Camel Trophy au pied du Salève

Hier matin, à 4 heures, la vue depuis la fenêtre de la cuisine n’était pas très engageante. Sous le réverbère, la pluie tombait en oblique sous l’effet du vent. Pas un chat dans la rue. Normal, qui aurait l’idée de mettre le nez dehors par un temps pareil ?

Dans des moments comme celui-ci, il ne faut surtout pas commencer à réfléchir. Café, chaussette, collant, t-shirt, veste, baskets et hop, dehors. Premières foulées en essayant tant bien que mal d’avaler une compote à l’avoine et une banane.

En mode pilote automatique, descente sur le stade du Bout du monde. Zigzags dans la zone villa de Vessy. Longue ligne droite à travers champs jusqu’à la douane de Bossey. Et la pluie, encore et toujours, comme si rien d’autre n’avait jamais existé.

Dans la forêt, le sol était tellement boueux qu’on* a commencé à patiner dangereusement. Des arbres déracinés et jetés en travers du sentier suite au passage de la tempête Evy, mi-janvier, ont encore ralenti notre progression.

Oubliant l’idée de monter au Salève par la Grande Gorge, on a opté pour un circuit alternatif longeant le pied de la montagne jusqu’aux bords de l’Arve.

La première chute est survenue dans la descente vers le Pas de l’Echelle. Un tapis de feuilles détrempées a fait office de peau de banane, et patatras, deux mètres de glissade sur les fesses. La suivante, quelques kilomètres plus loin, a été encore plus spectaculaire.

Au bord de l’Arve, à la hauteur de Conches, une racine mouillée, le pied qui ripe et boum badaboum, à plat ventre dans la gadoue! A moins de cent mètres de la route, il fallait le faire…

Est-ce que cela valait la peine de sortir ce matin? Sans aucun doute, même si le regard de certains passants croisés sur le chemin du retour semblait quelque peu dubitatif.

* “On” parce que j’étais accompagné par mon complice Marco, dont je vous reparlerai bientôt.

Alexander Zelenka

Alexander Zelenka

La nuit, Alexander Zelenka enfile ses baskets et allume sa lampe frontale pour voir autrement les montagnes suisses ou plus lointaines. L'obscurité amène le coureur dans un univers onirique où le paysage est transformé, propice aux plus belles aventures. Le jour, Alexander Zelenka est rédacteur en chef du magazine Terre&Nature.

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