Chronographe et chronomètre, deux objets au service du temps

Les fonctions chronographe et chronomètre font partie des complications. C’est un exercice délicat que de les dissocier. L’une reste actuelle et l’autre bien moins. Courte histoire et usage du chronographe.

Chronomètre et chronographe, deux mots différents pour dire deux choses différentes

Pourtant, il s’agit de deux fonctions qui peuvent s’appliquer à un seul et même objet.

Un chronomètre est un appareil horaire de haute précision. C’est un mécanisme capable de garder le temps, c’est-à-dire d’être précis. Selon des critères définis, il peut être certifié en Suisse par le Contrôle officiel suisse des chronomètres (COSC).

Alors qu’un chronographe, c’est un appareil horaire avec une, ou plusieurs aiguilles indépendantes que l’on peut démarrer, stopper et remettre à zéro, en vue de mesurer un intervalle de temps. Privé des aiguilles d’heures et des minutes, c’est un compteur; car il ne donnera pas l’heure, il permettra seulement des mesures de temps courts. Une montre chronographe indiquera en plus l’heure.

Le chronométrage avec un chronographe, une situation ubuesque?

Non, c’est très simple! Il est facile de semer le trouble entre ces deux termes, entre ces deux appareils horaires, le chronographe et le chronomètre. Il suffit de construire un mouvement de montre chronographe, donc capable de mesurer des intervalles de temps puis de le faire certifier chronomètre : faire vérifier que ce mouvement reste précis dans la marge définie par le COSC. On aura donc une montre chronographe chronomètre, ou alors un chronomètre chronographe; mais pas un chronographe chronomètre ! Car cette dernière appellation prête à confusion en sous-entendant que ce chronographe possède l’indication de l’heure, qui plus est, très précisément; alors que le terme chronographe n’inclut pas la notion d’affichage de l’heure.

Et pour rajouter à la confusion, fréquente entre ces deux appellations, nous utilisons le verbe «chronométrer» pour désigner l’opération de mesure d’un intervalle de temps court. Donc c’est tout simple: on utilise un chronographe pour chronométrer! D’où l’exemple du chronomètre chronographe qui permet de chronométrer. Pour mieux éclairer la situation, et comme nous l’avons bien compris, le chronomètre chronographe, comme la montre chronographe chronomètre, ne permettra en aucun cas de ʺchronographerʺ, car ce mot n’existe pas. Un peu dommage et inéquitable car si, avec une montre chronographe, il est possible de chronométrer; avec une montre chronomètre il n’est pas possible de ʺchronographerʺ.

Mais ce n’est pas grave, c’est déjà assez touffu comme cela.

Un peu désespérant, mais surtout cela aide à démêler les deux fonctions et leurs deux appellations.

Reprenons tous ensemble

Le chronomètre est une montre précise et le chronographe est un appareil horaire pouvant mesurer des espaces de temps.

Qui prétendrait que cela est compliqué à saisir? Peut-être feu mon grand-père, horloger, qui a passé sa vie à expliquer et à réexpliquer tout cela, mais en plus court.

 

Le chronomètre à l’heure atomique

Quant aux chronomètres, aujourd’hui à l’époque des horloges atomiques qui se surveillent entre elles pour être encore plus précises, ils ont bien perdu en importance. Qui se réfère encore à un mouvement horloger mécanique pour connaître avec précision le temps ? Le mot chronomètre ne désigne, via le COSC, plus que certaines montres de précision. Et les critères requis de tenue de l’heure sont désormais bien loin de la précision offerte par le réveil à bas prix, toujours à la seconde car surveillé via l’Allemagne par des signaux radio d’une horloge atomique.

Les débuts du chronographe et son usage

Toute histoire n’est pas figée et celle du chronographe le prouve avec sa récente mise à jour. Dès la fin du 18e siècle, certaines montres sont dotées d’une aiguille de seconde qui peut être arrêtée. Le premier appareil nommé «chronographe» est un mécanisme permettant la mesure des temps courts en déposant une gouttelette d’encre sur un cadran. Eh oui! Dans le mot «chronographe» il y a le mot «graphe» car il s’agissait bien d’écrire le temps. La fonction remise à zéro, indispensable pour mesurer efficacement des intervalles de temps, n’apparaîtra qu’au milieu du 19e siècle. C’est le début d’une utilisation massive du chronographe dans les sports, la recherche scientifique et surtout l’industrie. Le chronographe de poche devient l’outil indispensable du technicien, de l’ingénieur pour comprendre et améliorer les processus industriels. Demandez aux vieux ouvriers comment ils voyaient les fameux «pique-minutes», ces agents de méthodes qui surveillaient la vitesse de production dans les usines. «Time is money» et pas qu’un peu!

Variété des informations offertes

Pour étalonner son compteur de vitesse, on peut mesurer le temps nécessaire pour parcourir un kilomètre. Par un rapide calcul, il est alors possible d’obtenir sa vitesse en kilomètre/heure.

Un chronographe, avec une échelle tachymétrique sur son cadran, donnera la même information. En mesurant avec lui le temps pour parcourir un kilomètre, l’aiguille indiquera directement la vitesse.

Ainsi permettant de mesurer des temps courts, le chronographe a été vite équipé d’échelles particulières sur son cadran. Le principe en est simple: on mesure le temps d’un cycle de référence ou d’une distance à parcourir, avec l’aiguille de chronographe; une fois arrêtée, celle-ci indiquera à son extrémité une vitesse, une distance, une quantité ou autre chose par heure, ou avec une autre référence. Le chronographe pourra donc donner des indications comme des vitesses, le nombre de pièces produites, des rythmes vitaux comme les pulsations ou les respirations, des distances via une échelle télémétrique etc…

Benoît Conrath, horloger chez Vaucher Manufacture Fleurier

 

www.vauchermanufacture.ch

Quelle place pour le mouvement horloger haut de gamme?

Loin de la nécessité d’avoir l’heure, porter une montre mécanique suisse est un choix. Devenue objet d’art, la montre est animée par un mouvement haut de gamme. Mais, qu’est-ce donc qu’un mouvement haut de gamme?

Le choix de porter encore une montre mécanique suisse en a fait un objet haut de gamme.

Aujourd’hui à l’heure des montres connectées indiquant toute une foule d’informations, porter une montre mécanique suisse est un choix. C’est la mise en évidence d’un superflu. C’est une survivance voulue d’une autre époque où seul le temps pouvait être porté au poignet. C’est dans ce contexte, loin de l’acte utile; loin de la nécessité de la montre, que s’est dessinée la notion de montre de haut de gamme. Ce concept de la montre bracelet devenue objet d’art est récent, il n’a pas plus de trente ans. En cohérence avec ce concept, le mouvement haut de gamme s’impose alors pour animer les aiguilles, pour faire vivre la montre.

Le mouvement haut de gamme: une qualité technique irréprochable et une finition très soignée

En premier lieu, ce mécanisme doit assurer l’entraînement des aiguilles de la montre de manière fiable et précise. La montre de qualité doit être bien construite pour supporter les tracas infligés par le porteur et son environnement. Ainsi son mouvement subit un long processus de validation. Il s’agit de garantir la continuité des fonctions lors de l’usage de la montre. Pour cela, les horlogers-prototypistes suivent des normes suisses, réajustées fréquemment.

Ensuite, le mouvement haut de gamme doit témoigner d’un soin extrême de finition de ses composants. Il doit avoir été imaginé et construit le plus élégamment possible. Il s’agit de proportionner esthétiquement les pièces, d’autoriser la mise en valeur des finitions, de permettre à la lumière de jouer sur la surface des ponts, sur les têtes de vis pour animer l’entier du mécanisme.

Le haut de gamme, en horlogerie, c’est cette combinaison intransigeante entre conception et fabrication, entre maîtrise et expertise; tout cela à l’aide de multiples savoir-faire indispensables.

Le mouvement haut de gamme est fiable, à haute valeur ajoutée et personnalisable

Dès le début, notre manufacture a choisi d’être au service des marques de qualité. Ainsi, chez Vaucher Manufacture, l’exigence du haut de gamme s’est imposée comme une évidence. Sa ferme volonté est de proposer un plus à l’offre actuelle: des mouvements haut de gamme personnalisés, voire réservés. Elle construit donc des mouvements à haute valeur ajoutée. Sa réactivité lui permet de répondre efficacement à des demandes de personnalisation, d’unicité réservée à une marque. Loin de la production en grandes quantités industrielles de mécanismes horlogers usuels, le motoriste de Fleurier a pris place dans le cercle restreint des manufactures de mouvements de qualité.

Comme valeurs intrinsèques: la durabilité, la fiabilité et une finition exceptionnelle

Fruit de l’exigence de sa construction, le mouvement haut de gamme est durable, fiable et il témoigne d’une finition exceptionnelle. Durable car ses composants sont pensés et proportionnés pour ne pas s’user. Fiable car il est le fruit de stricts processus de validation tant immédiats que dans la durée. Témoin d’une finition exceptionnelle car chaque pièce est soignée, finie, selon des canons esthétiques très poussés.

Une évidence: à la montre de qualité, s’impose le mouvement de qualité!

Lorsqu’une marque est inscrite dans le haut de gamme avec un habillage de qualité, il lui faut un mouvement réalisé dans le même esprit. Cette cohérence indispensable entre l’objet et ce qui l’anime donne toute sa valeur à la montre, ce garde-temps intemporel. C’est cette unité de préciosité de la montre qui traduit le mieux la farouche volonté de la marque de proposer des objets hors du commun.

Au travers du fond ouvert: le jeu de la lumière dans le mouvement

Signe tangible d’une montre haut de gamme, le mouvement est visible au travers du fond de la boîte. Cela autorise une élégante mise en valeur de l’équilibre et des recherches esthétiques faites sur le mouvement. La lumière peut ainsi jouer dans l’entier du mouvement. En premier lieu, elle va souligner les différents rendus, les différents états de surface créés pour différencier les composants. Ensuite cette lumière va faire naître des brillances qui vont courir dans le mouvement, qui vont apparaître, disparaître, renaître sur les angles des pourtours. Et là, les amateurs ne s’y tromperont pas, la qualité des finitions est flagrante. Les fameux angles rentrants piègent la lumière avant de la renvoyer; la profondeur d’un microbillage atténue la rigueur d’un satinage; les douces brillances du perlage contrastent avec les faces strictement polies des têtes de vis. Tout cela façonne la personnalité du mouvement haut de gamme, loyalement mise à nu et accessible.

Le mouvement haut de gamme indique l’heure, que l’heure ; très bien mais pas n’importe comment!

Face à la kyrielle d’informations fournies par d’autres instruments, le mouvement haut de gamme n’indique que le temps, le temps seulement, mais le temps joliment, tout le temps et le temps longtemps.

Techniquement cantonné à cela, il joue la séduction par sa pérennité, par sa fiabilité et sa beauté qui en font un objet de valeur hors du temps. Sa grande force est de remplir ce rôle indiscutablement utile et indispensable à tous; cela de manière élégante en faisant appel à des techniques de pointe tout comme à des méthodes de finition hors du temps.

Les charmes du mouvement de haut de gamme

Alors apprécié par tous, le mouvement haut de gamme? C’est une occupation à plein temps que de séduire avec des créations, tant strictement fonctionnelles que voulues comme des objets d’art. Il s’agit de montrer les plus-values esthétiques, de présenter les savoir-faire mis en œuvre, de témoigner des compétences indispensables à la construction des mécanismes.

Et le but est atteint lorsque les marques soulignent la présence d’un mouvement haut de gamme pour animer leur montre. Tout est alors fait pour séduire l’esthète accompli comme le nouveau convaincu à la Belle Horlogerie.

Préciosité du mouvement haut de gamme

Réalisé dans une manufacture d’excellence, le mouvement haut de gamme est précieux.

Une manufacture intégrée est capable de maîtriser aussi bien la conception que la construction des composants. Elle se doit d’avoir la main sur l’entier des process nécessaires à la réalisation des pièces. Elle doit connaître à fond ses outils de production jusqu’à pouvoir elle-même les optimiser pour un seul but: donner de la valeur à un mécanisme horloger.

 

Benoît Conrath, horloger chez Vaucher Manufacture

 

www.vauchermanufacture.ch