Pour sa rentrée 2021, Arte voit les choses en grand

Bientôt trentenaire, Arte continue de s’ouvrir à l’Europe et de se « brancher » numériquement au jeune public. Selon les termes de son président Bruno Patino, l’objectif de la chaîne franco-allemande est de devenir, dans les années à venir, la « première plateforme culturelle européenne ». C’est bien parti, si l’on en croit le programme haut en couleur de la rentrée 2021 : la sélection présentée de films, de séries, de documentaires, de magazines et de journaux d’information s’annonce en effet particulièrement alléchante.

Au rang des séries, l’événement de la rentrée sera assurément Anna, merveille de poésie dystopique créée par Niccolò Ammaniti d’après son propre roman. Déjà auteur d’Il Miracolo pour Arte (côté français), l’auteur italien confirme son goût des envolées métaphysiques et des passerelles temporelles qui s’affranchissent de tout didactisme. Présentée le 27 août au festival Séries Mania dans le cadre de la compétition internationale, Anna est à cette édition ce que fut The Virtues à la précédente : une parenthèse enchantée qui se situe bien au-dessus de la mêlée. La série sera mise en ligne intégralement sur arte.tv le 10 septembre (6x52mn), puis diffusée en linéaire à un rythme hebdomadaire durant l’automne.

Sera également à suivre la série islandaise Blackport (elle aussi présentée à Séries Mania), qui s’intéresse aux conséquences politiques, économiques et familiales de la mise en place de quotas de pêche dans l’Islande du milieu des années 1980. Coproduite avec la chaîne publique islandaise RÚV, cette série dense et intense sera diffusée par Arte au début de l’année prochaine.

Au programme figurent aussi Nona et ses filles (comédie de Valérie Donzelli avec Miou-Miou, Virginie Ledoyen, Clotilde Hesme et Donzelli en personne), Les Hautes herbes (minisérie de Jérôme Bonnell avec Emmanuelle Devos et Louise Chevillotte), Vigil (drama de BBC One), les saisons 2 de Mytho et de la série espagnole Hierro, ainsi que des rediffusions de la série danoise Borgen (novembre) et des films à épisodes d’Ingmar Bergman Fanny et Alexandre et Scènes de la vie conjugale (décembre).

Anna (en coproduction avec Sky Italia, 2021)

Durant le live chat qui a suivi la conférence de presse, les équipes d’Arte ont précisé les choses suivantes :

  • La délimitation entre « série » et « minisérie » est fixée par la chaîne à 6 épisodes. Arte se dit par ailleurs ouverte à étendre ses créations originales au-delà d’une ou deux saisons (même si cela reste à démontrer).
  • Le délai entre la mise en ligne et la diffusion linéaire d’Anna s’explique ainsi : « Notre plateforme arte.tv est une proposition éditoriale en tant que telle et a sa propre logique de programmation. Il en est de même pour l’antenne. Par ailleurs, l’expérience nous a montré que la mise en ligne crée de la reconnaissance et de l’intérêt. L’antenne en bénéficie ensuite. »
  • Au sujet du départ fracassant des scénaristes principaux d’En thérapie, Vincent Poymiro et David Elkaïm, au terme de la première saison, la position officielle d’Arte est la suivante : « Arte travaille toujours étroitement et directement avec les auteurs, et nous accordons beaucoup de respect à leur créativité. Nous regrettons toujours quand il y a des désaccords entre les producteurs et les auteurs. »

La conférence de presse d’Arte est accessible en ligne :

Les bandes-annonces de la rentrée 2021 sont également disponibles en suivant ce lien.

Benjamin Campion

Benjamin Campion est enseignant-chercheur en études cinématographiques et audiovisuelles. Il travaille sur l’histoire, l’économie et l’esthétique des séries télévisées, la censure cinématographique et télévisuelle, ainsi que les liens entre cinéma et nouvelles images.

3 réponses à “Pour sa rentrée 2021, Arte voit les choses en grand

    1. bonjour; à mon sens Arté n’est qu’une chaine TV comme une autre, sinon qu’elle verse un peu dans le culturel, entre autres sujets. la Culture avec un grand “C” n’y est qu’effleurée. les programmes sont certes intéressants et variés,mais sans plus et c’est très dommage ! on ne va pas demander à une chaine dont le Conseil de surveillance (?) est constituée de gens tels Bernard Henry Lévy, de dépoussiérer les convenances, n’est-ce pas ? la culture ne germe pas dans un milieu conservateur et non réformiste, hélas !

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