Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juillet 2017

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.

– Automobile: Très mauvais mois pour l’industrie
– Allemagne: Les voitures allemandes truquées
– Arabie Saoudite: Le Roi s’impose et serre la vis
– France: 17 centrales nucléaires à l’arrêt
– Israël: Un avion électrique avec 9 personnes et 1’000 km
– Japon: Les déchets radioactifs dans le Pacifique
– Chine: Une ferme solaire en forme de Panda.


 

Après avoir passé tout le mois vers les 45$, le pétrole s’est réveillé durant les derniers jours pour repasser sur la barre des 50$. Il termine à 51.49$ à Londres (47,42 juin) et 49.04$ à New York (44.93 juin).

L’uranium bronze sur la plage et ne fait rien 20.50$ (20.10$ juin).

Bien que les USA exportent 2,3 millions de barils/jour, ils sont toujours de grands importateurs.
Source EIA, graphique: Financial Times

 

Un mois Historique?

Est-ce que juillet 2017 entrera comme le tournant historique de la voiture à pétrole?

Durant ce mois, la France et l’Angleterre ont émis le souhait de renoncer aux voitures à essence et à diesel dès 2040. La Suisse suggère 2025 comme la Norvège et la Hollande. Volvo va électrifier sa flotte dès 2019. Londres a augmenté les tarifs pour entrer dans la ville en voiture. En Allemagne, c’est la Bérézina chez les constructeurs tricheurs.

Stuttgart pourrait voir l’interdiction des voitures au diesel. La nouvelle Tesla Model 3 est sortie des usines.

A 180 degrés, l’industrie de l’aviation et Boeing espèrent démultiplier les ventes et former des milliers de nouveaux pilotes d’ici à 2040.

 

Monde

Depuis le début de l’année, 15 champs pétroliers d’une capacité totale de 8 milliards de barils ont été mis en chantier. Ils étaient 12 avec 8,8 milliards de barils en 2016. Ce chiffre est encore loin de la moyenne de 40 champs durant les années 2007-2013.

 

OPEP

Les exportations de l’OPEP continuent d’augmenter +700’000 à 33 millions de barils/jour (b/j) mais un tour de vis est demandé par l’Arabie Saoudite pour faire remonter les cours.

La Lybie et le Nigeria, qui ont échappé à toute limitation de production, pourraient se voir intégrer dans le processus. Les deux pays ont apporté 500’000 b/j de plus dans les marchés.

 

Peak oil

Le CEO de Saudi Aramco souligne qu’il manque 1’000 milliards $ d’investissements pétroliers et qu’il est nécessaire de trouver 20 millions b/j d’ici à 5 ans pour compenser l’épuisement des gisements actuels.

 

Nucléaire

Selon EUROfusion, le premier réacteur nucléaire à fusion pourrait générer de l’électricité d’ici à la deuxième partie du siècle. Les ingénieurs ne précisent pas le coût du kWh.

Dessin Chappatte

 

Arabie Saoudite

Les changements à la tête du pays dépassent les intrigues de la série Dallas et son univers impitoyable.

Dans les derniers épisodes, le Roi Salman bin Abdulaziz avait concentré le pouvoir dans les mains de son fils Mohammed Bin Salman (31 ans) et viré son neveu Mohammed bin Nayef (57 ans) qui était destiné à devenir Roi à la mort du Roi.
Dans l’épisode de ce mois, le neveu banni est en état d’arrestation. Pour éviter de se faire poignarder dans le dos, le Roi a créé le Ministère de la “Sécurité Intérieure” avec à sa tête, son ami le Géneral Abdulaziz al-Howairini. Comment vont réagir les membres écartés de la famille royale? Est-ce la production pétrolière sera impactée? Nous le verrons dans les épisodes à venir.

L’Arabie Saoudite et la Russie tapent le poing sur la table et demandent aux pays de l’OPEP de respecter les quotas d’extraction de pétrole afin d’enlever 1,8 million b/j.

Ryad a lancé un appel d’offre pour construire une ferme d’éoliennes de 400 MW.

La dispute entre l’Arabie Saoudite et le Qatar aurait éclaté grâce à l’ami Donald Trump. Lors de sa visite à Ryad, l’Agent Orange aurait encouragé l’Arabie à se lancer dans ce concept. Depuis les USA rament pour calmer tout ce beau monde.

 

Allemagne

Impossible de ne pas mettre l’Allemagne en tête du hit parade de ce mois.

Splendide «Une» du Spiegel qui illustre l’Amitié entre Volkswagen, Audi, Porsche, BMW et Mercedes-Daimler. Les dirigeants se sont accordés sur les méthodes de contournement des tests anti-pollution et autres “détails” pour qu’au final, les grandes allemandes soient bien plus que des voitures.

Après VW, c’est Mercedes Daimler qui avoue tricher et faire joujou avec le CO2 et quelques substances nocives mineures. Le constructeur a tacitement reconnu l’existence d’un problème majeur de dépollution de ses moteurs en ordonnant, le 18 juillet, le rappel spectaculaire de plus de 3 millions de voitures. La Mercedes Classe B ressort particulièrement bien du lot avec des émissions de Nox 8,6 fois supérieures à la norme.
Du côté de Porsche, les heureux propriétaires de Cayenne vont devoir repasser au garage pour enlever un logiciel qui s’est glissé “par erreur” dans le moteur.

Il faut comprendre les constructeurs Allemands. Comme les prix de leurs voitures sont bas, ils doivent forcément limer quelque part.

La ville de Stuttgart pourrait interdire les voitures à diesel pour des raisons de santé et 15 autres villes allemandes pourraient suivre.

Toujours au rayon «communication made in Germany», la chancelière Merkel s’époumone à convaincre Trump d’agir sur le climat. En fait, l’Allemagne ne va pas arriver à atteindre ses objectifs de réduction de CO2 car Berlin continue d’augmenter sa production électrique à base de charbon.

La Une de Spiegel, 22 juillet 2017

 

Russie

Avec un prix du baril à 50$, la croissance de l’Economie Russe pourrait atteindre 1,4% cette année.

Exxon Mobil s’est vu refuser l’autorisation de forer dans la Mer Noire par Washington et s’est pris une amende de 2 millions $ par le gouvernement Trump. Le gouvernement US a également fait pression sur le Japon pour ne pas collaborer avec la Russie dans les domaines pétroliers et gaziers.

Moscou tente d’acquérir 49,9% des actions de l’entreprise américaine US Citgo en rachetant les actions à l’entreprise nationale vénézuélienne de pétrole. Citgo possède de très nombreuses stations d’essence aux USA.

L’américain Schlumberger a acquis la majorité dans l’entreprise russe Eurasia Drilling Co. Ltd. Eurasia est l’une des plus grande entreprise mondiale dans le forage onshore. Cet achat va tester Washington sur l’embargo pétrolier américain.

 

Les Etats Unis d’Amérique

Après “l’Indépendance Energétique” suivit par “l’Abondance Energétique” d’Obama, Trump plébiscite la “Dominance Energétique” des USA. Tous ces mots sont comme un trop grand repas. Au final, ça se termine toujours par un régime.

20 ans après l’Europe, l’industrie éolienne offshore arrive aux USA. Pour l’instant, le manque d’industriels américains actifs dans ce domaine freine son expansion. Comme Goldman Sachs avait acheté au rabais 18% des actions de Dong Energy, le champion éolien danois, et que la moitié des banquiers de Goldman Sachs travaillent pour Trump, on peut imaginer une issue favorable.

Le show satirique Saturday Night Live, SNL, a perdu l’une de ses mascotte favorite: Sean Spicer, le porte-parole du gouvernement. Ce dernier a décidé de démissionner suite à la venue du nouveau directeur de la communication, Anthony Scaramucci, ex Goldman Sachs.

Les USA avalent le 20% de la production pétrolière mondiale soit 20 millions b/j. Les 2/3 proviennent du Canada. La production US devrait atteindre 10 millions b/j en 2018 dont 20% des forages offshores du Golfe du Mexique.

Les déchets nucléaires des centrales pourraient être transférés du Gouvernement Fédéral à une entité privée qui pourrait s’en occuper. Si ce scénario se réalise, tout ça finira au fond d’un océan.

Depuis l’arrivée de Trump, l’italien ENI est la première major pétrolière à recevoir l’autorisation d’explorer l’or noir sur les côtes de l’Alaska. ENI attendait le feu vert depuis 10 ans.

Les panneaux solaires californiens génèrent tellement d’électricité à certains moments de la journée, que les opérateurs sont obligés de payer les utilisateurs pour qu’ils utilisent de l’électricité et délestent le réseau. Voir graphique ci-dessous


Influence de l’électricité solaire durant la journée.
Le solaire fait diminuer les besoins d’électricité fossile

 

Europe

L’Europe pourrait réagir face aux nouvelles sanctions américaines contre la Russie. Washington va pénaliser les entreprises européennes qui participent à la construction du nouveau gazoduc Nord Stream 2 entre l’Allemagne et la Russie.

 

France

Total a signé un accord de 4,8 milliards $ pour développer le projet South Pars, un important champ gazier en Iran. Le gaz produit «alimentera le marché domestique iranien à compter de 2021». Total «mettra en oeuvre le projet dans le respect le plus strict des législations nationales et internationales» ce qui va forcément faire un grand plaisir aux faucons de Washington qui tentent par tous les moyens de maîtriser la croissance de l’Iran.

Nicolas Hulot suggère de fermer «jusqu’à 17» réacteurs nucléaires et ramener à 50 % la part de l’atome dans la production d’électricité à l’horizon 2025. Lire article.

Le constructeur automobile français Renault a vendu 1,9 million de véhicules au premier semestre 2017, battant ainsi son précédent record.

Pratiquement le même jour, le président Macron a coupé 850 millions € dans l’armée, recapitalisé le gouffre Areva à hauteur de 1,5 milliards € et accepté une augmentation de 2 milliards € pour la construction des 2 centrales EPR en Angleterre.

 

Angleterre

Le Royaume-Unis est en train de se demander si les deux réacteurs Areva-EPR de Hinkley Point vont réellement pouvoir mis en service un jour. A peine la première pioche utilisée, EDF annonce une révision des budgets: +2 milliards € à la charge des contribuables français.

Suite au Brexit, Londres demande à pouvoir rester dans le traité Euratom et menace de réexpédier les 30 tonnes de déchets nucléaires hautement radioactifs appartenant à la Suède, l’Italie, l’Allemagne. Depuis 1970, le centre de Sellafield conditionne les déchets nucléaires dont le plutonium et d’autres isotopes sympas.

 

Hollande

Le pays pourrait fermer le plus grand champ gazier européen: le Groningen. Les tremblements de terre et la pollution ont générés 80’000 plaintes et des demandes de dédommagements à hauteur de 1,2 milliards €.

 

Suède-Chine

Dès 2019, Volvo changera totalement sa production pour se concentrer uniquement sur les voitures électriques ou hybrides! Volvo est le premier constructeur automobile à passer à l’électrique. Le chinois Geely avait acheté Volvo, au bord de la faillite en 2010.

La moitié des voitures en circulation dans le monde parcourent la Chine. Pékin a l’objectif d’immatriculer 5 millions de voitures électriques d’ici à 2020.

Augmentation de l’Euro face au $

 

Les Amériques

Costa Rica, Panama

Le premier jour du mois de juillet suite à une panne débutée au Panama, les 5 millions d’habitants du Costa Rica ont été totalement privés d’électricité pendant près de cinq heures. La coupure géante a également touché le Nicaragua et le Salvador.

Au Panama, la panne a duré trois heures et a débuté au moment où le président panaméen Juan Carlos Varela allait prononcer un discours pour défendre son bilan à l’occasion du début de la quatrième année de son mandat.

 

USA: Schiste

La production de schiste a augmenté de 525’000 b/j cette année essentiellement grâce aux forages horizontaux du bassin Permien du Texas. La production US de schiste atteint 5,472 millions b/j et Golman Sachs prévoit 12 millions bj d’ici à 2025.
Goldman Sachs prévoit également que grâce à la technologie, les coûts de production du schiste américain seront plus bas que celui de l’Arabie Saoudite. Bien sûr!

Combien de temps est-ce Wall-Street va continuer à financer le mythe du pétrole de schiste américain? Depuis 18 mois, 57 milliards $ ont été injectés dans le système.

Si les prix d’extraction ont diminué de 34% entre mars 2014 à novembre 2016, les coûts ont augmenté de 8% depuis décembre. Les producteurs continuent de perdre des sommes astronomiques alors que le baril surfe sous les 50$. Au rythme actuel, ils pourraient perdre jusqu’à 20 milliards $ cette année.

Alors que Le bassin Permien est en croissance, les champs pétroliers de schiste d’Eagle Ford et du Bakken ont atteints leur peak oil il y a 4 ans. Selon Arthur Berman, le pétrole extractible dans le bassin Permien serait de 3,7 milliards de barils au lieu des 160 milliards de barils suggérés par le CEO de Pioneer Natural Resources. Il est probable que le Bassin Permien atteigne son peak oil en 2019.

L’augmentation des tremblements de terre en Oklahoma n’a rien à voir avec les prouesses de Russel Westbrook, MVP de la ligue de Basket NBA. Les secousses de 2,7 à 4,2 sur l’échelle de Richerter proviennent des forages de schiste selon le US Geological Survey.

 

Cuba

Alors que le Venezuela peine à livrer le pays en pétrole, le gouvernement a limité la consommation des entreprises (-28%) et réduire l’éclairage public de 50%.

 

Venezuela

Les réserves financières du pays sont passées sous la barre des 10 milliards $ alors qu’elles pointaient à 43 milliards en 2009. Le pays doit encore rembourser 5 milliards $ de dettes cette année.

Les raffineries n’opèrent plus qu’à 40% par manque de dissolvants pour traiter le brut lourd.

Les services pétroliers d’Halliburton et de Baker-Hughes ont été stoppés en attendant que le gouvernement paie les arriérés. Pendant ce temps, Caracas continue de livrer à la Russie et à la Chine du pétrole acheté et payé il y a fort longtemps.

Un vénézuélien moyen a perdu 10 kg durant les 12 derniers mois à cause du manque de nourriture.

 

Mexique

Le gouvernement va mettre 4 nouveaux champs pétroliers et gaziers en vente aux enchères d’ici à novembre. L’entreprise pétrolière nationale Pemex est empêtrée dans l’immobilisme et la corruption. L’alternative d’utiliser des entreprises internationales pourraient générer des revenus (ou de la corruption) supplémentaires pour le pays.

Talos Energy, Sierra Oil and Gas et Premier Oil confirment que le champ pétrolier de Zama-1 dépasse les rêves les plus fous avec une quantité située entre 1,4 et 2 milliards de barils de pétrole. En extrapolant la quantité de pétrole effectivement extractible, cela représente 7-8 jours de consommation mondiale.

Ferme solaire photovoltaïque en forme de Panda en Chine, par Panda Power

 

Asie

Chine

L’Economie chinoise aurait progressé de 6,9% durant le deuxième trimestre et la production industrielle de 7,6%. En Chine, la croissance du PIB est intimement liée à l’augmentation d’énergie.

La production de charbon a augmenté de 11% par rapport à juillet 2016. Les pluies torrentielles et les inondations ont forcé la fermeture de plusieurs centrales hydroélectriques dont les 2/3 du barrage des Trois Gorges.

Le chinois Panda Power Plant réalise des fermes solaires qui représentent des pandas en jouant avec la couleur des panneaux. L’entreprise cumule 100 MW.

Inde

Indian Oil Corp va acheter du brut américain en octobre. C’est la première fois que l’Inde achète du brut à l’équipe de brutes. L’accord inclus 1,6 million de barils de pétrole US et 400’000 barils à Western Canadian Select. C’est le chinois PetroChina qui s’occupe de la logistique. Le prix de vente est très compétitif en comparaison avec le pétrole livré par l’Irak et se situe entre -8 et -15$ par rapport au cours du marché.

 

Japon

Un robot a réussi à pénétrer dans le Réacteur 3 de Fukushima et a découvert une partie de l’uranium fondu. Pour sécuriser les lieux, il est crucial pour TEPCO, l’opérateur de la centrale, de localiser l’uranium qui a transpercé les cuves des 3 réacteurs en perdition. A long terme, ce magma hautement radioactif devra être retiré.

Tepco va déverser une partie des éléments radioactifs de Fukushima dans l’Océan Pacifique malgré la protestation des pêcheurs et des citoyens.

 

Corée du Nord

Suite aux pressions internationales, la China National Petroleum (CNPC) a cessé ses livraisons de diesel et d’essence à Pyongyang.

 

Kazakhstan

Le Ministre de l’Energie a annoncé que son pays allait sortir de l’accord de réduction de production de l’OPEP. Le pays extrait 1,718 million b/j dont 170’000 b/j du nouveau champ de Kashagan.

 

L’entreprise américaine Digital Roof Innovations, USA, propose une arme automatique
si vous achetez un toit chez eux. Make the America Great Again!

 

Moyen-Orient

Qatar

La Banque Centrale possède des réserves financières de 340 milliards $ en liquide, 40 milliards $ en or et 300 milliards $ dans le fond Qatar Investment Authority.

Ces chiffres peuvent aider à relativiser les sanctions imposées par l’Arabie Saoudite et ses alliés.

 

Israël

La start-up Eviation pense pouvoir réaliser un avion électrique capable de transporter 9 personnes sur 1’000 km d’ici à 2020.

 

Iran

Difficile d’enlever une once d’optimisme du gouvernement qui pense atteindre 4 millions b/j d’ici à la fin de l’année (3,8 actuellement). Toujours sur cette lancée, le ministre du pétrole pense que l’Iran va exporter 365 millions m3 de gaz d’ici à 2021. Le pays va devenir le plus grand producteur de CO2 à base de gaz au monde avec 839 millions de kg par an, sans compter les quantités de méthane!

Les USA certifient que l’Iran suit totalement les règles imposées sur le nucléaire.

Téhéran a mis aux enchères la prospection et la production du champ pétrolier d’Azadegan à la frontière irakienne. Le gouvernement veut débuter son exploitation avant que les Irakiens l’aient vidé.

Les iraniens auraient mis hors service, les capteurs de localisation des tankers pétroliers. Des capteurs montrent que certains cargos, affrétés par des traders, auraient contournés la diminution de production imposée à Téhéran.

 

Afrique

Nigeria

L’ancienne ministre du pétrole, Diezani Alison-Madueke, occasionnellement nommée directrice de l’OPEP, est poursuivie par le département de la justice américaine pour avoir confondu son compte en banque avec celui de l’Etat pour la modique somme de 144 millions $. La pauvre dame avait acheté une propriété à Manhattan et un Yacht à 80 millions $.

Le pays a exporté 2 millions b/j en juin soit 200’000 de plus que les quotas de l’OPEP. Cependant Shell a annoncé une panne dans la production. Comme le gouvernement interdit aux pétroliers d’indiquer les véritables raisons des pannes, il se pourrait bien que les milices aient rompu la trêve et dynamité des installations pétrolières en échange de petites enveloppes.

 

Phrase du mois

What oil companies and car companies are saying about future sales of plug-in vehicle is diverging. This is a trillion-dollar question, and someone is going to be wrong.”  Colin McKerracher, head of advanced transport analysis for Bloomberg New Energy Finance

 

Sources: avec Tom Whipple de Resilience.org, FT.com, Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées dans différents médias à travers le monde.

La revue complète sur 2000Watts.org

 

Démantèlement: le futur du Nucléaire

Suite à la catastrophe de Fukushima, l’industrie du nucléaire civil montre un frémissement de reprise. Sur la pointe des pieds, l’Angleterre est le premier pays européen à retenter l’aventure bien que l’extraction d’uranium plafonne.
Alors que les fabriquant de centrales croulent sous les dettes, ces multinationales sont en train de se tourner vers un nouvel eldorado plus profitable et bien moins risqué: le démantèlement des vieilles centrales.


Trouver des alternatives à l’uranium

Dans les années 50-60, dès la réalisation des premiers programmes de nucléaire de production électrique, les ingénieurs se penchèrent sur des solutions alternatives pour contourner les quantités limitées d’uranium à disposition.

A ce jour malgré l’injection de montants illimités, toutes les tentatives de fusion nucléaire ou d’utilisation du thorium se sont heurtées aux réalités financières ou techniques. Elles restent cantonnées dans les domaines théoriques ou de science-fiction.

En 50 ans, l’industrie n’a pas réussi à effectuer sa transition vers un carburant durable.

 

Peak Uranium

La difficulté d’extraire de l’uranium à des coûts financièrement adéquats paralyse le système. Pour tout nouveau réacteur, 500 tonnes d’uranium sont requis et chaque année, un tiers des barres doivent être remplacés (170 tonnes pour un réacteur standard de 1 gigawatt.)

C’est grâce au recyclage des têtes nucléaires militaires américaines et russes que les réacteurs civils ont pu survivre. Jusqu’en 2005, l’uranium militaire a représenté jusqu’à 50% du carburant. En 2016, ce ratio est descendu à 20% grâce à l’arrivée de la production du Kazakhstan, à l’arrêt de 50 centrales japonaises et la fermeture de 15 réacteurs américains.

La solution militaire touche à son terme et sans une percée rapide dans le domaine minier ou technologique, le nombre de réacteurs alimentés en uranium devra passer de 440 à 350 dans les années à venir.

Ainsi, un marché orienté à la baisse et un nombre constant de fabricants pousse à une guerre des prix pour la réalisation de nouvelles unités.

A ce jeu, soutenus par leurs Gouvernements, les russes Rosatom et Atomstroyexport, le chinois CNNC ou le coréen Kepco semblent les mieux armés. Quant aux français Areva, les japonais Mitsubishi Heavy Industries et Toshiba ou l’américain Westinghouse, ils sont englués dans des dettes chiffrées en milliards $ et se battent pour leur survie.

 

Le Graal : le démantèlement des centrales

Paradoxalement, le future du nucléaire réside dans le démantèlement des centrales.

C’est dans cette nouvelle niche que le combat s’engage dans un marché de plus de 1’500 milliards $ pour les décennies à venir.

Avec une couche de protectionnisme sans précédent, le Japon, les USA et la France vont réserver leur marché intérieur à leur champion national tandis que les autres pays dont l’Allemagne, la Belgique, la Suisse devront importer ce savoir-faire et les travailleurs tout en devant exporter de leur Economie des milliards €.

En attendant que le processus mondial ne s’enclenche, le défi majeur pour Areva, Mitsubishi, Toshiba, Westinghouse est de trouver un équilibre entre la gestion du poids de leurs dettes et la gestion de leurs ressources humaines. En effet, ces entités doivent à tout prix éviter de licencier trop d’employés afin de garder leur savoir-faire.

A court terme, bien qu’imprédictible, une autre source potentielle de revenus est générée par les accidents. Si une catastrophe comme Fukushima est un désastre humain et environnemental, elle offre également une opportunité d’affaires financièrement intéressante. Mitsubishi, Areva et Toshiba ont reçu un chèque en blanc de plusieurs dizaines de milliards $ pour neutraliser les 3 réacteurs japonais. Cette manne financière est une bénédiction et un business à part entière. De plus, cette expérience acquise sur le terrain donne un avantage concurrentiel important face à la compétition en cas de nouvel incident à travers le monde.

 

Se réinventer

Cette inversion du modèle d’affaires est devenue encore plus d’actualité avec la construction de 2 réacteurs à Hinkley Point, Angleterre. EDF-Areva vont devoir payer plus de 24 milliards € pour installer à ces frais les 2 EPR alors que les deux géants français sont déjà en situation de quasi faillites et que 4’000 suppressions d’emplois sont annoncés.

N’ayant pas réussi à lever les milliards € nécessaires, Toshiba est sur le point d’abandonner cette opportunité en se retirant de son projet anglais de Moorside. Sous l’injonction du Gouvernement Japonais, Toshiba doit se focaliser sur le nettoyage de ses dettes afin de se préparer au prochain démantèlement des réacteurs du pays.

Aujourd’hui, seuls le chinois CNNC, le coréen Kepco et le Russe Rosatom semblent être en mesure de réaliser des nouvelles centrales sans se mettre financièrement en difficulté. Ce n’est pas un hasard si les chinois et les russes ont sécurisé l’accès aux mines d’uranium à travers le monde.

Pour tous les autres acteurs, c’est un nouveau monde qui s’ouvre.
Comme Darwin le soulignait, ce n’est pas le plus grand et le plus fort qui survit, mais celui qui arrive le mieux à s’adapter !

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Nucléaire : Au bord du gouffre, EDF fait un grand pas en avant

EPR-FlamanvilleLe Conseil d’Administration d’EDF a finalement donné son approbation au financement et à la construction des deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point, Angleterre. L’entreprise française surendettée va devoir récolter plus de 15 milliards € auprès des contribuables français pour débuter ce chantier.

De son côté, le gouvernement du Royaume-Unis a pesé sur le bouton « pause » afin de réévaluer les termes d’un accord qui produirait le kWh le plus cher du marché : 12,5 ct € et qui permettrait à la Chine d’entrer sur son marché et in fine de contrôler une énergie hautement stratégique.

 

Comment est-il possible que les 60 milliards € de dettes partagées entre EDF et Areva n’incitent pas le gouvernement français à plus de réalisme et de prudence financière, d’autant qu’il faudra, selon la Cour des Comptes, proche de 100 milliards € pour remettre à niveau les centrales françaises et pour trouver une solution aux déchets?

Faut-il aller chercher une explication dans l’histoire d’un peuple qui adule le panache des projets pharaoniques à la hauteur du prestige tricolore comme l’étaient le canal de Panama, le Concorde ou Eurotunnel? Des prouesses technologiques dont le fiasco économiques ont été à la hauteur des investissements.

Où alors cette décision montre l’impossibilité pour le Gouvernement d’abandonner ce projet sous peine de condamner la filière du nucléaire française pourtant débordée sa complexité technologique.

 

La Chine met une pression virulente sur l’Angleterre

Pendant que les membres du board approuvaient les 24 milliards € d’investissement partagés 2/3  1/3 avec son partenaire chinois, la China General Nuclear Power Corporation (CGN), ils ont été pris à revers par la nouvelle Première Ministre Anglaise Theresa May qui « se donne le temps de se pencher sur un dossier complexe et délicat » et retarde la signature de l’accord.

Sa réponse devrait arriver avant l’automne avec en arrière fond des questions cruciales: est-il raisonnable de laisser des capitaux chinois financer un projet aussi stratégique qu’une centrale nucléaire, EDF a-t-elle les capacités techniques de réaliser ce projet et faut-il renégocier les tarifs excessifs promis par David Cameron ?

Le chef du cabinet de la Première ministre, Nick Timothy, a exprimé de profondes réticences, jugeant “incompréhensible” que le Royaume-Uni accepte des investissements chinois dans son réseau d’électricité compte-tenu des risques en matière de sécurité industrielle.

De son côté, Pékin a déjà montré ses muscles en mettant une pression virulente sur la Première Ministre afin d’accepter l’invasion chinoise. L’accord propose aux Chinois d’investir 6,5 milliards € avec l’option de construire des centrales nucléaires 100% made in China sur le sol anglais.

Cette pression insupportable confirme les craintes que la Chine n’hésitera pas à s’ingérer dans les décisions du Gouvernement Anglais grâce à l’arme énergétique.

Ce comportement est un signal d’alarme fort, non seulement pour la Grande-Bretagne, mais pour tous les autres pays en passe de vendre leurs actifs énergétiques au pays du milieu.

 

Une énergie trop chère

La question fondamentale pour l’Angleterre est de savoir si le pays est prêt à payer 12,5 centimes € le kWh pendant 35 ans, alors que le coût marginal de l’énergie renouvelable est de zéro ?

Cet accord, négocié par le gouvernement Cameron avant la chute des prix de l’électricité et de l’arrivée massive du renouvelable, inquiète l’industrie et les consommateurs anglais qui seraient financièrement pénalisés.

L’Angleterre est l’un des seul pays membre de l’Europe à avoir totalement privatisé son marché électrique et se trouve déjà dans une position plus qu’inconfortable à la merci d’EDF, E-On ou d’autres géants étrangers qui maîtrisent l’électricité dans l’île.

 

France: La puissante Ecole des Mines

Pour la France, le choix du nucléaire est autant stratégique que philosophique.

Le puissant lobby de l’Ecole des Mines a érigé le secteur nucléaire au rang de Religion. Après des années de matraquages médiatiques et publicitaires, le peuple français a fini par plier et reste amorphe face aux dérives du secteur.

A ce jeu-là, aucun politique n’ose s’y affronter sous peine d’être immédiatement disqualifié. L’arrêt d’une centrale s’identifie trop à la fermeture d’une usine et à son cortège de chômage même si l’activation de l’énergie verte créerait bien plus d’emplois.

Sans courage politique et sans vision, le Gouvernement n’a qu’une seule option : la fuite en avant.

 

Un Employé du nucléaire a plus de poids qu’un employé de l’industrie

Alors qu’EDF et Areva sont en faillite, c’est l’Etat français qui va devoir ratisser dans ses actifs pour redresser la barre. Il a déjà annoncé qu’il allait vendre ses actions dans Peugeot/PSA et ses grands fleurons de l’industrie française, pour payer l’ardoise. L’employé nucléaire semble avoir plus d’importance que le salarié de l’automobile.

Une autre option serait d’ajuster les tarifs de l’électricité sur les coûts réels de production, mais là encore, aucun homme politique ne semble avoir le courage d’affronter la révolte assurée, même si in fine c’est le contribuable qui passe à la caisse. En réalité, la France peut se targuer de produire l’électricité parmi la plus chère d’Europe.

 

Nul ne sait si les EPR fonctionnent

A contre-pied de ses concurrents, Areva a conçu un réacteur surpuissant capable de produire le double d’une centrale conventionnelle. Aujourd’hui, l’agilité des petites installations sont préférées surtout que la pénurie d’uranium menace et que les énergies renouvelables, le gaz ou le pétrole sont financièrement bien plus avantageux.

Le plus surréaliste dans cette histoire, c’est que l’EPR n’a encore jamais été testé alors que les chantiers de Finlande et de Flamanville, France restent enlisés.

Les deux premiers réacteurs pourraient être démarrés en Chine, à Taishan. Le premier réacteur a été construit par Areva et le deuxième par les chinois avec tout le sérieux du « made in China ». A ce jour, aucun test avec du combustible nucléaire n’a été réalisé. Personne ne sait si ce système fonctionne et encore moins à quels coûts !

Au bord du gouffre, EDF fait un grand pas en avant: pour le meilleur ou pour le pire?

Energie: Angleterre – Suisse: avantage à l’Agilité

La théorie de l’évolution démontre que ce n’est pas l’espèce la plus forte qui survit mais celle qui est capable de s’adapter aux changements. Les stratégies énergétiques de l’Angleterre et de la Suisse illustrent parfaitement ce schéma.

Historiquement le Royaume Unis s’appuie sur le couple gaz/pétrole de la Mer du Nord ainsi que sa maîtrise de l’atome. Mais aujourd’hui les plans subissent des bouleversements inattendus.

 

Angleterre: Nucléaire à tout prix
En 2015, l’Angleterre avait conclu un accord avec le français EDF pour la construction de 2 centrales nucléaires à Hinkley Point pour augmenter de 7% la capacité électrique du pays d’ici à 2025.

Le gouvernement garantissait un prix de rachat de l’électricité de 12,5 centimes d’euros (13,75 ct franc suisse) le kWh sur une durée de 35 ans.  En contre partie, EDF devait assurer le financement, le fonctionnement, la livraison d’uranium, le recyclage des déchets et la production d’électricité durant cette période.

Alors que le marché européen de l’électricité produit un kWh compris entre 2-5 centimes (francs suisse) et 7-10 centimes pour le solaire ou l’éolien, l’industrie anglaise s’inquiète d’une hausse des prix de l’électricité.

Le choix du nucléaire de l’île réside dans son rôle de grande puissance nucléaire militaire mondiale et à ce titre David Cameron est prêt à payer le prix fort pour maintenir cette image.

En théorie, la feuille de route tenait la route jusqu’à ce que les anglais découvrent que le duo EDF-Areva, criblé de dettes, est dans l’incapacité de trouver les 24,5 milliards d’euros pour financer la construction des deux centrales.

EDF-ChartCours de l’action EDF
Janv 2015- Fév 2016

Le Nucléaire français paralysé par les dettes
La France, également une puissance militaire nucléaire, est en mode panique. Areva cumule une dette de 7 milliards d’euro et les contribuables français vont devoir injecter 5 milliards pour maintenir le malade en vie.

Du côté d’EDF, les dettes se montent à 37 milliards d’euro avec une capitalisation en chute à 19 milliards d’euro. De plus, la nécessité de rénovation du parc nucléaire français (2014-2030) est chiffrée à 100 milliards d’euro par la Cour des Comptes.

Il ne reste qu’à EDF de vendre une partie de ses actifs, de se séparer  de nombreux employés et de réduire ses charges pour améliorer ses chances de retrouver des capitaux sur les marchés financiers.

Dans cette situation catastrophique, le board d’EDF a repoussé sa décision de participer à l’aventure anglaise ce qui met David Cameron dans l’embarras surtout que l’autre pilier anglais : le pétrole/gaz montre des signes inquiétants de faiblesse.

 

Le peak oil dépassé

Du côté de la Mer du Nord la production de gaz et de pétrole sont en chute libre. Le pays a dépassé son peak oil et ne peut que constater une baisse constante de sa production et les prix bas du baril encouragent les pétroliers à abandonner prématurément certains forages.

Séduit par le succès du schiste américain, le Gouvernement a cru apercevoir une alternative à l’assèchement des gisements de la Mer du Nord et il s’est précipité pour en faire une priorité absolue.

Pour confirmer son engagement sans retour dans le schiste pétrolier et gazier, le pays a pris le soin de désactiver les supports aux énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien.

Mais depuis, la bulle américaine de schiste a explosé et la recherche de financement sur le sol anglais s’apparente à une mission impossible.

Sous la pression de son ADN, de son image, de son prestige et des ses lobbys surpuissants l’Angleterre se retrouve dans une situation peu enviable, tel un dinosaure inadapté à son nouvel environnement.

 

Suisse: Pas de pétrole mais des idées

Début février, lors de la visite de Doris Leuthard, à Londres, la ministre de l’Energie Suisse a souligné que contrairement à l’Angleterre, la Suisse n’a pas de pétrole, de schiste ou de gaz et se désengage du nucléaire ce qui a presque eu le mérite de faire tomber de sa chaise Lord Bourne, le responsable de la stratégie énergétique du Royaume Unis.

Pour survivre, Berne montre une agilité faite d’innovation, d’efficience énergétique et d’énergies du future et laisse la porte ouverte aux alternatives passées et futures.

 

L’Angleterre et la Suisse prennent un chemin opposé, comme l’Allemagne ou la France, les USA ou la Hollande.
Si nous pouvons nous fier à la théorie, l’adaptation aux changements est la clé pour les survie des espèces. Il pourrait en être de même pour les stratégies énergétiques.

 

 

Pour en savoir plus: l’accord Hinkley Point, EDF