La mobilité à Lausanne validée à coup de gros sous, du contribuable !

Que nous parlions de Midi-Beau-Séjour, de la fermeture des quais, de la Cité et rue Centrale ou encore de Benjamin-Constant, tous ces quartiers ont un point commun : la mobilité que la ville impose aux habitants de ces quartiers et plus largement aux lausannois à coup d’enquêtes de satisfactions, de sondages et d’entretien direct comme alibi pour valider leur vision de la mobilité et ceci pour la modique somme de 95’000.-.

En effet, plusieurs articles dans la presse se font l’écho des fameuses enquêtes que la ville fait réaliser par une entreprise cotée sur la bourse américaine. On se demande donc pourquoi la Ville n’a pas choisi de privilégier des sociétés équivalentes locales qui auraient probablement été disponibles et compétentes pour les réaliser. Ce point étant précisé, nous avons lu l’enquête de Benjamin-Constant et nous nous sommes entretenus avec deux membres du service de la mobilité qui ont très gentiment répondu à toutes nos questions.

Par ailleurs, le souci que nous mettons en exergues, et qui rejoint l’enquête menée par le Lausanne Cités dans son article du 2 juin, est que méthodologiquement ça ne tient pas la route, si l’on ose le dire ! La Ville avait en effet mis à disposition de toute personne qui passait dans le quartier des QR codes permettant de répondre au sondage. Il était donc impossible de savoir si les personnes qui y ont répondu habitent ou travaillent dans ce quartier.

De plus, le nombre de personnes interrogées est de 286 personnes au total, dont 19 adolescents. Cela laisse un peu perplexe sur la légitimité du soi-disant plébiscite de la population avec les nouveaux aménagements. Pour finir, aucun panel n’a été prédéfini pour ce sondage, ce qui implique que le côté scientifique des résultats, soi-disant péremptoires, ne l’est tout simplement pas.

Copenhagen

En conclusion, sans consultations, mais avec des séances d’informations, la Municipalité mène tambour battant l’extension des pistes cyclables, des zones 30km/h, des déviations ou encore la pérennisation, après travaux, de la fermeture définitive du Grand-Pont à la circulation. La Municipalité avance ses pions pour rendre Lausanne une nouvelle Copenhague. Cependant, nous ne sommes toujours pas une ville plate, nous ne sommes pas une cité universitaire, la moyenne d’âge n’est pas de 35 ans et Lausanne restera une ville-centre avec des Vaudoises et des Vaudois qui doivent s’y rendre pour travailler en toute simplicité et efficacité.

Enquête et article par
Sarah Meyer
Sandro Patronaggio

Réponses à Monsieur Benoît Gaillard sur le droit de timbre

En préambule, je souhaite préciser que ce texte a été rédigé par Monsieur Verrey, conseiller fiscal qui m’a autorisé à le publier.

Vous avez probablement vu passer, si vous êtes beaucoup sur les réseaux sociaux, les arguments de campagne des tenants du NON à la suppression du droit de timbre. Monsieur Benoit Gaillard, interviewé dans le 24 heures, avait déjà exposé des arguments qui fleuraient bon les “Fakenews”. Nouvelle production longue épinglée sur le profil Twitter de Monsieur Gaillard, on va s’attarder un peu sur son argumentaire trop long à lire, loi de Brandolini oblige.

Première approximation : confondre l’impôt minimum sur le bénéfice, un mode d’imposition directe, avec les droits de timbre – un impôt indirect. Il n’y a pas de rapport entre les deux sujets. Pourquoi ? Parce qu’un impôt direct se détermine sur le résultat net de la société lors d’un exercice commercial. Le second est un droit d’entrée : une augmentation des fonds propres par apport de l’actionnaire induit le paiement d’un impôt. Les mettre en comparaison ne fait absolument aucun sens.

Deuxième approximation : on parle de creuser des niches fiscales. C’est tout le contraire qui est proposé ici. Une portion d’une loi fiscale est abrogée pour tout le monde et pas que pour les multinationales. Ce que ne dit pas Monsieur Gaillard, c’est le fait qu’une PME dont les actionnaires effectuent un versement est, dès le 1er centime, sujet au droit de timbre d’émission (DTE) ; la franchise ne s’appliquant pas dans ce cas. C’est sûr que cela fait tache avec le narratif du « seuls les tout-puissants paient cet impôt ».

La Suisse est le dernier pays au monde avec le Luxembourg à connaître ce type d’imposition. Le Luxembourg qui, d’ailleurs, possède un droit comparable, mais nettement plus indolore. Il est à noter qu’aucune autre juridiction ne possède ce mode d’imposition dans son arsenal législatif. Cela inclut les paradis fiscaux que sont l’Allemagne, la France ou l’Italie… La Suisse est donc en situation de désavantage comparatif sur ce point.

On passera sur la citation de l’ancien Conseiller fédéral, Monsieur Merz, sans toutefois omettre de relever que Monsieur Benoît Gaillard est le roi de la citation hors contexte et sans source, mais on y reviendra plus bas.

La cinquantaine de sociétés qui paient le DTE sont des entreprises qui procèdent à de très grandes augmentations de capital ou à des entrées en bourse. L’idée sous-jacente : seul le grand Satan capitaliste paie cet impôt. Est-ce vrai ? Pas vraiment. La plupart des entités en question sont de grosses PME ou des start-ups qui cherchent à lever des ressources supplémentaires pour passer une étape de développement. Un exemple : Sophia Genetics, une start-up vaudoise qui est entrée au NASDAQ l’an passé en levant $ 234 Mio. Est-ce une multinationale ? Elle est active dans 70 pays, on pourrait donc le penser. Sauf qu’elle ne vend pas encore grand-chose et qu’elle doit à ce stade encore consolider ses opérations, d’où la levée de fonds. Est-ce que les 2.34 Mio payés au fisc suisse auraient été plus sagement utilisés pour le développement de cette société et l’embauche de nouveaux salariés ? Poser la question, c’est y répondre…

À noter qu’avant de devenir une société cotée en bourse, il a fallu procéder à des levées de fonds successives. Ces dernières ont toutes été soumises au DTE à des moments de vie d’une société encore balbutiante où chaque centime compte… Dire que l’on est très loin des PMEs conduit à deux conclusions intermédiaires. Une grande méconnaissance du sujet et, plus grave, une ignorance des problèmes auxquels font face les porte-drapeaux de l’innovation helvétique : les start-ups.

 

 

Le graphique sur la baisse des revenus liée à la réduction du taux du DTE illustre, une fois de plus, les problèmes de compréhension du sujet. On baisse le taux, donc les recettes s’effondrent. Du coup, la mesure ne sert à rien. Or, les effets du DTE sont plus pernicieux que cela. Ce qui pose problème aux investisseurs, ce n’est pas de payer un droit à 3% ou à 1%, c’est de le payer tout court. Du coup, on contourne la mesure autant que possible en structurant les transactions pour tomber dans une exception légale préexistante ou en finançant autrement. Au mieux, la place helvétique ne perd rien, au pire, une partie des fonctions qui pourraient être conduites en Suisse sera transférée à l’étranger impliquant une perte sèche qui avec le temps dépasse largement le 1% de DTE sur l’opération en question.

Le droit de timbre est marginal, nous dit-on ? Finalement, c’est vrai qu’il ne s’agit que d’un impôt de 1%. Le problème est toutefois plus complexe. On passera sur l’argumentaire « Zemmourien » et volontairement populiste sur le coût exorbitant des avocats ou des commissions bancaires. Il reste néanmoins important de préciser que pour entrer en bourse, une quantité très importante de documents légaux doivent être émis. Le but : protéger l’investisseur.

On vous demande quand même votre argent pour le mettre dans une boîte dont on vous promet monts et merveilles. Le minimum, c’est de s’assurer que la société existe réellement et reçoit l’aval d’institutions financières étatiques quant à la réalité de ses activités. Et vous savez quoi ? Ce n’est pas gratuit. Une sorte de mal nécessaire pour s’assurer que l’argent que l’on demande aux investisseurs ne va pas servir à changer les filtres de la piscine du CEO. Et les commissions bancaires alors ? On pourrait s’en passer, cela utiliserait juste des ressources que la boîte cherchant à entrer en bourse n’a pas (c’est un problème) et surtout cela induirait que le management de cette société devrait courir le monde à la recherche d’investisseurs plutôt que de résoudre les problèmes du quotidien. Et dans une start-up, les ennuis volent en escadrilles…

Du coup, on paie une banque qui fait le travail. Le secteur bancaire va trouver les investisseurs et s’assurer que l’argent payé par ceux-ci finit dans la société et que leur qualité nouvelle d’actionnaire est effectivement reconnue. Et vous savez ce que je vais vous dire ici : ce n’est pas gratuit. Par contre, dans les deux cas, c’est un mal nécessaire. On est loin du complot mondial des puissants contre le petit peuple…

Au passage, on peut encore ajouter deux commentaires. Une pareille sortie à la limite du complotisme est surprenante pour un élu de gauche dont la « moralité » est censée être au-dessus de tout soupçon. Mais c’est comme pour tout, il doit y avoir un bon et un mauvais populisme… Deuxièmement, on peut se demander ce que notre avocat pro-État penserait si les entrées en bourse se faisaient sans le moindre cadre visant à protéger les investisseurs… Mais c’est un autre débat. Revenons à la marginalité du taux. On parle donc d’un taux de 1%, sauf que ramené à la moyenne des coûts d’introductions en bourse (IPOs) sélectionnées par Monsieur Gaillard, cela fait plus de 20% de surcoût pour une IPO suisse par rapport à une IPO étrangère (1% comparé à 4.38%, selon son tableau du coût des IPOs). Ce n’est pas grand-chose pour vous, mais pour un investisseur c’est beaucoup. Ce surcoût n’est donc pas marginal et représente un obstacle à l’attractivité de la Suisse pour ce type de transaction.

Ensuite, l’environnement est extrêmement favorable pour les entreprises et les investisseurs. Le problème de ces arguments ? Ils sont à la fois faux et volontairement trompeurs. La Suisse connaît toujours un impôt sur le capital. Et c’est le seul pays au monde à encore le faire à cette échelle. Par contre, il a été prévu que cet impôt puisse être crédité contre l’impôt sur le bénéfice si le contribuable en paie. Une bonne année, vous ne payez pas l’impôt sur le capital, mais uniquement l’impôt sur le bénéfice. Une mauvaise année, vous payez l’impôt sur le capital. Cette assertion est donc fausse. Pas d’impôts sur les plus-values ? C’est trompeur. Seuls les éléments aliénés provenant de la fortune privée d’une personne physique sont exemptés. Cela en fait une belle niche fiscale, mais des exceptions s’appliquent pour requalifier le gain comme imposable. Le reste des plus-values est en principe imposable, notamment pour les indépendants ou les personnes morales. Ce principe connaît aussi son lot d’exceptions, mais dans leur grande majorité, ce que vend une ou un contribuable qui provient de sa fortune commerciale sera imposé. Le dernier point est correct, rien à ajouter là-dessus.

Par contre, Monsieur Benoît Gaillard oublie, volontairement, certains impôts qui sont très lourds pour les personnes physiques et pas très favorables à l’attractivité de la Suisse. En premier lieu l’impôt sur la fortune dont les taux sont très élevés dans la région lémanique ou les impôts sur les successions que le canton de Vaud est un des derniers en Suisse à lever sur les successions en ligne directe. Cerise sur le gâteau, un contribuable vaudois peut subir une imposition marginale maximale sur le revenu à 71.5% (vous avez bien lu) si vous atteignez les paliers d’imposition les plus élevés. Un taux que même le Conseil d’État … français considère comme confiscatoire.

Une chose est claire, le DTE ne permet certainement pas de financer la formation, les transports, la sécurité ou la justice. C’est un abus de langage. Vous vous souvenez des 250 Mio par année de recettes fiscales ? Cela représente, en 2020, 0.33% des recettes totales de la Confédération. Pour rappel, 2020 était une année pourrie à cause de la COVID. (bfs.admin.ch). Il est probable que les finances de la Confédération survivent à ce coup dur…

Concernant la compétitivité de la Suisse, Monsieur Gaillard nous rappelle que notre pays est en tête de différents classements mondiaux. Un rappel que les politiques contre lesquelles il a lutté avec tant de force ont porté leurs fruits… Difficile de se dire qu’il pourrait avoir raison cette fois-ci. Autre point, le monde évolue. Penser que l’on pourra rester au sommet sans se remettre en question est une garantie d’échec pour l’avenir.

 

 

Au sujet de la théorie du ruissèlement, ”trickle down”, je suis assez d’accord avec les arguments soulevés. La faiblesse de cette théorie vient du fait que l’on ne peut pas mesurer les effets d’une politique en considérant que seul l’environnement fiscal est déterminant pour justifier de la croissance d’une économie nationale. C’est une sorte de “wishful thinking” des politiques prenant ces décisions. Toutefois, il n’est pas possible de dire que cela ne fonctionne pas à chaque fois.

Pour démontrer que la théorie du ruissellement ne fonctionne pas, les conclusions d’un rapport sont citées concluant sur l’absence d’effet positif d’une précédente réforme (RIE II). Vous vous souvenez du fait qu’il est mieux de citer ses sources ? (theconversation.com). Et bien quand on revient à la source, on y trouve un premier paragraphe intéressant:

(…) Toutefois, l’évaluation précise de l’impact d’une réforme fiscale sur l’activité économique demeure une tâche difficile, voire impossible. En effet, un changement des règles fiscales affecte l’ensemble de l’économie et il est difficile d’attribuer une modification des comportements des acteurs économiques à la réforme plutôt qu’à l’évolution de la conjoncture.

Cet article revient sur une modification de la politique fiscale suisse qui a permis d’évaluer précisément comment des entreprises cotées réagissent à une baisse de la fiscalité des dividendes. (…)

Bref, c’est difficile de mesurer les effets d’une politique fiscale. Du coup sautant sur les conclusions et en les considérant comme appropriées, on effectue un sacré raccourci, celui d’aller contre la mise en garde des auteurs…

Autre problème, l’étude est mal construite. Les entreprises cotées sont rarement détenues, en majorité, par des personnes physiques suisses. Si c’est le cas, on parle plutôt de grosses PMEs cotées et c’est assez rare. Il existe, certes, des petits porteurs, mais ils ne représentent pas la majorité loin de là. Ces personnes ne peuvent pas à elles seules changer la courbe nationale de l’investissement d’un des pays les plus riches du monde. En gros, les auteurs de l’article ont analysé les effets d’une politique qui ne s’applique pas vraiment au cas d’espèce. Pas étonnant du coup qu’il n’y ait pas d’effet positif mesuré.

À titre d’exemple, prenons le cas de Novartis pour 2020. Un dividende de 3 CHF par action a été décidé (Novartis.ch). En termes absolus, cela équivaut à un peu plus de CHF 7.3 milliards d’argent versé. Le problème, les petits porteurs ne représentent que 14% de la détention du capital-actions de la société (Novartis.com). Ils ne sont donc, au plus, que 14% à bénéficier de la mesure. Or, il convient de noter qu’une partie non négligeable de ces actionnaires pourraient tout aussi bien se trouver à l’étranger et donc ne pas « réinvestir » en Suisse. Prendre en exemple les sociétés cotées ne semble pas pertinent puisque ces groupes ne sont de toute manière pas en « mains suisses », mais plutôt détenues par des personnes morales ou des investisseurs institutionnels étrangers. Il y avait donc peu de chance que les dividendes distribués soient impactant pour l’investissement en Suisse. Pour évaluer la mesure de manière plus complète, il aurait fallu regarder l’ensemble des sociétés pouvant bénéficier de la mesure. Bonne chance pour trouver des données fiables sur un panel aussi large… Quoiqu’il en soit, Benoît Gaillard n’a pas souhaité prendre ses précautions. Conclusion: pas de bénéfice pour la réforme. Or, en fouillant à peine, on s’aperçoit qu’il y a quelques problèmes sur les conclusions de l’étude…

La RIE II déployant ses effets à partir de 2011. L’impact de celles-ci peut être mesuré sur les revenus engrangés par la Confédération (et encore, c’est probablement simpliste) à partir de cette date. La conclusion : on ne peut pas dire que c’est négatif. En dix ans (de 2010 à 2019), les recettes ont augmenté de 20% (de 65 mia à 78 mia). Encore une fois, c’est le climat fiscal favorable qui y est pour quelque chose, mais ce n’est pas le seul facteur. Il est probable que cette hausse s’explique par d’autres éléments. Par contre, il n’est pas possible de conclure à l’inutilité de la RIE II.

Autre point, il serait intéressant de savoir où Monsieur Gaillard source les chiffres des distributions de dividendes. Une réponse à une interpellation d’une élue socialiste mentionnait des distributions totales pour plus de 264 mia en 2015 (parlament.ch). La plupart de ces dividendes finissant à l’étranger. On peut probablement imaginer qu’il est fait référence ici à 80 mia de dividendes sujets à l’impôt anticipé. Par contre, cela ne signifie pas que tous les bénéficiaires sont en Suisse loin de là. Il est à noter que ces dividendes sont imposés à 35%, une imposition qui peut, éventuellement, être réduite pour des bénéficiaires étrangers ou crédités contre les impôts suisses pour un indigène. Donc certes, quand on peut se servir on le fait, mais cela a un coût…

Concernant le graphique sur la progressivité de l’impôt, il est compliqué d’en tirer quoi que ce soit. Premièrement, les échelles ne sont pas claires. On ne sait pas de quoi l’on parle (revenus annuels / mensuels ?) ni à quoi le pourcentage correspond. Ensuite, pourquoi cela s’arrête à CHF 24’000 (si ce sont des CHFs) ni dans quel contexte ce graphique a été préparé. Une remarque toutefois : dans le canton de Genève, 3% des personnes physiques paient 81.5% de l’impôt sur la fortune et 4.2% paient 48% de l’impôt sur le revenu (déclaration de Nathalie Fontanet sur son profil LinkedIn postée en décembre 2021). Un phénomène qui s’explique par la progressivité de l’impôt. Les faits sont têtus…

Enfin, la conclusion est également erronée. Le droit de timbre est payé par la société recevant les fonds propres et non pas par ses actionnaires. Histoire de montrer que l’on ne comprend rien à la problématique, autant le faire jusqu’au bout.

En bref, vous êtes bien entendu libre de voter en votre âme et conscience et j’espère que vous le ferez dans un camp ou un autre. Par contre, les éléments soulevés par Monsieur Benoît Gaillard sont au mieux trompeurs, au pire faux.

Un constat toutefois : Le droit de timbre est un impôt d’un autre temps, abandonné dans la quasi-totalité des autres pays et qui, aujourd’hui, est un désavantage comparatif pour la Suisse. La manne qui en ressort chaque année est négligeable (0.3% des recettes de la Confédération), mais peut conduire des sociétés à ne pas investir en Suisse. Enfin, c’est un obstacle au développement des start-ups qui se retrouvent à régler du DTE lors de chaque levée de fonds alors qu’elles ont besoin de ces ressources à des moments cruciaux de leur existence.

Jérôme Verrey
Conseiller fiscal

Timbre

Le droit de timbre est mort !

Le droit de timbre d’émission est celui qui rapporte le moins sur les trois droits de timbre que nous avons et il concerne près de 90 % de nos PME. Voici pourquoi il faut voter pour sa suppression le 13 février prochain.

Premièrement, il ne finance que 250 millions par an en moyenne au budget de la Confédération. Ensuite, il n’est pas corrélé sur les profits des entreprises, ce qui veut dire que plus de 2300 entreprises doivent s’en acquitter, quelle que soit leur situation financière, ce qui n’est pas sans conséquence pour notre économie et nos emplois.

En effet, pour une place économique solide, il faut un marché solide. Or, la concurrence, comme vous le savez, fait rage et il est de plus en plus compliqué pour nos PME de conquérir de nouveaux marchés ou juste de préserver nos emplois. Le covid étant passé par là, les entreprises se sont endettées ce qui met à mal leur liquidité grevée un peu plus par ce fameux droit de timbre. De plus, nous n’avons toujours pas une politique consacrée à nos start-up. Autrement dit, les start-up sont considérées comme n’importe quelle entreprise alors même qu’elles nécessitent, dans la plupart des cas, de gros investissements qui sont inévitablement freinés par ce droit de timbre.

Si bien que, nous accusons un large retard sur la création de start-up. Par ailleurs, il n’est pas rare qu’elles se délocalisent dans des pays à la fiscalité bien plus favorable que chez nous laissant partir ainsi nos innovations et futurs emplois. Malheureusement, cette situation retarde notre recherche et le développement pourtant synonyme d’innovation pour nous développer de manière moins gourmande en énergie et plus en phase avec nos objectifs de réductions de CO2.

En bref, une partie de nos emplois d’aujourd’hui et surtout de demain sont créés grâce à des entrepreneurs issus de nos HES et EPF que nous finançons déjà par nos impôts. Donnons un signal fort le 13 février prochain à nos étudiants, entrepreneurs et plus largement à notre place économique en favorisant son essor et en renforcent sa solidité par retirer de notre système fiscal cet instrument archaïque.

La Municipalité de Lausanne, génie du marketing !

Les Services Industriels de Lausanne (SIL) perçoivent 34 millions de trop entre 2009 et 2010, mais pas de souci, la Municipalité sait comment résoudre son problème.

En effet, la genèse de cette histoire commence quand la ville de Lausanne pensait à tort qu’elle pouvait appliquer un prix sur la valorisation de la production électrique alors que la Commission fédérale de l’électricité (ElCom), le tribunal administratif puis le tribunal administratif fédéral lui ont appris qu’elle devait appliquer un tarif sur le prix de revient de la production électrique. Résultat : Plus de 34 millions perçus en trop par la ville.

Vous pensiez que l’histoire s’arrêterait là avec un simple remboursement sur la facture d’électricité des Lausannois ?

C’était sans miser que la Municipalité, majoritairement à gauche, allait user de tous les subterfuges possibles pour ne pas rembourser administrés et flatter son électorat.
C’est ainsi que pour la gauche, il faut utiliser ces 34 millions pour plus de justice sociale et lutter contre le réchauffement climatique.

Où est le problème, me direz-vous ? Ils vont dans le bon sens que diantre !

Oui, mais. D’un côté, plus de justice sociale pour la gauche c’est une réduction du prix des abonnements des transports publics d’une durée de 4 ans uniquement financée par une augmentation des taxes d’électricité. Les catégories concernées seront : les retraités, les jeunes en formation, les enfants et ceux qui bénéficient de prestations complémentaires. De l’autre côté, c’est une diminution des factures des SIL pour rembourser les 34 millions, arguant que cette opération sera neutre pour les Lausannois. Toutefois, ceux qui ont quitté Lausanne ne seront jamais remboursés des factures abusives. De surcroît, induire la réduction du CO2, c’est présumer que les catégories de personnes ciblées pour bénéficier de ces réductions vont dorénavant privilégier les transports en commun plutôt que la voiture. C’est bien essayé, mais ceci n’a aucun sens dans la mesure où les catégories sociales touchées ne prennent déjà pas ou très peu la voiture, étant donné qu’ils n’ont précisément pas beaucoup de moyens.

En d’autres termes, les SIL ont perçu plus de 34 millions de trop sur les factures d’électricité. Ensuite, la Municipalité a engagé à deux reprises les deniers publics pour recourir contre la décision de l’ElCom et puis des tribunaux administratifs, qui leur donneront tour à tour tort. Pour finir, la Municipalité fait voter à “son” Conseil communal (66 élus de gauche sur 100) un préavis lui donnant le “droit” de réduire le prix des transports publics, dans le cadre du plan climat, au bénéfice des catégories précitées, et ceci pour 4 ans grâce à une augmentation de la taxe sur l’électricité de 34 millions. Vous me suivez ? Je me permets de soulever le fait que je ne vois aucun lien entre la réduction des prix des transports publics et le droit d’augmenter la taxe sur l’électricité pour la financer, mais gageons que les socialistes nous l’expliqueront.

En guise de conclusion, nous avons une Municipalité génie du marketing et “son” Conseil communal qui, d’un côté, réduira les factures des SIL à hauteur de 34 millions, sauf celles de ceux qui ont quitté notre ville et qui ne recevront rien. De l’autre côté, la ville augmentera les factures d’électricité pour le même montant afin de financer une réduction du prix des transports publics en nous faisant croire que c’est pour diminuer les émissions de CO2. Bref, ça me laisse à pied tout ça !

Pénurie de logements à Lausanne : pas de panique, le syndic réquisitionne !

La pénurie des logements ne date pas d’hier. En effet, déjà dans les années 1990 les Lausannois avaient grande peine à trouver un logement notamment à cause d’un ralentissement économique qui avait freiné les projets immobiliers.

Toutefois, depuis cette époque révolue, la gauche a pris les commandes de la Municipalité de la capitale vaudoise et nous a démontré à quel point elle a été et reste incapable de créer les bonnes conditions pour permettre les projets immobiliers sur notre sol.

Quelques chiffres* pour prendre un peu de recul : Les taux de logements vacants pour le district de Lausanne sont pour l’année 2018 0,7 % — 2019 0,4 % — 2020 0,6 % et même 0,47 % si l’on prend en compte uniquement Lausanne intramuros. Ceci, alors que le taux à l’échelle nationale est de 1,72 % en 2020 et que le taux moyen, pour une bonne santé immobilière, se situe à 1,5 %.

* https://bit.ly/3tzgeDT * https://bit.ly/3yS399E * https://bit.ly/3n7icdi

Par ailleurs, ce taux de 1,5 % est inscrit dans la loi cantonale sur la préservation et la promotion du parc locatif, notamment à l’Art. 2, ce qui n’est pas anodin. En effet, Lausanne est très loin d’atteindre ce taux de 1,5 %, ce qui lui donne le droit de préempter. C’est ainsi que nos autorités auront la priorité pour l’achat de tout bien immobilier, sauf quelques cas précis que je ne vais pas développer, sur le sol communal. Alors que la gauche est au pouvoir dès la fin des années 1980, aucun projet majeur n’a été mis en place pour enrayer cette pénurie. La gauche actuelle passe donc au plan B avec des projets immobiliers aux Plaines-du-Loup, toujours pas finis, mais aussi aux Fiches Nord pour essayer de sortir la tête du radier. Malheureusement, tout ceci ne rattrapera jamais les décennies d’immobilisme de la majorité social-écologiste au pouvoir du Conseil municipal et communal.


En conséquence, à la fin de la précédente législature, notre syndic a fait voter à “son“ Conseil communal une demande de crédit de 70 millions à cet effet pour la nouvelle législature. Pour Monsieur le syndic, pallier au problème de logements se traduit par augmenter la dette de la ville, qui est de 2,5 milliards de francs, ce qui équivaut pour les Lausannois au même niveau d’endettement par habitant que la Grèce.

De surcroît, rien ne sera résolu par cette tactique, car préempter des logements pour créer quelques appartements abordables ne créera aucun nouveau logis sur le marché et ne fera donc pas baisser le prix des loyers pour tout le monde. Or, c’est effectivement un problème que tous les Lausannois ne puissent trouver son chez-soi pour des raisons économiques. Néanmoins, l’écran de fumée, que nous concocte la gauche durant cette législature, n’offrira pas suffisamment de nouveaux logements, ce qui induira une augmentation des loyers qui mécaniquement subiront l’offre et la demande d’un marché très tendu subi depuis bien longtemps dans notre ville. Non seulement, les socialistes continueront de déposséder légalement des propriétaires privés, aggravant la situation, car qui souhaitera à l’avenir investir à Lausanne sachant que la faucille et le marteau peuvent tout prendre ?

En conclusion, je suis inquiet des décisions prises au Conseil communal pour soi-disant trouver des solutions pérennes à la détente des prix des loyers, car, d’un côté, nous aurons quelques citoyens supplémentaires qui pourront se loger à des prix convenables, mais, de l’autre côté, nous augmenterons la dette et nous ne créerons aucun nouveau logement. De plus, nous ferons fuir les investisseurs et donc la dynamique économique de notre ville. Enfin, aucun nouvel appartement avec ces 70 millions n’aura été créé, ce qui contribuera à faire augmenter encore plus les loyers et donc, à terme, à aggraver encore un peu plus la situation économique de notre ville.

Pourquoi Lausanne s’immobilise à gauche ?

Lausanne s’enfonce dans les dogmes de la gauche bien pensante et ceci depuis 1990, suite à la première élection socialiste à la syndicature de notre ville.

Aujourd’hui, le dogme social-écologiste nous impose sa vision sur la mobilité pour « sauver la planète » alors même que ces mesures, qui vont nous couter très cher et seront peu efficientes sur la mobilité, n’auront aucun impact sur la réduction du réchauffement climatique.

En effet, s’il ne s’agit pas de remettre en question le réchauffement climatique, il me semble toutefois essentiel de remettre en question les décisions politiques engagées par la majorité rose-verte lausannoise sur cette question. Lors de mon dernier article sur la profonde rénovation de la gare de Lausanne, il a été dévoilé par la Municipalité que les voitures, électriques ou thermiques, ne seront plus autorisées à s’y rendre, sauf exception d’une pose/dépose sous-gare. En conséquence, même les voitures qui n’émettent plus de CO2 ne sont pas considérées comme des modes de déplacement acceptable pour les socialistes et associés, étant donné que le parking de la gare sera simplement supprimé.

Or, la gauche nous explique, depuis des décennies, que l’une des principales causes du réchauffement climatique est l’utilisation de la voiture individuelle. Cependant, lorsque les voitures hybrides puis les voitures électriques sont devenues une réalité industrielle, ils n’ont pas hésité un instant à retourner leur veste pour nous expliquer que la problématique n’est plus les émissions de CO2 émises par les voitures, mais la place qu’elle occupe au sol. Autrement dit, ils n’ont aucune vergogne à adapter leur politique afin d’éliminer la voiture de la surface de la ville, par exemple, en imposant le 30 km/h de 22 h à 6 h du matin dans 122 rues, de supprimer des places de parc ou encore d’en interdire l’accès à la place de la future gare.

Toutes ces actions, malheureusement pour la majorité politique de notre capitale, sont un gros coup d’épée dans l’eau, car des études empiriques de l’Ademe ont démontré que rouler à 30 km/h oblige les conducteurs à rouler en surrégime (2e) ou en sous-régime (3e) alors que les voitures thermiques ne sont pas conçues pour rouler à cette vitesse, ce qui aura pour effet d’augmenter les nuisances sonores ainsi que les émissions de CO2 sans oublier que la durée de vie des moteurs sera réduite et encrassera les filtres à particules des moteurs diesel.

Probablement, avons-nous été, à l’opposé de l’échiquier politique, trop passifs sur ces questions environnementales, énergétiques et de mobilité.

Nous devrions accepter d’avoir sous-estimé ces thématiques et de les avoir laissées entre les mains de personnes aux approches extrémistes, pensant à tort que l’apocalypse est pour demain. Partant de ce constat, la gauche prend des décisions sans prendre acte des avancées technologiques et des révolutions industrielles qui s’opèrent dans la mobilité et l’efficience énergétique des matériaux. De plus, Lausanne est une ville-centre reposant sur sept collines, partant de 372m et rejoignant les 873m au col du Chalet-à-Gobet, ce qui lui confère une réalité topographique bien différente des villes du nord de l’Europe, souvent prises en exemple par les sachants.

Nous avons décidé, pour une raison que j’ignore, de faire les moutons. Probablement par galanterie politique, nous avons minimisé les enjeux économiques et sociaux que ces thèmes soulèvent. Toutefois, aujourd’hui, la droite, par son implication dans le tissu économique et d’organisations faitières, est résolument tournée vers des réponses proportionnées, innovantes et justes pour l’ensemble des Lausannois. Autrement dit, nous devons intégrer la multi-modalité, car les voitures ne seront plus à terme un problème d’émetteur de pollution. Par ailleurs, la diminution du prix des transports publics, voire leur gratuité au centre-ville, est une évidence qui échappe à la majorité actuelle. De plus, il faut renforcer la politique communale et cantonale pour inciter le remplacement des véhicules obsolètes par des véhicules, à l’image de ceux utilisés par les fonctionnaires Lausannois, électriques.

Place du Tunnel Lausanne

Pour terminer, il est contreproductif de s’entêter autant à éliminer les voitures, étendard de la gauche caviar vivant au centre-ville à vélo alors que les problématiques liées à la pollution sonore et atmosphérique sont en train d’être résolues les unes après les autres. Concernant l’emprise au sol des véhicules, il aurait mieux fallu proposer des transports publics gratuits à la population pour transposer une partie du trafic automobile vers le transport en commun que de faire croire que les problèmes de pollution seront résolus avec ces farces qui ne feront rire personne quand nous aurons une ville exsangue à l’image de la place du Tunnel.

Sens interdit

Gare de Lausanne : la Municipalité de gauche dit non aux voitures propres

La gare de Lausanne se transforme pour doubler le nombre de passagers d’ici 2030 et bannir le transport individuel au passage.

En effet, pour les dix prochaines années notre gare va se muer pour accueillir des trains de 400m pour plus de places assises ainsi qu’élargir les quais et redessiner complètement son parvis. Si l’on peut se féliciter de cette modernisation de nos infrastructures et de cette synergie entre la confédération, le canton, la ville et les CFF, on peut toutefois se demander pourquoi la multimodalité se limite à la population qui habite à proximité de la gare ? Dans la mesure où les transports publics et vélos auront la pare belle de l’espace public laissant la voiture au parking, mais plus celui de la gare qui disparaitra tout simplement alors qu’une gare est justement un relais entre plusieurs modes de transport.

Prévision place de la gare de Lausanne 2030
Ce qui veut dire que les Zones foraines, Chalet-à-Gobet, Vers-chez-les-Blanc, Montblesson, Montheron et Vernand ou encore une partie du Gros Vaud, sont invités, pour rejoindre la gare, à prendre les transports publics en payant une 3e zone et plus ou à vélo pour autant qu’il ne pleuve pas et que les routes ne soient pas gelées, autrement ce sera un aller simple pour la rue du Bugnon 46, et à voyager (très) léger.

Les différentes zones Mobilis pour se rendre à la gare de Lausanne.

Sans aucun doute, il faut moderniser et améliorer nos réseaux de transport en commun, mais sommes-nous obligés de bannir la voiture alors que celle-ci s’électrifie tout comme le vélo ? Nos édiles ont-elles décidé que la voiture est définitivement un moyen de locomotion du passé qui ne participera plus à la richesse et au développement de la ville et plus largement de notre pays ? Sont-ils courtermistes sur cette question et sans envergure des besoins de notre ville alors que les premières voitures à hydrogène, qui rejettent uniquement de l’eau, sont vendues en Australie. Toutes ces questions et bien d’autres restent sans réponses saufs, peut-être, sur le modèle que souhaite donner nos élus à notre ville : Paris ! Un fiasco à tellement de niveaux, un exemple dont personne d’autre que notre syndic ne s’inspire.

En bref, la recherche et le développement apportent bien plus de solutions que le tout vélo que les politiques de la gauche lausannoise sans vision et dogmatique imposent et qui va inévitablement assécher économiquement à terme notre ville et faire exploser les impôts qui seront nécessaires pour compenser leurs erreurs politiques.

Cargo sous terrain

Quand la Suisse innove, elle a forcément raison !

Le Conseil d’État a validé son accord de principe concernant le transport de marchandises sous terrain, ce qui présage une petite révolution pour notre pays.

En effet, les chambres fédérales disent oui à l’audace et à l’innovation et le Conseil fédéral planche sur une loi pour construire et exploiter ces tunnels qui relieront à terme les villes du plateau helvétique.

Plus rapide et écologique que le transport routier, ce projet de transport sous terrain, qui pourra fonctionner H24, aura plusieurs avantages notables. Premièrement, il évitera la construction de nouvelles routes pour faire face à l’augmentation du transport des marchandises au cours des prochaines années. Ensuite, les terrains agricoles et les surfaces à bâtir ne seront pas impactés par ce projet pharaonique, ce qui est une très bonne nouvelle pour permettre la densification des logements qui font cruellement défaut dans bien des villes, notamment à Lausanne. Enfin, ce projet permettra d’apporter une solution tangible pour la diminution de nos émissions de CO2, qui représente aujourd’hui 32% dans les transports.

OFEV

Ce projet singulier, car financé exclusivement par le secteur privé, fera une phase test avec un premier financement d’environ 3 milliards de francs pour relier les villes de Zurich et de Härkingen-Niederbipp. Gageons que ce test grandeur nature, soutenu par notre Conseiller aux États Olivier Français membre de la Commission des transports, sera concluant et qu’il permettra la construction de centaines de kilomètres de tunnels pour relier les différentes villes et, dans son sillage, la création de centaines d’emplois.

Olivier Français
En peu de mots, la Suisse sait se montrer visionnaire et novatrice quand il faut trouver des solutions à des problématiques. Nous sommes à l’aube d’innovations et des nouvelles technologies qui nous permettront de trouver des solutions dans la mobilité individuelle, collective, mais aussi dans le domaine du fret, et ainsi contribuer à préserver nos écosystèmes et leur ressource essentielle pour tous. Soyons innovants et tournés vers l’avenir, osons la réussite de notre pays.

3 raisons qui m’ont fait changer d’avis sur la loi CO2

Je n’étais pas convaincu sur l’augmentation des taxes existantes sur les énergies fossiles ainsi que sur la création d’une nouvelle taxe sur les billets d’avion. Toutefois, voici plusieurs éléments qui m’ont permis de revoir ma position.

Premièrement, les taxes vont permettre de financer la rénovation des bâtiments qui sont pour la plupart de véritables passoires énergétiques. Nos bâtiments ont produit en 2017, selon l’OFEV, plus de 8,4 millions de tonnes de CO2, soit 18 % de nos émissions en une année. Il y a donc un véritable enjeu économique pour l’état, donc nos impôts, à réduire notre dépendance aux énergies fossiles importées, mais aussi pour les entreprises et les particuliers puisqu’ils pourront voir leurs factures de chauffage se réduire considérablement.

Ensuite, le point décisif qui m’a permis d’apporter mon soutien à cette loi est le financement des entreprises qui contribueront à réduire nos émissions de CO2. En effet, nos petites et moyennes entreprises comme les industries verront leurs charges se réduire et devenir plus compétitives à long terme. Par ailleurs, ceci créera des places de travail et contribuera à améliorer notre qualité de vie.

Le troisième point, qui reste pour le moment très discuté à juste titre, sont les transports. La voiture avec un moteur à explosion reste un problème. Cependant, les voitures électriques sont déjà une réalité et les voitures à hydrogène vont encore être améliorées. Néanmoins, nous savons aujourd’hui que se déplacer avec une voiture sans émission de CO2 est possible à large échelle. En outre, les panneaux solaires, mais aussi l’électricité hydraulique, la biomasse ou la géothermie viendront apporter leur contribution à une société sans énergie fossile à terme. Je ne m’attarde pas sur le développement des transports publics et leur gratuité qui favorisera leur utilisation par tous ceux qui en ont la possibilité. La multimodalité, et les voitures dites intelligentes seront incontournables ces prochaines années pour décarboner et fluidifier nos trajets trop souvent encombrés.

Pour finir, n’oublions pas qu’il faut aussi trouver des solutions pour capter le CO2 déjà dans notre atmosphère qui contribue à réchauffer notre planète. C’est pour cela qu’il me semble essentiel que nos ingénieurs et étudiants de nos écoles polytechniques et hautes écoles spécialisées bénéficient de conditions-cadres adaptées pour favoriser l’innovation et le développement. Par exemple, il faut créer un nouveau statut pour les start-up qui ont vocation à réduire et capturer le CO2 dans l’atmosphère. Sans un nouveau statut, les entrepreneurs et investisseurs ne participeront pas à créer de la valeur ajoutée dans notre pays, mais nous observerons que nos talents partiront sous d’autres cieux plus favorables économiquement pour développer les solutions de demain dont nous avons besoin.