Les USA réactivent les sanctions pétrolières contre l’Iran

En novembre dernier, les USA devaient enclencher un embargo mondial sur le pétrole et le gaz iraniens. De peur de voir une hausse des prix du baril impacter les élections de mi-mandat, Donald Trump avait autorisé huit pays à continuer leurs importations pendant 6 à 8 mois.

Hasard du calendrier, ou pas, aujourd’hui le Président annule ces exemptions, alors que des inondations dévastatrices ravagent 25 des 31 provinces du pays, dont les principales régions pétrolifères comme le Khuzestan.


 

Ainsi, depuis le 2 mai, la Chine, l’Inde, la Turquie, le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, l’Italie et la Grèce ont reçu l’ordre de cesser l’importation d’hydrocarbures iraniens. La Chine a annoncé qu’elle n’observera aucune restriction américaine à moins que les négociations actuelles avec les USA changent la donne.

L’objectif de Washington est de porter à zéro les revenus en pétrodollars de Téhéran afin de forcer l’Iran à renégocier l’accord international de 2015 sur les armes nucléaires.

 

La Prudence des producteurs et enthousiasme des USA

Lors de l’annonce, le gouvernement US a précisé que les producteurs de l’OPEP, dont l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, avaient la capacité et la volonté de compenser la baisse de l’offre et de maintenir les prix dans une fourchette de 65 à 80$.

Les estimations de Donald Trump pourraient donner une fausse sensation de sécurité. Les flux pétroliers se basent sur des approximations et les marchés ont besoin de différentes qualités de pétrole. Avec les problèmes du Venezuela, du Nigeria et de la Libye, tous des producteurs de brut lourd, la perte de l’Iran pourrait crisper la production mondiale de kérosène et de diesel.

En plus de l’affaiblissement de l’Iran, les Etats-Unis voient l’opportunité d’augmenter les parts de marché de leur pétrole de schiste dont l’extraction, à moyen terme, ne cesse de croitre.

Du côté de l’Arabie Saoudite, le ministre de l’Energie, Khalid Al Falith, ne prévoit pas d’ajuster rapidement sa production. Il désire d’abord analyser l’évolution des marchés.

Il semble que Riyad ait parfaitement tiré les leçons de la dernière recommandation de Donald Trump.

En novembre dernier, la Maison Blanche avait officialisé l’entrée en vigueur des sanctions contre l’Iran, et demandé à l’Arabie Saoudite d’augmenter sa production pour combler le manque iranien. Le Royaume s’était exécuté mais à la dernière minute, Trump avait rétropédalé en autorisant l’Iran à écouler son pétrole dans 8 pays.

Corolaire à ce cafouillage, le marché avait été inondé et le baril chutât à 50$.

On comprend mieux l’attentisme actuel de Riyad qui espère un baril à plus de 80$ pour équilibrer son budget. Le temps joue en la faveur du Royaume.

De plus, à Riyad et à Tel Aviv, on espère que la diminution des entrées en pétrodollars va réduire l’influence de l’Etat Chiite au Yémen, en Syrie et au Moyen-Orient

Le chaos généré par l’administration Trump tant au Venezuela qu’en Iran entre en frontal avec le calme du Président Poutine. Mais en Russie, la tête est ailleurs. Depuis quelques jours, le pays est englué dans une contamination de son pétrole livré par pipelines. Le composant qui s’est glissé dans le pétrole brut devient hautement corrosif durant le raffinage et impacte 8% de la consommation Européenne. Moscou doit impérativement trouver une solution sous peine de voir ses exportations chuter.

 

L’Iran entre inondations et résilience

La décision de Trump arrive à un mauvais moment pour l’Iran qui se débat sous des torrents d’eau après des mois de sécheresses. Les dégâts matériels avoisineraient les 3 milliards €.

Plus de 500’000 personnes ont été déplacées et les sanctions américaines empêchent le Croissant-Rouge de transférer de l’argent pour effectuer des opérations humanitaires.

Peut-être que cette accumulation d’obstacles fera plier Téhéran? Cette probabilité reste minime, même si elle est espérée par Mike Pompeo et son collègue va-t-en-guerre John Bolton.

L’Iran a toujours démontré une résilience particulière et une ingéniosité sans limite pour détourner les embargos successifs des Etats-Unis.

 

A coup sûr, les prochains mois donneront une tendance précise de la justesse des propos américains et l’évolution des parts de marché des producteurs pétroliers.

Depuis l’annonce, le baril est parti dans un yoyo incompréhensible de 68 à 75 pour repasser sous les 70$. Aux USA, les prix des carburants cabrent déjà les automobilistes. Il n’est pas impossible de voir le Président Trump effectuer un nouveau looping.

Dans ce bras de fer, où tout le monde est interdépendant, une question hante les esprits: qui cèdera le premier ?

Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Janvier 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Venezuela: Le pays se trouve à un tournant. Décisif?
– USA: La production de diesel est à la peine
– Mexique: Un pipeline explose : 107 morts
– Allemagne: Le pays annonce sa sortie du charbon d’ici à 20 ans
– Inde: La demande de pétrole et de charbon en forte hausse
– Angleterre: Hitachi renonce à construire 2 centrales nucléaires
– Libye: L’insécurité plombe la production pétrolière
– USA: Boeing annonce son drone-passagers électrique et sans pilote.


 

Le pétrole a repris des couleurs. Il avait débuté l’année à 52,23$ et il est grimpé à 60,86 à Londres. A New York, il flirtait à 45,30$ le baril avant de se redresser à 53,74$.

 

Graphique du mois:

Par manque de pétrole lourd,
la production mondiale de diesel pourrait avoir touché un plateau

 

Pétrole

Le pétrole joue avec la barre des 60$ à Londres. Pour se déterminer sur son prix, il hésite entre plusieurs options comme les réductions de l’OPEP+, l’augmentation de la production de schiste aux USA ou le ralentissement de l’Economie chinoise. Pour l’instant la crise au Venezuela n’a pas encore fait bouger clairement les prix.

En 2019, les majors pétrolières vont investir 208 milliards $ pour le forage en haute mer selon Rystad Energy. Au total, 110 projets vont être lancés contre 96 en 2018 et 43 en 2016.

Le directeur de l’IEA, Fatih Birol, a souligné que sur un total de 1 milliard de voitures en circulation, les 5 millions de voitures électriques ne font pas le poids pour solidement influencer la demande pétrolière.

Son exemplem est parlant. “Cette année, la demande pétrolière mondiale va augmenter de 1,3 millions barils/jour (b/j). Les 5 millions de voitures électriques vont économiser 50’000 barils/jour. 50’000 contre 1,3 millions”. Il est vrai que l’impact est minime.

Selon lui, les voitures ne jouent pas un rôle prépondérant dans la demande pétrolière. A l’inverse, les camions, la pétrochimie et les avions sont le sont. Au niveau mondial, l’aviation est exemptée de taxe pétrolière et de TVA.

 

Monde

Depuis 1978, les salaires des PDG ont augmenté de 997,2%, la productivité de 122,01% et les revenus des travailleurs de 10,9% selon Economic Policy Institute. Alors que la croissance s’est affirmée comme une nouvelle normalité, la productivité et les salaires s’essoufflent.

Comme les salaires des PDG, les températures de la planète ont atteint des records en 2018, +1,1°C par rapport à l’ère préindustrielle.

La fonte annuelle des glaces, en Antarctique, est 6 fois plus rapide qu’en 1979, selon l’Académie américaine des sciences (PNAS).

 

Moyenne des températures pour 2018
par rapport à la moyenne 1951-1980

 

Les pays phares du mois

Venezuela

Sans conteste, le Venezuela est sur la première marche du mois de janvier. Une fois de plus, le pétrole se transforme en malédiction pour son pays.

L’agonie du pays semble arriver à un tournant. Washington et plusieurs pays dont la France, le Canada, le Brésil et l’Espagne ont annoncé soutenir Juan Guaido, l’ancien président du Parlement. Avant de se lancer, ce jeune homme de 35 ans avait reçu des garanties des grandes puissances.

Cependant, la Russie et la Chine ont investi des milliards $ sur Nicolas Maduro et son pétrole. On comprend que Moscou et Pékin n’ont pas envie de voir leurs actifs disparaître.

Dans la foulée, Trump a annoncé des sanctions pétrolières contre le Venezuela et l’arrêt des importations de 500’000 b/j. Revers de la médaille, cette décision pourrait faire augmenter les prix de l’essence aux USA, car le brut du Mexique, de l’Arabie Saoudite et du Canada est plus onéreux.

De plus, le pétrole lourd du Venezuela se marie parfaitement au pétrole de schiste américain très léger. Sans pétrole lourd, il est compliqué de raffiner le diesel ou le kérosène indispensable aux camions, bateaux et avions. De son côté, le Venezuela a besoin du pétrole de schiste américain pour liquéfier son pétrole lourd afin de le transporter.

Les entrées en devises du Venezuela proviennent essentiellement des ventes de pétrole aux Etats-Unis. Le reste sert à repayer les dettes russes et chinoises. Le pays devrait rapidement atteindre le point de bascule.

Actuellement, la production pétrolière va passer sous le million de barils/jour (b/j). Au temps de Chavez, elle dépassait les 3,5 millions.

En cas de renversement du gouvernement Maduro, les exportations pourraient encore fortement diminuer. L’histoire montre que le renversement d’un gouvernement ne permet pas de remonter aux niveaux d’extractions pétrolières initiaux.

 

Chine

Trump continue de demander à la Chine de respecter les brevets US, d’arrêter les subsides directs aux entreprises et de permettre aux entreprises américaines d’entrer dans le marché chinois. En résumé, le chef de la Maison Blanche demande simplement aux chinois de jouer avec les mêmes règles du jeu que le reste du monde. Le prochain épisode devrait figurer dans la revue de février.

Les prévisions de croissance du PIB de la Chine pointent vers 6,3%. Pas sûr que les chiffres du gouvernement soient d’une précision chirurgicale, mais ils indiquent une tendance à la baisse.

La Chine a développé une certaine dépendance envers les dettes et les constructions. Au niveau de la dette, on avoisine les 300% du PIB et la Banque Centrale Chinoise vient d’injecter 84 milliards $ dans l’économie locale. Est-ce que quelqu’un pourrait toucher un mot à la Banque Nationale Suisse pour qu’elle injecte 1$ dans les entreprises suisses ? Oui, c’est possible !

Il n’aura fallu que 58,8 milliards $ d’investissements par Pékin pour soutenir ses entreprises de voitures électriques et devenir le No1 mondial dans ce secteur selon Center for Strategic and International Studies.

Le constructeur chinois de voitures électriques, Byton, annonce la venue de son nouveau bolide. La bête sera commercialisée autours des 40’000 € et affiche des performances remarquables ainsi qu’un design digne des constructeurs italiens. Byton entre en frontal direct avec les modèles de Tesla et les futures allemandes.

Le groupe chinois CNOOC espère doubler sa production pétrolière d’ici à 7 ans comme l’a gentiment demandé le Président Xi Jinping. L’objectif est de booster la production pétrolière nationale pour moins dépendre de l’étranger.

Dans l’univers fabuleux que crée le gouvernement chinois, ce mois, on relève la mise en service d’une application qui permet d’identifier dans un rayon de 500m les personnes qui ont des dettes! Via l’utilisation de l’application de communication et de payements WeChat (équivalent de What’s app), les informations des utilisateurs sont transmis au gouvernement.

Ce service actuellement en service dans la région de Hebei, devrait être généralisé dans toute la Chine dans une année. Elle permettra de rejoindre l’évaluation des citoyens, qui bloque à plus de 10 millions de citoyens, l’accès aux trains ou aux transports en commun.

 

26% de la production pétrolière américaine est apte au raffinage
Le reste doit être mélangé avec du pétrole plus lourd pour en faire du diesel, kérosène ou essence.

 

USA

En 2018, les émissions de CO2 ont augmenté de 3,4% aux USA.

Selon l’EIA, les USA devraient atteindre une production pétrolière de 12,1 millions b/j en 2019 et 12,9 en 2020. Les USA sont devenus le plus grand producteur mondial.

Les USA font face à une pénurie de pétrole lourd nécessaire à produire du diesel et du kérosène. Les coupes dans les importations du Canada, Mexique et l’arrêt des importations du Venezuela inquiètent les raffineurs américains. Le Mars, une qualité de pétrole lourd, se traite avec une prime de 6,8$ par rapport aux cours pétroliers, au plus haut depuis 5 ans. Le Peak Diesel commence à inquiéter.

En 2018, les investissements en énergie solaire ont diminué de 25% à 130,8 milliards $. Sur la même année, les investissements en énergie renouvelables ont diminué de 8% à 332 milliards $.

Malgré l’enthousiasme et le support du Président Trump, le nombre de centrales à charbon diminue à un rythme encore plus soutenu que sous Obama. Depuis le peak de production en 2011 avec 317,4 MW la production décroit.

Durant les 5 dernières années, 6 centrales nucléaires ont été mises à l’arrêt et 35% du parc actuel devrait fermer dans les années à venir. Le nucléaire n’arrive plus à concurrencer les tarifs des énergies renouvelables et du gaz de schiste.

General Motors (GM) va utiliser sa marque Cadillac pour les voitures électriques et ses batteries BEV3. L’objectif est d’offrir une voiture avec un rayon d’action de 500 km.

BP va ajouter 1,3 milliard $ pour étendre les forages en haute mer de son gisement Atlantis dans le Golf du Mexique. L’entreprise avait essuyé un bouillon lors de la catastrophe DeepWater Horizon en 2011 avec des coûts qui ont dépassé les 60 milliards $.

L’entreprise PG&E, Pacific Gas & Electric, est l’une des premières grandes entreprises à faire les frais du changement climatique et des incendies monstrueux de la Californie. En octobre dernier, sa valorisation boursière atteignait 25 milliards $. Ce mois, elle est tombée à 4 et s’est placée sous la protection des faillites. C’est ballot pour la Banque Nationale Suisse qui vient de perdre ainsi 1,7 million $ supplémentaires dans la longue liste de ses déboire dans ses investissements fossiles aux USA.

BP a testé un nouveau système sismique pour découvrir du pétrole en eau profonde. Suite à son succès dans le Golfe du Mexique, cette technologie va être apportée en Angola et au Brésil.

Tesla Motor annonce le licenciement de3’000 employés (7%) afin de réduire les coûts. Les chinois arrivent sur le marché avec des véhicules aussi performants mais à un prix bien plus concurrentiel. Dans la foulée, Elon Musk annonce deux versions de ses camions entre 150 et 180’000$ et un rayon d’action de 900 km. La production n’a pas commencé. Cependant, dans le domaine des transports lourds, les camions à hydrogène semblent nettement plus performants et attractifs.

D’ici à 2022, VW va investir 800 millions $ pour construire une usine à voitures électriques au Tennessee. Plus de 1’000 emplois vont être créés.

Apple a fortement récompensé son PDG Tim Cook en lui offrant pour 2018 une compensation annuelle de 15,7 millions de dollars, + 22%.

 

Boeing a testé son premier drone taxi à décollage verticale et à propulsion électrique.
Airbus va présenter sa version durant le mois de février

 

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite va limiter ses exportations à 7,1 millions b/j pour février avec l’espoir de voir le baril remonter.

Dès 2021, Ryad planche sur la vente d’une petite part de son champion pétrolier Aramco. Au total, le gouvernement espère obtenir 10 milliards $ au lieu des 40 qui étaient sur la table l’année dernière.

L’offre avait été retirée car Aramco aurait dû publier ses réserves pétrolières et les investisseurs n’étaient pas hyper convaincus du business model. Selon l’agence DeGolyer et MacNaughton immatriculée à Dallas, Texas, les réserves d’Aramco atteignent 263,1 milliards de barils. Cette estimation a été accueillie avec scepticisme et un large sourire. Depuis 30 ans, ce chiffre n’a pratiquement pas bougé d’une virgule.

L’Arabie Saoudite n’abonde absolument pas dans la narrative du peak oil (pic pétrolier) et voit l’offre pétrolière augmenter au moins jusqu’en 2040. Le PDG de Saudi Aramco, Amin Nasser, assure que l’Arabie Saoudite pompera le dernier baril de pétrole mais cela ne devrait pas arriver dans les décennies et des décennies à venir.

Saudi Aramco et US Air Products and Chemicals vont construire la première station de production d’hydrogène dans le Royaume. La station sera prête cette année et alimentera des voitures Toyota.

Riyad a choisi le français EDF et Abu Dhabi Masdar pour construire une ferme d’éolienne de 400 MW pour 500 millions $ dans le nord du pays.

 

Dessin: Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

Rystad Energy a publié des chiffres stratosphériques sur l’avenir du pétrole de schiste US. A se demander quelle mouche a piqué le statisticien en chef ou s’il n’y a pas une formule qui est partie en vrille dans leur feuille Excel. A 58$ le baril, ils pensent que les USA pourraient extraire 24 millions b/j en 2025 soit plus que la Russie et l’Arabie Saoudite réunies.

Dans son Annuel Energy Outlook 2019, l’EIA est également d’humeur joviale pour le pétrole de schiste US. On sent que l’Agence de l’Information de l’Energie Américaine veut faire plaisir à son Président. On n’atteint pas les sommets de Rystad mais l’enthousiasme est intact. Jusqu’en 2040, les USA devraient produire 14 millions b/j.  Dès 2050, ils devraient redevenir importateur de pétrole. D’ici là, Baron Trump devrait reprendre les commandes du pays à son cher papa. Difficile de dire laquelle de ces deux prévisions se réalisera.

Sur le terrain, la tendance actuelle suggère que les forages les plus productifs ont déjà été épuisés et que les coûts de production grimpent avec les forages de seconde qualité. Après avoir augmenté de 1,6 millions b/j en 2018, la hausse prévue pour 2019 se limiterait à 950’000 b/j.

Argentine

Les gisements de gaz de schiste de la Vaca Muerta pourraient attirer jusqu’à 165 milliards $ d’investissements de la part de Chevron, Total et ExxonMobil. Il reste à déterminer si ces investissements seront rentables.

Mexique

Un pipeline a été percé par des voleurs de carburant et a explosé dans la ville de Tlahuelilpan. Le bilan de l’explosion a grimpé plus de 100 morts et 40 blessés. Deux jours plus tard, dans l’Etat de Querétaro, un autre pipeline a subit le même sort. Là, l’explosion n’a fait aucune victime.

Cette tragédie s’est déroulée après que le président Andrés Manuel López Obrador ait demandé à l’armée de prendre le contrôle de 58 installations pétrolières majeures dans le pays. L’objectif est de réduire la corruption et les vols de pétrole dans l’entreprise nationale Pemex.

Certains groupes ponctionnent la production de diesel et de carburants pour financer leurs activités. Les vols se monteraient à 3 milliards $ par an. Le carburant ainsi volé s’achète à la moitié du prix de marché. Les vols sur des pipelines sont produits 42 fois par jour, en moyenne, durant 2018.

Le gouvernement a coupé la distribution via certains pipelines. Le transport pourrait se faire grâce à l’achat de 500 nouveaux camions citernes. Cependant, le pétrole continue de s’accumuler dans les terminaux des différents ports. Plus d’une douzaine de tankers attendent d’être déchargés.

Les raffineries de Pemex ont une capacité de 1,63 millions b/j mais tournent à mi-capacité. Le pays importe plus de 600’000 b/j de carburants distillés aux USA.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

Angleterre

Le Brexit est toujours en cours et les automobilistes roulent toujours du mauvais côté de la route.

Concernant les trains, Alstom France va produire des trains à hydrogène pour le marché anglais. Les trains Breeze entreront en service en 2022.

Suite à la demande du producteur de schiste Cuadrilla, de ramollir les normes environnementales pour l’extraction de schiste, le gouvernement est resté droit dans ses bottes et a refusé la requête.

Malgré plus de 2 milliards d’investissements déjà effectués, Hitachi renonce à construire 2 centrales nucléaires. L’année dernière, Toshiba avait également abandonné l’idée. Au total, 6 projets ont été abandonnés ce qui ouvre une voie royale à la Chine, qui montre un intérêt certain à vendre ses centrales nucléaires « Made in China ». Cette perspective génère étrangement un frisson dans le dos.

Le démantèlement des plateformes pétrolières va coûter 31,4 milliards $ aux contribuables durant les 45 prochaines années selon la National Audit Office.

 

Allemagne

Après être sorti du nucléaire, l’Allemagne s’attaque au charbon et à la lignite. Le plan propose une sortie du charbon d’ici à 2038 avec un budget de 40 milliards €. Plus de 20’000 personnes travaillent actuellement dans cette filière. Vingt ans, est-ce trop court ou trop long ? La question divise les deux parties.

Le groupe VW va investir 30 milliards € dans les voitures électriques durant les 5 prochaines années. L’entreprise est en train de développer un châssis appelé MEB qui va lui permettre de limiter les coûts de production pour les 50 prochains modèles prévus d’ici à 2025.

 

Russie

A cause de l’hiver… la Russie ne peut pas diminuer sa production pétrolière selon le Ministre de l’Energie Alexander Novak. Le Ministre du pétrole de l’Arabie Saoudite, al Falih espère que Moscou réduise sa production (-288’000 b/j) afin de respecter la décision de l’OPEP+. La base de calcul  se base sur les chiffres d’octobre 2018 à 11,41 millions b/j.

De son côté, l’IEA annonce que la Russie a augmenté sa production à 11,5 millions b/j en décembre. Durant les 3 premières semaines de janvier, elle se situe à 11,39.

 

France

La fusion entre le français Alstom et Siemens rails pourrait être interdite par la Commission Européenne sur la concurrence. Les ministres de l’économie français Bruno Le Maire et l’allemand Peter Altmaier aimeraient voir l’émergence d’un géant européen du rail pour contrer le chinois CRRC. La fusion de ces deux géants permettrait de diminuer le nombre d’employés et les coûts. Reste à déterminer de quel côté de la frontière les pertes d’emplois seront les plus douloureuses.

Il est préférable que cette question ne doit pas être abordée tant que les gilets jaunes rodent dans les rues.

 

Suisse

Grâce à une essence très bon marché et un pouvoir d’achat élevé, le parc automobile suisse est le plus polluant d’Europe. Les émissions de CO2 sont reparties à la hausse en 2018 (+0,2%).

Du côté des constructeurs, les amendes pour les dépassements de CO2 se sont élevées en 2016 : à Frs zéro pour le groupe VW, BMW. Peugeot, Citroën et Frs 195’480 (€170’00) pour Mercedes soit fr 7.50—par voiture ! (€6.50). Il n’y a aucun doute, ces amendes sont dissuasives!

En 2018, le nombre de vente de voitures a reculé de 4,6% à 299’716. Les moteurs diesel ont chuté de 20,4%. L’hybride essence (+25,5%) et hybrides diesel (+209,6%), les véhicules électriques ont progressé de 7%. Par constructeur, le marché se décompose de la manière suivante: Volkswagen, une part de marché de 11%, Mercedes (8,6%), BMW (8,1%), Skoda (6,4%) et Audi (6,1%).

Un deuxième barrage de l’entreprise minière Vale s’est effondré au Brésil. Plus de 65 personnes sont mortes et 300 sont portées disparues. Le géant brésilien s’est établi à Saint-Prex, Suisse pour éviter de payer des impôts. Bien que l’entreprise ne compte qu’une poignée d’employés suisses, elle bénéficie d’un forfait fiscal qui défie toute concurrence.

Depuis 2016, un employé de la centrale nucléaire de Leibstadt a inventé des données dans les protocoles d’inspection sans avoir procédé aux tests. L’inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) note que ce n’est pas un cas isolé et il s’inscrit dans une série d’incidents dus à des erreurs humaines. La population et la sécurité de la centrale n’ont pas été mises en danger.

 

 

Moyen-Orient

Iran

Suite aux sanctions, version allégée de l’administration Trump, Téhéran exporte 1 million b/j alors que ce chiffre était de 2,7 en mai dernier. Les passe-droits accordés à la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud arrivent à échéance à la fin mai 2019.

La situation du Venezuela pourrait aider l’Iran. Une coupure de livraison de l’Iran et de Caracas pourrait faire grimper les prix sur les marchés.

L’Iran va tenter de maintenir sa production pétrolière malgré l’âge avancé de ses forages. Plus de 30 projets vont être lancés pour un montant de 6 milliard $ et une augmentation de capacité de 281’000 b/j, en théorie…

 

Syrie

Le russe Gazprom va commencer à exploiter le pétrole et le gaz syrien. Avant la guerre, la Syrie extrayait 387’000 b/j dont 140’000 pour l’exportation.

L’instabilité dans la région nécessite une protection militaire pour les employés. Gazprom est en passe de devenir la première major à être militarisée.

Une pénurie de gaz pour générer de l’électricité, aider à la cuisson et le chauffage, touche la capitale Damas. A cause des sanctions américaines, le gaz iranien n’arrive plus dans le pays.

 

Irak

Au plus grand bonheur de Bagdad, la production pétrolière atteint 4,15 millions b/j avec des rentrées financières bienvenues.

La création d’une entreprise pétrolière nationale, INOC (Iraqi National Oil Company), s’avère plus difficile que prévu. La Cour Suprême demande de réviser les modalités notamment avec la partie Kurde du pays.

Le budget 2019 augmente fortement les dépenses du gouvernement et notamment les revenus garantis pour les Kurdes.

 

Depuis 2006, la production pétrolière de l’OPEP reste stable

Asie

Inde

Le pays importe de plus en plus de charbon pour ses besoins énergétiques. D’avril à décembre 2018, les quantités ont augmenté de 17% sur la même période en 2017.

La demande pétrolière indienne va augmenter de 245’000 b/j en 2019. Elle avait déjà augmenté de 250’000 barils en 2018. La consommation atteint 4 millions b/j.

La Northern India Public Service estime que la sortie de la production électrique à base de charbon va lui faire économiser 4 milliards $ sur 30 ans. La transition devra débuter par l’augmentation des tarifs (11$ par mois) pour ses 470’000 clients, afin de payer les investissements et de fermer les centrales à charbon. Les tarifs devraient diminuer dès 2023.

 

Australie

Pour la xème année consécutive, une vague de chaleur recouvre le pays. L’Australie ploie sous les incendies de forêts et l’augmentation d’hospitalisations. Visiblement, ce n’est pas encore suffisant pour que le gouvernement se penche sur le réchauffement climatique.

Pour l’instant, le charbon et le gaz conservent leurs privilèges.

 

Dessin Chappatte

 

Afrique

Libye

Depuis décembre, les incidents, entre les milices, plombent la production pétrolière. Elle est descendue à 928’000 b/j soit 200’000 b/j de moins.

L’Italie tacle la France. Matteo Salvini accuse Macron d’être responsable du chaos libyen, alors que des affrontements ont ensanglanté la capitale Tripoli.

Évidemment il y a quelqu’un derrière les combats actuels. Cela n’arrive pas par hasard. Ma crainte, c’est que quelqu’un, pour des motifs économiques nationaux, mette en péril la stabilité de toute l’Afrique du Nord et par conséquent de l’Europe. Je pense à quelqu’un qui est allé faire la guerre alors qu’il ne devait pas la faire. À quelqu’un qui fixe des dates pour les élections sans prévenir les alliés, l’ONU et les Libyens” dixit Salvini.

 

Nigeria

Le français Total va développer un nouveau gisement en haute mer selon Patrick Pouyanné son PDG. L’avantage des forages en mer est d’éviter de devoir payer les milices locales qui demandent une rétribution sur le pétrole. Annuellement, les vols de pétrole et les petites enveloppes sont estimées à 3 milliards $.

La raffinerie de Dangote va pouvoir traiter plus de 650’000 b/j et couvrir la totalité des besoins en carburants au pays. La bête aura coûté plus de 12 milliards $ au milliardaire Aliko Dangote. Le brave homme a construit sa richesse avec le ciment. La raffinerie devrait entrer en fonction dès 2022.

Actuellement, le plus grand producteur africain doit exporter son pétrole pour le raffiner et le réimporter.

Dessin Chappatte

 

Phrases du mois

«La transformation du secteur de l’énergie, et des autres industries, n’a pas lieu parce que des environnementalistes nous y forcent. Elle a lieu pour des raisons économiques. Si on néglige cette transition vers davantage de durabilité, on va en payer le prix.» Francesco Starace, PDG, ENEL energie, Italie

«L’industrie automobile planifient des investissements sans précédent dans les batteries et les voitures électriques durant les 10 prochaines années. Une grande part significative de ces 300 milliards $ d’investissements sont dirigés vers la Chine.» Paul Lienert, Christine Chan, Reuters.

«Le monde n’est jamais prêt à la naissance d’un clown». Omar Porras

Clean energy solutions are not moving fast enough to meet the UN targets for curbing the effects of global warming, and alternative energies are unlikely to meet those targets without policy support” Charles Holliday, hairman, Shell.

For US shale production to go down, you need oil prices at $40 per barrel and below. That is not healthy for the Russian economy. We should not take competitive action to destroy US shale production.” Kirill Dmitriev, head of the state-backed Russian Direct Investment Fund,

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

 

Electricité : Un coup de chaud souffle le froid

En se fiant aux statistiques des années précédentes, l’été 2018 devait être un grand cru et la production électrique atteindre des records. Contre toute attente, c’est l’inverse qui s’est produit. Les prix de production ont pris l’ascenseur pour remonter à des niveaux rarement atteints depuis plus d’une décennie à plus de € 9ct le kWh.

La très forte vague de chaleur n’est pas allée avec le dos de la cuillère et a fait dérailler l’ensemble du mix énergétique européen en passant par le solaire, le charbon, l’éolien et le nucléaire. Ce coup de chaud a jeté un froid.


Tous les types de production touchés

L’anticyclone, qui a campé sur l’ensemble de l’Europe, a réussi à paralyser les éoliennes de la Mer du Nord. Ainsi, l’Angleterre a ainsi eu droit à 11 jours consécutifs d’un flegme très british. Sur l’île, ce coup de mou a logiquement propulsé les prix à la hausse.

Du côté du solaire, sa performance dépend de l’ensoleillement et non pas de la chaleur. Au-delà de 25 degrés de température ambiante, le rendement des panneaux diminue. Ainsi dès 35 degrés (80 degrés au niveau des cellules) le rendement diminue de 30%. La balle est dans le camp des fabricants qui planchent déjà sur une parade à ce phénomène.

L’eau trop chaude des cours d’eau a limité la production d’électricité de certaines centrales nucléaires. Le précieux liquide, nécessaire à refroidir les réacteurs, ne joua plus son rôle.

Du côté du charbon thermique électrique, la forte hausse de la demande chinoise et indienne a poussé les prix de la tonne vers de nouveaux sommets. Les deux pays asiatiques, également frappées par une vague de chaleur, ont fait massivement appel au charbon pour faire tourner les installations d’air conditionné.

 

Hausse de la demande estivale

Alors que nous pensions que les tarifs estivaux pouvaient tendre vers zéro grâce à une surproduction bienvenue, le réchauffement climatique jette un coup de froid sur l’ensemble du mix de production mais il apporte un vent d’air frais pour les producteurs qui voient les prix augmenter.

Du côté de la demande, une tendance émerge. Notre planète devient invivable sans l’utilisation de gourmands systèmes de refroidissement.  Historiquement, si c’est en hiver que les besoins sont les plus élevés (chauffage), l’été n’aura bientôt plus rien à lui envier.

En effet, durant les mois chauds, l’utilisation, de plus en plus massive de la climatisation, pourrait faire basculer cette tendance. Détail piquant, les véhicules électriques n’ont pas encore intégré cette équation.

Nous pensions voir la lumière au bout du tunnel, ce n’est peut être qu’un autre train qui arrive ou une colonne de voitures électriques. C’est selon.

 

Evolution prix du charbon été 2018
Source: trading view

 

Se protéger du chaud et décentraliser la production

Afin de tenter de répondre aux contraintes du réchauffement climatique, il est nécessaire d’apporter une plus grande résilience et intelligence dans la production et la gestion de l’électricité. Avec tous les œufs dans le même panier, n’en déplaise aux grands producteurs, la centralisation dans de grandes unités de production devient de plus en plus risquée.

Une réponse viendra de l’autoproduction et de l’autoconsommation citoyenne et la création de mini-réseaux entre les habitants d’un quartier ou d’une ville. Cela permettra de s’attaquer notamment au gisement de 35% d’électricité gaspillée.

Finalement, serait-il le moment de tourner la page des constructions calquées sur les gratte-ciel new yorkais chauffés et refroidis par le dieu pétrole?

Cet été, lors d’un tour à vélo à travers l’Europe, et d’une journée à 40 degrés, j’avais demandé au propriétaire d’un gîte d’étape: “avez-vous la climatisation?” Il m’avait répondu en souriant. «Cette maison a plus de 150 ans, il n’y a pas besoin de climatisation ». Il avait raison. A cette époque Rockefeller n’avait pas encore débuté son travail d’évangélisation auprès des architectes et des constructeurs.

Energies, Economie, Pétrole: La Revue Mondiale Mars 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez une Revue Mondiale de l’Energie. Même si elle est publiée le 1er avril, il n’y a aucun poisson!
– Allemagne: FlexiBus passe aux bus électriques “longue distance”
– Pétrole: La demande grimpe à 98,6 millions barils/jour
– USA: Tesla entre en zone de turbulences financières
– Arabie Saoudite: Le Prince bin Salman recherche des fonds aux USA
– Norvège: Le pétrolier Statoil change de nom pour devenir vert
– Irak: 30 ans après sa disparition, la National Oil Company (INOC) renait
– Russie: ExxonMobil va se retirer des projets russes en Arctique
– Suisse: Le français Bouygues Construction s’offre le Suisse Alpiq Intech


 

Les casquettes “Le baril à 70$, J’y étais” fleurissent dans les salles de trading. Il tient la forme à Londres où il plane à 70.27$  (66.63$ fin février) et à 64.94$ à New York (63.01$ fin février).

L’uranium profite de l’hiver pour piquer un roupillon. Il ne fait plus rien depuis des mois. On le retrouve à 21.10$ (21.75$ fin février).

 

Graphique du mois
Découvertes de pétrole depuis 1952

en milliards de barils
Les 3 dernières années sont les plus basses depuis 1952. Source : Bloomberg

 

Pétrole / Gaz

Les membres du cartel de l’OPEP estiment que la demande pétrolière devrait augmenter de 1,6 millions de barils par jour à 98,6 millions pour 2018. La grande partie de cette hausse provient de la Chine, de l’Inde et de l’Amérique latine. Le cartel estime que la production américaine pourrait couvrir intégralement cette hausse.

Dans le monde en 2017, la demande pétrolière s’est accrue de 2,1% selon l’International Energy Agency, soit deux fois plus rapidement qu’en 2016. C’est le double de la moyenne des dix dernières années.

Le gaz, pas si naturel que ça. Les quantités de méthane, un gaz à effet de serre bien plus virulent que le CO2, relâchées lors de l’extraction et le transport du gaz naturel dépassent celles du permafrost en Arctique. La stratégie chinoise de “tout au gaz” pourrait s’avérer cruelle pour le climat et bien plus dangereuse que celle du «tout au charbon».

 

Planète

Nous devrions construire 1’100 MW/annuel d’infrastructures renouvelables pour maintenir le réchauffement climatique à 2 degrés. La Carnegie Institution l’estime actuellement à 151 MW/an.

La production énergétique combinée du solaire, éolien, géothermie, marée, hydro représente le 4% de la production mondiale.

Tu es le meilleur et le plus gentil des enfants. Je me souviendrai toujours de toi. Je l’aime…
Maman, je vais juste à l’école…
(Suite aux attaques armées aux USA)

 

USA

A lui seul, le Bassin Permien, est responsable de la quasi-totalité de l’augmentation  (+80 000 barils) pétrolière américaine du mois de mars. Si le gisement pétrolier de schiste continu sur sa lancée, la production américaine pourrait augmenter de 1 million de barils durant 2018.

Pour la première fois depuis 1957, les USA ont exporté plus de gaz qu’ils en ont importé.

Pas de bol pour l’exploration pétrolière en Alaska. Les températures trop chaudes de cet hiver ont causé des soucis aux machines optimalisées pour des froids de canard. Résultat:  -15’000 barils/jour au gisement de North Slope.

Tesla Motor, le constructeur de voitures électriques est financièrement à la peine. Le malheur de Tesla est de combiner le meilleur vendeur de voitures au monde (Elon Musk), doublé du pire manufacturier. (voir graphique des ventes ci-dessous)

Big data : Une bataille des données secoue l’industrie pétrolière. Les foreurs collectent des données de plus en plus précieuses pour l’extraction et l’optimalisation pétrolière. Ils désirent revendre ces données aux exploitants. Ces derniers rétorquent que ces données leur appartiennent.

Le Président Trump a viré pratiquement tous ses collaborateurs de base afin de monter sa propre «dream team». L’impact sur les USA et le monde est à vérifier dans les mois à venir. Le taux d’opinion favorable de Donald Trump remonte à 42%, au plus haut depuis 11 mois.

Les USA sont le seul pays au monde qui permet à un individu d’être propriétaire des matières premières situées dans le sous-sol. La National Association of Royalty Owners estime que 12 millions d’Américains reçoivent des royalties d’exploitation de pétrole, de gaz et d’autres minéraux.

La consommation américaine d’essence et de diesel est restée super stable en 2017 à 9,317 millions de barils par jour.

Facebook et Cambridge Analytica aiment à croiser et commercialiser vos données. Voici quelques outils: Ghostery ou Privacy Tracker pour vous protéger des cookies, des mouchards et des trackers. Lightbeam pour suivre vos suiveurs ou le très amusant ClickClickClick.click qui analyse votre comportement. Pour vos e-mails sécurisés: Proton mail.

 

Malgré une économie robuste, la demande d’électricité a diminué de 2,1 % l’année dernière. Il est vrai que les Américains ont une énorme marge de progression quant à l’efficience énergétique.

L’Etat de Pennsylvanie veut faire cesser la faillite de Philadelphia Energy Solutions. Ce propriétaire de raffineries doit plus de 3,8 milliards $ de taxes à l’État, alors qu’il n’a que 43 millions en cash.

La Californie va interdire la construction de nouvelles centrales électriques à gaz. En cause les émanations de méthane.

Evolution des ventes de voitures Tesla
Source: Statista 2018

Russie

Les relations entre l’Europe et Moscou continuent de se détériorer suite à la tentative d’assassinat d’un ancien espion soviétique vivant à Londres. Mais même si devant les caméras, les leaders européens hérissent les poils, en coulisse ils se félicitent de la réélection de Vladimir Poutine. En effet, la dépendance énergétique de l’Europe ne peut s’accommoder d’une disruption russe des livraisons de gaz et de pétrole.

Moscou est en train de construire 2 nouveaux gazoducs en direction d’une Europe toujours plus gourmande et dépendante du gaz russe.

ExxonMobil va se retirer des projets russes en Arctique. La production de pétrole conventionnel en Russie augmente lentement mais ses champs s’épuisent. Pour le plus grand producteur de pétrole mondial, l’Arctique est nécessaire pour maintenir sa position et ses exportations. Actuellement, la Russie ne semble pas posséder les technologies de forage spécifiques à l’Arctique.

 

Arabie Saoudite

Le Prince Mohammed bin Salman (MbS), a réalisé une course d’école de 3 semaines aux USA notamment à New York, Washington, Boston, Houston, San Francisco et Seattle. L’objectif fut de lever des fonds pour financer ses projets pharaoniques de 500 milliards $. Avant d’arriver aux USA, le prince héritier est passé par Londres pour jauger l’intérêt des anglais pour l’IPO de Saudi Aramco.

Le Prince héritier a également parlé avec Donald Trump de l’opportunité d’acquérir l’arme atomique, histoire de mettre un peu d’ambiance au Moyen-Orient. Dans l’attente, il a passé une commande de 12,5 milliards $ d’armes militaires.

Le Royaume va garder ses exportations pétrolières en-dessous de 7 millions b/j en avril afin de soutenir les prix sur les marchés. La production totale reste sous les 10 millions b/j.

La compagnie pétrolière nationale Aramco va certainement attendre pour effectuer son IPO et entrer à la bourse de New York ou de Londres. Le concept de base espérait lever 200 milliards $, mais l’empressement des investisseurs ne s’est pas vérifié. Riyad valorise l’entreprise à 2’000 milliards $ alors qu’aucun rapport financier sérieux n’a jamais été rendu public.

Shell et l’Arabie Saoudite se rapprochent au niveau mondial pour des projets gaziers. L’Arabie Saoudite aimerait jouer un rôle plus important dans l’industrie gazière. Riyad voudrait remplacer le pétrole par du gaz notamment pour sa production électrique.

12,5 milliards d’investissements militaires américains de l’Arabie Saoudite
Prince bin Salman et Trump

Asie

Chine

Les actifs pétroliers à l’étranger, détenus par des entreprises chinoises, dépassent la production pétrolière interne. Cependant, une partie de la production étrangère n’est pas rapatriée en Chine mais est revendue sur les marchés internationaux. L’IEA estime que la production de pétrole chinois couvre les 30% de sa demande interne. D’ici à 2023, ce chiffre descendra à 25%.

En imposant à des millions de ménages de passer du charbon au gaz pour se chauffer, la Chine est devenue le deuxième plus grand importateur de gaz au monde.

Les USA pourraient être bien positionnés pour écouler leurs stocks excédentaires de gaz de schiste mais cela pourrait dépendre des facéties de Trump ainsi que la capacité pour l’industrie de schiste américaine à maintenir la production sur le long terme.

Le Vietnam a subi la pression de la Chine afin d’arrêter son deuxième forage pétrolier dans le sud de la Mer de Chine.  La Chine revendique le pétrole qui se trouve dans cette région. Les pressions économiques sont trop fortes pour le petit pays.

Le parlement a modifié la Constitution pour permettre au chef de l’Etat, Xi Jinping, de garder son poste à vie.

Votre voiture en 3D! XEV, une startup italienne et le chinois Polymaker spécialisé dans l’impression 3D, ont mis au point une voiture imprimée en 3D. Quelques composants sont néanmoins fabriqués avec des méthodes traditionnelles: le châssis, les vitres et les pneus. La LSEV (Low Speed Electric Vehicle) de deux places coûtera moins de 7’500$. Trois jours de travail sont nécessaires pour fabriquer et monter les pièces. Pour l’instant, elle n’a pas passé les crash tests.

 

Japon

Ce 11 mars 2018, 7 bougies ont été soufflées sur le gâteau de la catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima Daiichi, au Japon. Le démantèlement estimé à 620 milliards$, qui devrait durer 40 ans, suit son bonhomme de chemin.

 

Une voiture imprimée en 3D

 

Europe

Norvège

L’entreprise pétrolière nationale Statoil va changer son nom. L’entité va s’appeler Equinor. Ce changement de nom a pour objectif de donner une image verte claire à ce géant pétrolier dont le vert est très foncé. On sent déjà que la planète va mieux.

Ce changement est une excellente nouvelle pour le vétérinaire qui possède le site Equinor.no . Il semble en bonne position pour monnayer son site auprès de la multinationale.
Un tuyau pour les élèves de marketing de 1er année qui lisent cette rubrique. Quand vous choisissez une nouvelle marque, il est toujours de bon ton de faire quelques recherches sur la disponibilité des noms sur la grande toile.

La Finlande, le Danemark, la Norvège et la Suède possèdent le 8% des voitures électriques à travers le monde. La Norvège, l’Islande et la Suède ont le ratio «voitures électriques/nombre habitants» le plus élevé. De 250’000 voitures électriques aujourd’hui, la projection est de 4 millions en 2030.

 

Angleterre

Selon BP depuis 2010, les coûts de production d’électricité éolienne a diminué de 23 % et le solaire de 73 %.

Selon les standards de la firme anglaise, ces deux énergies sont complètement concurrentielles face aux énergies fossiles. Les coûts de la production éolienne diminuent notamment grâce à l’allongement des pales et de la puissance totale des machines.

Le salaire de Bob Dudley, CEO de BP, a augmenté de 13% à 13,4 millions $ en 2017. Afin de partager et de copier les bonnes pratiques de l’industrie, je me suis empressé de partager cette nouvelle avec mon boss.  Je signe même pour la moitié.

 

France

Suite à la catastrophique visite du premier ministre canadien, Justin Trudeau, le président français Macron a nettement mieux su gérer sa campagne de promotion lors de sa visite en Inde.

Avec le Président Macron, ENGIE, le géant français, a inauguré à Mirzapur, Inde, une ferme solaire de 101 MW. Elle prétend également avoir signé pour plus de 608 MW de projets d’énergie solaire et éolienne dans ce pays. Cependant, il faut toujours se méfier d’annonces aussi gigantesques surtout quand elles sont signées avec l’Inde. En effet, la corruption, l’absence d’éthique et les pratiques locales dans les affaires font parfois capoter les projets même les plus ambitieux.

EDF claironne un investissement de 8 milliards € dans les énergies renouvelables d’ici à 2035. Une goutte d’eau pour faire face aux vrais besoins ou un montant suffisant? L’avenir le dira.

 

Allemagne

Le patron de Volkswagen, Mathias Müller, a reçu un bonus de 10 millions d’euros, + 40%. Au passage, il déclare que le diesel va «revenir». On notera toute la saveur de l’histoire. Non seulement il se prend 10 millions, juste après le pire scandale de l’histoire du diesel et dans la foulée il ajoute qu’il va continuer à nous gaver de particules fines. Il pourrait se reconvertir et finir CEO dans une banque, parce qu’en terme d’hypocrisie, c’est assez remarquable!

L’entreprise allemande de bus, Flixbus, investit dans la production de bus électriques en Chine auprès de Zhengzhou Yutong Bus Co ainsi que BYD. La première ligne de bus électriques pourrait être: Paris – Amiens en avril déjà.

Dessin Chappatte

 

Suisse

Pour 850 millions frs, Bouygues Construction a acheté au Suisse Alpiq: Alpiq Intech ainsi que l’Allemand Kraftanlagen. Le fleuron Alpiq Intech génère de juteux profits depuis des années. EDF actionnaire à 25% dans le capital action d’Alpiq a fortement influencé ce fructueux accord pour le français. On s’étonne également du prix excessivement bas de cette transaction alors qu’Alpiq Inteq a généré un profit de 221 millions frs en 2017.

Les résultats 2017 d’Alpiq sont excellents avec un bénéfice de 278 millions frs. et des fonds propres de 2,851 milliards. Après avoir passé les comptes dans la moulinette d’optimalisation fiscale et stratégique, Alpiq enregistre une perte magique de 84 millions frs! Ayons une pensée émue pour tous ceux qui paient des impôts.

En Suisse, la consommation électrique se compose à 55,9% d’hydraulique (53.4% en 2016), 16,9% de nucléaire (20.7), 5,9% de renouvelables (4.9) et 21.3% de charbon. Pour la bienséance, les statistiques ne parlent pas de charbon mais utilise la terminologie environnementalement plus neutre: «sources inconnues». Du côté de la production : 59% hydraulique, 33% nucléaire, 3% gaz, 5% renouvelables.

 

Dessin Chappatte

 

Les Amériques

Schiste Américain

Les médias commencent à comprendre la différence entre le pétrole de schiste et le pétrole conventionnel. Trop léger, le schiste n’est pas le meilleur ami du diesel ou du kérosène dont le monde a besoin. Les raffineries américaines ne s’accommodent que difficilement de ce schiste et les places de stockage sont déjà pleines en attente de lui trouver une utilité. Morgan Stanley pense les producteurs vont devoir accepter un tarif bien plus bas pour cette mauvaise qualité de pétrole.

La Oklahoma Corporation Commission a créé un nouveau protocole de fracturation hydraulique après que 70 tremblements de terre, d’une magnitude minimale de 2,5, ont secoué l’Oklahoma en 2016. Les entreprises devront immédiatement suspendre leurs opérations 6h après un nouveau tremblement de terre.

Le bassin Permien produit également des quantités record de gaz de schiste, qui sont pour l’instant intransportable à cause du manque d’infrastructures. De plus, cette quantité de gaz s’ajoute à un marché saturé. Cette surproduction sonne le signal d’alarme de l’épuisement des gisements.

 

Venezuela

La production du brut est passée de 2,3 millions de barils/jour en janvier 2016, à 1,6 million aujourd’hui.

Avec le nouveau secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, la situation pourrait rapidement tourner au vinaigre avec le Venezuela. Ainsi, si les sanctions Trumpiennes devaient encore se greffer sur les problèmes du pays, l’impact sur la production pétrolière ne fera qu’accentuer le déclin.

Le nombre de forages actifs est passé de 70 en 2016 à 43 aujourd’hui. Le manque d’employés qualifiés, de pétrole capable de liquéfier le brut vénézuélien et le déclin des investissements précipitent cette chute.

 

Mexique

Le candidat de gauche à la course à la présidentielle, Andres Manuel López Obrador, désire geler les investissements d’entreprises privées dans le domaine pétrolier. Il propose également d’augmenter les capacités de raffinage indigène et de stopper les exportations de brut. Actuellement, le brut mexicain est expédié vers les États-Unis pour être raffiné, pour être ensuite réimporté sous forme de carburant.

Durant les trois dernières années, le montant des exportations pétrolières américaines vers le Mexique (diesel, essence, gaz) a dépassé la valeur du brut mexicain vendu aux USA.

Les menaces douanières proférées par Trump ont le mérite de faire éclore des idées autant au Canada qu’au Mexique.

 

Dessin Chappatte

 

Moyen Orient & Océanie

Iran

La production pétrolière du pays stagne à 3,85 millions b/j. selon l’IEA.

Le renvoi du Secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, par le président Trump, cause des insomnies au gouvernement iranien, surtout que l’ancien CEO d’ExxonMobil a été remplacé par un va-en-guerre farouchement opposé à la Corée du Nord et l’Iran.

Trump ne cache pas son envie de casser l’accord nucléaire avec l’Iran, même si Téhéran respecte toutes les clauses. Dans son arsenal, les États-Unis pourraient mettre une pression sur les pays qui achètent le pétrole et le gaz iranien notamment la Chine et l’Inde.

Si Washington impose à nouveau des sanctions à l’Iran et au Venezuela, la baisse pétrolière pourrait se monter à 1 million de barils par jour d’ici à la fin de l’année.

De son côté, Téhéran s’autorisera à recommencer son programme nucléaire. Du coup, l’Arabie Saoudite, par son prince héritier Mohammed bin Salman, réclame elle aussi son joujou nucléaire.

Le ministre du pétrole, Zanganeh, aimerait garder le prix du baril à 60$. A ce niveau les caisses de l’Etat se remplissent et le schiste américain n’est pas rentable.

La Russie et l’Iran vont développer deux champs pétroliers à la frontière de l’Irak. C’est le deuxième grand accord international suite au 5 milliards $ avec Total. Cependant, l’Iran est déçu du manque d’enthousiasme des pétroliers occidentaux.

 

Irak

Promis à une déferlante pétrolière, le pays stagne à 4,71 millions b/j. Les grandes majors internationales ont diminué leur enthousiasme car les profits ne sont pas mirobolants. Si l’Irak a réussi à augmenter sa production de 2 millions b/j, c’est grâce à BP, Exxon Mobil, Lukoil, Eni, Total ou Royal Dutch Shell.

L’objectif de Bagdad était de monter la production à 12 million b/j. Il est revu à la baisse à 7 million pour 2022.

30 ans après sa disparition, la National Oil Company (INOC) renait de ses cendres grâce au gouvernement. L’entité sera chargée de gérer le pétrole à travers le pays.

 

Nouvelle Zélande

Des drones-taxis volants, électriques et sans pilote, vont être testés sous l’élan du cofondateur de Google, Larry Page et sa start up Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk. Une dizaine de rotors ont été installés sur ses ailes, ce qui lui permet de décoller et d’atterrir à la verticale comme un hélicoptère. Le drone pourrait transporter des passagers en zone urbaine en se servant de toits ou de parkings comme aire d’atterrissage. (lire: Drone-Taxi : La voiture est-elle bientôt prête au décollage?)

 

Australie

Simec Zen Energy, contrôlé par le groupe GFG Alliance, va installer une batterie de stockage d’électricité d’une capacité de 120 MW/140 MWh, à Port Augusta. Record du monde. Objectif stocker l’électricité de la nouvelle ferme solaire en train d’être construite à l’aciérie Whyalla Steelworks.

 

Cora, le drone électrique de Zephyr Airworks, filiale de Kitty Hawk

 

Afrique

Nigeria

Comme il fallait s’y attendre, la commission nationale chargée d’enquêter sur la corruption de pétrole, ne brille pas par les progrès obtenus. Le montant dépasse les 20 milliards $.

Les pénuries de carburant aux stations d’essence continuent dans ce pays qui est pourtant le plus grand producteur africain de pétrole.

 

Sud Soudan

Les USA sanctionnent 15 opérateurs pétroliers du pays. Motif : les ventes pétrolières profitent au gouvernement du Président Salva Kiir et ce moyen de pression pourrait terminer les conflits dans le pays.

 

Phrases du Mois

«L’Arabie saoudite est un pays très riche, et vous allez, je l’espère, donner une part de cette richesse aux Etats-Unis sous la forme d’emplois et d’achats du meilleur matériel militaire qui soit au monde.» Donald Trump à Mohammed ben Salmane, le prince héritier d’Arabie saoudite pour l’achat de 12,5 milliards $ d’armes.

 

I believes that “shale oil growth potential may be over-stated as the prime areas of the Eagle Ford and Bakken are already drilled up. The question is how far does the Permian have left. Probably a couple of years.” Mark Papa, former CEO of EOG Resources.

 

Now that I have retired, I have begun to look at the whole nuclear fusion enterprise more dispassionately, and I feel that a working, every-day, commercial fusion reactor would cause more problems than it would solve.” Daniel Jassby, physicien, Princeton Plasma Physics Lab, New Jersey.

 

Nous sommes à une bifurcation des médias et des réseaux sociaux où plus personne accepte de lire quelque chose dont il ne veut pas y croire.” Tim DeChristopher, cofounder of Climate Disobedience Center.

 

Sources: avec Tom Whipple de ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

La mort annoncée de la voiture à pétrole

Après un siècle de domination, sommes-nous à l’aube de la disparition de la voiture à pétrole?  Objet de désir, de réussite et symbole d’un statut social, elle est en train de se faire dépasser par sa comparse électrique.

La nouvelle Mobilité apporte une disruption totale sur le marché de l’énergie en passant par la géopolitique pétrolière mondiale et aux distributeurs d’électricité. Elle devient un élément clé de la nouvelle économie en se métamorphosant de glouton à outil intelligent.


Un changement rapide

Des banderilles électriques de plus en plus acérées ont été lancées et toute l’industrie vacille. Depuis le début de ce mois, la nouvelle petite Tesla est sortie des usines pendant que Volvo a annoncé l’arrivée de l’électricité dans tous ses modèles d’ici à 2019.

L’Inde, la Norvège, la Hollande et bientôt la Chine vont interdire la vente des voitures à essence ou diesel.

Ce revirement de situation est un pied de nez à l’empire Rockefeller. Si en 1900, les voitures électriques représentaient le 34% des ventes à New York, Boston et Chicago, le magnat du pétrole a su imposer aux constructeurs automobiles son or noir.

Effet exponentiel

A ce jour, les ventes ne représentent que le 1% des ventes, mais la boule de neige se transforme en avalanche et plus de 1 million de voitures électriques seront vendues cette année à travers le monde.

Si les producteurs automobiles se sont focalisés sur les grands modèles dispendieux, les voitures électriques low-cost pointent le bout de leur nez. L’Inde et la Chine travaillent sur des véhicules de 3’000 à 7’000$.

Même les pétroliers accusent le coup au point de se demander s’il vaut mieux extraire son pétrole aujourd’hui, même avec des prix bas, au lieu de prendre le risque de devoir, demain, le laisser sous terre par manque de demande. On comprend mieux les réticences des pays de l’OPEP à réduire leurs productions pour faire remonter les cours.

 

 

Evolution des nouveaux modèles de voitures électriques

 

L’accélération de l’industrie automobile électrique réside dans la batterie.

Pour démocratiser ce véhicule, le prix de la batterie devra descendre sous la barre des 100$ le kWh.

Depuis 2010, la chute est vertigineuse pour arriver actuellement à 190$/kWh. Le nouveau leadership de la Chine et l’augmentation du nombre de voitures vendues nous rapprochent rapidement de cet objectif de démocratisation.

Mais pour l’instant, les constructeurs électriques peinent à atteindre l’équilibre financier.

 

A la charge de la recharge

Un “plein” nécessite entre 9 et 30 minutes pour les modèles les plus performants bien que la majorité des voitures se rechargent comme les smart phones: à la maison durant la nuit.

De leur côté, les stations d’autoroutes et les grandes surfaces se profilent dans des solutions qui nécessitent le temps des commissions ou d’un repas.

La grande inconnue réside encore dans le recyclage des batteries. L’industrie du nucléaire a été incapable de résoudre la gestion des déchets et ce laxisme se retourne comme un boomerang sur cette technologie.

Les batteries pourraient bien avoir une deuxième vie afin de stocker la production d’électricité renouvelable dans les maisons et les habitations, mais in fine, un processus de retour à la nature devra être implémenté.

 

Evolution des ventes de voitures électriques dans le monde

 

 

De la voiture gloutonne à la voiture intelligente et utile

La Mobilité électrique apporte une disruption totale sur le marché de l’énergie mondiale. Elle rebrasse les cartes au niveau de la géopolitique pétrolière et des matières premières. L’Amérique Latine et ses réserves de lithium pourraient supplanter le pétrole du Moyen-Orient.

La voiture va devenir bien plus qu’un simple moyen de se déplacer. Elle va permettre de stabiliser les réseaux électriques, de réduire les pics de demandes, d’ingérer la production renouvelable, de créer des micro-réseaux et de survivre au peak oil.

Ainsi les grands distributeurs électriques tremblent devant la possibilité donnée aux citoyens, anciennement captifs, de produire eux-mêmes leur électricité, de la stocker dans leurs voitures ou de la revendre à leurs voisins.

La voiture change son statut pour devenir un outil de partage et d’efficacité. Contraste saisissant entre une voiture à pétrole qui n’utilise que 2 dl sur 1 litre d’essence/diesel avalé et qui produit 15 kilos de CO2 au 100 km.

 

Paris a annoncé l’arrêt des ventes de voitures à essence et diesel pour 2040. Paradoxalement à la vitesse des changements actuels, si la France tient sa promesse, elle pourrait être l’un des dernier pays au monde à autoriser ces véhicules venus d’un autre siècle !

 

 

Energies et Economie: Revue Mondiale Juin 2016

Dans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– Angleterre: un Brexit surprise
– USA: Elon Musk, Tesla, se rachète Solar City
– Chine-Russie: un nouvel accord pétrolier entre les deux géants
– Arabie Saoudite: 1 million barils/jour pour la climatisation
– USA: La NASA prépare un nouvel avion électrique
– Iran: La barre des 4 millions de barils bientôt atteinte
– Nigeria: Les milices sabordent les installations pétrolières.

 

Léger malaise à cause du Brexit. Après un coup de blues à 47$ durant le mois, il termine à 50.61$ à Londres (48.13$ à la fin mai) et rate d’un rien la barre des 50 à New York 49.88$  (45.92$ fin mai).

L’uranium est comme les yeux d’un labrador devant un os: fixe et ne bouge pas: 27$ en juin  (28.50$ à fin mai 2016).

Monde

Les revenus des membres de l’OPEP ont plongé à 438 milliards $, au plus bas depuis 10 ans. Les revenus de l’OPEP dépassait 1’000 milliards $ dans les bonnes années. Deux constats: A) c’est 500 milliards $ qui restent dans les pays importateurs pour booster leurs économies  B) les producteurs se trouvent avec la moitié de leur budget alors que les Ferrari ont augmentés. C’est forcément moins facile.

A travers le monde, les énergies renouvelables génèrent 8 millions d’emplois.

 

Europe avec l’Angleterre

Allemagne

VW va payer 15 milliards $ aux USA pour avoir trafiqué 500’000 voitures diesel. La compagnie va également devoir investir plusieurs milliards $ dans les énergies vertes pour compenser les excès de pollution de ses moteurs.

Le nouveau PDG pense que les moteurs diesel n’ont plus d’avenir. La marque se lance dans l’électrique avec une 20 de modèles d’ici à quelques années.

Finlande

L’opérateur TVO, qui avait commandé la première centrale nucléaire EPR à Areva, a suspendu ses discussions avec l’ancien géant français. Le réacteur implanté sur l’île d’Olkiluoto, qui a 10 ans de retard et dépasse de 5 milliards € les budgets, devrait produire de l’électricité en 2018 déjà.
Areva-Siemens demande 3,5 milliards € de dédommagements à TVO et TVO 2,6 milliards € à Areva-Siemens.  Pendant ce temps, les finlandais se demandent si cette centrale ne va simplement pas exploser dès sa mise en fonction.

France

La ministre Ségolène Royal avait demandé la fermeture de la Centrale Nucléaire de Fessenheim. EDF refuse d’enclencher la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Le Président et l’équipe dirigeante d’EDF sont-ils intouchables au point où ils peuvent s’opposer frontalement aux souhaits justifiés du gouvernement et de la ministre? Qui gouverne ce pays?

Angleterre

Après avoir prédit la peste, le choléra et la fin du monde en cas de départ de l’Europe, il n’aura pas fallu plus de 4 séances aux banquiers et aux financiers pour faire revenir le Footsie (indice bourse anglaise) exactement à son point de départ:6330 points! Ce qui fait dire aux experts financiers du Barons que les réactions des financiers furent un poil exagérées.

Il est bien trop tôt pour évaluer l’impact économique et énergétique du Brexit et les prévisions actuelles relèvent du charlatanisme. Cependant, il existe un indice. Quand Goldman Sachs donne une direction, il faut partir exactement l’inverse! En se basant sur cette règle, au taux de réussite élevé, le Brexit devrait être positif pour les anglais.

Immédiatement après le résultat, le pétrole a perdu 2,5$ à 47.54$ à Londres. Là, encore une fois le pétrole est remonté en ne laissant aucune trace.

BP va garder son siège reste à Londres.

Durant les 10 prochaines années, l’industrie pétrolière et gazière anglaise devra puiser 26 milliards € dans ses réserves pour retirer de la mer du Nord ses plateformes tombées à l’abandon. Le peak oil atteint en 2000, la production n’a fait que de chuter et la baisse des prix n’a fait que d’achever la bête blessée. D’ici à 2050, 90 milliards € seront nécessaires pour retirer les 470 plateformes, 10’000 km de pipelines, 40’000 cubes de béton qui peuplent la Mer du Nord.

150’000 personnes ont signé une pétition contre la volonté du gouvernement d’autoriser la fracturation de schiste sur le territoire.

Russie

La Chine et la Russie continuent de lier leurs destins énergétiques avec de nouveaux accords pétroliers. La Chine tente de diminuer son implication dans un Moyen-Orient de plus en plus instable alors que le pays a besoin d’importer une quantité croissante d’or noir pour combler la diminution de production de ses puits âgés.

De son côté la Russie, rejetée par l’Europe, se tourne vers Pékin pour financer ses projets énergétiques. Revers de la médaille, Moscou doit offrir des prix assez bas aux chinois, mais un revenu vaut mieux que rien.

Le Nouveau Continent

USA

L’entreprise Local Morors a réalisé une voiture autonome avec une imprimante 3D. Pour la piloter, c’est le logiciel Watson d’IBM qui prend le contrôle d’Olli, c’est son doux nom, dans les rues de Washington.

La NASA va copier l’explorateur Bertrand Piccard (le tour du monde en avion solaire Solar Impulse) et produire un avion électrique. La bête va s’appeler X-57 et devrait décoller d’ici à fin 2017.

Apple, vous savez les ordinateurs et les téléphones, et bien, la Pomme va commencer à commercialiser de l’électricité via Apple Energy.

La dernière centrale nucléaire californienne va fermer d’ici à 2025.  Pacific Gas & Electricité, le propriétaire, mise sur une production renouvelable et le stockage pour compenser la fermeture de l’unité inaugurée en 1985.

Elon Musk s’est fait un take over sur lui-même. Tesla, la voiture électrique, rachète Solar City qui produit de l’électricité solaire. C’est une première dans l’entreprenariat américain, un CEO qui fait un take-over sur une autre société qu’il détient à plus de 20%. La star des voitures électriques rachètent Solar-City, la star des systèmes solaires at home. Le deal se fait sur un échange d’actions et valorise Solar-City 34% plus haut que le prix de clôture. Apparemment le conflit d’intérêt ne choque personne. Tesla devient le premier constructeur automobile à détenir la verticalité de la chaîne : production d’électricité et voiture électrique.

Schiste américain
Malgré un retour à 50$ le baril, les producteurs de schiste de l’Oklahoma vont avoir de la peine à activer de nouveaux forages. En cause ? Une nouvelle législation sur les tremblements de terre. D’ailleurs, un tremblement de terre d’une magnitude de 3,7 a secoué la région à la mi-juin. 888 secousses ont été enregistrée en Oklahoma en 2015 une augmentation de 50% par rapport à 2014. L’Etat avait dénombré 34 secousses en 2012.

Canada

Pour la première fois depuis 2009, la production pétrolière du Canada devrait diminuer cette année et passer à 3.82 millions b/j (3,85 millions b/j en 2014.). Les incendies de Fort McMurray qui ont coupé la production de 1 million b/j pendant 1 mois pèse sur cette statistique.

Venezuela

Avec le Nigeria, les deux pays qui sont sur le point de s’écrouler, représentent une menace pour la stabilité de la production pétrolière mondiale.
Alors que le président Maduro s’accroche la situation empire notamment du côté de la nourriture et de la sécurité.

La production pétrolière est inconnue. Le Gouvernement présente une certaine stabilité à 2,3 millions b/j. Mais les coupures d’électricité, les salaires non versés et le pays qui n’arrive pas à payer les importations de pétrole liquide qui permettent de diluer le crude épais vénézuélien et la compagnie nationale pétrolière qui pourrait faire faillite, n’en rajoutez plus. La baisse pourrait dépasser les 500’000 b/j. alors que la situation du pays devient catastrophique.

Asie

Inde

Les indiens ont choisi les réacteurs nucléaires Westinghouse AP1000 de Toshiba pour leurs 6 prochaines centrales. L’annonce a été faite suite à la rencontre du président Obama et le premier ministre indien Narendra Modi. Toshiba a racheté l’américain Westinghouse en 2006 et n’avait encore jamais vendu un réacteur depuis la crise de 2008 et l’accident nucléaire de Fukushima de 2011.

L’inde a besoin d’électricité afin de développer son industrie et le pays. La stratégie nucléaire pourrait entrer en conflit avec le manque chronique d’uranium à travers le monde, surtout que les chinois ont déjà racheté les mines les plus prolixes.

Chine

Toutes les raffineries construites ces dernières années ajoutées au ralentissement économique chinois poussent à un surplus de diesel et d’essence sur les marchés. Les chinois ont même réussi à exporter du diesel en Australie avec les plus hauts standards de qualité. Il est bien loin où les chinois ne produisaient que des produits bas de gamme.

Les problèmes d’eau inondent les journaux chinois. Alors que le pays compte 20% de la population mondiale, il ne possède que le 7% des ressources en eau dont une grande partie est largement polluée par les industries. Cette eau serait considérée comme imbuvable avec les standards occidentaux. 80% de l’eau dans les zones rurales sont impropres à la consommation ou pour une douche et le 50% des rivières sont hors d’usage. Il ne fait pas bon être un poisson en Chine.

Le Gouvernement a instauré une libéralisation du marché de l’électricité qui permet aux utilisateurs de négocier les prix directement avec les producteurs. Au lieu du tarif imposé par Pékin, les prix seront négociés à la tête des clients. Le charbon, bon marché, a encore de l’avenir dans ce contexte.

Moyen Orient

Arabie Saoudite

Pour survivre dans ce pays hostile à l’homme à cause de températures excessives, 1 million de barils/jour sont nécessaires durant les mois d’été pour produire l’électricité nécessaires aux climatiseurs. Riad a brûlé 400’000 barils/jour en mars, 500’000 en mai.

Le gouvernement pense que le surplus de production arrive à terme et que les prix vont remonter. Le nouveau ministre pétrolier du Royaume pense que l’Arabie rejouera le rôle de régulateur des marchés une fois que le pétrole retournera à 100$.

Iran

Bel exploit de l’Iran qui a réussi à produire 3,6 millions b/j en mai et se trouve en route pour 4 millions. Téhéran aimerait arriver à 4,8 dans les années à venir, mais il va falloir faire de l’œil aux majors pétrolières étrangères pour investir les fortunes nécessaires à développer les infrastructures. Les Russes et les chinois sont partants. L’Iran a un solide passé hostile envers les compagnies pétrolières étrangères, mais l’appel des $ pourrait assouplir les rancunes des deux côtés.

L’administration Obama aurait approuvé une vente de 80 avions Boeing pour une facture de 17,6 milliards $ alors que les iraniens négociaient 100 Airbus. Mais le Congrès Américain se plaint de voir un accord avec un pays qui supporte le terrorisme à travers le monde. De plus, il n’est pas clair comment Boeing sera payé car les iraniens refusent d’utiliser le $ US et le pays est exclu par les banques américaines. Un échange avec du pétrole pourrait faire l’affaire.

Egypte

Avec la collaboration de BP, la compagnie nationale de gaz tiennent les délais  pour extraire dès 2018 les 300 million de m3 du projet Atoll Phase One.

Afrique

Nigeria

Le groupe Niger Delta Avengers continue de faire exploser les pipelines et infrastructures pétrolières. Comme le Gouvernement n’a plus d’argent pour payer ce joyeux groupe, ils s’amusent à tout faire exploser quitte à mettre à genou le pays. Chantage ou extorsion à vous de choisir mais Elf et Shell ont vu leurs installations endommagées.

L’OPEP pense que le pays produit 1,3 million b/j au lieu des 1,9 million traditionnel. La monnaie locale le Naira fait moins bien que la Livre britannique et a baissé de 30% contre le dollar US. La corruption massive et les revenus pétroliers en chute libre pourraient menacer la production pétrolière du pays qui compte 182 millions d’habitants.

Phrases du mois

La vérité est que les coûts réels de la production pétrolière ont doublé depuis 1990. C’est une très mauvaise nouvelle pour l’économie mondiale. Pour ceux qui pensent que la technologie apporte toujours la réponse, il va falloir y repenser. Le pétrole non conventionnel nous a acheté quelques années de plus mais la surproduction, les dettes et une période prolongée de prix au-dessous des coûts de production a exacerbé de terribles coûts. Les sous-investissements, un secteur pétrolier blessé, une force de travail décimée et les bilans des majors assurent des prix bien plus élevés dans les années à venir.” Art Berman

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

Pour découvrir la revue complète

Energies et Economie: Revue Mondiale Avril 2016

Energies et Economie: Revue Mondiale Avril 2016

Monde_Map_OilDans cette édition de l’inventaire mondial des Energies, vous trouvez:
– Inde: sur les traces énergétiques de la Chine
– USA: Tesla renonce à ses grandes batteries maisons
– Arabie Saoudite: ça devient rock&roll
– Monde: 200 tankers pétroliers bouchonnent les ports
– Venezuela: Après le pétrole, le manque d’électricité menace
– Nigeria: L’armée postée devant les stations d’essences

 

Après l’échec de la conférence de Doha sur le gel de la production de pétrole, le baril est étrangement remonté comme vous avez pu le voir dans votre station d’essence préférée: à New York, 45.92$ le baril (38.32$ mars) et à Londres 48.13 $ (39.26$ à la fin mars).

Pour fêter les 30 ans de Tchernobyl, l’uranium descend les escaliers quarte par quatre:  27.5$  (29.15$ à fin mars 2016).

 

Monde

Il y aurait 200 millions de barils stockés dans 100 à 200 tankers pétroliers qui se trouvent en attente dans les ports du monde entier. Imaginez un bouchon de 75 km de bateaux. Les ports du Moyen Orient sont particulièrement congestionnés par des tankers qui patientent plusieurs semaines avant d’être chargés. L’encombrement est tout aussi important en Chine, mais cette fois pour le déchargement.

La dette mondiale de l’industrie pétrolière se monte à 3’000 milliards $ dont 1’000 milliards $ dans des projets non rentables. Goldman Sachs pense que 2/3 es 400 plus grands projets mondiaux ont besoin d’un baril à 70$ pour être rentable. Si vous ajoutez à l’équation la quantité de CO2 contenue dans ces projets non rentable, est-ce que le jeu en vaut la chandelle? De plus en plus d’investisseurs désinvestissent des énergies fossiles et le charbon semble être la première victime aux USA, en Chine et en Europe.

Un rapport publié par l’AAPG anglais (All-Party Parliamentary Group) pense que le peak oil sera atteint en 2025 et prévoit l’effondrement de l’économie dû à l’épuisement des ressources. A part cette annonce un tantinet dépressif, le rapport a le mérite de pointer du doigt le fait que le risque d’effondrement ne repose pas sur l’épuisement des ressources mais sur le fait qu’il devient de plus en plus onéreux d’extraire des matières premières de moins en moins bonne qualité.

175 pays se sont réunis à New York pour signer l’accord sur le climat. Les 3 premiers mois de 2016 ont été de loin les plus chauds depuis le début des mesures il y a 136 ans.

2016_04_TTIP_Renard

Europe

L’Europe est noyée dans une surproduction de diesel. N’allez pas penser que les constructeurs automobiles ont réussi à concocter des véhicules diesel peu gourmands. Après les Allemandes, c’est au tour de Nissan d’avouer une tricherie lors des contrôles.

Angleterre

Le géant pétrolier BP s’est fait chahuter lors de sa traditionnelle Assemblée Générale annuelle. L’augmentation de salaire de son CEO, Bub Dudley, qui voit son chèque passer de 16,4 à 20 millions $ a été remis en question par les actionnaires alors que l’entreprise a perdu 5,2 milliards $ en 2015. C’est ballot de s’offrir une augmentation de 20% alors que vous devez licencier des milliers d’employés pour diminuer vos coûts. In fine, l’obole est passée.

 

France

L’Etat doit injecter 3 milliards d’euros pour la recapitalisation d’EDF d’ici à février 2017. Pour Areva, l’augmentation de capital est chiffrée à 5 milliards d’euros des français soit 285 € par ménage ou une augmentation de 6,5 centimes € le kWh. Comme cela passe via les impôts, la France peut toujours se targuer d’offrir des factures d’électricité allégées en comparaison européenne.

Paris a vécu son premier Grand Prix de Formule E (voiture électrique). Une formule E consomme au maximum 56 kilowattheures (kWh) en course avec une puissance du moteur limitée à 200 kW. Belle évolution depuis les débuts du championnat.

 

Suisse

La Banque Nationale Suisse a vécu une Assemblée Générale mouvementée. Parmi les questions des actionnaires, les investissements dans le schiste américain ont été soulevés. Pour l’instant, la question est balayée d’un revers de main, mais devant l’impopularité de ces investissements, les Cantons actionnaires vont devoir réagir surtout que la Banque a déjà perdu plusieurs centaines de millions $ et la facture finale pourrait avoisiner le milliard et demi.

GreenPeace lance une pub originale contre les vieilles, très vieilles centrales nucléaires suisses. Un énorme panneau de signalisation a été créé dans un champ à l’approche de l’Aéroport de Zürich.

2016_04_Beznau_GreenpeaceLe plus vieux réacteur nucléaire au monde: 22 km

Russie

La Russie a encore augmenté sa production pétrolière à 10,91 millions b/j en mars. Ce chiffre pourrait marquer le pic de production du pays, mais depuis le temps que je le dis, je commence à vraiment avoir l’air bête! Ils sont vraiment taquins ces russes.

Le rouble a repris des muscles et remonte à 66 roubles pour 1$ (80 il y a quelques mois). L’économie devrait mieux s’en sortir cette année mais les investissements étrangers font défauts et les dépenses en Syrie n’aident pas.

Les efforts de Moscou, pour doubler la capacité du gazoduc Nord Stream qui transporte le gaz de la Mer Baltique en Europe de l’Ouest, rencontrent l’opposition de l’Europe qui aimerait diminuer sa dépendance envers la Russie.

 

Hollande

Ben van Beurden, CEO de Royal Dutch Shell, a perçu 24,2 millions € en 2014 et seulement 5,6 en 2015 car l’entreprise est à la peine.

ExxonMobil et Royal Dutch Shell ont dépensé 115 millions $ par an pour obstruer les politiques de changement climatique selon Influence Map

2016_04_Depense_Lobby_ClimatPour voir le graphique

Les Amériques

USA

Le lobby pétrole, gaz, pétrole du pétrole ont contribué à hauteur de 5.3 millions $ à la campagne d’Hillary Clinton. Sur les 57 entreprises, 43 ont donné le montant maximum autorisé par le règlement américain.

Le Département de la Justice américain pourrait empêcher la fusion entre Haliburton et Baker Hughes pour des raisons monopolistiques.

Discrètement, Tesla a retiré de son catalogue sa batterie de stockage d’énergie solaire de 10 kWh pour les particuliers. Trop compliqué ou trop cher? Pas de réponse d’Elon Musk. Par contre la batterie de 7 kWh est sur les rails.

Schiste américain
Alors que les faillites continuent, les entreprises possèdent de nombreux puits forés mais pas encore en exploitation. En faillite, mais sous la protection du Chapter 11 qui protège des créanciers, cela vaut toujours le coup de tenter sa chance et d’exploiter un puits. Avec la quantité d’argent reçu par Wall Street et les grandes banques/fonds comme UBS, Wells Fargo, JP Morgan, Bank of America, BlackRock les entreprises sont assises sur des montagnes d’argent.

Halliburton va couper 6’000 postes.

Schlumberger a déjà sabré 36’000 emplois depuis juin 2014 et ça continue.

 

Canada

PetroChina va débuter l’exploitation de sables bitumineux à MacKay River dans l’Alberta. Le projet avait été lancé quand le baril frisait les 100$. Pour l’instant, l’extraction tourne au minimum pour ne pas trop perdre d’argent surtout que 3,9 milliards $ ont déjà été engloutis.

Le Canada a exporté 3,2 millions b/j aux USA en 2015 (+10%) alors que les USA importent 7,4 millions b/j. Washington est encore assez loin de l’indépendance énergétique.

 

Mexique

Le Gouvernement va injecter 4,2 milliards $ dans son champion pétrolier Pemex afin de payer les retraites des employés. La 8ème majors pétrolière mondiale se trouve dans une situation délicate avec la chute des prix et l’assèchement des gisements qui réduisent ses revenus. Pemex reporte une perte de 32 milliards $ en 2015.

 

Brésil

La présidente Roussef a été priée de regarder les Jeux Olympiques à la maison. Certains annoncent un coup d’Etat et pointent du doigt les USA qui voient d’un bon œil un revirement à droite de l’Amérique Latine. Ce qui est sûr c’est que le Président ad’interim, Michel Temer, possède lui aussi des casseroles via la compagnie pétrolière PetroBras.

Statoil (Norvège), Repsol Sinopec Brasil (Chine) et Petrobras ont réussi leurs forages dans le bassin de Campos. Le consortium pourra extraire 4’000 barils par jour en passant à travers l’épaisse couche de sel des profondeurs de l’Océan. A cette profondeur et à travers le sel qui détruit les instruments de forage, c’est à la fois une prouesse technologique et un gouffre financier.

 

Venezuela

Le pays est financièrement le plus mal en point de tous les pays de l’OPEP. La grande partie des 2,3 millions b/j extraits sont exportés vers la Chine pour rembourser la dette détenue par Pékin.

L’inflation devrait atteindre les 500% en 2016.

Le barrage hydraulique Guri n’a plus que 2 m d’eau au-dessus de ses turbines et les coupures d’électricité pourraient paralyser le pays. Le président Maduro a imposé une coupure de 4h par jour dans 10 des 23 Etats du pays. La surproduction du barrage serait la cause et s’il ne devait plus produire, une grande partie du pays serait concernée. Un pays sans électricité ne peut plus fonctionner normalement pendant bien longtemps.

2016_04_TTIP_MickeyLe traité TransAtlantique TTIP – TAFTA entre les USA et l’Europe

Asie

Chine

Bien qu’en baisse de 4,5%, la production chinoise de charbon s’est élevée à 294 millions de tonnes en mars. Durant le premier trimestre 2016, la Chine a produit 1’355 milliards kWh et 77% à base de charbon.

La Russie est devenue le plus grand fournisseur pétrolier de la Chine avec 1.09 million b/j pour 1.03 pour l’Arabie Saoudite.

Saurez-vous compléter la suite de la série? Le PIB chinois des 7 derniers trimestres selon Pékin : 7,1% ;  7,2% ;  7,0% ; 7,0% ; 6,9% ; 6,8% et 6,7%.

La consommation d’électricité a augmenté de 1,8% durant les 12 derniers mois au lieu de +10% dans lors périodes précédentes.

 

Inde

Niveau consommation d’énergie, l’Inde est la nouvelle Chine. Tous les indicateurs sont à la hausse, y compris ceux de l’économie.

Le pays a importé +6,7% de pétrole en 2015 et consomme 4,05 millions b/j. Les nouvelles voitures économiques et l’électrification sont en train de faire exploser la demande de pétrole dans le pays.

L’Inde aimerait investir 20 milliards $ dans l’industrie énergétique iranienne afin d’importer du pétrole et du gaz avec des conditions favorables. On se réjouit de voir les négociations entre des indiens qui peinent à respecter des accords signés et les iraniens champions de la négociation.

2016_04_dessin-kakIf you want que je reste, il faudrait faire a litte plus d’efforts, my friends
Dessin KAK

Moyen Orient

Iran

Si quelqu’un à une boule de cristal pour découvrir si Téhéran a les capacités d’augmenter sa production à 4 millions b/j d’ici à la fin de l’année. Mais pour l’instant, l’Iran a de la peine à trouver des tankers disponibles. La moitié de sa flotte de 60 tankers est utilisée pour stocker le surplus et les autres trainent dans les files d’attentes dans les différents ports dans l’espoir d’être vidé.

Le PIB de l’Iran devrait augmenter de 4% cette année. Téhéran tente de rapatrier l’argent de ses ventes de pétrole. A cause des sanctions, 6,5 milliards $ sont encore bloqués à l’étranger.

Le problème de l’Iran est de trouver des investisseurs qui désirent prendre le risque d’investir dans les installations pétrolières et gazières surtout que la question d’autoriser des compagnies étrangères à participer au partage des revenus n’est pas encore tranchée au sein du Gouvernement.  Les dernières propositions faites aux majors étrangères sont tellement défavorables que même un labrador refuserait de ronger cet os.

Arabie Saoudite

La débâcle de la conférence de Doha reposerait sur les épaules du Roi Salman d’Arabie Saoudite. Avant la conférence, les ministres du pétrole de la Russie et de l’Arabie Saoudite avaient trouvé un accord. Pas de bol, le Roi et son Prince de fils auraient mis leur véto et demandé que l’Iran gèle également la production.

Un « Plan National de Transformation » a été mis au point pour diminuer la dépendance du pays face au pétrole avec la mise sur pieds d’un fonds de 2’000 milliards $ et la création d’emplois autre que dans l’or noir.

La famille Royale espère augmenter les revenus non pétrolier à 100 milliards $ d’ici à 2020. Pour atteindre cet objectif, la vente de 5% de Saudi Aramco, l’entreprise pétrolière nationale, est sur le tapis.

Pour y arriver, le pays commence par affronter les vents contraires. Pour l’instant, les prix du baril ne permettent pas à Ryad de réaliser ce matelas. La diminution des subsides généreusement versés aux citoyens et l’augmentation des taxes ne vont pas renforcer la côte d’amour du nouveau roi.

Son Prince de fils pense que le pays est capable d’augmenter la production pétrolière de 10 millions b/j à 11,5 immédiatement et à 12,5 dans les 6 mois. Info ou Intox?

Les USA menacent de publier les 28 pages de rapport sur l’implication du gouvernement d’Arabie Saoudite dans les attentats du 11 septembre. Si Washington le fait, l’ambiance va être chaude surtout que les Saoudiens menacent de retirer leurs pétrodollars investis dans la dette américaine. Heureusement que Trump va régler tout ça.

 

Irak

Les efforts pour créer un nouveau cabinet dans le gouvernement se poursuit surtout que la corruption de 20 officiels via la Northern Oil Company n’arrange pas les affaires. La corruption est le plus grand frein à la création d’un nouveau gouvernement pendant que le puissant chef religieux Muqtada Sadr s’impatiente.

Les revenus pétroliers de l’Etat Islamique semblent diminuer.

Dans le Sud pétrolifère du pays, les esprits s’échauffent. Le Sud montre une envie certaine de garder ses revenus pétroliers et d’arrêter de financer le gouvernement de Badgad. Une division du pays en plusieurs parties revient dans les agendas.

 

Lybie

Les américains et les Européens ne laisseront pas tomber la Lybie. Il y a trop de pétrole en jeu. L’Etat Islamique a rencontré quelques victoires dans le pays mais l’opposition n’est pas féroce. Les opérations ont également touché les infrastructures pétrolières dont le port de Brega. Ca c’est plus agaçant.

Pour simplifier la donne, un 3ème gouvernement s’est déclaré Gouvernement officiel. La Libya National Oil Company semble être sous le contrôle de ce nouveau gouvernement, mais c’est la Banque National qui collecte les revenus pour les distribuer aux 3 différents gouvernements. Pas facile à expliquer et encore moins à vivre.

 

Afrique

Nigéria

La police et les soldats ont été déployés aux stations d’essence pour maintenir l’ordre car les carburants se font de plus en plus rares alors que le pays est le plus grand producteur pétrolier africain.

Cette pénurie a doublé les prix dans le pays le plus peuplé de l’Afrique. La pénurie de diesel impact encore plus le pays car une grande partie de l’électricité est générée avec du diesel.

 

Phrases du mois

Le ministre du pétrole saoudien Ali Al-Naimi suggère à l’industrie mondiale “d’enlever sa « Dark Side » (face sombre) et de montrer une image de bien «force of good». Comme industrie, nous devrions célébrer ce fait et mieux expliquer l’importance de cette ressource précieuse.

L’incursion de la banque américaine Wells Fargo dans le schiste montre combien Wall Street a mal évalué les risques cachés d’un type de production pétrolier ésotérique et financé en pensant qu’il était imparable.   Asjylyn Loder, Bloomber News, pétrole de schiste

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde