Cargo sous terrain

Quand la Suisse innove, elle a forcément raison !

Le Conseil d’État a validé son accord de principe concernant le transport de marchandises sous terrain, ce qui présage une petite révolution pour notre pays.

En effet, les chambres fédérales disent oui à l’audace et à l’innovation et le Conseil fédéral planche sur une loi pour construire et exploiter ces tunnels qui relieront à terme les villes du plateau helvétique.

Plus rapide et écologique que le transport routier, ce projet de transport sous terrain, qui pourra fonctionner H24, aura plusieurs avantages notables. Premièrement, il évitera la construction de nouvelles routes pour faire face à l’augmentation du transport des marchandises au cours des prochaines années. Ensuite, les terrains agricoles et les surfaces à bâtir ne seront pas impactés par ce projet pharaonique, ce qui est une très bonne nouvelle pour permettre la densification des logements qui font cruellement défaut dans bien des villes, notamment à Lausanne. Enfin, ce projet permettra d’apporter une solution tangible pour la diminution de nos émissions de CO2, qui représente aujourd’hui 32% dans les transports.

OFEV

Ce projet singulier, car financé exclusivement par le secteur privé, fera une phase test avec un premier financement d’environ 3 milliards de francs pour relier les villes de Zurich et de Härkingen-Niederbipp. Gageons que ce test grandeur nature, soutenu par notre Conseiller aux États Olivier Français membre de la Commission des transports, sera concluant et qu’il permettra la construction de centaines de kilomètres de tunnels pour relier les différentes villes et, dans son sillage, la création de centaines d’emplois.

Olivier Français
En peu de mots, la Suisse sait se montrer visionnaire et novatrice quand il faut trouver des solutions à des problématiques. Nous sommes à l’aube d’innovations et des nouvelles technologies qui nous permettront de trouver des solutions dans la mobilité individuelle, collective, mais aussi dans le domaine du fret, et ainsi contribuer à préserver nos écosystèmes et leur ressource essentielle pour tous. Soyons innovants et tournés vers l’avenir, osons la réussite de notre pays.

3 raisons qui m’ont fait changer d’avis sur la loi CO2

Je n’étais pas convaincu sur l’augmentation des taxes existantes sur les énergies fossiles ainsi que sur la création d’une nouvelle taxe sur les billets d’avion. Toutefois, voici plusieurs éléments qui m’ont permis de revoir ma position.

Premièrement, les taxes vont permettre de financer la rénovation des bâtiments qui sont pour la plupart de véritables passoires énergétiques. Nos bâtiments ont produit en 2017, selon l’OFEV, plus de 8,4 millions de tonnes de CO2, soit 18 % de nos émissions en une année. Il y a donc un véritable enjeu économique pour l’état, donc nos impôts, à réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées, mais aussi pour les entreprises et les particuliers puisqu’ils pourront voir leurs factures de chauffage se réduire considérablement.

Ensuite, le point décisif qui m’a permis d’apporter mon soutien à cette loi est le financement des entreprises qui contribueront à réduire nos émissions de CO2. En effet, nos petites et moyennes entreprises comme les industries verront leurs charges se réduire et devenir plus compétitives à long terme. Par ailleurs, ceci créera des places de travail et contribuera à améliorer notre qualité de vie.

Le troisième point, qui reste pour le moment très discuté à juste titre, sont les transports. La voiture avec un moteur à explosion reste un problème. Cependant, les voitures électriques sont déjà une réalité et les voitures à hydrogène vont encore être améliorées. Néanmoins, nous savons aujourd’hui que se déplacer avec une voiture sans émission de CO2 est possible à large échelle. En outre, les panneaux solaires, mais aussi l’électricité hydraulique, la biomasse ou la géothermie viendront apporter leur contribution à une société sans énergie fossile à terme. Je ne m’attarde pas sur le développement des transports publics et leur gratuité qui favorisera leur utilisation par tous ceux qui en ont la possibilité. La multimodalité, et les voitures dites intelligentes seront incontournables ces prochaines années pour décarboner et fluidifier nos trajets trop souvent encombrés.

Pour finir, n’oublions pas qu’il faut aussi trouver des solutions pour capter le CO2 déjà dans notre atmosphère qui contribue à réchauffer notre planète. C’est pour cela qu’il me semble essentiel que nos ingénieurs et étudiants de nos écoles polytechniques et hautes écoles spécialisées bénéficient de conditions-cadres adaptées pour favoriser l’innovation et le développement. Par exemple, il faut créer un nouveau statut pour les start-up qui ont vocation à réduire et capturer le CO2 dans l’atmosphère. Sans un nouveau statut, les entrepreneurs et investisseurs ne participeront pas à créer de la valeur ajoutée dans notre pays, mais nous observerons que nos talents partiront sous d’autres cieux plus favorables économiquement pour développer les solutions de demain dont nous avons besoin.