De la sprinteuse à l’handicapée… ou vice-versa !

Hop (schwiitz) ! Un livre se ferme. Un chapitre s’ouvre. Une histoire se créé. Mon départ du monde équestre est marqué par celui dans l’athlétisme. Aurais-je du succès ?

Quoi de mieux que l’intervention d’un spécialiste afin d’évoquer mon changement d’orientation ?

Il s’agit de de mettre une philosophie de vie en perspective… Ou plutôt l’état d’esprit qui démarque les sportifs d’élites… et handicapés… Une démarche visant à l’inclusion.

 

Pablo Cassina :

 

Je ne connaissais pas Celine avant notre rencontre à la présentation officielle de la prochaine course de

l’Escalade. Mon ami, le président de la course, Jean-Louis Bottani, venait me la présenter. Celine me raconte qu’elle a fait ses premières courses sur route… et sa conversion au sprint…

En discutant, je lui dis que je suis le créateur du meeting international d’athlétisme AtletiCAGenève.

Ses yeux brillent.

Je pense d’abord et logiquement que Celine est une jeune talent, qui visiblement m’aurait échappé… En fouillant rapidement dans ma mémoire, je ne retrouve pas de « Celine ». Possible ? Un peu perdu, je déduis de notre discussion que Celine est une athlète de haut niveau et…. qu’elle a un handicap !

“Ah, bon ?” Je la regarde de la tête aux pieds et je me sens obligé de lui demander … “Un handicap ? Quel handicap… ?”

Elle me donne quelques explications et je ne pouvais que lui dire, “on te fait courir à AtletiCAGenève!” A partir de ce moment, on est resté en contact afin de trouver une solution : allait-on organiser une course avec des concurrentes de sa catégorie ou l’inscrire dans une course du programme ? Je ne réalise pas encore que ce passage à l’athlétisme était un véritable changement dans le parcours de Celine.

Intrigué, je fais quelques recherches. Je découvre son histoire.

Comment faire pour qu’elle puisse au mieux profiter d’une course internationale ?

Celine me fait part d’une bonne nouvelle : elle participera à l’Open de Berlin à la fin du mois de juin. Le meeting de Genève ne pouvait plus être pris en considération…

Nous échangions beaucoup, à travers le sport, sur la perception du mouvement, l’entraînement, la motivation, l’ambition, les échecs, la réussite, les expériences…. et les difficultés aussi !

 

Alors qu’on rentrait ensemble d’Athletissima, Celine avançait marchait vers le parking d’un pas titubant. Je lui demande si le fait de rester assise plusieurs heures durant tout le meeting est une bonne chose pour elle ou si, au contraire, elle avait besoin de marcher.

« Marcher ! », fût la réponse, sans hésitation. “Même si c’est difficile ?” Elle a quelques spasmes et sa démarche n’est plus très sûre. “J’aime la difficulté ; je m’améliore quand c’est difficile et j’en ai besoin !”

Elle a tout dit. C’est une battante qui se nourrit de défis, affamée de vie, affamée d’épreuves et de sensations, affamée de perfection, se donnant toutes les chances pour aller plus loin et malgré les barrières et les limites, ne voulant perdre une seule seconde de ce que cette deuxième vie lui offre et lui permet, affamée de prouver que, depuis son accident il y a 10 ans, tout est possible !

 

Tout est possible”… Ce motto est nécessaire et pourtant, il n’est pas suffisant de le dire ! Ce serait trop facile.

Il faut se donner les moyens, soigner les détails, tous les détails.

Savoir prendre des décisions, accepter les échecs, changer beaucoup d’habitudes dans sa vie, répéter les mêmes gestes et mouvements, recommencer et encore recommencer, et recommencer, recommencer encore.

Tomber, souffrir, se relever, douter, reprendre, insister et repartir.

C’est ce cocktail qui fait la force et la personnalité des sportifs. On oublie les zones de confort !

Celine est à tel point motivée que sa vie s’adapte à elle et pas le contraire. C’est ce qui fait la différence et son succès.

Mais aussi la difficulté. Et on revient au fait que Celine l’aime et l’utilise comme tremplin de réussite ! C’est pour cette raison qu’elle ne s’arrête pas devant les obstacles de la vie.

 

Durant le récent meeting de Berlin, elle doit changer ses plans. Elle oublie le 400m ; elle doit se mesurer sur 100m et 200m. Là, comme ça, sur place.

Elle réalise des performances encourageantes, carrément bonnes (100m) ! Mais elle doit connaître une chute, devant la ligne d’arrivée du 200m. Celine disputera tout de même la finale peu de temps après. En avant !!

Le sport, c’est le moteur de sa vie. Une énergie qu’elle doit encore apprendre à maîtriser car c’est une source de développement continu qui nécessite les « bons dosages ». Aller su delà des limites, c’est bien ; savoir s’arrêter à temps sans abuser de ses forces, c’est mieux. Une carrière sportive est longue et le corps est plus fragile que le mental. Dans cette délicate péréquation, aussi avec un entourage de choix, son entraîneur Kenny Guex et une maman en or, Celine fait des pas de géant et elle brûle les étapes comme les sportifs aiment le faire, en déjouant tous les pronostics.

 

Beaucoup de chemin reste à faire (pardon, à courir !) La vie est une découverte. C’est à elle de savoir modérer ce « slogan ». Les buts et les moyens de les atteindre sont les uns (moyens) les instruments de l’autre (buts), et pas l’inverse.

 

A VOS MARQUES …

PRÊT !?

TOUT EST POSSIBLE !

 

World Para-Athletics

Plusport  – sport handicap suisse

Celine van Till

Celine van Till

Celine van Till défie l’impossible. Du dressage équestre au 400 mètres sprint, valide et handisport, elle court d’un extrême à l’autre. L’ennui n’existe pas. Les surprises attendent. Les limites sont mises en question.

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