16 milliards $.

 

 

Europe

Durant l’été et contre toute attente, les prix de l’électricité ont pris l’ascenseur. Une conjonction de facteurs ont paralysé la production. Les trop fortes chaleurs ont freiné la production solaire (quand un panneau solaire et trop chaud, sa production diminue), l’eau des rivières trop chaude pour refroidir les centrales nucléaires et un manque chronique de vent. Si les étés passés, l’électricité était pratiquement gratuite, elle est montée à des niveaux inconnus depuis le début de la décennie à plus de € 9ct le kWh.

 

Russie

La production pétrolière touche 11,2 millions b/j soit à deux doigts de son record d’octobre 2016 (+265’000 b/j en 12 mois). Le ministre du pétrole a souligné que la production devrait rester à ce niveau jusqu’à la fin de l’année. Il semble que le pays aurait atteint sa capacité maximale. A confirmer.

Pour pouvoir augmenter ou maintenir sa production, la Russie a besoin de développer ses réservoirs en Arctique et ses gisements de schiste. Dans les deux cas, les sanctions américaines et européennes bloquent l’accès aux fonds et à la technologie. Tiens, en parlant de sanctions, les américains ont rajouté une couche en bloquant une grande partie des exportations russes vers les USA ainsi que d’utilisation du dollar pour certaines banques russes.

Le gazoduc South Stream II a reçu l’aval du Danemark pour la traversée de son espace territorial. Il s’agissait du dernier obstacle à sa construction. La visite de Vladimir Poutine à Angela Merkel marque le début de sa réalisation. Gazprom va pouvoir doubler ses livraisons de gaz à l’Allemagne tout en évitant l’Ukraine et la Pologne.

 

France

Nicolas Hulot, ministre de l’Ecologie a démissionné du gouvernement Macron. Il n’aura fallu attendre que 2 jours pour qu’un rapport du lobby du nucléaire demande la construction de 6 centrales  de type EPR. (Dans une négociation, il faut bien commencer quelque part). Objectifs: maintenir les compétences industrielles, donner des perspectives aux salariés et assurer la relève du nucléaire français. Une tartine de 50 milliards € que l’ancien directeur des affaires publiques d’Areva, Edouard Philippe, actuel premier ministre, doit savourer.

Au 2ème trimestre, la croissance française grimpe de 0,2%.

Avec l’ouverture des marchés depuis 2007, les citoyens peuvent librement changer de fournisseur d’électricité. Onze années ont passé et malgré l’arrivée de nouveaux acteurs, 81 % des ménages sont fidèles à EDF. Pour les prix, la différence porte sur un tiers de la facture seulement. Les deux autres tiers sont identiques pour tous les fournisseurs, et servent à payer les taxes et le transport d’électricité. L’arrivée des mini-grids et l’autoconsommation devraient pouvoir modifier la donne, même si le mot: “autoconsommation” est encore un gros mot dans le pays.

Allemagne

Pendant que la France roupie avec son nucléaire et tente de mettre en service sa première centrale EPR sans faire exploser tout le continent, en Allemagne un groupe de travail a été instauré afin d’élaborer la sortie du charbon électrique d’ici à 10 ans. Le rapport sera rendu d’ici à décembre 2018.

Berlin compte sur le renouvelable et le gaz pour effectuer la transition sans nucléaire et sans charbon. Cependant, les nouvelles études montrent que les émanations de méthane, dégagées lors de la combustion et de l’extraction du gaz, sont plus néfastes pour le climat que le charbon.

Le pays a ajouté 2 GW d’électricité solaire durant les 12 derniers mois. Un plus haut depuis 2013. Depuis le début de l’année 2018, l’augmentation est de 40% par rapport à 2017. De 2010 à 2012, l’Allemagne avait ajouté 20 GW.

Angela Merkel s’est rendue en Azerbaïdjan pour évaluer l’opportunité de créer un gazoduc en passant par la mer Caspienne. La réunion souligne l’envie (en tout cas devant les médias) de la chancelière de diminuer la dépendance de l’Allemagne face au gaz russe.

 

Angleterre

Suite à une douzaine de tremblements de terre dans la région du Surrey, les citoyens appellent à l’arrêt des forages de schiste responsables de ces secousses.

 

Suisse

Les niveaux du Rhin sont tellement bas que les barges pétrolières ne peuvent pas dépasser certaines limites de chargement ce qui augmente les coûts. C’est en tout cas l’excuse donnée par l’Union Pétrolière pour justifier la solide hausse des prix de l’essence à 1,71 frs le litre.

Le géant Alpiq a réalisé un bénéfice de 93 millions de francs (85 millions €) avant les amortissements. Au final, le producteur d’électricité présente une dette car ce serait ballot de payer des impôts. A l’avenir, Alpiq va se recentrer sur son cœur du métier : la production d’électricité.

Depuis les 6 premiers mois de l’année, le Suisse Glencore a généré plus de 2,5 milliards $ de bénéfices grâce à l’extraction de charbon et à la hausse des cours. Le CEO pense que les bénéfices charbonniers vont représenter la plus grande source de revenus de la multinationale et dépasser les profits du cuivre. Son concurrent BHP Billiton, la plus grande entreprise minière du monde, focalise également ses efforts dans l’extraction de charbon thermique utilisé pour la production d’électricité.

Le Suisse a également acheté le 49% des parts dans la construction d’une nouvelle centrale à charbon en Australie. Il est à noter que Glencore s’est établi dans le canton de Zoug dans des buts d’optimalisation fiscale.
A ranger dans le dossier: ->polluer -> esquiver les impôts.

 

Portugal

Plusieurs forages pétroliers pourraient émerger dans le pays. Les citoyens s’inquiètent de l’impact de ces forages sur les plages et le tourisme. De plus, le Portugal produit 44% de son électricité avec du renouvelable. Certains s’inquiètent de la place que pourrait prendre le pétrole face à l’éolien et le solaire.

La Chine investit dans les infrastructures électriques européennes notamment dans le domaine stratégique du transport par lignes à haute tension. Aujourd’hui, China Three Gorges (CTG) désire acquérir Electricité du Portugal (EDP).

Depuis 2011, 34,5 milliards de dollars ont été investis dans des entreprises du secteur, selon Bloomberg. A tel point que l’énergie est la deuxième industrie dans lequel les capitaux chinois ont le plus afflué ces dix dernières années en Europe, derrière la chimie.

Moyen Orient

Arabie Saoudite

La production du pays a plafonné à 10,29 millions b/j en juillet. Si le marché n’arrive pas à satisfaire la demande pétrolière mondiale, notamment après novembre, Riyad devra dévoiler ses capacités réelles. Nous pourrons ainsi juger l’écart entre la réalité et les communiqués de presse.

L’IPO de Saudi Aramco, le géant pétrolier national, a été mis sur pause et continuera « quand les conditions seront optimales ». Le Prince héritier désirait lever entre 100 et 200 milliards $ mais les investisseurs ont montré un enthousiasme limité.

Parallèlement le Prince Mohammed bin Salman a ordonné à Saudi Aramco d’acheter le 70% des actions de l’entreprise pétrochimique saoudienne Sabic: un jeu de vases communicants évalué à 70 milliards $. Pour payer la douloureuse, Saudi Aramco va emprunter auprès des banques internationales. Ce tour de passe-passe permet au Prince d’obtenir presque le même résultat que l’IPO de Saudi.

 

Yémen

Selon CNN, la bombe, Mark 82 (Mk 82) à guidage laser de précision, (qui a tué 51 personnes, dont 40 enfants, larguée sur un bus dans un raid aérien attribué à la coalition menée par l’ Arabie saoudite dans le nord du  Yémen), a été commercialisée par les Etats-Unis et conçue par l’entreprise de défense américaine Lockheed Martin. La coalition a remis ça quelques jours plus tard en tuant à nouveau 20 enfants. L’ONU a ouvert des enquêtes.

La guerre au Yémen a fait plus de 10’000 morts depuis l’intervention de la coalition sous commandement de l’actuel Prince Héritier MBS selon l’ONU.

Malgré la guerre le pays a réussi à exporter 500’000 barils de pétrole à la Chine. La première livraison par tanker depuis 2015.

 

Irak

Trois mois après les élections, la victoire a consacré Moqtada Al-Sadr, le dirigeant populiste chiite. En deuxième position se trouve la liste des anciens du Hachd al-Chaabi, qui ont combattu l’Etat islamique. Quant au premier ministre, Haider Al-Abadi, soutenu par la communauté internationale, il arrive en troisième position.

En juillet, les exportations ont atteint des records à 3,54 millions b/j et 7,5 milliards $. Ce brut provient exclusivement des régions du sud. La région du nord, Kirkuk n’aurait pas exporté de pétrole.

Chômage, corruption, coupures d’eau et d’électricité, la région pétrolifère de Bassora est le théâtre de manifestations depuis plusieurs semaines. Alors que cette région apporte la quasi-totalité des revenus du pays via son pétrole, l’argent part et reste à Bagdad. La malédiction du pétrole frappe à nouveau. Les manifestants demandent l’autonomie de la région dans le but de faire revenir des pétrodollars. Des blocus des champs pétroliers commencent à émerger.

Bassora est la plus importante province économique du pays. Avec 1,5 million d’habitants et ses nombreux gisements pétroliers, elle apporte 100 millions de barils par mois (7 milliards $)

Asie

Japon

Honda lance un programme de recharge «Smart Charge» de voitures électriques. La recharge de la voiture se réalisera selon la disponibilité d’électricité verte et les habitudes des conducteurs.

 

Inde

India Coal Ltd a augmenté l’extraction de charbon à 40,56 millions de tonnes en juillet (+10,6% par rapport à juillet 2017).

Le gouvernement approuve l’exploration de gaz et de pétrole de schiste dans le pays, dans le but de réduire les importations.

Le pays fait face à une mousson meurtrière. Avec plus de 400 victimes, l’Etat du Kerala est particulièrement touché. Plus de 10’000 kilomètres de routes ont été endommagés et les vannes de 34 barrages et réservoirs où l’eau a atteint un niveau jugé dangereux ont été ouvertes.

 

Pakistan

En plus d’avoir un nouveau premier ministre champion de Cricket, ExxonMobil pourrait avoir découvert un énorme réservoir de pétrole (plus grande que les réserves du Koweit) à sa frontière avec l’Iran.

 

Corée du Sud

Le pays va réduire les taxes de gaz liquide de 74% et augmenter les taxes sur le charbon de 27%. Objectif: réduire la consommation de charbon pour sa production d’électricité.

 

Australie

L’Australie est particulièrement vulnérable aux changements climatiques. La Barrière de Corail (Great Barrier Reef) est en train de mourir, les incendies dévastent les forêts et la sécheresse secoue le pays et surtout les paysans. Bref, on pourrait penser que les australiens soient prêts à prendre leur survie en main.

Premier ministre depuis septembre 2015, Malcolm Turnbull s’était engagé à respecter l’Accord de Paris sur le climat et à implémenter des règles contre la pollution et limiter les émissions des producteurs d’électricité. Cette proposition a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il a été contraint à renoncer à ce projet et à démissionner!

Avec un sens certain de la formule, l’ancien premier ministre Tony Abbott avait torpillé cette loi en disant : «nous ne faisons pas assez pour diminuer les prix de l’énergie et nous devons mettre nos retraités avant Paris». Le brave homme demande de diminuer les prix de l’électricité et de maintenir le charbon dans le mix énergétique du pays. Visiblement les épisodes climatiques et les impacts extrêmes dans le pays ne sont pas encore suffisants. Patience.

Malcolm Turnbull a été remplacé par son ministre des finances Scott Morrison.

Les Amériques

USA Schiste

Dans la région du Bakken, l’utilisation d’eau pour les forages de schiste devient un problème. En temps normal, les besoins en eau augmentent en même temps que les quantités de pétrole. Selon le North Dakota Department of Mineral Resources, le Bakken a produit 201 millions de barils de pétrole et 268 millions de barils d’eau contaminée. Il faut donc toujours plus d’eau pour extraire moins de pétrole ce qui pourrait indiquer un balancement vers peak oil. Le traitement de l’eau contaminée coûte entre 4-5$ le baril.

Pour 10,5 milliards $, BP a acheté les terrains de schiste de BHP Billiton.

 

Canada

A cause de la capacité réduite de transport, les pétroliers canadiens vendent leur brut aux alentours de 40$ le baril au lieu de 70$. Les producteurs canadiens ont mis tous les œufs dans le même panier et n’ont qu’ un seul acheteur: les USA.

Le PIB du pays a augmenté de 0,5% en mai poussé par les ventes de brut. Les pétroliers ont vu une progression de +2,5% et les sables bitumineux de +5,3%.

Le Canada s’est retrouvé au milieu d’une tempête avec l’Arabie Saoudite. Sur Twitter, la ministre canadienne des affaires étrangères, Chrystia Freeland, s’inquiétait de l’arrestation en Arabie saoudite de la militante des droits des femmes Samar Badawi. Curieusement, Riyad a sur-réagit comme si le gouvernement donnait un signal d’alarme aux autres pays et de ne pas toucher à ce problème.

Il est fort à parier que le choix du Canada n’est pas anodin. La faiblesse du premier ministre Justin Trudeau fait du Canada une cible privilégiée.

 

Venezuela

La production est tombée au plus bas depuis 30 ans. Le pays est en totale déliquescence. On passe pour ce mois.

 

Mexique

Après avoir atteint son peak oil en 2005 avec 3,5 millions b/j, la production atteint aujourd’hui 1,87 millions b/j soit un déclin de 50% en 13 ans. Cette chute souligne la rapidité du déclin après le pic.

Afrique

Les présidents indiens et chinois ont sillonnés l’Afrique afin de resserrer les liens entre les deux géants et surtout bénéficier des matières premières. La Chine propose d’étendre sa «Route de la Soie» au contiennent africain. Pékin propose de l’argent facile avec des prêts généreux. En temps voulu et le couteau sous la gorge, les pays rembourseront avec des matières premières bradées.

Melania Trump a annoncé qu’elle organise un voyage en Afrique sans son président de mari.

 

Nigeria

La Nigerian National Petroleum Corporation a perdu 663 millions $ en une année. Avec seulement 4 raffineries d’une capacité de 650’000 b/j, le Nigeria doit exporter le brut et importer de l’essence qu’elle vend à perte à 0,40$ le litre.

En un mois, le pays consomme 80 millions litres d’essence.

Une nouvelle raffinerie est en construction et devrait entrer en service dès 2022.

La production pétrolière avoisine le 2,3 millions b/j.

 

Libye

La production de juin, 670’000 b/j est au plus bas depuis avril 2017. Le pays fait face à des problèmes de sécurité interne.

 

Rwanda

Plus de 15’000 personnes ont été déplacées, souvent sans indemnisation, pour permettre au pétrolier français Total de commencer l’extraction pétrolière dans des champs prometteurs.

 

Soudan

Le pays va exporter une partie de son pétrole en Chine.

 

Phrases du mois

«Le gaz naturel est une énergie qui possède un effet de serre incroyablement puissant et émet d’énormes quantités de méthane, qui produit un effet de réchauffement beaucoup plus rapide que le carbone. Une grande partie du gaz naturel que vendent des sociétés comme Shell est du gaz de schiste, ce qui génère encore plus de fuites de méthane et crée également toutes sortes d’autres problèmes environnementaux pour l’eau, etc. Non, je ne pense pas que le gaz naturel soit une énergie de transition.» Naomi Klein

Nous nous sommes trompés dans l’évaluation du changement climatique. Ce qui se passe aujourd’hui, nous l’avions prévu pour 2030-2040.” Martin Beniston, climatologue suisse

According to the IEA’s executive director, Fatih Birol, “The overall trend of energy investment remains insufficient for meeting energy security, climate, and air quality goals, and is not spurring an acceleration in technologies needed for the clean energy transition.

«Je quitte le gouvernement pour ne plus avoir à me résigner à une politique des «petits pas» insuffisante à mes yeux face aux enjeux environnementaux.» Nicolas Hulot

«Pour moi, c’est symptomatique de la présence des lobbys dans les cercles du pouvoir. Il faut à un moment ou à un autre poser ce problème sur la table parce que c’est un problème de démocratie : qui a le pouvoir, qui gouverne?» Nicolas Hulot.

«A l’échelle cosmique, l’eau est un élément plus rare que l’or». Hubert Reeves

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Mai 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:

– Venezuela: Maduro réélu, mais la production pétrolière chute
– Iran: Le bras de fer avec l’Administration Trump débute
– Brésil: Les grèves des camionneurs et des employés du pétrole paralysent le pays
– Japon: 44 nouvelles centrales à charbon pour produire l’électricité
– USA schiste: Verrons-nous le peak oil de schiste dès 2023?
– Chine: Solaire: le pays possède 60% des emplois dans le monde
– Russie: La première centrale nucléaire flottante est en route
– Angola: Réduction des taxes pour trouver de nouveaux gisements pétroliers.


Le baril de pétrole est brièvement passé sur les 80$. Un petit coup de mou, le laisse à 77.59$ (75.17$ fin avril) à Londres et à 67.09$ à New York (68.57$ fin avril).

L’uranium est en vie!  On l’a vu bouger. Il termine mai à 22.65$ (20.85$ fin avril).

 

Graphique du mois
Production pétrolière du Venezuela 2008-2018

Source: Bloomberg, OPEP; graphique Financial Times

Monde

Selon l’Agence Internationale de l’Energie Renouvelable (IRENA), le renouvelable compte 10 millions d’employés dans le monde.

L’effondrement de la production pétrolière du Venezuela et les sanctions américaines contre l’Iran pourraient être un parfait cocktail pour boire un baril à 100$. Cependant les avis divergent. Le PDG de Total penche pour 100$, alors que le PDG de BP pense que le pétrole de schiste américain va réduire le baril à 50$. L’IEA suppose que la demande va être détruite par les tarifs élevés. Morgan Stanley assure que les nouvelles régulations maritimes vont pousser le baril à 90$ et Westbeck Capital parie sur un baril à 100$ puis 150$ sur le modèle de 2008. Forcément, quelqu’un a raison, mais qui? La patience apportera la réponse.

Dès 2020, l’organisation mondiale du transport maritime va mettre en vigueur de nouvelles règles pour l’utilisation de pétrole lourd. L’industrie navale avale 5 millions barils/jour (b/j) de déchet de brut (résidu des raffineries). Le diesel pourrait compenser ce vide, mais il est bien plus cher que les 1 à 5 ct le litre des résidus.

Les 2’500 milliards $ de dettes des producteurs de pétrole et de gaz inquiètent les marchés financiers. Ce mois, l’américain Energy XXL a fait une faillite XXL à 4 milliards $. JPMorgan Chase, Well Fargo et Bank of America s’inquiètent de l’augmentation de l’augmentation des dettes pourries dans leurs comptes.

 

OPEP

Sous la pression de Donald Trump et de la Chine, l’OPEP pourrait remonter sa production de 1 million b/j. En réalité l’augmentation de la production de l’Arabie Saoudite et de la Russie (non membre de l’OPEP) compensera simplement la baisse du Venezuela, de l’Angola, de l’Equateur et du Nigeria.

Il aura suffi d’une suspicion d’augmentation des quotas de l’OPEP pour que le baril passe de 80 à 75$. In fine, cette décision pourrait être prise le 22 juin à Vienne lors de leur prochaine réunion.

Selon Citigroup, l’Arabie Saoudite aurait 2,12 millions b/j de capacité supplémentaire de production alors que la Russie 400’000 b/j. Pour l’instant, il y a encore de la marge pour atteindre le peak oil. Cependant, ces deux mots pourraient redevenir «très tendance» dans les moteurs de recherche.

 

Les Acteurs du Mois

USA

La production pétrolière a atteint le record de 10,543 millions b/j en avril. Même si les prix de l’essence grimpent à 2,90$ le gallon, la demande interne a également augmenté de 750’000 b/j, au plus haut depuis 2007.

Depuis l’élection de Donald Trump, le nombre d’employés dans le charbon a augmenté de 800 unités. De 80’000 employés en 2013, ils sont un peu plus de 55’000 aujourd’hui. La spirale baissière a été interrompue.

Le président Orange a coupé les budgets de la NASA pour évaluer la quantité de gaz à effet de serre. Cette coupe met en péril le calcul des émissions prévu dans l’accord de Paris.

Selon l’administration américaine, la diminution des taxes sur les entreprises a généré 1’000 milliards $ de dividendes supplémentaires pour les actionnaires. Pour le simple citoyen, la ristourne aura été de 900$ en moyenne, en grande partie mangée par l’augmentation des prix de l’essence.

Le constructeur de bus Motor Coach Industries (MCI) annonce que son bus J4500E “tout électrique” est capable de rouler à 113 km/h et sera commercialisé dès 2020.  La batterie de 450 kWh se recharge en 3 heures pour une autonomie de 8 à 10h.

L’Université de Stanford annonce des succès dans l’utilisation de batteries au manganès et eau pour les voitures électriques ou le stockage de l’électricité.  Ce type de batterie serait une alternative plus efficace et moins chère aux solutions actuelles.

En Californie, les nouvelles maisons et constructions devront avoir des panneaux solaires. La Californie exporte déjà une partie de son énergie solaire dans les autres Etats. Le temps est loin où l’Etat avait des coupures électriques sur son réseau.

Eric Schneiderman, l’avocat général de New York, a dû démissionner. Il est accusé de violences sur des femmes. Eric Schneiderman est connu pour avoir poursuivi Exxon Mobil sur le réchauffement climatique ainsi que les excès de Wall Street dans les high frequence trading.

Les dettes de subprimes dans le marché de l’automobile a atteint 300 milliards $. Cette bulle est notamment soutenue par la plus grande entreprise de private equitiy: Blackstone. Il semble que les leçons de la crise de 2008 soient oubliées.

Lors des mauvais résultats trimestriels, le CEO de Tesla Motors, Elon Musk, s’est copieusement gaussé des investisseurs et de Wall Street. Même Trump aurait déployé plus de tact. Ce moment de solitude pourrait soit révéler le succès futur de l’entreprise soit son effondrement.

 

Venezuela

Moscou et Pékin demandent au président Maduro de remplacer le Général Manuel Quevedo promu CEO de l’entreprise nationale de pétrole PDVSA. Depuis son arrivée, en novembre dernier, plus de 25’000 employés sur 140’000 sont partis. Au plus bas depuis 70 ans, la production pétrolière a déjà diminué de 450’000 b/j et elle pourrait encore chuter de 500’000 d’ici la fin de l’année.

Le président Maduro a été réélu, mais l’avalanche de créanciers qui réclament leurs avoirs, n’améliore pas la situation. De plus, les USA pourraient revenir à la charge avec des sanctions notamment en limitant les importations de pétrole et l’utilisation du dollar. Si Washington a toujours évité cette option, c’est que les raffineries américaines raffolent du brut lourd vénézuélien.

A en juger le nombre de tankers qui ont quitté le pays, PDVSA n’aurait extrait que 1,1 million b/j en avril.

 

Russie

La Russie a mis à l’eau sa première centrale nucléaire flottante. La barge, Akademik Lomonosov, a appareillé à Saint-Pétersbourg tractée par des remorqueurs. Les 2 réacteurs ont une puissance de 35 MW soit 20 fois moins qu’une centrale nucléaire standard. La barge sera amenée à Pevek, dans l’Arctique. Elle pourra produire de l’électricité pour les forages pétroliers ainsi que pour désaliniser l’eau de mer et alimenter en courant des plateformes pétrolières.

Vladimir Poutine se satisfait d’un baril à 60$ et pense qu’il est nécessaire de maintenir les prix en-dessous de 100$.

Le ministre du pétrole Novak confirme son accord avec l’Arabie Saoudite afin de remonter les niveaux de production, même s’il est prématuré d’avancer un chiffre précis.

Les USA pensent que la construction du gazoduc Nord Stream II, entre la Russie et l’Allemagne, pose un problème de sécurité nationale. Ca ne s’invente pas. Washington étudie des sanctions contre les entreprises impliquées dans sa construction. De l’autre côté, les USA tentent d’écouler leur gaz de schiste en Europe.

Suite à la construction d’un gazoduc entre les deux pays, la Russie va livrer du gaz à la Turquie avec un rabais de 10,25%. Ce gazoduc permettra à la Russie de contourner l’Ukraine pour ses livraisons au sud de l’Europe.

 

La centrale nucléaire flottante Akademik Lomonosov

 

Iran

Trump a dénoncé l’accord sur le nucléaire. La partie entre les joueurs de poker américains et les joueurs d’échec iraniens va débuter.

Les nouvelles sanctions ont ravivé la partie la plus extrême du régime iranien qui désire revisiter la doctrine actuelle sur l’arme atomique.

L’Europe, qui achète 2,4 millions b/j à l’Iran, a déjà commencé à limiter ses importations de pétrole afin de respecter les volontés américaines. Téhéran compte sur l’Inde et la Chine pour prendre le relais.

Total a 60 jours pour négocier avec le gouvernement américain pour obtenir que le géant puisse continuer l’extraction gazière en Iran. En vertu de l’accord conclu en juillet 2017, d’un montant de 4,8 milliards $, Total détient 50,1% des parts du consortium pour le développement du champ gazier No 11 de Pars Sud. Le groupe chinois CNPC détient 30% des parts et l’Iranien Petropars 19,9%.

Malgré la rhétorique du gouvernement, il sera difficile pour l’Iran d’atteindre une production 4,2 million b/j. Cependant, la hausse des prix du baril compensera la baisse de la production.

La monnaie locale le Rial a perdu plus de 22% contre le dollar américain durant les 12 derniers mois.

Goldman Sachs pense que le pétrole de schiste américain ne pourra pas compenser la diminution probable de la production iranienne si les sanctions américaines devraient entrer en force.

 


L’excellent Chappatte

 

Europe

France

Total va fabriquer du biocarburant à base… d’huile de palme. Ce n’est pas une typo. Le pétrolier français percevra même des subventions de l’Etat français. Et ce n’est toujours pas une typo.

Le gouvernement annonce la création d’un fonds de 100 millions € afin d’activer la filière de l’hydrogène dans la mobilité.

La sortie du glyphosate d’ici 2021, supportée par le Président Macron, a de la peine à sortir du sol. Le ministre de l’agriculture Stéphane Travert tente de sulfater la proposition.

La France du Nucléaire est secouée par la chute des prix des énergies renouvelables et par l’ambition du gouvernement de diminuer à 50% la part d’électron atomique. Le bras de fer s’est engagé et le lobby du nucléaire déroule son plan de communication. Ce mois, c’est une déferlante activée par Areva et EDF qui s’est propagée dans les médias. L’importance du plan pub est à la hauteur des sommes en jeu.

 

Suisse

L’UBS pense que le prix du baril va continuer sur sa lancée et dépasser les 100$. Le manque d’investissements dans les nouveaux gisements va se faire cruellement sentir dès 2019. Parole d’une banque qui investit lourdement dans le pétrole et le schiste US.

La Banque Suisse pense que l’inflation mondiale devrait grimper de 3,1 à 4% notamment grâce à la hausse du baril de pétrole.

 

Allemagne

Audi prévoit d’écouler jusqu’à 800’000 voitures électriques d’ici à 2025. L’objectif de la marque est de vendre 30% de ses voitures en mode électrique ou hybride.

De son côté, Mercedes espère lancer 10 modèles électriques d’ici à 2022, de la petite au gros SUV. Le géant allemand prévoit de réaliser un chiffre d’affaires de 15 à 25% d’ici à 2025 avec ses véhicules électriques.

Mercedes Daimler est soupçonné d’avoir équipé certains de ses modèles diesel de logiciels «capables de fausser les niveaux d’émissions». Mais nooon! L’agence fédérale de l’automobile KBA a ordonné le rappel de près de 5000 Mercedes Vito pour inspection.

La ville de Hambourg a interdit les véhicules diesels les plus polluants, qui ne respectent pas la norme Euro6, sur deux tronçons de 1’600m et de 580m. D’autres secteurs vont être ajoutés. Stuttgart et Dusseldorf devraient en faire de même.

Donald Trump étudie l’imposition d’une taxe de 25% sur les voitures européennes vendues aux USA (2,5% actuellement). De son côté, l’Europe impose déjà une taxe de 10% sur les importations de voitures américaines. Pour se défendre, les constructeurs allemands ont souligné qu’ils emploient 115’000 employés sur le sol US (y compris les fournisseurs) et exportent vers l’Europe une partie de cette production américaine. Wait a minute! Ne serait-ce pas à l’Europe de taxer les constructeurs allemands qui exportent les emplois européens vers les USA?

 

Angleterre

Le distributeur de gaz Cadent va investir 1,2 milliard $ dans une station d’hydrogène afin de stocker l’énergie du solaire et de l’éolien.

Le gouvernement va faciliter l’exploitation du gaz de schiste sur le territoire afin de tenter de compenser la baisse de production de la Mer du Nord.

 

Chypre et Turquie

Les problèmes économiques de la Turquie sont en train de gâcher les nuits du président Erdogan au point de passer sa mauvaise humeur sur l’île de Chypre. Le petit Etat continue ses explorations de gaz et de pétrole dans ses eaux territoriales. Mais comme les gisements ne s’arrêtent pas à la frontière, la marine turque a menacé de couler un bateau de prospection affrété par l’Italien ENI.

Le nord de l’île, la République turque de Chypre du Nord, est gérée par des turques. Cet Etat non reconnu a justement été reconnu par la Turquie.

 

Dessin Chappatte

Asie

Chine

L’agence internationale de l’énergie renouvelable estime que le 60% des nouveaux emplois dans ce domaine sont réalisés sur les marchés asiatiques. Pour le solaire, la Chine compte 60% des emplois dans le monde (2,2 millions). Dans le domaine éolien, la Chine détient 44% des employés au niveau mondial. A vrai dire, Pékin a fait le nécessaire dans des domaines qui ont été abandonnés par les européens et les américains. L’heure des dividendes est arrivée pour la Chine.

La Chine devrait vendre 1 million de voitures électriques en 2018 (50% des voitures mondiales). Durant les 4 premiers mois de l’année, 225’310 véhicules électriques ont été écoulés. Est-ce que l’hégémonie des constructeurs européens arrive à son terme ?

Donald Trump a envoyé 7 émissaires pour débuter les négociations sur les échanges commerciaux entre les 2 pays. Les menaces ont débuté à 50 puis 200 milliards du côté US. Sans tamtam sur Twitter, les chinois ont fortement diminué leurs achats de soja (un marché de 12 milliards $). Le bras de fer est à suivre.

Depuis l’ouverture des exportations américaines de pétrole et de gaz en 2015, la Chine n’a cessé d’augmenter ses achats de gaz à Washington afin de réduire sa consommation de charbon. “Dans le but de réduire la balance commerciale avec les USA“, Pékin va augmenter ses importations de gaz US. L’excuse est bien trouvée.

La Chine a lancé sur les océans sont deuxième porte-avions militaire le «Type 001A». A contrario du Liaoning, qui était un bateau russe entière reconstruit par les chinois, le Type 001A a été réalisé par les chinois. Sans propulsion nucléaire et plus maniable que les monstres américains, il pourra transporter jusqu’à 38 avions. Il fait partie d’une stratégie chinoise de maîtrise des mers.

 

Inde

Le pays vient de terminer la construction d’un nouveau centre de stockage de pétrole à Mangaluru. La réserve stratégique du pays atteint 41 millions de barils.

L’Inde a fait face à une nouvelle vague de pollution assez percutante. Il ne serait pas étonnant que le pays décide de prendre en main ce problème récurrent.

 

Japon

Suite à la catastrophe de Fukushima, le Japon se tourne vers le charbon. Le pays a ouvert 8 nouvelles centrales en 2 ans et 36 supplémentaires sont prévues dans les 10 prochaines années.

 

Vietnam

L’un des forages de Rosneft sur les côtes du Vietnam pose des soucis à l’entreprise russe. Il pourrait fâcher Pékin. Le gouvernement vietnamien confirme que le bloc est bien sous la juridiction et dans le périmètre du pays. Il demande à la Chine de respecter son droit souverain.

 

J’ai décidé de me retirer d’un accord avec la Corée du Nord que je n’ai pas fait. Fort. Décisif
Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Etats-Unis : Schiste

Le Wall Street Journal reporte que les pétroliers de schiste ont perdu 2 milliards $ depuis le début de l’année. En moyenne ils dépensent 1,13$ pour chaque dollar gagné.

Grâce aux taux d’intérêt proche de zéro, les pétroliers de schiste ont pu emprunter plus de 1’000 milliards $ entre 2006 et 2014 et perdre plusieurs centaines de milliards dont 7 ont été payés par la Banque Nationale Suisse. Avec l’augmentation des intérêts, certains pourraient avoir de la peine à rembourser leurs échéances.

Deux des trois plus gros exploitants des gisements d’Eagle Ford et du Bakken terminent l’exploitation de leurs meilleurs gisements de catégorie 1. Les résultats financiers du 2ème trimestre donneront une indication sur la rentabilité des catégories 2 et 3.

Le Bassin Permien, le plus grand gisement de schiste US, voit le ratio gaz/pétrole augmenter. Ce détail indique que les poches se vident de pétrole. Comble de malchance, les exploitants n’arrivent pas à commercialiser ce gaz, par manque de moyen de transports. Ils doivent ainsi le brûler sur place.

Quand un forage de schiste entre en fonction, le ratio eau/pétrole varie de 3:1 à 11:1. Le stockage et de traitement de cette eau mélangée aux produits chimiques devient une source de coûts importante pour les producteurs.

Le peak oil du schiste américain pourrait arriver d’ici à 2023. Cette bulle aura duré un peu plus de 10 ans.

 

Brésil

Le grand producteur pétrolier est en panne d’essence. Les routiers ont paralysé le trafic. Ils protestent contre l’augmentation de 21% des prix du diesel depuis juillet 2017 à cause de la remontée des cours et de la nouvelle politique de tarifs de pétrolier national Petrobras.

Comme le pays ne compte pas de réseau ferroviaire, les habitants et les marchandises sont entièrement dépendants des axes routiers. Du coup, les prix des denrées alimentaires ont flambé. Petrobras et le Président ont dû faire un geste. Le litre de diesel de 3,788 réais (88 ct €), baissera de 0,46 réais (-12%). Cependant, les grèves persistent.

Suite à la grève des routiers, le secteur pétrolier est également entré en grève. Les employés de PetroBras réclament une réduction des prix des carburants et du gaz de ville, la fin de la politique de vente d’actifs de Petrobras et la démission du président de cette compagnie pétrolière publique, Pedro Parente.

 

Dessin Chappate

 

Moyen Orient

Irak

Le gouvernement a signé un contrat de 25 ans avec la China ZhenHua Oil pour le développement d’un champ à proximité de Badgad.

Le Russe Rosneft a trouvé un nouveau champ pétrolier dans le sud du pays. Jusqu’à présent, Rosneft était surtout présent dans le nord et la partie Kurde de pays.

 

Arabie Saoudite

L’IPO sur la major pétrolière nationale, Saudi Aramco n’aura pas lieu cette année. Le gouvernement tente de vendre 5% des actions de son joyau, mais les investisseurs ne semblent pas se bousculer.

L’Arabie Saoudite a proposé à la Russie et aux membres de l’OPEP de remonter les quotas afin de compenser la perte de production du Venezuela et du Nigeria.

Plusieurs séries de missiles, tirés depuis le Yémen, ont été interceptés par Riyad. L’ambiance est toujours aussi chaude entre les différentes parties. Pour autant, aucune raffinerie et champ pétrolier n’ont encore été touchés.

Boston Dynamics, vendue par Google à l’Arabie Saoudite via la banque japonaise SoftBank, vient de sortir un nouveau robot assez effrayant.

 

«Les robots peuvent faire peur» Marc Raibert, fondateur de Boston Dynamics, propriété de l’Arabie Saoudite

 

Afrique

Libye

Une unité de la Libyan National Oil Corporation a dû fortement réduire sa production (-120’000 b/j). Les fortes chaleurs ont arrêté les turbines.

Plusieurs milices ont débuté des discussions pour redonner une certaine stabilité au pays. Depuis la chute de Kadhafi, la production pétrolière n’a jamais réussi à remonter à son niveau initial.

 

Nigeria

Le pays semble jouer continuellement la même partition. Les producteurs extraient du pétrole et les milices locales sabotent les pipelines ou détournent du pétrole alors que les pétrodollars finissent dans de petites enveloppes destinées aux membres du gouvernement.

Bref, la production nationale peine à dépasser les 2 millions b/j.

Pour apporter un peu de bonne humeur, 60 tankers pétroliers sont bloqués au terminal de Forcados. Ils n’ont pas trouvé preneur et alors que les coûts d’expéditions augmentent et que la Chine et l’Inde ont diminué leurs importations de pétrole nigérien.

 

Angola

Le président Joao Lourenco a réduit de moitié les taxes sur l’exploration pétrolière dans le pays. L’objectif, de ce membre de l’OPEP, est d’accélérer les investissements car les gisements en activité sont sur le point de rendre l’âme. Il ne resterait que 300 millions de barils dans le sol du pays.

 

Soudan

A cause d’une pénurie importante, le litre de diesel ne coûte plus de 5,6$ au marché noir. Inutile de préciser qu’à ce prix, une grande partie de la population doit se déplacer à pieds ce qui cause d’importants problèmes de transport.

 

Phrases du mois

«La Chine attend les demandes que les Etats-Unis vont mettre sur la table. Mais s’ils sortent un revolver et le pointe sur nous, ils peuvent terminer leur thé et partir.» Lü Xiang, Accadémie Chinoise des Sciences Sociale.

There is a lack of machines, there is a lack of tools, there is a lack of everything.” Patrick Pouyanne sur l’exploitation pétrolière au Venezuela

«Nous devons prendre très au sérieux la possibilité d’un pic des prix du pétrole, ne serait-ce que parce que ces pics ont précédé cinq des six dernières récessions.» UBS

How did we go from a president who could not tell a lie to politicians who cannot tell the truth?” Former New York City Mayor Michael Bloomberg

History suggests that financial abuses tend to multiply at the end of an economic boom. We are in the eighth year of an upcycle, yet President Donald Trump’s administration is loosening the rules on banks.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Pétrole de Schiste Américain: La tempête avant le calme

La poussée de fièvre à 70$ du baril est une excellente nouvelle pour les producteurs américains de pétrole de schiste. Après des années de pertes abyssales, ils pourraient enfin voir la fin du tunnel et générer des profits.

Cependant, cette lueur arrive au moment où les signes avant-coureurs d’un pic de pétrole de schiste aux USA émergent. Au lieu de temporiser et de thésauriser le précieux liquide dans le sol, les pétroliers ont préféré l’extraire immédiatement. Ironiquement, le calme temps revenu, c’est le schiste russe qui pourrait engranger les bénéfices.


Les années folles du schiste

Depuis 2006, les producteurs de schiste ont réalisé des prouesses pour convaincre Wall Street d’investir dans leur industrie. Après la crise de 2008 marqué par une pénurie de pétrole, l’émergence de ce nouvel or noir a permis de balancer l’offre et la demande, de faire chuter les prix et de relancer la croissance.

Mais durant cette dernière décennie, les investisseurs ont perdu plusieurs centaines de milliards $ devant l’incapacité des exploitants à forer à des coûts raisonnables.

Selon la Réserve Fédérale Américaine, le schiste US nécessite un baril à plus de 60$ pour atteindre le seuil de rentabilité. C’est chose faite depuis le début de l’année. Si le pétrole se traite à 70$ en Europe, il atteint les 64$ sur les marchés américains et la tendance est à la hausse.

On peut se demander pourquoi les pétroliers américains n’ont stratégiquement pas attendu la hausse des marchés pour exploiter leurs gisements. La question est également ouverte pour les investisseurs qui ont déversé à grande perte leur deniers.

 

Peak oil de schiste ?

Ainsi après une exploitation intensive, le schiste américain est en train de montrer des signes d’épuisement. Si la durée de vie d’un forage de pétrole conventionnel se calcule en décennies, deux à trois ans est la moyenne pour le schiste.

Le dernier et le plus prometteur des gisements, le Bassin Permien, est en croissance avec 129,58 milliards de litres extraits en 2017 soit 5 milliards de plus qu’en 2016. Ainsi les 2,75 millions de barils/jour (b/j) devraient booster la production américaine totale à 10,5 – 11 million b/j dans l’année à venir.

Mais dans les autres régions du pays, la vague est passée. Les statistiques n’indiquent aucune progression dans les gisements du Bakken, de Niobrara ou d’Anadarko. La croissance de schiste ne repose plus que sur le Bassin Permien et celui d’Eagle Ford.

Pour retarder l’issue fatale, les producteurs ont réussi à grappiller les dernières gouttes et à allonger la durée de vie des gisements grâce à de nouvelles techniques comme l’extension des forages à l’horizontal ou l’ajout de quantité énorme de sables pour faciliter la fracturation des roches.

Ces innovations ont permis l’allongement de la durée de vie de quelques mois, histoire de couvrir les coûts supplémentaires. Ainsi, bien que plus de pétrole soit extrait, le bilan financier n’est pas forcément meilleur.

 

Production des gisements de schiste aux USA
Source EIA

Les points de vue divergent sur le pic de schiste US, mais la fourchette converge vers 2019 et 2025. De son côté l’Agence Américaine de l’Energie ne voit pas de pic avant 2040. Mais son enthousiasme a souvent été rattrapée par la réalité du terrain.

Les exploitants, qui ont navigué dans la tempête pendant des années, se retrouveront à sec au moment de récolter les fruits.

 

Le Schiste Russe gagnant ?

Si l’Argentine ou la Chine font figure de nouvel eldorado du schiste, les quantités restent limitées.

C’est du côté de la Russie et des formations de Bazhenov que les regards se tournent.

A cause de l’embargo et privé du savoir-faire américain, les Russes ont pris un retard technologique important. Aujourd’hui, alors que les cours du baril montent, ils sont enfin prêts pour débuter l’extraction. Si les prix se maintiennent, ils pourront faire le plein de pétrodollars.

D’autant qu’a contrario des américains, qui ont compté sur les investisseurs privés, c’est à l’Etat Russe que cette manne devra être reversée.

 

 

Energies, Economie, Energies et Pétrole: Revue Mondiale Novembre 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Allemagne: Un paysan péruvien poursuit judiciairement RWE
– Arabie Saoudite: Les grands nettoyages préoccupent
– Algérie: Sonatrach va investir 2 milliards $ dans le gaz
– USA: Waow! Musk annonce son camion électrique: le Tesla Truck
– France: ENGIE fait des tours de passe-passe
– USA: Un saut périlleux pour un robot ou pour l’humanité?
– Chine: Le pays a supprimé des millions de chauffages à charbon.


 

Les membres de l’OPEP se sont rencontrés. Les “quotas diminués” resteront inchangés jusqu’à la fin 2018. Les premiers jours de décembre montreront si le dicton “buy the rumor and sell the news” s’applique une fois de plus.

Le baril termine le mois à 63.11$ à Londres (60.90 fin octobre) et 57.30$ à New York (54.15 fin octobre).

L’uranium monte à la vitesse d’un missile de croisière lancé par la Corée du Nord dans le ciel asiatique. Gros bond ce mois. Il termine à 25.50$ (20.15$ fin octobre).

Graphique du Mois
Marché du pétrole Offre / Demande 2020-2040
selon l’Agence Internationale de l’Energie

Graphique les Echos

Monde

L’Agence Internationale de l’Energie estime la production pétrolière mondiale grimpera à 98,5 millions barils/jour (b/j) en 2018 ou 15,6 milliards de litres/jour (moyenne de 2 lt/jour par habitant).

En 2017, 41 milliards de tonnes (+2%, 2016) de CO2 ont été ajoutées grâce aux énergies fossiles. Les 10 principaux pays émetteurs sont, dans l’ordre: la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, la Russie, le Japon, l’Allemagne, l’Iran, l’Arabie saoudite, la Corée du sud et le Canada.

Le Bitcoin a dépassé les 11’000$. Ayons une pensée émue pour tous ceux qui ont hésité à investir, il y a quelques mois, alors que le Bitcoin était à 200$!

 

Peak oil

Statoil, Norvège ou Shell, Hollande prédisent que la demande de pétrole pourrait piquer entre 2025-2030.

Chevron et Exxon Mobil ne voient pas de peak oil en vue.

L’OPEP s’aligne sur l’IEA en penche pour 2040.

 

Allemagne

Une fois n’est pas coutume, commençons par le pays d’Angela Merkel (dont l’objectif actuel est de tenter de former un nouveau gouvernement).

Alstom va construire 14 trains Coradia à hydrogène. Les trains vont remplacer les locomotives diesel en Saxe. Linde Group produira l’hydrogène.

L’Allemagne est souvent pionnière dans la production d’énergie pour au final se faire coiffer au poteau par la Chine. Ainsi après le solaire, c’est au tour de l’éolien. Le constructeur d’éoliennes Gamesa, qui appartient à Siemens, annonce la suppression de 6’000 emplois. Le géant allemand est confronté à une forte baisse d’activité et une concurrence féroce de… la Chine.

Siemens annonce une deuxième vague de licenciements avec plus de 6’900 emplois au sein de ses activités énergie. Environ 2’600 postes doivent disparaître en Allemagne, plus 3’600 dans d’autres pays, notamment aux Etats-Unis. A cela s’ajoute la suppression prévue de 760 emplois dans les départements techniques de transmission et industrie de transformation.

Siemens, qui espérait voir les centrales à gaz occuper une place privilégiée à côté des énergies renouvelables, déchante. Le solaire et l’éolien imposent un système où la production d’énergie est de plus en plus décentralisée et rendent les grandes centrales de moins en moins compétitives.

Le géant E.ON a reçu 11,6 millions $ de la commission européenne pour établir entre la Norvège et l’Italie un corridor électrique de 180 stations de recharges électriques pour voitures.

La justice allemande a accepté d’examiner la requête d’un paysan péruvien, qui demande au géant de l’énergie RWE de réparer les effets du changement climatique dans les Andes. Les magistrats vont examiner les liens entre les rejets polluants de RWE et les dommages constatés au quotidien par Saul Luciano Lliuya, agriculteur et guide de haute montagne à Huaraz, Pérou. Le groupe allemand RWE est l’un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre de la planète, bien qu’il n’ait aucune centrale au Pérou.

 

Arabie Saoudite

La situation du plus grand producteur pétrolier de l’OPEP donne des frissons. Si la situation devait basculer, l’impact se fera ressentir au niveau mondial.

Suite aux décisions du Gouvernement, il est très difficile de connaître l’impact des changements dans le pays. La tendance est d’offrir plus de liberté sociale, mais sans liberté politique. Comme plus de 50% de la population du royaume a moins de 30 ans, cette option contente la majorité mais crispe la minorité bien plus puissante.

Le fils du Roi Salman, Mohammed bin Salman (MbS) tente de renforcer son assise avant que cela ne se termine, ou pas, par son assassinat. Est-ce que les dignitaires menacés par le jeune Prince trouveront le support nécessaire auprès des services de sécurité et de l’armée pour préparer un coup ?  La question n’a pas encore de réponse.

A la tête du pays, MbS a instauré une loi anti-corruption qui lui permet d’écarter ses rivaux, dont la 45 ème plus grande fortune mondiale, le Prince Alwaleed bin Talal et ses 18,7 milliards $. Plusieurs centaines de dignitaires, ministres, hommes d’affaires et membres de la famille royale ont été également emprisonnés dans des conditions qualifiées de rustique. Le gouvernement est en position de leur confisquer 800 milliards $ de fortunes personnelles. Ce pactole permettra au jeune Prince d’avancer dans le financement de sa stratégie 2030 de la Nouvelle Arabie Saoudite.

Le FMI estime que l’Arabie Saoudite a besoin d’un baril à 70$ pour équilibrer son budget 2018.

Le FMI estime que l’Arabie Saoudite a besoin d’un baril à 70$ pour équilibrer son budget. En 2014, il fallait un baril à 96$ pour équilibrer les comptes. La diminution des subsides et les réformes financières montrent le chemin parcouru en quelques petites années.

Le directeur de Total, Patrick Pouyanne pense que les réformes sociales et économiques pourraient être un peu trop ambitieuses et le temps imparti un peu trop court.

Dessin Chappatte

USA

Via la nouvelle réforme de l’imposition, le gouvernement Trump va soutenir le charbon, le gaz, le pétrole et le nucléaire. L’éolien, l’hydraulique et le solaire ont été soigneusement écartés du programme républicain.

Pour la première fois en 30 ans, les importations pétrolières US en provenance d’Irak ont surpassé les importations d’Arabie Saoudite. Les livraisons canadiennes sont également en hausse à 3,43 millions b/j au lieu de 2 millions, il y a 7 ans.

La moyenne de la consommation des voitures américaines repart à la hausse. Durant les 10 dernières années, elle était passée de 11,5 lt/100km à 9,2 lt/100km. Cependant, depuis août 2014, elle est remontée à 9,4 lt. On pourrait corréler cette variation avec l’amélioration économique du pays et la sortie de la crise de 2008.

Le taux de croissance du PIB Américain est de 3,3% pour le 3ème trimestre. Trump a immédiatement repris cette nouvelle à son compte d’autant que le compteur du 2ème trimestre indiquait 3,2%. De plus, pour la première fois le Dow Jonnes dépasse les 24’000 points. Que demander de plus?

Google débute ses tests à Phoenix, USA, avec une voiture 100% autonome sans aucune personne au volant.

Elon Musk, le CEO de Tesla annonce la conception d’un camion électrique. Une fois l’effet “Waow” passé, la calculatrice montre que la quantité d’électricité pour recharger les 1’600 kWh de la batterie, correspond à la consommation quotidienne de 4’000 ménages.

Tesla a annoncé la construction d’une usine à Shanghai, Chine. Particularité, c’est la première fois qu’un constructeur automobile n’a pas besoin de s’associer à un partenaire local. Cela permettra à Tesla de diminuer les coûts de vente et d’exporter ses voitures en Europe à meilleur prix. Nous sommes en train d’assister au transfert de la production de voitures en Chine.

Le nouveau Directeur de General Electric (GE), John Flannery, débute son mandat en se débarrassant de 24’000 employés et annonce une focalisation sur l’aéronautique, la santé et l’énergie.
GE, dont la capitalisation boursière a fondu de plus de 100 milliards $ depuis janvier, va également céder ses activités dans l’électricité ainsi que vendre le groupe de services pétroliers américains Baker Hughes, dont il détient 63% du capital. BH avait été acheté l’année dernière seulement. La branche GE Power, qui comprend Alstom, devrait également jeter à la casse nombre de ses employés.

Boston Dynamics. Un saut périlleux pour un robot ou pour l’humanité

Europe

Les autorités nucléaires russes ont confirmé que le nuage radioactif de Ruthénium-106, qui a traversé le Sud de l’Europe entre fin septembre et mi-octobre, est une bénédiction pour la santé. En tout cas, moins dangereux que de manger 5 fruits Monsanto-Bayer-Syngenta par jour. Le centre de retraitement et de stockage de déchets nucléaires de Maïak, dans l’Oural a relâché des doses qui dépassent de 986 fois la moyenne du mois d’août. Est-ce un accident nucléaire?

Du côté des Services du Nucléaire Européens, on félicite l’excellent travail des douaniers qui ont réussi à bloquer les nuages aux frontières. Cet incident souligne les progrès réalisés par l’industrie nucléaire dans les domaines de la transparence.

Par année, le manque à gagner de l’évasion fiscale élaboré par les entreprises dépasse les 350 milliards € (par an), dont 120 milliards € pour l’Europe et 20 milliards pour la France.

Après une petite frayeur, tout est finalement rentré dans l’ordre. BAYER-Monsanto et Syngenta ont réussi à convaincre les pays européens de plébisciter les produits agro-pétro-chimiques. Le Rundup pourra être commercialisé, sans ombrage, pour les 5 années à venir et plus si entente.

Dessin: l’excellent Chappatte

 

Norvège

Le fonds souverain Norvégien de 1’000 milliards $ propose de sortir 35 milliards $ d’investissements dans le pétrole et le gaz. Cette annonce du No 1 mondial est un choc pour l’industrie pétrolière. Il fait également part de la tendance de désinvestissement dans les énergies fossiles des grandes institutions bancaires. Le Ministre Norvégien des Finances a annoncé qu’il allait étudier la proposition et que la décision tombera dans une année.
<Insérez ici une pensée émue pour la Banque Nationale Suisse et ses 5 milliards $ d’investissements dans le fossile américain.>

Un arrêt, pour recharger sa voiture électrique entre Oslo et Lillehammer, ne prendra plus que 10 minutes. Un premier système ultra rapide est installé à Circle K à Dal à 30 minutes au nord d’Oslo.

 

Russie

Vladimir Poutine utilise de plus en plus le pétrole comme arme stratégique dans le but d’augmenter son influence dans le monde. Revers de la médaille, Moscou prête à des pays instables, comme le Venezuela, et le retour sur investissement n’est pas garanti.

Les compagnies pétrolières russes n’espèrent pas une levée des sanctions américaines dans les mois à venir. D’ailleurs, elles ont trouvé des solutions et du réconfort auprès des partenaires et des banques asiatiques.

La construction du gazoduc Turkish Stream avance. Le gazoduc copie l’ex projet Russo-Européen South Stream abandonné par l’Europe. Corolaire de cette décision, les Européens devront acheter leur gaz russe via la Turquie au lieu de l’Ukraine. L’arrivée du Président Turc Erdogan dans l’équation énergétique européenne apporte une inconnue de plus.

La Russie a la capacité d’augmenter sa production pétrolière de 4-5%. Avec la hausse des prix du baril, Moscou devrait passer confortablement l’année 2018.

Le champ pétrolier de Sakhalin-1, opéré par l’américain ExxonMobil, va produire 250’000 b/j de plus dès le premier trimestre 2018.

L’équipe de football américaine ne s’est pas qualifiée pour les Championnats du Monde FIFA qui auront lieu en Russie. L’Italie non plus…


Dessin Chappatte
chappatte.com

Italie

Le gouvernement a dévoilé sa stratégie nationale pour sortir de l’électricité au charbon d’ici à 2025 en propulsant les énergies renouvelables. L’Italie a l’ambition de passer de 17,5 à 28% d’énergies renouvelables.

 

Angleterre

Les prestigieuses Universités de Cambridge et d’Oxford trempent dans les Paradise Papers. Pour contourner les impôts, les deux institutions ont investis des dizaines des millions de dollars dans l’exploitation pétrolière via les Iles Cayman. Les deux universités, soutenues par des fonds publics, avaient annoncé en 2014 ne plus investir dans des actifs pétroliers.

 

France

Grâce aux aides financières du gouvernement, l’essence SP95-E10, avec 10% d’éthanol à base de céréales, est la plus vendue dans le pays (part de marché de 38,5%).

Le géant français de l’énergie ENGIE (ex GDF Suez) a délocalisé 1’200 emplois de France pour diminuer ses coûts. Les services administratifs et centres d’appels iront en Pologne, la comptabilité en Inde et la R&D en Chine.

On est tellement bien qu’on reste chez ENGIE. Grâce à un montage financier appelé «Projet Salmon», le géant français a rapatrié d’Australie 1 milliard $ de bénéfices en 2012. Les gourous de la fiscalité ont permis à l’entreprise française, qui appartient également à 24% à l’Etat français, d’économiser plusieurs dizaines de millions d’euros d’impôts selon les Paradise Papers.
La question absurde du mois: “Quel est l’intérêt de l’Etat Français à faire de l’optimisation fiscale pour ne pas payer d’impôt à l’Etat Français?

Areva a été perquisitionné pour une vente d’uranium au Niger en 2011. «L’Uraniumgate» pèse 320 millions $.  Areva avait vendu le stock d’uranium à la société russe, Energo Alyans, qui l’avait ensuite revendu à la société Optima Energy Offshore au Liban. Quelques jours plus tard, Optima avait vendu l’uranium à la Société de Patrimoine des Mines du Niger (Sopamin), contrôlée par l’Etat nigérien. Areva avait alors racheté ce stock à la Sopamin à un prix supérieur à celui auquel il l’avait cédé au départ. Vous suivez toujours?
Au total une plus-value de 82 millions de dollars pour Energo Alyans, inconnue des traders et qui aurait totalement disparu peu de temps après les faits.

Si l’énergie éolienne peine à prendre pied en France, c’est surtout à cause de l’armée! Ainsi avec des prescriptions par rapport à ses radars, ses avions et ses hélicoptères, la grande muette a bloqué l’implantation de 3’500 éoliennes sur le territoire tricolore. Une nouvelle demande est pendante avec l’élargissement du périmètre à 70 km autour des radars. Si elle est acceptée, aucune nouvelle éolienne terrestre ne devrait voir le jour en France.

Suisse

L’entreprise Meyer Burger délocalise en Chine sa production de scies pour la découpe du silicium des panneaux solaires. 180 emplois sont supprimés en Suisse.

Le géant minier Glencore connut pour acheter des mines et extraire les matières premières dans la plus grande opacité, fait partie des plus grands joueurs des Paradise Papers. Pour échapper au fisc et dissimuler ses mécanismes de corruptions, elle a ouvert 107 sociétés offshores. Qui trouve-t-on à sa tête? M. Anthony Hayward en personne!
Sir Hayward était l’improbable CEO de BP lors de la catastrophe de Deepwater Horizon en 2011 dans le Golfe du Mexique. On aurait pu croire ce personnage non-recommandable en prison. Mais non, il se retrouve à la tête de cette entreprise encore moins recommandable. On peut y déceler une certaine consistance.

La centrale nucléaire de Leibstadt, Argovie, doit remplacer 22 éléments de combustibles avariés livrés par Areva. Le coeur du réacteur contient 648 éléments combustibles et 62’000 barres de combustibles. Areva explique qu’après la découverte d’une barre de combustible présentant une fuite dans son usine de fabrication de tubes à Paimboeuf, en Loire-Atlantique, en France, des tests ont montré que des barres qui auraient dû être refusées ont été fournies à des compagnies électriques.

Le Telsa Truck présenté par Elon Musk

 

Les Amériques

USA Schiste

Dans ses prévisions World Oil Outlook 2018, l’OPEP prévoit que la production américaine de pétrole de schiste va atteindre 7,5 millions b/j en 2021 (5,1 aujourd’hui). Le cartel pense que la production US va atteindre le peak oil en 2025 et décliner en 2030. La compétition entre le schiste US et l’OPEP devrait durer encore 7 ans.

La production du Nord Dakota pourrait remonter à 1,1 million b/j d’ici à la fin décembre. Si le baril tient à 60$ la production pourrait monter à 1,6 million b/j.

Bien que les grands acteurs comme Exxon ou Chevron ont les reins assez solides pour supporter des pertes, les petits acteurs de schiste sont sous la pression des investisseurs pour se focaliser sur la maximalisation des dividendes au lieu de la maximalisation de la production. La hausse des prix du baril pourrait apporter une bouffée d’air, mais la question est de savoir à quel tarif ces entreprises sont profitables.

Venezuela

La compagnie pétrolière nationale, PDVSA, n’a pas réussi à effectuer le remboursement 28 millions $ d’obligations. De son côté, le gouvernement de Nicolás Maduro n’a également pas pu honorer les 350 millions $ d’intérêts à payer sur les dettes du pays. Le président désire restructurer les 63 milliards $ de dettes du pays. En d’autres mots, il propose d’effacer l’ardoise alors que paradoxalement l’administration Trump interdit toute discussion financière avec le pays. La Chine et la Russie sont également très impliquées dans ce dossier d’autant que de grandes quantités de pétrole sont en jeu.

La production pétrolière du pays pourrait glisser à 1,8 millions b/j soit le plus bas niveau depuis 30 ans. Elle peut fortement influencer les prix du baril au niveau mondial.

Le Président Maduro a remplacé le PDG de PDVSA ainsi que 5 directeurs, mais dans l’état de délabrement de l’entreprise, il n’y a rien à attendre de nouveau.

Dessin Chappatte.com

 

Asie

Chine

Le président Trump s’est rendu en Chine avec 40 entreprises. A l’issue de la rencontre Donald Trump s’est félicité d’avoir conclu pour 253 milliards $ «d’accords commerciaux» ainsi que la baisse de certaines taxes sur des produits importés. En terme diplomatique «accords commerciaux» signifie: protocoles non contraignants et non signés. Bref, des accords qui ont la valeur d’un tweet. Par contre, le Président Xi s’est montré intéressé au gaz d’Alaska où les investissements pourraient monter jusqu’à 43 milliards $.

Le gouvernement a demandé l’arrêt de 44’000 boilers à charbon utilisés par les entreprises afin de générer de la vapeur ou de l’électricité. La transition s’effectue avec le gaz.

Pékin a demandé aux ménages et aux particuliers de ne plus utiliser les fourneaux à charbon pour se chauffer. A la place des millions d’installations à gaz ont été installées. Comme ce début d’hiver est rigoureux, Pékin ratisse les marchés pour tenter de combler la pénurie. Les importations grimpent de 3,82 millions tonnes pour l’hiver 2016 à 5,81 pour 2017.

 

Inde

A Delhi, la pollution a fait frémir tous les records au point de fermer 4’000 écoles pendant une semaine. L’utilisation des véhicules à moteur a été limitée. Le responsable de la ville a qualifié la situation de «chambre à gaz».

Le pays ambitionne de cesser de vendre des voitures thermiques d’ici à 2025, mais l’Inde affiche actuellement des ventes record de véhicules. L’Inde est également devenue une intéressante option de recyclage des voitures diesel à moteurs truqués pour les constructeurs allemands, français et américains.

Dans l’Etat d’Uttar Pradesh, l’explosion dans une centrale thermique au charbon s’est soldée par 26 morts. La centrale, d’une capacité de 1550 mégawatts, fournit de l’électricité à neuf Etats de l’Union indienne.

 

 

Moyen-Orient

Yémen

Le lancement d’un missile tiré du Yémen en direction de l’Arabie Saoudite a été interprété par le Prince comme un acte de guerre contre le royaume. Riyad pense que le missile intercepté a été livré par l’Iran.

Malgré plusieurs dizaines de milliards $ de dépenses militaires, l’Arabie Saoudite n’arrive pas à faire plier les Houthis yéménites. Le seul résultat tangible est l’enlisement de Riyad dans cette guerre.

Ce mois, l’Arabie Saoudite a décidé de bloquer les ports du Yémen pour augmenter la pression. Les Houthis ont immédiatement menacé de s’attaquer aux tankers pétroliers. Le même jour, Riyad a levé le blocus.

 

Syrie/Irak

Le président Kurde, Barzani, a démissionné après avoir réussi avec succès le référendum sur l’indépendance.

La relation entre les Kurdes et Bagdad reste volatile. Depuis l’annonce de l’indépendance des Kurdes, Bagdad a récupéré la ville et les forages pétroliers de Kirkuk. Dans un nouveau changement de direction, les Kurdes ont proposé au gouvernement irakien de céder l’exploitation de tous leurs champs pétroliers contre une rémunération de 17% du budget de l’Etat. En réponse, Bagdad n’en propose que 12,6%. Les disputes, qui durent depuis des décennies, sont loin d’être terminées. Rendez-vous le mois prochain.

Lors de la chute de Raqqa, la coalition internationale emmenée par les USA et les Européens ont passé à un accord avec l’Etat Islamique afin de laisser s’évader plus de 300 combattants avec leurs armes. Les bus et camions ont été mis à disposition par la coalition.
Sont évoqués des jihadistes venus de France, Turquie, Yémen, Pakistan, Egypte, Chine, Tunisie, selon un reportage de la BBC.

BBC: L’accord secret entre les USA et l’Etat Islamique

 

Iran

La National Iranian South Oil Co qui produit le 80% du pétrole iranien annonce que sa production a augmenté de 1 million b/j cette année.

Le PDG du Russe Rosneft, M. Sechin, a annoncé la conclusion d’un plan d’investissement de 30 milliards $ pour développer des projets pétroliers et gaziers en Iran. La tactique de Vladimir Poutine, pour remplacer les USA comme acteur majeur au Moyen-Orient, sont facilités par l’administration Trump.

Alors que l’équipe Trump aiguise les sanctions contre Téhéran, Moscou en profite pour resserrer les liens. Si Washington devait persister, la Chine et la Russie pourraient être les grands bénéficiaires. Dans la même veine, Total a ouvert des bureaux à Washington pour mieux justifier, à l’Administration US, les bienfaits de sa présence et les milliards investis en Iran.

Gazprom annonce la construction d’un gazoduc entre l’Iran et l’Inde. Les entreprises russes, du Pakistan, de l’Inde et de l’Iran vont construire ce gazoduc de plus de 1’200 km. La traversée du Pakistan pourrait offrir, à certains groupes rebelles, des idées de pression sur le gouvernement.

Les exportations du brut iranien en direction de la Chine, l’Inde, la Corée du Sud sont en hausse à 1,9 million b/j en octobre.  (+5,1%).

Investissements dans les majors pétrolières du fonds souverain norvégien
Source Bloomberg

 

Afrique

Nigeria

Le porte-parole des «Niger Delta Revolutionary Crusaders» ont demandé aux employés de Total, Chevron, BP, Agip et Mobil de ne pas rester dans les zones de production car le groupe pourrait reprendre ses attaques contre les pétroliers. En échange d’une certaine tranquillité, la milice demande de petites enveloppes.

Algérie

Sonatrach va investir 2 milliards $ dans le gisement gazier de Hassi Rmel afin de stabiliser la production. Le champ représente le 60% de la production nationale.

Phrases du mois

“Il y a une complaisance à penser que le pétrole de schiste va continuer à produire les quantités de volume que nous avons obtenues par le passé. Si le monde continue de croire que nous avons un surplus aussi loin que nous puissions voir, la réalité va nous éclater à la figure. Il sera difficile de s’en remettre.” Jim Brillant, portfolio manager, Century Management

Vehicles of the future will no longer be driven by humans because in 15 to 20 years — at the latest — human-driven vehicles will be legislated off the highways. The tipping point will come when 20 to 30 percent of vehicles are fully autonomous. Countries will look at the accident statistics and figure out that human drivers are causing 99.9 percent of the accidents.”  Bob Lutz

Si l’on voulait vraiment s’intéresser au CO2 et le réduire, l’on réduirait alors la taille et le poids des véhicules”. Vu l’avalanche de SUV sur le marché, ceci n’est pas près d’arriver.”

Sources: avec Tom Whipple de Aspo USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Pour lire la revue complète. 2000Watts.org

Pétrole, le calme avant la tempête

Oil-Storm Depuis que le prix du baril a chuté, les inquiétudes sur les quantités de pétrole à disposition ont pratiquement disparu des écrans tout comme les mots « peak oil » dans les recherches de Google.

Sur le terrain, le sentiment est tout autre. Les faillites s’enchaînent et même l’Agence Internationale de l’Energie s’inquiète. Motif : l’industrie n’est plus capable de faire coïncider offre/demande. Elle n’arrive plus à répondre à l’équation : offrir un prix assez bas pour stimuler la demande et extraire à un tarif assez élevé pour couvrir les coûts d’exploitation.

Ainsi aux USA uniquement, plus de 90 entreprises ont mis la clé sous le paillasson durant les 18 derniers mois et 183 sont dans une position précaire selon Debtwire.

Il y a à peine 10 ans, Exxon Mobil, Chevron et BP devaient expliquer au Gouvernement Américain la raison de leurs profits jugés indécents. Aujourd’hui, les mêmes entreprises doivent s’endetter pour effectuer des forages aux coûts exponentiels. Elles pourraient même être dans l’incapacité de payer des dividendes à leurs actionnaires qui sont de plus en plus nombreux à quitter le navire. C’est ainsi que plus de 500 milliards $ d’investissements ont été biffés et plus de 100 milliards $ engloutis dans les faillites.

 

La surproduction continuera en 2017
Les nuages continuent de s’amonceler. L’Agence Internationale de l’Energie pense que la surproduction continuera en 2017. Corolaire de cette situation, le maintien du prix du baril sous la barre des 50$ continue de bloquer la relance des investissements.

Bloomberg_OilDécouvertes pétrolières depuis 1947
Les nouveaux gisements sont tombés au niveau le plus bas depuis plus de 60 ans.
Source Bloomberg

Un capharnaüm
La production mondiale atteint le record de 95 millions de barils/jour grâce au mélange entre le pétrole traditionnel et le non conventionnel comme le schiste, l’offshore, l’Arctique ou les sables bitumineux. Les pétroliers extraient un maximum avec l’objectif de payer les factures les plus urgentes et de survivre un mois de plus.

Du côté de la demande, la baisse des importations chinoises, la faiblesse de l’activité économique mondiale, la désindustrialisation et l’efficience énergétique diminuent l’appétit.

Par le passé, l’Arabie Saoudite tenait le rôle de gendarme mondial avec sa capacité et sa volonté de moduler sa production pour coller à la demande. Le plus grand producteur mondial a abandonné cette régulation sans trouver de remplaçant. C’est à se demander comment il est possible de laisser sans gouvernance une matière première aussi stratégique.

 

Le pétrole prit entre l’enclume et le marteau
Le pétrole s’est imposé comme la matière première essentielle au développement de notre Economie et plus particulièrement dans les transports avec une part de marché de 95%. Si les bateaux, camions, trains ou avions étaient privés de ce combustible, le monde s’arrêterait pratiquement de tourner. Même pour extraire du pétrole, du charbon, de l’uranium, du gaz ou pour produire de l’électricité, des éoliennes, du solaire, le pétrole est incontournable. Nous avons basé notre économie sur la présomption et l’idéal qu’il était inépuisable.

Depuis 150 ans, des quantités phénoménales de pétrole ont été extraites selon le concept des fruits les plus accessibles en premier. Aujourd’hui, il faut une échelle et elle ne suffit bientôt plus.

Si au début du 20è siècle, il faillait 1 baril de pétrole pour en extraire 100, le schiste ou le bitume nécessitent 1 baril pour en produire entre 3 et 10. D’un pétrole léger qui affleurait le sol, nous devons actuellement creuser à plus de 3-4-5’000 mètres avec des techniques de plus en plus onéreuses. Alors que les coûts d’exploitation stagnaient à 10$ le baril au début des années 2000, ils ont été multiplié par 5 et parfois 10. Le découplage actuel entre le prix de vente et le prix de production détruit l’industrie alors que dès que le baril passe sur les 100$, il électrocute la croissance et cette fois c’est l’Economie qui s’écroule.

 

Substitution, Electrification et Consommer local
Dans le domaine des transports, la tendance est à substituer le pétrole par l’électricité. Si l’idée peut sembler réaliste pour les vélos, les motos ou les voitures, les batteries actuelles permettent difficilement de transporter les lourdes charges des camions, des avions de ligne ou des bateaux cargos, même si certains constructeurs comme Proterra tente une incursion sur le sujet.

D’autres technologies, comme l’hydrogène font leur bonhomme de chemin mais de l’eau va devoir couler sous les ponts avant d’obtenir des résultats solides.

Une résultante semble inéluctable et rappelle le peak à 147$ de 2008: la diminution des transports de marchandises et un ralentissement des échanges internationaux. Le «consommer local» pourrait devenir très tendance.

Chevy_Bolt
Chevy Bolt : 100% électrique

Recherche Homme d’Etat
Devant la tempête qui s’annonce, le pragmatisme suggèrerait de minimiser l’impact économique du pétrole sur les entreprises et les citoyens.

La Norvège, la Finlande et la Suède sont en train de réduire drastiquement leur dépendance au pétrole. En octobre, la Hollande va voter sur l’interdiction de la vente de voitures à essence/diesel dès 2025. La Chine s’est lancée dans un programme à son échelle.

Les USA conscients de ce problème tentent de réinstaurer les trains électriques et se profilent dans d’électrification des véhicules. Même le dinosaure General Motors, propose une solution avec la Chevy Bolt à 37’000$ qui concurrencera la nouvelle Tesla.

En Europe, la France fait de la France. L’Allemagne pompe le gaz/pétrole russe et la Suisse fait rimer son programme d’énergie 2050 avec green washing. Tous ces pays sont dans l’attente de voir émerger dans cette bouillabaisse d’hommes politiques un homme d’Etat capable de relever les défis sans avoir les yeux rivés sur les sondages. Dans le renouvellement politique qui s’annonce aux quatre coins du monde , une perle rare pourrait émerger.

En attendant, le pétrole s’approche de l’œil du cyclone.

Energies et Economie: Revue Mondiale Août 2016

Monde_Map_OilDans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– Mais où va le baril de pétrole?
– USA: Exxon, Chevron, BP: les majors à la peine.
– USA: Quand une entreprise attaque judiciairement le Gouvernement
– Arabie Saoudite – Russie: un remake du gel de la production
– France: Entre nucléaire, Total, Renault et les élections
– Chine: Le pays aurait-il atteint son peak oil?
– Russie et Turquie: les nouveaux amis énergétiques.

Le pétrole ne sait plus où aller. Après l’annonce du gel de la production de la Russie et de l’Arabie Saoudite il est grimpé pour redescendre et terminer à 48.37$ à Londres (50.61$ à la fin juin) et à New York 46.35$  (49.88$ fin juin).

L’uranium chute. Mais chut! 25,25$ en ce mois d’août (27$ fin juin).

Les revenus de l’OPEP ont diminué de 46% à 404 milliards $ durant 2015 en comparaison avec 2014. C’est autant d’argent qui n’a pas été exportés par les pays importateurs.

 

Monde

L’Arabie Saoudite et la Russie ont refait le coup du «nous allons diminuer notre production» le mois prochain à la réunion de l’OPEP à Alger. Il n’en fallait pas plus aux traders pour se précipiter sur le baril et le pousser à la hausse. En pratique, on ne sait plus où le stocker et il déborde de partout. Une chose est certaine : personne ne sait où va le pétrole, mais aux environs de 50$ il semble apprécier ce coin douillet.

Du côté Ambiance: la situation politique au Moyen-Orient se désagrège, les températures de la planète pulvérisent les records, la population continue de croitre, l’économie chinoise, qui a été le moteur mondial depuis des années, boit la tasse et le poids de la dette atteint des sommets.

BP, Chevron et Exxon ont atteint un niveau record de dettes alors que le baril est à 50$. Elles pourraient avoir des difficultés à payer des dividendes alors qu’il y a juste 10 ans, elles étaient devant le Congrès US pour s’expliquer sur leurs profits outrageux.

La production pétrolière mondiale serait de 96 millions b/j selon l’IEA. L’OPEP avec ses 33,21 millions b/j est le plus grand producteur.

Europe

Allemagne

VW pourrait trouver une nouvelle croissance dans la commercialisation de voitures électriques. Le constructeur allemand effectue le grand écart entre ses moteurs diesels et ceux de la nouvelle génération électrique. VW montre une fois de plus que les changements surviennent lors de crise.

Poussé par Tesla, le chinois BYD et VW le marché de la batterie pourrait atteindre 10 milliards $ en 2020 et 25% du marché des voitures pourrait être électrique d’ici à 25 ans. La planète ne comptait que 6’000 voitures électriques en 2009 et 1,2 million l’année dernière.

Publicité de BMW contre Tesla

France

Le géant pétrolier Total est fortement secoué par la baisse du baril et par la difficulté de trouver de nouveaux gisements pétroliers. Total est probablement la major pétrolière qui se trouve au plus proche du mur! Une reconversion vers les énergies renouvelables est tentée. Total en a profité pour racheter une entreprise active dans la recharge de voitures électriques pour leurs stations d’essence.

 

Angleterre

L’Angleterre a donné son aval pour la construction de la plus grande centrale éolienne au monde avec 300 machines et une production égale à 2 centrales nucléaires. Coûts : 7 milliards €.

 

Russie

La chute du rouble a permis aux acteurs pétroliers de s’en sortir et de continuer à explorer de nouveaux champs. Rosneft a poussé sa production de 500’000 barils à 4,1 millions b/j et a augmenté le nombre de forage de 48% depuis juin 2015. De son côté Gazprom Neft a mis en exploitation 32 forages en Arctique dans la mer de Pechora. 10 millions de barils ont été extrait de barges capables de résister aux glaces hivernales.

La Russie et la Turquie se sont mis d’accord pour la création d’un gazoduc qui livrerait du gaz à la Turquie et permettrait de réaliser une extension capable de livrer l’Europe. Du côté géostratégique, la Russie, l’Iran et la Turquie se trouvent une amitié pour peser de tout leur poids au Moyen-Orient. La Turquie s’est même excusée auprès de Poutine pour l’avion russe abattu en Syrie.

Gazprom espère livrer plus de pétrole à l’Europe grâce à la baisse de production hollandaise. De son côté la Pologne désire cessez ses importations de gaz à la Russie et se tourne vers l’Iran. La Pologne est un peu agacée par la situation entre l’Ukraine et la Russie.

 

Les Amériques

USA

Les 3 présidents : Mexique-Canada-USA désirent que le 50% de l’électricité produite en 2025 devienne verte. L’objectif est global pour la totalité des 3 pays et non un objectif par pays. L’avis de Trump n’a pas été demandé.

Selon Haynes and Boone, 90 entreprises pétrolières américaines ont mis la clé sous le paillasson durant les 19 derniers mois avec des factures impayées de 66,5 milliards $. C’est au Texas que la casse est la plus grande : 44 entreprises pour 29,5 milliards $.

Il manque une génération dans l’industrie pétrolière. A la fin des années 80, beaucoup d’entreprises avaient dû se séparer de leurs employés. Une génération entière a été poussée hors de cette industrie. Les 30 et 50 ans sont sous représentés alors que les baby boomer partent à la retraite.

L’IEA, International Energy Agency, annonce que la part de marché du Moyen-Orient atteint les 34% avec 31 millions b/j. C’est le plus haut niveau depuis 1975 (35%).

Murray Energy, la plus grande entreprise de charbon privée, annonce qu’elle va licencier 4’400 employés (80%) à cause d’un marché du charbon en chute libre.

Oklahoma a vu le nombre de tremblement de terre diminuer suite au ralentissement de la production de schiste en 2016. Le départ de KD (Kevin Duran) pour Golden States est certainement le plus grand tremblement de terre qu’à subit la ville durant ces été (basketball pour les non initiés).

Il devrait neiger prochainement. Exxon Mobil tourne sa veste et soutient une taxe sur le carbone pour limiter les changements climatiques. Bon, nul doute que la major va tout faire pour freiner le processus, mais c’est déjà un revirement de situation impressionnant pour celle qui a toujours combattu le réchauffement climatique, quitte à soudoyer des scientifiques (même s’il n’est pas très difficile de soudoyer un scientifique).

L’Etat de Californie poursuit en justice Valero Energy et Chevron pour s’être entendu sur les prix de la vente d’essence. Shell Phillips 66, Tesoro, Exxon Mobil sont également sous investigation. Douter de l’intégrité des pétroliers, n’est pas chose commune aux USA.

La vente des voitures électriques pourrait atteindre 200’000 unités cette année et une croissance de 60% durant les années à venir selon Navigant Research. Ce boom provient de l’augmentation du rayon d’action de 300 km et de prix de vente en-dessous de 40’000 $. Une révolution au pays du tout pétrole.

Canada

Vous voulez savoir à quelle sauce seront mangé les Gouvernements européens si l’accord trans-Atlantique TTIP sera signé entre les USA et l’Europe ?
La compagnie privée TransCanana Inc poursuit le Gouvernement américain pour un montant de 15 milliards $ pour la non-construction du pipeline Keystone. L’entreprise avance que le Gouvernement US avait donné des signes que le projet allait se réaliser. Boum Badaboum, revirement de situation et l’administration Obama a changé d’avis. C’est ce changement que l’entreprise n’a pas avalé.

La production pétrolière du pays est revenue à sa capacité normale après les incendies de Fort-McMurray en Alberta. Les USA ont importés 2,6 millions b/j en cette fin de juillet soit presque le même niveau qu’avant les incendies.

La compagnie pétrolière chinoise CNOOC avait acheté l’année dernière le Canadien Nexen particulièrement actif dans les sables bitumineux de l’Alberta. Montant de la transaction : 15 milliards $. Devant les pertes, l’exploitation de ce gisement bitumineux a été arrêtée en juillet et aucune date de reprise n’a été annoncée.

 

Venezuela

Une entreprise Colombienne de transports, proche du président Maduro, a gagné un appel d’offres pour forer 600 puits de pétrole. L’appel a été annulé par l’opposition des compagnies pétrolières du pays face à un gagnant qui n’avait jamais foré un seul puits de pétrole.

Les compagnies pétrolières étrangères ont des factures en souffrance pour plus de 2 milliards $ et commencent à lever le pied. Le peu de nourriture qui reste dans le pays va dans l’ordre : aux riches, aux politiques et à ceux qui ont un fusil.

Asie

Inde

Singh Indian Oil Corp va investir 6 milliards $ pour augmenter de 30% ses capacités durant les 6 prochaines années et assouvir la demande d’essence dans le pays.

 

Chine

La production pétrolière chinoise pourrait avoir atteint le peak oil. Elle est passés de 4,3 millions b/j en 2015 à 3,95 millions b/j cette année. A moins qu’il ne s’agit qu’une réaction aux prix bas du marché.

La consommation intérieure de charbon et de pétrole ont diminué respectivement de 10 et 5,1% depuis le début de l’année.

Le pays se présente comme un nouveau grand centre de raffinage de diesel et d’essence +38% en un an. La Chine a importé de grandes quantités de pétrole pour remplir ses réserves mais inonde les pays avec du pétrole raffiné. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les raffineries européennes. La Chine se présente de plus en plus comme un géant énergétique en commercialisant la quasi-totalité des panneaux solaires, elle est en train d’absorber le secteur éolien et c’est au tour du pétrole.

Moyen Orient

Arabie Saoudite

Après avoir annoncé que le pays pourrait couper sa production (la même campagne de pub avait fait gagner 15$ au baril au début de l’année), on constate que Riad a poussé la machine et les pompes à un niveau record: 10,67 millions b/j en juillet et août avec des exportations de 7.5 millions b/j.

Pour activer l’air conditionné, l’Arabie a consommé 894’000 b/j en 2015 et 700’000 cette année alors que la température a atteint une moyenne record de 44 degrés en juillet. L’Arabie a lancé un programme pour générer de l’électricité à base de gaz au lieu du brut.

Pour souligner la gabegie, les centrales électriques saoudiennes utilisent de pétrole brut au lieu des résidus normalement utilisés par les autres pays.

Afin de garder ses parts de marché, Riad a baissé ses prix pour le pétrole livré en Chine.

Le cessez-le-feu vieux de 3 mois au Yémen est parti en éclat. Le Yémen est le terrain de jeu trouvé par l’Iran et l’Arabie pour se combattre. Les Houtis du Yémen, noyés sous les bombes des avions Arabes, ont envoyé un missile sur une raffinerie de Saudi Aramco dans le Sud de l’Arabie. Riad souligne que les dégâts ont été minime et que l’installation pétrolière fonctionne.

 

Iran

La ligne dure traditionnelle semble prendre le dessus sur les plus modérés. Ainsi les nouvelles propositions de contrats pour les compagnies pétrolières étrangères sont peu encourageantes et financièrement intéressantes. La ligne dure suggère de ne pas se faire voler le pétrole par les étrangers. Cette position pose la question : combien d’entreprises vont-elles participer ? Les Russes et les Chinois ont levé la main.

L’Iran a augmenté sa production gazière et va exporter une partie vers l’Irak. Une partie de l’extraction pourrait se diriger vers la Turquie et l’Europe.

Téhéran va participer à la réunion de l’OPEP en septembre à Alger. Le ministre du pétrole a annoncé que son pays ne va pas diminuer sa production tant qu’il n’a pas regagné ses parts de marché. On sent que la réunion de l’OPEP part sur une bonne base dans la joie et une ambiance récréative. L’Iran a produit 3.85 millions b/j en août.

 

Irak

Le pays a un nouveau ministre du pétrole : Jabar Ali al-Abadi. Le brave homme a pour mission de rencontrer les Kurdes et les champs pétrolifères du nord en mains kurdes. Les kurdes ont commencé à vendre leur pétrole via la Turquie au rythme de 70’000 b/j. Un partage équitable des revenus est sur la table.
Un convoi pétrolier de 25 camions citernes de l’Etat Islamique a explosé sous les bombes américaines. L’organisation pourrait bientôt se trouver à cours de carburant.
Le pays a exporté 3,2 millions b/j en août et le gouvernement a demandé aux compagnies pétrolières étrangères en charge des champs pétroliers d’augmenter la cadence car le pays à besoin de cash.

 

Afrique

Nigeria

Le plus grand producteur de pétrole africain est également l’un des pays qui installe le plus de panneaux solaires sur le continent.
Un nouveau groupe le Niger Delta Greenlannd Justice Mandate (NDGM) entre en guerre contre le pétrole et le gouvernement. Le concept est que le gouvernement paie ce nouveau groupe pour éviter qu’il ne fasse exploser les installations pétrolières.

La production du pays est estimée à 1,3 millions b/j.

Libye

L’Etat Islamique semble être à la peine à Sirte et la ville pourrait être reprise.
Il y a peu d’indices qui montrent que la production pétrolière du pays pourrait remonter dans les semaines qui viennent tant la situation est confuse.

Phrases du mois

“You have to play by the rules and excel on every level. And one level is fundraising” – Lynn Forester de Rothschild, prominent Clinton donor. Hillary Clinton espère récolter 1 milliard $ pour sa campagne présidentielle.

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde