Les vagues de chaleur s’aggravent sur toute la Terre

Les scientifiques avaient déclaré il y a longtemps que des vagues de chaleur croissantes seraient un signe clair du changement climatique. Aujourd’hui, ils montrent qu’elles augmentent, s’aggravent et cela de plus en plus vite.

Les vagues de chaleur surviennent de plus en plus souvent sur une grande partie de la Terre. Autour de la Méditerranée, il y a six jours de canicule de plus chaque décennie depuis 1980. Les températures y ont atteint des valeurs extrêmes ces dernières années, jusqu’à 60 degrés au Bahreïn.

Dans les régions boréales, en Alaska et en Sibérie,  le changement climatique a des conséquences un peu différentes: il apporte parfois des vagues de chaleur très intenses, les températures montent alors à vingt degrés au au-dessus des moyennes normales.

Les canicules sont plus fréquentes,  la température monte plus haut et cela  dure plus longtemps. Les Scientifiques ont développé une mesure qui tient compte de tous ces facteurs. Ils cumulent les degrés au-dessus de la normale subis tous les jours des canicules. Cette mesure qui intègre la fréquence et l’intensité permet de prouver que les vagues de chaleur ont augmenté sur quasiment toute la Planète. L’augmentation est plus rapide depuis 1980.

Les zones les plus touchées sont la côte nord-est de l’Amérique du Sud, le Nord de l’Afrique et le Proche- Orient.  Les canicules frappent partout. Au mois de mai, la Sibérie subissait une vague de chaleur de 20°C au-dessus des normales,  en juin au Vietnam il faisait si chaud que les agriculteurs plantaient le riz la nuit à la lampe frontale car il ne pouvaient plus travailler le jour, en Californie les moules ont cuit au bord de l’océan…

En voyant les vagues de chaleur de plus de 20 degrés en excès qui frappent l’Arctique, je me demande si l’air extrêmement chaud du Proche-Orient pourrait un jour atteindre l’Europe. Avons-nous besoin d’abris contre les vagues de chaleur extrêmes?
https://phys.org/news/2020-07-heatwave-trends-worldwide.html

La Sibérie est touchée par une vague de chaleur exceptionnelle, 35°C au mois de mai

La Sibérie, située au Nord de la Russie, est une des régions les plus glaciales de la Terre. Le froid peut y atteindre -70°C, et dans des nombreuses régions, le sol est un permafrost. Il est gelé en permanence depuis des milliers d’années sur des centaines de mètres et ne dégèle qu’en surface.
En général, les températures deviennent positives autour du mois d’avril, et avoisinent les 10 degrés en mai. Cette année, les températures de la Sibérie sont anormalement élevées depuis janvier, et mai a apporté une vague de chaleur exceptionnelle, des températures de 30 à 35°C.

Les records précédents ont été battus de plus de dix degrés. L’événement est aussi improbable qu’une température de 35°C en Europe Centrale en mars ou avril, et ce dérèglement climatique est inquiétant. Nous avons aussi vécu des jours étonnement chauds en hiver et en mars, et des perturbations plus importantes pourraient survenir. Je crains qu’un jour prochain, les températures estivales chez nous pourraient monter à dix degrés au dessus-du record précédent. Les Sibériens ont délaissé les vestes d’hiver pour la plage, et souffrent de la chaleur inhabituelle.

C’est un bouleversement total pour une nature qui habituellement émerge tout juste de l’hibernation, à la période de la fonte de neige. La végétation a démarré un mois plus tôt, les arbres fruitiers étaient en fleur fin avril, et ensuite les températures ont encore augmenté.

Les glaces ont sur les fleuves ont fondu, les tiques ont proliféré de façon exceptionnelle. De nombreuses espèces ne sont pas du tout adaptées à la chaleur.
Une sécheresse inhabituelle provoque des feux de forêt immenses. L’année passée, Greenpeace alertait déjà sur ces incendies, mais ce printemps, ils sont beaucoup plus étendus.

Cette vague de chaleur, qui s’est déplacée vers l’Arctique, précipite la fonte du permafrost, ainsi que de la glace recouvrant la mer Arctique et de celle du Groenland.

Prévoyons des back-ups de la Nature parce qu’elle va planter

Les changements climatiques qui se produisent aujourd’hui sont mille fois plus rapides que ceux survenus dans le passé lointain de la Terre. Ils menacent la végétation locale, inadaptée à la chaleur et aux sécheresses. Le réchauffement est si rapide que les arbres des climats intermédiaires n’auront pas le temps de pousser et d’ombrager les suivants, la faune, décimée par l’activité humaine, n’aura pas le temps de s’adapter tant les changements seront brusques.

Les récifs coralliens, l’écosystème océanique le plus riche, meurent des vagues de chaleur marines. Les écosystèmes arctiques fondent à vue d’oeil. Des forêts perpétuellement humides, marécageuses, sèchent et partent en fumée. Les poissons marins migrent vers les pôles, les espèces de montagne montent en altitude mais comme le sommet des montagnes est plus étroit, elles y manqueront vite de place.

Les conséquences du changement climatique se produisent plus vite que prévu, et le réchauffement lui-même pourrait s’emballer.

Dans ce cas, la température montera alors assez vite de quelques degrés, les vagues de chaleur encore plus, les tempêtes et les pluies torrentielles rendront la vie à l’air libre difficile. Ce jour-là une intervention humaine à grande échelle pourrait-être mise en place pour maîtriser le climat, et rafraîchir la Planète.

Entre-temps, nos écosystèmes auront succombé aux températures sahariennes. Je ne suis pas particulièrement pour le géo-engineering quand des vagues de chaleur à 50°C se produiront, mais je ne serai peut-être plus là pour le dire.

Il est aussi possible que le réchauffement ne soit pas exponentiel, mais que nous subissions un événement isolé de six mois de sécheresse qui tuera presque toute la végétation et les animaux qui s’en nourrissent, et asséchera les zones humides et même les fleuves.

Pour pallier à ces risques, sous devrions peut-être sauvegarder en milieu contrôlé et climatisé les écosystèmes les plus variés et les plus rares de la Suisse. Récréons dans un endroit climatisé les marais, les écosystèmes aquatiques, les prairies et les forêts les plus riches. Prenons le sol, avec les dizaines de milliers de micro-organismes et les larves minuscules qu’il contient, ainsi que plantes et les animaux connus du biotope, et essayons de le faire exister en milieu climatisé.

Les écosystèmes aquatiques pourraient être sauvegardés dans un grand aquarium, les forêts tempérées dans des grands bâtiments similaires aux grandes bulles tropicales des jardins zoologiques qui pourraient être climatisés, ombragés, et arrosés en cas de besoin.  Nous pourrions voir la forêt tempérée au zoo.

Si des bouleversements trop graves se produisent, des sécheresses de quelques mois, des rivières qui sèchent, de nombreux animaux disparaîtront.  Les espèces éteintes dans la Nature pourraient alors être réimplantées dans leur milieu naturel, et éviter une extinction. totale.

Bien sûr, il vaudrait mieux éviter les changements climatiques dangereux, mais s’ils devaient arriver, nous aurions une chance de récupérer rapidement, et d’éviter la transformation de nos paysages en désert.

Le mois de janvier le plus chaud de l’Histoire

Nous avons vécu un hiver plus doux que la normale. En Suisse, il a été le plus chaud depuis le début des mesures (Météosuisse). Il y a vingt ans environ, le mois de janvier apportait toujours des jours de vrai froid, de températures négatives, cette année les températures sont restées supérieures à zéro, excédaient parfois même dix degrés et les journées étaient souvent printanières.

Le mois de janvier 2020 a aussi été le plus doux que la Planète ait connu.

Réchauffement Janvier 2020 (jaune  < rouge < rose) James E. Hansen

En Janvier 2020, les températures les plus extrêmes ont régné dans le Nord de l’Asie et sur la Sibérie, le Nord-Est de l’Amérique a également connu des températures très élevées.

Les cerisiers ont fleuri en Suède, je crois me rappeler qu’en Suisse ils fleurissaient déjà en décembre. Le mois de février a aussi été très doux dans ces mêmes régions, et le deuxième plus chaud depuis le début des mesures (James Hansen).

Selon ses calculs, au cours des derniers cinquante ans, le mois de janvier est devenu beaucoup plus doux dans les régions tempérées du de l’hémisphère Nord, notamment dans le Nord-Est de l’Amérique, au Canada, où il régnait auparavant un froid spectaculaire, et dans l’Arctique.

Températures de Janvier 1970-2020 James E. Hansen Graphique de gauche: :Vert: températures des régions tempérées et Arctiques du Nord de la Terre, Rouge: Températures des régions tropicales, Bleu; températures des régions tempérées et polaires Sud de la Planète.  A droite la moyenne de ces changements pour la Terre.

La végétation réagit fortement à ces changements, les fleurs nous ont accompagné tout l’hiver.  Les roses fleurissaient encore en décembre, et les arbres fruitiers s’épanouissaient en décembre ou janvier.

 

Au cours d’hiver sans fortes gelées, les parasites et ravageurs des végétaux ne sont pas éliminés. Les hivers doux permettent aussi la prolifération de certains champignons nuisibles aux plantes, tels que l’oïdium. Le bourgeonnement précoce d’arbustes et fruitiers les expose aux gelées de printemps qui compromettent le développement des fleurs et les récoltes.

Le sol  et les roches qui dégèlent lors d’été de plus en plus chaud ne regèlent pas correctement lors de ces hivers doux, et la fonte du permafrost et l”effritement des montagnes pourrait accélérer.

Personnellement, je m’inquiète pour les arbres fruitiers, supporteront-ils longtemps des automnes et hivers de plus en plus doux?

Le réchauffement menace notre civilisation et la vie sur Terre (GIEC) et l’économie l’entrevoit

Le changement climatique est grave et les réductions d’émissions sont urgentes

A l’ouverture de la COP25 en décembre 2019, le président du GIEC a évoqué la gravité de la situation climatique. Il a rappelé que pour pouvoir stabiliser le climat, nous devons atteindre le maximum d’émissions de carbone en 2020 et les diminuer dès 2021. Pour le moment, elles augmentent toujours et ne semblent pas se stabiliser.

Selon lui, nous sommes clairement dans une crise. Les trois derniers rapports du GIEC indiquent que les impacts du réchauffement sont beaucoup plus sévères que les prévisions ne le supposaient. Par exemple, l’augmentation du niveau de la mer s’accélère, des écosystèmes clés deviennent beaucoup plus vulnérables, et le risque d’atteindre les limites de l’adaptation augmente. Ces limites incluent la production alimentaire, la disponibilité de l’eau, ainsi que la fonte des glaces au Groenland et en Antarctique qui inonderait les côtes de nombreux pays (rapport GIEC).   Nous pourrions voir bientôt des événements météo auxquels nous ne pourrons pas nous adapter, qui apporteront des graves dangers.  Nous avons besoin de réduire immédiatement les émissions de carbone. Si nous le faisons tout de suite, nous pourrons encore nous adapter au changement climatique de façon durable, sans coûts excessifs.

Le changement climatique menace la vie sur la Planète

Le changement climatique menace notre civilisation et la vie sur la Planète, il compromet donc aussi  les objectifs de développement durable de l’ONU. Nous risquons une augmentation brusque des températures (qui décuplerait l’intensité des catastrophes climatiques selon de nombreuses études dr), nous devons réduire immédiatement les émissions de carbone pour notre survie (en gras discours du président du GIEC accessible en anglais ici: YxNNE-5mmek).

Les aléas climatiques deviendront de plus en plus graves, le fonctionnement de notre civilisation sera de plus en plus perturbé et la vie sur Terre est menacée à moyen terme,

Les catastrophes climatiques pourraient provoquer à l’effondrement économique

Les analystes économiques commencent à prendre  en compte les risques climatiques, heureusement, car les prévisions qui ne les incluent pas sont totalement irréalistes.  Certains analystes sont un peu informés sur le changement climatique qui doit être pris en compte dans toute prévision d’avenir.  Ainsi, un rapport de la BIS (Bank for International Settlements, rapport) attire l’attention sur les risques climatiques  et un autre, de l’Université de Massachusetts, informe qu’une succession de catastrophes climatiques comme nous en voyons déjà maintenant pourrait bien provoquer un effondrement mondial (communiqué).

Leurs prévisions restent en deçà de la réalité.  Nous savons que les catastrophes climatiques vont augmenter, c’est une certitude. Nous ne pouvons prévoir où elles vont frapper, mais leur nombre peut être estimé. Il a été sous-estimé. Nous devons aussi rapidement réduire les émissions de carbone pour éviter que ces catastrophes ne deviennent extrêmement graves et qu’elles ne transforment la Terre en un désert invivable.

 

Réduisons les émissions de CO2 immédiatement

Actuellement, l’épidémie de coronavirus a provoqué la fermeture d’usines, une réduction de la consommation de pétrole, probablement une baisse de la consommation en Chine et, déjà, un problème d’approvisionnement en pièces détachées pour l’horlogerie suisse. Nous aurons bientôt des millions de ces petits problèmes d’approvisionnement. Gardons peut-être notre vieux téléphone, ordi, ou nos chaussures défraîchies dans un coin au cas où. Nous aurons aussi des ouragans, des tornades, des inondations et des vagues de chaleur dangereuses pour notre vie.

Nous devons repenser l’économie dans son ensemble pour qu’elle émette beaucoup moins de carbone, vingt ou vingt-cinq fois moins. La plupart des usines sur Terre devraient être arrêtées pour le climat,  qui est au moins aussi dangereux que le virus. Il faut aussi prévoir que la météo interrompra leur activité. Il faut peut-être faire une liste de produits nécessaires ou au moins vraiment utiles et assurer leur production. Les pièces détachées d’objets essentiels pourraient être produites à plusieurs endroits sachant qu’aucun n’est vraiment à l’abri du climat, ce qui augmenterait la résilience et réduirait la panique. L’économie devrait être planifiée sobrement pour les vingt ans d’urgence qui nous attendent. La Chine produit en fait l’essentiel d’objets pour toute la Terre et peut elle-même totalement changer sa production pour faire face au changement climatique.  Elle peut la concevoir écologique et résiliente. Nous pourrions aussi assurer une fabrication nationale d’objets de première nécessité.

 

L’ONU déclare que les émissions du permafrost et de la végétation accélèrent le réchauffement

Le 4 février, le secrétaire -général de l’ONU a donné une conférence de presse. Il a entre autres parlé du climat. Je rapporte, en gras,  une grande partie de son discours concernant le climat :

‘Un autre cercle vicieux exacerbe clairement la crise climatique. Comme les océans se réchauffent, et  la glace fond et nous perdons les services vitaux que rendent les banquises:   réfléchir la lumière du soleil, ce qui va augmenter plus le réchauffement climatique.

Et comme la glace fond et que les océans se réchauffent, le niveau de la mer monte et plus d’eau s’évapore, causant des pluies toujours plus grosses, et menaçant les villes côtières et les deltas. L’année passée, la chaleur des océans et le niveau des mers moyen ont atteint le niveau le plus haut jamais enregistré.

Les scientifiques nous disent que les températures des océans augmentent maintenant de l’équivalent de cinq bombes d’Hiroshima par seconde.

Les écosystèmes souffrent des retombées.

Une étude récente a révélé que la chaleur océanique en 2019 était de 228 Zetta Joules supérieure à la moyenne de 1981-2010;

une Zetta est un «1» suivi de 21 zéros. (228 000 000 000 000 000 000 000 J).

Pour mettre cela en contexte, cette augmentation de la chaleur océanique l’année dernière représente plus de vingt fois la quantité d’énergie que l’humanité a consommée depuis 2000.

Pendant ce temps, alors que le pergélisol disparaît et que la toundra dégèle plus tôt et gèle plus tard, de grandes quantités de méthane – un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le dioxyde de carbone – pénètrent dans l’atmosphère, accélérant le réchauffement climatique.

Et alors que les forêts brûlent, le monde perd des puits de carbone vitaux et les émissions montent en flèche (…).

La nouvelle alerte sur la crise climatique de l’Organisation météorologique mondiale indique aujourd’hui que les concentrations de CO2 atteindront de nouveaux sommets [en] 2020.

Le défi de la conférence sur le climat de cette année à Glasgow, COP 26, est clair: tous les pays doivent montrer plus d’ambition en matière d’adaptation, d’atténuation et de financement.

Et les gros émetteurs doivent montrer la voie.

Nous avons besoin d’un prix sur le carbone et de la fin des subventions aux combustibles fossiles.

Traduction de: https://www.un.org/press/en/2020/sgsm19958.doc.htm

J’ai déjà écrit sur ces émissions de méthane (blog1) et sur la réduction de la banquise (blog2).  Le dégagement de méthane a été constaté et prédit il y a des années par certains scientifiques, et officiellement annoncé par l’Académie Russe des Sciences l’été passé.

L’année prochaine, le CO2 record dans l’atmosphère va augmenter le réchauffement, les banquises réduites vont refléter moins les rayons de soleil, et la surface de l’océan va en absorber plus. Les feux de forêt et les sécheresses augmentent encore le CO2. Il fera donc un peu plus chaud sur la Planète ces prochaines années. Le MetOffice anglais annonce cinq années chaudes (lien), de nouveaux records et peut-être le franchissement de seuil de sécurité de 1,5°C. A suivre…

Appel des onze mille scientifiques à l’urgence climatique

Récemment, plus de onze mille scientifiques ont rédigé une lettre ouverte au monde entier.  Ils déclarent que nous sommes face à une urgence climatique. Tout en reconnaissant les progrès de Rio, du protocole de Kyoto et de la COP21 de Paris, ils avertissent que  les gaz à effet de serre augmentent vite et que leurs effets s’aggravent rapidement. Des souffrances sans nom pourraient en découler pour l’Humanité (voir mes blogs précédents pour les détails dramatiques).

Les scientifiques remarquent des nombreux signes inquiétants sur la Planète. L’augmentation de la population, du cheptel, de la consommation de viande par personne, ainsi que de l’aviation, de la déforestation et des émissions de CO2 qui provoquent une augmentation rapide de l’effet de serre.

Selon eux, la crise climatique est causée par les émissions de carbone  des populations aisées de la Planète.  Celles-ci augmentent, les glaces fondent, les incendies, les catastrophes climatiques augmentent. La crise climatique est plus rapide que prévue et menace les écosystèmes et le destin de l’Humanité.

Les points de basculement sont très inquiétants et pourraient causer un changement climatique incontrôlable, beaucoup plus fort qu’actuellement. Un réchauffement d’apparence anodine peut mener à la mort des forêts tropicales, à la fonte de la glace sur la mer Arctique,  au dégagement de méthane du permafrost, ce qui pourrait au final transformer la Terre en Planète Venus, après plusieurs étapes telles que des tornades en Suisse puis l’ébullition des océans (James E. Hansen). Je dois dire que ces dangers deviennent de plus en plus réels chaque année. Nous pouvons et devons les combattre maintenant.

Les scientifiques signataires proposent plusieurs axes:

Energie

Le monde doit vite mettre en place des mécanismes d’efficacité énergétique et remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables bas carbone, et d’autres sources d’énergie propre.
Le développement de la capture de carbone, par des techniques naturelles et chimiques doit continuer.

Polluants à courte durée de vie

Nous devons vite réduire les émissions de polluants à courte durée de vie, le méthane, la suie et les HFCs. Cela pourrait éviter les boucles rétroactives et un climat incontrôlable.

Nature

Nous devons protéger et restaurer les écosystèmes. Il est essentiel de protéger la biodiversité et de développer la reforestation et l’afforestation.

Alimentation

L’alimentation doit être basée sur des produits végétaux, nous devons limiter  le gaspillage alimentaire et la perte de carbone du sol lors des labours.

Economie

Au niveau économique, nous avons besoin d’une économie zéro carbone qui prend en compte la dépendance de l’Homme de la Biosphère et des directives qui permettent de la mettre en place.

Population

La population de la Terre qui augmente encore doit être stabilisée. Les scientifiques suggèrent  de faciliter l’accès au planning familial et d’éduquer les filles.

https://academic.oup.com/bioscience/advance-article/doi/10.1093/biosci/biz088/5610806

Le non-respect de l’accord de la COP21 serait plus grave qu’un génocide

Un réchauffement de plus de 4°C pourrait, selon certains experts, causer plus de six milliards de morts sur la Planète. Il provoquera la mort de nations, et aucun pays, aucune ville ne sera à l’abri. Le climat provoque déjà des effets graves, cette année des inondations des terres agricoles du Midwest ont réduit la production de maïs américaine, et les records de chaleur ont provoqué une sécheresse dans le delta du Mékong, grand producteur de riz, qui l’exporte dans le monde entier.

Le retrait récent de Etats-Unis de la COP21 ouvre la voie à la destruction des conditions de vie des pays du Sud. Il entraînerait des génocides de plusieurs peuples particulièrement exposés au changement. Les dirigeants américains mettent aussi leur peuple en danger.

C’est même plus grave, il pourrait mener à la disparition de toute l’Humanité, de tous les peuples de la Planète, ou en tout cas d’une grande partie de leur population.

Pensent-ils à maîtriser le climat d’une manière autre que les recommandations actuelles des experts, qui pourrait être aussi dangereuse?

Lors de la COP21, les spécialistes ont insisté sur la nécessité de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C, plutôt à 1,5°C. Ils supposent qu’au-dessus de ces températures, le climat terrestre deviendrait complètement instable, et des sauts de températures rapides et forts seraient possibles. Permettre un réchauffement de plus de 2°C, c’est foncer tête baissée vers les milliards de morts et  vers la fin de la vie sur Terre.

Cette évolution du climat, provoquée par les émissions de méthane du permafrost, commence en fait déjà.

Je suis convaincue qu’on peut trouver des moyens de la maîtriser, mais il faut en faire une priorité absolue. J’espère que  les dirigeants américains, qui sont maintenant souvent confrontés à plusieurs catastrophes naturelles simultanées ou proches, changeront vite d’avis, car le climat ne s’arrêtera pas. Hier ils devaient affronter les feux de forêt en Californie et la neige au Texas. Les feux de Californie provoquent de nombreuses coupures de courant. Les catastrophes causeront souvent une réduction spontanée de l’activité économique.

Il faut peut-être aussi inventer une façon d’inciter les Etats-Unis à respecter l’accord de la COP21, ou de réduire leurs émissions de carbone d’autant.  Il en va de la survie de nos populations.

NB: Les émissions massive de méthane du permafrost pourraient provoquer d’immenses explosions, qui pourraient ressembler à la photo.

Edité le 30 octobre 2019

Nous pouvons sûrement survivre au méthane qui bouillonne dans la mer de Sibérie

Des bulles inquiétantes

Une expédition sur la mer de Sibérie a récemment découvert des bulles de méthane à la surface de l’eau.  Cette mer recouvre une immense plateforme, à une centaine de mètres de profondeur.  Celle-ci est constituée de terre gelée depuis des millénaires, qui a été submergée lorsque le niveau des mers est monté.  Dès qu’elle dégèle, elle émet du méthane. Ce gaz produit un effet de serre très important. Les scientifiques se sont demandés si le gaz est géologique, provenant des profondeurs de la terre, ou produit par la fermentation de restes végétaux gelés dans le sol. Certaines études ont montré qu’il est organique, ie provient des plantes ou d’animaux préhistoriques.  D’autres suggèrent que le permafrost pourrait contenir d’énormes quantités de méthane, et qu’il dégèle plus vite et plus profondément que prévu (travaux de Natalia Shakova). Une scientifique estime que ce gaz va diffuser à travers le fond marin si la température monte.  A d’autres endroits des poches de méthane d’origine géologique ont été trouvés .

Le permafrost contient d’énormes quantités de carbone.  Lorsque la mer de Sibérie était recouverte de glace, les faibles quantités de gaz se dissolvaient dans l’eau, restaient piégées sous la glace et se dégradaient lentement, spontanément ou consommées par des bactéries méthanotrophes.  Maintenant, la surface est souvent libre de glace, la température de l’eau augmente, des courants chauds de l’Atlantique atteignent l’océan Arctique. Des champs de bulles de méthane ont été observés dans le fond marin par l’expédition Swerus-C3). Cette année, le méthane jaillit du fond en geysers de bulles qui atteignent la surface et passent dans l’atmosphère.  L’académie Russe des Sciences a communiqué il y a quelques mois que ce gaz augmente déjà l’effet de serre. Le méthane s’échappe maintenant en grandes quantités, les zones effervescentes bouillonnantes atteignent un kilomètre de diamètre (Igor Semiletov, cité par the Independent). Paul Beckwith a relevé que l’eau était alors particulièrement chaude à cet endroit, le dégagement de gaz pourrait être directement provoqué par l’arrivée d’un courant chaud.

Comment contenir le méthane?

Le phénomène est à ses débuts. S’il s’aggrave, il pourrait rayer l’Humanité de la surface de la Planète.   Je crois que sans compter le permafrost, le réchauffement climatique menace nos villes et nos vies et qu’il faut le maîtriser au plus vite.   Le méthane semble encore plus dangereux.  Il est aussi très inflammable, cela dit s’il prenait feu il serait transformé en gaz carbonique et causerait vingt fois moins d’effet de serre.

 

Pour éviter les émissions de méthane, il faudrait réduire les températures de la Planète à un niveau où la mer Arctique reste gelée en été.  Il se dégraderait probablement lentement sous la glace.  Si les températures de l’eau des océans montent trop, le gaz pourrait s’échapper en gigantesques explosions dans le cercle Arctique, aux conséquences fatales pour toute la Terre.

Eliminer le méthane grâce à des bactéries

Les bactéries méthanotrophes pourraient le consommer.  Elles seraient produites en bioréacteur et ajoutées à l’eau de mer, ou directement cultivées dans les fonds marins, mais cela porterait atteinte à l’écosystème naturel de l’océan.  Pour éviter ceci,  l’eau pourrait passer dans un circuit capteur de méthane qui d’ailleurs pourrait aussi utiliser des méthodes chimiques.   Idéalement le gaz serait capté et utilisé comme carburant, ce qui réduirait déjà son effet de serre de vingt fois.

Le protéger d’un couvercle de glace

Si la glace ne se reforme pas naturellement, certains suggèrent de la produire artificiellement et de recouvrir la mer Arctique d’un couvercle de glace bien épais (voir vidéo What if We Could Refreeze the Arctic ci-dessous). Cela abaisserait immédiatement la température de la Terre et garderait le méthane sous couvercle, tant  que le fond des océans ne deviendrait pas trop chaud.  Nous avons probablement au moins dix ans avant les catastrophes du méthane, un temps suffisant pour que les ingénieurs trouvent des solutions.  Qu’ils les cherchent maintenant! Entre-temps, nous devons freiner au maximum les émissions de carbone et planter des arbres qui l’absorberont.

Modifié le 11 octobre 2019

Rapport du GIEC sur les océans: ça va mal mais ça peut encore être pire

Le rapport spécial du GIEC sur les glaces et les océans a été publié cette semaine.
Il présente les changements qui sont prouvés et incontestables.
Le GIEC constate tout d’abord que le réchauffement climatique a fait fondre au cours des dernières décennies les glaciers et la glace sur la mer arctique et réchauffe le permafrost (A1 SROCC_SPM).

1. Moins de vie dans les océans

La température des océans a augmenté et les écosystèmes aquatiques en souffrent déjà.

Actuellement, les coraux subissent déjà des dommages sévères, plus de la moitié de la Grande Barrière de corail a succombé aux vagues de chaleur de ces dernières années. C’était l’écosystème le plus riche des océans. Les coraux courent des graves risques même à 1,5°C.

Les forêts, les prairies d’algues et les poissons vivant à la surface des océans sont déjà frappés par le réchauffement.
Les écosystèmes épipélagiques, proches de la surface de l’océan, sont moins productifs. Toutes espèces confondues, il y a moins de poissons. C’est surtout remarquable  dans l’Atlantique Nord, mais aussi partout ailleurs, dans l’Atlantique-Sud, le Pacifique Nord et Sud, et le parties tropicales de ces océans, et les courants EBUS, des Canaries, de Californie, et dans une moindre mesure dans l’océan indien.  La pêche  aussi est déjà réduite dans ses eaux (voir figure ci-dessous).

Plusieurs seuils critiques pour la vie dans l’océan seront dépassés avant 2100: oxygène, acidification, azote, stratification des océans, etc. Il y aura moins de vie dans les océans.

Il y aura 20 à 50 fois de vagues de chaleur marines, d’une intensité plusieurs fois plus forte. Celles-ci ont récemment décimé la Grande Barrière de corail ou des forêts d’algues millénaires. Des années d’El Nino extrême, dont l’année record 2016 peut donner une vague idée, se produiront plus souvent. La circulation océanique diminuera très probablement.

2 Les glaces fondent et les montagnes s’effritent

Les glaciers fondent et le permafrost dégèle.  Le GIEC constate qu’il dégage des gaz à effet de serre  (medium evidence with low agreement). Ces gaz accélèrent le réchauffement climatique.

La fonte du permafrost et le retrait des glaciers diminuent la stabilité des pentes de haute montagne. Des nouvelles inondations, avalanches, glissements de terrain et autres déstabilisations du sol vont accroître les risques pour l’infrastructure et les personnes.

La surface couverte par la glace Arctique diminue de 12,8% par décennie. De plus, cette glace est plus fine, la glace de plus de 5 ans a perdu 90% de sa surface (A1.4 SROCC_SPM). Cette glace, épaisse d’un mètre environ, tenait bien l’été. Elle a quasiment disparu et la glace sur la mer Arctique est maintenant fine et fragile. Sa disparition précipitera le réchauffement de la Planète.

3. La montée du niveau de la mer

L’océan a absorbé plus de 90% de l’énergie du réchauffement (A2). L’océan Austral a absorbé la moitié de cette énergie depuis l’an 2000. Il se réchauffe vite, à des profondeurs supérieures à 2000 m, et la stratification de l’océan augmente.

La fonte du Groenland et de l’Antarctique s’est accrue et constitue maintenant le facteur principal de la montée du niveau de la mer. Le GIEC estime que les mers pourraient monter d’1m20 si les émissions de carbone restent élevées.

Il y a d’autres théories sur la façon dont les glaces polaires fondront à l’avenir. J’ai écrit un livre Kindle à ce sujet,  ‘L’Antarctique-Ouest dans le Vide‘. ( Achetez-le!) .
Elles prennent en compte que la plateforme d’Antarctique -Ouest s’est déjà effondrée par le passé. A cette période, le niveau des mers est monté très vite, de plusieurs mètres par siècle. Cette plateforme fait barrage aux immenses glaciers Antarctiques et son effondrement pourrait mener à plusieurs mètres de montée du niveau de la mer.

Les glaciers du Groenland et d’Antarctique sont étudiés par des nombreux scientifiques par des expéditions polaires, par satellite, ou par des modèles sophistiqués. Ces scientifiques, tels que James E. Hansen, Eric Rignot, Jason Box ne font pas partie du GIEC, qui ne semble donc pas inclure leurs connaissances ni leur compétence.

Le phénomène qui pourrait mener à l’effondrement de l’Antarctique-Ouest, appelé ‘marine icesheet instability’ est présenté par le GIEC qui mentionne qu’il doit être étudié plus en détail. Si ce gigantesque accident se produit, il va changer complètement les prévisions de la montée du niveau de la mer et les mesures d’adaptation à prévoir.  Le modèle de James Hansen, qui inclut déjà une forte stratification des océans, prévoit que la montée du niveau de la mer va doubler à intervalles réguliers.  Les centimètres actuels deviendraient ainsi des mètres vers la fin du siècle, et l’océan inonderait la moitié des terres cultivées de la Terre.

Que les modèles du GIEC penchent plutôt pour la solidité de l’Antarctique-Ouest, soit.  Le GIEC semble décidé à ne dire que ce dont il est absolument sûr et sert ainsi d’organisme de référence mondial. Peut-être ont-ils été trop raisonnables et ils n’ont pas inclus dans les modèles les agissements de Trump et de Bolsonaro, ni les vagues de chaleur soudaines qui précipitent la fonte des glaces polaires. Cependant, il devraient étendre leur équipe d’experts et inclure des spécialistes de la fonte de glaces antarctiques. Leur estimation de la montée du niveau de la mer, qui est revue à la hausse pour la deuxième fois en conséquence de la fonte rapide des glaces ces dernières années, pourrait encore changer.  L’effondrement d’immenses glaciers sera probablement prévisible quelques années ou même quelques dizaines d’années avant de se produire.

Résumé du rapport SROCC

Courte interview de Valérie Masson-Delmotte

Risques pour les écosystèmes en fonction de la température: les coraux sont déjà dans le rouge à 1°C et une grande partie meurt maintenant, les algues et les poissons dans le jaune subissent déjà les effets négatifs du réchauffement.