Suisse: 22’000 jeunes pour le Climat. Et moi?

La semaine dernière, plus de 22’000 jeunes romands ont battu le pavé pour faire entendre leur voix en faveur du climat. Objectif: secouer le laxisme politique helvétique.

Si l’on devait se souvenir d’un événement lors de la dernière COP24 en Pologne, c’est assurément le discours de la jeune norvégienne Greta Thunberg, 15 ans.

Dans un monde coincé dans un cul-de-sac, la jeune génération a une mission : se sortir de là, et par effet de bord, nous sortir de là!  Elle a la tâche de devoir faire table rase des incohérences de leurs parents et de leurs leurs aïeux.

Ces premières salves sont salutaires et donnent espoir.


 

Le nombre a surpris : plus de 22’000 ! Les réactions ne se sont pas fait attendre.

Bien que les échos furent souvent positifs, quelques piques ont émergé. Cette frustration peut s’expliquer par un effet miroir. Cette jeunesse a le culot de nous mettre devant nos incohérences. Autant la discréditer pour nous rassurer et justifier notre passivité.

Le soir même, dans le TJ de la Télévision Suisse Romande, la journaliste interviewait un dignitaire politique, membre de la Commission de l’Energie. Lui aussi tenta de se rassurer en assénant un sec «la tranche 18-25 prend trop l’avion !» Schizophrène, ce même politicien venait de voter contre la taxe d’incitation sur les billets d’avion pour protéger le climat. (Qui a voté comment au Conseil National)

Biberonné à coup de voyages par leurs parents, les voilà pointé du doigt par papa et maman en personne!

 

La jeunesse ne voyage pas en business class

De tout temps, la jeunesse a utilisé les moyens de transport adapté à ses budgets. Il y a quelques années encore, le très accessible EuroRail était la solution pour découvrir les capitales ou pour traverser l’Europe.

Depuis, des conditions cadres ont été mises en place pour permettre aux compagnies d’aviation d’offrir des voyages pour le prix d’une pizza. Exemption totale de la TVA, aucune taxe sur le kérosène, libéralisation de l’emploi, grâce aux largesses de nos politiciens, le transport aérien a pu inventer le low cost.

La semaine dernière, un voyage en train à Bruxelles m’a coûté € 380. Ce tarif est sans appel et impitoyable pour un étudiant.

 

Des défis sans mode d’emplois

Les défis, qui sont devant nous, nécessitent de partir d’une page blanche ou l’expérience passée fait figure de frein. Climat, pic pétrolier, pic énergie, dettes abyssales, plateau de la croissance, toutes ces questions vont demander des réponses inédites.

Après la deuxième guerre mondiale, Keynes avait dû totalement reformater et improviser l’Economie pour éviter de reprendre les schémas qui avaient conduit à deux guerres. Sa clairvoyance amena les Trente Glorieuses.

 

Embrassons les idées des jeunes !

Depuis 2008, les décideurs mondiaux n’ont fait que de recopier les modèles qui nous ont menés à la crise.

La dernière COP24, en Pologne ou le G20 en Argentine ont parfaitement montré l’enlisement et la paralysie du monde. Dans cette obscurité totale, une pointe de lumière est née sous les traits d’une jeune fille de 15 ans. Son combat a été repris par des milliers de jeunes d’Australie, aux USA,  d’Amérique Latine en Europe.

N’éteignons pas cette braise, elle est peut-être la seule qui va éclairer notre avenir.

Nous, parents, grands-parents ou ainés, nous serions mal avisés de ne pas embrasser les idées de notre jeunesse. Pourquoi ne pas coopérer, co-créer et les motiver pour en tirer des idées innovantes.

Comme les gilets jaunes en France, la structure et la forme viendra avec le temps.

 

Par où commencer ?

Le politicien chevronné, mentionné ci-dessus, a suggéré à notre jeunesse de rejoindre un parti politique et de s’engager. Si l’on se base sur son pédigrée, le bons sens prendrait l’exact contraire. Ne pas rejoindre un parti pour ne pas se faire recadrer, formater ou rentrer dans le rang.

Alors jeunesse, quand tu as une idée, qui te semble juste, si quelqu’un la remet en cause, retourne simplement dans ta chambre et dit-toi, qui m’a dit ça, et qui a raison ?

Quant à nous, parents ou ainés, sachons trouver dans leurs idées de nouvelles énergies.

Dire que la jeunesse est notre futur n’a jamais été aussi d’actualité!

 

Dessin Chappatte

 

Badaboum! Le pétrole repasse sous les 70$

Début octobre, le pétrole atteignait 86,74$. Un baril à 100$ était un coup sûr, d’autant que les sanctions du président Trump envers l’Iran auraient dû retirer des marchés plus d’un million de barils par jour.

Cependant, à la bourse, à chaque fois qu’une évidence est trop évidente (et que le 20Minutes en parle), c’est exactement le contraire qui se produit.

L’or noir vient de perdre plus de 20% et se retrouve à 69,13$ à Londres et 59,28$ à New York.

 

 

Un homme influence les prix: Donald Trump

Dans une situation tendue de l’offre et de la demande, les sanctions américaines contre les exportations pétrolières iraniennes ont déjà retiré des marchés plus de 1 million de barils par jour. L’objectif était de stopper les 2,8 millions de barils exportés chaque jour par Téhéran.

Pris dans les élections de mi-mandat et la hantise de voir grimper les prix de l’essence de Joe America, Donald Trump a exercé une pression maximale sur les pays producteurs afin d’augmenter leurs exportations avec l’objectif de maintenir les prix dans une fourchette acceptable. Ainsi la Russie, l’Arabie Saoudite et les USA ont démultiplié leurs efforts pour combler ce manque. Toutes voiles dehors, les trois pays ont atteint des niveaux records d’extraction.

Devant l’urgence de la situation et en surréagissant, le Président américain a rétropédalé en accordant à 8 pays sa bénédiction et l’autorisation d’acheter du pétrole iranien.

Dans le même temps, le gouvernement irakien a réussi à trouver un accord avec les Kurdes du Nord de l’Irak afin d’exporter entre 200’000 et 400’000 barils supplémentaires par jour.

 

Le yoyo et la roulette russe

D’une pénurie, nous sommes passés dans phase de surproduction. Il n’en fallait pas plus pour se retrouver aujourd’hui devant un alignement de planètes compliqué pour l’industrie.

Le pétrole de schiste américain, fortement déficitaire, pourrait être sur le point de creuser sa tombe. En début d’année, les producteurs Yankees avaient juré, la main sur le cœur, que leurs entreprises allaient être profitable et générer des dividendes d’ici à décembre. Incapable de générer des profits à 70$ le baril, la douloureuse devrait éloigner les investisseurs téméraires floués par ce mirage.

Ce yoyo des prix est un véritable cauchemar pour les producteurs et les financiers. Il rend les investissements et les revenus aléatoires. Si par le passé, la stabilité des cours pétroliers assurait une rente connue, aujourd’hui ce jeu est aussi prévisible qu’une roulette russe.

 

Découplage Economie/Pétrole

Cette chute des cours semble temporaire. Elle ne remet pas en cause le manque d’investissement chronique pour l’exploration et l’exploitation de nouveaux gisements. L’amplitude des variations (+/-20% en quelques semaines) n’est, en tout cas pas, la bonne prescription.

Les fondamentaux et les questions restent les mêmes: comment extraire 102 millions de barils d’ici à 2020 et où se situera son prix?

Pour fuir ces secousses, la stabilité des énergies renouvelables devient une valeur refuge. Les pays, qui sauront le plus rapidement découpler leur Economie du pétrole, auront une longueur d’avance.

Pour les autres, la grève des carburants prévue en France le 17 novembre, pourrait devenir une norme.