Construire des gratte-ciels en bois pour sauver la planète ?

Je ne vous apprendrai rien en vous expliquant que nos bâtiments sont responsables d’une grande partie de nos émissions de dioxyde de carbone, n’est-ce pas ? Je vais le faire quand même. Les bâtiments génèrent 39% des émissions mondiales1 de CO2. Ils le font de deux manières : d’abord par leur consommation d’énergie quotidienne (28%), mais également par ce que l’on appelle le carbone incorporé (11%). Ce dernier représente la somme de tout le CO2 généré pour produire et assembler les éléments d’un bâtiment jusqu’au produit final clé en main. Les principaux responsables de ce carbone incorporé important sont l’acier et le béton. Ils ont permis l’avènement de notre civilisation mais la mettent aujourd’hui en danger. Selon les Nations Unies, nous allons devoir construire 1 milliard de nouveaux logements dans le monde d’ici à 20252. Comment le faire sans provoquer la surchauffe la planète ? Les progrès observés ces dernières années en matière de recyclage de ces deux matériaux, et en matière d’efficience énergétique dans leur production, sont bien entendu parties intégrantes de la solution. Mais il y en une autre qui m’intéresse tout particulièrement et qui fait de plus en plus parler d’elle : remplacer le béton et l’acier par le bois, qui grâce aux nouvelles techniques d’assemblage de bois lamellé-croisé commence à faire sens, même pour les plus grands bâtiments du monde. Faisons-en ici le tour.

 

Le bois lamellé-croisé ou CLT (Cross-Laminated Timber)

 

Utiliser le bois pour construire ne date bien sûr pas d’hier. C’est un des plus anciens matériaux de construction. Par exemple, le temple Hōryū-ji – construit il y a 1’400 ans au Japon – est fait de bois et tient toujours debout malgré les tempêtes et séismes qu’il a traversés à travers les siècles. Le bois s’est cependant fait voler la vedette dans la deuxième partie du 19ème siècle lorsque furent inventés le béton armé et l’acier de structure qui présentèrent des propriétés structurelles largement supérieures. Aujourd’hui, il tient sa revanche avec l’invention du bois lamellé-croisé (ou Cross-Laminated Timber, CLT). Inventé dans les années 1990 en Autriche et en Allemagne, cette technique consiste à superposer perpendiculairement des lamelles de bois (90°) et à les relier entre elles à l’aide d’adhésifs structuraux. Cela donne des panneaux de CLT qui peuvent atteindre une vingtaine de mètres de longueur. Alors que le bois était traditionnellement utilisé pour la construction d’immeubles ne dépassant pas 4 ou 5 étages, il est maintenant – grâce aux progrès des techniques de CLT – candidat à la construction de véritables gratte-ciels. Mjøstårnet, une tour de 85 mètres (18 étages) dont la structure est composée uniquement de bois vient par exemple d’être inaugurée au nord d’Oslo. Et ce n’est probablement que le début, car en plus de présenter des avantages pratiques et opérationnels, le bois comme matériau de construction est présenté comme une solution majeure au problème du réchauffement climatique. Explications.

 

Image d’un panneau de CLT en cours de manufacture. © ArchiLine Wooden Houses.

 

 

Produire de l’acier et du béton, ça pollue. Produire du bois, ça dépollue.

 

Commençons rapidement par expliquer les méfaits du plus cancre des deux matériaux mentionnés en introduction, le béton. Pour faire du béton, c’est très simple : il faut mélanger de l’eau, un agrégat (du sable, du gravier ou de la pierre concassée), et un liant (ciment). La majeure partie du problème vient de la production de ce ciment. Le processus consiste à chauffer de la pierre de calcaire avec de l’argile dans un four3 à 1400°C. Cette ‘calcination’ sépare la matière en oxyde de calcium (CaO) et en dioxyde de carbone (CO2) et produit comme résidu ce que l’on appelle du ‘Clinker’, principal ingrédient du ciment. Ce procédé relâche donc dans l’atmosphère des quantités faramineuses de CO2, qui est bien sûr l’un des principaux gaz à effet de serre émis par les activités humaines. Tout cela sans parler de l’énergie qu’il aura fallu pour chauffer le four à 1’400°C, extraire les différents minerais, et alimenter les usines de manufacture. En moyenne aux Etats-Unis, produire 1 tonne de béton (ready mix) génère 2.42 tonnes de CO24.

 

L’acier, ce n’est pas plus glorieux : il faut extraire du minerai de fer de la croute terrestre, le mélanger à de la pierre de calcaire et à du coke (produit dérivé du charbon), chauffer le tout à plus de 2’000 °C dans un haut fourneau pour transformer le minerai de fer en fonte brute5. Cette fonte brute constitue le composant principal de l’acier que l’on utilise dans nos bâtiments. Mais pour la transformer en acier, il faut encore la raffiner pour la séparer des éléments considérés comme « impuretés » qui l’affaiblissent : carbone, sulfure, phosphore, manganèse et silicone, naturellement présents dans le minerai de fer. L’une des principales étapes de cette purification consiste à pulser de l’oxygène pur à deux fois la vitesse du son dans le métal en fusion ce qui crée une oxydation des impuretés. Pour faire simple, les éléments susmentionnés se séparent du métal en fusion et se lient à l’oxygène. Un de ces sous-produits est donc l’assemblage des particules d’oxygène et de carbone qui ensemble forment du monoxyde de carbone, molécule également néfaste pour la santé de notre atmosphère. Tout cela sans parler ni de l’énergie qu’il aura fallu pour extraire les différents minerais et pour chauffer les différents fourneaux tout au long du processus de production, ni du CO2 émis par la combustion du coke (charbon), ni de toutes les autres formes de déchets produits par le processus de purification du minerai de fer et de la fonte brute. En moyenne aux Etats-Unis, produire 1 tonne d’acier (structure) génère 0.938 tonnes de CO26.

 

Venons-en maintenant au sujet principal de cet article, le bois. Pour produire des panneaux de bois lamellé-croisé (ou CLT) il faut couper un arbre, le transporter jusqu’à l’usine, le scier en lamelles, les superposer, les enduire de colle spécialisée, puis compresser le tout à haute pression. La technique restant relativement nouvelle, les données manquent quant à sa production de gaz à effet de serre. Cette dernière dépend d’ailleurs surtout du type d’énergie utilisée pour faire tourner les véhicules et machines faisant partie de la chaîne de production. Toutefois, les experts sont tous d’accord sur le fait que ce processus de fabrication du CLT demande une quantité d’énergie bien moins importante que celui du béton ou de l’acier, et qu’en dehors de sa consommation énergétique, il ne génère pas de gaz à effet de serre. Mais l’argument le plus souvent mis en avant est surtout celui de la séquestration du carbone. En effet, par le processus de photosynthèse, les arbres en croissance absorbent le CO2 de l’atmosphère, séquestrent le carbone (C) dans le bois et libèrent l’oxygène (O2) dans l’air. Quand le bois est récolté pour être utilisé dans nos bâtiments, le carbone se retrouve comme « emprisonné » et n’est donc pas relâché dans l’atmosphère. Pour une tonne de bois produite, environ 0.9 tonnes de carbone sont séquestrées7. On parle donc au total d’une emprunte carbone négative.

 

Image d’une des étapes du processus de manufacture d’un panneau de CLT appelée « presse d’assemblage ». © Ledinek.

 

 

Séquestration du carbone : argument limité

 

Petite parenthèse importante, l’argument de la séquestration du carbone a tout de même ses limites. Tout d’abord, cette séquestration ne dure que jusqu’au moment où le panneau de CLT utilisé arrive à la fin de son cycle de vie. À ce moment-là, soit il est brûlé, soit il est envoyé à la décharge. Dans le premier cas, tout le CO2 séquestré est relâché dans l’atmosphère. Dans le deuxième, idem, sauf que le processus de pourrissement engendre en plus une production de méthane, gaz à effet de serre encore plus nocif que le CO2. En bref, une fois qu’on s’est servi du bois initialement récolté, tout le carbone séquestré est relâché dans l’atmosphère dans le meilleur des cas. Ne serait-ce donc qu’une solution temporaire ? Oui, mais non. Pour à nouveau capturer ce carbone échappé, il suffit de replanter un nouvel arbre à sa place. Grossièrement résumé, il suffit de maintenir le niveau de forestation de la planète au fur et à mesure de la récolte pour que le carbone séquestré ne s’échappe jamais dans l’atmosphère. Seulement, si on utilise et remplace le bois des forêts existantes, tout ce cycle ne fait que maintenir le niveau du carbone déjà séquestré dans ces dernières. Si l’on veut séquestrer davantage de carbone – ce qui semble être l’un des arguments principaux de l’utilisation du CLT – il faut faire croître le niveau de forestation actuel. Mais pour cela, il faut de la place. Une autre méthode consiste à faire en sorte que le cycle de vie du bois récolté dure plus longtemps que le temps qu’il aura fallu pour le faire pousser, à travers la réutilisation des matériaux, le recyclage, etc. Cela permet d’augmenter la masse de carbone stockée dans les bâtiments davantage que ce que permet la seule croissance de surface des forêts. Pour résumer, le pouvoir de séquestration de nos émissions de carbone par la forestation n’est qu’aussi grand que la capacité des forêts et de l’environnement bâti à croître.

 

Pas facile à comprendre, je vous l’accorde. L’important à retenir de ce paragraphe est que ce n’est pas une solution infinie. Puisque la place sur la planète est naturellement limitée, ni nos forêts ni nos villes ne pourront se développer éternellement. Il en est donc de même pour le stockage du carbone par le bois. C’est pour cette raison que l’utilisation du bois comme matériau de construction est une bonne solution pour accompagner la transition énergétique, mais en aucun cas une solution miracle pour contrer nos émissions de gaz à effet de serre jusqu’à la fin des temps. La solution numéro un restera encore et toujours de ne pas en générer. Mais entendons-nous, même si l’argument de la séquestration du carbone est limité, il est tout de même pertinent sur le court-moyen terme. Et puis il est également largement préférable d’utiliser du bois plutôt que du béton ou de l’acier puisque sa production génère tout simplement moins de gaz à effet de serre.

 

 

Ressource renouvelable, à condition que…

 

Un autre argument en faveur du bois, c’est bien sûr le fait que contrairement à l’acier et au béton, c’est une ressource renouvelable. La quantité de bois sur terre n’est pas limitée, si ce n’est par le rythme de production que les forêts permettent. Si le bois devait toutefois devenir le matériau de construction dominant, cela nécessiterait quelques précautions relatives à la sylviculture responsable. Parmi celles-ci, l’interdiction de déforester des forêts organiques pour en faire des monocultures par exemple. Ou alors celle de ne pas couper un arbre avant la fin de sa phase de croissance pour maximiser la séquestration de carbone. Ou encore finalement celle de replanter au minimum un arbre équivalent à celui prélevé après la coupe. Il faudrait également prendre en compte la diversité des espèces et la vie animale au sein des forêts, et puis bien sûr se préoccuper de la source d’énergie utilisée pour faire tourner les machines nécessaires au déroulement du processus de manufacture. Chaque région du monde devra se doter ou adapter ses régulations encadrant ces pratiques dont les précautions nécessaires dépendent fortement de la localisation des forêts et des pratiques locales. Ce débat n’est toutefois pas nouveau, puisqu’il a déjà commencé lorsque l’on a commencé à produire du papier et autres dérivés du bois à grande échelle.

 

Forêt de pins sur Vancouver Island, un des arbres les plus communément utilisés dans la production de CLT. © Margaux Stepczynski

 

 

Colles et adhésifs

 

Produire un panneau de CLT nécessite une certaine quantité de colle, qui peut aujourd’hui souvent contenir du formaldéhyde. Ce dernier a été scientifiquement prouvé nocif pour la santé et l’environnement, et peut présenter un sérieux risque au moment de la combustion lors d’un incendie ou en fin de cycle d’un élément de CLT. Il peut également limiter les possibilités de réutilisation ou recyclage. Une attention particulière doit être donc portée sur la composition des colles et adhésifs utilisés dans la manufacture. Des adhésifs à base de produits biologiques comme les tannins, la lignine, la cellulose, l’amidon ou les protéines de plantes doivent être privilégiés. Si le sujet est trop complexe pour être abordé dans son intégralité dans cet article, il est pertinent de souligner que des produits alternatifs voient le jour et qu’ils doivent devenir la norme.

 

 

Performances du bois et incendies

 

Comme expliqué plus haut, il est ancré dans l’inconscient collectif que bois et grandes constructions ne vont pas de pair et que le manque de propriétés structurelles ainsi que l’inflammabilité du bois rendraient son utilisation impossible dans le cadre de la construction d’un gratte-ciel. Ce n’est plus le cas.

 

Tout d’abord, ces nouvelles techniques d’assemblage rendent aujourd’hui les panneaux de CLT bien assez solides et robustes pour assumer les mêmes rôles structurels que le béton ou l’acier. Qui puis est, un bâtiment en bois est significativement plus léger. Selon Arup, en moyenne un bâtiment fait de bois ne pèse que deux tiers du poids d’un bâtiment dont la structure serait faite de béton. Cet attribut permet au bois d’être particulièrement pertinent dans le contexte urbain. Tout d’abord il facilite les surélévations d’immeubles, dont la structure nécessite dans un tel cas moins ou pas de travaux de renforcements. Puis il permet également de construire sur des terrains dont la qualité du sol ne peut habituellement pas accueillir de structures lourdes.

 

Quant aux risques d’incendies, le bois est bien sûr un matériau combustible. Cependant, de la même manière qu’on ne commencerait pas un feu de camping avec la plus épaisse des bûches, l’épaisseur des panneaux de CLT fait qu’ils brûlent difficilement. Plusieurs traitements du bois sont également possibles pour garantir le respect des normes incendies, ainsi que la couverture des surfaces bois exposées par différents types de revêtements résistants au feu. Un des points importants d’une stratégie incendie étant également la compartimentation intelligente d’un bâtiment qui ne dépend pas du type de matériau utilisé, il est aujourd’hui – selon le rapport détaillé des ingénieurs structure de chez Arup8 – possible d’atteindre des niveaux de risques acceptables. Autre aspect intéressant lié au risque d’incendie est le fait que l’acier plie sous l’emprise des flammes, alors que les panneaux de CLT forment une sorte de couche de charbon protectrice sur l’extérieur qui protège l’intérieur et son intégrité structurelle (voir photo ci-dessous). Pour toutes ces raisons, la Suisse a récemment assoupli sa législation incendie sur les constructions en bois9. Les cas et l’expérience manquant, il est cependant important de maintenir les efforts de recherche et développement dans ce domaine alors que le bois suscite toujours plus d’engouement.

 

Morceau d’un panneau de CLT soumis à un test d’inflammabilité. La couche de charbon protectrice est mise en avant sur cette image. © Michael Green, MGA.

 

En termes d’isolation, le bois est inférieur à ses deux rivaux en performance acoustique. La recherche en cours dans ce domaine également est fondamentale à l’adoption du bois comme matériau de construction dominant. Par contre, il est bien supérieur en matière d’isolation thermique. Dans certaines régions froides du monde, les couches d’isolation peuvent ajouter 200mm ou plus à l’épaisseur des murs. Cela peut être un problème dans le contexte dense des grandes villes. Puis bien évidemment, une meilleure isolation veut dire une consommation d’énergie inférieure pour chauffer et refroidir le bâtiment. C’est un argument supplémentaire renforçant la position du bois comme matériau écologiquement responsable.

 

 

Rapidité de construction et coûts

 

Finalement, un dernier avantage de l’utilisation du bois comme matériau de construction est qu’il permet souvent de réduire drastiquement la durée du programme de construction. Les raisons de cette rapidité sont multiples. Tout d’abord, le bois se prête parfaitement à un format de construction modulaire, considérée comme plus sûre, plus efficiente, et de meilleure qualité. En effet, sa légèreté permet de manipuler et d’assembler les éléments facilement en usine, puis facilite le transport jusqu’au chantier. Le bois permet également une précision de machine plus grande, ce qui favorise l’utilisation de robots dans le processus de manufacture et d’assemblage. De plus, construire en bois ne nécessite pas d’inclure dans le programme de construction des périodes d’attente liées à la cure de matériaux comme le béton. Et pour terminer, les ajustements liés aux tolérances de construction sont plus facilement et rapidement réalisés sur le chantier lorsque le matériau utilisé est le bois, plutôt que l’acier ou le béton. Michael Green, architecte canadien pionnier des constructions en bois, dit de l’une de ses réalisations : « Pour notre premier bâtiment en bois au Canada, ça nous aurait pris entre 18 et 24 mois de le construire traditionnellement. Ça nous a pris 13 mois et demi du début du design jusqu’à l’achèvement des travaux. ». La popularisation du bois et de la construction modulaire ne devrait faire qu’accélérer cette tendance.

 

Si le CLT reste parfois légèrement plus cher que le béton ou l’acier en tant que matériau, la réduction de la durée du programme de construction qu’il permet justifie d’ores-et-déjà son choix puisqu’elle réduit les coûts liés à la durée des travaux et au prêt de construction, et avance la date d’entrée des premiers locataires.

 

 

Les plus grands bâtiments en bois du monde

 

Si les grands bâtiments faits de bois ne sont pas encore monnaie courante, il en existe déjà plusieurs dans le monde. Les 6 plus grands sont listés ci-dessous :

 

  1. Mjøstårnet, Brumunddal (Norvège) – 85m, 18 étages, terminé en 2019 ;
  2. Treet, Bergen (Norvège) – 49m, 14 étages, terminé en 2015 ;
  3. 25 King, Brisbane (Australie) – 46m, 11 étages, terminé en 2018 ;
  4. Origine, Québec (Canada) – 40m, 13 étages, terminé en 2017 ;
  5. Forte, Melbourne (Australie) – 32m, 10 étages, terminé en 2013 ;
  6. Stadthaus, Londres (Royaume Uni) – 29m, 9 étages, terminé en 2009.

 

(source: CTBUH, Skyscraper Center)

 

D’autres grands bâtiments en bois sont en projet, comme par exemple la tour de 85 mètres Project Pi10 à Zug (Suisse), la tour Baobab à Paris qui atteindrait 120 mètres, ou encore la tour de 73 mètres HAUT à Amsterdam. Tous ces projets terminés ou en cours vont nous permettre de faire évoluer la connaissance de ce matériau qui pour l’instant offre de belles promesses.

 

W350, projet conceptuel d’une tour de 350 mètres au centre de Tokyo imaginée par Sumitomo Forestry en partenariat avec Nikken Sekkei. © Dezeen

 

 

Pour conclure, l’engouement pour le CLT croît de jour en jour et le nombre de projets de grande taille dans le monde devrait faire de même. Je suis d’avis que le CLT est une des bonnes solutions au problème de réchauffement climatique, en ce sens qu’il présente une alternative moins polluante que l’acier et le béton, et qu’il séquestre – dans une certaine mesure – du CO2 qui autrement s’échapperait dans l’atmosphère et amplifierait le phénomène d’effet de serre. Le climat devant rester notre plus grande préoccupation, l’utilisation du bois doit être privilégiée par rapport au béton et à l’acier aussi souvent que possible. Ce matériau présente également plusieurs avantages opérationnels comme celui de faciliter la construction modulaire, réputée plus efficiente, plus sûre et de meilleure qualité. Une large adoption du bois comme matériau de construction nécessiterait toutefois une série de précautions liées à la sylviculture responsable, à l’utilisation de colles toxiques, et aux risques d’incendies dans les grandes constructions. La recherche dans ces domaines ainsi que l’encadrement légal sont et resteront cruciaux pour maintenir nos bonnes intentions dans le droit chemin. Je me réjouis maintenant d’observer les progrès qui vont s’opérer en la matière et d’apprendre de ces fabuleux futurs projets de CLT qui sans aucun doute verront le jour dans les prochaines années.

 

 

 

Références :

 

1 ‘Bringing embodied carbon upfront’, World Green Building Council :

https://www.worldgbc.org/sites/default/files/WorldGBC_Bringing_Embodied_Carbon_Upfront.pdf

 

2 ‘World Cities Report’, UN Habitat :

http://nua.unhabitat.org/uploads/WCRFullReport2016_EN.pdf

 

3 ‘Climate change : The massive CO2 emitter you may not know about’, BBC News :

https://www.bbc.com/news/science-environment-46455844

 

4 ‘Embodied carbon of concrete’, Quartz Project :

https://quartzproject.org/p/CP001-a04/q/concrete#cp

 

5 ‘Steel products and envinromental impact’, Green Spec :

http://www.greenspec.co.uk/building-design/steel-products-and-environmental-impact/

 

6 ‘Embodied carbon of structural steel’, Quartz Project :

https://quartzproject.org/p/CP017-a03/q/structural+steel#cp

 

7 ‘Bois et cycle de vie du carbone’, Cecobois :

https://cecobois.com/bois-et-cycle-de-vie-du-carbone

 

7 ‘Embodied carbon of timber’, Quartz Project :

https://quartzproject.org/p/CP157-a02/q/timber#cp

 

8 ‘Rethinking Timber Buildings’, Arup :

https://www.arup.com/-/media/arup/files/publications/r/rethinkingtimberbuildings.pdf

 

9 ‘Construction et protection incendie : Carte blanche au bois’, Admin.ch :

https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/forets/dossiers/construction-protection-incendie-bois.html

 

10 ‘Implenia builds Switzerland’s tallest wooden building’, Bloomberg :

https://www.bloomberg.com/press-releases/2019-09-30/implenia-builds-switzerland-s-tallest-wooden-building

 

 

Références images:

 

Michael Green, MGA: https://www.youtube.com/watch?v=dXtZP6G9X-g

 

Ledinek : https://www.ledinek.com/x-press

 

AchiLine Wooden Houses : https://ownwoodenhouse.com/index.pl?act=NEWSSHOW&id=2018022701

 

 

Continuer la lecture:

 

‘Tall Timber Buildings: Applications of Solid Timber Construction in Multistory Buildings’, CTBUH :

http://global.ctbuh.org/resources/papers/download/319-tall-timber-buildings-applications-of-solid-timber-construction-in-multistory-buildings.pdf

 

Sowing seeds for timber skyscrapers can rewind the carbon footprint of the concrete industry’, Cambridge University :

https://www.cam.ac.uk/research/news/sowing-seeds-for-timber-skyscrapers-can-rewind-the-carbon-footprint-of-the-concrete-induntribuerstry

 

‘Timber towers could transform London’s skyline’, Cambridge University :

https://www.natmat.group.cam.ac.uk/news/timber-towers-could-transform-london2019s-skyline

 

‘Timber frames : will we see wooden skyscrapers in the future ?’, Building.co.uk :

https://www.building.co.uk/buildings/timber-frames-will-we-see-wooden-skyscrapers-in-the-future/5097471.article

 

‘What is Cross Laminated Timber (CLT)?’, vidéo, The B1M :

https://www.youtube.com/watch?v=YuAya0hRjwU

 

‘Pourquoi construire des gratte-ciel en bois’, TED talk, Michael Green :

https://www.youtube.com/watch?v=Xi_PD5aZT7Q

 

‘Dalston Lane: The World’s Largest Timber Building’, vidéo, The B1M :

https://www.youtube.com/watch?v=YqGH1_tAjlU

 

‘Top 5: The World’s Tallest Timber Buildings’, vidéo, The B1M :

https://www.youtube.com/watch?v=v3JqSsc8ZKk

 

‘Wooden skyscrapers could be the future for cities’, The Economist :

https://www.youtube.com/watch?v=2DPp2NcnTb0

 

‘Skyscrapers of the Future Will Be Engineered to Copy Nature’, vidéo, Seeker :

https://www.youtube.com/watch?v=-OPGQ9EhDZM

 

The wood from the trees: The use of timber in construction’, Elsevier :

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1364032116306050

 

‘Climate change: the trouble with trees’, The Economist :

https://www.economist.com/films/2019/09/18/climate-change-the-trouble-with-trees?utm_source=YouTube&utm_medium=Economist_Films&utm_campaign=Endboard&utm_term=Social_Issues&utm_content=TruthAbout

 

‘Plus de 40% des espèces d’arbres sont menacées d’extinction en Europe’, Le Temps :

https://www.letemps.ch/sciences/plus-40-especes-darbres-menacees-dextinction-europe

 

‘The past, present and future of climate change’, The Economist :

https://www.economist.com/briefing/2019/09/21/the-past-present-and-future-of-climate-change

 

‘L’émergence des gratte-ciels en bois’, Bilan :

https://www.bilan.ch/entreprises/lemergence-des-gratte-ciels-en-bois

 

‘Buildings day proves a hit at COP21’, UN Habitat :

http://unhabitat.org/buildings-day-proves-a-hit-at-cop21/

 

‘Building green is way forward, concludes UNECE/FAO workshop’, UNECE :

https://www.unece.org/fileadmin/DAM/press/pr2008/08tim_p06and08env_p16e.htm

 

BIG’s prefabricated timber housing in Stockholm is designed to be manmade hillside’, Dezeen :

https://www.dezeen.com/2018/11/09/big-76-park-stockholm-modular-timber-apartments-architecture/?li_source=LI&li_medium=bottom_block_1

 

‘Michael Green completes largest mass-timber building in United States’, Dezeen :

https://www.dezeen.com/2016/12/02/michael-green-architecture-t3-largest-mass-timber-building-usa-minneapolis-minnesota/

 

‘Sustainable Timber in Construction’, Designing Buildings :

https://www.designingbuildings.co.uk/wiki/Sustainable_Timber_in_Construction

 

‘Whole life carbon assessment of timber’, Designing Buildings :

https://www.designingbuildings.co.uk/wiki/Whole_life_carbon_assessment_of_timber

 

‘Carbon ratings for buildings’, Designing Buildings :

https://www.designingbuildings.co.uk/wiki/Carbon_ratings_for_buildings

 

‘Is the desire to reduce the embodied carbon of new buildings damaging the UK steel industry’, Designing Buildings :

https://www.designingbuildings.co.uk/wiki/Is_the_desire_to_reduce_the_embodied_carbon_of_new_buildings_damaging_the_UK_steel_industry%3F

 

‘Can concrete and steel ever be carbon neutral?’, Designing Buildings :

https://www.designingbuildings.co.uk/wiki/Can_Concrete_and_Steel_Ever_be_Carbon_Neutral%3F

 

‘European Union Timber Regulation’, Desining Buildings :

https://www.designingbuildings.co.uk/wiki/European_Union_Timber_Regulation

 

‘Forest management FM certification : what standard is used’, FSC UK :

https://www.fsc-uk.org/en-uk/business-area/fsc-certificate-types/forest-management-fm-certification/what-standard-is-used

 

UK Woodland Assurance Standard (UKWAS) website :

http://ukwas.org.uk/standard/background-and-purpose/

 

‘A question to ask about every climate plan’, Bill Gates, gatesnotes :

https://www.gatesnotes.com/Energy/A-question-to-ask-about-every-climate-plan

 

‘Have you hugged a concrete pillar today?’, Bill Gates, gatesnotes :

https://www.gatesnotes.com/Books/Making-the-Modern-World

 

‘The EPA Declared That Burning Wood Is Carbon Neutral. It’s Actually a Lot More Complicated.’, Smithsonian Mag :

https://www.smithsonianmag.com/smart-news/epa-declares-burning-wood-carbon-neutral-180968880/

 

‘Is Burning Wood Really A Long-Term Energy Descent Strategy?’, Transition Culture :

https://www.transitionculture.org/2008/05/19/is-burning-wood-really-a-long-term-energy-descent-strategy/

 

‘The Urgency of Embodied Carbon and What You Can Do about It’, Building Green :

https://www.buildinggreen.com/feature/urgency-embodied-carbon-and-what-you-can-do-about-it

 

‘A Comparison of the Energy Saving and Carbon Reduction Performance between Reinforced Concrete and Cross-Laminated Timber Structures in Residential Buildings in the Severe Cold Region of China’, MDPI:

https://www.mdpi.com/2071-1050/9/8/1426/pdf

 

‘Maisons Alfort : voilà à quoi ressemblera le future siege de l’ONF’, Le Parisien :

https://www-leparisien-fr.cdn.ampproject.org/c/www.leparisien.fr/amp/val-de-marne-94/maisons-alfort-voila-a-quoi-ressemblera-le-futur-siege-de-l-onf-03-07-2019-8108793.php

 

‘Cross Laminated Timber (CLT)’, Katerra :

https://assets2.katerra.com/wp-content/uploads/2019/10/01154806/Katerra-CLT-Introduction-1.pdf

 

Julien Grange

Julien Grange

Julien Grange a fait ses études d’économie entre HEC Lausanne et la Stern School of Business de NYU, New York. Il vit aujourd’hui à Londres et travaille pour une entreprise active dans le développement et le financement de projets immobiliers en Europe. Il se passionne pour le devenir du monde et celui de ses habitants. En tête de sa liste pour le Père Noël chaque année : une boule de crystal. Elle n'est pas encore arrivée, mais elle ne saurait tarder.

8 réponses à “Construire des gratte-ciels en bois pour sauver la planète ?

  1. De toute évidence une alternative crédible pour les constructions futures. Restera à régler la gestion de ces nouveaux matériaux. Merci pour toutes ces infos techniques fort instructives.
    Le changement climatique est en cours, les anciens raisonnements vont devoir laisser la place aux nouveautés, les mentalités opérer des changements, afin que des solutions durables et efficientes trouvent leurs places.
    La population en est consciente, l’action des politiques va être freinée par les règles démocratiques en vigueur, sans compter l’inévitable inertie de tout système. Je reste optimiste.

  2. Excellente article, bravo (suis d’autant plus convaincu que j’ai oeuvré à la communication d’un pionnier du lamellé-collé en terre vaudoise, il y a déjà … si longtemps).

    Mais comme vous le dites, où trouvez les surfaces pour remplacer les trillions de billions de tonnes de béton?
    Il y aurait bien les forêts incendiées pour l’huile de palme ou le soja, mais je doute autant climatiquement que politiquement …?

    On pourrait déjà commencer en Suisse et grâce au changement climatique, d’en planter plus dans le Jura et les Alpes, au lieu de subventionner des moutons mangés par des loups sous prétexte d’entretien (enfin c’est une hypothèse et comme les forêts sont déjà en train de sécher et qu’il faudra vingt avant récolte…)!

  3. Ceci n’est pas une blague et confirme votre vision du futur : avez-vous un terrain pour une collection de tours arborisées de 100m de haut, projet nommé Forest Towers. Avec la vision d’une bougade verte. Projet prêt, structure bois, 100% autonome, LEED qualification, plan financier, booklet de présentation. Dressé pour l’Expo 2020 Dubai.
    Et merci de votre remarquable documentation!
    [email protected]

  4. Très bon article et complet, merci !
    Je me permets d’y ajouter quelques remarques, en vrac :

    – Les qualités mécaniques du CLT sont épatantes, mais au-delà de celle-ci, toutes les autres qualités mentionnées (y.c. la résistance au feu) sont valables pour le “bête” bois de charpente traditionnel également.

    – Les performances moindres en matière d’isolation phoniques ne sont pas à négliger, surtout dans la construction de logements où les normes de protection contre le bruit sont devenues assez drastiques. Par exemple, une dalle massive en bois de 20cm avec chape flottante en ciment ne suffit pas à satisfaire la norme pour séparer 2 appartements.

    – Construire des gratte-ciels en bois, ça en jette, mais ça ne sauvera pas la planète. Les gratte-ciels sont ultra-minoritaires dans le monde de la construction… En revanche on commence à construire des parkings entièrement en bois ! https://www.aargauerzeitung.ch/leben/forschung-technik/ein-parkhaus-ganz-aus-holz-diese-weltpremiere-steht-in-der-schweiz-132006714

    – Se méfier, avec le bois aussi, des transports… nous avons construit une étable sur les hauts de Neuchâtel il y a peu, financée par les deniers publics. Le bois est Suisse, selon le cahier des charges, mais a été taillé de l’autre côté de la frontière en Allemagne, pour être ensuite ramené en Suisse… c’est un peu aberrant mais à moins d’y mettre les moyens, on arrive à cela. On peut vivre avec mais il faut être conscient des réalités économiques.

    Sinon, oui, vive le bois !

  5. Dans les plus grands bâtiments en bois du monde il manque clairement nos deux bâtiments suisse qui sont finis:
    – Suurstoffi Baufeld 1 « Arbo »: 60m de haut!
    – Suurstoffi Baufeld 22: 36m de haut

    Sinon bravo pour l’article

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