L’arrosage et de drainage pour que nos forêts supportent le réchauffement climatique ?

Le réchauffement climatique atteint des nouveaux records et s’accélère. Il s’aggravera probablement pendant des dizaines d’années, le geoengeneering et la fin du monde sont moins probables. Nous aurons à supporter des vagues de chaleur de plus en plus importantes et anarchiques.

 

Nos forêts stockent une quantité importante de carbone, elles pourraient en contenir plus.  Elles stabilisent aussi les pentes de montagne mais le réchauffement comporte un risque de feux de forêts ou de méga-feux de forêts, immenses, qui sont  apparus ces dernières années.

 

Pourrions-nous sécuriser nos forêts en créant un réseau hydraulique forestier, qui permettrait de les arroser en cas de sécheresse dangereuse et d’éteindre rapidement les incendies?

On pourrait aussi prévoir un système de canaux de drainage pour évacuer un mètre de pluie intense, ou des réservoirs. L’eau des pluies ou de la fonte des neiges pourrait être conservée, et mobilisée lors d’une sécheresse ou d’un incendie.

 

 

Les forêts seront toujours exposées à des chaleurs intenses, des vents forts et à des nouvelles maladies, mais un système d’arrosage d’urgence / anti-incendie leur permettrait peut-être  résister aux changements proches. Un tel système devrait être mis en place rapidement, avant qu’il ne soit trop tard pour nos forêts.  Lisez mon blog précédent, où j’explique que le CO2 atmosphérique et l’effet de serre résultant augmente rapidement.

 

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Dorota Retelska

Dorota Retelska, décrypte les nouvelles du climat. Docteure ès Sciences de l’UNIL, auteure d’Antarctique-Ouest dans le Vide, elle alerte sur les dangers du climat depuis plusieurs années. Elle est active dans plusieurs organisations de défense du climat, entre autres l’Association Climat Genève, Greenpeace, TACA, et le Collectif Climat 2020.

15 réponses à “L’arrosage et de drainage pour que nos forêts supportent le réchauffement climatique ?

  1. Bonjour,
    Je n’ai pas très bien compris votre idée.
    Comment imaginez-vous créer un tel réseau hydraulique dans nos forêts suisses, qui se concentrent pour la plupart dans des zones pentues? De même, comment imaginez-vous à la fois créer un réseau de drainage en même temps que d’améliorer la rétention?
    Cela demanderait des travaux d’ingéniérie extrêmement lourds, sans pour autant de garantie de succès, ou pire, qui auraient eux-même un impact climatique négatif. On se rend aujourd’hui compte de la complexité de tels travaux dans le Seeland, où des problèmes immenses apparaissent.
    Merci d’avance pour vos explications, sur un sujet brûlant 😉

    1. J’ai d’abord pensé à faire passer dans les forêts dans le sol les tuyaux d’eau qui desservent déjà pratiquement toutes les maisons du pays. La forêt n’a bien sûr pas besoin d’eau potable, le réseau pourrait être simplifié à plusieurs niveaux, et inclure des hydrants pour l’arrosage en cas de sécheresse grave ou de feu. Dans le cas particulier des forêts de montagne, on pourrait peut-être concevoir des réservoirs en haut et des canaux dont on pourrait contrôler l’ouverture dans les pentes pour éviter les incendies. Ce sont des idées d’amateur, à soumettre aux professionnels, mais ça semble assez simple. Nous parlons de vagues de chaleur jusqu’à 50 degrés. Peut-être pourrait-on aussi gérer par des canaux les pluies intenses et les glissements de terrain.

      1. Votre constat est juste dans la mesure ou le stress climatique va augmenter sur les forêts, mais je ne crois pas que les solutions que vous imaginez soient adaptées à notre contexte.
        Le meilleur moyen de lutte contre les pics de crue en cas de fortes pluie, ainsi que le meilleur moyen de rétention de l’eau, est une forêt saine. Des canaux de drainage ou d’arrosage auraient un effet complétement opposé.
        En Suisse on manque déjà d’eau en péridoe de sécheresse, que ce soit pour l’agriculture ou les autres usages, un usage supplémentaire pour la forêt est devrait se faire au détriment des autres usages, notamment au détriment du début résiduel minimal dans les rivières.
        De plus monter une infrastructure telle que vous l’imaginez dans les forêts serait extrêmement coûteuse, tant en termes financiers qu’en ressources (béton, tuyaux, énergie de pompage). Sans compter que l’impact sur les écosystèmes et le sols serait désastreux (on connaît les impacts liés à la pose des gazoducs ou des canons à neige, par exemple).
        Il me paraît plus judicieux de poursuivre sur la voie suivie par les forestiers actuellement: gérer les forêts en les maintenants en aussi bonne santé écologique que possible, et réfléchir à des populations d’arbres plus robustes face aux évolutions climatiques. Pour cela, ils ont besoin de ressources; sur ce point, nous pouvons déjà les soutenir, politiquement ou en tant que consommateur de bois régional 🙂

      2. mon idée c est de creuser des réservoirs profonds aux bords des rivières, et, lors des crues en hiver, suite aux fortes pluies, de remplir ces réservoirs avec l eau des crues,,, ensuite, en été, grace a de gros tuyaux, et des pompes alimentées par des panneaux solaires, et que les tuyaux aillent jusqu aux sommets (pour les forets a flans de montagnes) pour arroser toute la foret par gravité, ou un réseau de tuyaux, relié a des asperseurs, alimentés par des panneaux solaires situés dans des zones ensoleillées, et, cela aurait double avantage, d abord augmenter considérablement la photosynthèse d été (jours plus longs) donc le stockage du CO2 (le bois c est à 50% du carbone) et d augmenter l activité des sols, et aussi d arroser en préventif des feux de forets ou de les éteindre, voilà,

        1. Je crois aussi que nous pouvons faire des nombreux aménagements pour nous préparer. Il faut garder à l’esprit les glissements de terrain, les grêles, les tornades, mais des nombreuses adaptations sont possibles.

  2. Oui, entre les sécheresses éliminant les espèces moins résistantes et les feux de forêt… qui seront de plus en plus présents, il faut planter des milliards d’arbres.

    Maintenant si vous ouvrez Google Map Suisse, vous verrez vite qu’il est impossible d’imaginer un système de rétention et de conduits pour l'”arrosage”.
    C’est déjà une technique pratiquement obsolète pour la neige artificielle, mais il y a toujours des visionnaires du tourisme qui vivent il y a cinquante ans!

    1. Ok, mais vous avez quand même compris le message. Nos paysages auront besoin d’eau et d’ombre. Les agglomérations où règne encore le béton auront aussi besoin de plus d’eau et d’ombre, donc de fraîcheur. Il y a des idées intéressantes dans le monde et relativement bien résumées dans le dernier livre d’Eric Orsena (Désir de ville). Le sujet va devenir brûlant !

      1. Merci pour le lien. Orsena a toujours des idées intéressantes et c’est ce qui manque au monde,une sorte de GIEC2 pour des solutions globales après le diagnostic.
        Car on a malheureusement que chaque chercheur y va de ses idées dans son coin.
        Mais comme l’écologie va contre l’économie facilitée, c’est un voeu pieux.

        Mais le problème de l’eau est intéressant. La Suisse qui “était” le château d’eau de l’Europe ne l’est déjà plus et avant d’arroser les forêts, il ne me semble pas que l’Etat ait pris la dimension de son devoir d’assurer l’eau à la population en période de sécheresse.
        Enfin, lorsque l’on pourra se cuire un oeuf directement sur le trottoir, on économisera de l’énergie 🙂

  3. Pourquoi vouloir à tout prix conserver les forêts actuelles? D’autres espèces vont certainement prendre la place des hêtres ou des épicéas. Cela a été le cas à de multiples reprises par le passé lors des périodes chaudes entre épisodes de glaciations, et je ne vois vraiment pas pourquoi il faudrait à tout prix maintenir l’existant….
    L’idée selon laquelle la forêt actuelle représente un état idéal de stabilité, le fameux climax des bouquins de l’école primaire est une simple idée reçue. Dans la nature, le changement est la règle. La stabilité l’exception. Nos forêts fonctionneront aussi bien avec d’autres espèces. La transition vers des espèce plus résistantes à la chaleur et à la sécheresse est d’ailleurs en cours, et le cas est largement documenté.

    1. Oui “dans la nature, le changement est la règle”.
      Mais il me semble que vous oubliez un point essentiel.

      Avant, la nature avait tout le temps de s’adapter, or aujourd’hui, le changement est trop rapide pour une évolution “naturelle”.
      60% des espèces ont déjà disparu et malheureusement pas été remplacées par des mutants!

      1. Vous avez raison, ce ne sera pas des mutants. Juste des espèces déjà présentes qui remonteront en altitude, ou qui viendront du sud. Le processus est en cours depuis des décennies et va évidemment s’accélérer.

      2. Mais enfin! Nul besoin d’aller à des milliers de kilomètres pour trouver des espèces qui supportent chaleur et sécheresse en été. En Valais, certaines espèces méditerranéennes prennent déjà la place de celles qui sont en place, tandis qu’en montagne les espèces de plaine remontent de plus en plus haut. Le phénomène à débuté il y a des décennies, et ne fait que s’amplifier.

        Même dans les régions méditerranéennes, la disparition des moutons fait revenir les forêts à la places des garrigues.

        Non, les forêts n’ont pas dit leur dernier mot. Mais elle seront différentes de celles qu’on connaît aujourd’hui.

        1. Vous êtes un optimiste et c’est une grande qualité.

          Imaginez un jeu d’échec, mettez votre bras entre les noirs et les blancs.
          Repoussez autant les blancs que les noirs, contre leur ligne des rois (nord-sud).

          Peut-être réussirons-nous à tous vivre ensemble, empilés, avec peu de ressources, sur la moitié du jeu, ou peut-être certains tomberont en dehors?

  4. On peut aussi se demander s’il faut planter maintenant des arbres résistants aux fortes chaleurs, du Sinaï par exemple. Je comprends bien le souci de laisser la Nature faire son oeuvre, mais les changements que nous lui imposons seront énormes.

    1. L’espérance de vie d’un arbre étant de plusieurs siècles, il conviendrait très certainement de se poser la question de savoir quelles conditions climatiques cet arbre devra supporter lorsqu’il atteindra l’âge adulte (s’il ne dépérit pas avant). Beaucoup d’arbres de nos forêts ont commencé leur vie alors que la température moyenne était de 3 ou 4 degrés inférieure. Nos forêts ont donc déjà pas mal “encaissé” mais rien ne garantit que cette capacité de résistance soit infinie. La mort massive d’arbres dans bien des région d’Europe montre clairement que ces limites existent. L’introduction d’espèces thermophiles et plus résistantes à la sécheresse semble bien être l’unique solution à long terme. Mais accepter que des espèces “exotiques” prennent progressivement le relai des espèces actuelles là où le climat l’impose est une idée qui suppose un authentique changement de mentalité à une époque où l’on n’entend parler que de lutte contre les espèces invasives. Ce processus promet d’être lent. Les températures, pendant ce temps là, continuent de grimper à toute allure…

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