Médaille “Genève Reconnaissante” après Michael Møller, Ivan Pictet, Jean-Louis Bottani, Kofi Annan et le Team Alinghi

Le 8 octobre 2018, je recevai l’une des plus belles distinctions de la Ville de Genève.

« Merci et bravo pour les victoires que vous avez remportées sur vous-mêmes, pour cette ouverture aux autres et cette envie de gagner en surmontant les difficultés, et surtout cette joie de vivre renouvelée que vous nous faites partager. C’est une magnifique leçon d’espoir et de courage, c’est une très belle leçon de vie que vous nous donnez » a déclaré le Maire de Genève Sami Kanaan en lui remettant la Médaille « Genève Reconnaissante », distinction remise pour la première fois en 1932. Après Michael Møller, Ivan Pictet, Jean-Louis Bottani, Kofi Annan et le Team Alinghi notamment, j’étais la 70ème personne à la recevoir. Rentrer dans l’histoire de Genève est une grande fierté. Je suis également la plus jeune récipiendaire et ce fût la première fois que cette distinction fût attribué pour l’engagement au « sport, à la santé et au handicap ».

C’est un honneur que nous obtenons ensemble, mon entourage, mon environnement et moi. C’est pour cette raison que nous célébrons notre chemin parcouru et notre soutien envers autrui. « Vous êtes là parce que vous participer à mes démarches. Parce que vous m’encourager ; vous y croyez. Merci de croire en moi », était la déclaration que je fis au début de mon allocution. J’associe cette distinction à ma famille, à mes proches et à tous ceux qui ont pris part à ma vie. La Médaille « Genève Reconnaissante » signifie également une reconnaissance de ma ville, Genève, celle à laquelle je tiens, celle que je remercie et pour laquelle j’aimerai continuer à œuvrer.

Jacques Jeannerat, ancien directeur de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Genève fis un hommage touchant à mon égard. Il n’inventa pas ses prétextes ; c’est la réalité. « Tout est possible est sa devise. Quand on ne la connaît pas, on pourrait penser qu’elle est en dehors de la réalité ou qu’elle a eu, au contraire, un vécu difficile. C’est évidement le deuxième cas. Et bien plus », a-t-il confié en mon hommange au Palais Eynard.

Je ne suis pas arrivée ici par hasard. Je suis une accidentée, une handicapée. Certains dirons que je suis une ressuscitée ou bien une miraculée. Certes, j’ai surtout la volonté, de travailler, comme une acharnée.

J’étais émue parce qu’à ce moment-là, je n’y aurai jamais cru. Les musiciens (violon et violoncelle), me témoignant de leur esprit marqué en jouant pour moi, me rappelèrent l’époque d’avant mon accident ; celle qui n’était pas si riche pour autant. Cependant, la jeune que j’étais, elle avait du talent, des compétitions gagnées jusqu’aux études menées avec facilité.

En 2008, à 17 ans, ayant tout perdu, mon entourage y a cependant toujours cru. Paralysée, j’ai réappris à bouger. Les facultés cognitives disparues, j’ai finalement eu bien plus que la matu (!) Les émotions contradictoires ne m’ont cependant pas toujours encouragé à y croire. La dépression est la plus terrible des situations. Les victoires ? Elles m’ont redonné espoir. Frôler la mort a finalement été le meilleur sort. J’ai failli mourir, c’est ce qui me pousse aujourd’hui à courir !

Derrière l’objectif qui est le plus vif ! Ma réalité olympique d’adolescente est toujours existante. Pour celle-ci, pour ma maman, j’ai mené ce projet comme une battante qui savait où elle allait. Et le plus fort duo, a été jusqu’aux Jeux paralympiques de Rio de Janeiro !

La publication de mon livre « Pas à pas » et le documentaire « Bucéphale » qui m’a été consacré n’auraient pas pu être réalisé sans être aidée. Le titre de Miss Handicap 2012 m’a été attribué pour faire avancer l’inclusion et l’égalité des personnes en situation de handicap et là, j’ai franchi un nouveau « cap », soit l’envie d’aider notre société. Et puis, la deuxième édition de mon autobiographie montre que je cherche toujours des nouveaux défis !

Cette année, nous avons lancé CvT Association Tout est Possible afin de montrer un sujet sensible. Nous allons accompagner des sportifs en situation de handicap du début de la compétition jusqu’au plus haut niveau. Franchement, qu’y a-t-il de plus beau ?

Finalement, représenter est lié à notre savoir. Aider est notre devoir. Contribuer à une cause, est la plus belle chose.

« Ose ! » C’est la voix que j’entendais à l’intérieur de moi pour changer d’activité. Je n’aime pas la facilité. Certes, ce qui m’a motivée est ma mission de continuer à inspirer. Mon objectif est le 100m et 200m sprint à Tokyo en 2020, ce qui ne sera certainement pas la fin !

L’on m’a dit, que l’on ne sait jamais à quoi s’attendre. Visiblement, j’ai le don de vous surprendre. Vous vous demandez sûrement ce que je vais encore vous annoncer. Et bien, je vous invite à continuer de suivre mes activités. Ce n’est pas toujours compréhensible, mais tout est possible. Cette philosophie fait aujourd’hui partie de ma vie. Du fond du cœur, un immense merci !

La Ville de Genève nous confia au repas à la Ville la Grange pour continuer de célébrer la Reconnaissance avec mes invités de choix. Ce fût un remarquable jour qui sera à jamais gravé dans ma mémoire, l’un des plus beaux de ma vie.

Voir le Communiqué de presse.

Extrait de l’allocution de Celine van Till lors de la Cérémonie, citations de l’allocution de Monsieur Sami Kanaan et de l’hommage de Monsieur Jacques Jeannerat, ainsi que la brochure des récipiendaires depuis l’existence de la distinction.

Page internet de CvT Association Tout est Possible prochainement en ligne.

Photos: Ville de Genève, Magali Girardin

Celine van Till

Celine van Till

Celine van Till défie l’impossible. Du dressage équestre au 400 mètres sprint, valide et handisport, elle court d’un extrême à l’autre. L’ennui n’existe pas. Les surprises attendent. Les limites sont mises en question.

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