Adieux au milieu de la ville

L’équitation, c’est fin d’une histoire de 20 ans. D’un accident. D’une résurrection. D’un rêve qui s’est réalisé. Aujourd’hui, c’est du passé.

 

Les adieux à la compétition est un instant marquant à jamais une vie d’un athlète. C’est le fruit de l’intégration au Cadre National junior et des retrouvailles du plus haut niveau après un événement tragique. J’ai dit « Au revoir » à la compétition équestre.

 

Il a failli me coûter la vie. Il m’aura peut-être laissé incapable de bouger et de parler. Pourtant, l’amour qui nous lie dépasse la peur et la colère. Le cheval est mon meilleur ami : je peux lui donner des friandises, le gâter, lui donner des friandises, des bisous, lui raconter mes secrets. Bref, lui faire confiance… C’est lui, en partie, grâce à qui je suis revenue à la vie ! Il a également été un excellent médecin, comme je le raconte dans mon livre Pas à pas (éditions Slatkine). Peut-être même le meilleur ?

 

C’est avec lui que j’ai relevé de nombreux défis !

 

La dépression… Un état où l’on est impuissant. Où nos proches le sont tout autant. Lui, le cheval, influence positivement l’état du malade par ses dons. Oui, des dons de rendre meilleur grâce à sa sensibilité. Je suis souvent avec lui, dans les écuries. Nous partageons un moment intime en toute complicité. La compréhension entre ce grand être puissant et son cavalier détermine jusqu’où ils sont capables d’aller…

 

Lafontaine était mon meilleur médecin : il était mon partenaire d’avant et il m’a remis le bassin en mouvement… Il m’a aidé également à me développer mentalement. Avec Tin Tin, j’ai développé ma motricité fine. Compétitrice dans l’âme, j’ai terminé 4ème à mes premiers Jeux Equestres Mondiaux en 2010.

Le divorce de mes parents, me contraignant à lâcher la jument m’a éloigné de la compétition internationale un moment… Toutefois, grâce à la foi, je n’ai rien lâché et des solutions furent trouvées ! Tin Tin resta avec moi… Dès que la situation s’améliora, Amanta arriva. Elle m’accompagnera, sans le savoir à ce moment-là, au plus haut niveau. Qu’est-ce qu’il y a de plus beau ?

Fidèle l’une à l’autre, nous allions de plus bel d’une compétition à l’autre. Les liens se renforçaient et nos performances s’amélioraient. Vivre les Jeux Paralympiques était épique, étant donné qu’il y a quelques années, c’était complètement inespéré… Certes, aujourd’hui, la compétition est terminée.

 

Comment abandonner mon Amanta adorée ?

 

Je t’aime.

Ces trois mots pour t’exprimer que tu seras toujours dans on cœur. Je ne t’abandonne pas. Continuant à te monter pour le plaisir, sans pression de la compétition, nous allons profiter des moments qu’il nous reste à partager.

 

Tu as transformé ma vie et tu m’as permis d’évoluer. Nous avons atteint le plus haut niveau et nous avons concouru aux JO. Nous avons évolué au Concours Hippique à Palexpo. Finir au centre-ville de Genève, il n’y a rien de plus beau !

 

Je me suis engagée à te garder. Je trouverai les solutions qui englobera peut-être plusieurs actions… J’aimerai, que tu sois toujours la plus gaie ! Le plus important, c’est l’amour qui nous lie et qui nous unit. Celui-ci, c’est pour la vie !

Photo titre: Franck Chaussivert

Celine van Till

Celine van Till

Celine van Till défie l’impossible. Du dressage équestre au 400 mètres sprint, valide et handisport, elle court d’un extrême à l’autre. L’ennui n’existe pas. Les surprises attendent. Les limites sont mises en question.

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