Le plan d’urgence climatique du Club de Rome

Le Club de Rome est un groupe de scientifiques et des penseurs de renom,  dont font partie Herbert Girardet,  Ugo Bardi, Gunther Pauli. Il est actuellement présidé par deux femmes, Sandrine Dixson-Declève et Mamphela Ramphele. Cette institution a prévu le réchauffement climatique dans les années 1970. Ses membres ont aussi rédigé le rapport Meadows, ‘Les limites de la Croissance’, qui anticipait l’épuisement des ressources naturelles auquel notre société se heurte.

Le dernier rapport du GIEC incluait l’estimation qu’à 1,5°C degrés de réchauffement, les trois quarts d’européens seront exposés à des inondations tous les 5 ans. L’année passée, au moins un quart de capitales européennes a subi ces catastrophes. La semaine passée, la ville de Sao Paulo au Brésil a subi une grave inondation et des glissements de terrain, le Midwest américain vit une inondation sans précédent,  ainsi par exemple que la Grande-Bretagne . Cela arrivera souvent, et à mesure que la température montera, elles seront plus graves, elles passeront par exemple de 20 cm dans la rue à un torrent furieux de deux mètres de profondeur. Les vagues de chaleurs aussi deviendront plus fréquentes et plus redoutables.

Pour éviter que les catastrophes climatiques ne dévastent la Planète, ou pour limiter autant que possible les dégâts, le Club de Rome a rédigé un plan d’urgence climatique, qui propose plusieurs étapes pour remplacer rapidement les énergies polluantes.

Ils suggèrent aussi de limiter la croissance de la population, notamment en favorisant l’éducation et l’accès à la santé des femmes, et de remplacer le GDP comme but de la société, par d’autres indicateurs de richesse et de bien-être.

A mon avis (en italique pour plus de clarté) la santé, physique et mentale, pourrait par exemple constituer un indicateur universel, elle augmente avec le GDP dans les pays pauvres, mais ensuite n’augmente plus. La pollution et l’obésité, et le surmenage ont des effets adverses, cet indicateur aiderait donc à remédier à ces problèmes. Je pense aussi que la viabilité de la population, les chances pour un jeune de 20 ans de vivre dans 50 ans, pourrait aussi constituer un indicateur, et là le changement climatique apparaît comme un facteur important pour notre vie dont il faut s’occuper en priorité.

Ils suggèrent aussi d’assurer la reconversion de toute la population concernée par les changements de technologie, d’assurer une transition juste et de tripler les investissements dans la reforestation.

Dans les détails, le plan d’urgence du Club de Rome propose:

– d’arrêter l’expansion et les subsides des énergies fossiles autour de 2020.
– de tripler les investissements annuels dans les énergies renouvelables , l’efficience énergétique et
les technologies bas-carbone avant 2025,
– de mettre un prix sur le carbone et d’introduire des prix plancher
– d’améliorer la gestion des réfrigérants
– d’assurer le développement exponentiel des technologies propres, accompagné d’interruption progressive des technologies les plus polluantes.

Ils recommandent aussi de réduire les émissions du ciment et de l’acier, de l’aluminium et plastique de plusieurs façons, par l’innovation, le remplacement de ces matériaux, l’efficience énergétique et l’économie circulaire. Ces innovations technologiques ne remettent pas en cause notre système économique, la globalisation, ni l’allocation de la force de travail dans notre société à la vente et au marketing, et permettent la continuité.

The Club of Rome Climate Emergency Plan

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Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

10 réponses à “Le plan d’urgence climatique du Club de Rome

  1. Bon je ne sais pas si ce club qui annonçait en 1972 que 20 ans plus tard les réserves de pétrole seraient épuisées mérite beaucoup de crédit..,

  2. “Ces innovations technologiques ne remettent pas en cause notre système économique, la globalisation, ni l’allocation de la force de travail dans notre société à la vente et au marketing, et permettent la continuité.”
    Cela ressemble à une allocution de Bachar El Assad sur le bien être de sa population.Vous auriez au moins pu essayer de justifier cette assertion en amont, cela vous aurait évité de passer pour des pharisiens essayant de sauver leur business. La prochaine fois demandez conseil au service presse de Bayer avant de développer. L’article sera plus étoffé, tout aussi pro libéralisme, mais un peu mieux tourné.

  3. Intellectuellement les propositions de ce club de Rome dont j’ignorais l’existence et apparemment sans relation avec la CE, sont intéressantes. Le problème reste la validité des logiciels de l’economie et de la finance dont on sait l’influence disproportionnée sur le politique. Ce dernier sera incité par la population à prendre des décisions appropriées, mais ne pourra malheureusement agir au-delà de ce que permet le système politique et ses lois dans cet environnement de mondialisation. Et la finance y veillera, je le crains, avec en plus sa traditionnelle vision à court terme. A moins que la nouvelle approche puisse dégager un bon retour sur investissement. Qui sait !

      1. L’Etat d’urgence doit être envisageable dans une situation de danger réel, et franchement le politique, au dessus des lois, j’espère que non mais ça peut arriver.

  4. La question n’est pas tant de prévoir exactement en quelle année les ressources seront épuisées que de prendre en considération la tendance lourde et inéluctable de leur raréfaction. Sur ce dernier point, les scientifiques spécialisés dans les énergies considèrent que le pic pétrolier a été passé et que nous sommes par conséquent entré dans une période de déclin.
    Pour ce qui est de la référence aux prévisions du Club de Rome, il s’agit surtout des résultats du rapport Meadows, commandé par celui-ci en 1970. Les auteurs ont théorisé l’effondrement de notre système basé sur une croissance exponentielle.
    Pour qui s’intéresse aux questions énergétiques, les synthèses produites par Jean-Marc Jancovici pat exemple s’avèrent très éclairantes.

  5. Nouvelles du climat d’Uruguay, chère Dorota.

    Depuis juin 2018 à ce jour, soit neuf mois et demie, pluies 5 à 6 jours sur sept et au minimum 1 jour sur 2, et de plus en plus diluviennes. Soit entre 30 et 100 mm par 24 heures.
    Il n’ y a plus de jour ensoleillé sans fort vent.

    Avec l’Argentine et pour des pays qui avaient entre 5 à 6 jours de soleil par semaine, toute l’année, ils pourront malheureusement bientôt supprimer le soleil sur leur bannière!
    (Et leur production agricole s’en ressent bien sûr)

    1. Je ne trouve plus mon ‘Cent ans de solitude’, ça me rappelle la pluie à Macondo. Vous pourriez joindre un article de presse ou de météo qui résume les changements en Uruguay? Il pourrait servir

      1. Je vais essayer, mais imaginez qu’ils ne s’en servent pas comme promotion, el “pais natural” hahahah!
        Bon, pour une fois, ce n’est pas de leur faute 🙂

  6. Hello Dorota
    Intéressant merci ! Mais dommage, très très dommage qu’ils ne mentionnent même pas un arrêt de la croissance ! (matérielle, économique, energétique)… ils en avaient pourtant bien parlé dans leur ultra célèbre rapport “The Limits to Growth” il y a 46 ans en 1972 !!
    Là ils parlent de limiter la croissance de la population, et juste d’abandonner le GDP… ca va dans le bon sens, comme l’ensemble de leur 10 points, mais si la croissance n’est pas ralentie très vite, puis amenée à zéro, alors comme ils disaient eux même “il n’y a pas de croissance infinie dans un monde fini” et donc on va vers le crash…
    Le modèle world 3 que le rapport meadows utilisait en 72 prévoyait un crash inévitable dans tous les cas de figure (donc quelle que soient les ressources, le recyclage, etc) SAUF si on ne maîtrisait rapidement (en 80-90 en gros) la population ET la croissance matérielle (et donc la pollution, l’usage de l’energie et des autres resosurces aussi). Ca a été vérifié sans arrêt depuis, par l’équipe d’origine et plusieur autres chercheurs.
    Donc leur super plan de 2019 est moins ambitieux que leurs conclusions de 1972… et c’est bien triste.

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