Records de chaleur au Vietnam : danger pour la population et pour la récolte de riz

Le Vietnam vit actuellement des records de chaleur, avec des températures au dessus-de 43°C. L’humidité rend cela difficile à  supporter, particulièrement pour les enfants et les personnes âgées. Pendant cette canicule, des milliers d’enfants, environ 5’500 par jour,  sont hospitalisés à Ho Chi Minh Ville pour des problèmes digestifs et respiratoires.

La chaleur et la sécheresse ont fait diminuer le niveau des rivières, et l’eau salée de la mer remonte les estuaires sur 40 km, menaçant les rizières du delta du Mékong.

Lors du dernier El Nino, en 2015-2016, les cours d’eau ont baissé ce qui a provoqué des infiltrations d’eau salée. La production de riz du Vietnam, 3ième producteur mondial, a alors chuté d’environ 16%.

Aujourd’hui, la surface des océans est de 0,2°C plus chaude qu’en 2016. Elle n’a jamais atteint ces températures, à chaque El Nino elles sont plus hautes qu’au précédent. Les conséquences pourraient être plus importantes qu’en 2016. La récolte de riz de cette année pourrait être réduite. Sur toute la Terre, cette année pourrait apporter des événements très graves.

https://mobile.twitter.com/Climatologist49/status/1107746865166966784

Le niveau de la mer monte inexorablement, et les infiltrations d’eau salée augmenteront à mesure que les glaces du Groenland et de l’Antarctique fondent. Un jour ou l’autre, la mer envahira le delta du Mékong et l’Humanité le perdra.

On peut aussi imaginer que lors du prochain El Nino, des dizaines de milliers de  personnes seront hospitalisées par jour, et la récolte de riz sera anéantie. Puis nous rayerons le Vietnam et plusieurs autres pays des cartes et des rapports… Ils mourront par notre faute et nous le savons aujourd’hui. Nous devons arrêter les émissions de carbone immédiatement.

http://www.esa.int/Our_Activities/Observing_the_Earth/Copernicus/Sentinel-1/Sentinel-1_sees_rice_paddy_drop_in_the_Mekong_Delta

 

Inondations et sécheresses plus fortes à +2°C

Les pluies intenses provoquent déjà d’impressionnantes inondations. Selon l’OMM, ces catastrophes ont abondé en 2018. Cette année, des événements très graves se sont déjà produit, d’immenses inondations au Queensland en Australie, dans le Midwest américain, le cyclone Idaï en Afrique, l’inondation d’Iran qui a touché une grande partie de ce pays.

D’après l’Agence Européenne de l’Environnement, les catastrophes climatiques, inondations, vagues de chaleurs et sécheresses ont causé 453 milliards d’euros de dommages entre 1980 et 2017 en Europe, ainsi que plus de 115’000 décès.  Les années 2018 et 2019 alourdiront déjà ce bilan, qui croîtra rapidement.
L’intensification de précipitations avait été prévue en partie au moins et les experts préviennent qu’elles augmenteront encore.
LE GIEC2018 prévoit qu’à 1,5°C, les trois quarts d’Européens seront exposés aux inondations tous les 5 ans, et à 2°C, ces débordements deviendront bien plus importants.
Une étude s’est penchée sur ce risque d’inondation et prévoit qu’il va s’accroître fortement entre 1,5°C et 2°C.
Le réchauffement climatique va renforcer le cycle hydrologique de pluie et d’évaporation d’eau du sol et des océans.

Une équipe de scientifiques a créé un indice pouvant indiquer les catastrophes climatiques, inondation et sécheresse, tenant compte à la fois du volume des pluies et de la durée des sécheresses. Ils prévoient que la quantité d’eau totale par année augmentera un peu avec la température, mais les pluies intenses et les sécheresses croîtront bien plus.

Dans leur modèle, à +2°C, les précipitations diminuent en Amazonie et en Amérique centrale, ce qui fait peser une menace sur les forêts vierges qui couvrent ces régions.
Le région méditerranéenne subirait plus de sécheresses, ce qui pourrait causer sa désertification,  alors que le Sud-Est de l’Afrique de l’Ouest bénéficierait peut-être de pluies plus régulières.
L’Asie du Nord et d’Est pourrait subir des pluies très abondantes, l’Ouest et l’Est de l’Amérique du Nord aussi.

Pluies totales par épisode de pluie: dans les zones en bleu, il pleuvra moins, dans les zones en rouge, il pleuvra plus (Madakumbura,et al, Nature 2019). Les événements extrêmes semblent augmenter plus que cette moyenne.

Des événements tels que les sécheresses extrêmes suivies de pluies intenses, provoquant alors des inondations et l’érosion, vont fortément augmenter et leur conséquences aussi.

Il faudrait établir rapidement quels seront les risques de déferlements et de glissement de terrain pour la Suisse aux pluies prévues pour 1,5°C et 2°C et voir ce qui est sûr et quel niveau d’inondation provoque l’effondrement des bâtiments. Selon ce graphique, on dirait que les précipitations pour la Suisse diminueront au-dessus de 1,5°C, ce qui affecterait la végétation suisse. Ces événements pourraient encore augmenter dangereusement avant d’atteindre 1,5°C.

Lors des récentes inondations de Crète,  20 cm de pluie se sont accumulés et ont  atteint 3 mètres d’eau dans certaines rues. Les ingénieurs de l’EPFL savent probablement calculer ce qu’une pluie deux ou dix  fois plus abondante peut provoquer, et cela peut être très impressionnant. Une double quantité d’eau pourrait mener à des inondations de l’ordre de dix fois plus importantes et les destructions et leurs coûts augmenteront d’autant.  L’économie mondiale sera fortement touchée.

Ce serait super de disposer d’un bon outil de visualisation des effets de précipitations sur chaque ville, qui permettrait de voir où s’écouleront les rivières soudaines. On pourrait peut-être gérer les pluies par des généreux canaux d’évacuation et des réservoirs, les glissements de terrain pourraient être plus difficiles à maîtriser.

Selon les auteurs de l’étude, une augmentation de température à 2°C pourrait causer des catastrophes bien plus graves et il vaudrait bien mieux les éviter en limitant le réchauffement à 1,5°C.

Aujourd’hui, déjà, des zones de plus en plus étendues, des pays entiers se retrouvent touchés par des catastrophes, en Iran par exemple la plupart des provinces et une grande partie des routes a été touchée, et les récoltes détruites. La gravité de ces épisodes augmente vite, les vies humaines seront de plus en plus menacées ,  les torrents d’eau de plus en plus impressionnants.

https://www.nature.com/articles/s41598-019-39936-2 et Supplementary Information

Le méthane du permafrost augmente le réchauffement

Le permafrost est le sol du Grand Nord, perpétuellement gelé depuis la dernière glaciation, il y a des milliers d’années. La surface dégèle un peu en été, mais des dizaines de mètres restent toujours pris. On y retrouve parfois des squelettes de mammouths, le permafrost contient aussi des restes de plantes et de végétaux. Il compose aussi le fond de la mer de Sibérie. Quand il décongèle, les fragments végétaux fermentent et le processus dégage du CO2 et du méthane.  Ce dernier peut augmenter fortement l’effet de serre. Il y a des années, le pire cauchemar des climatologues était que ces terres puissent dégager du méthane et augmenter l’effet de serre.

Aujourd’hui, des grandes surfaces de permafrost dégèlent visiblement en Sibérie et en Alaska, les côtes sont érodées, les maisons et les routes s’affaissent. La concentration de méthane dans l’atmosphère augmente.

L’académie Russe des Sciences informe que les émissions de méthane ont augmenté. D’après eux,  il y a plus de méthane dans l’atmosphère, il semble bien provenir du dégel du permafrost et de l’érosion des côtes dégelées, et contribuera fortement, et peut-être à un niveau dangereux,  au réchauffement climatique. Le président de l’Académie a déclaré ‘n’avons nous pas mis en route un processus indépendant des émissions industrielles? En effet, une fois amorcées, les émissions de méthane pourraient changer le climat à elles seules.

Le GIEC n’a pour le moment pas inclus ce facteur dans ses calculs. Le permafrost pourrait amener le réchauffement au-delà des 1,5°C prévus dès 2030.  Pour le moment, son effet est probablement faible. Le permafrost dégagera plus de méthane à mesure qu’une surface plus grande décongèle, que la température du sol augmente et  qu’il dégèle plus en profondeur. La disparition de la glace provoque aussi des émissions plus importantes de gaz dans l’atmosphère.  La fermentation peut dégager du CO2 ou du méthane, peut-être selon la présence d’une surface d’eau, un étang ou une flaque.

Nous ne savons donc pas combien de méthane s’échappera des terres du Grand Nord: il peut y en avoir de plus en plus, les quantités de carbone présentes dans le permafrost sont immenses.   Et si le méthane fait augmenter la température de la Planète d’un degré, le permafrost fondra d’autant plus vite, et émettra plus de gaz, provoquant des sauts de température de plus en plus forts. L’académie russe des sciences suggère que ce processus commence. Très vite, l’agriculture serait fortement touchée (Image par FlorenceD de Pixabay).

 

Selon les informations dont je dispose (OMM/GIEC), la contribution du méthane au changement climatique est faible en 2018, il augmentera au cours des années et des dizaines d’années prochaines.  Natalya Shakova, qui explore le fonds de la mer de Sibérie en brise-glace, rapporte que le permafrost dégèle plus profondément et plus vite que prévu. E. Cardoso estimait il y a quelques années qu’un dégagement de méthane dangereux pourrait se produire d’ici environ 25 ans. Je propose que l’EPFL  travaille essentiellement sur la capture du méthane pendant ces 25 années, par des bactéries, par des solutions chimiques, etc, etc, pour nous proposer une solution de secours.  Le Climate Institute conseille de faire descendre la température de la Planète à +0,5°C en pratiquant un geoengeneering localisé. Ils suggèrent de pomper de l’eau à la surface de la glace arctique pour l’épaissir pour qu’elle supporte l’été.

Nous avons tout intérêt à limiter les émissions de carbone beaucoup et rapidement.  1,5°C expose déjà le monde à des inondations, des tempêtes et des vagues de chaleur dangereuses, qui vont bouleverser notre existence au cours de cette décennie. Encore plus dangereuses, les émissions du permafrost provoquées par le réchauffement créent un risque sérieux pour la vie de la population Suisse.

Nous devons réduire les émissions de carbone autant que possible, passer au plus vite aux énergies renouvelables, et peut-être ajouter d’autres solutions qui permettront des réductions plus rapides d’émissions, par exemple une limitation de l’aviation, un gel des constructions, une limitation de la viande accompagnée de reforestation de terres ainsi libérées. Nous pouvons aussi capter énormément de carbone d’une façon sûre pour nous dans des nouvelles forêts et en récréant des sols fertiles et riches sur toute la Terre.  Il y a des  nombreuses solutions, et nous avons besoin d’une mobilisation et d’un investissement sans précédent pour les réaliser à temps.

https://arctic.ru/forumarctica/20190409/845308.html

Plus chaud, plus vite? Que signifie l’état du climat en 2018?

Le rapport ‘L’Etat du Climat en 2018’ de l’Organisation Météorologique Mondiale fait le point sur les changements climatiques en 2018. Il relève des nombreuses catastrophes, et une accélération des conséquences du réchauffement.

Les 4 dernières années, 2015 à 2018, ont été les années les plus chaudes sur Terre depuis le début des mesures.

L’année dernière était une année La Nina. Ce phénomène cyclique amène de l’eau froide à la surface du Pacifique. Il se produit tous les 4 à 5 ans. Les années La Nina sont généralement froides et sèches. Cependant, en 2018 les températures n’ont que peu baissé. Ce fut l’année la plus chaude pour la France , la Suisse et l’Allemagne, et des nombreuses inondations se sont produites en Californie, en Afghanistan,  en Afrique, sur la péninsule arabique, en Asie centrale et du Sud-Est, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Japon, au Sud de l’Europe, et en Amérique du Sud (OMM).

La légère baisse de températures qui s’est produite en 2018 s’explique probablement par la Nina qui amène de l’eau froide à la surface des océans.
Cependant, les températures n’ont pas baissé autant qu’elles le font habituellement lors de ce courant froid. James Hansen, un des grands experts mondiaux du climat, considère que les températures lors de la Nina sont très prévisibles, et que les valeurs de 2018 prouvent que le réchauffement climatique s’est accéléré.

Dans ce cas, les températures pourraient monter plus vite que les prévisions du GIEC (qui supposent 1,5°C de réchauffement dès 2030). L’Organisation Météorologique Mondiale parle actuellement d’une accélération des conséquences.

Depuis, la surface des océans s’est très vite réchauffée, sa température monte très vite, dépasse tous les records. Je crois que cela présage des catastrophes météorologiques sans précédent en 2019. Par exemple, la moitié des Etats-Unis est menacée d’inondation (NOAA), ce qui causera certainement la catastrophe la plus coûteuse jusqu’à présent. Et le déluge déferle bien actuellement sur les Etats-Unis.

Une accélération du réchauffement signifierait que cette année ne sera pas une exception. Le climat changera quasiment chaque année, et apportera des catastrophes toujours plus graves. Nos vies sont en danger, et nous avons besoin d’une réponse mondiale sans précédent.

Cliquer pour accéder à Climate_Statement_2018.pdf

Une véritable urgence alors que la moitié des Etats-Unis risque l’inondation bientôt

Le Temps des catastrophes

Le cyclone Idaï vient de semer la dévastation au Mozambique, des milliers d’Autraliens ont été évacués car les cyclones Trevor et Veronica frappent  l’Australie ce weekend, porteurs d’importantes inondations et la moitié des Etats -Unis pourrait se retrouver sous les eaux ces prochaines semaines.
Chaque dixième de degré de réchauffement rend les catastrophes plus importantes et plus destructrices.
Les inondations détruisent les routes, les infrastructures, les stocks, et limitent fortement la consommation. L’effet sur l’économie pourrait être important, et des faillites pourraient de toute façon survenir.

A mon avis, l’urgence climatique, rendue nécessaire, par le dérèglement par l’Homme du climat terrestre, sera mise en place dans ce contexte et doit l’anticiper.

Nous ne devons pas nous demander, comme le fait le Club de Rome (voir blog précédent) à quelle vitesse les entreprises peuvent s’adapter. Elles ont des forts risques de faillite ou de destruction physique. Demandons nous plutôt de quoi nous avons vraiment besoin: d’aliments, d’hôpitaux, d’un corps d’aide lors des évacuations ou l’approvisionnement dans les situations d’urgence. Ces services doivent être assurés à la population autant que possible, alors qu’ils seront de plus en plus perturbés, et que l’approvisionnement deviendra aléatoire. On devrait prévoir deux solutions de remplacement pour l’approvisionnement pour remplacer les personnes blessées ou bloquées sans possibilité de déplacement.

L’urgence des catastrophes

Les personnes qui ne sont pas impliquées dans ces services essentiels pourraient rester à la maison, et leurs entreprises pourraient fermer pour la plupart ou être mises au ralenti, fonctionner une fois par semaine ou une semaine par mois. Cela implique bien sûr d’un ralentissement considérable de l’économie, mais plus elle ralentira vite, moins nous essuierons de tempêtes meurtrières, ce qui justifie ce type de mesures exceptionnelles.

Les objets existants dans le pays seraient redistribués dans des circuits de deuxième-main, les vendeuses pourraient aider à les rendre attractifs.

Pour sauver les vies de nos enfants, ces décisions deviennent évidentes.

Un des plans d’urgence climatique, de THE Climate Mobilization (voir blog à ce sujet), s’inspire de l’organisation mise en place par l’Angleterre pendant la deuxième guerre mondiale.
A ce moment-là, on ne parlait pas de crise économique, il y avait des problèmes plus graves, et certains pays tels que l’Angleterre ou les Etats-Unis ont pu maintenir un fonctionnement organisé du pays. Il faudrait assurer l’alimentation, le logement, ajourner ou subventionner le paiement des loyers et des crédits immobiliers, le fonctionnement des services médicaux, l’agriculture. Dans cette situation, Les transports et la production d’énergie pourraient en fait être immédiatement réduits plusieurs fois par rapport à la situation actuelle.

Nous devons nous atteler à un revenu minimum ou à des distributions de nourriture, et à des solutions pour assurer le logement pour les périodes d’urgence climatique, nous ne voulons pas d’hordes de sans-abris dans les villes ni de boat-poeple intérieurs dérivant dans les inondations.
Pour la période de l’état d’urgence, on pourrait peut-être suspendre le paiement des loyers et des prêts immobiliers, ou assurer un chômage technique/ revenu minimum suffisant à le payer (Image par Leroy_Skalstad de Pixabay).

Le prix de l’immobilier pourrait aussi subir des variations importantes à mesure que les inondations se répanderont sur la Planète, les compagnies d’assurance n’arriveront peut-être pas à couvrir tous les dégâts, un rapport de l’ONU estimait que le compagnies d’assurance anglaises ne sont déjà plus solvables face aux catastrophes annoncées.

Après il faudrait surtout assurer une production agricole suffisante et la quantité d’énergie nécessaire à un fonctionnement réduit du pays, semblable au dimanche.

Nous n’avons pas besoin de construire de nouveaux bâtiments. Si nous construisons encore, les nouvelles constructions devraient alors être à l’épreuve du climat, et aujourd’hui quasiment rien ne remplit ces critères.
Nous pouvons nous satisfaire d’habits et de meubles d’occasion pendant quelques années, les organisations humanitaires se plaignent de quantités astronomiques d’habits qui s’amoncellent sur la planète. Après, comme vous serez de toute façon à la maison, invitez vos voisins à un souper végan.

C’est une journée magnifique aujourd’hui, et rien de ce que j’écris ne me semble réel en cette belle journée de printemps.
Pourtant, aujourd’hui, les Etats-Unis sont déjà  perturbés par les inondations.
La Suisse est un peu moins exposée, mais rien n’est vraiment à l’abri du climat, et nous devons nous préparer à l’avance.
Rappelons-nous que le vrai visage du réchauffement climatique, c’est celui de la ville de Beira, détruite à 80% la semaine passée.
Essayons d’éviter ça chez nous. C’est le combat de notre siècle.

http:://edition.cnn.com/2019/03/21/us/us-flooding-spring-noaa-outlook-wxc/index.html

Le plan d’urgence climatique du Club de Rome

Le Club de Rome est un groupe de scientifiques et des penseurs de renom,  dont font partie Herbert Girardet,  Ugo Bardi, Gunther Pauli. Il est actuellement présidé par deux femmes, Sandrine Dixson-Declève et Mamphela Ramphele. Cette institution a prévu le réchauffement climatique dans les années 1970. Ses membres ont aussi rédigé le rapport Meadows, ‘Les limites de la Croissance’, qui anticipait l’épuisement des ressources naturelles auquel notre société se heurte.

Le dernier rapport du GIEC incluait l’estimation qu’à 1,5°C degrés de réchauffement, les trois quarts d’européens seront exposés à des inondations tous les 5 ans. L’année passée, au moins un quart de capitales européennes a subi ces catastrophes. La semaine passée, la ville de Sao Paulo au Brésil a subi une grave inondation et des glissements de terrain, le Midwest américain vit une inondation sans précédent,  ainsi par exemple que la Grande-Bretagne . Cela arrivera souvent, et à mesure que la température montera, elles seront plus graves, elles passeront par exemple de 20 cm dans la rue à un torrent furieux de deux mètres de profondeur. Les vagues de chaleurs aussi deviendront plus fréquentes et plus redoutables.

Pour éviter que les catastrophes climatiques ne dévastent la Planète, ou pour limiter autant que possible les dégâts, le Club de Rome a rédigé un plan d’urgence climatique, qui propose plusieurs étapes pour remplacer rapidement les énergies polluantes.

Ils suggèrent aussi de limiter la croissance de la population, notamment en favorisant l’éducation et l’accès à la santé des femmes, et de remplacer le GDP comme but de la société, par d’autres indicateurs de richesse et de bien-être.

A mon avis (en italique pour plus de clarté) la santé, physique et mentale, pourrait par exemple constituer un indicateur universel, elle augmente avec le GDP dans les pays pauvres, mais ensuite n’augmente plus. La pollution et l’obésité, et le surmenage ont des effets adverses, cet indicateur aiderait donc à remédier à ces problèmes. Je pense aussi que la viabilité de la population, les chances pour un jeune de 20 ans de vivre dans 50 ans, pourrait aussi constituer un indicateur, et là le changement climatique apparaît comme un facteur important pour notre vie dont il faut s’occuper en priorité.

Ils suggèrent aussi d’assurer la reconversion de toute la population concernée par les changements de technologie, d’assurer une transition juste et de tripler les investissements dans la reforestation.

Dans les détails, le plan d’urgence du Club de Rome propose:

– d’arrêter l’expansion et les subsides des énergies fossiles autour de 2020.
– de tripler les investissements annuels dans les énergies renouvelables , l’efficience énergétique et
les technologies bas-carbone avant 2025,
– de mettre un prix sur le carbone et d’introduire des prix plancher
– d’améliorer la gestion des réfrigérants
– d’assurer le développement exponentiel des technologies propres, accompagné d’interruption progressive des technologies les plus polluantes.

Ils recommandent aussi de réduire les émissions du ciment et de l’acier, de l’aluminium et plastique de plusieurs façons, par l’innovation, le remplacement de ces matériaux, l’efficience énergétique et l’économie circulaire. Ces innovations technologiques ne remettent pas en cause notre système économique, la globalisation, ni l’allocation de la force de travail dans notre société à la vente et au marketing, et permettent la continuité.

The Club of Rome Climate Emergency Plan

Un plan pour l’Urgence climatique – the Climate Mobilization

Le réchauffement climatique est de plus en plus dangereux, nous avons environ 12 ans, enfin maintenant 11 pour le maîtriser, si nous avons tout prévu et bien calculé.

Le plus sûr serait de réduire mes émissions de carbone vite, car si nous tardons trop le climat pourrait se déchaîner, et le catastrophes climatiques pourraient détruire nos villes, saccager notre agriculture et nous confiner à des abris.

Des mesures d’urgence climatique, sans sang ni larmes, pourraient nous permettre de stabiliser le climat rapidement et d’assurer la sécurité de la population. Elles sont justifiées par le péril climatique.

Un des plans pour y parvenir, celui de THE Climate Mobilization, dont certains éléments sont repris dans l’actuel projet de Green New Deal des démocrates américains, demande l’arrêt des émissions de carbone en 2025 -2030.

Il propose:

– la création d’un Ministère de l’alimentation, de la Santé et du Bien-être
– un rationnement des produits polluants, dont l’achat serait débité sur une carte de crédit. Les rations non utilisées pourraient être revendues à l’Etat qui les éliminerait.
– un passage rapide, prioritaire aux énergies renouvelables
– le développement des bus et des trains
– la réduction de la consommation de viande de moitié avant 2025
– la création de jardins urbains et le passage à l’agriculture biologique
– le plein emploi assuré par le gouvernement.
– la mobilisation de l’armée contre le changement climatique
– un effort d’urgence pour la gestion des forêts

Les auteurs proposent aussi de limiter l’épuisement des ressources (en arrêtant la croissance de la population, en éliminant le consumérisme et l’obsolescence programmée, en réduisant l’utilisation des ressources naturelles et en mettant de côté la moitié des terres et des océans).

Ils suggèrent de créer des parcs nationaux pour éviter la 6ème extinction qui menace les espèces vivantes et  d’adopter la ‘demie-Terre ‘conseillée par Wilson, où la moitié de la Planète deviendrait une réserve naturelle ou des corridors entre les réserves. Cela permettrait les migrations des espèces lors d’un bouleversement climatique.

 

Ce Plan pour la Victoire’, rédigé par Ezra Silk de Climate Mobilization, fait référence à plusieurs reprises aux efforts de rationnement de viande et d’essence, aux jardins de la victoire et aux mesures de plein emploi entrepris par les Etats-Unis pendant la Deuxième Mondiale et s’en inspire largement. Il prend la mesure de la gravité de la situation climatique, comparable à une guerre mondiale, et propose des solutions qui pourraient y remédier. Il propose aussi ‘de se poser calmement’ la question du geoengeneering.

Personnellement je pense que les aliments végan pourraient être très bon marché, et popularisés ainsi. Je leur ai suggéré de subventionner un burger végan moins cher à côté des traditionnels, les produits végan pourraient vraiment être fabriqués à très bon marché.

Chacun devrait obtenir un conseil personnalisé médical ou nutritionnel au sujet de l’alimentation végan ou mixte. En général nous mangeons trop de viande.

Les vendeuses de confection pourraient revendre des habits de 2ème main, les spécialistes du marketing seraient utilement occupés à communiquer les nouvelles mesures, des nombreux postes de travail seraient utiles dans le recyclage.

https://www.theclimatemobilization.org/

https://drive.google.com/file/d/0Bze7GXvI3ywrSGxYWDVXM3hVUm8/view

L’arrosage et de drainage pour que nos forêts supportent le réchauffement climatique ?

Le réchauffement climatique atteint des nouveaux records et s’accélère. Il s’aggravera probablement pendant des dizaines d’années, le geoengeneering et la fin du monde sont moins probables. Nous aurons à supporter des vagues de chaleur de plus en plus importantes et anarchiques.

Nos forêts stockent une quantité importante de carbone, elles pourraient en contenir plus.  Elles stabilisent aussi les pentes de montagne mais le réchauffement comporte un risque de feux de forêts ou de méga-feux de forêts, immenses, qui sont  apparus ces dernières années.

Pourrions-nous sécuriser nos forêts en créant un réseau hydraulique forestier, qui permettrait de les arroser en cas de sécheresse dangereuse et d’éteindre rapidement les incendies?

On pourrait aussi prévoir un système de canaux de drainage pour évacuer un mètre de pluie intense, ou des réservoirs. L’eau des pluies ou de la fonte des neiges pourrait être conservée, et mobilisée lors d’une sécheresse ou d’un incendie.

Les forêts seront toujours exposées à des chaleurs intenses, des vents forts et à des nouvelles maladies, mais un système d’arrosage d’urgence / anti-incendie leur permettrait peut-être  résister aux changements proches. Un tel système devrait être mis en place rapidement, avant qu’il ne soit trop tard pour nos forêts.  Lisez mon blog précédent, où j’explique que le CO2 atmosphérique et l’effet de serre résultant augmente rapidement.

 

 

Plus vite, plus haut: le CO2 atmosphérique décolle

Le gaz carbonique s’accumule dans l’atmosphère. Nous brûlons du pétrole, du charbon et du gaz et le résultat de cette combustion, le gaz carbonique, est dégagé dans l’atmosphère.
Celui-ci est passé de 280 parts par million (ppm) environ autour de l’an 1850 à plus de 400 ppm au 21ième siècle. Un nouveau record vient de tomber, sa concentration atteint désormais 413 ppm.
Ce record a été battu plus tôt que l’année passée. Les émissions de CO2 se sont s’accélérées.

 Chaque année les émissions de CO2 augmentent un peu jusqu’en mai/ juin, et à ce moment-là, lorsque les plantes de l’hémisphère Nord développent des feuilles et que celles-ci absorbent du CO2, il diminue légèrement, puis, dès l’automne, il est rejeté dans l’atmosphère.

Cette vidéo montre le CO2 émis en jaune-orange, et à partir du mois de mai les émissions sont moins importantes, le gaz carbonique est absorbé par les plantes de l’hémisphère Nord.

Graphique: Scripps Institution of Oceanography

Ce nouveau graphique montre la concentration de CO2 dans l’atmosphère au fil des mois et des années.  L’augmentation régulière et les variations saisonnières sont clairement visibles. Cette année, le CO2 atmosphérique bat des nouveaux records, et plus tôt que l’année précédente. Il s’est accru plus vite.

 

Il continuera très probablement à augmenter jusqu’en mai ou juin, et atteindra des nouveaux records, qui feront monter la température de la Planète. Il devrait diminuer quand nos plantes et nos arbres auront des feuilles vertes.

 

Les scientifiques expliquent l’augmentation rapide de cette année par des fortes émissions de CO2 humaines et par un phénomène d’El Nino, qui provoque des années chaudes, et  des sécheresses.

Cette année a apporté de nouveaux, impressionnants records de température en Australie, des sécheresses et des feux de forêts, la végétation n’a probablement pas poussé aussi bien que d’habitude, alors le peu de CO2 absorbé pourrait provenir de là.

L’été 2018 en Europe contribue peut-être aussi à l’augmentation de CO2 atmosphérique, il y a eu des vagues de chaleur et des sécheresses en Europe du Nord, qui ont limité la croissance de la végétation. La Suisse a manqué de fourrage pour les vaches,  car l’herbe n’a pas poussé à cause de la sécheresse.

Ma grande inquiétude est qu’il ne fasse trop chaud pour la végétation, comme l’été passé, et qu’elle ne puisse plus remplir son rôle de capture de gaz carbonique. Cela ferait encore augmenter la température de la Planète, et ravagerait la végétation restante.

Ce problème semble commencer. Nous devons prendre ce danger au sérieux et réduire nos émissions rapidement.

Il faut aussi préparer nos cultures à résister à des sécheresses, et à capter du carbone dans la végétation ces prochaines années.

Le carbone dans le sol

Le sol

Pouvons-nous encore capter le carbone dans la terre? Dans mon blog précédent, je suggérais de capter le carbone en recréant du sol fertile. Est-ce encore possible? Celui-ci constitue le plus grand réservoir de carbone de la Planète, le premier mètre en renferme  plus que l’atmosphère et la végétation réunies (env. 1500 Pg C).

Le sol contient du sable, des fragments de roche, des débris de plantes, et de nombreux organismes vivants. Il fourmille de bactéries, champignons, insectes, et de racines des plantes. Des nouvelles études suggèrent que le carbone du sol  est en grande partie inclus dans des organismes vivants, les bactéries et les champignons. Ce serait une sorte de yoghourt noir vivant. Le carbone peut rester dans le sol des décennies ou des milliers d’années, pour finalement être rejeté dans l’atmosphère par la respiration d’organismes du sol, ou érodé et élué dans les rivières et les océans.

Le réchauffement attaque les sols

Lors des sécheresses, les organismes du sol meurent, et leur carbone est perdu. Les plantes croissent moins, et souvent consomment les réserves des racines, qui se réduisent lors des sécheresses.

Les records de chaleur de 2016 ont provoqué une sécheresse en Amazonie et les sols qui ont séché ont perdu passablement de carbone.  Cela pourrait s’aggraver, plus il fera chaud, plus de CO2 sera émis.

Les inondations et la désertification ainsi que des pluies très fortes provoquent l’érosion, le sol s’effrite est emporté par le vent et les eaux et perdu. L’érosion pourrait encore augmenter beaucoup. Le sol, le plus grand stock de carbone de la Planète, pourrait devenir le principal émetteur, et accroître l’effet de serre de plusieurs degrés. Nous devons nous en préoccuper, le sol aussi est fragile.

Des arbres !

L’agriculture et la déforestation causent la perte de carbone du sol. Les sols des régions boréales contiennent plus de carbone, ceux des tropiques sont souvent une couche très mince, couverte d’une végétation luxuriante. Aux températures tropicales, le carbone du sol est très vite consommé,  les pluies intenses provoquent l’érosion.

La forêt est un système merveilleux de fabrication de sol, les racines des arbres retiennent le sol, solubilisent les roches,  les feuilles mortes gardent l’humidité, et créent des conditions parfaites pour des nombreux organismes du sol. Le sol des forêts contient les 70% du carbone du sol de la Planète.

En règle générale, un couvert végétal, des plantes qui poussent, protège le sol de l’érosion, les racines l’agglomèrent, les feuilles l’abritent du vent. Le maintien d’un couvert végétal accroît le carbone du sol.

 

Des pratiques agricoles restaurant le sol

L’agriculture doit absolument prendre en compte le sol, inclure la restauration du carbone dans ses objectifs.

La FAO estime que le sol peut capter 20 PgC en 20 ans, une autre étude (Abdullahi et al, Carbon sequestration in Soils) estime que minéraliser les 10% des sols capterait 30% d’émissions.

Il existe des nombreuses façons de restaurer le carbone des sols.

A l’association Terre et Humanisme en Ardèche, j’ai découvert une technique de fertilisation basée sur le lombricompostage de déchets végétaux. Ils sauvegardent chaque gramme de sol en arrachant les mauvaises herbes et en les posant sur le sol, autour des plants de légumes,  où ils compostent lentement. Le sol est ensuite couvert d’environ 10 cm de paille, qui conserve l’humidité, empêche bien sûr l’érosion, et s’intègre lentement au sol.

Une autre technique décrite dans Advances in Agronomy 2013 consiste à couvrir le sol par du plastique sur les bosses, froides et exposées au vent, et par de la paille dans les creux, humides et protégés.

La FAO conseille plusieurs techniques de restauration du sol, par l’agriculture sans labour, l’utilisation de fumier, de couvert végétal, parfois du bétail, ou une rotation bétail-cultures, la rotation de cultures, des légumineuses, ou des cultures pérennes.

Cette organisation estime aussi que la biodiversité du sol est importante pour maintenir les stocks de carbone du sol.  Le carbone du sol est contribue à maintenir l’humidité, à la fertilité et donc à la production d’aliments.

En simplifiant à l’extrême, je dirais que chaque coin de sol devrait être couvert d’une végétation touffue, variée, sans pollution, et les feuilles mortes et autres déchets végétaux devraient rester sur place, pour protéger et enrichir le sol.

Toute atteinte au sol qui provoque une perte de carbone met nos vies en danger et devrait être jugée de façon similaire à une attaque à main armée.

En récréant des sols fertiles, nous pouvons résoudre le problème du réchauffement. Si, au contraire, nous malmenons les sols, leurs émissions de carbone pourraient devenir dangereuses.