Les RH selon Christian Constantin

 

Dans une lettre datée du 30 juin 2016 adressée à tout le personnel de son bureau d’architecture Christian Constantin SA, à Martigny-Croix (VS), Christian Constantin, également président du FC Sion, écrit :

 

« Mesdames,

Messieurs,

Je vous informe que je vais changer la dynamique du bureau ; je m’aperçois en effet qu’il y a un manque de discipline notamment en ce qui concerne :

  • Les horaires de travail
  • Les pauses journalières

Par ailleurs, plusieurs d’entre vous manquent de concentration dans leurs tâches en étant branchés sur les réseaux sociaux, en écoutant la musique de leurs smartphones avec les oreillettes.

Ces comportements m’exaspèrent !

La motivation, la passion, l’envie, l’efficacité, la discipline, ce sont des facteurs déterminants pour conserver sa place de travail.

Aujourd’hui j’ai licencié (…) et (…) et je vais poursuivre dans cette voie ces prochains mois, désirant changer quelques personnes que j’informerai verbalement le moment venu.

Vu la conjoncture actuelle, l’offre sur le marché est plus élargie.

 

CHRISTIAN CONSTANTIN SA

 

Christian Constantin

Administrateur »

 

Contacté à deux reprises oralement et par courriel, Christian Constantin n’a pas souhaité faire le moindre commentaire à propos de cette lettre dont nous reproduisons intégralement le contenu.

Incompétence et insolence des CFF en gestion de crise

Trains signalés en retard indéterminé avant d’être annulés, trains interrompant leur trajet sans que les voyageurs ne soient avertis, chauffeur de bus de remplacement insolent: les CFF sont dépassés dans la gestion des importants travaux entrepris sur la ligne ferroviaire, notamment entre Lausanne et Yverdon-les-Bains.

Premier exemple: lundi 4 juillet, en début de soirée, le train en partance de Lausanne à 19h54 en direction de Grandson se fait attendre. Il est enfin annoncé avec un retard indéterminé puis tout simplement annulé. Les voyageurs ont fait le pied de grue pour des prunes.

Deuxième exemple: mardi 5 juillet, le train de 23h53 en partance de Lausanne, toujours en direction de Grandson, s’arrête à Chavornay. Les voyageurs qui ont prévu d’aller plus loin sont priés de prendre un bus de remplacement. Aucune information ne leur a été donnée au préalable. Qu’une ligne soit perturbée en raison de travaux, cela se comprend. Mais que la gestion du trafic soit aussi chaotique, sans aucune anticipation, et que l’information soit aussi lacunaire, cela ne se justifie pas.

Insolence. Dans le bus de remplacement en direction d’Yverdon-les-Bains, deux voyageurs particulièrement chargés demandent au chauffeur de les laisser descendre à un arrêt officiel tout proche de leur domicile. Programmé pour se rendre directement à la gare d’Yverdon-les-Bains, non seulement le chauffeur refuse de rendre ce service mais, arrivé à destination, il ironise dans son haut-parleur: «Pour la charmante dame qui voulait descendre devant la maison, il y a une station de taxi à la gare».

Les CFF n’ont pas besoin de faire la grève comme leurs collègues français pour se rendre impopulaires auprès des usagers. Il leur suffit de travailler normalement. A leur manière.

“Si j’aurais su, j’aurais pas venu”

Tous ces Britanniques qui regrettent aujourd'hui d'avoir voté en faveur du Brexit me font penser à tous ces Suisses qui regrettent aujourd'hui d'avoir voté en faveur de l'initiative populaire "contre l'immigration de masse".

"On ne savait pas", "on nous a menti", "je croyais que mon vote ne comptait pas". Les regrets, les complaintes se ressemblent au Royaume-Uni comme en Suisse.

Dans le célèbre film "La Guerre des Boutons" d'Yves Robert, P'tit Gibus, voyant la tournure des événements, s'était lui aussi écrié: "Si j'aurais su, j'aurais pas venu".

Au fond, la devise de la démocratie directe devrait être: "FAIS CE QUE TU FAIS, MAIS PENSE AUX CONSEQUENCES!".

 

 

Une autre Europe

Quelle Europe voulons-nous ? C’est à cette question que les Européens doivent répondre à l’occasion de la crise majeure engendrée par le Brexit. Le doute n’est plus permis. Le désamour des citoyens, et pas seulement des Britanniques, à l’égard de la construction européenne ne peut plus être mis sous le tapis du politiquement correct.

 

Comme on ne tombe pas amoureux d’un PIB, on ne peut tomber amoureux d’une Europe qui ne semble se focaliser que sur des considérations purement économiques et financières, aussi importantes soient-elles. Les fondateurs ne l’euro, cette monnaie unique que les Britanniques n’ont pas voulue, n’ont jamais caché leurs intentions. Avec l’euro, disaient-ils juste avant 2000, l’Union européenne sera contrainte de se forger une politique fiscale, budgétaire et sociale commune. Cette stratégie du forceps a fait long feu. L’Europe fiscale, budgétaire et sociale n’existe toujours pas. Et pour cause. La monnaie est le miroir d’un peuple, elle n’est pas son horizon. La charrue a été mise avant les bœufs.

 

Comment, dès lors, l’Europe pourrait-elle encore faire rêver, puisque c’est de cela qu’il s’agit ? Comment pourrait-elle encore galvaniser les peuples ? Autour de quels projets ?

 

Une croissance organique.

 

 Il faudrait peut-être commencer par se convaincre de la nécessité d’une croissance organique de l’Europe, à l’image de ce que nous enseigne la nature vivante. Prenons une image. Au cours des millénaires, quand les atomes se sont agrégés pour former des molécules qui se sont rassemblées à leur tour pour former des cellules, lesquelles ont donné naissance aux règnes minéral, végétal, animal et humain, ces mêmes atomes, molécules et cellules n’ont pas disparu ! Ils continuent à évoluer en tissant un réseau d’informations toujours plus dense et subtil.  Ce n’est pas de l’uniformité mais de l’unité dans la diversité.

 

De même, les nations que certains «bons esprits » croyaient mortes et enterrées sont toujours bel et bien dans le cœur des peuples. Il suffit de voir l’Eurofoot pour s’en convaincre ! L’idée que ces nations soient diluées dans un magma européen anonyme et impersonnel est toujours plus contestée, plus ou moins consciemment, par les peuples. Lesquels rejettent tout ce qui pourrait conduire à de l’uniformité, au détriment de la diversité.

 

Une Europe à plusieurs vitesses.

 

L’Europe s’est gonflée comme une baudruche pour arriver à 28, de manière bien trop rapide, en légiférant à tort et à travers, sans une réelle vision susceptible d’emporter l’adhésion des Européens.

 

A partir de ce constat, il serait peut-être raisonnable de construire plusieurs cercles d’intégration, comme cela a déjà été suggéré, des pays fortement engagés dans la construction européenne jusqu’à ceux qui, par vocation ou par nécessité, le sont le moins.

 

Ensuite, il pourrait être sage de définir clairement les domaines qui sont de la compétence des autorités locales, au sein des régions et des Etats. On entend trop souvent le reproche fait à Bruxelles de se mêler de tout et de n’importe quoi. A contrario, certains domaines, dans l’environnement ou dans l’énergie par exemple, exigent une règlementation et un contrôle supranational.

 

Convoquer les états généraux.

 

Enfin, convoquer des états généraux dans chaque pays de l’UE serait un moyen de donner aux Européens une nouvelle raison de croire à la construction européenne. Il s’agirait bien sûr d’une profonde réforme institutionnelle qui ne se ferait pas du jour au lendemain mais qui pourrait être mise en chantier sans plus attendre.

 

Ces états généraux feraient la synthèse des revendications sociales émises par les citoyens concernés, dans leur propre profession. Imaginez que chacun, dans son domaine d’activité, émette des propositions d’amélioration très concrètes, qui seraient ensuite débattues au niveau local, régional, national puis européen, le cas échéant.

 

La primauté du social sur le politique.

 

Imaginez trois chambres sociales, représentant par exemple l’enseignement, la justice et l’économie, élues professionnellement au suffrage universel. Elles auraient pour mission de préparer des lois ensuite impérativement appliquées par trois autres chambres politiques correspondantes. Cela sonnerait le glas des partis politiques focalisés sur le pouvoir et le début de cette « participation » dont rêvait Charles de Gaulle.

 

 L’Europe y trouverait un salutaire second souffle. Les changements doivent en effet se dessiner de bas en haut, en commençant par les régions et les pays pour s’achever au sommet des institutions européennes. Un principe que la Suisse a bien intégré dans son mode de fonctionnement.

 

Il est donc possible, face aux défis auxquels notre planète est confrontée, de faire rêver les Européens. En les associant à leur propre destin.

 

De Gaulle: “Donner une base populaire et démocratique à l’Europe”

 

" Pour pouvoir aboutir à des solutions valables, il faut tenir compte de la réalité. La politique n'est rien d'autre que l'art des réalités. Or, la réalité, c'est qu'actuellement l'Europe se compose de nations. C'est à partir de ces nations qu'il faut organiser l'Europe et, s'il y a lieu, la défendre.

(…) Sur la base de cette alliance, il faut bâtir une Confédération, c'est-à-dire un organisme commun auquel les divers Etats, sans perdre leur corps, leur âme, leur figure, délèguent une part de leur souveraineté en matière stratégique, économique, culturelle.

Mais, à cette Confédération, on doit donner une base populaire et démocratique. Ce sont les peuples qui ont à la créer. Encore faut-il le leur demander. La première étape doit être un vaste référendum, organisé simultanément dans tous les pays intéressés".

Charles de Gaulle, 23 février 1953.

Mesurer le développement durable

Voilà des décennies que l’on répète que le PIB est un indicateur désuet. Pour ne retenir que l’une de ses lacunes, il comptabilise des richesses qui n’en sont pas (comme les dégâts environnementaux ou sociaux de certaines activités) et ne prend pas en compte des richesses qui en sont réellement (comme le travail bénévole). Comme les autorités politiques orientent leur stratégie en fonction du PIB, il est heureux de savoir qu’il existe d’autres systèmes d’indicateurs. A l’image de MONET, en Suisse, qui fournit des bases solides pour répondre à des questions telles que: la Suisse est-elle sur le chemin du développement durable, quels sont les développements positifs et négatifs, les actions à engager prioritairement?

22 nouveaux indicateurs

Le système de monitoring du développement durable MONET vient tout juste d’être revisité pour tenir compte des objectifs de l’Agenda 2030 de l’ONU adopté en septembre 2015. Il comprend désormais 22 nouveaux indicateurs pour un total de 73, dans 12 thèmes considérés comme centraux pour le développement durable. (http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/21/02/ind32.approach.3201.html)

Des thèmes de la vie quotidienne

Parmi les nouveautés figurent dans le chapitre «cohésion sociale» les victimes féminines de violences graves ou la participation aux élections et aux votations populaires fédérales, dans celui de la «mobilité et transports» la distance moyenne au prochain arrêt de transports publics ou les coûts externes des transports, ou encore dans celui du «système économique» l’emploi dans les branches innovatrices et la fiscalité environnementale.

Au-delà des bonnes intentions.

Selon le philosophe Dominique Bourg, professeur à la Faculté des géosciences et de l'environnement de l'Université de Lausanne, «MONET est certes un modèle de référence qui peut avoir une certaine efficacité pour certaines mesures administratives. Mais quand on considère, par exemple, l’extrême densité du parc automobile suisse, on se demande à quoi il peut bien servir».

Finalement, ce système d’indicateurs n’est qu’un instrument destiné à conduire une politique plus rigoureuse en matière de développement durable. Encore faut-il que les acteurs d’une telle politique, au niveaux fédéral, cantonal et local passent enfin aux actes.

Un gouvernement d’union nationale?

"La grandeur est un chemin vers quelque chose qu'on ne connaît pas. Quand tout va mal et que vous cherchez votre décision, regardez vers les sommets, il n'y a pas d'encombrement", disait Charles de Gaulle cité par André Malraux.

Le chemin de la grandeur, ne serait-ce pas l'émergence d'un gouvernement d'union nationale en France?

A l'image du Conseil fédéral où ministres de droite et de gauche gouvernent ensemble, malgré tous les aléas d'un tel exercice?

Utopie?

Vraiment?

Peut-être. Sans doute même.

Mais pour combien de temps encore?…

Le déni de réalité de nos députés-autruches

Pourquoi diable, quand on est de droite, serait-on dispensé d'être un brin intelligent?

En jetant aux orties le contre-projet à l'initiative des écologistes "Pour une économie verte", les députés UDC, PLR et quelques PDC et PBD ont montré jusqu'où pouvait conduire le déni de réalité.

Rien à cirer.

Que la Suisse réduise son empreinte écologique à une seule planète au lieu de trois d'ici 2050? Rien à cirer.

Que le Conseil fédéral prenne une série de mesures échelonnées dans le temps pour améliorer l'utilisation des ressources naturelles, pour limiter leur surexploitation comme le défrichement des forêts vierges ou la surpêche des océans? Rien à cirer.

Que l'on introduise dans la loi une clause sur la traçabilité? Rien à cirer.

Que la Confédération ou les cantons conviennent d'objectifs quantitatifs directement avec les entreprises? Rien à cirer.

Que l'on rende obligatoire le recyclage des emballages et que l'on encourage l'économie circulaire en valorisant des déchets comme le phosphore ou le métal? Rien à cirer.

Que l'on prenne en considération l'impact des nuisances environnementales à l'étranger alors que plus de 70% de notre impact écologique est précisément réalisé à l'étranger par l'importation de matières premières et de produits finis? Rien à cirer.

Un compromis pourtant raisonnable.

Non, tout cela est bien trop coûteux pour l'économie!

Vraiment?

Nos députés-autruches à courte vue n'ont toujours pas réalisé que l'économie devra s'acquitter de coûts bien plus exorbitants si aucune mesure n'est prise pour nous inciter à prendre au sérieux le devenir de notre planète.

Le compromis de la conseillère fédérale Doris Leuthard, qui n'a vraiment rien d'une gauchiste écervelée, était fort raisonnable. Il encourageait notamment le développement des cleantech qui, jusqu'à preuve du contraire, relèvent bel et bien du domaine de l'économie.

La tête dans le sable.

Mais non, par peur peut-être de ne pas être réélus par des électeurs qu'ils jugent sans doute (comme eux) irresponsables, les députés ont en majorité préféré se mettre la tête dans le sable.

Du coup, ils enterrent le mythe d'une Suisse à l'avant-garde des initiatives écologiques favorables à l'économie.

Un bien curieux signal à deux mois et demi de la Conférence de Paris sur le climat!