réchauffement climatique

Change, it’s time for change

“Nous n’héritons pas de la Terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants.” Antoine de Saint-Exupéry

 

Durant le Petit Âge glaciaire qui débute en 1300 et prend fin vers 1860, la planète se refroidit globalement.

Ce Petit Âge glaciaire serait dû, entre autres, à une baisse de l’activité solaire ainsi qu’à une succession d’éruptions volcaniques importantes.

Et c’est seulement après 1900 que l’on mesure véritablement un réchauffement des températures en Europe et dans le monde.

Le facteur démographique a également contribué à accentuer le problème climatique. La grande accélération des émissions de gaz à effets de serre dans les années 1950 à 1980 a coïncidé avec l’explosion démographique.

En émettant des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, les sociétés humaines modifient le climat nous précipitant dans une nouvelle ère géologique : l’Anthropocène. L’homme est désormais devenu une force géophysique à part entière.

En 40 ans, les populations d’animaux sauvages ont disparu de 60% et la biomasse des arthropodes a chuté de 67% en une décennie.

La moitié des points de bascule irréversibles sont, d’ores et déjà, beaucoup plus rapides que ce qui avait été envisagé dans le pire des scénarios.

Ce que les générations passées ne connaissaient que tous les vingt ans, risque d’être le lot quotidien des générations actuelles et prochaines.

Ce n’est pas une vision d’un futur apocalyptique, c’est un bilan du passé et un avant-goût de ce qui nous attend. À cela, la géoingénierie planétaire, envisage d’injecter des aérosols dans la stratosphère pour filtrer le rayonnement solaire, ce qui permettrait de gérer la température sans porter atteinte à la liberté économique. Cette mesure est un cataplasme sur une jambe de bois.

Les événements climatiques ont toujours existé mais jamais avec la même vitesse et la même sévérité, comme le souligne Jean-Marc Jancovici.

Pour le climatologue américain, William Ruddiman, le premier réchauffement d’origine anthropique remonterait au Néolithique et non au début de l’ère industrielle. En cause: le déboisement intensif lié à la diffusion de l’agriculture.

Même si les crises historiques ont rarement une cause unique, même s’ils ne sont jamais les seuls facteurs déterminants, les aléas climatiques peuvent amorcer les crises latentes sur le destin des peuples.

Peut-être faudrait-il sortir du syndrome de l’autruche, ne plus choisir le gain à court terme et sortir de notre confort afin de ne plus s’enferrer dans le déni et être responsables de nos actes. Chacun, à notre petite échelle, nous pouvons changer et faire notre part du colibri.

Pour cela, il faudrait changer nos habitudes, nos modes de vie, changer de paradigme, et comme le chantait Barry White : change, it’s time for change.

L’Homo sapiens sapiens aura-t-il la capacité à se remettre en question?

Patrick Rochefort

Patrick Rochefort, un savant mélange de MacGyver et Robinson Crusoé

À l’heure où les béotiens et les philistins sont portés sur le trône de la gloire et des louanges, à l’heure où l’on assiste à une crise majeure de l’intelligence et à l’étiolement de l’imagination, à l’heure où les borborygmes, solécismes, pléonasmes et autres collections de barbarismes font désormais partie intégrante du novlangue, et cela pour le plus grand bonheur des experts en consensus, traduisant les éthérées flatulences d’une pensée décadente, j’ai néanmoins le redoutable honneur de vous entretenir d’un homme dont le brillant esprit n’a d’égal que son talent.

 

Un illustre inconnu, un homme aux mille et une vies.

Il est des êtres doués de raison, qui ont su, à force de volonté et d’opiniâtreté, rester fidèles à leurs idéaux, à leurs convictions, contre vents et marées, rompus aux plus extrêmes exigences.

C’est l’histoire d’un homme qui traverse seul l’Atlantique à bord d’un petit voilier avec lequel il doit affronter et surmonter toutes sortes de situations de survie. Un homme qui a choisi de vivre dans une extrême austérité dans l’Altiplano Potosino, région désertique du Mexique au-dessus de San Luis Potosi, à 1600 mètres et qui a lui-même fabriqué la maison de briques séchées dans laquelle vivent sa femme Laura et leurs deux enfants, Lourdes et Léon ainsi que leur chien.

Cet homme est capable de démonter, réparer et remonter une voiture, un téléviseur ou un ordinateur en un temps record. Passé maître dans l’art du décryptage des codes secrets militaires, il a participé au sauvetage de milliers de vies en Afrique lors des opérations militaires Espadon et Pélican I et II.

Patrick Rochefort est un véritable caméléon, mais plus encore : c’est un homme aux talents exceptionnels.

Après avoir passé quelques années dans l’armée en tant que radio, -Les missions qui lui sont assignées, le conduisent dans tous les coins du globe- cet homme doté d’un professionnalisme hors pair, est devenu un aventurier de la vie, sans sponsor et sans aide, qui a choisi un beau jour, de tourner définitivement la page et de changer radicalement de vie.

C’est dans la solitude de l’océan, que Patrick Rochefort découvre sa capacité à survivre dans un environnement hostile. Ce qui le caractérise, c’est son inventivité, sa capacité à bricoler, avec ce qu’il a sous la main.

Il traverse ensuite sans un sou, toute l’Amérique du nord au sud et frôle la mort plusieurs fois, mais s’en tire chaque fois, servi par une chance incroyable. Ses connaissances scientifiques et sa débrouillardise lui donnent un avantage dans un environnement rustique et hostile.

Patrick Rochefort est d’une générosité et d’un altruisme sans faille : dans son petit village figé dans le temps en pleine montagne pierreuse, c’est l’homme à tout faire et il aide tout le monde. Il a même mis en place, un système de récupération d’eau naturel qui fait de lui le responsable de la distribution de l’eau dans tout le village.

Au milieu des serpents, il doit à chaque fois qu’il sort de sa « petite maison dans la prairie », prendre son bâton ou sa machette afin d’être prêt s’il se retrouve nez-à-nez avec un serpent.

Patrick Rochefort
Crédit photo. Patrick Rochefort.
Patrick et Léon Rochefort.

Il est aussi apiculteur autodidacte et là encore, pour accéder à son rucher, il lui faut éviter de se faire piquer par les veuves noires -la veuve noire est une araignée parmi les plus dangereuses au monde- qui pullulent.

Qu’à cela ne tienne, même les célèbres aventuriers Mike Horn et Sarah Marquis réunis, ne font pas le poids face à cet être extraordinaire qu’est Patrick Rochefort.

 

S. Kurschat

 

Opération Espadon. 1997

Opération Espadon (1997) : 1000 âmes sauvées en jour

C’était il y a 25 ans, le 2 juin 1997, lors de la guerre civile en Sierra Leone, sur la péninsule d’Aberdeen à Freetown. 20 hommes du commando de Montfort, sauvaient d’une mort certaine, plus d’un millier de personnes, toutes religions confondues :  l’Opération Espadon voyait le jour. Aucun média n’a fait mention de cette opération militaire qui est tombée dans les oubliettes de l’Histoire.

 

Ces soldats dont je fis partie, avaient été envoyés sur place pour évacuer des ressortissants étrangers (dont quelques suisses), qui fuyaient le pays. Ces personnes furent rapatriées sur l’aviso Jean Moulin et la FS Germinal pour être débarquées à Conakry, en Guinée.

Mémoires d’un ancien soldat 

Il y eut toute la journée un ballet nautique incessant des embarcations commandos afin d’acheminer les ressortissants et les évacuer vers les navires militaires français.

Opération Espadon
Opération Espadon. Péninsule d’Aberdeen à Freetown. Images inédites. Crédit photo. M. Marin

Il y avait des hommes et des femmes de tous âges, des enfants. Certains hurlaient, d’autres pleuraient, tous appelaient à l’aide. C’étaient des êtres apeurés, angoissés, terrifiés et pour certains traumatisés.

Les rebelles souriaient sachant que les commandos ne pourraient pas évacuer tout le monde.

L’opération était censée durer toute la journée. Les autorités avaient négocié un cessez-le-feu, mais tout le monde était sur le qui-vive, à l’affût du moindre danger. La tension était de plus en plus palpable. Presque à tout moment, on pouvait lever les yeux et apercevoir les rebelles.

Opération Espadon
1ère escouade. Images inédites. Crédit photo. M. Grandjean.

Une violation du cessez-le-feu pouvait survenir à tout instant mettant en péril la vie de tous les civils ainsi que celle des vingt bérets verts.

Opération Espadon
2ème escouade. Images inédites. Crédit photo. M. Marin

Arrivés au terme de la journée, après avoir sauvé quelque 1 000 ressortissants européens et africains, nous quittâmes le rivage de Freetown en ayant rempli deux bâtiments de la Marine nationale. Nous laissions derrière nous une foule immense qui semblait avoir grossi malgré notre travail.

Mais que représente une vie ?

Bien peu de chose pour certains individus. Pour nous, en revanche, cela représentait l’essence même de notre existence.

Une fois les armes silencieuses, c’était emplis d’espoir que nous envisagions les retrouvailles avec notre pays.

Les mois passèrent et devinrent des années. Plus de vingt années se sont écoulées depuis les évènements.

Le temps de l’action révolu, s’ouvrait celui de la réflexion. Le destin s’est acharné sur quelques-uns d’entre nous qui payèrent le prix fort. Il y a eu un avant et un après.

Quel que soit le bien-fondé de ces missions, rien ne nous avait préparés à l’horreur de cette guerre dévastatrice dont nous avions été les premiers spectateurs. Rien ne serait plus comme avant. Seules nos pensées tumultueuses semblèrent nous ramener à la réalité. Certains y ont laissé leur âme.

Et tout cela pour quoi ? Pour qui ? En définitive, nos valeurs profondes et notre héroïsme avaient été utilisés pour le compte de multinationales. Nous avions été valorisés par la machine jusqu’au point où elle n’avait plus eu besoin de nous.

Nous devions apprendre à vivre avec ce que nous avions vu quand d’autres devaient vivre avec ce qu’ils avaient fait.

Nous n’avions que vingt ans et pétris de bons sentiments, nous n’avions pu deviner la mascarade des élites qui avaient créé des illusions afin que des jeunes comme nous acceptent d’aller jusqu’à l’ultime sacrifice du don de soi. Ainsi, justifiaient-ils leur rôle.

 

 

Pour en savoir plus : Honneur de Serge Kurschat

Opération Espadon

Jérémy Quartenoud, le Temps.ch

Jérémy Quartenoud : profession Slasheur

Jérémy Quartenoud est un véritable slasheur qui jongle avec plusieurs activités professionnelles tout en évoluant hors des sentiers battus. Fini le schéma traditionnel avec un même métier toute une vie, ce touche-à-tout revendique sa polyvalence. Sa vie professionnelle est en totale adéquation avec son bien-être personnel.

 

Ce jeune gruérien né en 1992, termine sa scolarité vers 16 ans et décide de se diriger vers une formation commerciale et administrative, plus par facilité que par réel attrait pour la profession.

En parallèle à ses activités professionnelles, il commence à s’intéresser dès 2009 aux arts martiaux, voyant en eux une sorte de retour à la source de l’humain, une quête d’accomplissement de soi à travers la pratique physique et mentale. Il se découvre une vraie passion qui ne le quittera plus.

Il s’essaie tour à tour au Karaté style Shotokan, à l’Aïkido, au Jiujitsu brésilien, au Wing Chun, à la Boxe et même au Krav Maga. Bien que chacune de ces disciplines lui apporte du plaisir et des valeurs tant physiques que morales, une question reste sans réponse :

Quelle est la réalité du combat ?

En tant que citoyen du XXIème siècle, il cède à l’attrait des réseaux sociaux et suit aussi les tendances de plus en plus mises en avant (MMA, Grappling, Self-Défense, Close-Combat). Il expérimente toutes ces techniques, mais sans savoir qu’un début de réponse se tient sous ses yeux… en Gruyère.

Au fur et à mesure que les années passent, ses compétences techniques s’affinent et vers 2017, il décide de se former à l’instruction des disciplines de combat dans le but de pouvoir un jour enseigner et devient instructeur de self-défense.

Cette nouvelle formation lui apportera plus que ce qu’il ne pouvait imaginer.  Alors qu’il croyait apprendre une méthode de survie, Jérémy Quartenoud découvre une philosophie et un manuel de vie mettant en avant les principes essentiels que sont l’adaptation et le respect.

Fort de ses nouvelles connaissances, il décide de passer un nouveau cap dans sa vie. En 2019, en plus des cours qu’il donne en Self-Défense, il crée un site professionnel lui permettant d’exercer une autre activité qui le passionne depuis l’adolescence : l’écriture !

Il devient donc écrivain public, échangeant ses capacités rédactionnelles contre rémunération.

Qui plus est, il profite de son temps libre pour se rapprocher davantage de sa famille. Notamment de son grand-père maternel qui l’initie à l’apiculture, un art ancestral qu’il a lui-même appris de son père. Durant quatre ans, il suivra son enseignement, et ce, jusqu’à aujourd’hui.

Miel de Jérémy Quartenoud

 

Les années de récolte du miel sont tantôt excellentes, tantôt décevantes dues, tout d’abord, à différents problèmes que rencontrent les apiculteurs. On peut citer les causes naturelles et météorologiques qui influencent énormément les conditions de vies et le comportement des abeilles, mais aussi l’arrivée dans nos contrées de parasites qui sont devenus de vrais fléaux pour nos amies les butineuses.

Les colonies d’abeilles domestiques déclinent pour différentes raisons : la toxicité des pesticides, la raréfaction de leurs ressources alimentaires mais aussi les parasites qui favorisent la transmission de virus.

Le parasite varroa destructor est originellement un parasite de l’abeille asiatique.  Il a été signalé pour la première fois en Suisse en 1984. Ce redoutable parasite s’attaque aux abeilles adultes et aux larves et décime les ruches.

 

Sorti “piqué” d’un immense intérêt pour l’apiculture, une nouvelle passion naquit alors dans son cœur, celle que l’homme attache à sa terre nourricière. Depuis, Jérémy Quartenoud tente avec plaisir de perpétuer ce cadeau que son aïeul lui a transmis.

 

Serge Kurschat

 

Site de Jérémy Quartenoud: https://www.ecrivainpublic-fribourg.com/

Mathieu Marin : un diamant à Sète. Chevauchée effrénée d’un homme de cœur

À l’heure où humilité et empathie ne sont pas des qualités prioritaires, Mathieu Marin fait partie de ces personnes singulières qui sont une source d’inspiration et un exemple pour les autres. Ce professeur d’Aïkido enseigne depuis plusieurs années et travaille comme animateur socioculturel dans un foyer pour jeunes à Sète. Ce héros anonyme a vécu une vie tragique et touchante à la fois et incarne à lui seul, de hautes valeurs humaines.

 

Un homme d’exception qui a passé sa vie à aider les autres

Même s’il n’a pas de brillance à première vue, le diamant brut possède déjà une lumière particulière qui en fait une gemme incroyable. Cependant, pour faire surgir ce diamant, l’artisan devra le tailler et le désencombrer de toute la matière inutile. Mais après avoir été taillé et poli, ce diamant brut est transformé en un magnifique diamant qui révèle des facettes insoupçonnées aux mille éclats de lumière.

Ce diamant brut passe souvent incognito, comme une perle rare qui n’a pas été découverte ou comme un immense trésor qui dort sous nos pieds. Il en a toujours été ainsi pour Mathieu Marin dont on a trop souvent sous-estimé la valeur. Comme le souligne la psychothérapeute B. Oswald :

« tout le drame de la société, c’est qu’elle n’a pas souvent la capacité de reconnaître la grande valeur de ce diamant brut ; pire encore, elle le rejette comme un caillou sans valeur. »

Ce pupille de la Nation est placé en foyer à l’âge de neuf ans après avoir vécu des scènes traumatisantes.

C’est à l’âge de 14 ans que Mathieu Marin réalise son premier acte héroïque : il se jette à l’eau pour sauver de la noyade une jeune adolescente.

À sa majorité, il rejoint la Marine nationale par vocation et intègre les fusiliers marins à l’École des fusiliers-marins de Lorient. Il passe ensuite la qualification commando et se voit décerner le fameux béret vert qu’il va fièrement porter pendant quelques années, d’abord comme opérateur puis comme Chef d’équipe et ensuite comme adjoint de groupe.

Durant l’année 1997, il participe aux opérations militaires françaises d’évacuation de ressortissants : Pélican I et Pélican II, effectuées en République du Congo. Ces missions permettent de sauver et rapatrier plus de 6000 étrangers, dont près de 1500 Français.

Sa plus grande fierté reste sans aucun doute d’avoir sauvé parmi ces milliers de vies, un nouveau-né :

« Ça tirait sans relâche dans tous les sens. Le bruit était omniprésent. J’essayai de me mettre à couvert puis courus et pénétrai dans la maison sous un déluge de tirs de roquettes et sous les crépitements de mitrailleuses. Le spectacle était dantesque. J’y découvris une succession de cadavres tous défigurés. Le sol était jonché de débris humains. Des corps gisaient, immobiles. Des choses que personne ne devrait jamais voir. La plupart des corps étaient en lambeaux. En voyant le spectacle qui s’offrait à moi, un sentiment de désarroi m’envahit. Mais alors que j’essayais de faire de mon mieux pour retrouver le bébé, j’entendis soudain pleurer. Je le pris et fis de mon mieux pour le sortir sans mettre sa vie en danger. Parmi tous ces cadavres et ces corps épars, ce bébé semblait un miraculé. Je le remis dans les bras de sa mère, qui le serra contre sa poitrine en pleurant de joie. »

Une catastrophe qui n’a été évitée que grâce à son courage et à son sang-froid au milieu de la barbarie, sans jamais faillir à sa mission et au péril de sa vie.

Mathieu Marin. Sète
Mathieu Marin à Brazzaville en 1997

1000 vies sauvées en un jour 

Il participe également à une opération non moins importante mais qui est tombée dans les oubliettes de l’histoire : l’Opération Espadon, réalisée le 2 juin 1997 par les commandos marine du commando de Montfort (forces spéciales françaises). Cette évacuation permet de sauver d’une mort certaine, plus d’un millier de personnes de 21 nationalités différentes à Freetown, en Sierra Leone, et ce, en une journée. Il fait partie de ces 20 hommes qui participent ce jour-là, à cette opération.

Néanmoins, après la décision de la professionnalisation des armées, ses supérieurs lui annoncent que son contrat dans la Marine nationale ne sera pas renouvelé.

Sous le choc, sa vie s’écroule après cette annonce abrupte.

Retour à la vie civile

Après avoir été abandonné par l’Institution et par ses supérieurs, Mathieu Marin quitte l’armée en 1998. S’ensuit alors une longue traversée du désert et une descente aux enfers. Il tente de sortir de cette situation difficile en cumulant chômage et petits boulots.

Cependant, malgré les épreuves de la vie, il n’abandonne pas. Il lutte sans relâche et se reconstruit seul.

Il puise son courage et sa détermination dans la pratique des arts martiaux et en fait une école de vie et de spiritualité. Il parvient même à devenir professeur d’Aïkido et enseigne au club d’Aïkido de Gigean.

Mathieu Marin. Sète.
Mathieu Marin à Sète

En 2019, alors qu’il est dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie, il sauve avec l’aide de deux collègues, une femme qui était sur le point de mettre fin à ses jours : elle avait déjà la corde au cou et s’apprêtait à se pendre.

L’histoire ne s’arrête pas là puisqu’aujourd’hui, Mathieu Marin consacre encore sa vie à aider les autres et à rendre service à la communauté. Il tâche d’inculquer ses valeurs à des jeunes qui grandissent dans le foyer des Mariniers situé à Sète; foyer qui l’a recueilli… il y a 50 ans de cela.

Après avoir résisté aux affres du temps, son regard reste toujours lumineux, profond et reconnaissant à la vie.

Jusqu’à ce jour, ses actes de bravoure aux exploits dignes d’une légende n’ont jamais été reconnus pour services rendus à la nation.

Mais une chose est certaine, cet homme a, sans contredit, contribué à améliorer le sort du monde.

 

 

S. K

 

 

Mitholz

Le jour où la montagne explosa. Il y a 75 ans, le drame de Mitholz.

Quand un petit village suisse fait parler de lui. Il est 23h30, ce 19 décembre 1947, quand une série de violentes déflagrations réveillent en sursaut toute cette région située l’Oberland bernois. En effet, de violentes explosions se produisent au dépôt de munitions de l’armée suisse, situé près de la gare ferroviaire de Lac Bleu-Mitholz : le dépôt de munitions qui a explosé comprend huit magasins, dont trois au moins ont sauté. 

 

Près de la moitié des 7000 tonnes brutes de munitions entreposées sous terre volent en éclats. Dans un chaos apocalyptique, elles provoquent ainsi l’effondrement d’un pan de la montagne et délogent environ 250 000 mètres cubes de roche.

Après une nuit d’épouvante, l’ampleur du désastre se précise dès le lendemain matin : neuf morts, sept blessés et 200 personnes sont sans abri. Les dégâts sont considérables et le village de Mitholz n’est plus qu’un amas de ruines avec des dégâts abyssaux.

Ce drame survient six ans après l’explosion à Chillon – le 25 septembre 1941-, puis un an et demi plus tard après l’explosion du fort de Dailly à Saint-Maurice – le 28 mai 1946-, causant la mort de dix ouvriers.

Aujourd’hui, Mitholz est un village qui compte 120 habitants. Il fait partie de la municipalité de Kandergrund, sur la route de Frutigen à Kandersteg, à 7 kilomètres de la station de Frutigen sur la ligne Spiez-Frutigen.

Cette catastrophe a longtemps été considérée comme la plus grande explosion non nucléaire du monde. Toutefois, pendant des décennies, le danger a été sous-estimé et une évaluation réalisée en 2018 a conclu que les résidus de munitions déversés pourraient provoquer une nouvelle explosion aux conséquences dévastatrices.

Une population dont le cœur bat très fort, inquiète à juste titre, car la situation est d’autant plus grave qu’il se trouve encore près de 3.500 tonnes brutes de munitions, dans les décombres de l’installation et dans les éboulis.

Mitholz
Une photo légendée parue à la une du “journal de Genève”, le 27 décembre 1947, ©LeTempsArchives.ch

Et comme si cela ne suffisait pas, les habitants doivent quitter leur maison pendant une dizaine d’années, à cause de ce dépôt enfoui dans la montagne depuis la Seconde Guerre mondiale qui est jugé encore dangereux : le coût de l’assainissement du site devrait dépasser le milliard de francs.

Enfin, pour couronner le tout, s’y ajoutent des centaines de tonnes de boues contaminées qui ont été déversées dans la carrière de la commune, dont certaines semblent contenir des substances toxiques.

Depuis lors, d’autres explosions ont eu lieu, à l’instar de Göschenen : le 18 août 1948, à 11 heures, un incendie se déclare dans un tunnel de munitions. Et le dernier en date remonte à 1992, au col de Susten : une explosion de plusieurs centaines de tonnes de munitions survient dans l’entrepôt de Steingletscher, six personnes y perdent la vie.

Seulement voilà, après ces événements tragiques, la Confédération autorise l’armée à abandonner le matériel produit pendant la Seconde Guerre mondiale, et ce, jusqu’en 1962 . Celle-ci jette son dévolu dans les lacs suivants : lac de Thoune, lac de Brienz, lac des Quatre-cantons, lac Léman, lac de Zurich, lac de Walenstadt et le Rotsee (Charrière, 2019)

En outre, ce ne sont pas moins de 8000 à 9000 tonnes de munitions qui gisent au fond des lacs suisses.

Les lacs ont servi de poubelle à munitions à toutes les armées, mais quel est véritablement l’impact sur l’environnement de cette poudrière subaquatique?

S. K

 

 

 

Bibliographie

Amt für Abfall, Wasser, Energie und Luft (AWEL) (2005). Munitionsablagerungen im Zürichsee : Historische Untersuchung und Risikoabschätzung, Baudirektion Kanton Zürich, Zürich.

Archives Département de justice et police et des transports de la République et canton de Genève (DJPT), République et canton de Genève – Dossier “Munitions immergées dans le Léman”, 1996 – DJP/329, Dossier ND/mg, n° 55424.

Bahrig, B. & Gruber, C. (2004). Historische Abklärungen zu Ablagerungen und Munitionsversenkungen in Schweizer Seen  Los 4 : Deutschschweiz Ost, AG Büro Konstanz und Ökogeo AG, für das Eidgenössische Departement für Verteidigung, Bevölkerungsschutz und Sport (VBS/DDPS), Bern.

Barthe, Y. (2006). Le pouvoir d’indécision. La mise en politique des déchets nucléaires, Paris, Economica.

Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS). Monitorage des substances explosives en 2019 : aucun impact négatif des munitions sur l’eau des lacs (19.05.2020), en ligne (consulté le 12.12.2020).

Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) (2004). Étude historique concernant le dépôt et l’immersion de munitions dans les lacs suisses  Résumé, Berne.

Duca Widmer, M., Scerpella, D. & Panizza, A. (2004). Indagine storica Depositi ed immersioni di munizioni nei laghi svizzeri  Lotto 3 : Svizzera italiana, Eco Risana SA, per il Dipartimento federale della difesa, della protezione della popolazione e dello sport (DDPS), Berna.

Charrière, E. (2019). Le dépôt des munitions dans les lacs suisses : de l’oubli à une gestion raisonnée. Thèse, sous la direction du Prof. Rémi Baudouï et du Prof. Emmanuel Garnier. Faculté des sciences de la société, Université de Genève.

Conseil d’État de la République et canton de Genève (2019). “Munitions dans le Léman : ‘Circulez, il n’y a rien à voir !’ Vraiment ? Épisode 2 : Instruction imparfaite du dossier ou mensonge en toute connaissance de cause“, Question 1194-A, en ligne (consulté le 17.12.2020).

Conseil d’État de la République et canton de Genève (2017). “Réponse à la question écrite urgente de Mme Salima Moyard : Munitions dans le Léman : ‘Circulez, il n’y a rien à voir !’ Vraiment ?“, Question 642-A, en ligne (consulté le 10.06.2018).

Gächter, D., Cervera, G. & Dériaz, C. (2004). Investigations historiques relatives aux dépôts et aux immersions de munitions dans les lacs suisses  Lot 1 : Suisse Romande, Géotechnique appliquée Dériaz SA, pour le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS/VBS), Berne.

Office cantonal de l’énergie (OCEN), 2020. Plan directeur de l’énergie 2020-2030. Département du territoire, République et canton de Genève, Genève.

Porta, R. & Willi, R. (2004). Historische Abklärungen zu Ablagerungen und Munitions-versenkungen in Schweizer Seen – Los 2 : Deutschschweiz West, ohne Berner Oberland, Hugger & Porta + Partner, für das Eidgenössische Departement für Verteidigung, Bevölkerungsschutz und Sport (VBS/DDPS), Bern.

Radio Télévision Suisse (RTS) : Reportage “Dans la zone de tir de Forel, il n’y a pas un mètre carré sans munition“, 6 août 2020, en ligne (consulté le 12.12.2020).

Schenker, F., Lancini, A. & van Stuijvenberg, J. (2012). Militärische Munitionsversenkungen in Schweizer Seen  Umfassende Gefährdungsabschätzung ergänzt mit Abklärungen zur Herkunft von Spurenbelastungen durch Explosivstoffe, Schenker, Korner & Partner GmbH und Arge Stuijvenberg, für das Eidgenössische Departement für Verteidigung, Bevölkerungsschutz und Sport (VBS/DDPS) & Umweltfachstellen der Kantone Bern, Luzern, Nidwalden, Schwyz und Uri, Bern.

Schenker, F. & van Stuijvenberg, J. (2004). Historische Abklärungen zu Ablagerungen und Munitions-versenkungen in Schweizer Seen  Los 5 Ost : Kanton Uri, Schenker, Korner & Partner GmbH und Arge Stuijvenberg, für das Eidgenössische Departement für Verteidigung, Bevölkerungsschutz und Sport (VBS/DDPS), Bern.

Schenker, F. & Werthmüller, S. (2020). Militärische Munitionsversenkungen in Schweizer Seen  Bericht zum Explosivstoffmonitoring 2019 mit Vergleich zu den Messungen 2009, Geologische Beratungen Schenker Richter Graf AG, für das Eidgenössische Departement für Verteidigung, Bevölkerungsschutz und Sport (VBS/DDPS) & Umweltfachstellen der Kantone Bern, Luzern, Nidwalden, Schwyz und Uri, Bern.

Schenker, F. & Werthmüller, S. (2017). Militärische Munitionsversenkungen in Schweizer Seen  Explosivstoffmonitoring 2012-2016, Geologische Beratungen Schenker, für das Eidgenössische Departement für Verteidigung, Bevölkerungsschutz und Sport (VBS/DDPS) & Umweltfachstellen der Kantone Bern, Luzern, Nidwalden, Schwyz und Uri, Bern.

van Stuijvenberg, J. & Schenker, F. (2004). Historische Abklärungen zu Ablagerungen und Munitions-versenkungen in Schweizer Seen  Los 5 West : Berner Oberland, Arge Stuijvenberg und Schenker, Korner & Partner GmbH, für das Eidgenössische Departement für Verteidigung, Bevölkerungsschutz und Sport (VBS/DDPS), Bern.

van Stuijvenberg, J., Schenker, F. & Lancini, A. (2005). Gefährdungsabschätzung zu militärischen Munitionsversenkungen in Schweizer Seen ; Zusammenstellung aller verfügbaren Daten bezüglich Brienzer-, Thuner- und Urnersee, sowie für das Gersauerbecken des Vierwaldstättersees, Arge Stuijvenberg und Schenker, Korner & Partner GmbH, für das Eidgenössische Departement für Verteidigung, Bevölkerungsschutz und Sport (VBS/DDPS), Ostermundigen/Meggen.

Nicolas Rey, jeune auteur corse

Nicolas Rey, auteur Corse originaire de Porto-Vecchio, sort son premier roman : Utah

Utah est un recueil de nouvelles très réussi, à la fois sensible et espiègle sur la nature humaine. Un coup d’éclat remarqué d’emblée puisque le texte de Nicolas Rey, né à Porto-Vecchio en 1988, a su séduire la nouvelle maison d’édition corse, Òmara Editions, créée en août 2021.

 

Nicolas Rey. Naissance d’un jeune auteur corse.

Ce jeune auteur corse a publié son premier livre qui regroupe dix textes d’une quinzaine de pages. Les critiques font bon accueil à la langue précise et imagée de ce « primo-romancier ».

Titulaire d’une licence de sociologie à L’Université d’Aix-en-Provence et d’un Master démographie et anthropologie à l’Université de Paris, Nicolas Rey est d’une humilité confondante.

Même si son engouement pour l’écriture remonte à un voyage d’étude en Bolivie, sans faire le tour des points d’ancrage de l’influence des œuvres littéraires, celui-ci a été marqué par la lecture de Carnets de voyage d’Ernesto Guevara, dit le Che, ainsi que par l’écrivain de l’État de Washington, Lance Weller, qui a écrit sur les blessures toujours mal cicatrisées de son pays, hanté par la violence de ses mythes fondateurs.

Nicolas Rey, Porto-Vecchio
UTAH, Nicolas Rey, édition Corse Omara, 2021

Rien ici de l’ordonnancement chronologique, ni de la disposition thématique ; ainsi le schéma traditionnel d’un récit linéaire va à l’encontre des intentions de l’auteur.

Et lorsque tous les repères se perdent, que la réalité devient si improbable que même le langage fait défaut pour en rendre compte, Nicolas Rey, avec un mélange de force bouillonnante et de gravité, creuse un certain nombre de questions centrales sur notre temps et notre monde.

D’une manière exaltée et envoûtante, l’auteur questionne la guerre, la violence et la mort, en portant un regard critique sur la société qui nous entoure, envisagée avec l’espoir de faire réagir ses lecteurs.

Ses chevauchées en revanche, ne piétinent jamais la beauté du monde naturel. C’est ce que nous rappelle ce premier récit touchant et vibrant, de Nicolas Rey, qui déjoue les clichés et emploie ainsi la fulgurance de la poésie dans une langue courageuse et d’une sombre beauté.

Cette rencontre esquisse les contours de fictions aux sources d’inspiration variées puisant dans le réel et ses fresques historiques galopent à travers la grande histoire, que ce soit la conquête de l’Ouest ou la guerre de Sécession, tout en nous faisant voyager dans des petits mondes singuliers. C’est un livre conçu comme un trousseau de clefs pour ouvrir les portes d’une manière poétique et philosophique.

C’est un recueil à la fois mélancolique et joyeux sur la vie et un livre remarqué à juste titre, car les mots de l’auteur invitent dès le premier chapitre à prendre place hors des sentiers battus. L’écriture témoigne d’un regard singulier, avec l’ironie à fleur de peau, sans jamais oublier la flamboyance de l’instant.

Nicolas Rey
Nicolas Rey, Porto-Vecchio, Crédit photo : N. Rey.

À l’ère de l’individualisme triomphant, la réflexion de Nicolas Rey est élaborée avec le plus grand soin : il ose parler de la fragmentation du monde et porte une vision réaliste et brute de la condition sociale. Il dépeint un monde sans idéal et porte un regard critique sur la société aux couleurs de la Comédie humaine.

C’est sans doute cette sensibilité au regard oblique sur la vérité qui donne à l’écriture de Nicolas Rey, sa dimension littéraire.

S. K

 

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Ranz des vaches, Serge Kurschat

L’histoire très profonde du Ranz des vaches ou Lyoba

Selon le Littré, le terme ranz des vaches, qualifie des airs suisses ayant un caractère particulier, que les bergers et les bouviers jouent sur leur cornemuse en gardant leurs troupeaux dans les montagnes et qui se répercutent de montagnes en montagnes par le phénomène d’écho.

 

Ce chant traditionnel n’est pas d’origine gruérienne, ni même fribourgeoise. C’est est en effet dans une chanson zurichoise datant de 1531, que le mot Kuoreien (Kuhreihen signifie Ranz des vaches) est mentionné pour la première fois. Dans un ouvrage allemand de 1545, on trouve également un air intitulé Appenzeller Kureien Lobe Lobe. Quand on parle du Ranz des vaches, on pense Fribourg, toutefois c’est un chant plus ancien que la version gruérienne, que l’on connaît en suisse alémanique et il y a des ranz des vaches appenzellois et bernois plus anciens que celui de Fribourg.

Ce chant dont la mélodie est empreinte de nostalgie, est dénoté par Jean-Jacques Rousseau en 1767, qui écrit à son propos :

Cet Air fi chéri des Suiffes qu’il fut défendu fous peine de mort de le jouer dans leurs Troupes, parce qu’il faifoit fondre en larmes, deferter ou mourir ceux qui l’entendoient, tant il excitoit en eux l’ardent defir de revoir leur pays[1].

Les mercenaires suisses, les meilleurs soldats de Louis XIV (1638-1715), dit le « Roi-Soleil », présentaient les symptômes d’un mal étrange et désertaient les champs de bataille pour aller rejoindre leur famille quand ils entendaient cette ode. Aussi, le soldat qui jouait ou chantait ce chant était passible de la peine de mort.

C’est en 1688, que Johannes Hofer, un jeune étudiant de la faculté de médecine de Bâle, décrivit pour la première fois une maladie proche de la mélancolie, dont les symptômes étaient fièvre, pouls irrégulier, langueur et maux de ventre. Hofer baptisa cette maladie nostalgia, ou « mal du pays » (Heimweh) qui frappait seulement les mercenaires suisses, qui avaient quitté leurs alpages pour se mettre au service d’une puissance étrangère. C’est à ce moment que l’on situe l’origine du mot nostalgie.

Si le Ranz des vaches est devenu un véritable archétype gruérien, c’est grâce à un vaudois, le pasteur Bridel qui publie en 1813, la partition et les paroles en patois et en français, du chant. L’abbé Joseph Bovet publie le Ranz des vaches en 1911, sous le titre Les armaillis des Colombettes. Le compositeur fribourgeois en a proposé une version harmonisée, largement diffusée tout au long du XXe siècle.

Repris dans les grandes fêtes populaires, il est associé à la Fête des Vignerons de Vevey dès 1819.

Lors de la Fête des vignerons de Vevey en 1977, Bernard Romanens, celui que l’on surnommait le ténor de Marsens, se fait connaître lors de son interprétation du Ranz des vaches. Il devient alors la représentation personnifiée du paysan suisse d’alpage.

 

 

[1] Jean-Jacques Rousseau, Dictionnaire de Musique, Chez la veuve Duchesne, Libraire, rue D. Jacques, au temple du Goût, 1768, pp. 1-2.

PHOTO : DR

Sources et références :

Gustave Adolphe Kölla (Hg.), Schweizer Liederbuch. Sammlung der schönsten Volks-, Berg- und Vaterlandslieder der deutschen, französischen und romanischen Schweiz. 3. Aufl., Zürich/Leipzig 1892.

Guy S. Mettraux [sic], Anne Philipona; iconographie réunie par Isabelle Arn et Manuel Dupertuis, Le ranz des vaches: du chant des bergers à l’hymne patriotique. Ed. Ides et Calendes, Neuchâtel 2019. Réédition revue et augmentée de l’ouvrage de Guy S. Metraux paru en 1998.

Ponchardier

L’histoire authentique des mythiques Commandos de Ponchardier, par Michel Zannelli

Pour plonger dans le monde de la guerre d’Indochine (1946-1954), Michel Zannelli convoque la figure du ” baroudeur ” légendaire qu’incarnait le contre-amiral Pierre Ponchardier, né à Saint-Étienne le 4 octobre 1909 et mort au Sénégal le 27 janvier 1961, dans un accident d’avion.

 

L’essai historique de Michel Zannelli “Les commandos de Ponchardier à la vie à la mort : L’Indochine aventure de notre jeunesse 1945-1946” est précieux, en ce sens que le récit est basé sur des documents originaux qui n’avaient jamais été exploités auparavant.

L’auteur questionne les documents de façon critique s’il le faut : son éclairage remet en question un certain nombre d’idées reçues sur la formation du commando, et les éclaire d’une lumière plus généreuse. L’une des forces de cette étude est justement de valoriser des documents d’histoire inédits, endormis entre autres dans les archives.

Le cœur de l’ouvrage est constitué par la personnalité du résistant et contre-amiral français, Pierre Ponchardier, du nom d’un commando parachutiste créé au sein de l’aéronavale en 1945. Le portrait s’avère double, à la fois statique et dynamique, l’auteur ayant pris soin de construire son étude en deux parties.

Serge Kurschat- Michel Zannelli
Les commandos de Ponchardier à la vie à la mort: L’Indochine aventure de notre jeunesse 1945-1946. Auteur Michel Zannelli.

Dans un style limpide, il parvient à capter à la fois les désarrois et les errances, mais aussi la souveraineté magique et insolente de Ponchardier, dit le «Ponch», marquant la personnalité exceptionnelle de ce grand marin, attaché indéfectiblement à ses hommes.

Au sein de l’Armée française, le commando Ponchardier est une unité constituée par l’amiral Henry Nomy à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Le bataillon, initialement destiné à intervenir au Japon au sein du CLI (5e RIC) – Le 4 novembre 1943, pour répondre à l’organisation d’une résistance militaire en Indochine, le général de Gaulle décide de créer un «Corps Léger d’Intervention»-, contre les Japonais, est engagé contre le Viet-Minh dans la région de Saigon de fin 1945 à mi 1946.

C’est précisément à Saigon qu’arrive le père de Michel Zannelli en octobre 1945 où il participe à la campagne dans le Sud Cochinchinois.

Ponchardier, accompagné d’un officier britannique, passe les troupes en revue. Crédit photo Michel Zannelli.

Le temps enfui et rassis est apprêté par Michel Zannelli qui sait lui rendre son immédiateté, ses saveurs et sa profondeur.

Afin de mieux suivre les volutes émotionnelles labourant les différents personnages de son livre, Michel Zannelli, par éclats de souvenirs, par associations d’idées et digressions multiples, renverse un grand nombre de stéréotypes que nous avons sur cette période.

Sans vouloir en déflorer le sens et la profondeur, sa principale originalité est de déjouer les clichés afin de s’éloigner des mythes et des légendes, le tout, dans le respect des traditions et de l’authenticité des récits.

Ce brillant essai, est un bijou de 256 pages par sa qualité d’écriture, dans une langue courageuse et d’une sombre beauté. sans se payer de mots ni d’illusions, l’auteur nous emmène dans son monde et arpente cette période avec la fluidité d’un roman et l’érudition mordante d’un grand historien.

 

Photo de couverture : le lieutenant de vaisseau Pierre Ponchardier, commandant l’escadrille 1B (1940-1942). Crédit photo Michel Zannelli.

La Voie de l’inconscient, parcours commando : court-métrage

Ce court métrage sur la Voie de l’inconscient est un devoir de mémoire.

C’est un devoir envers les véritables fondateurs de ce mythique parcours, qui sont cinq commandos marine et envers l’histoire. Ce parcours commando est un héritage à ne pas galvauder, mais à respecter et à transmettre.

Ce court-métrage est une lutte contre l’oubli et l’erreur, à l’instar des journalistes de l’AFP (Agence France Presse) qui ont écrit en 2021, que la Voie de l’inconscient avait été créée par la Légion étrangère.

Unique au monde, ce parcours d’escalade a permis à plus de 50 000 militaires français et étrangers de se former à l’entraînement et à l’aguerrissement au combat en zone désertique avant d’être envoyés sur les différents théâtres d’opérations extérieurs.

L’interview a été réalisée en Suisse, au bord du lac de la Gruyère.

http://https://www.youtube.com/watch?v=SseB_SJD6eU

 

Crédit photo : Jeff