Il n’y a pas de « chantage » climatique !

Les jeunes et les partis écologistes sont-ils coupables de « chantage » au changement climatique ? De quelles si terribles armes et si puissants soutiens disposent-ils pour se voir régulièrement accusés de vouloir instaurer une « dictature verte » ?

A quelques jours de l’anniversaire de sa troublante publication par l’AGEFI Suisse, nous avons décidé de revenir sur la chronique publiée en juin dernier par le Centre Patronal sous la plume de la juriste Sophie Paschoud. Intitulée « Le chantage climatique commence à bien faire », elle nous semble en effet intéressante à relire au moment où la fuite en avant de nos sociétés occidentales à irresponsabilité illimitée a non seulement conduit au dramatique confinement d’une bonne partie de l’humanité, mais a également mis en évidence la fragilité d’un système d’échanges commerciaux à flux tendu qui menace la souveraineté économique de nos propres Etats. Une crise que d’aucuns considèrent en outre hélas comme une répétition générale de celles que nous feront sous peu affronter les conséquences de nos modes de vie insensés, parmi lesquelles l’effondrement de la biodiversité, la transformation des océans en égouts et le désastreux déplacement de la teneur en CO2 de l’atmosphère.

“Je serai soulagé lorsque cette crise sanitaire sera passée…”

En effet, ce texte consternant, du reste immédiatement dénoncé par plusieurs acteurs politiques, traduit particulièrement bien les tensions et crispations qui accompagnent depuis plusieurs années la question climatique dans les sphères politiques et économiques. Lors de sa parution, je l’ai toutefois lu avec déception et tristesse et j’aimerais essayer ici d’expliquer, de la manière la plus constructive possible, pourquoi le problème soulevé par Sophie Paschoud ne me semble pas être posé convenablement.

 

Une montée en puissance de la couleur verte

Depuis les dernières élections, les partis traditionnels s’émeuvent d’une montée en puissance des écologistes et on les comprend. Une des réactions qu’ils opposent à ce phénomène consiste à accuser ces derniers de dramatiser la situation pour « siphonner des voix » et « faire passer leur idéologie ». Ainsi Sophie Paschoud écrit-elle : « On en arrive à un stade où les considérations écologiques ne sont plus qu’un prétexte pour imposer une idéologie en passe de devenir une véritable dictature ».

Avec une phrase telle que celle-ci, sa thèse du « chantage climatique » apparaît comme une version à peine édulcorée de celle du tout-ménage de l’UDC diffusé au printemps dernier dans lequel on pouvait lire des slogans tels que « Voici comment la gauche et les verts veulent rééduquer la classe moyenne » ou « Que cache donc cette hystérie climatique attisée par la gauche écologiste ? », et dont les illustrations reprenaient la traditionnelle représentation libertarienne du diable communiste avançant masqué derrière son camouflage vert.

Exemple de slogan anti-vert de l’UDC. Extrait du “tout-ménage” du 15 juin 2019.

Or face à cette menace électorale, ces partis traditionnels semblent ne parvenir à se focaliser que sur la question de la réalité du changement climatique ou de la gravité de la crise écologique. Ce faisant, ils prennent nettement position, parfois sans le vouloir, sur le large spectre du climato-scepticisme qui s’étend du climato-quiétisme au climato-dénialisme.

Pourtant, les deux seules questions qui méritent d’être posées et débattues démocratiquement ne portent désormais plus sur l’existence ou non d’une crise climatique mais 1/ sur la société que nous voulons construire COMPTE TENU de la gravité de cette crise et 2/ sur le chemin que nous voulons suivre pour atteindre ce nouvel objectif. Et pour ce faire, nous avons besoin de tous les partis, que tous proposent des solutions, du PS à l’UDC, parmi lesquelles les électeurs choisiront. Parce que face à l’ampleur de la menace, toutes les intelligences et toutes les idées sont nécessaires !

Au lieu de cela, et en dépit de quelques maigres esquisses de propositions politiques (voir image ci-dessous), on voit les énergies se canaliser dans la négation du problème plutôt que dans sa résolution. Là réside le second drame que nous vivons : celui de ne pas être capables de nous atteler ensemble à la tâche colossale qui est devant nous.

Exemple de solution à la crise écologique proposée par l’UDC. Extrait du “tout-ménage” du 15 juin 2019.

Et pourquoi pas la disparition des partis écologistes ?

Je soutiens personnellement les partis écologistes mais je ne pourrais rêver mieux que de les voir disparaître si cela pouvait signifier qu’ils sont devenus inutiles, les partis traditionnels ayant enfin intégré les questions environnementales dans leurs visions du monde, à la place qu’elles méritent. Là où Sophie Paschoud croit que les Verts font du chantage pour aspirer des voix, je ne vois personnellement que des personnes sensées et de bonne volonté, simplement désireuses de faire entendre la leur, sur la base de ce qui saute aux yeux de qui veut bien les garder ouverts. Va-t-on tout de même leur reprocher de défendre en même temps leur vision du monde si celles qui ont cours ne leur conviennent pas ?

A cet égard, Sophie Paschoud ne semble pas très bien informée quant à ce qui se joue en ce moment dans la biosphère. Il suffit pourtant de lire la littérature scientifique et d’essayer de comprendre où ira le monde si l’ensemble de l’organisation de notre civilisation thermo-industrielle basée sur des énergies carbonées n’est pas rapidement révolutionnée. Les mesures qu’elle tourne en dérision ne sont pourtant que le début de ce à quoi il faudra se résoudre en termes de limitation de notre confort pour ne simplement pas perdre tout le reste. Mais c’est probablement une réalité trop difficile à regarder en face.

Alors on préfère critiquer Greta Thunberg et les jeunes qui s’engagent, parler de « retour à l’âge de pierre » ou dire que « la Suisse est responsable de 0,1% des émissions mondiales de gaz à effet de serre ». D’une part, ce chiffre n’a pas de sens car il ne tient pas compte de phénomènes tels que les émissions externalisées par les pays occidentaux qui la font remonter à la 14e place au niveau mondial en termes d’émissions par habitant, ou encore l’impact des investissements des banques suisses dans l’industrie carbonée. D’autre part, ce chiffre n’intègre aucunement le pouvoir d’influence politique, économique et technologique de notre pays.

 

Un combat d’arrière-garde

Il y a donc une forme de combat d’arrière-garde à parler de « chantage climatique » alors que tous les indicateurs sont au rouge et que même le GIEC admet que ses prévisions étaient sous-estimées. Et pour en attester, que l’on me permette de citer, en plus des papiers qui pourraient risquer d’être taxés d’écolos ou de gauchistes, cette récente interview de Jean-Marc Jancovici dans Le Figaro ou cet article du journal économique Les Echos.

Pour résumer, quand un navire sombre, les passagers se bagarrent-ils pour savoir si l’avarie est grave, voire si elle existe vraiment ? Accuse-t-on ceux qui préconisent des solutions radicales de chercher à faire passer leur idéologie ? Ne feraient-ils pas mieux de tous chercher, ensemble, à colmater la brèche, quoi que cela en coûte, pour ne pas simplement tous périr ?

“Si nous sommes en train de couler, pourquoi sommes-nous des dizaines de mètres au-dessus de l’eau ?”

Mme Paschoud n’a peut-être pas d’enfants. Sans quoi elle chercherait probablement davantage à anticiper l’état du monde dans lequel ils vont vivre. Mais qu’elle se rassure quoi qu’il en soit : ce qui doit être fait ne le sera pas. Il suffit pour s’en convaincre d’examiner l’indigence des résultats de la COP25 qui, en décembre 2019, titrait pourtant « Time for Action ». Nous atteindrons sans aucun doute les 2, 3 voire 5°C supplémentaires d’ici la fin du siècle. Pour cela, on peut faire confiance à la robustesse du capitalisme et à la brutalité de la pandémie ultralibérale qui, elle, a démarré bien avant celle du Covid-19.

 

Richard-Emmanuel Eastes

Richard-Emmanuel Eastes

Responsable du Service d'Appui et de Développement Académique et Professionnel (SADAP) de la Haute Ecole spécialisée de Suisse Occidentale (HES-SO, Delémont)   //   Membre associé du Laboratoire d'Etude des Sciences et des Techniques (STS Lab) de la Faculté des Sciences Sociales et Politiques de l'Université de Lausanne (UNIL)   //   Consultant en Communication scientifique & Ingénierie cognitive, CEO de la société SEGALLIS (Sorvilier)   //   Partenaire académique de la société Creaholic (Bienne)   //   Président de l'association de médiation culturelle musicale Usinesonore (Tavannes)

34 réponses à “Il n’y a pas de « chantage » climatique !

  1. https://www.letemps.ch/suisse/suisse-reste-deuxieme-transition-energetique-selon-wef

    Donc la Suisse est apparemment 14e plus grand émetteur de CO2 par habitant, mais il ne faut surtout pas relever qu’elle est encore 2e dans la transition énergétique. Si ce n’est pas du négationnisme ça !

    Pourtant, si la Suisse est encore 2e, c’est à grâce aux décisions politiques du passé qui portent leurs fruits aujourd’hui, donc grâce aux partis traditionnels. Ca signifie qu’il n’y a pas eu besoin d’attendre sur les grévistes “écologiques” qui souillent les murs de nos villes pour agir. Ca signifie également que les efforts et décisions prises aujourd’hui auront également un impact positif sur l’avenir.
    Je suis très surpris de ne pas avoir vu un seul militant écologique de tout poil relayer cette information qui permet de redonner de l’espoir aux personnes qui l’avait perdu. Mais la raison est simple : elle donne du crédit aux partis traditionnels et non aux militants écologiques. Je ne peux donc pas vous croire lorsque vous dites que les Verts ou autre communistes n’ont pas l’intention de chercher des voix.

    Pour reprendre l’image du navire qui sombre, je trouve très imprudent qu’il faille que l’on se concentre uniquement sur le colmatage de la brèche. Il faut également s’investir pour un plan B, au cas où le plan A échoue : créer davantage de canots de sauvetage (s’adapter au nouveau climat) et empêcher les hélicoptères d’apporter sans arrêt de nouveaux passagers sur le navire ce qui ne fait que compliquer la situation (surpopulation).
    Deux concepts qui font preuve de bon sens mais que la gauche nie tout simplement en détournant le sujet à chaque fois qu’il est abordé.

    1. Cher Monsieur.

      Merci pour votre commentaire. Je l’ai validé et vous avez donc pu ajouter l’information qui vous semblait importante. A moins que n’existe le “négationnisme par omission” (où cela commencerait à devenir compliqué), vous pouvez donc vous rassurer.

      Les efforts de la Suisse sont louables pour assurer une transition écologique. Hélas votre information doit être relativisée ; il n’y a guère d’expert de l’énergie qui croit encore que cette transition permettra de conserver nos modes de vie actuels tout en limitant notre empreinte écologique à ce que la planète est capable de supporter. Je vous invite par exemple à écouter l’interview de JM Jancovici sur France Culture il y a quelques jours (https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-des-matins-2eme-partie/la-pandemie-va-t-elle-accelerer-la-transition-energetique) ou, pour ne pas se limiter à une vision technocratique, à visionner par exemple le dernier documentaire très complet de Michael Moore sur le sujet (https://www.youtube.com/watch?v=Zk11vI-7czE). Dans ces conditions, “Etre 2e dans la transition énergétique” ne signifie peut-être pas grand-chose. Surtout lorsque l’on sait que toute avancée sur le plan énergétique s’est toujours soldée soit par un effet rebond (augmentation de la consommation), soit par l’addition des nouvelles sources d’énergie sans diminution des autres (voyez combien le monde consomme encore de charbon). Plus d’informations sur le sujet ici, avec l’historien des sciences Jean-Baptise Fressoz : https://www.youtube.com/watch?v=lO0r5O4-2wU

      Vous avez par ailleurs bien raison de déplorer les graffitis sur les murs de nos villes de la part des jeunes militants pour le climat. C’est mal. Mieux vaut envoyer des millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Cela les tuera mais au moins, ça ne se voit pas. Qu’ils acceptent de voir leurs rêves d’avenir s’effondrer avec la biodiversité et qu’ils meurent en silence, et surtout proprement. Reste que je m’interroge sur cette histoire de graffitis. Le stéréotype des jeunes qui souillent les murs… une si longue histoire…

      Si l’information qui vous redonne espoir n’a pas été relayée, c’est peut-être donc tout simplement parce qu’elle n’est pas porteuse d’espérance. Croyez-vous vraiment que les accords commerciaux internationaux signés en même temps que l’on développe les énergies renouvelables (dont l’efficacité climatique est très remise en cause, voir liens ci-dessus) ont quelque chose à voir avec un progrès environnemental ? Nous continuerons simplement à être les 2e pour la transition écologique, et 14e pour l’impact par habitant.

      Concernant le fait de chercher des voix, j’imagine que votre naïveté est feinte : lorsque l’on fait de la politique, c’est effectivement pour recueillir des voix, parce que l’on considère que celles qui sont attirées par les autres partis sont mal employées. C’est le sens de l’engagement citoyen que de vouloir changer le monde dans un sens qui vous semble vertueux. Ce qui est insupportable, c’est lorsqu’on vous accuse de mauvaise foi, de triche, d’instrumentaliser la catastrophe pour acquérir du pouvoir. C’est détestable et c’est ce que vous contribuez à faire. Surtout lorsque les écologistes se battent en général pour eux et leurs enfants, mais également pour que vous et vos petits enfants viviez sur une planète vivable. Je n’en dirais pas autant des lobbyistes ultralibéraux qui eux, bien sûr, n’instrumentalisent rien, ne cherchent ni le pouvoir ni le profit.

      J’ajoute enfin que les écologistes sont, ne vous en déplaise, devenus membres du cercle des partis traditionnels. Et c’est heureux.

      Pour finir, je trouve votre vision du naufrage tellement navrante que j’hésite à la commenter. Nous coulons ? Tant pis. Laissons crever tous ceux qui ne pourront pas trouver de place dans les canots de sauvetage, aménageons-nous les meilleures places dans ces derniers pendant que tous ces idiots tentent d’empêcher le bateau de couler, de toute façon, c’est trop tard. Nous le savons mais il vaut mieux qu’eux continuent à l’ignorer. Nous sauverons d’autant mieux notre peau. Bruno Latour a magistralement thématisé votre position dans son dernier ouvrage “Où atterrir ?”. Il avait simplement oublié qu’en plus, il convenait de faire avorter les femmes enceinte sur le bateau, histoire de ne pas rajouter trop de malheureux.

      Ces deux “concepts” font peut-être sens pour vous. Pas pour moi. Ne serait-ce que parce que “s’adapoter à un nouveau climat”, s’il a 5°C de plus que maintenant, ce sera juste impossible. Lisez donc les projections de ceux dont c’est le métier pour vous en convaincre (mais en général on me répond que ces experts-là, évidemment, ne font pas de science mais de la politique ; c’est tellement plus rassurant que d’avoir à les prendre au sérieux).

      Il est donc heureux que la gauche se défie de vos deux propositions. Car une gauche anti-humaniste ne serait plus la gauche.

      1. Cher Monsieur,
        Je vous remercie d’avoir pris le temps de me répondre, et de manière constructive (bien qu’avec mal d’ironie aussi mais ça ne me dérange pas).

        Pour ne pas laisser de doute là-dessus, je tiens à dire que je suis également préoccuper par le réchauffement climatique, des efforts à entreprendre, notamment pour ne pas décimer toute la faune et la flore telle que l’on continue de faire.
        Je suis bien évidemment convaincu que le principal effort à fournir est d’abord d’empêcher au mieux l’augmentation moyenne de la température.

        Sauf qu’il y a deux points qui m’échappent complètement :
        1) Je me rends sur le site du partis des Verts suisses, et je lis un de leurs slogans suivant : “Une utilisation plus efficace de l’énergie permet d’en économiser, sans avoir à renoncer au confort.”
        https://verts.ch/environnement/energie-et-climat/energie
        Ce slogan se trouve dans le thème de l’énergie qui est le 2e de la liste des thèmes mis en avant par les Verts.
        Alors je me dis en toute naïveté “feinte” que c’est l’un des objectifs principaux des Verts donc qu’il est forcément “porteur d’espérance”. Bah oui, puisque l’on n’aura pas à renoncer à notre confort !
        Maintenant que l’on a l’information que la Suisse est sur la très bonne voie en matière de transition écologique, vous dites que c’est évident que les militants écologiques n’aient pas relayé cette information, car elle n’est porteuse d’espoir, car ça ne va pas nous faire renoncer à notre confort en diminuant notre consommation. “Tout simplement” que vous le dites.

        Donc pourquoi ce slogan des Verts ? Mensonge ? Démagogie ? Mauvais foi ? Je tiens en tout cas à m’excuser d’être “détestable” une nouvelle fois. Cela dit, je veux bien vous croire que la transition énergique puisse être innefficace.

        2) Lorsque vous dites : “[…] nous avons besoin de tous les partis, que tous proposent des solutions, du PS à l’UDC, parmi lesquelles les électeurs choisiront. Parce que face à l’ampleur de la menace, toutes les intelligences et toutes les idées sont nécessaires !”
        Je suis surpris que vous trouviez “navrant” ma vision du naufrage et qu’il suffit de balayer mes deux propositions pour le simple fait qu’elles sont anti-humanistes et inefficaces. Alors que c’est justement la définition d’un plan B : il est largement moins bien que le plan A, ses chances de réussites sont encore plus minces et les conséquences sont désastreuses, mais demeure porteur d’espoir pour sauver l’humanité.
        Le fait de ne pas vouloir entrer en matière ne serait-il pas justement du chantage ?
        Il faudra pourtant s’attendre à ce genre de solutions venant de la droite et se souvenir que “toutes les idées sont nécessaires”.

        Je veux bien être humaniste, mais pas au détriment de l’humanité.

        1. Cher Monsieur.
          Je vous remercie pour ce nouveau commentaire. Je précise que je n’adhère pas au parti des Verts et que ce qu’ils disent ne m’engage donc pas. Je fais partie de cette catégorie large et diversifiée de personnes que l’on nomme “écologistes”, sans majuscule, mais pas d’un quelconque parti.
          Je suis même en profond désaccord avec le fait que nous puissions réaliser les transformations nécessaires à la sauvegarde de nos conditions de vie sur Terre sans porter atteinte à notre confort, ou plutôt à une certaine idée du “confort” actuellement en vigueur dans nos sociétés dilapidatrices de ressources naturelles. Comme on dit, on ne peut pas avoir le beurre et…
          Mon point de vue, et ma conviction, est que nous ne devrions pas nous reposer naïvement sur les “bons” chiffres de la transition énergétique que vous citez. On peut s’en féliciter mais ils ne doivent pas faire oublier l’externalisation de la majeure partie des émissions liées à notre actuel mode de vie, que même les Verts, donc, entendent préserver.
          Quant à votre point 2, souhaiter que toutes les idées s’expriment ne signifie pas que je doive être d’accord avec chacune d’entre elles. Censurer votre commentaire aurait été le signe d’une “non-entrée en matière”, mais tel n’est pas le cas. J’ai simplement exprimé mon désaccord à l’égard de son contenu.
          Je récuse du reste à nouveau l’idée de chantage. Le chantage, c’est chercher à obtenir un comportement de quelqu’un par le biais d’un ascendant ou d’une pression exercée sur lui. Il n’y a rien de tel dans l’attitude de ceux qui, pour la sauvegarde de l’humanité, demandent à ce que l’on réduise les émissions de GES et que l’on protège la nature. Les écologistes n’exercent d’ascendant sur personne, n’ont pas la puissance de frappe des lobbies pétroliers, et ce n’est qu’à coup de marches de protestation et de parties de tennis qu’ils tentent de se faire entendre. S’il y a chantage dans ce monde ultra-libéral, ce ne sont pas les écologistes qui l’exercent. L’inversion des rôles est tout de même un peu dure à avaler.

    2. Malheureusement la Suisse n’a pas diminué ses émissions de CO2 en lien avec la consommation de ses habitants. On a juste exporté nos émissions.

      Plus de 60% de l’empreinte gaz à effet de serre de la Suisse est générée à l’étranger
      https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/publications.assetdetail.4322943.html

      The world’s largest CO2 importers and exporters
      https://www.carbonbrief.org/mapped-worlds-largest-co2-importers-exporters

  2. Ce qui est sure, c’est l’existence du dérèglement climatique provoque par l’homme et le succès de la “dictature libérale” qui en est la conséquence.
    Tous ces climato…sceptiques et autres, nous font perdre notre temps, trop attaches qu’ils sont a leurs avantages, dividendes, profits qui nous perdront tous.
    Les lobbies sont clairement identifies du cote de ces gens.

  3. “… empêcher les hélicoptères d’apporter sans arrêt de nouveaux passagers sur le navire”?? Le “navire” étant notre planète dans la problématique dont il est question ici, d’où viennent ces “nouveaux passagers”? De la planète Mars :-)?! Et si c’est le taux de natalité “interne” (humanité) qui vous préoccupe, rassurez-vous, il est en forte baisse partout dans le monde et est même déjà devenu insuffisant pour assurer la relève des générations dans les pays occidentaux (qui sont aussi de loin ceux qui polluent le plus). Seulement, avec l’inertie due en particulier à l’allongement de la durée de vie, les effets ne se font pas encore sentir. Mais la “décrue” risque bien d’être aussi brutale que l’a été la poussée exponentielle que nous avons connue ces derniers siècles, … et il est fort probable que c’est cette décroissance qui va poser problème probablement déjà dès le début du siècle prochain.

    1. Oui, je fais bien allusion au taux de natalité interne.

      Même s’il diminue (surtout dans les pays occidentaux), le taux mondial reste supérieur à 2.1 qui est le seuil d’équilibre du renouvellement de la population. Comme vous le dites justement, la décroissance aura lieu à partir du prochain siècle si la baisse du taux de natalité poursuit la même tendance, ce qui est beaucoup trop tard face aux défis climatiques et surtout par rapport aux ressources limitées que la planète nous met à disposition jusqu’au prochain siècle.

      Pire encore, même si les pays pollueurs ont un taux de natalité très inférieur à 2.1, leurs populations ne cessent d’augmenter dus aux flux migratoires (sauf pour le Japon qui a toujours très peu de tolérance pour l’immigration). C’est-à-dire que les pays occidentaux convertissent des personnes avec peu d’empreinte carbone en des gros pollueurs, et même si toute la population des pays occidentaux fait un effort pour réduire son empreinte carbone, ça ne suffira largement pas (ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire d’effort).
      Personnellement, je consomme 2 planètes selon le calculateur d’empreinte carbone réalisé par la WWF/Greenpeace si je ne mets que ma consommation liée à mon activité professionnelle (je fais 150km de trains par jour), c’est-à-dire si je ne mange pas, n’ai pas de loisir, ne consomme rien et ne respire pas durant mon temps libre. Et selon le WWF/Greenpeace je pollue déjà trop !
      Tout cela s’explique par la nécessité des infrastructures d’utilité publique (hôpitaux, écoles, tribunaux, transports publiques, entretiens des voies de communication, universités, police, armée) dont les normes sanitaires, de sécurité et de qualité sont très strictes (au détriment de l’écologie), qui fait qu’on dépasse largement la consommation d’une planète avant que l’on aborde le problème de consommation personnelle.
      Donc les pays occidentaux ont le choix entre 2 options :
      – réduire fortement la pollution de ses services publiques, qui se traduit par une forte baisse de qualité du service, et de sa sécurité sanitaire, physique et d’Etat de Droit.
      – réduire la population qui bénéficie ces services. Ca ne peut se faire qu’en réduisant le taux de natalité pour maintenir un Etat de Droit équitable pour tout citoyen. Ou du moins, comme le taux de natalité des pays occidentaux implique déjà une baisse naturelle de la population, ne pas la compenser par l’immigration.

      Parmi ces deux options, la gauche n’aime ni l’une, ni l’autre, et choisit de les ignorer en faisant croire au monde qu’un système communiste et d’économie planifiée réglera le problème que le méchant libéralisme capitaliste a créé.

      Quant au problème engendré par une décroissance de la population, s’il devenait le défis numéro un de notre monde, ça voudrait dire qu’on aurait déjà réglé le problème climatique et des ressources de notre planète. Ce qui serait déjà quelque chose d’extraordinaire. Le Japon est toutefois déjà touché par la décroissance et saura nous apporter des solutions le moment venu.

      1. Il est illusoire de croire que l’on peut du jour au lendemain ou presque “réduire la population”, … sauf à envisager le pire: guerre(s), épidémie(s) dévastatrice(s), ou eugénisme d’un type ou d’un autre! L’inertie est grande dans ce domaine, et la baisse, déjà très sensible, de la natalité ne fera sentir ses effets que dans plusieurs décennies. Mais, heureusement ou non, elle est amorcée et même bien amorcée, et tout laisse penser que ce mouvement va continuer et même s’amplifier. Et ne sous-estimez pas les problèmes d’une décroissance rapide; certes la planète s’en portera probablement mieux, mais pour l’humanité ce sera une autre affaire, avec un possible effondrement de nos sociétés. Rien ne dit d’ailleurs qu’il sera possible d’arrêter le mouvement de décroissance une fois bien lancé; on a observé dans bien des espèces animales “grégaires” (rats p.ex.) qu’après avoir atteint un pic de population celle-ci avait fini par amorcer une décroissance, … qui ne s’est plus arrêtée avant une extinction totale dans l’espace borné considéré, qui pour l’Humanité est la planète tout entière (ce qui, de nouveau, pourrait être bon pour celle-ci évidemment si l’on adopte ce point de vue).

        1. Je suis assez d’accord avec vous, il ne faut pas sous estimer la décroissance. Cependant, je n’ai pas vraiment d’inquiétude sur la possibilité pour les gouvernements d’agir sur le taux de natalité.
          La France parvient à maintenir un taux de plus de 2 avec sa politique très favorable envers les familles.

      2. Réduire la population en quelques décennies n’est pas réaliste, on peut espérer stabiliser la démographie mais inverser la tendance est difficilement envisageable. Même avec des politiques anti-natalistes très fortes. Donc de ce constat il résulte qu’on ne peut pas résoudre le problème par la démographie mais on peut empêcher le problème d’empirer à cause de la démographie.

        Concernant les émissions de gaz à effet de serre et l’efficacité des biens et services, le charbon a lui-seul représente plus de 40% des émissions globales. En très grande majorité pour produire de l’électricité. Donc il est largement faisable de résoudre presque la moitié des émissions avec un peu de bonne volonté et de coopération internationale.

        1. Hélas, plus le charbon est délaissé, plus son prix baisse, et plus il redevient intéressant par rapport à d’autres sources moins polluantes, notamment pour les pays qui ont la plus forte pression énergétique et peu de moyens pour développer des sources d’énergie plus propres mais plus sophistiquées (Inde par exemple). Il faudrait probablement plus que de la collaboration internationale. La première voie consiste à réduire les écarts de pauvreté Nord-Sud. Elle est mentionnée dans tous les rapports du GIEC. Mais c’est très mal parti. La deuxième voie s’appelle coercition. Mais c’est mal parti également…

      3. Merci pour ce commentaire. Je suis d’accord avec vous quant au fait que la question de la (sur)population (du moins au regard de l’impact environnemental de nos modes de vie) est taboue et pas assez discutée.
        PS. Vous pouvez respirer sans crainte : le carbone que vous expirez vient de votre nourriture, et donc des plantes qui l’ont soutiré de l’atmosphère. Il est atmosphérique et simplement remis en circulation, comme lorsque vous brûlez une bûche dans votre cheminée. Rien à voir avec le CO2 que l’on produit en brûlant du pétrole, du gaz ou du charbon.

    2. Imaginer que la population mondiale puisse diminuer de manière naturelle dans le siècle à venir me semble intéressant mais extrêmement optimiste. Lorsque les projections climatiques nous invitent à imaginer qu’à l’horizon de ce siècle, les zones où vivent actuellement 2 à 3 milliards de personnes puissent être devenues simplement invivables (pour les humains mais également la majorité des animaux et des plantes), il n’est pas difficile d’imaginer ce qui va se passer. L’exemple de la Syrie ces dernières années, dont la révolution découle indirectement d’émeutes de la faim, elles-mêmes survenues partiellement en raison du changement climatique, nous donne ce qui pourrait hélas n’en être qu’un tout petit aperçu. Car ces 3 MM de personnes ne vont pas disparaître soudain comme par enchantement. Emeutes, guerres civiles, migrations, déplacements de population, montée des nationalismes en réaction (cf Italie, Hongrie, Autriche, etc.)… et on sait à quoi conduisent les gouvernements nationalistes (cf 1933).

  4. Vous faites erreur en sous-estimant la capacité de jugement de nos concitoyens.

    Beaucoup ne se manifestent pas car la répression des pensées dissidentes est dure. Les gens craignent pour leur poste de travail, etc. Mais en réalité une quantité de gens ont parfaitement conscience qu’on nous ment.

    Greta Thunberg disait déjà : “I want you to panic !”

    C’était l’aveu du chantage. Un sentiment de panique créé par la propagande massive du pouvoir mondialiste profond, visait à favoriser une poussée électorale “verte” dans deux buts:

    A) Contrecarrer la vague populiste anti-immigration, qui représente une menace pour le projet de gouvernance mondiale ;

    B) créer un prétexte pour la mise en place d’un pouvoir mondial coercitif (gouvernement mondial). On présentait ça comme une nécessité pour enfin appliquer des mesures fortes contre le réchauffement.

    Malheureusement l’opération n’a atteint son but que partiellement. Les partis verts ont progressé, mais cette progression n’est pas suffisament décisive pour permettre d’installer le pouvoir mondial pseudo écologiste.

    L’opération actuelle de panique sanitaire vise à parachever l’opération Greta. La panique climatique n’étant pas suffisante, on déclenche la panique sanitaire, car les gens sont prêts à tout s’il se croient en danger de mort.

    Malgré tout les gens ne sont pas dupes.

    Petit à petit tout le monde a compris que le mensonge est cousu de fil blanc. Le succès incroyable du professeur Raoult, et dans notre pays de Jean-Dominique Michel dont la vidéo a été plébiscitée (plusieurs millions de vue) prouvent que le discours officiel de chantage est mis en doute très profondément par une masse de gens.

    Caramba encore raté!

    1. Si on veut voir les choses en face, le gouvernement mondial existe déjà et porte le nom d’OMC, pseudo-libéral et de fait ultra-libéral.

    2. Au secours Tintin!! Comment pouvez vous être convaincu de vos propos? Qui vous lave le cerveau ainsi?
      Quand on ne veut pas voir …
      Nous sommes simplement tous en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis… Vos propos sur un gouvernement mondial ou sur l immigration sont hors sujet .
      Ne voyez vous pas tout simplement pas que si des décisions drastiques ne sont pas prises dans tous les pays industrialisés alors la vie sur Terre deviendra intenable?
      Nous sommes au bord de tomber dans un précipice.. et vous ne voyez que .. quoi d ailleurs ? Vous ne voyez rien . Juste vous regardez en l air .
      Merci à Greta qui représente cette jeunesse qui veut juste un monde vivable. Comment peut on le leur reprocher ?
      Merci à vous Mr Eastes, je souscris à tout ce que vous avez écrit.

    3. @Tintin. Il y aurait beaucoup à dire en réponse à votre commentaire. Je me contenterai de vous suggérer de réviser la définition du mot “chantage”. Vous constaterez qu’une Greta en est bien incapable. C’est quand-même le monde à l’envers…

  5. Et n’oubliez pas que les réserves de pétrole sont épuisées depuis 20 ans! Heureusement que nous avons tous ces experts à deux francs pour nous faire rire.

    1. Effectivement, on extrait du pétrole de schiste et de sable bitumineux avec un coût de revient dans les 70$/baril juste pour le plaisir et non parce que les source de pétrole conventionnel non exploitées et facile d’accès se font rares.

      Le problème n’est pas les réserves. Le problèmes c’est quand coût de production atteint un niveau inacceptable pour le consommateur et quand le coût acceptable pour le consommateur est au dessous du prix de production.

  6. Doit-on faire grief à une fille de négationniste(s) d’adopter la cause du climato-négationnisme ou au Centre Patronal de donner tribune à cette frange très extrême de la droite?

  7. De Tintin à Rintintin, on pourrait visualiser le monde ainsi.

    Chacun a sa solution doctorale ou raoutesque ou encore, pitttoresque.

    Bien, prenons-en acte dans un monde qui s’engouffre dans une misère noire Gafamesque et autres chinoiseries 🙂

    P.S. Et surtout, profitons de raconter des conneries sur ces blogs, avant que ce quotidien soit racheté par les Gafam… ou par les chinois.

  8. Cher Richard-Emmanuel,
    Franchement, croyez-vous aux remèdes du docteur Jancovici pour qui « il suffit de revenir à là où on en était en 1700 ». Pour atteindre un équilibre énergétique 100% renouvelable, il n’y aurait qu’à diviser l’espérance de vie par deux, multiplier la mortalité infantile, renoncer aux libertés individuelles, restaurer les pouvoirs féodaux et affamer les travailleuses et travailleurs. C’est simple non ? Et si cela ne suffisait pas, il faut juste que ajouter que « Le nucléaire fait partie des canots de sauvetage ».
    Plutôt que regarder dans le même rétroviseur que ces hordes de yakafokons, je préfère proposer à nos enfants un avenir durable, avec des solutions nouvelles et un juste équilibre avec notre environnement naturel.
    Notre planète reçoit en une heure autant d’énergie solaire que toute l’humanité en consomme chaque année. Notre milieu naturel a évolué avec une créativité et une diversité incroyable. Apprentis sorciers, nous gaspillons et épuisons de précieuses ressources naturelles. Il est temps de changer de cap, sans délais. Mais regardons plutôt autour de nous, ensemble, plutôt que tirer dans le dos des autres ou effrayer nos enfants.

    1. Cher Monsieur.
      Je vous remercie pour votre commentaire. Vous avez apparemment très mal lu et écouté, ou très mal compris, ce que dit Jean-Marc Jancovici. Si vous n’êtes pas d’accord avec lui, je vous suggère plutôt de défendre vos arguments en vous plaçant au même niveau d’argumentation que lui plutôt que de caricaturer ses positions en lui attribuant des propos outranciers.
      Je ne considère pas JMJ comme un gourou et il m’arrive de ne pas adhérer à ses arguments. Toujours est-il que lorsqu’il explique, chiffres à l’appui (et il n’est de loin pas le seul parmi ceux qui essaient de faire des calculs un peu sérieux), que la production d’énergie solaire et éolienne (lorsqu’on tient compte du cycle de vie des installations et du problème du stockage) a un impact environnemental insoutenable et nous fait en outre perdre des emplois, il me semble qu’il faille l’écouter et essayer de comprendre ce qu’il dit. Lorsqu’un Jean-Baptiste Fresso évoque l’effet rebond et démontre que jamais dans l’histoire de l’énergie, nous n’avons su en supprimer une sous prétexte que nous en avions développé une autre (même la houille est encore utilisée), il me semble qu’il faille y prêter l’oreille (j’ai mis le lien dans une autre réponse à un commentaire).
      Vous mentionnez que la Terre reçoit beaucoup d’énergie solaire et que nous savons désormais la capter. C’est correct et je vous invite à faire le pas suivant. Car pour capter cette énergie, il faut produire des panneaux solaires dont la Chine a le monopole. Et comme le photovoltaïque et l’éolien sont des sources intermittentes, on pourrait imaginer stocker l’énergie dont nous avons besoin lorsqu’elles ne produisent pas. Hélas, c’est rigoureusement impossible en termes de capacités et, qui plus est, extrêmement polluant au niveau de la production des batteries. Il est donc nécessaire, lorsque ces solutions sont retenues, de maintenir en fonctionnement des centrales à charbon ou nucléaire pour lisser la production. Or, parce qu’elles fonctionnent au ralenti, elles sont encore plus dangereuses qu’en fonctionnement normal.
      Ce que préconise JMJ, ce n’est par un retour dans les cavernes , mais c’est une drastique diminution de la consommation d’énergie mondiale. Parce que la SEULE solution à l’heure actuelle qui n’accroisse pas nos émissions de GES, à consommation constante, c’est le nucléaire. Et il précise par ailleurs, chiffres à l’appui, que c’est finalemnet la production de pétrole, en diminuant, qui va nous forcer à effectuer cette décrue, de force, là où on aurait pu le faire de gré.
      Comme vous, j’aimerais “proposer à nos enfants un avenir durable, avec des solutions nouvelles et un juste équilibre avec notre environnement naturel”. Ces solutions, cela fait 50 ans qu’on les cherche et tous les problèmes n’ont fait qu’empirer, parce que même les ENR ne fonctionnent pas tant que nous ne diminuons pas notre consommation au lieu de perpétuellement l’augmenter. Si le sujet vous intéresse, cherchez des articles sur l’indice EROI (comme celui-ci : https://www.afis.org/Combien-d-energie-pour-produire-de-l-energie. Je n’aime pas citer l’AFIS mais il se trouve que cet article est très bon).
      Certes, il faut prendre le temps de lire des choses déplaisantes. Et croyez bien qu’elles me déplaisent à moi aussi. J’aimerais mieux pouvoir parier comme vous sur la créativité des uns et des autres, des solutions nouvelles, etc. Mais je ne suis pas un yakafokon. Cela fait du reste longtemps que je regarde et je ne vois rien venir.
      Concernant la dernière phrase de votre commentaire, tout comme votre saillie sur les “yakafokons”, vous n’avez apparemment également pas bien lu mon texte, puisque ce que j’y préconise est justement de prendre les problèmes à bras le corps avec toute l’intelligence et la créativité que nous pourrons avoir, toutes tendances politiques confondues, plutôt que de tomber dans le déni si facile du problème, qui nous fera courir à notre perte.
      Concernant nos enfants, vous posez une bonne question. Personnellement, j’explique aux miens comment les choses se passent. Vraiment. On en parle et ils s’engagent pour que ça change. Mais il y a pire que de leur faire peur en leur disant la vérité : leur mentir en la leur cachant, et qu’ils n’y soient pas préparés.

      1. Cher Richard-Emmanuel,
        Merci pour votre attention, et la partage de votre vision. Si j’écoute aussi les évocations des historiens, ou les réflexions des philosophes, mon esprit cartésien s’informe aussi auprès des scientifiques.
        Une mise à jour de certaines croyances m’apparait nécessaire. Si je déplore comme vous que la majorité des panneaux photovoltaïques soient fabriqué en Chine (tout comme nos masques de protection, mon ordinateur et probablement le vôtre), il ne s’agit en rien d’un monopole, mais d’une dérive de ce que l’on pourrait appeler la mondialisation, dont nombres de travers méritent d’être corrigés. Cela ne diabolise pas les panneaux photovoltaïques pour autant, lesquels sont composés de silicium, lequel compose le 25% de la croûte terrestre, soit la ressources la plus abondante sur Terre, et de plus recyclable. A la très notable différence de l’uranium chéri par vos inspirateurs français. Certes la filière de recyclage des panneaux photovoltaïques n’est pas (encore) développée, mais cela ne la rend pas impossible pour autant. Là aussi, la différence est flagrante avec le nucléaire promu par Jean-Marc Jancovici, sans une lueur de solution pour l’héritage quasi éternel de déchets radioactifs que nous léguons aux générations futures.
        Le stockage de l’énergie électrique constitue effectivement un défi, que les batteries ne permettront certainement pas de résoudre. Je ne perçoit cependant pas en quoi cela condamnerait définitivement l’énergie solaire renouvelable. Des pistes existent, y compris localement dans les installations de pompage-turbinage, certes pas (encore) rentables. D’autres voies sont explorées par nombre d’acteurs de secteur de l’énergie.
        Diminuer notre consommation d’énergie est une priorité absolue. Sur ce point, nous sommes tout à fait d’accord. De mon avis, ce n’est cependant pas la seule et unique perspective à offrir à nos enfants. Notez au passage qu’en Suisse la consommation d’énergie par habitant à diminué de 12% ces dix dernières années. Le pli est déjà pris, en dépit de l’importante augmentation démographique. J’espère que vous admettrez peut-être que des solutions existe, et qu’elles sont appliquées, notamment en matière d’efficience énergétique. Réduire le message en disant que les énergies renouvelables ne servent à rien et que l’on ne voit pas venir d’issue m’apparait tout simplement faux, et contraire aux faits.
        A l’échelle planétaire, la situation des pays dits “en voie de développement” me semble particulièrement problématique : comment concilier l’amélioration du bien-être social et économique de leurs habitantes et habitants sans aggraver l’impact sur la planète. Difficile, mais pas impossible. A mon avis certainement pas en suivant l’exemple de vos inspirateurs pro-nucléaires. Si la France couvre 72% de son électricité par le nucléaire, nous en sommes à 68% renouvelable. Certes, il nous reste encore une belle marge de progression, notamment en poursuivant la diminution de notre consommation. D’autres mesures parviendront à améliorer le bilan, notamment le développement des ressources renouvelables que vous le vouliez ou non. Mais de grâce, épargnez-nous l’apologie du conservatisme nucléaire prôné par Jancovici et les autres apôtres du lobby de l’uranium français.
        Créer un avenir plus durable pour nos enfants n’est pas seulement souhaitable, mais possible.

        1. “les installations de pompage-turbinage, certes pas (encore) rentables”, le problème n’est pas là (à preuve qu’on le fait en Suisse) mais dans le fait qu’il n’y a tout simplement pas assez, et de loin, de capacité de stockage derrière des barrages pour assurer la “soudure” d’approvisionnement en électricité de l’été vers l’hiver, même dans un pays fortement alpin comme la Suisse.

        2. M. Jancovici a tout à fait raison dans ses analyses. Et l’AIE prévoit aussi un doublement du parc nucléaire d’ici 2050. Il faut insister : les installations de backup et celles de stockages sont indispensables avec le photovoltaïque et l’éolien. Aux coûts de la seule production du photovoltaïque et de l’éolien il faut donc ajouter ceux de l’inévitable stockage, ou de la redondance (backup) par d’autres systèmes (à gaz ?), soit au moins un doublement des coûts, pour assurer la consommation de nuit et en hiver lorsque ces sources d’énergie renouvelables aléatoires et intermittentes ne donnent rien. Le stockage hydraulique saisonnier par pompage-turbinage serait le meilleur, mais on peut vite calculer qu’il faudrait disposer, seulement en Suisse, de 5 à 6 Grandes-Dixence supplémentaires (la Grande-Dixence = 2 GW de puissance et 2 TWh d’énergie turbinés en 40 jours !). Où les installer ? Pour un stockage en batteries, les futures batteries du type lithium-air seront les plus efficaces possibles par la quantité d’énergie stockée par kg de lithium. On calcule aussi que ce stockage saisonnier (d’une surproduction estivale à une surconsommation hivernale) demanderait de disposer de plusieurs fois la totalité du marché annuel mondial du lithium pour les seules batteries en Suisse. En effet, stocker 2 TWh (= 2 milliards de kWh) demanderait, à raison d’un maximum possible théorique de 4 kWh/kg de lithium (mais on est encore bien loin de cette performance !), environ 500’000 tonnes de lithium. En regard, ne pas oublier que le marché mondial annuel actuel du lithium est tout juste de 100’000 tonnes…

        3. Monsieur.
          Ce n’est pas parce que je cite JMJ que cela vous donne le droit de parler de mes “inspirateurs pronucléaires français”. J’ai les mêmes sources que vous et je crois être encore en mesure de pouvoir penser par moi-même. Je constate surtout que le nucléaire agit chez beaucoup de nos concitoyens comme une sorte de repoussoir intellectuel qui les empêche de penser : il suffit que quelqu’un évoque ne serait-ce qu’un minime avantage de cette source d’énergie pour qu’il soit diabolisé, si ce n’est méprisé. JMJ présente un biais pro-nucléaire et on n’est pas obligé de le partager. Mais si on l’écoute, on constatera surtout que ce qu’il dit, c’est que si nous ne réduisons pas notre consommation d’énergie, il n’y a pour le moment aucune autre source d’énergie capable de remplacer les énergies fossiles. Il l’explique et le démontre. Je vous ai transmis des liens permettant de l’écouter (et éventuellement de le contredire). Mais comme il est “pronucléaire”, il a forcément tort.
          Reste que bien d’autres voix s’élèvent pour dénoncer les faux espoirs soulevés par les ENR. A nouveau, je cite ce reportage de Michael Moore, dont je doute fort qu’il soit pronucélaire : https://www.youtube.com/watch?v=Zk11vI-7czE). Et cette conférence sur la transition énergétique par l’historien des sciences Jean-Baptise Fressoz : https://www.youtube.com/watch?v=lO0r5O4-2wU Les écouterez-vous ?

  9. La seule dictature que connaisse l’humanité entière, c’est cette mainmise de la question économique sur TOUS les aspects de la vie humaine. L’homme de demain devra remettre la question économique à sa vraie place: à l’arrière-plan. L’économie ne doit être qu’un moyen, et non une fin en soi. Corollaire: il faut supprimer les marchés dérivés et la spéculation financière, déconnectés de l’économie réelle. Et également sortir les besoins humains fondamentaux (eau, nourriture, énergie domestique) des marchés spéculatifs. Le problème est que ces besoins sont l’enjeu de visées géopolitiques. On retrouve là la volonté de puissance ancestrale. Tant que cette volonté de puissance dominera les relations entre nations, rien ne sera possible,et on restera dans l’incantation.

  10. Les Echos rappellent eux aussi (même eux !) que la baisse des émissions qui ira de pair avec la récession de 2020 sera à réitérer tous les ans si nous voulons limiter les dégâts du changement climatique à quelque chose qui sera gérable par les hommes et les femmes qui peupleront cette planète à partir de 2040 ou 2050.
    Ils soulignent aussi que les pouvoirs publics, pour éviter des centaines de milliers de décès, sont capables de prendre des mesures inédites, et appellent en creux, même si ce n’est pas dit comme cela, la puissance publique à ne pas avoir peur de son ombre pour une menace bien plus grave que le covid.
    Pour finir, le journal de l’économie appelle à la planification et à des mesures fortes pour répondre à ce défi !
    https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/la-crise-du-coronavirus-revele-lampleur-du-defi-climatique-1203727

  11. Pardonnez-moi de rappeler quelques évidences: aujourd’hui, il est de bon ton de discréditer la génération dite des “baby boomers”, dont je suis, rendue seule et unique responsable de tous les maux dont souffre la planète en conséquence d’une sur-consommation débridée. Or, faut-il rappeler que c’est cette génération qui, la première, a dénoncé la société de consommation consécutive au renouveau industriel, commercial et culturel d’après-guerre dans la plupart des pays occidentaux? Aurait-on oublié les Ivan Illich, les André Gorz, les René Dumont, parmi les grandes figures de l’écologie qui ont marqués notre génération? Greta Thunberg et ses suiveurs n’ont pas le monopole de l’écologie. A bien des égards, ils ne font que répéter un thème ancien avec un discours neuf. Seul l’emballage est nouveau, Internet aidant. On attend toutefois avec intérêt d’y voir pointer l’ombre d’une idée neuve.

    Celles et ceux de ma génération avaient en outre d’autres raisons de s’inquiéter que du seul gaspillage et de la grande bouffe. La guerre froide battait alors son plein et la menace de l’holocauste nucléaire, que le moindre incident diplomatique pouvait déclencher, pendait sur toutes les têtes. Nul ne savait le matin s’il serait encore là le soir. En matière de réchauffement, on ne comptait pas en hausse probable de température par degrés, mais en mégatonnes de capacité destructrice certaine et instantanée. A cet égard, le réchauffement, climatique ou non, était garanti.

    Voyons, n’ai-je pas honte de rappeler de telles évidences?

    Ceci dit, c’est toujours un plaisir de vous lire.

    1. Bonjour et merci pour votre commentaire. En effet, si on la fait remonter ne serait-ce qu’à la parution de l’ouvrage fondateur de Rachel Carson, l’écologie est née une dizaine d’année avant la naissance des parents de Greta Thunberg. Et elle a vécu depuis lors avec ferveur sous la plume de personnalités d’autant plus courageuses qu’elles étaient peu écoutées. L’écologie n’est pas l’apanage de la jeunesse d’aujourd’hui, même si une certaine jeunesse s’y intéresse davantage que celle des générations précédentes (encore heureux !). Surtout, je ne crois pas qu’il faille voir dans la critique de notre modèle économique actuel, hérité de celui de la fin du siècle dernier, une critique des générations précédentes. Nous sommes tous, collectivement, à la fois responsables et impuissants à l’égard de cette situation, dans un système que nous maintenons malgré nous en place, tout en le dénonçant. Une petite précision à cet égard : la notion de “boomer” ne doit pas être confondue avec celle de “baby boomer”. On peut être un baby-boomer sans être un boomer, et être un boomer trentenaire. Voir l’explication ici : https://blogs.mediapart.fr/guillaume-lohest/blog/131219/ok-boomer-ou-la-dechirure-dune-insoutenable-vision-du-monde

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