La précision des montres, combat d’arrière-garde ?

A l’heure des objets radio-pilotés et des montres électroniques, il existe encore des chronomètres mécaniques, dont le rôle a considérablement changé. De la recherche de la grande précision vers la tenue de l’heure au quotidien. Le certificat COSC est exigeant bien qu’évanescent. Sagesse de la montre qui nous signale qu’elle ne va plus, avant de décevoir.

Définition et utilité du chronomètre hier et aujourd’hui

Construire des appareils horaires précis, faire éprouver et garantir leur capacité de tenue de l’heure ont longtemps été indispensables pour la science et la navigation. Il était essentiel pour les marins de pouvoir transporter un temps de référence. Ainsi en comparant leur chronomètre affichant le temps du lieu de départ avec le temps local, ils arrivaient à en déduire leur longitude, soit leur position angulaire vers l’ouest ou vers l’est par rapport à un point, usuellement Greenwich, près de Londres.

Aujourd’hui, un chronomètre est une montre de grande précision dont le mouvement, après avoir passé divers tests, a été certifié par le COSC, soit le Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres.

Le COSC, une certification unifiée

Dès la fin du 19e siècle, il y avait plusieurs offices testant les chronomètres, « les bureaux officiels de contrôle de la marche des montres ». Etablis dans les différentes régions horlogères suisses, ils éprouvaient la tenue de l’heure des chronomètres. Dans un souci d’unification entre les bureaux existants, le Contrôle officiel suisse des chronomètres (COSC) a été mis en place en 1973. Des 7 bureaux initiaux, leur nombre s’est vu diminué à 3 : Bienne, Saint-Imier et Le Locle.

Désuétude des garde-temps mécaniques

Une triste ironie fait que cette structure de certification date de l’arrivée des montres électroniques ; celles là-même qui rendront vite obsolètes les montres mécaniques les plus précises ; car ce rôle de conservation du temps dévolu aux mécanismes horlogers est totalement dépassé. Aujourd’hui, la détermination de l’heure, son indication, sa conservation comme son accessibilité sont assurées par des appareils électroniques, par des dispositifs qui n’ont plus rien de commun avec des garde-temps mécaniques.

Au début de l’ère des montres électroniques, il me souvient d’avoir reçu les commentaires acerbes d’un porteur d’une montre chronomètre, vantée pour sa précision. Il me disait qu’elle était moins précise que sa montre à quartz provenant du métro parisien. Fort heureusement, le fabricant de ces chronomètres a finalement cessé de parler de précision pour insister sur la fiabilité et la pérennité de ses montres.

Continuer à chercher la précision avec des appareils mécaniques ?

Loin des appareils de référence choyés, transportés le moins possible, mis au cœur des navires, scellés dans les caves des observatoires, la montre chronomètre d’aujourd’hui voyage.

Ainsi le défi n’est plus de la rendre la plus précise possible mais de la préparer à subir des avanies diverses. Elle doit être capable de surmonter des situations difficiles comme le froid, le trop chaud, des chocs ou encore de subir les influences délétères du magnétisme et de l’humidité. Et tout cela sans cesser de scander imperturbablement le temps dans des critères strictement délimités pour correspondre aux attentes des porteurs d’aujourd’hui.

Changement de paradigme

La valeur de nos mécanismes horlogers réside maintenant dans l’autonomie, la durabilité d’une précision qui satisfait à nos besoins quotidiens. La grande difficulté actuelle est donc de maintenir la montre dans une marge d’imprécision définie. Il ne s’agit plus de la rendre la plus précise possible mais de garantir au porteur une indication du temps suffisamment stable.

Les concours de chronométrie et la publicité

Autrefois avant le quartz, les manufactures horlogères abritaient des régleurs de précision. Ces horlogers spécialisés préparaient quelques pièces à longueur d’année. Ils les soignaient, les accompagnaient, veillaient sur elles, peaufinaient leur tenue de l’heure au mieux. Puis, après le temps des épreuves de réglage par les observatoires indépendants, arrivait celui des résultats. Les prix reçus contribuaient grandement à la mise en valeur de la marque. Ces horlogers, choyés par leur direction, étaient des agents publicitaires avant l’heure. La précision était un véritable argument pour promouvoir les montres d’une marque.

Exigences du COSC et son évanescence

Afin d’être certifié COSC, le mouvement doit correspondre à des critères précis. La tenue de l’heure est évaluée en secondes d’avance ou de retard par jour ; par exemple il est admis une variation de marche de – 4 à + 6 secondes durant les 10 premiers jours du cycle d’épreuve. Ces tests s’effectuent sur le mouvement seul, sans complications adjointes comme le quantième. Ensuite, il faudra à l’horloger-emboîteur toute sa compétence pour ne pas détruire les capacités chronométriques du mécanisme lors des opérations d’accouplement des complications, puis pendant la pose du cadran, des aiguilles et la mise en place de l’ensemble dans la boîte de la montre.

Même si le certificat COSC est une chose fragile car qualifiant un mécanisme à un moment précis, c’est une référence pour estimer la marge d’imprécision de la montre assemblée.

Tenue de l’heure au quotidien

Même si toutes les montres ne sont pas certifiées COSC, le porteur d’une montre s’attend à une précision suffisante pour lui garantir le respect des horaires. Les entreprises déterminent elles-mêmes leurs critères. Les montres sont orientées vers une légère avance et il est courant d’accepter une remise à la minute tous les 10 à 15 jours. Programmée pour la non-obsolescence, la montre mécanique fonctionnera des années. Puis en rompant son rythme quotidien, elle signifiera sans ambiguïté à son porteur qu’elle a besoin d’un rhabillage, cette opération d’entretien qui porte un nom intemporel, vieux comme l’horlogerie mécanique.

Benoît Conrath, horloger chez Vaucher Manufacture Fleurier

http://www.vauchermanufacture.ch

 

 

Le monde change mais pas l’horlogerie de qualité

A l’heure où le monde entier vit des turbulences inédites, nos priorités changent. Même s’il n’a jamais été simple de prévoir l’avenir, cet exercice aléatoire se complique encore plus aujourd’hui. A l’inverse de la réactivité des réseaux sociaux, de la volatilité des informations données et reçues, l’horlogerie de qualité s’appuie sur des traditions multiséculaires. Continuant à scander le temps imperturbablement, la montre mécanique reste d’actualité hier aujourd’hui et demain.

Oui, la montre mécanique de qualité ne passera pas de mode. Mais comment apprécier la qualité ?

 

Belle Horlogerie et Haute Horlogerie, vraie différence ou analogie?

Pour qualifier les montres, la notion de Haute Horlogerie est apparue récemment, alors que la Belle Horlogerie est vieille comme l’horlogerie. Deux mots pour dire des choses un peu ou vraiment différentes? Pas sûr car l’une est vieille et l’autre moins. Monsieur Jourdain à l’établi.

 

Renouveau de la montre mécanique, apparition du luxe et flou des appellations

Dans les années 90, l’idée de porter une montre mécanique est revenue. En passant d’appareil nécessaire pour connaître le temps à celui d’objet de prestige, la montre mécanique est entrée dans le monde du luxe. Et ce fut la porte grande ouverte à des appellations, à des qualitatifs étonnants et totalement incontrôlés. Les termes tels que Manufacture, finitions soignées, mouvements d’exception, comme le néologisme de Haute Horlogerie, sont apparus. D’usage facile, ils ont été librement interprétés par les marques horlogères et la communication.

Nécessité de définir des appellations, des repères

La multitude de ces qualificatifs mal cerclés s’est lentement résorbée. La perspicacité des journalistes, devenus spécialisés en horlogerie, a permis de définir les mots et leur usage. Le vocable de Haute Horlogerie s’est vu clairement défini par la Fondation homonyme; chose indispensable pour elle que celle de conforter ses propres fondations.

La notion de Haute Horlogerie en parallèle avec les autres Hautes

En se référant aux concepts de haute couture, de haute cuisine, la notion de Haute Horlogerie s’est donc vu fixée précisément. Pour aider les néophytes comme pour repérer clairement les choses, il y a donc aujourd’hui les montres de Haute Horlogerie, entrant dans ces critères nouvellement fixés, et les autres.

La montre objet de toutes les attentions

Avec sa recherche d’esthétisme, la Haute Horlogerie fait la part belle aux finitions. L’ensemble des composants de la montre est soigné. Plusieurs savoir-faire entrent en jeu pour embellir cette machine à compter le temps, qu’est la montre. C’est un nouveau concept, celui de magnifier, de donner de la beauté à un appareil devenu désuet depuis l’arrivée des montres électroniques.

D’autres concepts sont intemporels comme qualité technique, fiabilité et transmission des savoirs

Néanmoins, la montre reste tributaire d’une certaine efficacité de machine à mesurer le temps. Ainsi les notions de qualités techniques comme la précision et l’assurance du maintien des fonctions dans le temps restent exigées, comme au temps d’avant les montres électroniques.

La notion de Belle Horlogerie, ce n’est pas d’aujourd’hui

Alors la Haute Horlogerie définirait-elle, seule, les montres de qualité? Pas sûr, car les horlogers n’ont pas attendu les années 90 pour construire des pièces d’exception. Avant cette Haute Horlogerie, il y a eu et il y a encore la Belle Horlogerie. Cette notion est vieille comme l’horlogerie. Dès le début des horloges, au milieu du Moyen-Age, les mouvements horlogers ont été soignés tant fonctionnellement qu’esthétiquement. Et si la Crise Horlogère a malmené puissamment les ateliers, la volonté de créer et de réaliser de belles montres de qualité s’est maintenue. Le renouveau horloger a permis la revitalisation de cette notion historique qui continue de faire vibrer le cœur de plus d’un amateur d’horlogerie.

 Alors Belle ou Haute?

Il y a-t-il une différence fondamentale entre Belle Horlogerie et Haute Horlogerie? Difficile de trancher entre un terme multiséculaire et un néologisme qui reprend beaucoup du premier. La Haute Horlogerie, en parallèle avec d’autres arts, est un qualitatif limpide à saisir. C’est une notion accessible, pleine de charme avec sa dénomination française. Alors que la Belle Horlogerie est plus dure à saisir; elle s’approche plus finement. Elle nécessite du temps pour la saisir et elle se traduit en anglais, comme en allemand ; car elle est universelle et intemporelle.

Monsieur Jourdain à l’établi

Ainsi Belle et Haute Horlogerie seraient les deux facettes très proches de l’art horloger?

Célèbre pour faire des choses sans le savoir, Monsieur Jourdain pratique sûrement l’une et l’autre à son établi lorsqu’il s’affaire à réaliser des objets horlogers au mieux et pour longtemps.

 

Benoît Conrath, horloger chez Vaucher Manufacture Fleurier

http://www.vauchermanufacture.ch

 

Repères sur l’histoire horlogère de l’Arc jurassien et sur quelques traits particuliers au Val-de-Travers

L’histoire de notre Val-de-Travers s’écrit en fonction des lieux comme des habitants, à l’aune de leurs particularités ; elle est orientée selon les opportunités saisies ou délaissées. Elle subit la Grande Histoire, celle des faits comme celle de l’économie. Nous allons donc essayer de voir et de dissocier dans l’histoire de l’horlogerie de l’Arc jurassien quels sont les faits particuliers au Val-de-Travers et les événements, les situations plus globales imposées ou partagées ici.

Pourquoi le nom Vaucher Manufacture Fleurier

Lors de la création de la société Parmigiani Mesure et Art du Temps, il a paru nécessaire d’ériger en marques plusieurs noms. Ainsi les actionnaires, la Fondation de Famille Sandoz, ont opté pour le nom Vaucher. Très fréquent à Fleurier, ce patronyme est porté par de nombreuses personnes. Plusieurs d’entre-elles se sont illustrées dans l’horlogerie, une activité importante de notre région. L’année 2003 a vu la séparation des activités de Parmigiani Mesure et Art du Temps en deux sociétés : une marque, Parmigiani Fleurier, érigée pour s’activer autour de la commercialisation des montres, et une autre, Vaucher Manufacture Fleurier, instituée comme manufacture de mouvements et de montres. Dans VMF, se retrouve le message fort de notre ancrage régional avec le nom de Vaucher associé à celui du village de Fleurier, le terme Manufacture soulignant, lui, notre activité de création de mécanismes horlogers. Créée depuis l’activité d’un horloger indépendant commencée en 1975, VMF n’est pas l’héritière directe des Vaucher horlogers actifs notamment pour la Chine. Néanmoins nous sommes profondément issus et ancrés dans ce terreau horloger régional que nous vous présentons.

Géologie et premiers habitants

L’Arc jurassien s’étend de Genève à Bâle. C’est une région de hautes vallées avec des montagnes s’élevant jusqu’à 1700 mètres d’altitude. La traversée de cette barrière naturelle n’est pas aisée car il s’agit de franchir plusieurs crêtes par des chemins hasardeux sinuant dans des zones très peu peuplées. Une entrave importante à l’installation d’un habitat stable est le manque de cours d’eau, tant pour les besoins des hommes et du bétail que pour la force qu’un cours d’eau peut fournir. Donc jusqu’à la fin du Moyen-Age, la quasi-totalité des monts et vallées jurassiens est une zone très peu habitée et bien écartée des voies de communication.

Quelques endroits font exception comme le Val-de-Travers. L’Areuse marque ici une vallée qui coupe l’Arc jurassien et le seul col à franchir est celui des Verrières. Peu pentu depuis l’ouest, le chemin ne monte qu’à 930 mètres avant de redescendre, côté est, dans la gorge de la rivière vers le Plateau suisse. Au milieu de ce vaste passage, nommé très vite « val transversal », l’Areuse prend ses aises et elle fournit eau et force motrice. La faible altitude permet une agriculture vivrière et les échanges entre la Bourgogne et le Plateau suisse génèrent travail et échanges pour la population.

 

Fin du Moyen-Age

La population des environs va augmenter de manière importante à la fin du Moyen-Age et les seigneurs du Plateau suisse comme ceux du pied ouest du jura vont encourager la colonisation des hauteurs jurassiennes. Une politique fiscale incitative octroyant aux nouveaux habitants des « Noires Joux », les forêts sombres car composées de résineux, des franchises et des exonérations va favoriser l’établissement de villages et de hameaux dans l’entier de l’Arc jurassien. Le sol poreux du jura, qui voit toujours l’eau disparaitre dans les emposieux, va obliger les paysans à construire des fermes avec des grands toits orientés sud-ouest/nord-est pour recueillir la pluie, la neige et à creuser des citernes pour abreuver le bétail. Les exploitants agricoles sont très autonomes, ils n’achètent presque que le sel, cette denrée indispensable pour bêtes et gens autant que pour la fabrication du fromage, l’un des rares produits à haute valeur ajoutée agricole transportable.

Le Val-de-Travers voit, lui aussi, sa population grandir et c’est sur les hauteurs avoisinantes que se construisent des fermes.

 

Arrivée de la Réforme au 16e siècle

La Réforme est arrivée très vite dans les montagnes jurassiennes, à l’exception des Franches-Montagnes relevant de l’évêché de Bâle (lui-même déplacé à Soleure). Les spécificités du protestantisme ont changé profondément les habitants. L’accès libre et demandé aux Ecritures saintes nécessite de savoir lire. Le salut divin n’accepte plus de compromissions, d’entregent avec les prêtres ou avec les saints, c’est désormais à chacun, directement et personnellement, de s’assurer de son salut. Ainsi l’insouciance et le laisser-aller comme la confiance dans des rémissions rapides ou ultimes sont bannies. Et le caractère des fidèles se rationnalise en chassant vite les distractions pour instituer des loisirs utiles comme la lecture ou la pratique de la musique pour glorifier le Créateur.

Ici, la Réforme voit le départ des moines de Môtiers vers l’abbaye de Montbenoît dans le Val de Morteau.

 

Terreau artisanal

Dans les hautes vallées jurassiennes, la rigueur du climat impose aux paysans une longue pause hivernale. A part les soins quotidiens donnés au bétail, la neige et la froidure invitent à rester chez soi. La rigueur du protestantisme comme les libertés octroyées par les seigneurs du pied du jura vont permettre à ces agriculteurs de s’affairer à réaliser des travaux d’artisanat et de pouvoir les commercialiser. Ainsi en hiver, il y aura des fabricants d’articles en bois tournés ou de boucles de chaussures, des armuriers, des constructeurs d’instruments aratoires.

Au Val-de-Travers, facilitée par les échanges et les passages dans la vallée, se développe l’activité de la dentelle, souvent féminine mais aussi pratiquée par des hommes en fonction des aléas économiques. La population s’accroît. Les sources d’informations des historiens augmentent avec les « livres de raison » (tenu par le chef de famille c’est une sorte de pense-bête, de recueil de pensées, de comptes et de faits marquants familiaux ou généraux). Les bibles sont souvent annotées des faits domestiques, comme nos actuels livrets de famille. Ainsi les noms de familles sont connus et leurs membres sont nombreux. Il s’agit alors de différencier les individus par des prénoms à rallonge et les familles homonymes par des ajouts de noms d’alliance, de surnom ou de lieux-dits. Par exemple au début du 18e siècle, les Vaucher représentent près du tiers de la population de Fleurier. L’afflux des réfugiés huguenots, chassés de France par Louis XIV en 1685, n’a que peu marqué la région. Bien que beaucoup d’entre eux soient artisans, ils ne sont que passés par ici en faisant grandir la défiance locale envers le royaume de France. Ainsi en 1707, lorsque les bourgeois de Neuchâtel recherchent un suzerain, proche ou lointain héritier de la famille régnante qui vient de s’éteindre ; c’est le roi de Prusse qui est choisi. Répondant à cet appel d’offre avant l’heure, ce prince puissant, protestant et éloigné, avait tous les atouts pour chapeauter la Principauté de Neuchâtel.

 

 Arrivée de l’horlogerie

Cette population industrieuse était avide d’opportunités commerciales et l’horlogerie a vite séduit. Soit en gros volume, la construction des horloges comme des pendules, soit en petit volume, la montre, cette occupation rentrait bien dans le domaine où les jurassiens excellaient : peu de matières premières, intervention de beaucoup de travail et de connaissances pour un résultat de haute valeur ajoutée et facilement transportable.

En 1732, c’est David-Jean-Jacques-Henri Vaucher qui est mentionné comme premier horloger en petit, alors qu’alentour se construisaient déjà des pendules vite nommées « Neuchâteloises ».

 

L’établissage

Très vite, l’horlogerie façonne l’habitat. Les façades des maisons existantes voient de nouvelles fenêtres s’ouvrir ; quant aux nouvelles constructions, elles intègrent d’emblée ces grandes baies qui alors pourront être ouvertes autrement que vers le sud-est, par trop ensoleillé.

Et derrière elles, à la lumière du jour, œuvrent plusieurs membres de la famille parfois aidés d’ouvriers. Le travail s’organise selon le principe de l’établissage, chaque atelier réalise une partie du long travail de réalisation de la montre. Et l’établisseur fait le maître d’œuvre en coordonnant le tout puis en le commercialisant.

Dans notre vallée, aidée par les réseaux commerciaux mis en place pour la dentelle, la fabrication des montres se développe et chaque village abrite vite des horlogers qui délaissent le travail de la terre pour celui bien plus fin de la montre. Comme autres spécificités régionales, il y a le maintien des activités de pendulerie dans les fermes, plus compatibles avec la rudesse des mains paysannes, et celle de la fabrication de l’outillage horloger autour de Couvet. Ici ce sont des familles entières qui construisent des outils pour les horlogers voisins ou plus lointains.

 

Des horlogers partent pour l’étranger

Les horlogers quittent les montagnes pour s’établir à Paris, à Londres ou d’autres grandes villes. En 1745, depuis Plancemont au-dessus de Couvet, Ferdinand Berthoud part pour Paris. Breguet, lui, quitte les Verrières aussi pour Paris. Sur place, ils retrouvent des compatriotes qui, regroupés, se soutiennent et restent en contact avec le Val-de-Travers pour, notamment, commander de l’outillage. A cette époque, un membre de la grande famille des Vaucher quitte, lui aussi Fleurier pour Paris. Actif comme horloger, il signe des montres « Vauchez en la Cité ». Ce z final, alors que l’orthographe des noms est encore un peu souple, évite la prononciation du patronyme en « veau chair », ou « vaut cher » ce qui n’est pas du meilleur effet pour un commerçant horloger….

Certains d’entre-eux, un peu trop proches de la noblesse, reviendront au calme par ici fuyant la Terreur, cette période de la Révolution française où chacun est un suspect pour chacun.

 

De l’horlogerie pour la Chine

Après la tourmente de la Révolution et les guerres napoléoniennes, le calme revient sur les hauteurs jurassiennes. Les aléas commerciaux sont calmés, les échanges reprennent comme le travail à l’établi entre Saint-Imier et la Vallée de Joux.

Montres chinoises / crédit MRVT

Alors commence la plus grande particularité horlogère du Val-de-Travers : la fabrication de la montre chinoise. L’instigateur c’est Edouard Bovet partant à Londres où se faisaient des montres d’un type particulier apprécié des chinois. En 1822, avec ses frères vallonniers, il prône cette industrie au Val-de-Travers. Vendues par paires, pour des raisons qui échappent à nos mentalités occidentales, ces montres sont très particulières avec leur grande aiguille de seconde et un mouvement apparent richement gravé. Très vite ce commerce, mené entre Fleurier et Londres avec la Chine, génère d’énormes bénéfices. Plusieurs vallonniers, dont des Vaucher, iront vivre qui à Londres, qui en Chine pour mieux contribuer à la marche des affaires fraternelles ou patronales. L’une de ces familles Vaucher a construit la maison de la Rue du Temple 11, beau témoin architectural d’une très grande fortune au 19e siècle.

 

Des horlogers progressistes

Le système d’imposition comme celui des lois, héritier de l’Ancien Régime, reste basé sur des impôts calculés en estimant la richesse agricole des personnes. Malgré cela, les horlogers déplorent l’allégeance à un souverain étranger. Ainsi des troubles ont lieu en 1831 pour s’affranchir du joug, même léger, du roi de Prusse. Réprimés sévèrement, ces événements voient l’exil d’Edouard Bovet à Besançon et l’emprisonnement de plusieurs vallonniers.

Ce n’est qu’en 1848 que la Principauté et canton de Neuchâtel peut s’affranchir et devenir une république, membre à part entière de la Confédération Helvétique. Cette révolution, toute faite de consensus, partira des Montagnes et du Val-de-Travers, les régions horlogères, pour bousculer les paysans des vallées, les bourgeois et l’aristocratie de la ville de Neuchâtel.

Industrialisation de l’horlogerie

Même si elle s’étire jusqu’au début du 20e, la fabrication des montres pour la Chine va diminuer au 2e tiers du 19e. Les horlogers de Fleurier, de Môtiers vont se diversifier et revenir partager l’histoire horlogère commune aux jurassiens. Quant aux fabricants d’outillage covassons, ils voient débuter une entreprise construisant des machines à tricoter qui grandit vite, la Dubied.

Face à la production industrielle de la montre aux Etats-Unis, le système de l’établissage suisse fait preuve de larges carences : coûts importants, fiabilité parfois aléatoire et manque d’adaptabilité. Les établisseurs cherchent à évoluer, des ateliers plus importants s’installent, des échanges entre fabricants commencent comme la mécanisation et la rationalisation qui arrivent avec des petites machines. Visiteur de l’exposition universelle de Philadelphie, en 1876, puis de certaines entreprises américaines, Jacques David rédige un rapport décrivant les méthodes et l’outillage utilisés outre-Atlantique. Largement divulgué, ce document va contribuer à la construction des fabriques horlogères dans nos montagnes.

 

Les fabriques d’horlogerie

L’érection de bâtiments industriels sonne lentement le glas de l’horloger paysan ou villageois. En quittant l’établi familial, les horlogers délaissent les hameaux, les petits villages pour se concentrer dans les villes ou les grands villages. Au Val-de-Travers, les hauteurs se dépeuplent, les paysans retournent à la terre pendant que leurs femmes et enfants descendent à la fabrique à Fleurier, Buttes ou Couvet. C’est encore un Vaucher, novateur expatrié à Mulhouse, qui va créer l’une des premières écoles d’horlogerie de la région en 1851. Dans tout l’Arc jurassien, c’est une aventure humaine étonnante avec des ouvriers payés à la tâche, aux nombres de pièces produites. Ce particularisme comme l’héritage du paysan protestant devenu horloger étonne les anarchistes de passage qui peinent à qualifier de prolétaires soumis au patronat ces ouvriers horlogers. Très conscients de leur haute valeur professionnelle et n’hésitant pas à s’octroyer des congés, ces horlogers s’autorisent à tancer leur employeur pour une organisation de la production qu’ils jugent inadéquate. Les bâtiments sont construits avec la résidence du patron souvent accolée aux bureaux et aux ateliers. Tout lui appartient à cet ouvrier qui a réussi. Il doit veiller à la bonne marche des affaires dans les bureaux comme dans les ateliers où il est connu de tous. Très souvent les villages et les villes bénéficient des largesses de ces chefs d’entreprises locaux. Théâtres, musées, sociétés d’émulation, et d’autres facilités d’accès à la culture comme à la santé sont mis en place.

 

Emplois horlogers et brassage de population

Les deux guerres mondiales passent, laissant intactes les immeubles, la capacité de production horlogère comme la population, dont les hommes qui ont veillé sur les frontières. La crise de l’entre-deux guerres a vu la création de consortiums horlogers. Les fabricants horlogers sont regroupés par branches de composants et les marques, restant indépendantes, sont souvent à la peine. Peu-après la 2e guerre, une grande demande pour des montres se fait sentir. Pour y répondre plusieurs entreprises embauchent et la main-d’œuvre est complétée par des enfants d’agriculteurs fribourgeois, valaisans et jurassiens puis un peu plus tard par des italiens et autres latins. Des églises catholiques sont construites et la confession de la population s’équilibre entre catholiques et protestants.

Ici intervient une autre rareté au Val-de-Travers, tel un télescopage spatio-temporel, c’est la rencontre en 1964 entre le dernier des derniers paysans-horlogers travaillant à ses pendules au-dessus de Travers, Albert Bernet et un garçon de 14 ans qui sera à la base du renouveau horloger vallonnier, Michel Parmigiani.

Atelier Bernet / Crédit MRVT

 

 

Crise de l’horlogerie mécanique

Entre 1975 et 1985, une crise sans précédent secoue l’industrie horlogère. Des ralentissements, des difficultés commerciales ou techniques, des guerres changeant les priorités des acheteurs, tout cela était connu et s’était déjà produit. Oui mais là, c’est une nouvelle technologie qui rend totalement obsolète toute cette industrie multiséculaire. Le monde n’a tout simplement plus besoin des montres mécaniques…

Dans tout l’Arc jurassien, c’est un désastre, les usines ferment, les nouveaux arrivés repartent. L’entier des commerces et activités est touché par l’incertitude du lendemain et les grandes villes comme les villages perdent des habitants. Quant au métier d’horloger, associé au mot chômeur, il ne s’apprend plus dans les écoles dont beaucoup finiront par fermer. Triste époque où peu après avoir découvert sa condition d’ouvrier comme un autre, l’horloger s’aperçoit de la caducité de son métier.

 

Renouveau de l’horlogerie

Cependant la Swatch, une montre suisse à quartz qui se monte à la machine sans horloger va sauver l’honneur helvétique. Oui, le monde peut toujours espérer de la Suisse pour l’horlogerie.

Vers 1985, des journalistes allemands et italiens s’intéressent aux rares entreprises horlogères survivantes. Dans leurs magazines, ils présentent une activité délicieusement désuète : porter au bras un objet d’art donnant l’heure. Cet engouement pour l’horlogerie mécanique, très vite soutenu par le Japon et l’entier du globe, va non pas relancer l’horlogerie mais la faire repartir autrement.

 

Invention de la belle horlogerie

Effectivement, n’en déplaise à l’image d’Epinal, les suisses n’ont pas inventés l’horlogerie. Ils n’ont pas plus développé l’industrie horlogère ni réussi la transition vers la montre électronique.

Cependant, ils ont inventé l’horlogerie de luxe, la montre qui ne donne que l’heure mais dont on a rêvé des heures, celle dont la finition, la qualité de sa réalisation l’inscrit dans une valeur de luxe.

Tous les emplois n’ont pas été sauvés ni les bâtiments qui restent vides ou sous-occupés. Car cette horlogerie n’a plus besoin de « petites mains » mais de spécialistes pointus dans leur domaine. Tous ne sont pas des techniciens auprès de machines de haute technologie. Le besoin est revenu d’avoir des femmes, des hommes de métier qui s’affairent à rendre les montres et leurs mouvements attrayants par leur construction et leur finition.

 

L’horlogerie au Val-de-Travers

Notre région a vécu cette dernière crise à l’unisson de l’entier de la région, une seule entreprise historique a survécu : Piaget. Et le début de la Crise Horlogère, les majuscules ne sont pas de trop, a vu commencer Michel Parmigiani à l’établi. Comme restaurateur, Michel P. a aussi très vite travaillé pour des marques en leur fournissant des mécanismes, des mouvements. De là les activités qui sont à la source de Vaucher Manufacture Fleurier.

 

Benoît Conrath, horloger chez Vaucher Manufacture Fleurier

Remerciements à Laurence Vaucher, historienne, pour sa relecture attentive

www.vauchermanufacture.ch

 

Chronographe et chronomètre, deux objets au service du temps

Les fonctions chronographe et chronomètre font partie des complications. C’est un exercice délicat que de les dissocier. L’une reste actuelle et l’autre bien moins. Courte histoire et usage du chronographe.

Chronomètre et chronographe, deux mots différents pour dire deux choses différentes

Pourtant, il s’agit de deux fonctions qui peuvent s’appliquer à un seul et même objet.

Un chronomètre est un appareil horaire de haute précision. C’est un mécanisme capable de garder le temps, c’est-à-dire d’être précis. Selon des critères définis, il peut être certifié en Suisse par le Contrôle officiel suisse des chronomètres (COSC).

Alors qu’un chronographe, c’est un appareil horaire avec une, ou plusieurs aiguilles indépendantes que l’on peut démarrer, stopper et remettre à zéro, en vue de mesurer un intervalle de temps. Privé des aiguilles d’heures et des minutes, c’est un compteur; car il ne donnera pas l’heure, il permettra seulement des mesures de temps courts. Une montre chronographe indiquera en plus l’heure.

Le chronométrage avec un chronographe, une situation ubuesque?

Non, c’est très simple! Il est facile de semer le trouble entre ces deux termes, entre ces deux appareils horaires, le chronographe et le chronomètre. Il suffit de construire un mouvement de montre chronographe, donc capable de mesurer des intervalles de temps puis de le faire certifier chronomètre : faire vérifier que ce mouvement reste précis dans la marge définie par le COSC. On aura donc une montre chronographe chronomètre, ou alors un chronomètre chronographe; mais pas un chronographe chronomètre ! Car cette dernière appellation prête à confusion en sous-entendant que ce chronographe possède l’indication de l’heure, qui plus est, très précisément; alors que le terme chronographe n’inclut pas la notion d’affichage de l’heure.

Et pour rajouter à la confusion, fréquente entre ces deux appellations, nous utilisons le verbe «chronométrer» pour désigner l’opération de mesure d’un intervalle de temps court. Donc c’est tout simple: on utilise un chronographe pour chronométrer! D’où l’exemple du chronomètre chronographe qui permet de chronométrer. Pour mieux éclairer la situation, et comme nous l’avons bien compris, le chronomètre chronographe, comme la montre chronographe chronomètre, ne permettra en aucun cas de ʺchronographerʺ, car ce mot n’existe pas. Un peu dommage et inéquitable car si, avec une montre chronographe, il est possible de chronométrer; avec une montre chronomètre il n’est pas possible de ʺchronographerʺ.

Mais ce n’est pas grave, c’est déjà assez touffu comme cela.

Un peu désespérant, mais surtout cela aide à démêler les deux fonctions et leurs deux appellations.

Reprenons tous ensemble

Le chronomètre est une montre précise et le chronographe est un appareil horaire pouvant mesurer des espaces de temps.

Qui prétendrait que cela est compliqué à saisir? Peut-être feu mon grand-père, horloger, qui a passé sa vie à expliquer et à réexpliquer tout cela, mais en plus court.

 

Le chronomètre à l’heure atomique

Quant aux chronomètres, aujourd’hui à l’époque des horloges atomiques qui se surveillent entre elles pour être encore plus précises, ils ont bien perdu en importance. Qui se réfère encore à un mouvement horloger mécanique pour connaître avec précision le temps ? Le mot chronomètre ne désigne, via le COSC, plus que certaines montres de précision. Et les critères requis de tenue de l’heure sont désormais bien loin de la précision offerte par le réveil à bas prix, toujours à la seconde car surveillé via l’Allemagne par des signaux radio d’une horloge atomique.

Les débuts du chronographe et son usage

Toute histoire n’est pas figée et celle du chronographe le prouve avec sa récente mise à jour. Dès la fin du 18e siècle, certaines montres sont dotées d’une aiguille de seconde qui peut être arrêtée. Le premier appareil nommé «chronographe» est un mécanisme permettant la mesure des temps courts en déposant une gouttelette d’encre sur un cadran. Eh oui! Dans le mot «chronographe» il y a le mot «graphe» car il s’agissait bien d’écrire le temps. La fonction remise à zéro, indispensable pour mesurer efficacement des intervalles de temps, n’apparaîtra qu’au milieu du 19e siècle. C’est le début d’une utilisation massive du chronographe dans les sports, la recherche scientifique et surtout l’industrie. Le chronographe de poche devient l’outil indispensable du technicien, de l’ingénieur pour comprendre et améliorer les processus industriels. Demandez aux vieux ouvriers comment ils voyaient les fameux «pique-minutes», ces agents de méthodes qui surveillaient la vitesse de production dans les usines. «Time is money» et pas qu’un peu!

Variété des informations offertes

Pour étalonner son compteur de vitesse, on peut mesurer le temps nécessaire pour parcourir un kilomètre. Par un rapide calcul, il est alors possible d’obtenir sa vitesse en kilomètre/heure.

Un chronographe, avec une échelle tachymétrique sur son cadran, donnera la même information. En mesurant avec lui le temps pour parcourir un kilomètre, l’aiguille indiquera directement la vitesse.

Ainsi permettant de mesurer des temps courts, le chronographe a été vite équipé d’échelles particulières sur son cadran. Le principe en est simple: on mesure le temps d’un cycle de référence ou d’une distance à parcourir, avec l’aiguille de chronographe; une fois arrêtée, celle-ci indiquera à son extrémité une vitesse, une distance, une quantité ou autre chose par heure, ou avec une autre référence. Le chronographe pourra donc donner des indications comme des vitesses, le nombre de pièces produites, des rythmes vitaux comme les pulsations ou les respirations, des distances via une échelle télémétrique etc…

Benoît Conrath, horloger chez Vaucher Manufacture Fleurier

 

www.vauchermanufacture.ch

Quelle place pour le mouvement horloger haut de gamme?

Loin de la nécessité d’avoir l’heure, porter une montre mécanique suisse est un choix. Devenue objet d’art, la montre est animée par un mouvement haut de gamme. Mais, qu’est-ce donc qu’un mouvement haut de gamme?

Le choix de porter encore une montre mécanique suisse en a fait un objet haut de gamme.

Aujourd’hui à l’heure des montres connectées indiquant toute une foule d’informations, porter une montre mécanique suisse est un choix. C’est la mise en évidence d’un superflu. C’est une survivance voulue d’une autre époque où seul le temps pouvait être porté au poignet. C’est dans ce contexte, loin de l’acte utile; loin de la nécessité de la montre, que s’est dessinée la notion de montre de haut de gamme. Ce concept de la montre bracelet devenue objet d’art est récent, il n’a pas plus de trente ans. En cohérence avec ce concept, le mouvement haut de gamme s’impose alors pour animer les aiguilles, pour faire vivre la montre.

Le mouvement haut de gamme: une qualité technique irréprochable et une finition très soignée

En premier lieu, ce mécanisme doit assurer l’entraînement des aiguilles de la montre de manière fiable et précise. La montre de qualité doit être bien construite pour supporter les tracas infligés par le porteur et son environnement. Ainsi son mouvement subit un long processus de validation. Il s’agit de garantir la continuité des fonctions lors de l’usage de la montre. Pour cela, les horlogers-prototypistes suivent des normes suisses, réajustées fréquemment.

Ensuite, le mouvement haut de gamme doit témoigner d’un soin extrême de finition de ses composants. Il doit avoir été imaginé et construit le plus élégamment possible. Il s’agit de proportionner esthétiquement les pièces, d’autoriser la mise en valeur des finitions, de permettre à la lumière de jouer sur la surface des ponts, sur les têtes de vis pour animer l’entier du mécanisme.

Le haut de gamme, en horlogerie, c’est cette combinaison intransigeante entre conception et fabrication, entre maîtrise et expertise; tout cela à l’aide de multiples savoir-faire indispensables.

Le mouvement haut de gamme est fiable, à haute valeur ajoutée et personnalisable

Dès le début, notre manufacture a choisi d’être au service des marques de qualité. Ainsi, chez Vaucher Manufacture, l’exigence du haut de gamme s’est imposée comme une évidence. Sa ferme volonté est de proposer un plus à l’offre actuelle: des mouvements haut de gamme personnalisés, voire réservés. Elle construit donc des mouvements à haute valeur ajoutée. Sa réactivité lui permet de répondre efficacement à des demandes de personnalisation, d’unicité réservée à une marque. Loin de la production en grandes quantités industrielles de mécanismes horlogers usuels, le motoriste de Fleurier a pris place dans le cercle restreint des manufactures de mouvements de qualité.

Comme valeurs intrinsèques: la durabilité, la fiabilité et une finition exceptionnelle

Fruit de l’exigence de sa construction, le mouvement haut de gamme est durable, fiable et il témoigne d’une finition exceptionnelle. Durable car ses composants sont pensés et proportionnés pour ne pas s’user. Fiable car il est le fruit de stricts processus de validation tant immédiats que dans la durée. Témoin d’une finition exceptionnelle car chaque pièce est soignée, finie, selon des canons esthétiques très poussés.

Une évidence: à la montre de qualité, s’impose le mouvement de qualité!

Lorsqu’une marque est inscrite dans le haut de gamme avec un habillage de qualité, il lui faut un mouvement réalisé dans le même esprit. Cette cohérence indispensable entre l’objet et ce qui l’anime donne toute sa valeur à la montre, ce garde-temps intemporel. C’est cette unité de préciosité de la montre qui traduit le mieux la farouche volonté de la marque de proposer des objets hors du commun.

Au travers du fond ouvert: le jeu de la lumière dans le mouvement

Signe tangible d’une montre haut de gamme, le mouvement est visible au travers du fond de la boîte. Cela autorise une élégante mise en valeur de l’équilibre et des recherches esthétiques faites sur le mouvement. La lumière peut ainsi jouer dans l’entier du mouvement. En premier lieu, elle va souligner les différents rendus, les différents états de surface créés pour différencier les composants. Ensuite cette lumière va faire naître des brillances qui vont courir dans le mouvement, qui vont apparaître, disparaître, renaître sur les angles des pourtours. Et là, les amateurs ne s’y tromperont pas, la qualité des finitions est flagrante. Les fameux angles rentrants piègent la lumière avant de la renvoyer; la profondeur d’un microbillage atténue la rigueur d’un satinage; les douces brillances du perlage contrastent avec les faces strictement polies des têtes de vis. Tout cela façonne la personnalité du mouvement haut de gamme, loyalement mise à nu et accessible.

Le mouvement haut de gamme indique l’heure, que l’heure ; très bien mais pas n’importe comment!

Face à la kyrielle d’informations fournies par d’autres instruments, le mouvement haut de gamme n’indique que le temps, le temps seulement, mais le temps joliment, tout le temps et le temps longtemps.

Techniquement cantonné à cela, il joue la séduction par sa pérennité, par sa fiabilité et sa beauté qui en font un objet de valeur hors du temps. Sa grande force est de remplir ce rôle indiscutablement utile et indispensable à tous; cela de manière élégante en faisant appel à des techniques de pointe tout comme à des méthodes de finition hors du temps.

Les charmes du mouvement de haut de gamme

Alors apprécié par tous, le mouvement haut de gamme? C’est une occupation à plein temps que de séduire avec des créations, tant strictement fonctionnelles que voulues comme des objets d’art. Il s’agit de montrer les plus-values esthétiques, de présenter les savoir-faire mis en œuvre, de témoigner des compétences indispensables à la construction des mécanismes.

Et le but est atteint lorsque les marques soulignent la présence d’un mouvement haut de gamme pour animer leur montre. Tout est alors fait pour séduire l’esthète accompli comme le nouveau convaincu à la Belle Horlogerie.

Préciosité du mouvement haut de gamme

Réalisé dans une manufacture d’excellence, le mouvement haut de gamme est précieux.

Une manufacture intégrée est capable de maîtriser aussi bien la conception que la construction des composants. Elle se doit d’avoir la main sur l’entier des process nécessaires à la réalisation des pièces. Elle doit connaître à fond ses outils de production jusqu’à pouvoir elle-même les optimiser pour un seul but: donner de la valeur à un mécanisme horloger.

 

Benoît Conrath, horloger chez Vaucher Manufacture

 

www.vauchermanufacture.ch