De l’importance de la nature, même au balcon, pour bien vieillir.

Corinne accompagne les acteurs de la construction vers une meilleure prise en compte de la biodiversité et de ses services en milieu urbain. Son travail consiste à créer des aménagements extérieurs de qualité pour les usagers et fonctionnels pour la nature.

Pour la population senior, ces aspects sont de grande importance et, malheureusement, ils sont encore trop souvent négligés ou mal maîtrisés.

Membre active de l’Association Avril, Corinne s’adresse à vous :

Elle connaissait le nom des fleurs et des oiseaux qu’elle savait identifier par leur chant. « J’ai appris avec le maître » nous disait-elle. C’était avant, du temps des herbiers, des manuels de sciences naturelles et des planches naturalistes. Elle dessinait les pensées, les bleuets et les coquelicots comme personne. Les crayons étaient taillés de façon improbable au couteau, comme à l’époque. Mon frère et moi, admiratifs, en suivions du regard les effleurements à la fois souples et fermes sur le bloc de papier qu’elle sortait du premier tiroir de la commode. Pour accompagner le sirop et toutes sortes de biscuits qu’elle mélangeait dans la boîte en fer, nous lui demandions de tracer une fois de plus notre fleur préférée. Délicieux moment ! Qu’est-ce qu’elle dessine bien grand-maman !

Nous savions qu’un bouquet, une plante verte, comme elle les appelait, lui faisaient toujours plaisir. Elle venait de la terre, comme beaucoup de nos aînés, avait connu le potager familial et le travail aux champs lors du plan Wahlen, un programme d’autosuffisance alimentaire mis en place en 1940 pour pallier la pénurie de ressources en ces temps de guerre. La nature, les fleurs qu’elle adorait aussi broder, les saisons faisaient partie de sa vie. Elle guettait le mai, cette ligne qui s’inscrit sur la pente des forêts du Jura lorsque les feuillus reprennent vie, signe que les beaux jours sont officiellement de retour.

Puis grand-papa s’en est allé. Grand-maman a déménagé dans un appartement avec balcon. Nous avions insisté sur ce point.

Je me rappelle de nos cafés du samedi après-midi. Installées en tête à tête, nous profitions du soleil en papotant de tout et de rien. Nous faisions l’inventaire de la jardinière et de la ribambelle de petits pots alignés sur la table ou aguillés sur l’étagère.

Chacun avait une histoire ; l’hellébore offert à Noël par l’un de ses petits-enfants, et cette bouture, rescapée d’une terrine qui avait fait son temps, reçue à l’occasion d’une visite. Nous feuilletions ces petites plantations comme un album photos, des souvenirs végétaux dont Léa guettait la reprise dès les premières douceurs météorologiques du printemps.

Son balcon était son paysage apaisant, son lien avec la nature, son appartenance au monde.

Bien-être moral

On le sait. La présence de la nature est bénéfique pour notre bien-être. Y accéder régulièrement permet de rester connecté aux saisons, de garder nos sens en éveil, de tenir la dépression à distance. C’est ce que les anglo-saxons appellent la vitamine « G » pour « green ». L’accès à un milieu naturel est vital pour notre santé, à fortiori en cette époque d’urbanisation rapide et dense.

Un balcon peut-il remplir la mission de connexion à la nature ? Oui, malgré son périmètre souvent retreint, il permet d’accueillir quelques fleurs, herbettes et légumes. La vue sur une simple jardinière, colorée et bourdonnante crée une animation passionnante.

Une simple jardinière de fleurs pour le moral 

Que dire d’un hôtel à insectes… Un vrai spectacle printanier! Celui des osmies ou abeilles maçonnes, installant leur descendance dans les tiges creuses. Elle vont et viennent, chargées de pollen destinés à nourrir les futures larves et d’argile servant à cloisonner leur chambre. On se prend au jeu de l’observation à la fois distrayant et intriguant des allées et venues de ces abeilles sauvages qui se distinguent d’Apis mellifera (l’abeille domestique) par leur mode de vie paisible et solitaire. Osmia cornuta (l’osmie cornue) et Osmia bicornis (l’osmie rousse), ne piquent pas et sont donc les parfaites invitées pour le balcon des aînés.

A coup sûr, les visiteuses, plus urbaines que campagnardes, investiront rapidement ces aides à la reproduction gracieusement mises à leur disposition. Réussite assurée !

Si les hôtels à insectes se trouvent aisément dans les magasins, un atelier bricolage avec grand-papa est un chouette moment de rencontre intergénérationnelle. Quelques tiges creuses, une boîte de conserve, un bout fil de fer, et hop, le décor est prêt pour accueillir le « show » de la nature.

Un hôtel à insectes à bricoler avec grand-maman et grand-papa. Source : jaccueillelanature.fr

Testé pour vous

 Je peux témoigner d’une expérience positive en matière de paysage thérapeutique. L’été passé j’ai créé un vrai petit potager sur mes trois mètres carrés de balcon. Me prenant au jeu des plantations, la surface s’est rapidement couverte de sacs de culture laissant juste la place à une chaise. Mon plaisir a été de m’y installer jusqu’aux premiers frimas pour prendre le café, observant avec patience mes tardives solanacées (aubergines et pépinos) prendre leur temps. Tout y avait du sens : mes fleurs préférées, mes expériences audacieuses de cultures. Le rendu en méli-mélo de plantes façon jungle me correspondait et m’a rendue fière de ma réussite. J’y ai tout autant cultivé les plantes que du plaisir et d’agréables émotions.

Jungle balconnière, mon paysage thérapeutique

Rester mobile

De plus, le jardinage favorise le mouvement. S’y adonner sur le balcon peut paraître une exercice physique anecdotique, toutefois la décomposition de l’activité en gestes nous prouve que le bénéfice n’est certainement pas négligeable en terme de conservation de la mobilité et des gestes fins: Marcher de la cuisine au balcon et retour pour y remplir l’arrosoir, manier la pellette dans le terreau, semer les graines du bout des doigts, pincer les feuilles, … Force, équilibre et de nombreuses autres aptitudes motrices sont nécessaires.

Dans le commerce, l’offre de formes de jardinières est pléthorique. Chacun peut y trouver le modèle adapté à ses besoins. Pour les séniors travaillant debout, la hauteur du bac doit se situer autour de 90cm afin de soulager le dos et de ne pas avoir besoin de lever les bras. Il existe aussi des modèles adaptés aux personnes en chaise roulante.

Jardinière en hauteur adaptée PMR (personne à mobilité réduite) 

De précieux petits cadeaux

Si vous ne savez pas quoi offrir à votre grand-maman : pensez nature ! Les herbes fraîches du type basilic, ciboulette ou persil égaieront son nez et ses papilles. Et si vous vous sentez l’humeur jardinière, optez pour un plant de tomate et un sachet de salade à tondre à semer à quatre mains, car le jardinage c’est aussi le partage de bons moments…

Merci Dame Nature! Balconnière, sauvageonne, potagère, permettons à nos aînés de la côtoyer quotidiennement, pour leur bonne santé physique et morale. La nature est sans aucun doute notre partenaire pour bien vieillir.

Corinne

Comment les seniors peuvent adapter leur salle d’eau pour éviter les chutes.

Vous avez lu la première partie de ce sujet ? Poursuivons autour de la thématique des salles de bain et parlons des douches et de quelques possibles adaptations pour la population fragilisée. Paroles de Valérie, spécialiste hors pair en la matière:

Partie 2 – la pluie

Une douche adaptée doit répondre à vos besoins et, pour bien la définir, il faut dans un premier temps faire un bilan de santé physique, avant d’évaluer les possibilités techniques.

La dimension de la zone de douche, l’accès, le type d’écoulement, les parois et rideaux, la glissière de douche et sa pomme, le revêtement, les couleurs, où installer le mitigeur et lequel choisir … ne sont que quelques points dont vous devez tenir compte.

Pour faire les bons choix, il faut se poser les bonnes questions :

  • De quelle surface est-ce que je dispose pour une installation ?
  • Est-ce que je dois avoir un accès de plain-pied ?
  • Je préfère une douche dite de pluie ou un simple flexible et une pomme traditionnelle ?
  • Comment bien choisir une paroi de douche ou est-ce qu’un rideau suffit ?
  • Je dois avoir un siège pour faire ma toilette. Quel type de siège me correspond ?
  • Plutôt receveur ou carrelage pour la zone de douche ?
  • Dois-je renforcer les murs pour poser un siège dit « strapontin » et/ou des barres d’appui ?
  • Est-ce que j’ai besoin d’aide pour ma toilette ?

Un bon bilan vous permettra de profiter de votre douche en toute sécurité et de bénéficier de ses bienfaits.

Le siège de douche

L’utilisation d’un siège de douche est parfois nécessaire pour sécuriser votre toilette. Si c’est le cas, la dimension de la zone de douche est aussi importante que le choix du siège. On a besoin de plus de place assis que debout et plus vous êtes grand, plus votre espace douche doit l’être aussi.

Les sièges de douche muraux fixes, rabattables ou non, sont des solutions pérennes qui s’installent à long terme. Si vous êtes en couple, vous trouverez des modèles à hauteur réglables. Certains sont même dotés d’une découpe intime pour faciliter les soins.

Vous en trouverez aussi à installer dans un angle (attention surface d’assise petite).

 Si vous êtes locataire et que ce type d’installation n’est pas envisageable, vous pourrez vous procurer un siège amovible, conçu pour une parfaite adhésion au sol, assurant stabilité et sécurité, même sur un sol mouillé. L’avantage ici est qu’il peut être enlevé si vous êtes plusieurs à utiliser la même salle d’eau.

Remplacer sa baignoire par une douche

Il est courant de remplacer une baignoire par une douche. De nombreuses entreprises spécialisées près de chez vous peuvent réaliser ces aménagements en quelques jours (voir une ou deux journées selon le type d’aménagement). Par exemple, l’entreprise Hyseco ci-dessous :

avant travaux:

après travaux:

Souvent très esthétique, ce type de transformation donne aussi une nouvelle vie à votre salle d’eau. Il est autorisé de se faire plaisir !

L’italienne, la douche parfaite ?

Une douche à l’italienne est une douche sans seuil. Son installation peut être réalisée soit avec un receveur (bac de douche), soit avec une préforme ou en maçonnerie qui sera ensuite recouverte de carrelage.


avec un receveur Geberit antiglisse R11, modèle « Setaplano »


douche italienne avec préformé Wedi et carrelage antidérapant

La réalisation d’une douche à l’italienne est infinie par le choix de la taille, des accessoires, des revêtements (prévoir sol toujours antidérapant).

La douche de plain-pied est indispensable si vous devez utiliser une chaise de douche à roulettes. Ce genre de chaise fera l’objet d’un sujet spécifique aux moyens auxiliaires pour la toilette.

La solution idéale

Elle existe et c’est celle faite pour vous. Elle doit répondre à vos critères et ils sont propres à chacune et chacun !

C’est un vaste sujet et nous y reviendrons à plusieurs reprises, pour vous aider à bien définir votre salle d’eau. Notamment pour le choix des lavabos, des meubles, des cuvettes de toilettes ainsi que des très nombreux moyens auxiliaires qui ont également toute leur importance, dans cette pièce où l’on aime passer un bon moment.

Si vous avez des projets de rénovations ou de modifications, n’hésitez pas à nous contacter, c’est avec plaisir que nous vous conseillerons.

Valérie

La salle d’eau, théâtre de nombreux accidents chez les seniors.

Avez-vous déjà glissé sur la savonnette dans votre douche en vous lavant les pieds ? Etes-vous resté coincé au fond de la baignoire, à devoir appeler au secours ? Chaque année, la salle d’eau est le théâtre de très nombreux accidents, souvent évitables grâce à quelques adaptations. Voici quelques pistes: 

Douche ou baignoire?

L’eau cet élément indispensable à notre hygiène mérite une grande réflexion, surtout lorsque l’on doit adapter, rénover ou créer une nouvelle salle d’eau.

Vous êtes plutôt bain ou douche ? Quel est la meilleure solution pour vous ? Entre barbotage et pluie, mon cœur oscille.

Une chose est sûre, on peut prendre une douche dans une baignoire, mais jamais l’inverse ! Donc la baignoire a un avantage. Toutefois, dès que l’on ne peut plus sortir de son bain, là il y a un problème. Mais aussi une solution.

Les bonnes questions à se poser

Avant tout, il faut se poser les bonnes questions, qui vont guider les choix futurs :

  • Est-ce que je préfère les bains ou les douches ?
  • J’ai des problèmes de santé. Les bains me sont favorables pour mes douleurs articulaires ou mes problèmes de peau. Dois-je renoncer à ma baignoire ?
  • J’ai besoin d’être assis pour faire ma toilette, comment faire ?
  • De quelle surface est-ce que je dispose pour une installation ?
  • Quels sont mes moyens financiers ?
  • Suis-je locataire ou propriétaire ?

Malheureusement, tout le monde n’a pas la chance de pouvoir “choisir”, mais il existe des solutions pour tous. Nous traiterons ce vaste sujet en plusieurs parties. La première partie est consacrée au bain, la deuxième (à paraître prochainement) parlera des douches.

Partie 1: Le barbotage 

Sur le marché, il existe toutes sortes de baignoires avec des formes, des longueurs, des poignées intégrées, d’angle, des buses balnéo, un écoulement central ou à l’extrémité, des modèles rétro à poser au centre de la pièce, design et j’en passe.

Chaque détail a son importance et le choix ne doit pas se faire à la légère, car selon le modèle, il sera très difficile d’adapter des moyens auxiliaires tels qu’une planche de bain, par exemple (ici Invacare modèle Marina) :

ou un siège de bain pivotant (ici modèle Atlantis)

 

Et le lift de bain, kesako? 

Autre solution, le lift de bain qui monte et descend dans la baignoire. Pour utiliser ce type d’assistance, votre baignoire doit avoir certaines caractéristiques : ce type lift de bain se ventouse sur le fond de la baignoire, ce qui implique que la baignoire doit avoir l’écoulement à une extrémité. L’écoulement central peut être incompatible, tout comme une baignoire en forme arrondie ou type jacuzzi.

(exemple de lift de bain – modèle Bella Vita)

 

Une baignoire avec porte? 

Il existe aussi des baignoires avec porte. Précision: lors de l’utilisation de ce type de bain-douche combiné, si vous voulez prendre un bain vous devez entrer dans la baignoire par la porte, la refermer pour l’étanchéité et ensuite remplir votre barboteuse. Pendant le remplissage, vous devez attendre, donc possiblement attraper froid. Idem pour ressortir du bain, il faut attendre que l’eau soit évacuée pour ouvrir la porte. Mais cela reste un “deux en un” esthétique et pratique. 

 

Adapter sa propre baignoire, c’est aussi possible !

Autre alternative, installer une porte dans votre baignoire existante ce qui évite de tout changer ce qui allège les couts de transformation, comme par exemple ici un modèle de l’entreprise Aquarenov:

Vous l’aurez compris, le choix de la baignoire est très important tout comme ses accessoires.

A suivre dans notre prochain blog : des solutions pour les douches adaptées aux seniors.

Avril peut vous donner des conseils, n’hésitez pas à nous contacter avant de définir votre solution.
Les exemples ci-dessus sont indicatifs, il existe de nombreuses autres solutions

Hommage à nos Aînés, témoignage de Valérie

First

Je m’appelle Valérie Koenig et je fais partie de l’association depuis environ cinq ans.

Mon rôle consiste à apporter mes compétences techniques pour les adaptations des logements, sur les différents produits (architectures, moyens auxiliaires, mobiliers, etc.) aux personnes qui en ont besoin.

Mon parcours atypique m’a permis de me former dans de nombreux domaines. J’ai notamment occupé un poste de conseillère en technique de réhabilitation pendant plus de quatorze ans avec une spécialisation en architecture pour les personnes fragilisées.

What

Chez Avril, je conseille les architectes et maîtres d’œuvres pour les nouvelles constructions, transformations ou les rénovations, j’informe les particuliers pour les adaptations liées à leurs besoins ou tout simplement pour un conseil pour le choix d’un tabouret de douche, de la couleur des revêtements de sols, de l’endroit où s’adresser pour trouver un enfile-chaussette, etc.

J’essaie toujours d’apporter une réponse à un besoin. Il y a une solution à chaque problème, sinon il n’y a pas de problème !

Je profiterai aussi de cet espace d’expression pour vous donner régulièrement des trucs et astuces bien utiles. Voici le premier :

Pour conserver le pain frais, laissez-le dans son emballage et…
placez-le dans le four éteint et froid, porte fermée.

Now

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler d’un sujet qui me tient à cœur : mes grands-parents. Je n’en ai malheureusement plus, mais je pense souvent à eux ainsi qu’à toutes ces personnes âgées que je connais et que je vois plus par la force des choses. En cette période difficile de confinement, je pense  aussi à tous ces seniors qui sont isolés chez eux ou dans des maisons de retraite et que l’on ne peut plus aller visiter.

Flashback

Est-ce que vous avez aussi l’impression de revenir en arrière ? A cette période d’insouciance presque enfantine où l’on prend le temps de préparer de bons petits plats (la recette du cake de notre grand-mère), de bricoler une couronne de Pâques en papier découpé, de tricoter (comme on l’a appris avec notre mémé). De regarder de vieilles photos de famille ou de voyage, sentir les fleurs sur nos balcons, voir pousser les tulipes de jour en jour…

Moi, j’ai plein de souvenirs qui me reviennent, ceux passés avec mes grands-parents, leurs frères et sœurs qui nous racontaient leurs vies au débit du 20ème siècle, puis les années de guerres quand ils étaient petits, comment ils faisaient pour se débrouiller.

Mon arrière-grand-mère, un personnage à elle toute seule et toujours très élégante. Elle était née au 19ème siècle vers 1880 et ce qui me fascinait, elle avait connu le passage d’un siècle. Et quel siècle ! Elle s’occupait de toute la famille en bonne matriarche et surtout elle nous transmettait tous ses trucs et astuces, comme par exemple fabriquer des boîtes à mouches en papier : c’était génial !

La transmission se fait par nos aînés ; ils ont tellement d’histoires, de savoir, de sagesse, de vécu, ce sont les racines des familles, le passé dont chacun a besoin pour exister et savoir d’où il vient… pour savoir où aller !

Aujourd’hui

Maintenant moi aussi je suis du siècle passé, je suis née en 1970 ! Je vieillis, le temps fuit… Drôle de période, on a passé le « BUG » de l’an 2000, on a survécu. Depuis, tout va très vite, trop vite.

A l’arrêt forcé, recentrons-nous sur ce qui est vraiment important. Prenons soin de nos aînés, de nos familles, de nos proches, ils sont essentiels à nos vies. N’oublions pas de leur dire que nous les aimons et que nous avons besoin d’eux.

Restons cloîtrés chez nous pour protéger toutes ces personnes fragiles qui nous sont chers.

Ensemble, nous sommes plus forts !

Ne les laissez pas seuls et aimez-les de loin ou de près— mais pas de trop loin!

Solidarité

Ne me laissez pas seul/e et faites-moi signe, je suis un senior confiné. L’isolement, ça me connait, mais là… c’est encore différent. Témoignage :

Elle

Elle est tellement discrète et agréable, que même lorsqu’elle avait son 4.5 pièces juste au-dessus, nous ne nous voyions pas. Nous avions donc convenu d’un repas ensemble par semaine, le lundi soir. Histoire de partager un moment, avec les jeunes aussi. D’échanger, de se tenir au courant et surtout… de rigoler autour de la table.

Nous

Cela fait 2 semaines que nous avons annulé. Même si tout le monde est en forme, inutile de prendre des risques, surtout que l’on sait que 30% des en forme sont possiblement porteurs du virus.

Elle

Elle vit maintenant juste en dessous puisqu’elle a déménagé (vous qui me suivez le savez). Je la vois sur son balcon, nous nous faisons signe de la main. Elle ne sort plus (sauf aujourd’hui pour aller chez le médecin – même ça, est-ce raisonnable ?). Elle tourne en rond dans son appartement. Elle a eu de la peine à prendre conscience de l’ampleur de ce virus. Il a fallu la freiner pour qu’elle ne fasse plus ses courses et qu’elle accepte de ne plus aller boire un café avec son amie.

Moi

Je fais ce que je peux. Lui dépose un repas avec un mot dans sa boîte à lait. Lui amène son pain (tant que c’est possible) et du coup lui dépose des tulipes (les fleuristes ont sorti leur magasin sur la rue chez nous en self-service,, merci à eux pour leur confiance). Je me sens complètement démunie et surtout, elle me manque !

Eux

Eux, mes jeunes, me manquent aussi. Je les vois et je les entends, mais le contact physique n’est plus. Mon fils ne va plus travailler. Ma fille, active dans l’événementiel, voit son travail se réduire à peau de chagrin. Pire : dans l’intervalle elle a été licenciée pour raisons économiques. Tout va si vite.

Vous

Restez chez vous et prenez soin de vous. Quand j’entends qu’aujourd’hui encore les plages de certaines villes sont blindées parce que les gens ont du temps et qu’il fait beau, ça me rend malade. Nous avons un rôle à jouer dans cette affaire et pour une fois que les choses sont entre nos mains, soyons responsables.

Ma collègue d’ajouter :

Les jeunes (et des moins jeunes) qui se prennent pour les rois du monde ne se rendent pas compte de la gravité de la situation. Ils sont irresponsables ?!? On vit une catastrophe virale ! ça c’est la vraie vie ! Pas celle de Facebook ou de je ne sais quel réseau dit « SOCIAL » qui ne l’ai pas vraiment…

Nous tous

A toutes les personnes qui sont seules à la maison, surtout aux seniors, faisons un grand signe d’amitié si elles sont sur leur balcon. La solidarité est indispensable pour faire face à ce virus et cette situation. Nous sommes peut-être en train d’apprendre à nous aimer différemment.

Ma collègue

Une page se tourne et nous avons la chance d’écrire une nouvelle suite. Alors qu’elle soit heureuse pour toutes et tous. Il n’est pas trop tard, agissons maintenant.

 

 

 

Mais qu’est-ce qu’on est des méchants… on a déménagé Grand-Maman !

Elle est encore en forme et tout semble bien aller. Pourtant, trois étages pour faire la lessive ou se rendre à la cave, un escalier tournant pas simple à pratiquer, ce n’est plus raisonnable.

Mais comment lui faire comprendre qu’il faut qu’elle quitte son logement tant aimé ! La première fois que nous en parlons, ça se passe mal, évidemment.

C’est bien du 3ème âge dont nous parlons, et non du 4ème. Aujourd’hui, la population vieillissante est souvent en bonne forme et dire à quelqu’un de 75 ans qu’il est âgé relève de l’imprudence, voire de l’affront. Pourtant, il faut trouver des solutions parce qu’une chose est sûre : le temps fragilise.

Anticiper, c’est aussi s’assurer d’avoir son destin en mains

On nous a toujours appris à anticiper les choses. A l’école déjà, il fallait « prendre de l’avance » pour ne pas devoir réviser toutes les matières en même temps en vue de tests. Parents, nous devons planifier les vacances, savoir remédier aux imprévus. Au travail, c’est un véritable challenge que de devancer les événements et de ne pas se laisser dépasser par les urgences. Bref, ANTICIPER est un maître mot, tout au long de notre vie. Alors pourquoi ne pas le faire à ce moment clé de la vie et ainsi participer à son propre avenir ?

Un déménagement pour plus de sécurité

Revenons à nos moutons, la première fois qu’on en parle, ça se passe mal : quitter son lieu de vie, changer ses habitudes, se séparer des objets, meubles, bibelots, souvenirs. Nan !

C’est un long processus, je pense qu’il nous a fallu un peu plus d’une année. Se faire à l’idée du changement prend du temps et il faut l’accorder. Voir éclore les tulipes, profiter de l’été, regarder tomber les feuilles mortes et arriver la neige. Faire le tour du cadran avant de recommencer ailleurs.

Une fois assimilée, l’idée de déménager est acceptée. Pas encore dans la réjouissance, mais les conflits s’apaisent.

Accompagner la démarche est essentiel: passer en revue tous les objets, se souvenir de bons moments partagés dans ces anciens lieux, parler, échanger, faire preuve d’empathie.

Le moment venu est difficile, mais miracle ( !) tout à coup les bons côtés du nouveau logement font surface.

  • Comme la colonne de lavage est pratique dans la salle de bain
  • Qu’il est agréable d’avoir un ascenseur
  • Qu’elle est belle cette douche italienne …
  •  … et j’en passe.

Une fois déroulées les 4 saisons dans ses nouveaux murs, je vous assure presqu’à 100% que votre grand-maman sera ravie et presque vous remerciera.

Si vous devez déménager tôt ou tard, faites-le tôt, avant qu’il ne soit trop tard. 

L’habitat adapté pour les seniors, au centre des préoccupations de l’Association Avril

Il est grand temps d’anticiper, de se projeter, d’agir et de concevoir. L’Association Avril, active depuis 20 ans dans le domaine de l’habitat senior est souvent sollicitée en amont pour accompagner des projets et évidemment toujours disposée à donner des conseils.

Plusieurs formes de solutions d’habitat adapté senior

Nous sommes convaincus qu’avoir le choix de son habitat est un facteur essentiel pour garantir une bonne qualité de vie. C’est aussi valable pour les seniors, que le temps va forcément fragiliser. Le truc, c’est qu’il faut s’y prendre assez tôt, anticiper et prévoir afin d’envisager la vieillisse de manière sereine, tout en sécurité.

Peut-être qu’il suffit de réaliser quelques aménagements pour pouvoir rester chez soi ?
Peut-être qu’une personne seule a envie de compagnie et qu’il faut envisager une colocation ?
Peut-être que le mélange des générations plait et qu’il faut trouver un logement adapté dans un immeuble intergénérationnel ?
Peut-être qu’une personne a envie d’être dorlotée et qu’il faut choisir une résidence hôtelière avec services ?
Peut-être qu’un quartier ou un immeuble dédié est une bonne solution ?
Peut-être quoi ?

Autant de peut-être qui répondent à un réel besoin sociétal. Il est grand temps d’élargir le champ des possibles.

Notre mission

Avril se positionne autour de 4 mots clés, que nous sommes habitués à appeler les « 4 CO »:

  • COmmuniquer auprès des seniors et leur famille des possibilités de logements ou d’aménagement pour un maintien à domicile.
  • COllaborer au développement de solutions d’habitat adapté pour les seniors, accompagner et/ ou être à l’initiative de projets.
  • COllecter un maximum d’informations sur les besoins, les défis ainsi que les possibilités pour la population vieillissante, les répertorier et les partager.
  • COnnecter tous les acteurs, créer un réseau pour répondre aux besoins des seniors et de leur famille. Avoir un impact positif sur la politique du pays.

Le mot d’un des membres fondateurs d’Avril

La Douvaz à Villars-Burquin, le Foyer du Midi et Mont-Riant (qui deviendra la Fondation Saphir) à Yverdon-les-Bains, les Grèves du Lac à Gletterens, la Colombière à Hermenches, le Littoral à Bevaix pour ne citer que ceux-là sont tant d’EMS créés par lui: Patrice Levy.  Le rapport de faisabilité et la mise en œuvre de la colocation Alzheimer à Orbe, c’est aussi lui. Bref, il dédie sa vie à la cause du vieillissement de la population. Ce blog le touche et il souhaite exprimer son point de vue, que voici :

 

Habiter et vieillir, un projet de vie !

« Tout le monde veut vivre longtemps, mais personne ne veut vieillir. »

                                                                                                        Jonathan Swift

Vous avez dit vieillesse ……
Un âge ?
Un sentiment ?
Un déficit ?
Une adaptation ?
Une évolution ?

Illusions et perspectives …..

Le rêve d’hier !
Le constat d’aujourd’hui !
La réalité de demain !

Vivre à la fois plus longtemps et en bonne santé est un nouveau défi pour les individus et pour la société. Cette réalité est devenue un évènement sociétal et une révolution sociale.

Pour mémoire, à l’horizon 2050, la Suisse dénombrera 2.8 millions de personnes âgées de 65 ans ou plus. Dans tous les cantons, le pourcentage de personnes de plus de 65 ans s’élèvera à près de 25%.

Nos aînés, dans leur immense majorité, manifestent le désir de continuer à vivre chez eux le plus longtemps possible. Il devient donc urgent de privilégier le bien vivre chez soi comme choix individuel ou collectif afin de favoriser l’autonomie et la réalisation de son projet de vie.

Il est plus que jamais nécessaire d’analyser les futures demandes et d’adapter les conséquences stratégiques à cet événement de société dont nous sommes tous des acteurs à divers titres.

Les décisions seront prises pour les décennies à venir et impacteront les choix politiques, l’aménagement du territoire, la croissance économique, les innovations technologiques et les prestations de services.

Les enjeux sont multiples pour tous les acteurs concernés. Les besoins sont connus de tous mais les réponses à venir sont à mettre en œuvre dès aujourd’hui.

Ouvrons la réflexion sur cette certitude du grand vieillissement démontrée par toutes les statistiques.

Parlons de l’habitat en lien avec cet événement sociétal qu’est une longévité qu’aucune société n’a connue à ce jour.

Réfléchissons aux années à venir en termes de qualité de vie, de confort, de sécurité, de services et de communication. Ceux-ci feront partie intégrante d’un habitat qui se devra d’être adapté ou adaptable.

Décidons en toute connaissance de cause, anticipons en toute sérénité, analysons objectivement notre situation, gardons la maitrise de notre projet du bien vieillir.

Initions un débat qui ne parlera plus de 3ème ou 4ème âge, mais de cette partie de la vie qui commence à soixante ans et qui si tout va bien durera au moins trente ans.

« Si la jeunesse est la plus belle des fleurs, la vieillesse est le plus savoureux des fruits »

                                                                                                          Anne Sophie Swetchine

Patrice Levy
Membre honoraire de l’Association AVRIL

 

 

 

 

 

Les raisons qui m’ont amenée à présider une association dévolue à l’habitat adapté pour les seniors.

Courir après le temps, parcourir toute la Suisse, convaincre les partenaires, motiver une équipe. Gérer la maison, faire et voir grandir les enfants, toujours être là quand il faut, malgré un fol emploi du temps. Un jour on se réveille et on se dit qu’il faut mettre l’accent (aussi) ailleurs.

Quand la tête ne veut pas écouter, c’est le corps qui se fait entendre.

La vie me rattrape. Premiers signaux de fatigue, que je n’écoute pas. Au contraire, je continue de courir, me noie dans le travail et me lance en parallèle dans la construction d’un petit immeuble. Rien ne m’arrête.

Si ! une fracture de fatigue au pied gauche en novembre 2018, me stoppe durant près de 2 mois. Contrainte de rester à la maison, équipée d’une botte orthopédique, c’est l’occasion rêvée de faire le point. Mon corps me transmet un message évident: je dois lever le pied.

Pourquoi l’Association Avril ?

Bénévole durant plus de 2 ans, je suis déjà membre de cette association dont les valeurs et la mission me parlent. Mon expérience professionnelle me permet de leur donner un coup de pouce en matière de communication. Le sujet du grand vieillissement et surtout celui de l’habitat pour cette génération me passionne. J’ai envie d’y consacrer plus de temps.

Perso, j’ai aussi motivé ma maman à déménager, il y a 3 ans. Elle aura 80 ans cette année et se sent tellement bien dans son nouvel appartement mieux adapté. Adapté pour les personnes en forme, mais que la vie va forcément fragiliser.

Le changement, au bon moment

Suite à ma fracture de fatigue, je développe un Sudeck, le syndrome douloureux régional complexe (SDRC). C’est une inflammation du tissu conjonctif que même les médecins ont de la peine à expliquer et, par conséquence, à soigner. Je dois envisager les mois, peut-être les années à venir sous un autre angle.

Dans ma tête, tout se précipite: j’ai 50 ans en… avril, si je donne mon congé en janvier, je termine en… avril, j’ai envie de consacrer plus de temps à l’association … Avril. Les planètes sont alignées, c’est le bon moment !

Accepter la Présidence

En septembre 2019, le Comité me propose de reprendre la présidence de l’association Avril, ce que j’accepte avec grand plaisir. Nous élargissons notre vision et devenons l’Observatoire permanent de l’habitat senior, tout en respectant nos objectifs premiers, notamment l’accompagnement de projets.

Je me sens en charge d’une véritable mission: il faut répertorier les logements adaptés aux seniors en Suisse romande, il faut en bâtir, il faut connecter ce réseau d’acteurs aussi nécessaires que disparates, il faut informer les seniors et les familles des solutions qui existent.

La plateforme de communication idéale: un blog au Temps

Aujourd’hui je suis heureuse de pouvoir partager l’expérience avec vous, je me réjouis de vos réactions et de vos témoignages. Récolter les informations sur le sujet de l’habitat adapté pour les seniors est un travail conséquent, mais il est certain que ce blog est une belle manière de les redistribuer. La donne se corse encore un peu plus lorsqu’on sait que chaque canton a une autre manière d’aborder la question, mais nous y reviendrons prochainement.

J’ai aussi l’énorme chance de pouvoir compter sur une jeune et talentueuse illustratrice qui m’accompagnera régulièrement dans mes billets: merci déjà Aurore Mesot.

Vieillir est un projet, parlons-en !