Energies, Economie Pétrole: Revue Mondiale Février 2019

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies.
– Hollande: Pédalez et injectez votre électricité dans les réseaux
– USA: L’extraction de pétrole américain coûte très cher à ExxonMobil
– Suisse: Le parti politique PLR secoué par les jeunes et le climat
– Allemagne: Shell achète l’allemand Sonnen et ses batteries
– Europe: L’EU va acheter du biocarburant américain
– Algérie: Manifestations contre un 5ème mandat de Bouteflika
– Chine: Une station spatiale solaire pour générer de l’électricité
– Chine: Une application pour réviser les citations du président Xi Jinping.


Le pétrole est d’humeur haussière au point d’agacer le Sieur Trump, qui a sauté sur son compte Twitter, pour pointer du doigt l’OPEP.   A Londres, il (le pétrole pas Trump) termine ce mois à 66,39$  (fin janvier 60,86$). A New York, il pointe à 56,94$  à un cheveux de la barre des 57. (53,74$ fin janvier).

 

Graphique du mois

Il n’y a pas que les températures qui grimpent sur notre brave planète. En 2018, les dividendes mondiaux versés aux actionnaires ont grimpé de 9,3% à 1’370 milliards $. Parmi les généreux donateurs, les entreprises pétrolières et énergétiques. Dans le pétrole, les dividendes sont obligatoires pour appâter les investisseurs. Pour 2019, ils devraient encore grimper de 3,3%. Deviendrait-il plus agréable d’être un actionnaire qu’un travailleur?

Selon l’American Geophysical Union, la quantité de méthane dans l’atmosphère a fortement augmenté depuis 2014. Le méthane est l’un des gaz à effet de serre le plus efficace. L’extraction et l’exploitation de gaz contribuent à cette hausse. La mauvaise nouvelle: la demande de gaz liquide (LNG) pourrait doubler d’ici à 2030 à 550 millions de tonnes.

 

Pétrole

Le pétrole repart à la hausse. Malgré l’augmentation de la production du schiste américain, les disruptions du Venezuela et de la Libye ainsi que la demande chinoise donnent une poussée de fièvre à l’or noir. De son côté, la consommation européenne diminue au rythme de son économie.

Selon Bank of America et Merill Lynch, le pic de la demande (demand peak) pourrait être atteint en 2030. D’ici à 2024, la hausse de la demande freinerait à 0.6 million de barils par jour (b/j), (1,2 million pour 2019). Comme l’Economie mondiale est strictement corrélée à la quantité de pétrole consommée, il n’est pas impensable d’assister à un pic de la croissance.

A l’opposé de cette prévision, BP pense que la demande pétrolière sera résiliente durant les 20 prochaines années, même avec l’adoption des accords sur le Climat de Paris et l’arrivée des énergies renouvelables.

Cette année, la production pétrolière en eau très profonde va atteindre un record de 10,3 millions b/j, grâce à de nouveaux gisements du Brésil, du Golfe du Mexique, de l’Angola, de la Norvège et du Nigeria.

 

OPEP

Afin de soutenir les prix, l’OPEP+ avait décidé de diminuer de 1,2 million b/j sa production. Sans surprise, l’Arabie Saoudite porte le plus gros fardeau avec une baisse de 550’000 b/j et des exportations limitées à 7,687 millions b/j.

De son côté, la Russie (non membre de l’OPEP) traine les pieds et annonce qu’il est impossible de réduire sa production durant l’hiver.<insérer un éclat de rire ici>.

Moscou et Riyad ont un besoin de pétrodollars pour équilibrer leurs budgets. Est-ce que l’alliance Russie/Arabie pourra tenir encore longtemps? Un effondrement de la production pétrolière du Venezuela pourrait parfaitement faire l’affaire et arranger toutes les parties.

De son côté, Donald Trump, n’a pas pu s’empêcher de maintenir la pression sur l’OPEP: “Les prix du pétrole vont trop haut. OPEP, soyez relax et prenez-le calmement. Le Monde ne peut pas supporter une hausse de prix. Fragile!

 

Les pays du Mois

Arabie Saoudite

Le budget de l’Arabie Saoudite a besoin d’un baril à 80$ pour couvrir son budget. On comprend l’envie de revoir le baril rôder dans ce quartier.

L’encre d’un bateau a coupé le câble électrique de la barge pétrolière offshore de Safaniyah. La production a été totalement arrêtée. En temps normal, l’incident aurait passé inaperçu. Mais avec la baisse de la production mondiale du brut lourd, cette coupure souligne la pénurie de cette qualité de pétrole nécessaire à la production de diesel et de kérosène.

Saudi Aramco, la compagnie pétrolière nationale, va développer son business à l’étranger selon le Ministre de l’Energie, Khalid al Falih. Ce changement pourrait apporter un indice sur la diminution possible de la production du pays dans les années à venir. Saudi Aramco va ainsi jouer dans la cours des BP, Shell ou ExxonMobil. Comment cette décision va s’aligner sur les plans de MbS et « la dangereuse addiction pétrolière du pays » dixit le Prince, cela reste à voir.

Saudi Aramco a formé une joint-venture de 10 milliards $ avec le chinois Norinco pour développer un complexe pétrochimique et de raffinerie à Panjin city. La Huajin Aramco Petrochemical Co produira 300’000 b/j de carburants et annuellement 1,5 million de tonnes d’éthylène.

Afin de redorer son blason, le Prince Mohammed bin Salman (MbS) a effectué une tournée d’investissements en Asie. En Chine, il a promis 28 milliards $, 20 milliards avec le Pakistan ainsi que de la menue monnaie dans des raffineries en Inde. L’Histoire montrera si l’argent peut acheter des amis.

L’Europe a publié sa liste de pays peu recommandables, financièrement parlant, notamment pour des raisons d’aide au blanchiment et de manque de transparence. L’un des nouveaux venus est l’Arabie Saoudite, qui a adoré apprendre la nouvelle, eux qui ne sont pas susceptible du tout. Le Nigeria, autre membre de l’OPEP, fait également sont entrée. Dans ce cas, on peut se demander pourquoi il n’y était pas avant ?

Très joli coup de communication effectué par le Gouvernement. Pour la première fois, il a nommé une femme en tant qu’ambassadrice. La princesse Rima bint Bandar va succéder au frère cadet du prince héritier Mohammed ben Salmane. L’Arabie Saoudite a choisi la plus grande caisse de résonance pour montrer patte-blanche: les USA. De là à dire: “Vive le Prince ouvert et réformateur” il y a encore du chemin.

 

Presque…
Dessin: Chappatte

 

Russie

En janvier, la Russie a diminué sa production de 35’000 b/j à 11,38 millions. Le Ministre des finances, Alexei Sazanov a souligné que le peak oil Russe n’est pas d’actualité. Moscou prendra les mesures nécessaires pour maintenir la production pétrolière. Ce message entre en opposition avec le Ministre de l’Energie qui avait annoncé une baisse signifiante de la production dans les années à venir.

Le Ministre de l’Energie, Alexander Novak, pense que la Russie ne rejoindra pas l’OPEP d’autant que les USA étudient des sanctions contre le cartel. Selon Reuters, les membres de l’OPEP ont défini les contours d’une nouvelle alliance tout en évitant soigneusement une référence sur les prix du baril.

Nouveau sommet Trump-Kim
Dessin Chappatte

Venezuela

Depuis que les sanctions imposées par les USA sont entrées en vigueur, la production pétrolière a chuté, de 1,17 millions b/j à moins de 800’000.

PDVSA, la compagnie pétrolière nationale, ne peut plus importer des solvants et des diluants pétroliers pour diluer ses extractions de pétrole extra-lourd. La compagnie est dans l’impossibilité de produire 300’000 b/j sans l’injection de ces produits afin de liquéfier le pétrole dans le but de le transporter.

Le gouvernement Maduro a commencé à rationner les ventes d’essence dans le pays. La Russie, qui porte à bout de bras le gouvernement, devient de plus en plus pessimiste sur les chances de Maduro à sortir de cette crise. La conjonction entre le peak oil et les prix relativement bas du pétrole n’arrivent pas à équilibrer les budgets du pays qui dépendent à 96% du pétrole. Son successeur fera face au même dilemme. (Lire: Pourquoi l’avenir pétrolier des USA dépend du Venezuela)

Le trader Trafigura, qui collaborait avec PDVSA pour des livraisons en Chine et aux USA, a décidé d’arrêter ses services.

Grâce à l’utilisation du dollar, les sanctions paralysent les payements vers l’entreprise pétrolière nationale PDVSA. L’argent déposé sur un compte bloqué sera à disposition du nouveau président soutenu par Washington.

Pékin a pris langue avec le parti d’opposition. On n’est jamais assez prudent. La Chine détient plus de 20 milliards $ de dettes ainsi que des gisements pétroliers dans le pays.

 

Explications ci-dessous
Source: ExxonMobil

USA

En 2018, ExxonMobil a investi 12,524 milliards $ en investissements (CAPEX) afin de produire 1,7 millions b/j. Rien qu’aux USA, la major a utilisé 7,67 milliards $ pour extraire seulement 551’000 b/j. Les 4,8 milliards restants ont généré 1,149 million b/j. Ainsi, Exxon dépense 3 fois plus pour extraire chaque baril de pétrole américain. Les résultats financiers montrent une tendance claire. Si les grandes majors n’arrivent pas à générer du cash avec le pétrole de schiste, qui pourra le faire ?

L’administration Trump veut annuler les limitations de consommation d’essence pour l’industrie automobile. Cette stratégie permettra au pays de consommer 500’000 barils de pétrole en plus par jour.

L’américain Bye Aerospace continue son chemin dans la création d’un avion électrique pour 4 personnes. Le Sun Flyer 2 est réalisé avec des moteurs électriques de 90 kW à 120 chevaux de Siemens. L’avion est également nettement plus silencieux qu’un avion thermique.

La fameuse centrale nucléaire de Three Mile Island va cesser son activité le 30 septembre prochain. Trois autres centrales nucléaires devraient fermer cette année.

Pour 218 millions $, Tesla Motor a acheté le fabricant californien de batteries Maxwell Technologies. Maxwell compte dans ses clients le chinois Volvo-Geely, Lamborghini et General Motors. Elon Musk désire réduire les coûts de production pour faire face à la concurrence chinoise. Maxwell travaille également sur une batterie au lithium sans solvant et avec des capacités supérieures.

VW va installer 100 stations de recharge PowerBack de Tesla aux USA. Suite au scandale des moteurs truqués, VW a dû créer une entreprise, Electrify America, avec une enveloppe de 2 milliards $ pour offrir des services de recharge aux automobilistes.

La National Oceanic and Atmospheric Administration annonce que les ouragans sur l’Atlantique deviennent de plus en plus violents et le changement climatique est l’une des raisons. L’étude s’est focalisée sur l’intensification et le passage rapide de la catégorie 1 à 4 ou 5.

La dette américaine vient de dépasser les 22 billions. Soit 22 fois 1’000 milliards $. C’est là que ça se complique, parce qu’aux USA, ils disent trillion, mais en Europe, nous disons billion. Mais aux USA un billion c’est un milliard. Par contre ici; un billion, c’est mille milliards. Bref, pour faire simple, ça fait: 22’000’000’000’000 $.

 

 

Europe

La Commission Européenne plie devant les USA. Du biocarburant à base de soja OGM américain sera importé par l’Europe pour alimenter les voitures européennes et voir les avions.

Le marché automobile européen est stable avec 15,6 millions de voitures (identique par rapport à 2017). La Norvège possède le plus grand parc de voitures électriques avec une part de marché de 31% sur son territoire.

 

Allemagne

La major pétrolière Shell a racheté l’entreprise allemande Sonnen, spécialisée dans le stockage d’électricité solaire pour les particuliers et les entreprises. Shell vend déjà de l’électricité en Angleterre et le transfert de son business, pétrole vers électricité, s’amplifie à petit pas. Les majors marchent ainsi sur les plates-bandes des fournisseurs d’électricité.

Shell se positionne également sur la livraison d’électricité pour les voitures électriques.

 

Belgique

Comme tous les jeudis, jusqu’à 90’000 étudiants se mettent en grève pour soutenir le climat. La réponse du gouvernement est cocasse. Des coaches climatiques ont été envoyés pour visiter les écoles afin de désamorcer le mouvement.

Une question un peu bête: Si en Belgique, 100 entreprises émettent 45% des gaz à effet de serre du pays, pourquoi ne pas envoyer ces coaches dans les entreprises ?

 

Angleterre

Le production de schiste Cuadrilla et le géant de la chimie Ineos pensent que l’extraction de gaz de schiste en Angleterre ne peut pas se faire avec les règles environnementales proposées par le gouvernement et signées par les industriels. L’entreprise américaine demande de relâcher les normes relatives aux tremblements de terre causés par les forages.

Cuadrilla tente de terminer un premier test à Preston dans le Lancashire. Elle n’a été capable d’injecter que 14% de sable avant qu’un tremblement de terre n’intervienne. Aux USA, la limite pour les tremblements de terre causés par le fracking sont autorisée jusqu’à 4 sur l’échelle de Richter. L’entreprise suggère de monter à 1,5 pour l’Angleterre.

BP reporte un bénéfice de 12,7 milliards $ pour 2018. Sa production pétrolière a augmenté de 2,4% à 3,7 millions b/j.

Dans son BP Outlook 2019, l’entreprise pense que la guerre contre le plastique va être le principal facteur pour diminuer la demande pétrolière. Le plastique représente 13% du pétrole. C’est la première fois que BP prévoit un peak oil.

 

Amsterdam, pédalez, produisez de l’électricité que vous injectez dans le réseau

 

France

Dès 2021, le constructeur Airbus arrêtera la production de l’avion géant A380. Les compagnies préfèrent les modèles plus petits. L’aventure avait commencé au début des années 2000.

Airbus annonce son premier prototype de Drone capable de transporter des personnes. Le mois passé, Boeing avait brûlé la politesse aux européens avec une annonce identique. A terme, ce type de drones-passagers pourront être propulsés par l’hydrogène en lieu et place du pétrole.

La dernière mouture du projet de loi «Energie France 2050» ne divise plus par 4 les émissions de gaz à effet de serre. Pour déguiser ce recul, le gouvernement Macron propose une «neutralité carbone». C’est drôle comme l’on sent immédiatement l’entourloupe!

Ainsi le Président compte sur les forêts, les prairies, les sols agricoles ou les zones humides pour faire le travail qu’il ne fait pas. Ce tour de passe-passe permettra au gouvernement Macron d’augmenter ses émissions de CO2 jusqu’à la fin de son mandat et de passer la patate chaude à son successeur. Il est intéressant de noter que ce sujet passe de président en président.

En 2016, la France émettait 463 millions de tonnes équivalent CO2.

 

Suisse

Ivan Glasenberg, président de géant minier Glencore a annoncé qu’il allait plafonner ses extractions de charbon à 150 millions de tonnes/an. L’élan «écologiste» de Glencore provient du fait que le Suisse a acquis plusieurs mines en 2018 et que les prochaines opportunités d’achats se font rares. Du coup, la multinationale en a profité pour reverdir son image.

Est-ce que les manifestations des jeunes pour le climat pourraient faire plier le parti politique de droite PLR (Libéral-Radical)? Les jeunes ont détourné le logo du parti FDP en «Fuck de Planet». La tête du parti a pris conscience que pour l’opinion publique le PLR se moque du défi climatique autant que Donald Trump. Le rétropédalage est édifiant à quelques mois d’élections et il souligne la potentielle puissance de la mobilisation des jeunes.

Lors d’une votation, le canton de Berne a décidé à 50,6%, de ne pas interdire la construction de nouvelles maisons avec du chauffage à mazout (diesel-fioul).

Depuis que Nestlé a arrêté de produire des bouteilles en verre et abandonné un système de recyclage performant, Nestlé Suisse produit 200 millions de bouteilles en PET à base de pétrole. Le système permet à la multinationale de passer les coûts

En moyenne par an, un suisse consomme 186 bouteilles en PET soit 1,4 milliards de bouteilles pour la Suisse. Le PET est réalisé à base de pétrole. Le 27% termine dans la nature ou sont brûlées. Le reste est broyé pour tenter d’être réutilisé.

Manifestation des jeunes pour le climat à Zurich
Le logo du parti politique, FPD en allemand, a été détourné en “Fuck de Planet”

 

Moyen-Orient

Iran

Les exportations sont supérieures aux attentes. En février le pays a exporté 1,3 millions b/j. contre 1 million en décembre. Ceci est dû aux exemptions accordées par les USA. Elles devraient s’arrêter à la fin du mois de mars.

Le ministre du pétrole, Bijan Zangeneh, a annoncé la fin de la 3ème phase de la construction de la raffinerie New Persian Gulf Star qui couvrira la consommation interne. Depuis des années, Téhéran devait importer des carburants de l’Inde ou l’Asie.

 

Irak

En janvier, la production irakienne a atteint son deuxième plus haut niveau à 4,081 millions b/j.

Dans la région de Basra, Basra Oil Co. va forer 40 nouveaux puits dans le but de doubler sa production de 240’000 b/j d’ici à 2021.

 

Qatar

Qatar Petroleum et ExxonMobil Corp annoncent un projet de 10 milliards $ pour la construction d’un centre d’exportation de gaz liquide (LNG).

 

Yémen

Le gouvernement soutenu par l’Arabie Saoudite espère augmenter la production de pétrole à 110’000 b/j en 2019. Abd-Rabbu Mansour Hadi contrôle le port de la ville de Aden et une région pétrolière.

Dans la capitale Sanaa, les groupes Houthi soutenus par l’Iran, contrôlent toujours le terminal de Ras Issa. Depuis 2015 et l’arrivée de l’armée Arabie Saoudite pour soutenir le gouvernement de Hadi, la production pétrolière a chuté.

 

Le Mur et l’Etat d’Urgence aux USA.  Dessin Chappatte

 

Les Amériques

USA pétrole de schiste

Selon l’EIA, Drilling Productivity Report, la production par forage est de 1’400 b/j dans le Bakkeen et Eagle Ford. Dans le Permian, l’extraction est de seulement 600 b/j. Cette différence implique qu’il faut deux fois plus de forages pour obtenir la même quantité de pétrole.

Les chiffres du schiste américain sont impressionnants mais la croissance d’extraction semble ralentir. L’EIA prévoit 12,4 millions b/j pour cette année et 13,2 pour 2020.

La pression des investisseurs demande de réaliser des bénéfices au lieu de se focaliser sur des records de production. Selon Cowen & Co, les investissements de production pourraient diminuer de 6% en 2019. Depuis le mois de janvier, l’on observe déjà une baisse du nombre de forages en activité (-32 unités).

 

Canada

Très mauvaise nouvelle pour le premier Ministre Justin Trudeau. La Cour Suprême a confirmé qu’une compagnie pétrolière ou gazière en faillite doit nettoyer et fermer ses forages abandonnés avant de payer ses créditeurs.

Cette annonce ne résout pas la crise de l’abandon des vieux forages dans une industrie qui croule sous les dettes. Il faudrait 260 milliards $ pour désaffecter, les forages, les pipelines et les mines des sables bitumineux.

 

Mexique

Le Mexique a produit 1,62 million b/j en janvier, au plus bas depuis 30 ans. Le nouveau président Lopez Obrador a offert à la compagnie pétrolière nationale Pemex un cadeau fiscal de 3,5 milliards $ pour les 6 prochaines années.

Comme c’est Noël avant l’heure, il a ajouté une couche avec 3,9 milliards $ d’investissements dans l’entreprise.

Pemex cumule une dette de 106 milliards $ mais elle n’est pas la seule compagnie énergétique à faire payer ses dettes par les citoyens. En France, EDF, qui bénéficie encore de 37 milliards € de dettes, a déjà épongé une partie de ce gouffre avec le même mécanisme.

Le président Obrador tente également de diminuer la dépendance du Mexique au gaz américain qui comble 50% de la demande. Le Mexique génère 60% de son électricité avec le gaz.

 

Le discours de Donald Trump devant les scénateurs
Dessin Chappatte

Asie

Inde

La demande d’électricité devrait doubler d’ici à 20 ans. Par le passé, le pays s’était tourné vers le charbon. Avec la chute des prix des énergies renouvelables, l’Inde se détourne de la lignite.

Au Cachemire, l’ambiance entre le Pakistan et l’Inde, qui possèdent tous les deux l’arme nucléaire, se réchauffe. Au niveau des avions abattus, le Pakistan clame un 2-0. De son côté l’Inde indique qu’elle gagne 1-0. L’arbitre du match est en train de regarder les images de la VAR pour en savoir un peu plus.

 

Chine

Les équipes des présidents Xi Jinping et Trump auraient trouvé un accord sur leurs relations commerciales. La Chine est en passe de devenir la plus grande puissance mondiale et la passation de pouvoir avec les USA est intéressante.

La Chine a importé 10,07 millions b/j (+5,1% en comparaison annuelle) de pétrole. Du côté du gaz, la croissance est de +26,8% à 9,81 millions de tonnes.

PetroChina extrait 733 b/j de pétrole de schiste dans le réservoir Jimsar, dans la province du Xinjiang. Le sol de la Chine n’est pas propice aux gisements de schiste.

Dans l’univers merveilleux du président Xi Jinping, l’application Xuexi Qiangguo permet de calculer la durée passée par les internautes à réviser les citations du président ou à visionner des vidéos consacrées à ses discours. Des points sont à gagner. Plus vous avez de points, plus il vous sera facile de trouver ou garder un job. L’application a été téléchargée 44 millions de fois depuis janvier.

La Chine aimerait construire une station spatiale solaire afin de capturer les rayons du soleil 24h/7. Pékin a déjà débuté la construction une tour expérimentale dans la ville de Chongquing. Cette technologie pourrait livrer de l’énergie à 99% avec des ratios 6 fois plus élevé que les fermes solaires actuelles.

 

La station solaire chinoise afin de générer de l’électricité

 

Afrique

Algérie

Un sursaut populaire, inédit et spectaculaire contre le cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika a eu lieu dans le pays gazier contre le cinquième mandat du président actuel (et non pas en fonction).

Cela fait quelques années, que le brave homme est maintenu en vie pour permettre à son frère, Saïd Bouteflika, de diriger le pays dans l’ombre en accord avec une grande partie des généraux de l’armée. Abdelaziz Bouteflika a effectué un cours séjour à Genève, Suisse pour se remettre en forme.  Paradoxalement, son frère Saïd serait également malade.

Par la taille de ses réserves annoncées, l’Algérie est le 11ème plus grands pays gazier au monde.

 

Libye

Le pétrole attise toujours plus les milices. Cette fois, les forces libyennes de l’Est ont repris le contrôle du plus grand champ pétrolier: El Sharara (315’000 b/j). La compagnie pétrolière nationale, NOC, espère pouvoir redémarrer les extractions quand la sécurité sera garantie.

Si une baguette magique pouvait régler les bisbilles entre les différents groupes, la production pourrait remonter de 1 million b/j.

 

Nigeria

Le pays de 191 millions d’habitants a élu un nouveau président. Le choix se portait entre Atiku Abubakar qui possède une bonne réputation dans le crime organisé ou Muhammadu Buhari, 76 ans dans un état de santé précaire. Ce dernier a gagné. Il est rassurant de voir qu’un pays aussi important au point de vue du pétrole et du nombre d’habitants soit dans des mains solides.

Le gouvernement a trouvé une source de financement très lucrative. Elle consiste à exiger le payement de taxes par les majors comme Shell, Chevron, ExxonMobil, Eni, Total, Equinor pour un montant total de 20 milliards $.

Le Nigeria produit actuellement 1,8 million b/j de pétrole.

 

Afrique du Sud

Le français Total aurait trouvé du pétrole au large des côtes de l’Afrique du Sud. Le réservoir contiendrait 1 milliard de baril dont 30-40% récupérable.

 

Manifestations en Algérie: 5

 

Phrase du mois

A la question sur le climat, aux jeunes :  « Si on met une bouteille à la mer et qu’on la retrouve en 2050 ou 2100, si jamais il y a quelqu’un qui la retrouve, le message sera «désolé les gars, on est parti trop vite, on n’a pas rangé et remis les choses en place. On a foutu un bordel monstre et bon courage”.» Pablo Servigne

«Donald Trump est un homme qui a brigué la présidence pour faire grandir sa marque, pas pour la grandeur de notre pays. Il n’avait ni désir ni intention de diriger cette nation – il voulait seulement se vendre lui-même et accroître sa richesse et son pouvoir. M. Trump disait souvent que sa campagne serait «la plus grande infopublicité de l’histoire politique.» Michael Cohen, ancien avocat de Donald Trump

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

Pourquoi l’avenir pétrolier des USA dépend du Venezuela

La malédiction du pétrole s’illustre une fois de plus. Cette fois c’est le Venezuela qui en fait les frais. Si pour le grand public, l’image d’un gouvernement incapable et corrompu a été vendue, la partie non visible de l’iceberg révèle un enjeu pétrolier extrême. Actuellement dans les mains de la Chine et de la Russie, les Etats-Unis ont la cruelle nécessité de s’approprier cet or noir.

Même si les USA sont devenus les plus grands producteurs pétroliers au monde, la mauvaise qualité de leur pétrole les oblige à incorporer le brut extra lourd du Venezuela pour produire du kérosène ou du diesel.

Sans ce pétrole, qui s’épuise, la suprématie énergétique des USA ne tient qu’à un fil.


Le Dilemme Américain

Grâce au pétrole de schiste, les USA sont devenus le plus grand producteur pétrolier au monde. Si la légèreté du schiste convient à merveille pour la pétrochimie, les pesticides ou le plastique, le diesel et le kérosène nécessitent de le mélanger à un brut plus lourd. Pour produire ces carburants, les raffineries du pays importent plus de 500’000 barils/jour de brut extra lourd du Venezuela.

Le Canada pourrait venir en aide à Washington, mais les capacités limitées des transports et les coûts importants des sables bitumineux de l’Alberta freinent le processus.

Pour ne pas se tirer une balle dans le pied avec les lourdes sanctions financières, imposées par le président Trump au régime Maduro, les USA continuent d’accepter les livraisons de brut mais déposent les payements sur des comptes bloqués. Qui entre Caracas et Washington pourra tenir le plus longtemps, la question est posée.

 

26% du pétrole américain peut être raffiné.
Le restant 74%, doit être mélangé avec du brut lourd ou exporté.
Source: EIA

 

Trump : une pierre plusieurs coups

La stratégie du Président Trump repose sur plusieurs piliers : l’opinion publique, les élections de 2020 et l’argent.

Donald Trump fustige les dérives et l’incapacité d’un gouvernement «socialiste» en soulignant la précarité du peuple vénézuélien et le manque d’investisseurs. Ce message fait une pierre deux coups. A l’interne, il permet d’entrer en frontal avec les candidats démocrates «ouvertement socialistes» aux élections de 2020 et à l’externe de scinder le monde entre les méchants et les gentils.

Cette perception est renforcée par l’envoi d’une aide humanitaire, qui a pris une tournure de communication hollywoodienne, alors qu’elle devrait être organisée de manière neutre et indépendante. Cette suspicion de Cheval-de-Troie a été renforcée par, John Bolton, le Conseiller à la sécurité nationale. Son bloc-notes a dévoilé : “5’000 soldats américains en Colombie.”

 

Sur le bloc notes de John Bolton:
“5’000 soldats américains en Colombie.”

 

De manière plus discrète, le même John Bolton travaille sur le véritable objectif d’un renversement du président Maduro par son protégé Juan Guaidó : le pétrole.

ExxonMobil et Chevron devraient reprendre les installations pétrolières du Venezuela et assurer l’approvisionnement des raffineries américaines. Les Français, Total, Anglais BP et Espagnol Repsol sont également impliqués dans cette réflexion d’où la coopération immédiate du Président Emmanuel Macron et des Premiers Ministres Theresa May et Pedro Sánchez.

Nous discutons actuellement avec de grandes entreprises pétrolières américaines. Cela ferait une différence si nous pouvions faire en sorte que des entreprises américaines produisent le pétrole au Venezuela. Nous avons tous les deux un large intérêt. Ce serait une bonne chose pour le Venezuela et les habitants des États-Unis.” – John Bolton, Conseiller à la sécurité nationale (voir la vidéo sur Twitter)

 

Voir 5min40 secondes pour le pétrole

 

Peak Oil

A lui seul, le pays est en train d’illustrer le paradoxe pétrolier actuel. Le pétrole bon marché s’épuise et il devient de plus en plus onéreux d’extraire un baril.

Membre de l’OPEP, le Venezuela possède potentiellement les réserves pétrolières les plus importantes au monde et ses rentrées économiques sont à 96% assurées par cette manne.

Historiquement, le Venezuela ne s’est jamais remis de la crise de sa monnaie et de sa dette des années 80-90. Les régimes drastiques imposés par le FMI et la Banque Mondiale n’ont finalement réussi qu’à monter la population appauvrie contre le président de droite Rafael Caldera.

Le libéralisme porté par les américains devait permettre de revitaliser le secteur privé et attirer les investisseurs internationaux. Pour tenter d’augmenter la production pétrolière, Caldera privatisa le secteur pétrolier. Malgré les efforts, le Venezuela a atteint son peak oil en 1997 avec 3,5 millions b/j.

Quand Hugo Chavez prit le pouvoir en 1999, la production avait déjà diminué de 1 million b/j. et la corruption ravageait le pays.

Aujourd’hui, avec l’illusion d’être assis sur une richesse pétrolière, le blâme se porte essentiellement sur le modèle économique socialiste des gouvernements Chavez et Maduro.

Il n’y a aucun doute que les erreurs de casting et la corruption ont endommagé l’extraction du précieux liquide. Mais la grande partie de l’or noir vénézuélien nécessite d’énormes quantités d’argent, des techniques avancées et un management professionnel. Tant que le baril tenait au-dessus de 100$, l’équation pouvait se résoudre. Avec la chute du baril en 2008 et en 2014, le Venezuela subit le même sort que l’Union Soviétique dans les années 1990.

Si aux USA, le pétrole de schiste ou les sables de schiste canadiens ont vu affluer, à perte, des milliards $ d’investisseurs étrangers comme des fonds de pension européens, les banques privées ou la Banque nationale Suisse, le Venezuela n’a pas eu autant de chance.

Au contraire, Caracas a dû continuellement se battre contre la justice et les fonds vautours (ex: Crystallex ou Pharo Gaia Fund Ltd) d’investissements américains pour rembourser, avec des taux indécents, les prêts effectués. Dans ce désastre financier, de Bush à Obama, Washington aura tout fait pour tendre vers la situation actuelle.

Ainsi, de 1998 à 2013, Chavez n’a pas réussi à saisir l’importance d’injecter de l’argent dans le système pétrolier. Il a dévié cet argent pour son usage propre mais aussi pour réduire la pauvreté en passant de 55 à 34%, à instruire 1,5 million d’adultes et avec l’aide de docteurs cubain à d’offrir là 70% de la population un système de santé gratuit.

Dès que le baril à chuté en juin 2014, le gouvernement s’est retrouvé à court d’argent pour soutenir la production pétrolière et ses programmes sociaux.

Le retour de manivelle fut édifiant avec plus de 3,5 millions de vénézuéliens obligés de s’expatrier pour simplement manger. En quelques années, le pays est tombé en ruine.

 


Moyenne de la Production pétrolière Venezuela depuis son peak oil en 1997.
Source EIA

 

Indépendance pétrolière

Demain, celui qui sera en charge du Venezuela héritera d’un pays dont l’agonie n’égalera que la vitesse de la baisse de sa production pétrolière.

Si pour la Russie et la Chine les risques se résument par la perte de plusieurs dizaines de milliards $ de créances et d’actifs ainsi que d’influence en Amérique Latine, le président Trump doit absolument garantir l’importation de brut conventionnel ou très lourd pour assurer la production de carburants pour ses camions et ses avions.

On pensait les petites nations plus vulnérables aux variations pétrolières. La position très inconfortable des USA démontre ce changement de paradigme. Nous produisons de plus en plus de pétrole, de moins en moins bonne qualité mais de plus en plus cher. L’équation n’a pas de solution dans le système économique actuel.

La vitesse à laquelle le Venezuela s’est écroulé, ne peut que nous inciter à trouver une indépendance pétrolière sous peine de subir le même sort.

Serions-nous tous en passe de devenir Vénézuéliens?

 

Les 3 plus grandes importations de pétrole, des raffineries américaines du Sud des USA
en milliers de barils par jour


Source: RBC Capital Markets

 

L’OPEP tente de repousser les prix du pétrole vers 70-80$

La réunion des membres de l’OPEP a entériné une diminution de 1% de l’extraction mondiale de pétrole à -1,2 million de barils par jour. L’objectif est de freiner la chute des cours de 87 à 58$ le baril (-33%) des deux derniers mois pour remonter dans une fourchette de 75 à 85$.

Pour le cartel, cette base devrait permettre des rentrées suffisantes de pétrodollars, de soutenir la croissance pour maintenir la demande de pétrole et de freiner les investissements dans les énergies renouvelables. A ce petit jeu, chaque pays défend ses propres intérêts.

Ne serait-il pas le moment d’envisager une transition hors des griffes du pétrole?


 

Depuis 2006, les variations extrêmes du baril déstabilisent autant les producteurs que les pays importateurs de pétrole.

C’est la deuxième fois depuis 2014 que l’OPEP doit intervenir de manière aussi vigoureuse. De 100$, les cours étaient descendus à 40$ en quelques mois. Aujourd’hui, la potion magique est la même: réduire l’offre.

Cette fois, ce sont les décisions à l’emporte-pièce de Donald Trump face à l’Iran qui ont totalement déstabilisé l’industrie pétrolière mondiale. D’un embargo total, Washington a lâché du lest à la dernière minute, en vue des élections de mi-mandat.

Dans les faits, Donald Trump terrasse tous les fondamentaux pour imposer sa vision à très court terme et assurer sa prochaine réélection en 2020.

 

Quel est le juste prix du baril ?

Les USA

Donald Trump souhaite des tarifs pétroliers sous la barre des 50$. Cela permet d’offrir à son électeur, Joe America, un carburant bon marché, ainsi que de stimuler l’activité industrielle et l’économie nationale. Ces trois facteurs pourraient lui accorder un second mandat.

Quant aux monstrueux déficits de l’extraction de pétrole de schiste, les Blackrock, JP Morgan, Wells Fargo, Bank of America, UBS, Credit Suisse, etc. sont passés maître pour exporter les pertes américaines à des institutions financières étrangères comme la Banque la Banque Nationale Suisse ou les fonds de pensions des retraités européens.

Qu’importe que le baril soit à 50$ et que les producteurs de schiste perdent des centaines de milliards $. Tant que leurs managers sont massivement payés et que des milliers d’emplois sont générés aux USA, le «Make the America Great Again» triomphe.

Un baril à 50$ permet également de limiter et de contenir l’implémentation des solutions renouvelables dévastatrices pour les énergies fossiles et pour la doctrine Trump.

 


Avant la réunion de l’OPEP, le président Trump a fait pression sur le cartel
dans le but de ne pas diminuer l’offre

 

Les Pays producteurs

Les pays producteurs privilégient un baril entre 70-90$ afin d’équilibrer leurs budgets. Le train de vie de l’Arabie Saoudite nécessite un baril supérieur à 80$. Plus frugale, la Russie, , peut se contenter d’un baril à 43$. Le surplus n’est que confort et bénéfice.

Le Venezuela, l’Iran, l’Irak, la Libye ou le Nigeria prient pour que la fourchette supérieure devienne la norme tant leurs besoins financiers sont importants.

Un baril à 80$ permet également aux pétroliers de pouvoir investir dans l’exploration pétrolière afin de remplacer les gisements qui s’épuisent. Durant cette dernière décennie, les coûts d’extractions sont passés de 5$ le baril à plus de 70$. L’industrie doit forer de plus en plus profond pour extraire du pétrole de moins en moins riche.

 

Les pays importateurs

Comme les membres de l’OPEP, les gouvernements des pays importateurs bénéficient aussi de la bénédiction du pétrole, via des taxes qui génèrent de substantiels revenus. A cet égard, la décision du cartel est une bonne nouvelle. Le montant optimal du baril raisonne le mieux dans la fourchette 80-90$.

Mais attention, au-dessus de 100$, le pétrole détruit tant la croissance économique que la demande de carburants. Comme le montre la crise de 2008, l’Economie est incapable de supporter un baril à plus de 140$.

 

Sortir du pétrole

La décision de l’OPEP de réduire l’offre implique directement la vie de tous les citoyens de la planète. La volonté du cartel de garder l’hégémonie du pétrole sur les autres énergies est compréhensible. Paradoxalement, on retrouve également cette même volonté au sein des pays importateurs.

Cependant, les variations extrêmes des prix du baril doivent nous inciter à effectuer une transition énergétique et une sortie rapide des produits pétroliers. Ces variations sont les premiers effets du peak oil et elles ne vont que s’amplifier, tout comme les changements du climat.

Une première étape pourrait demander l’interdiction de financement de projets pétroliers par les institutions financières publiques. Durant les deux dernières années, les banques françaises ont investi, à l’étranger, plus de 43 milliards € dans le pétrole.

En Suisse, le président de la Confédération, Alain Berset, a annoncé frs 120 millions de francs d’investissements dans les projets de réduction de CO2, majoritairement à l’étranger. Si au lieu d’utiliser les impôts des citoyens, il avait tout simplement régulé les investissements des fonds de pensions des caisses publiques, de l’UBS, du Crédit Suisse ou de la Banque Nationale Suisse, les bénéfices seraient répercutés sur l’entier du pays et pas uniquement aux USA. Cela aurait éventuellement permis à la BNS d’éviter de perdre des milliards $ dans ses investissements pétroliers au pays de Trump.

Combien de temps encore, la poudre de perlimpinpin va-t-elle résister aux turbulences pétrolières?

 

Les USA pourront-ils compenser le pétrole Iranien?

Le Président Trump a annoncé ses nouvelles sanctions contre l’Iran, avec l’ambition de réduire à zéro les exportations d’or noir de Téhéran. Depuis, l’Agence de l’Information Energétique Américaine, EIA, effectue un rétropédalage sur ses enthousiasmantes données pétrolières.

Alors que Washington pensait pouvoir combler le manque iranien et éviter de propulser les prix du baril à des sommets dangereux pour la croissance mondiale, la partition a soudainement changé. Les USA ne semblent actuellement plus en mesure de réaliser cette ambition à moins de puiser dans les réserves pétrolières stratégiques du pays.


 

Depuis des années, l’EIA claironne l’embellie du pétrole de schiste. Inlassablement, elle publie des données hebdomadaires qui ne laissent planer aucune ambigüité. Les USA vont devenir le plus grand producteur mondial d’or noir.

A elle seule, la production US de pétrole non conventionnel représente déjà 7,522 millions barils par jour (b/j).

Dans les plans de Donald Trump, la croissance continue du schiste devait compenser la baisse des exportations iraniennes. Mieux, les USA ont l’opportunité de prendre des parts de marché chinois aux iraniens (même si les USA continuent d’importer plus de la moitié de leur consommation.)

 

Le pétrole de schiste plafonne

Ce printemps, l’Agence publiait des chiffres positifs sur la production du pays notamment grâce au schiste du Bassin Permien. La progression interne devait grimper de +1,44 million pour friser les 11 millions b/j d’ici à décembre.

Entre avril et mai 2018, l’augmentation prévue était chiffrée à +220’000 et +140’000 en août. En réalité, cette hausse s’est traduite par une baisse de -10’000 b/j. Aujourd’hui, l’Agence publie un objectif conservateur de 10,68 millions b/j d’ici à la fin de l’année.

«Nous sommes de plus en plus inquiet que l’augmentation de l’extraction de schiste croisse aussi lentement» souligne Jozef Lieskovsky, analyste sénior à l’EIA. Un bémol de l’EIA est assez rare pour le souligner.

Les raisons de cette baisse de régime proviennent du manque de capacité des transports du brut vers les raffineries. Les pipelines doivent encore être construits. Ils ne pourront évacuer le précieux liquide que dans 18 à 24 mois.

De plus, les gisements les plus prolifiques du Bassin Permien (Tier 1) montrent déjà des signes de fatigue. Certains producteurs s’attaquent aux gisements de deuxième catégorie (Tier 2) moins prolixes. Tant l’EIA que l’IEA (Agence Internationale de l’Energie basée à Paris) comptaient sur les réserves et les capacités Tier 1, du Bassin Permien pour répondre à la demande mondiale.

De leur côté, tous les autres gisements de schiste américains sont soit en baisse soit en très légère augmentation.

Sans surprise, les résultats financiers du 2ème trimestre montrent que plus d’une douzaine de compagnies pétrolières ont manqué leurs objectifs tant financièrement qu’aux niveaux de la production. Malgré la hausse des cours du baril, les producteurs ont perdu plus de 20 milliards $ depuis le début de l’année.

 

Maîtriser les prix du baril et protéger la croissance

En novembre, les sanctions américaines entreront en force. Initialement, la Maison Blanche espérait réduire à zéro les exportations pétrolières iraniennes. Aujourd’hui, Washington a mis de l’eau dans son vin et semble tolérer une diminution de 1 million b/j sur les 3,7 actuels, soit à un niveau comparable à avant les sanctions.

La croissance mondiale, prévue à 4,2% en 2019, nécessite de l’énergie. Aujourd’hui, les pétroliers extraient 99,4 millions de barils par jour (+1,1 million depuis 2017) et il en faudra en trouver 1,4 million de plus.

Dans le cas où l’offre n’arriva pas à suivre la demande, les prix devraient rapidement grimper. L’expérience de 2008 montre qu’il n’aura fallu que quelques mois pour propulser le baril à 147$. A ce niveau, la croissance se détruit et les cours pétroliers s’effondrent.

La Russie, l’Arabie Saoudite et les pétromonarchies font tout pour éviter de revivre ce scénario catastrophe. Ce yoyo des prix est une malédiction pour les budgets de ces pays dont l’or noir participe presque essentiellement à leur équilibre.

 

Utilisation de la Réserve Pétrolière Stratégique

Pour Donald Trump, toute crise est à éviter avant les élections de 2020. Au jeu des sanctions, l’interdépendance entre les pays peut rapidement se transformer en boomerang.

Cependant, l’administration Trump possède un plan B: l’utilisation de la réserve pétrolière stratégique qui contient plus de 727 millions de barils. Ainsi, 11 millions de barils seront déstockés pour rejoindre les marchés entre le 1er octobre et le 30 novembre 2018. Ce sparadrap est bien sûr une solution non durable. La question est de savoir s’il permettra de gérer la situation jusqu’aux élections.

Du côté des agences, leurs prévisions mettront à l’épreuve la confiance réelle que nous pouvons leur porter dans les années à venir.

 

Energies, Economie, Pétrole: Revue Mondiale Juillet 2018

Le 1er de chaque mois, retrouvez un tour du monde des Energies:
– Irak: La production pétrolière menacée par la sécheresse et les manifestations
– France: Encore 400 millions € d’augmentation pour l’EPR d’Areva/Orano
– Iran: Les USA veulent réduire à zéro les exportations pétrolières de l’Iran
– USA: Trump utilise les réserves pétrolières pour faire baisser les prix
– Europe: Junker propose d’acheter du gaz de schiste américain
– Inde: Forte augmentation de la demande pétrolière et abandon de la Nano
– Laos: Un barrage hydraulique s’effondre
– Yémen: Des drones pour incendier les raffineries de l’Arabie Saoudite.


 

Yoyo du baril de pétrole avec les pressions de Trump et de l’augmentation de l’OPEP et de la Russie. En attendant novembre, le baril reste dans la moyenne des 70$ à 74.06$ (79.44$ fin juin) à Londres et à New York à 69.30$  (74.15$ fin juin).

L’uranium reprend un peu de vigueur pour monter un peu à 23.35$ (22.55$ fin juin).

 

Graphique du mois:  Croissance Mondiale
Selon l’OCDE, la croissance mondiale devrait progresser à un rythme soutenu, proche de 3.8%, cette année et de 3,9% en 2019.
La progression de la demande de pétrole devrait augmenter +1,8 millions b/j (barils/jour) d’ici à la fin 2019.

 

Monde

Le parallèle entre”la folie du climat et celle des dirigeants qui nous dirigent” est intéressant à relever.

Les canicules secouent l’hémisphère nord. La Suède et la Grèce font face à des incendies importants. La Suisse subit une vague de chaleur plus importante que celle de 2003. Le Japon (+40 degrés), le Canada, les USA et la Grèce comptent leurs morts par centaines. L’Irak et tout le Moyen-Orient voient les problèmes d’eau empirer (+53 degrés).

Au Groenland, un gigantesque iceberg de 100 mètres de haut, 200 mètres de large et 11 millions de tonnes s’est approché du village d’Innersuit. L’iceberg s’est créé après la dislocation d’un pan d’un glacier. Au total, le Groenland perd 300 gigatonnes de glaces par an.

 

 

Pétrole

Entre Trump qui a besoin d’offrir de l’essence bon marché à ses supporters avant les élections de novembre, les sanctions contre l’Iran, le Venezuela qui s’effondre, les manifestations en Irak et la Libye qui se cherche, bien malin qui peut prédire l’évolution du baril dans les mois à venir.

L’IEA (International Energy Agency) pense que le manque d’investissements dans l’exploration pétrolière, nous amène devant une pénurie de l’offre d’ici à 2020, à moins qu’une crise économique survienne et réduise la demande. L’Agence s’inquiète que seuls la Russie, l’Arabie Saoudite, le Koweit et les Emirats Arabes Unis ont la capacité d’augmenter leur production.

La dernière fois que ce scénario s’était présenté, nous étions en 2008 avec une poussée de fièvre du baril à 147$ avec comme corollaire le déclenchement de la crise.

Source: OCDE

 

Pays Clés

La production pétrolière mondiale semble se trouver à un moment charnière. Il reste assez de pétrole, mais les pays qui possèdent l’or noir sont en difficulté et les autres se trouvent entre le marteau et l’enclume de Donald Trump. Ce dernier va certainement “manipuler” ou “influencer” les prix du baril jusqu’aux élections de mi-mandat de novembre. Après les bêtes pourront être lâchées.

 

Iran

Avec un certain succès, Washington freine les exportations de pétrole iranien avec l’objectif de couper les entrées en pétrodollars. L’Iran pourrait être forcé de diminuer sa production pétrolière de 500’000 à 1 million b/j d’ici à la fin de l’année. Les versions les plus pessimistes penchent pour 2 millions b/j. Les élections de mi-mandat américaines se dérouleront en novembre juste avant que les sanctions américaines entrent en force.

Durant sa visite en Suisse, le président Rouhani a menacé de fermer le détroit d’Hormuz. «S’ils veulent arrêter les exportations pétrolières iraniennes, nous ne permettrons pas aux tankers pétroliers de passer par Hormuz ». Le détroit voit défiler 17 millions de barils par jour en provenance de l’Arabie Saoudite, de l’Irak, du Koweit et du Qatar. La US Navy a fait savoir qu’elle était prête à confronter l’armée iranienne pour garder le détroit ouvert. Même la Chine a marqué l’opposition à la fermeture du détroit. Cette option ne sera certainement pas activée par l’Iran, tant elle est explosive.

Est-ce que les autres pays producteurs de pétrole auront la capacité de compenser les baisses des exportations iraniennes afin de maintenir les prix du baril dans une fourchette raisonnable?

Le secrétaire du trésor américain, Steven Mnuchin, a présenté au Congrès US les sanctions prévues pour tous les pays qui achèteront du pétrole à l’Iran (inclus Chine, Europe et Russie). D’ici au 4 novembre 2018, ils devront avoir supprimés leurs importations iraniennes. Actuellement la Corée du Sud, le Japon, l’Inde et quelques pays européens ont accepté les volontés de Trump. Le français CMA-CGM, l’un des plus grands transporteurs maritimes avec 445 bateaux, va s’aligner sur la volonté américaine tout comme Total.

Le président Rouhani avait appuyé sa présidence sur l’accord nucléaire et les investissements occidentaux. Sa survie politique et la stabilité du pays sont en jeux. L’histoire montre que lorsqu’un pays producteur de pétrole se fait renverser, sa production pétrolière n’arrive jamais à revenir à son niveau antérieur.

Suite aux paroles de Hassan Rouhani «Ne jouez pas avec la queue du tigre, cela ne vous amènera que des regrets » ainsi que « les américains doivent bien comprendre que la paix avec l’Iran est la mère de toutes les paix et que la guerre avec l’Iran est la mère de toutes les guerres. » Donald Trump a réagi avec un tweet dont il a le secret.

«NE MENACEZ PLUS JAMAIS LES ÉTATS-UNIS OU VOUS ALLEZ SUBIR DES CONSÉQUENCES TELLES QUE
PEU AU COURS DE L’HISTOIRE EN ONT CONNUES AUPARAVANT.
NOUS NE SOMMES PLUS UN PAYS QUI SUPPORTE VOS PAROLES DÉMENTES DE VIOLENCE
ET DE MORT. FAITES ATTENTION !

 

Ce tweet peut questionner les connaissances historiques de Trump.

Pour améliorer l’ambiance, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a annoncé le lancement d’une chaîne multimédia (télévision, radio, numérique et réseaux sociaux) 24 heures sur 24 en langue farsia l’attention du peuple iranien qu’il appelle à se soulever contre le régime actuel. On se rappelle qu’en décembre dernier, des manifestations avaient éclaté dans 80 villes et 25 personnes avaient été tuées.

Actuellement la Chine est le plus grand importateur de pétrole iranien avec 650’000 b/j. Sa position sera déterminante pour le pays. Les Européens n’ont pu obtenir aucune concession de Washington sur les sanctions économiques. De facto, les entreprises européennes se plieront aux volontés de la Maison Blanche

L’Iran se tourne vers les entreprises russes afin de développer ses champs pétroliers et gaziers. Ayatollah Ali Khamenei a annoncé 4 milliards $ d’investissement de la part de Rosneft et Gazprom. Cependant, Moscou est sur la corde raide, financièrement parlant. Si les termes ne sont pas très favorables, on imagine mal investir les 50 milliards $ demandés par l’Iran.

 

Détroit d’Hormuz

 

Irak

La relative stabilité de l’Irak assurait les marchés pétroliers. Depuis quelques mois, il est judicieux de se demander si l’Irak ne va pas devenir la prochaine Syrie. La genèse de la guerre syrienne fait suite à des sécheresses et des récoltes catastrophiques. L’Irak est confronté à la même situation.

Le Moyen-Orient voit ses températures augmenter deux fois plus rapidement qu’ailleurs sur la planète. Avec des chaleurs de plus de 50 degrés, des pénuries d’électricité, le manque d’emplois ainsi que  la sécheresse des fleuves du Tigre et de l’Euphrate, des manifestations ont d’abord éclaté dans la région pétrolière de Bassorah pour remonter vers Najaf, Aminah et Bagdad. Plusieurs morts après, le gouvernement a proposé des promesses intenables pour l’emploi, l’eau, de l’électricité et la diminution de la corruption. Des promesses qui ressemblent à un mirage.

La production pétrolière du sud du pays aurait été impactée durant ces manifestations et l’eau est un élément clé pour extraire le pétrole.

La raffinerie de Bassorah a dû être mise à l’arrêt à cause de l’augmentation de quantité de sel causée par les marées du golfe Persique dans le Chatt-el-Arab et le faible niveau d’eau des fleuves.

L’Iran a refusé de livrer de l’électricité à son voisin. Bagdad s’est tourné vers l’Arabie Saoudite.

Au nord du pays, c’est le barrage turc d’Ilisu qui retient les eaux du Tigre et de l’Euphrate. Avant la mise en service de ce barrage, le 80% de l’eau de ces fleuves était destinée à l’agriculture et donnait du travail à 10 des 37 millions d’irakiens. Ces dernières années, le Tigre et l’Euphrate offraient le service minimal avec des niveaux d’eau à 40%. Aujourd’hui, ce nouveau barrage va stocker l’eau du côté Turque. Le ministre de l’agriculture a demandé de ne plus cultiver le riz et les autres plantes gourmandes en eau.

En Syrie, il aura fallu 4 années de sécheresse pour que la guerre civile éclate. Dans le cas de l’Irak, 3,5 millions de barils de pétrole sont en jeu.

 

Arabie Saoudite

Le président Trump tweeta que “l’Arabie Saoudite accepte d’augmenter sa production de 2 millions b/j.”  Le royaume a immédiatement tempéré cet optimisme et précisé que +600’000 barils/jour serait un chiffre plus adéquat et proche de la réalité.

Durant les mois d’été, 3 millions b/j sont brûlés pour la production d’air conditionné et la consommation interne. L’Arabie Saoudite a exporté 6,98 millions b/j en avril et 7,2 en juin.

La vente de 10% de l’entreprise pétrolière nationale, Saudi Aramco, pourrait être abandonnée. Le Prince Moammed bin Salman espérait obtenir entre 100 et 200 milliards $. Vu l’augmentation du baril, le budget de l’Etat s’équilibrera sans la vente ce joyau a précisé Amin Nasser, CEO de Saudi Aramco.

Les USA et l’Arabie Saoudite espèrent pouvoir combler la baisse de production iranienne quand les sanctions de Washington entreront en force.

Au Yémen, les Houthis ont utilisé un drone de type Sammad 2, pour toucher les installations pétrolières de Saudi Aramco. Les Houthis qualifient ce test comme une “expérience réussie et qualitative“. Saudi Aramco a confirmé que les pompiers de l’entreprise ont pu contrôler un «incendie mineur sans impact sur les opérations». On peut supposer que durant les mois qui viennent la fonction de pompiers de Saudi Aramco ne va pas être de tout repos.

Toujours au Yémen, les Houthis ont attaqué un tanker pétrolier d’Arabie Saoudite et l’ont légèrement endommagé. La guerre au Yémen a fait plus de 10’000 morts, dont de nombreux civils depuis l’intervention il y a trois ans de la coalition militaire sous commandement saoudien pour repousser l’avancée des Houthis.

 

Venezuela

La production serait descendue à 1,34 million b/j en juin alors que le gouvernement présente les mêmes chiffres qu’en mai à 1,531. Certains pensent que la barre des 1 million pourrait être atteinte d’ici à décembre. Quoi qu’il en soit, le pays a déjà perdu 1 million de barils en 2 ans.

Malgré la famine, le manque de soins médicaux et un régime qui s’effondre, le président Nicolas Maduro continue d’offrir 55’000 b/j de pétrole à des tarifs imbattables à Cuba. Montant: 1,2 milliards $/an.

La China Development Bank va injecter 250 millions $ pour assurer l’exportation de pétrole vers la Chine. Dans les mois à venir, la Chine pourrait signer un chèque de 5 milliards $ alors qu’elle reçoit plusieurs centaines de milliers b/j en repaiement. Cependant, les prêts chinois pourraient ne jamais être remboursés.

Plus de 9 milliards $ de prêts arrivent à échéance cette année. L’inflation pourrait atteindre 1 million% d’ici à la fin de l’année et le PIB pourrait diminuer de 15% (50% depuis 2013). D’ailleurs Nicolas Maduro a décidé de retirer 5 zéros à la monnaie nationale. Ainsi 100’000 Bolivars n’en feront plus que 1.

 

Russie

La Russie se prépare à augmenter de manière «significative» sa production pétrolière. Le ministre de l’énergie Alexander Novak annonce +200’000 barils dès septembre. Les revenus pétroliers supplémentaires devraient atteindre 40,14 milliards $.

Si les prix du pétrole devaient s’effondrer, la Russie se retrouvera dans la même situation qu’en 1991 ou 2008 avec une dislocation de l’économie. Cette perspective est la grande crainte de Moscou d’où son empressement à maintenir l’offre mondiale au niveau de la demande pour stabiliser le baril vers les 70$.

L’augmentation des exportations russes pourraient provenir de la vente des réserves pétrolières du pays.

Le Kremlin annonce une production de 11,215 millions b/j en juin.

La Banque Centrale Russe maintient ses taux à 7,25% avec la perspective que l’entrée de pétrodollars vienne soutenir l’économie.

Les exportations de gaz Russe vers l’Europe ont atteint des niveaux record en 2016 et 2017, grâce notamment à un hiver particulièrement froid. Au premier trimestre 2018, Gazprom a encore annoncé une augmentation de 6,6% de ces exportations sur un an. Le géant couvre environ 35% de la consommation de gaz du continent européen.

Deux bateaux russes Arc7 de gaz liquéfié ont pu livrer leur cargaison en Chine via le Pôle Nord et sans l’assistance d’un brise-glace.

 

 

Dessin: Chappatte
La planète foot a fait battre le coeur du monde durant ce mois de juillet 2018

 

Les Amériques

USA

Pour les élections de mi-mandat, Donald Trump est prêt à tout pour faire baisser les prix du pétrole et maintenir les prix de l’essence sous les 3$ le gallon. Joe America n’aime pas conduire son pick-up quand l’essence est chère.

Après avoir demandé à l’OPEP+ (Arabie Saoudite et Russie) d’augmenter la production, Trump envisage d’écouler une partie des réserves stratégiques américaines pour maintenir les prix sous les 70$. Entre 5 et 30 millions de barils de pétrole américain supplémentaires pourraient ainsi se retrouver artificiellement sur les marchés. Les réserves stratégiques des États-Unis s’élèvent à 660 millions de barils (2 mois de consommation). Et après novembre ? Aucune importance, les électeurs auront voté.

Scott Pruitt, directeur de l’Agence sur la protection de l’Environnement (EPA) a dû démissionner suite à une série de scandales liés à son train de vie. L’homme, ouvertement opposé à des mesures sur le réchauffement climatique, a été remplacé par un ancien lobbyiste du charbon: Andrew Wheeler.

Une nouvelle étude publiée dans Nature, annonce que les émissions de méthane dues au pétrole et au gaz se montent à 13 millions m3 par an, soit 60% de plus que les estimations de l’EPA. Le gaz de schiste est plus dangereux pour le climat que le charbon. Cela sonne drôle, mais les chiffres sont explicites.

Sur les 99 centrales nucléaires du pays, 34 sont en phase de décontamination et de destruction. Deux nouveaux réacteurs sont en constructions. Les autres centrales arrivent en bout de vie.

Elon Musk, CEO de Tesla Motors, a signé la construction d’une usine à Shanghai, Chine.

Elon Musk a trouvé un moyen simple et bon marché de développer son projet de train hyper rapide HyperLoop. Sous le contrôle de sa société privée SpaceX, il a organisé la Hyperloop Pod Competition. Des étudiants du monde entier se sont réunis en Californie pour étaler et offrir gratuitement leurs compétences. Les universités allemandes, hollandaises et suisses sont arrivées en tête. Nul doute que le grand vainqueur est: SpaceX. L’entreprise bénéficie gratuitement du travail et du savoir-faire des universités. Une question titille. Pourquoi les universités européennes se démènent pour soutenir des entreprises et des fonds de pensions américains alors que le concept pourrait être réalisé en Europe?

L’administration Trump désire ouvrir les côtes américaines pour des installations éoliennes offshores. L’administration veut également mettre aux enchères les côtes de l’Alabama, de la Floride, du Mississippi, de la Louisiane et du Texas qui contiendraient 48 milliards de barils de pétrole et 3’000 milliards m3 de gaz.

La production pétrolière offshore des USA se monte à 1,7 million b/j soit le 18% de l’offre américaine.

Les bio-carburants pour les véhicules sont en baisse de 147 à 140 million de gallons en avril. L’huile de soja produit le 48% de part de marché.

Une vague de chaleur a enveloppé une grande partie des Etats-Unis avec des températures dépassants les 40 degrés. Plus de 60 millions d’habitants ont été sous l’alerte température.

En Arizona, le barrage du lac Mead est descendu de 50 mètres sur la moyenne des 20 dernières années. Il se trouve à 50 cm d’une zone limite ou il ne sera plus possible d’y puiser de l’eau.

La patrouille française le 14 juillet 2018
Le fil bleu sur le bouton bleu et le fil rouge sur le bouton rouge!

 

USA Schiste

La production de pétrole de schiste du Bassin Permien plafonne à cause du manque de capacité de transport du brut. D’ici à la fin de l’été, les pipelines fonctionneront à 100% et il faudra 18 mois pour que de nouveaux tuyaux entrent en fonction. Entre temps, le transport se réalise par camions et pour écouler leur pétrole de schiste, les exploitants offrent des rabais entre 15 à 25$ le baril.

Corolaire à cette situation, après avoir augmenté ses extractions de 1,5 million b/j durant la dernière année, (à 10,9 millions b/j), le schiste américaine stagne. Il faudra quelques mois pour voir s’il s’agit de problèmes structurels d’extraction ou de transport.

Morgan Stanley pense que la production du bassin Permien pourrait diminuer de 2/3 d’ici à l’année prochaine alors que l’Agence de l’Energie Américaine voit grimper l’offre US à 11,8 millions b/j (actuellement 10,9). Peut-être que le chiffre exact se trouvera entre ces deux estimations.

Pour être rentable, Wall Street tablait sur une augmentation de la production de schiste à 634’000 b/j pour 2019, mais avec les limitations de pipelines, la capacité ne dépasserait pas 360’000 b/j.

La voracité des besoins en sable, afin de fracturer les roches des forages de schiste, ont permis d’ouvrir 11 champs d’extractions et 10 autres sont sur le point de voir le jour dans le Texas. Pour cette année, on prévoit 22 millions de tonnes de sable pour le bassin Permien soit le quart de la demande pour tout le pays. Si l’on corrobore les prédictions d’extractions pétrolières de l’EIA, il faudra 50 millions de tonnes sable/an pour les forages de schiste.

 

Haiti

La population proteste contre l’augmentation des carburants. L’essence et le diesel coûtent jusqu’à 4$ le litre alors que le revenu journalier est de 2€.

 

Mexique

Le nouveau président Andrés Manuel López Obrador est le nouveau président du pays. Il s’oppose à la libéralisation de l’entreprise pétrolière Pemex et de la libéralisation du secteur de l’énergie.

 

Dessin Chappatte

 

Europe

Jean-Claude Junker a rencontré le président Trump pour clarifier la situation aux niveaux des tarifs douaniers. Les deux compères ont réalisé un magnifique accord “gagnant-gagnant” ou “win-win”.

Ainsi les consommateurs européens vont pouvoir manger du Soja OGM et du Boeuf aux hormones américains et participer pleinement au réchauffement climatique avec du gaz de schiste US. De leur côté, les consommateurs américains auront le privilège de continuer à acheter des automobiles allemandes aux moteurs truqués!

 

Allemagne

Pour la première fois, les énergies solaires, éoliennes et hydro (36.3%) ont dépassé la part de charbon (35,1%) durant tout le mois de juin.

Après VW, Audi, Porsche, c’est Mercedes qui s’est fait attrapé à truquer les moteurs de ses diesels.

La Commission européenne soupçonne maintenant que les constructeurs automobiles de nouvelles manipulations. La nouvelle tricherie consiste à «gonfler» les émissions de CO2, et permettrait aux constructeurs de satisfaire aux futurs objectifs de réduction sans risquer des sanctions.

 

Angleterre

Rolls Rolls va bientôt homologuer un premier avion hybride électrique/kérosène. L’entreprise penche également sur un drone totalement électrique.

BP a avalé la plus grande entreprise de recharge de voitures électriques sur le sol anglais: Chargemaster. BP changera le nom de l’entreprise et pourra opérer 6’500 points de recharge. Les pétroliers entrent en frontal avec les entreprises productrices d’électricité.

La Commission de l’Infrastructure conseille de construire qu’une seule centrale nucléaire après la réalisation des deux réacteurs EPR à Hinkley Point C d’ici à 2025. La Commission demande d’utiliser les énergies renouvelables.

 

France

EDF a annoncé que les problèmes de soudures de l’EPR de Flamanville, France, apporteront une année de retard supplémentaire et un dépassement de 400 millions d’euros. Le réacteur ne pourrait démarrer qu’à la fin 2019 ou durant le premier trimestre 2020. Le coût de construction passe de 10,5 à 10,9 milliards d’euros. Initialement l’EPR devait couter 3,5 milliards €. Cette nouvelle contre-performance résonne sur le chantier de Hinkley Point en Angleterre ou Areva (Orano) construit 2 centrales EPR.

En France en 2017, 4,5% de l’électricité produite vient de parcs éoliens et moins de 2% de panneaux solaires.

Les magasins Leclerc se lance dans la fourniture d’électricité aux particuliers et vise 3 millions de clients d’ici à 2025 (10% de part de marché). Michel-Edouard Leclerc promet l’électricité verte la moins chère du marché. 200 emplois seront créés. C’est une concurrence de plus pour EDF. Un autre distributeur, Casino, s’est déjà positionné sur ce marché en collaboration avec GreenYellow et offre des tarifs inférieurs à 15% par rapport à EDF.

Le groupe Bolloré n’a pas encore retiré toutes ses Bluecar de Paris. Sans attendre, les constructeurs automobiles français se ruent déjà pour proposer leur offre d’autopartage électrique Autolib à Paris.
PSA aimerait mettre en place d’ici à fin 2018 un service sous sa marque Free2Move. Renault est également dans les starting-blocks.

Un drone en forme de Superman, piloté par des militants de Greenpeace, a survolé, la centrale nucléaire EDF du Buget Saint-Vulbas, près de Lyon pour s’y écraser contre le mur de la piscine d’entreposage de combustible usé, accolée au réacteur 2.

Le même jour, une commission d’enquête parlementaire énumère les failles du parc nucléaire français et recommander de renforcer sa sécurité.

Le recours excessif à la sous-traitance est mis en lumière. La filière du Nucléaire emploie près de 220’000 salariés, dont 160’000 travaillent pour des sous-traitants.

La première centrale pilote de fusion nucléaire à Cadarache, qui a débuté en 2017, est à 55% terminée. La collaboration entre la Chine, le Japon, l’Inde, les USA, la Corée du Sud, la Russie et l’Europe.

Un drone “superman” de Greenpeace dans la centrale nucléaire du Buget

 

Suède

Les températures dépassent de 15 degrés la moyenne. De nombreux incendies de forêts ont éclaté et une alarme canicule a été déclenchée pour des valeurs supérieures à 35 degrés. L’été dernier, la Suède était noyée sous la pluie.

 

Hollande

Le réseau électrique du stade et les panneaux solaires de l’Ajax d’Amsterdam vont fonctionner en étant couplé au plus vaste système de stockage d’énergie d’Europe constitué de 148 batteries de voitures électriques recyclées. Ces dernières, dont la capacité est descendue au-dessous de 70%, trouveront ainsi une seconde vie.

 

Incendies en Grèce

 

Moyen Orient

A cause du réchauffement climatique, la température moyenne du Moyen-Orient augmente deux fois plus rapidement que dans le reste du monde. Les températures de cet été dépassent souvent les 50 degrés ce qui tend à rendre cette région invivable pour l’homme.

Washington annonce des sanctions contre les transactions liées au pétrole et avec la banque centrale iranienne à partir du 4 novembre. L’équipe de Trump a menacé de punir les entreprises étrangères qui feront affaire avec Téhéran. Les Etats-Unis sont «confiants qu’il existe une capacité mondiale suffisante pour la production supplémentaire de pétrole».

 

Egypte

La Banque Mondiale va aider le pays dans ses projets pétroliers et gaziers notamment dans le développement du gisement de Zohr. La Banque Mondiale, comme la Banque Européenne, sont plus confortable dans l’octroi de supports pour les énergies fossiles traditionnelles que pour les énergies renouvelables et l’innovation.

 

Une pause de pub en hommage à Neymar

 

 

Asie

Inde

La demande pétrolière de l’Inde a augmenté de 9% en juin à 4,7 millions b/j. notamment de diesel (+7,8%) et d’essence (+15%). La demande pétrolière et les ventes de voitures explosent dans le pays. Rien que pour 2018, le pays va engloutir 300’000 b/j de plus qu’en 2017.

La voiture la moins chère du monde, la Tata Nano va être retirée du marché. Vendue dès 2011 pour 1’500€, à destination de la classe moyenne, elle est devenue l’image de la voiture du pauvre. Aujourd’hui, les indiens préfèrent les voitures plus grandes.

 

Chine

Alors que les taxes illuminent les relations entre la Chine et les USA, Pékin affiche un excédent record de 28,97 milliards $ en juin (+ 18% par rapport à mai 2018). Ce record mensuel depuis 1999 va certainement inspirer le chef de la Maison Blanche.

Le Yuan, a perdu 8% par rapport au dollar US depuis le début de la bisbille avec les USA en mars. Cette dépréciation arrange la Chine puisqu’elle permet de compenser en partie les hausses des taxes américaines et de stimuler les exportations.

Le PIB chinois est de 6,7% au 2ème semestre (-0,1% par rapport aux 3 trimestres précédents.)  La bourse de Shanghai a perdu 17% depuis janvier.

La ville de Shenzhen va remplacer ses 12’000 taxis thermiques en version électrique.

La Chine a importé 146 millions de tonnes de charbon durant les 6 premiers mois de l’année (+9.9%).

Baidu va industrialiser son bus entièrement autonome. Il utilisera le système Apollo de Baidu. L’entreprise pilote déjà plus de 100 bus en circulation.

La Chine et l’Inde pourraient coopérer afin d’acheter du pétrole et du gaz. Les deux géants représentent le 17% de la demande mondiale. Le duo pourrait avoir plus de poids pour négocier les prix auprès de l’OPEP et des autres producteurs.

 

Vietnam

Les exportations atteignent 1,88 millions de tonnes de pétrole depuis le début de l’année, soit une baisse de 50% par rapport à l’année dernière. Le pays a largement atteint son peak oil et la chute va continuer.

 

Azerbaïdjan

Le groupe britannique BP a lancé l’exploitation d’un gisement gazier, qui doit constituer le premier maillon d’un «corridor gazier» géant («Southern Gas Corridor»), permettant à l’Europe de s’approvisionner via la Turquie, la Grèce, l’Albanie et la mer Adriatique.

Il devrait être terminé en 2020 et ne couvrira à terme 2% de la demande européenne en gaz.

 

Ouzbékistan

Le russe Rosatom va construire la première centrale nucléaire afin de remplacer l’exploitation de gaz en constante diminution dans le pays. La centrale de 1,200 MW sera terminée en 2028. Actuellement 85% de l’électricité est générée avec du charbon et du gaz (69 milliards kWh).

 

Laos, un barrage hydraulique s’effondre dans la province d’Attapeu.

 

Afrique

Nigeria

Le plus grand producteur africain de pétrole arrive bientôt à 190 millions d’habitants. Une infime part des revenus des 2 millions b/j arrivent jusqu’à la population alors que des milliards $ disparaissent dans les poches des élites. Il n’est pas étonnant que le niveau de vandalisme sur les installations pétrolières ainsi que la vétusté des installations fassent perdre 754’000 b/j.

 

Libye

La production pétrolière se trouve quelque part vers les 700’000 b/j. Le général Haftar de la  Libyan National  Army, qui contrôlait 75% des exportations du pays, a transvasé le tout dans une nouvelle société concurrente à la compagnie pétrolière nationale la Libyan National Oil Company.

L’agence anglaise National Crime reporte que 700’000 migrants attendent en Libye pour traverser la Méditerranée.

 

Afrique du Sud

Le Cap et ses 4 millions d’habitants souffrent d’une terrible sécheresse. Une idée a été lancée afin de remorquer les icebergs, qui flottent en plein Antarctique à 2’000 km des côtes sud-africaines.

Les prix des carburants vont encore augmenter de 26 ct $/litre. Depuis le mois de juin, l’essence a augmenté de 82 centimes à cause de la hausse des cours et la baisse de la monnaie locale.

 

Phrases du mois

«Depuis plus d’un siècle, la collaboration entre les pétroliers et les architectes, est l’une des sources les plus importantes du réchauffement climatique. Les premiers extraient le pétrole et le gaz. Les deuxièmes ont totalement modifié leurs principes afin d’utiliser la plus grande quantité d’énergie pour construire, chauffer et refroidir leurs oeuvres.»

[About climate-related class action lawsuits against Big Oil:] “It’s sort of bizarre that the users of our petroleum products say: ‘Well actually we didn’t want your product. So why did you force it on us?’ I don’t think also that in the end it will solve anything other than maybe redistributing wealth to a certain class of the economy.” Ben van Beurden, CEO, Royal Dutch Shell

 

Sources: avec Tom Whipple d’ASPO USA et Resilience.org, FT.com, l’humour de Thomas Veuillet Investir.ch et toutes les informations récoltées minutieusement dans différents médias à travers le monde.

 

La BNS en phase avec le “tout Pétrole, Gaz et Charbon” de Donald Trump

Le président Trump a fait de l’utilisation des énergies fossiles le cœur de sa doctrine. L’objectif est ambitieux: exercer la «Dominance Energétique» américaine sur le reste du monde en produisant un maximum de gaz, de pétrole et de charbon pour stimuler son Economie.

Pour mettre son projet à exécution, le Président a besoin d’énormes ressources financières. Pour se faire, il s’est attaché les services de nombreux pétroliers et de banquiers de Goldman Sachs. Il peut également compter sur des alliés de poids qui adhèrent pleinement à cette stratégie comme… la Banque Nationale Suisse!

Les investisseurs? C’est justement ce qui fait cruellement défaut au projet Trump. En 2016, les compagnies pétrolières américaines avaient réussi à vendre pour 34,2 milliards $ d’actions. Durant les 9 premiers mois de cette année, le montant grimpe à peine 5,7 milliards $ selon l’agence américaine Dealogic.

                                                                             .

La BNS passe de 2,2 à presque 5 milliards $ d’investissements dans le fossile nord américain!

Dans ses coffres, la Banque Nationale Suisse détient un montant record qui frise les 5 milliards de dollars d’actions dans des entreprises pétrolières, de charbon, d’uranium, de sables bitumineux, de gaz et de pétrole de schiste, basées en Amérique du Nord!

Depuis l’arrivée de Donald Trump en janvier 2017, la Direction de la Banque a encore injecté plus de 400 millions $ pour acheter 10 milliards d’actions dans les entreprises recommandées par le Président Américain.

Les investissements d’énergies sales de la BNS avaient été dévoilés par votre serviteur en juin 2015. Le sujet avait également été soumis aux Assemblées Générales 2016 et 2017 de la Banque, sans qu’aucun Canton Suisse (tous actionnaires de la BNS) ne trouve matière à redire.

Si en décembre 2015, la BNS cumulait 2,270 milliards $ pour 50 milliards d’actions dans ces domaines d’activités, elle arrive, à fin juin 2017, à 90,17 milliards d’actions (+180%) pour un montant de 4,915 milliards $ (+216%).

Suite à la chute des prix du baril de pétrole, les pertes liées aux investissements de la BNS dépassent 1,5 milliards $. La Banque n’a jamais confirmé ou contesté les chiffres présentés.

Il est à relevé que dans sa directive d’investissements, la Banque Nationale Suisse indique ne pas vouloir “investir dans des entreprises qui produisent des armes prohibées par la communauté internationale, qui violent massivement des droits humains fondamentaux ou qui causent de manière systématique de graves dommages à l’environnement”.

Thomas Jordan, Fritz Zurbrügg et Andréa Maechler, les trois membres de la direction générale de la BNS, ont touché au total 2,75 millions de francs de salaire en 2016.

 

Investissements de la BNS dans les entreprises américaines
Pétrole, Charbon, Uranium, Gaz aux USA

Montants en US$