Accord cadre, adhésion ou liberté (partie 1/2)

L’annonce historique du Président de la Confédération Guy Parmelin a fait couler beaucoup d’encre depuis une semaine. Entre la joie des souverainistes, les grincements de dents des européistes et la désorientation des éternels indécis, les prises de position à chaud se sont multipliées ces derniers jours. Prenons un peu de recul. Dans ce premier article, rappelons les raisons qui ont poussé au rejet de l’accord institutionnel. Dans un second papier, nous passerons en revue les solutions proposées par les différents protagonistes.

Si l’accord institutionnel s’est révélé inacceptable pour la Suisse, c’est avant tout en raison de quatre éléments matériels qui le définissaient. D’une part, la limitation excessive des aides d’Etat aurait constitué une atteinte majeure à l’autonomie des cantons. Cette pratique, favorisant les grands groupes européens, irait par ailleurs à l’encontre de la vision helvétique des rapports économiques publics-privés.

D’autre part, l’affaiblissement des mesures de protection des travailleurs aurait porté un nouveau coup dur aux salariés suisses, déjà sacrifiés lors de la non-application de la votation contre l’immigration de masse en 2014. Les mesures visant à empêcher le dumping salarial auraient cette fois pratiquement été réduites à néant.

A cela est venue s’ajouter la question de la citoyenneté européenne, qui n’est pas mentionnée nommément dans l’accord. Mais alors que le Conseil fédéral a tenté de l’en exclure explicitement, l’Union européenne a refusé cette demande, laissant craindre une application par la petite porte.

Et c’est bien de là que vient la principale raison pour laquelle un tel traité est inacceptable pour la Suisse : tous les litiges d’application et d’interprétation auraient été tranchés, in fine, par la Cour de justice européenne ! Ce sont les tribunaux de l’une des parties, l’UE, qui auraient décidé de l’étendue de la protection des salaires helvétiques, de la capacité de nos cantons à participer à des sociétés privées ou encore de l’obligation ou non pour notre pays de verser des aides sociales aux ressortissants européens venus s’installer dans notre pays sans y travailler.

De son côté, la Suisse aurait été obligée d’enregistrer toute modification du droit européen concernant de près ou de loin le marché commun (en mentionnant ici que, aux yeux de l’UE, la politique des frontières fait partie des sujets d’accès au marché…). La démocratie directe se serait définitivement transformée en fable.

Une Commission européenne hautaine et suffisante

Au fil des ans et du ballet de ministres et présidents helvétiques successifs, les critiques que nous venons d’aborder ont bien entendu été mentionnées à maintes reprises. Cependant, la Commission européenne avait bien compris que nul en Suisse n’était alors prêt à refuser cet accord – à l’exception bien entendu de l’UDC.

Forte de ce constat, elle refusa sans remords toute demande de flexibilité émanant du camp helvétique, à tel point que, lorsque le Parlement prit connaissance du texte et voulut le corriger, il n’osa rien demander de plus que des clarifications sur les points litigieux. Là encore, l’UE ne broncha pas.

C’est dans cet Etat d’esprit qu’elle a de toute évidence accueilli le Président de la Confédération Guy Parmelin le 23 avril. Lorsque ce dernier a mis une fois encore sur la table les points qui devait être changés aux yeux de la Suisse, accompagnés de propositions concrètes, elle n’a point daigné sourciller, probablement en espérant que les helvètes plieraient une fois encore l’échine.

Fin de l’Union sacrée

Cela, c’était sans compter sur deux éléments essentiels. Premièrement, l’Union sacrée qui aimait à faire barrage à toutes les velléités de l’UDC en matière de politique extérieure s’était détériorée en quelques mois seulement. La question de l’accord s’étant enlisée, les critiques du parti souverainiste ont eu le temps de s’enraciner, jusqu’à ne plus pouvoir être contestées par les milieux concernés.

Les syndicats ne pouvaient plus nier que l’accord portait un coup fatal à la protection des salariés suisses – et cela encore moins après que la Cour de justice européenne a annulé des mesures d’accompagnement autrichiennes, donnant un avant-goût de la sauce à laquelle les régions frontalières seraient mangées.

De leur côté, les petites et moyennes entreprises comprenaient qu’elles seraient aussi, petit à petit, lâchées sans défense dans une arène disproportionnées face à une concurrence ne répondant pas aux mêmes règles. C’en était trop.

Il a fallu du sang-froid. Il en faudra encore.

C’est ainsi que lorsque Guy Parmelin s’est rendu à Bruxelles, il a pu expliquer avec sang-froid la position de la Suisse. C’est avec le même sang-froid et en sachant qu’il avait fait le nécessaire qu’il a pu, le 26 mai, annoncer la fin des négociations.

S’il faut regretter une chose, ce n’est pas d’avoir enterré l’accord institutionnel en 2021. C’est bien d’avoir dû attendre si longtemps pour oser prendre une décision qui s’imposait de toute évidence. En ce sens, le Président s’est comporté en homme d’Etat. Il faut regretter que, des années durant, syndicats, partis et autres mouvements se soient voilés la face et aient été prêts à accepter les conditions absolument inacceptables mentionnées en début d’article – ou soient encore prêts à le faire pour la majorité de la gauche et une partie du centre-droit.

Quelles solutions avons-nous maintenant sur la table ? Nous le découvrirons d’ici peu dans le second article.

Yohan Ziehli

Né à Lausanne en 1993, Yohan Ziehli a grandi entre les vignes de Lavaux et de la Riviera. Amateur de produits du terroir, lecteur compulsif et pianiste à ses heures perdues, il travaille pour le groupe de son parti au parlement fédéral en tant que juriste, spécialisé dans les questions de politique extérieure, institutionnelle et démographique. Il est conseiller communal et vice-président de l’UDC Vaud.

50 réponses à “Accord cadre, adhésion ou liberté (partie 1/2)

  1. Cela démontre l’échec patent du Conseil Fédéral dirigé par l’UDC Guy Parmelin, sans lignes claires, et démontre la nécessité de sortir les incompétents en négociations du Conseil Fédéral, surtout l’UDC, et les remplacer par les vert’libéraux et les verts classiques qui sont en montée en puissance en Suisse et en Europe et plus en prise avec la réalité actuelle et les exigences environnementales futures.

    1. C’est drôle de vous lire.
      Les négociations ratées – sur ce point on est d’accord – n’ont en aucun cas été conduite par des des membres ou sympathisants de l’UDC. Je sais que ce parti vous hérisse le poil, mais ce n’est pas une raison de voir ses sbires partout.

      Votre volonté de les remplacer par “les verts” ou “les vert’libéraux” montre bien votre parti pris : ces deux partis ont une vision sur la chose à peu près similaire respectivement au PS et au PLR qui, rappelons-le, ont eu une majorité du Conseil fédéral durant toute la durée des négociations.

      Si vous voulez être “plus en prise avec la réalité actuelle”, comme vous dites, il faudrait revoir votre copie.

    2. C’est trés juste ! C’est un échec.
      Monsieur Ziehli, votre propension complaisante à être le thuriféraire de M. Parmelin vous fait oublier l’usage du discernement par rapport au bilan de M. Parmelin pour oser le qualifier « d’homme d’état » tel que la définition avantageuse du qualifié devrait signifier.
      Un homme d’état c’est plutôt un De Gaule, une Merkel, un Kennedy, mais Parmelin ne peut prétendre à ce qualificatif honorifique.
      Son bilan est mauvais, et sa gestion de ce dossier européen est calamiteux. L’Europe nous le fera savoir bien assez vite et nous, entrepreneurs, ne recevons aucune solution de la part de l’UDC, ni des syndicats…
      C’est bien joli de défendre des niveaux de salaire pour des ouvriers, mais quand les entreprises seront délocalisées au-delà de nos frontières, ils pourront toujours maintenir un niveau de salaire ou plutôt de prestations de chômage….

      1. Si je voulais pinailler, je vous inviterais à relire mon propos: je ne l’ai pas “qualifié” d0homme d’Etat, j’ai dit qu’il a agi comme tel. Votre appréciation de son bilan et la comparaison de son travail avec l’image que vous vous faites de Merkel et de Kennedy n’importe que peu dans le débat de fond. En l’occurrence, il s’agit de déterminer si la décision de mettre fin à ces négociations ratées a été bonne, et si la manière de le faire a été pertinente.

        Suite à une décennie d’échecs et de ratés magistraux, je maintiens sans hésiter mon propos quant au sang-froid de M. Parmelin qui a agi en homme d’Etat alors que les derniers ministres des affaires étrangères et présidents n’avaient jamais pu ne serait-ce que s’approcher d’un dénouement.

        Quand aux questions économiques, je me réfère aux autres commentaires. Nombre d’entrepreneurs, en particulier des PME mais pas seulement, ne partagent pas le scepticisme d’économiesuisse et de la presse. Je vous encourage par exemple à consulter les positions de deux associations économiques indépendantes: : https://www.autonomiesuisse.ch/fr/ et https://kompasseuropa.ch/fr/9602-2/ .

        La plus grande faitière industrielle suisse par exemple, SwissMem, a salué la fin des négociations. Et pourtant, difficile de trouvé plus centré sur l’exportation que cette association…

      2. @Largo
        Mais heureusement que c’est un échec.
        De plus il s’agit d’une décision prise par le collège gouvernemental dans son ensemble et non par le seul président Parmelin.
        Les menaces de délocalisations sont une fable, même avec le franc fort la majorité des entreprises ont gardé leur production et leur siège en Suisse.
        Les pro-accord institutionnel ne sont que des irresponsables et des inconscients, ils n’ont même pas l’honnêteté intellectuelle de dire que cette solution était pire que l’adhésion en matière de droits démocratiques, mais évidement ils ne sont pas à une contradiction près…

    3. L’industrie suisse des technologies médicales vient de perdre l’accès privilégié au marché intérieur européen, au Valais le Centre ntre, le PLR et les vert’libéraux parlent d’échec cuisant du Conseil Fédéral, la Suisse se replir comme un escargot et pendant ce temps le Canada vient prendre des parts de marché en Europe. Encore un exemple du manque d’esprit entrepreneurial de l’UDC.

      1. 1) que vient faire cet article ici ? Je suis contre la censure des commentaires et je laisse à peu près tout sur mon blog, mais publier des liens sans rapport avec des articles, cela ressemble à du flood et ce n’est pas une jolie pratique.

        2) vous semblez obsédé par Parmelin et l’UDC. Vous les voyez partout, même dans les néonicotinoïdes. C’est fou, ça. Donc pour vous, l’UDC et le président sont seuls contre tous au niveau des initiatives agricoles ? (Car je pense que c’est de cela que vous parlez…)

          1. Donc sans rapport avec cet article sur l’accord cadre.

            Par rapport, quand on sait que 21 des 27 pays de l’UE ont une production de CO2 par habitant supérieur à celle de la Suisse, on peut relativiser le principe du “ZERO pollution affiché par l’UE”

          2. L’UDC est CONTRE la loi sur le CO2. Je suis un praticien en industrie de la réduction du CO2 depuis 1999, depuis que la première loi CO2 à été publiée. L’UDC n’a AUCUNE leçon à me donner à ce sujet…

          3. Votons OUI a la loi sur le CO2 contrairement à l’UDC qui est CONTRE toutes les initiatives démocratiques environnementales.

          4. Vous dites que l’UDC n’a aucune leçon à vous donner au sujet du CO2. Soit. Cela tombe bien: dans le présent article, il n’est pas question de CO2. C’est vous qui venez en parler, pas moi qui vous donne la leçon.

            Tout le monde devrait être content.

          5. Si vous étiez un scientifique sérieux, vous ne diriez pas que mes statistiques sont “fausses”, mais qu’elles indiquent un certain aspect de la chose. Votre commentaire signifie de par lui-même que l’on mesure deux choses différentes (émissions directes et indirectes).

            Il semble qu’il n’y ait que vous qui ne saisissiez pas la nuance et le fait que deux statistiques “vraies” peuvent se rapporter à deux facettes différentes mais coexistentes d’une problématique.

          6. Taire les émissions indirectes de CO2 comme vous le faites n’est pas scientifique. Ce serait comme affirmer que la Terre existe toute seule, indépendamment de l’attraction et de l’énergie du soleil… Même les entreprises sérieuses calculent leurs émissions indirectes et l’Union Européenne a condamné Shell à faire mieux en objectifs de lutte contre les changements climatiques, incluant ses émissions INDIRECTES…

          7. Mais, M. Donneur, vous faites (encore) exprès ? C’est impressionnant votre manque de rigueur scientifique.

            Personne ne tait cet autre chiffre (sauf vous, qui déclarez un chiffre faux alors qu’il est vrai…). Simplement il faut être a propos. Et puisque vous semblez parler de la loi CO2, votre chiffre n’a strictement rien à voir avec notre discussion, étant donné que la loi CO2 ne sanctionne que la production locale.

            Donc le “CO2 importé” que vous dénoncez (à raison) n’est pas concerné. Vous étiez déjà hors sujet en venant parler de cette loi sans raison dans les commentaires de mon article relatif à l’accord cadre. Et vous êtes doublement hors-sujet désormais, puisque vous ne parvenez même pas à rester sur la discussion de la loi CO2.

            C’est lassant de vous lire partir dans tous les sens et ne jamais reconnaître votre manque implacable de rigueur scientifique.

  2. Je me joins aux scientifiques qui déplorent les risques important pour la recherche de l’échec de l’accord cadre ainsi que le représentant du PLR valaisan qui considère cet échec désastreux, en apportent plus de questions que de réponses. Le Président Parmelin s’est traîné les pieds et a refusé d’entendre les nombreux signaux d’alarmes du milieu de la recherche. L’Histoire jugera !

    1. Pourquoi vous joindre à eux sur ce point ? La Suisse a d’ores et déjà été évincée du programme Horizon Europe. Même si l’annonce a été donnée deux jours après la votation sur l’initiative de limitation (pour pouvoir utiliser cet argument dans la campagne) c’est une décision qui a été prise par l’UE il y a de longs, longs mois.

      Et l’UE ne veut pas revenir dessus tant que le milliard de “cohésion” ne sera pas payé. En l’état, l’accord cadre n’y change rien…

    2. Et bien moi je ne me joins pas aux scientifiques, c’est une catégorie privilégiée qui n’a pas à faire face aux mêmes problèmes que les ouvriers en matière de concurrence ou de dumping salarial.

  3. La position anti-Europe par principe de votre parti à une fois de plus très mal décrypté la réalité scientifique, qui sera finalement aussi économique, commerciale et sociale. Les négociateurs pour l’UE ne sont pas en reste. L’histoire jugera.

  4. Ça, c’est un article extrêmement intelligent. C’est ce que j’ai lu de plus intelligent sur la question depuis que la grande nouvelle est tombée. Ce Yohan Ziehli est vraiment une tête politique. Il ira loin. On a parfois l’impression qu’à l’UDC ils n’ont pas de cerveaux, mais surtout des bons types avec des bons réflexes conservateurs et patriotes. C’est faux, ils ont aussi des cerveaux.

    1. Ne partageant pas toujours ses opinions, j’ai le plaisir de partager votre constat.

      Quelqu’un de cultivé, brillant, mesuré et sincère. Cela nous change des polémistes et têtes à claques (Nydegger, Addor, freysinger…) qui ont tendance à truster les médias.

  5. Ce texte montre bien les méandres des pensées souverainistes et passe complètement à côté des graves conséquences économiques et scientifiques de l’annonce par le CF de l’arrêt unilatéral des négociations de l’accord cadre.
    Pour ceux qui doutent des conséquences négatives économiques à venir, il faut simplement regarder la décennie perdue entre 1992 et 2002 où la croissance économique suisse atteignait à peine celle de l’Italie et était en dessous de celles de l’Allemagne du Sud, Autriche et Italie du Nord.
    L’impact économique touchera essentiellement les industries exportatrices qui sont celles qui font la richesse de la Suisse et non pas l’économie intérieure souvent faite de cartels et de prés-carrés représentés par l’USAM ou l’UDC.

    1. C’est votre interprétation, mais de loin pas celle de nombre d’entreprises exportatrices. Ce sont d’ailleurs ces dernières qui ont largement constitué l’association AutonomieSuisse, tout à fait distante de l’UDC, qui a porté le coup de grâce à l’accord.

      Quant aux conséquences scientifiques, si vous aviez raison, ce serait dû à une double schizophrénie de l’Union européenne. Non-seulement la commission a toujours affirmé – et encore en 2019, en Suisse – qu’il n’y avait aucun lien entre l’accord cadre et le programme Horizon Europe. Mais surtout, elle a déjà décidé unilatéralement d’exclure la Suisse de son programme de recherche, bien avant la visite de Guy Parmelin, et lie sa réintroduction au payement d’un milliard à titre de “cohésion”.

      Ils ne peuvent pas jouer la même carte à chaque fois. Sinon, on commencera à se poser des questions de coût d’opportunité.

      1. L’association AutonomieSuisse est une organisation mineure par rapport aux secteurs de l’horlogerie, pharma, biotech, medtech, machines outils et la finance.
        Par ailleurs, un des poids lourds d’AutonomieSuisse n’est autre que Peter Spuhler , président exécutif de Stadler Rail AG et influent UDC. La messe est dite….

        1. Vous parlez de science, mais force est de constater que votre méthodologie est tout sauf scientifique. Par exemple, lorsque vous partez d’une personne pour “dire la messe”, sans regarder les 21 autres co-présidents de l’association en question. Cela ne fait que démontrer le caractère prédéfini de votre avis sur la question – et je ne saurais répondre à des présupposés, je sais d’expérience que cela n’amène généralement nulle part.

          Si vous êtes prêts à abandonner vos préjugés, je vous encourage à remarquer le nombre d’entreprises qui partagent mon avis sur la question. C’est notamment le cas de Swissmem, la faîtière de l’industrie des machine, des équipements électriques et des métaux (difficile de trouver plus exemplatif de l’industrie exportatrice). Et Swissmem, que vous le vouliez ou pas, c’est 1’400 entreprises.

          Il est faux de penser que seuls des souverainistes et des “cartels de prés-carrés” sont contre cet accord. Des solutions, pourtant, existent, à l’image de l’accord UE-Canada…

          1. Le Canada est dirigé par des Libéraux verts intelligents. Voilà pourquoi l’accord Canada-UE a abouti. CQFD.

          2. @François Donneur : manque de pot pour vous – l’accord en question a été conclu en 2013, avant la venue de Trudeau et sous la direction des conservateurs. Mais bien essayé.

            Vous allez continuer à lancer des vérités (fausses) toutes faites pour ne pas avouer que vous pouvez avoir tort, ou on peut continuer à avoir une discussion constructive ?

          3. C’est bien sourcer ses affirmations:
            A propos de Swissmem, selon son annonce du 23 avril 2021, “Swissmem approuve fondamentalement l’accord-cadre actuel”
            https://www.swissmem.ch/fr/actualites/vision-detaillee/toujours-rien-de-concret-dans-le-contexte-de-laccord-cadre.html:
            Quant à Economie Suisse, CVCI, l’association pour la medtech et etc, cela fait du lourd en faveur de feu l’accord cadre

            Au delà des positions des associations économiques, il suffit de voir la décennie de marasme économique entre 1992-2002 (entre le non à l’EEE et les accords bilatéraux) pour être très fortement inquiet du claquage de porte par le CF

          4. @Luc Otten: j’ai fourché, je voulais dire Swissmechanic, pas Swissmem (j’ai certainement confondu car beaucoup reçus d’informations de la deuxième ces dernières semaines).

            Il n’en reste qu’une erreur de mot, tout le reste du commentaire est juste, y compris le fait que ce sont 1’400 entreprises (PME avant tout) représentées.

            Cela demeure donc tout à fait opposé à la définition du “pré-carré” dont vous parlez pour discréditer l’avis économique de l’UDC. Je n’ai jamais prétendu que toute l’économie était de notre côté alors que, vous, vous avez laissé entendre que l’industrie exportatrice était favorable à l’accord.

          5. L’accord UE-Canada a été ratifié en 2016 sous Justin Trudeau, de même sur l’accord séparé avec la Grande-Bretagne et le renouvellement de l’accord avec les États-Unis en 2019 avec l’ajout de clauses environnementales. Libre à l’UDC de proposer la fermeture de la Suisse vis-à-vis des autres démocraties occidentales contrairement au Canada qui s’ouvre et qui innovera plus de ce fait.

          6. @François Donneur: Merci pour la date de ratification qui est ici hors sujet. J’ai bien dit conclu en 2013 et c’est cela qui importe : https://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/390339/libre-echange-le-canada-et-l-union-europeenne-concluent-un-accord

            Trudeau a eu la chance d’être élu juste avant la signature de l’accord, c’est lui qui a eu la chance de le faire.
            Il en reste donc votre commentaire “Le Canada est dirigé par les libéraux verts intelligents. Voilà pourquoi l’accord Canada-Ue a abouti. CQFD”.
            Ce commentaire de votre part est complètement faux. Je vous demandais simplement de le reconnaître.

            C’est visiblement trop vous demander. Tout comme sur les deux derniers articles.
            La capacité de reconnaître ses erreurs est pourtant une qualité qui rendrait la lecture de vos commentaires plus plaisante…

            (Sur la fin de votre commentaire, c’est tellement éloigné de la réalité que je ne vois pas même le besoin de répondre)

      2. Mais qui a vraiment joué le rôle principal pour porter le coup de grâce à ce maudit accord?

        Vous nous dites que c’est l’association autonomiesuisse. C’est possible. Mais il y a eu plusieurs acteurs.

        Sans la résistance héroïque de monsieur Blocher (et ses amis), qui ont été l’âme et le coeur (et le porte-monnaie aussi) du combat souverainiste pendant plus de 30 ans, rien n’aurait été possible. Christophe Blocher avait préparé un plan de bataille en coordonnant tous les milieux, y compris les plus éloignés de ses options personnelles, qui pour une raison quelconque ne voulaient pas d’un accord cadre (exemple: les protecteurs des animaux, qui ne voulaient pas de transport de bétail sans frontières, les anti vivisection, les gens attachés aux banques cantonales qui auraient disparu en cas d’accord cadre, ceux qui ne voulaient pas une TVA à 15% minimum qui nous aurait été imposée immanquablement après quelques temps, etc.) Ainsi, en cas de vote référendaire sur l’accord cadre, les hommes de main de l’empire et les spin doctors du parti de l’étranger (comme OperationLibero et autres), se seraient heurtés à un front uni de toutes les résistances de toutes provenances qui se seraient cumulées, bien coordonnées, bien financées. Et ça se savait. Donc ça a dû jouer un rôle dissuasif essentiel.

        Il y a eu aussi ces groupes d’entrepreneurs qui en avaient ras le bol de la propagande mensongère de Economiesuisse sur le thème, “si on ne passe pas sous les fourches caudines de Bruxelles, la Suisse deviendra un pays du tiers monde”, tous ces arguments abjects de soumission volontaire au chantage, contraires à la vérité. Enfin il y a eu des patrons qui ont dit stop. Tout cela a joué.

        Mais à mon avis, le basculement décisif qui a tout changé, est celui des syndicats. Car là, pour la première fois, il y a eu une force organisée d’un poids comparable à celui d’Economiesuisse, qui a passé dans le camp eurosceptique. Les syndicats l’ont fait, en lien avec les centrales syndicales européennes, pour donner une bonne leçon (méritée) aux arrogants exploiteurs néo libéraux de Bruxelles. Et là l’homme clé c’était Pierre Yves Maillard.

        Pour moi les deux hommes clés de cette victoire historiques de la Suisse, une victoire éclatante comparable à la victoire de Morat contre Charles le Téméraire en 1476, sont deux hommes: Christophe Blocher, qui recueille les fruits de son marathon politique de toute une vie, et Pierre Yves Maillard, l’ouvrier de la 11ème heure, certes, mais il était indispensable à la victoire.

        Personne ne pourra rien faire contre cette victoire politique décisive. Les antisuisses sont échec et mat.

        Toute la gauche PS est contrainte à respecter le nouveau statu quo, y compris les pires euro turbos en son sein, car le PS dépend financièrement des syndicats, et en plus, si le PS ne veut pas connaître le même sort que les PS des autres pays, c’est à dire tomber à un niveau entre 5 et 10%, il ne peut pas se permettre de continuer à jouer les toutous de cette Europe totalement antisociale. Ils seraient trop durement sanctionnés aux élections.

        Vous semblez bien informé. Vous avez du travailler dans la coulisse pour préparer ce grand évènement. J’aimerais bien en savoir un peu plus de vous sur le parallélogramme des forces qui nous sauvés.

        1. Je voudrais ajouter aussi que vous avez raison de dire que Parmelin a gagné ses galons d’homme d’état. Il a été magnifique et plus personne ne pourra plus jamais parler de lui en termes condescendants, comme c’était de bon ton chez les bobos. A mon avis, il va jouir désormais dans tout le pays d’une grande popularité, qui rappellera celle du général Guisan. Mais de toute façon, lui ou un autre, le Conseil fédéral ne pouvrait pas faire autrement. Il était pris en tenaille entre l’armée patriote du général Blocher, sur sa droite, et les régiments syndicalistes du général Maillard, sur sa gauche, et même s’il avait été composé d’une majorité d’euroturbos à la Berset, il aurait été contraint à capituler comme le général Mack à Ulm en 1805. Les eurolâtre sont échec et mat. Le parlement n’a même pas été consulté, c’était inutile. Tout s’est joué ailleurs.

        2. @Observateur: votre analyse est très bonne. Je n’aurai pas le temps d’être si complet. J’ai attribué le coup de grâce à autonomiesuisse (en pensant également à boussole Europe) non-pas pour dire qu’ils avaient fait plus ou plus important, mais plutôt pour suivre l’élan chronologique de l’article : UDC, puis syndicats (mais leur intervention eût été impossible sans combat souverainiste d’avant-garde, à mon sens), puis milieux économiques.

          Je n’oserais pas m’aventurer sur un partage des responsabilités (bienheureuses) qui ont conduit à ce (souhaitable) enterrement. Je pense que vous voyez juste en grande partie.

          Je reviendrai sur le fait qu’il ne faut pas sous-estimer le travail de Maurer et Parmelin. Je pense qu’entre la théorie et la pratique, il est bon d’avoir des personnes compétentes et efficaces sur le terrain et, à mon sens, ils ont eu des rôles clef dans le déroulement des événements.

          Il faut tout de même se rappeler que le Conseil fédéral, il y a très peu de temps, défendait bec et ongles cet accord. Le travail de fond de l’UDC a permis de mobiliser les autres mouvements idéologiquement opposés.

    2. Toutes les prévisions économiques ne valent pas plus que des prédictions astrologiques. Etablir un lien entre l’absence des bilatérales entre 1992 et 2002 et la crise économique à cette époque est hautement hasardeux car cette dernière était également liée à la bulle immobilière du début des années 90.
      Au même titre, déduire que l’absence d’un accord-cadre impactera fortement l’industrie d’exportation dans le futur n’est que pure conjecture.
      Votre détestation apparente de l’UDC est des “souvrainistes” vous aveugle, bon nombre de représentants des partis, de gauche comme de droite, ont admis que cet accord aurait eu un impact significatif sur la souveraineté du pays.

    1. Je le redis ici, comme déjà fait plus haut: j’ai fourché sur le nom, je le concède volontiers. Il s’agit de Swissmechanic. Tout le reste du commentaire reste d’actualité, y compris le fait que 1400 petites et moyennes entreprises y sont représentées.

  6. Vous parlez de décennie d’échecs et de ratés magistraux que je vous rappelle sont les conséquences de la politique de votre parti, de M. Parmelin secondé par toutes une clique d’écornifleurs-lobbyistes qui vivent aux dépends de nos institutions et du peuple.
    Je prenais l’exemple d’homme d’état afin que vous ne confondiez plus dans vos termes ceux qui l’ont été et ceux qui ne le sont visiblement pas.
    Comme on peut le voir dans une multitude de dossiers traités pas Berne, notre pays souffre de l’incompétence notoire de ses élites de politiciens et de fonctionnaires.
    L’Europe n’est de loin pas parfaite non plus mais il aurait été plus « intelligent » de relancer une discussion entre homme d’état. C’est vrai que depuis 30 ans nous n’avons pas vraiment d’homme d’état…. Donc le peuple Suisse est le dindon de la farce ou le contraire dans ce magistral coup de pied aux fesses que nous nous sommes donnés. (En pensant le donner à l’Europe).
    Votre rhétorique de « coup de grâce », « Europe de schizophrène », me rappelle les heures sombres de l’Italie d’avant guerre ….. L’histoire s’en souvient!

    @Zelenka, l’histoire retiendra que le va-tout de vigneron le fera végéter dans l’histoire comme un belître, non respectueux du monde scientifique.
    @observateur, L’intelligence aurait été de voir plus loin dans le temps, de comprendre l’autre et surtout l’étranger sans lequel la Suisse ne serait rien !

    1. Vous dites qu’il aurait été heureux de relancer le dialogue. C’est précisément ce que M. Parmelin est allé faire en avril à Bruxelles. Il est allé porter un message clair et précis: la Suisse ne peut pas accepter les trois points litigieux en l’état. Il faut ouvrir la négociation.

      L’UE a été très claire à ce propos : il n’y aura pas de modifications, c’est tout ou rien. C’est à ce sujet que je parle d’attitude hautaine et suffisante, et d’habitude de ministres et présidents courbant l’échine. Car le désaccord sur les trois points principaux a été de toute évidence rapporté maintes fois à Bruxelles. Mais la Commission européenne savait que le CF n’aurait pas le cran de renoncer à l’accord. Pire: malgré le résultat inacceptable des négociation, le CF en est venu à proposer initialement son acceptation. C’est dire à quel point l’UE a pu partir du principe que Parmelin ne faisait que bluffer.

      Quant au reste de votre commentaire, il vaut ce qu’elle vaut. Une comparaison avec un régime fasciste, non-démocratique et criminel, pour s’éloigner du débat d’idée. C’est votre droit de réduire notre discussion à cela, mais je le déplore.

    2. @Largo M.

      Votre remarque sur l’intelligence et l’étranger sans lequel la Suisse ne serait rien, n’est ni intelligente ni révélatrice d’une compréhension profonde de la Suisse et encore moins de l’Europe

      Croyez-vous donc que la Suisse n’a jamais été consciente de sa dépendance envers l’étranger? Vous ne vous imaginez pas quel point votre propos est contraire à la réalité dont il démontre une totale méconnaissance.

      Vous partez de l’idée, comme tous les eurobéats, que l’intelligence exigerait de la Suisse qu’elle abandonne définitivement toute forme d’indépendance ou même de simple capacité à décider elle-même de ce qui est dans son intérêt ou pas. Eh bien non, l’intelligence exige précisément le contraire. Et c’est vrai pour chacun des pays européens séparément, ainsi que pour l’Union Europeenne.

      Beaucoup trop de gens ont fait des abandons de souveraineté irréfléchis depuis Maastricht et aujourd’hui ils en prennent conscience. Seulement ils sont pris dans la nasse et pour en sortir c’est très dur. Donc ils s’en mordent les doigts. Nous avons eu ce privilège d’avoir pu réfléchir une minute avant le saut irrémédiable dans le gouffre. Et grâce à la sagesse paysanne de monsieur Parmelin, ce grand homme, grâce à l’audace de Maillard, cet homme de pouvoir rusé et énergique, grâce à 30 ans de lutte acharnée de Blocher et ses amis, nous avons échappé à un sort funeste.

      Certes, tout n’est pas mauvais dans l’intégration européenne, mais maintenant elle va dans le mur, emportée par son arrogance et l’absence, justement, d’intelligence de ses dirigeants.

      Il ne s’agit pas, pour nous Suisses, de faire preuve d’autosatisfaction. Mais ceux qui nous méprisent devraient au moins comprendre que nous ne sommes pas nés de la dernière pluie. Nous avons sept siècles d’histoire et une grande expérience politique. Nous avons des traditions et de la mémoire, même si nos politiciens ne sont pas très cultivés. Nous en avons vu d’autres. Les Habsbourg ont échoué à devenir les despotes du continent entier, parce qu’ils ont été trop arrogants avec les Suisses. La jolie comtesse von der Leyen s’en est aperçue un peu tard: c’est une erreur de sous-estimer les Suisses.

  7. En droit international (en tant que juriste vous devriez le savoir) c’est la ratification qui compte. Par exemple, les États-Unis ont signé mais n’ont jamais ratifié l’appartenance des États-Unis à la Société des Nations, avec les conséquences que l’on sait, menant à 1939… Même chose avec l’accord de Kyoto…
    Le Canada a ratifié avec l’Union Européenne son accord cadre en 2016 au temps des Libéraux verts (2015 à maintenant) et a ratifié l’accord cadre États-Unis Mexique en rajoutant des clauses environnementales et sociales en 2019 et une version améliorée en 2020. Le Canada bouge et la Suisse est immobile à cause de la politique aveugle de l’UDC, qui représente un poids politique comparable aux verts et vert’libéraux qui n’ont aucun membre au Conseil Fédéral, malgré leurs representations plus forte que la Parti du Centre et qui se rapproche du PLR ou des socialistes. La formule magique est brisée et ne représente plus que les forces en présence après la deuxieme guerre et non le 21ème siècle.

    1. Mais vous faites exprès, n’est-ce pas, de détourner le sujet pour ne pas reconnaître une seule erreur ? “c’est la ratification qui compte”. Non-seulement votre ton condescendant vous va mal. Mais en plus, ce n’est pas ce qui compte pour savoir à qui on “doit” l’accord.

      Vous affirmez comme une vérité biblique que l’accord économique Canada-UE est dû au travail des libéraux de Trudeau. Je vous rétorque que non.
      Tout le reste, c’est ce que vous étalez pour éviter de devoir le concéder. C’est vraiment dommage, cela va faire 6 commentaires maintenant sur ce point alors que l’on pourrait parler de choses bien utiles.

      Le débat sur la formule magique est tout autre. Je me réjouis de le mener, et je vous rappellerai, par exemple, que les Verts n’ont jamais reconnu la représentation politique selon la proportion des électeurs. On se réjouit donc de les voir retourner leur veste lorsque cela peut leur être utile 😉

        1. Bien. J’aurai donc l’occasion d’user d’un 8e commentaire pour vous répéter que cela ne change rien et que cet accord a été négocié par les conservateurs.

          Votre commentaire affirmant que c’est grâce à Trudeau et aux libéraux que cela a été négocié est hors de propos.

          Tout le monde l’a compris. Et le fait que vous continuez à le nier est presque triste.

          1. Vous n’y connaissez rien. Mon père est professeur de science politique, spécialiste de la politique étrangère du Canada. Les négociations av c la Communauté Européenne ont commencé en 1972, sous les Libéraux de Pierre Trudeau et son ministre des affaires étrangères Mitchell Sharp sous la “Troisième Option” avec le Premier accord-cadre entre l’Europe et le Canada ratifié en 1976. Les conservateurs canadiens, individuellement plus habiles que l’UDC Suisse et plus proche du PLR, n’ont fait que poursuivre les négociations entamées par les Libéraux pour être finalement RATIFIÉ en 2017 par les deux chambres fédérales canadiennes, selon un VRAI processus démocratique, et non le tour de passe-passe anti-démocratique de Parmelin. Il devrait se soumettre à un référendum ou se démettre.

          2. @François Donneur.
            Et voilà, comme d’habitude quand vous remarquez que vous avez eu tort, vous enchaînez l’argument d’autorité “mon père professeur de science po”, le dénigrement infondé “vous n’y connaissez rien” et enchaînez les vérités approximatives (“n’ont fait que continuer les négociations”) et les liens douteux et gratuits (“individuellement plus habiles”).

            Quant au “tour de passe passe anti-démocratique de Parmelin”, qui aurait dû “soumettre au référendum ou se démettre”, cela démontre certaines lacunes dans vos connaissances constitutionnelles. Mais je perds espoir que les discussions avec vous aient une quelconque utilité, la volonté d’élaborer une discussion sur des commentaires constructifs et suivis ne semblant pas être des vôtres.

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