L’UDC Vaud soutient Eveline Widmer-Schlumpf

Hier soir, les délégués de l’UDC Vaud ont décidé de ne pas soutenir le PLR Olivier Français pour le second tour du Conseil aux Etats qui l’opposera au ticket rose-vert composé de Géraldine Savary et de Luc Recordon.

Cette décision est étonnante et cocasse à la fois.

Etonnante, dans la mesure où l’on sait que l’élection ou la non réélection d’Eveline Widmer-Schlumpf au Conseil fédéral et la nomination d’un second membre de l’UDC au gouvernement se jouera dans un mouchoir de poche. Pour que l’UDC arrive à ses fins, il est fondamental que le maximum de conseillers aux Etats de droite soit élu au second tour. Or, en privant Olivier Français de son soutien, l’UDC diminue ses chances d’être élu.

Cocasse, car en refusant de soutenir Olivier Français, l’UDC fait le jeu de Luc Recordon qui a été l’un des grands artisans de la non réélection de Christoph Blocher.

Outre les rancœurs, cette attitude trouve peut-être sa source, dans le fait que Fathi Derder, le vienne ensuite PLR qui remplacerait Olivier Français au Conseil national en cas d’élection de ce dernier au Conseil aux Etats, n’a pas le profil souhaité…

C’est où Bruxelles ?

La première constatation qui s’impose, malheureusement, après le verdict des élections fédérales est que le vote du 9 février 2014 n’était pas un accident. La montée en puissance de l’UDC doit être ressentie comme une douche froide par tous ceux qui pensaient qu’il suffirait de revoter.

Depuis le 9 février, de nombreux milieux politiques et économiques considéraient, inconsciemment, que le peuple suisse ne sacrifierait pas les relations bilatérales si la question lui était clairement et franchement posée. Par conséquent, le scénario consistant à ce que nos concitoyens exigent une application stricte de l’initiative « contre l’immigration de masse » et refusent tout accord institutionnel, n’était considéré que comme hypothétique. Aujourd’hui, il doit être pris en considération comme un scénario possible. En effet, Bruxelles paraît s’éloigner de plus en plus dans l’esprit des Helvètes.

Durant cette législature, il sera fondamental que le PLR fasse preuve d’une très grande responsabilité, ce dont je ne doute pas. En effet, lui seul pourra, en tout cas au parlement, bloquer les projets de l’UDC de nature à mettre en péril l’économie suisse.

La douleur sans nom

Un de mes amis a perdu il y a quelques jours son fils âgé de 24 ans.

La langue française dénomme orphelin celui qui a perdu son ou ses parents et veuf l’homme dont l’épouse est décédée. Les mêmes mots se déclinent au féminin. Or, aucun terme ne désigne celle ou celui qui a perdu son enfant. La douleur est peut-être trop grande pour que les mots puissent la qualifier.

Comme l’écrivait Victor Hugo, faire des enfants, c’est donner des otages au destin.

Ciao Raffaele

Falciani : traître et lâche

Falciani est un traître. On le savait, puisqu’il a trahi ses employeurs en vendant les clients d’HSBC.

Falciani est un lâche. On pouvait s’en douter, mais on en a la confirmation. En effet, à l’heure des explications, il préfère se dérober…

Le cas Falciani démontre à quel point il est faux de porter aux nues ces soi-disant donneurs d’alerte qui sont, le plus souvent, que de vils personnages en mal d’argent, de reconnaissance ou de publicité.  Ceux qui ont érigé ces personnages en demi-dieux, aveuglés par leur haine des milieux financiers, se rendront compte un jour qu’ils ont créé un type de héros reposant sur les pires comportements humains, soit, la délation, la dénonciation et la trahison. Quelle que soit la cause défendue, ces attitudes sont immondes et hideuses.

Un jour viendra où ces sinistres individus dénonceront d’autres types de personnes… Ce jour-là les milieux qui ont encensé Falciani s’en mordront les doigts.

Il sera peut-être trop tard…

Les autorités prêchent et pêchent

Le vendredi 13 mars 2009, le Conseil fédéral a décidé d’appliquer sans réserve l’article 26 du Modèle de Convention OCDE. Dans un premier temps, la conséquence a été l’introduction de l’assistance administrative individuelle à la demande. En juillet 2012, l’OCDE a modifié son commentaire de l’article 26 en spécifiant que cette disposition autorisait non seulement l’assistance individuelle, mais également l’assistance groupée. Ces deux formes sont fondamentalement différentes dans la mesure où, dans le premier cas, l’Etat requérant demande des informations sur une personne déterminée, alors que dans le second, la demande porte sur un groupe de personnes ayant eu un modèle de comportement identique.

Le Conseil fédéral a prêché auprès du parlement afin que ce dernier accepte d’introduire cette nouvelle forme d’échange d’informations dans la législation fédérale. Dans son rôle de prédicateur, notre gouvernement n’a cessé d’affirmer, alors que d’aucuns prétendaient que ces deux notions étaient synonymes, que l’assistance administrative groupée n’avait rien à voir avec la pêche aux renseignements.

Or, en entrant en matière le 22 septembre 2015 sur une demande d’assistance administrative groupée présentée par les Pays-Bas, l’Administration fédérale des contributions aide cet Etat à pêcher des renseignements. En effet, cette demande vise toutes les personnes domiciliées en Hollande qui avaient un compte à l’UBS entre le 1er février 2013 et le 31 décembre 2014 et qui ne l’ont pas déclaré dans leur Etat de domicile. Ce n’est pas parce que seuls les titulaires de compte à l’UBS sont visés qu’il ne s’agit pas d’une pêche aux renseignements. Il suffira par la suite de déposer d’autres demandes pour chacune des grandes banques helvétiques.

Les autorités fédérales ont pêché dans la mesure où les unes ont fait exactement ce que les autres avaient promis de ne pas faire. Ceci est grave, non seulement pour notre place financière, mais surtout pour notre système politique. En effet, si le Conseil fédéral fait des promesses que son administration viole, cela rendra très difficile à l’avenir, non seulement dans le domaine économique et financier, à notre gouvernement de faire passer des lois au parlement.

Pour cette raison, il est fondamental de saisir les autorités judiciaires compétentes afin de rectifier les errements de nos autorités. Pour l’avenir, l’heure de la confession a sonné…

Comment lutter contre l’UDC en matière de politique migratoire ?

La politique migratoire de la Suisse comporte trois volets : l’asile, l’immigration des Européens et celle des ressortissants d’Etats tiers.

Si l’on observe le discours de l’UDC, ce parti parle uniquement de l’asile et de la libre circulation des personnes applicable aux Européens.

Les raisons principales de cette omission sont au nombre de trois.

Tout d’abord, parler de la question de la politique d’immigration de la Suisse à l’égard des ressortissants d’Etats tiers forcerait l’UDC à avouer que notre pays mène depuis des décennies, bien avant que l’UDC ne devienne blochérienne, une politique très stricte en la matière. En effet, cette politique repose sur la notion de contingents, sur la priorité aux personnes se trouvant déjà sur le marché helvétique du travail et sur l’octroi des permis en fonction des critères économiques.

En second lieu, en se concentrant sur la question de la libre circulation des personnes applicable aux Européens, l’UDC fait un lien entre la peur de l’immigration et l’europhobie qui a été le fondement du cocktail qui a explosé le 9 février 2014 à la figure de nous tous, notamment à celle des milieux économiques. 

Enfin, en omettant de dire que la Suisse mène une politique très stricte à l’égard des ressortissants d’Etats tiers, cela permet à l’UDC de créer un faux lien entre les problèmes liés à l’immigration que connaissent certains de nos Etats voisins et l’asile, alors que ces problèmes ne sont pas liés aux requérants ou aux réfugiés. En effet, ces problèmes d’intégration que connaissent certains de nos Etats voisins sont liés à la politique migratoire laxiste qu’ils ont eue à l’égard des ressortissants non européens, et non pas à leur politique en matière d’asile.

Dans ces conditions, l’un des moyens les plus importants pour contrer la politique prônée par l’UDC en matière d’immigration est d’expliquer à nos concitoyens que la Suisse mène et a toujours mené une politique restrictive à l’égard des ressortissants d’Etats tiers ce qui explique pourquoi nous n’avons pas les problèmes que certains de nos voisins connaissent. Il importe de préciser que cette politique ne doit absolument rien à l’UDC. Il est loisible de se demander pourquoi les acteurs politiques ne tiennent pas ce discours. A mon avis, ceci s’explique notamment, outre la méconnaissance, par le fait que certains politiciens avaient honte, dans les années 90, à l’heure où la notion de « citoyen du monde » était reine, de défendre cette politique. Malheureusement, à force de ne pas l’assumer, ils ont laissé le champ libre à l’UDC. La Suisse ne doit absolument pas se culpabiliser en raison de cette politique. En effet, elle n’a jamais eu de colonies, et n’est, par conséquent, pas redevable à l’égard d’anciennes populations colonisées. De même, dans les années 70, où il aurait été avantageux, sur le plan économique, de recruter dans des pays dits, à l’époque, de recrutements non traditionnels, la Suisse ne l’a pas fait.

Afin de lutter contre l’UDC en matière d’immigration, il est fondamental de sécuriser le peuple suisse en lui expliquant que la Suisse maîtrise l’immigration à l’égard des ressortissants d’Etats tiers et que l’arrivée de réfugiés n’est absolument pas la cause des problèmes d’intégration que connaissent certains de nos Etats voisins.

Bertrand Piccard, notre très (trop ?) cher ambassadeur

Suite à l’intervention de certains parlementaires qui s’étonnaient de voir la Confédération soutenir financièrement les projets de Bertrand Piccard et du peu de cas que faisait ce dernier de la promotion de notre pays, le Conseil fédéral a décidé le 13 février 2013 de poursuivre son soutien financier contre l’engagement de Bertrand Piccard de mieux mettre en valeur la Suisse. Le titre de la dépêche de l’ATS était « Berne formalise son soutien et recevra la monnaie de sa pièce ».

Mis à part les activités de Présence Suisse, les représentants permanents de notre pays à l’étranger sont les ambassades et les chambres de commerce. Alors que les ambassadeurs changent tous les quatre ans, ces dernières ont l’avantage de la pérennité.

Depuis 2007, je préside la Chambre de Commerce Suisse pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg fondée en 1898 dont le siège est à Bruxelles. Elle a comme vocation d’être une plateforme de rencontres des milieux belges, européens, luxembourgeois et suisses aussi bien dans les domaines économiques, politiques que culturels. Elle organise une dizaine d’événements par année et invite régulièrement des personnalités helvétiques afin de promouvoir notre pays en Belgique ou au Grand-Duché de Luxembourg. Parmi celles-ci, figurent notamment, Jean-Claude Biver, Jean-Pierre Danthine, Patrick Odier, Claude Nobs, Cornelio Sommaruga etc. Je tiens à préciser que toutes ces personnalités sont venues gratuitement sous réserve, pour certaines, de défraiement pour les frais de déplacement et de logement.

Ayant appris que Bertrand Piccard ferait une conférence, en compagnie de Jean-Pierre Clamadieu, à Bruxelles le 23 novembre au soir dans le cadre des Grandes Conférences Catholiques, je lui ai adressé un email le 17 juillet lui demandant s’il accepterait d’être l’orateur de notre chambre de commerce soit le 23 novembre à midi, soit le lendemain, vu qu’il se trouvait déjà en Belgique.

Comptant sur le patriotisme de Bertrand Piccard et me rappelant les engagements qu’il avait pris en février 2013, quelle ne fut pas ma surprise de recevoir en guise de réponse l’email suivant signé par son assistant, Alain Pirlot:

« Cher Monsieur, Merci pour votre demande. La seule possibilité serait le déjeuner du 23 novembre. Les honoraires de M. Piccard sont de 30000 CHF, plus tous frais payés. Dans l’éventualité de votre volonté de poursuivre, auriez-vous l’amabilité de remplir le formulaire joint ? Par avance merci. Bien à Vous »

Sans me prononcer sur le bien-fondé du montant de ses honoraires qui toutefois traduisent une certaine idée de soi-même lorsque Bertrand Piccard vend ses services à des entreprises, je les trouve choquants, voire inadmissibles, lorsqu’il est invité à parler dans le cadre d’une chambre de commerce suisse à l’étranger. Tout d’abord, bien que ces chambres de commerce ne dépendent pas formellement de la Confédération, elles en sont l’un des représentants informels. Il s’agit de la tribune par excellence pour promouvoir l’image de la Suisse. D’autre part, ces chambres de commerce qui, depuis le début des années 2000, ne reçoivent plus de subsides de la Confédération vivent grâce au travail bénévole de certains membres, aux cotisations et aux dons. Enfin, et surtout, l’attitude de Bertrand Piccard ne me paraît pas conforme à l’idée que l’on se fait d’une personne qui en contrepartie de l’argent public qu’elle reçoit s’engage à promouvoir l’image de son pays. Il importe de rappeler que Bertrand Piccard se trouvera déjà à Bruxelles le 23 novembre où il donnera déjà une conférence. Cela signifie que donner une conférence le lundi 23 novembre à midi ne lui aurait engendré aucun frais et lui aurait pris environ 2 heures de son temps. Partant de l’idée qu’il ne demande pas moins d’argent aux Grandes Conférences Catholiques qu’à la chambre de commerce représentant son pays, la journée du 23 novembre lui aurait, pour deux conférences, rapporté CHF 60'000.-…

Cher Bertrand Piccard, votre avion étant cloué au sol pendant six mois, je vous propose de saisir cette occasion pour redescendre également sur terre…

Banques et politique : une relation à reconstruire

La place financière helvétique a besoin du monde politique suisse pour lui garantir des conditions-cadres attractives, aussi bien sur le plan interne qu’international, et la politique helvétique ne peut pas être déconnectée de l’un des secteurs économiques les plus importants pour notre pays.

Durant de nombreuses années, cette relation reposait sur deux piliers : la grande majorité de nos concitoyens de notre pays et de nos élus considérait que ce qui était bon pour les banques helvétiques était bon pour la Suisse ; les milieux bancaires pouvaient compter sur un soutien sans faille de la part des partis de droite et du centre.

Or, si l’on fait le bilan de ces dernières années des relations politico-bancaires, il y a lieu de constater qu’il est négatif. En effet, le citoyen suisse ne s’assimile absolument plus avec ses banques et ces dernières n’ont plus de réels relais politiques.

Les causes de la détérioration des ces relations sont les suivantes. Premièrement, et celles-ci sont des causes qui n’ont rien à voir avec la Suisse, l’image mondiale du secteur bancaire n’est plus ce qu’elle était, notamment en raison de la crise économique, des scandales financiers et des rémunérations parfois exagérées des dirigeants. En second lieu, en emmenant dans leur giron un certain nombre de politiciens, les associations représentant les milieux bancaires ont commis une erreur historique en refusant de négocier l’abandon du secret bancaire contre l’accès à la libre circulation des services financiers et en s’entêtant dans la politique des accords Rubik. En faisant la politique de l’autruche, elles ont privilégié le court terme par une politique basée sur l’idée que chaque année gagnée était une année de bénéfice gagnée. Troisièmement, les milieux bancaires font preuve d’un grave déficit en matière de communication. En effet, alors qu’ils disent aujourd’hui exactement le contraire de ce qu’ils affirmaient avec la même assurance hier, ils sont incapables de reconnaître qu’ils se sont trompés. Ils se bornent à affirmer que leurs positions sont les mêmes, mais que seules les circonstances se sont modifiées. Enfin, le fait que le monde bancaire semble militer actuellement en faveur de l’abandon du secret bancaire pour les résidents helvétiques, crée un profond malaise. Alors que durant des années, les banquiers ont affirmé que la vraie raison du secret bancaire n’avait rien à voir avec la fiscalité, mais avec la protection de la sphère privée, le citoyen suisse a de la peine à comprendre pourquoi le secret bancaire serait abandonné à l’heure où Kafka semble être un enfant de cœur et où, de toute manière, les banques helvétiques ne voudront ou ne pourront légalement plus gérer de l’argent non déclaré.

Dans ces circonstances, vu notamment qu’un divorce serait très nuisible, il est important que le couple politico-bancaire se reprenne en main. Pour ce faire, nous proposons d’agir sur les axes suivants. Tout d’abord, il est important de recréer un climat de confiance entre les milieux bancaires et les partis de droite et du centre. En second lieu, pour que les parlementaires issus de ces derniers puissent être leurs pourparlers et que les citoyens les comprennent, il est fondamental que les milieux bancaires expliquent leur nouvelle politique et reconnaissent les erreurs qu’ils ont pu commettre par le passé. Enfin, et ceci ne concerne pas uniquement les milieux bancaires, mais les entreprises de manière générale, il est important qu’elles interviennent dans le débat politique non seulement pour défendre leurs propres intérêts, mais également pour préserver un modèle de société. En effet, comme le témoigne l’acceptation de l’initiative Minder ou celle « contre l’immigration de masse », leurs conditions-cadres peuvent être affectées par des décisions politiques s’inscrivant dans un cadre beaucoup plus large que le secteur auquel elles appartiennent.

Rétablir un climat de confiance entre les milieux bancaires, les politiciens de droite et du centre et les citoyens serait bon pour les banques et pour la Suisse.

Allez voir « Amy » !

Allez voir le documentaire réalisé par Asif Kapadia consacré à la vie d’Amy Winehouse.

Ce film est une immersion dans les profondeurs de la sensibilité et de la fragilité de l’être humain. Chacun reconnaîtra sans doute une partie de lui-même et de ses risques émotionnels potentiels dans la personnalité d’Amy.

Cette œuvre  dévoile également les extrêmes et les limites d’un être. Amy Winehouse incapable de chanter sur scène à Belgrade face à un public où l’on sent monter une certaine hostilité, c’est un peu comme si Roger Federer ne pouvait soudainement plus servir dans une finale du grand Chelem.

Amy c’est également une excellente publicité pour le documentaire qui a souvent été considéré comme le parent pauvre du cinéma. A ce sujet, il y a lieu de souligner que la canton de Vaud abrite de merveilleux festivals consacrés aux films documentaires (le Festival du Film des Diablerets et, surtout, Visions du Réel à Nyon).

Qui est sensible à la fragilité et aux extrêmes humains se doit d’aller voir « Amy ».

Grèce : victoire de la force et de la démocratie directe ?

Au-delà de la question de savoir quelle est la meilleure solution pour sauver la Grèce, l’attitude d’Aléxis Tsípras consistant à organiser un référendum et l’acceptation de ce dernier par plus de 60% de la population grecque suscite deux questions auxquelles les jours à venir devraient apporter des ébauches de réponse.

L’attitude du premier ministre grec qui parie sur le fait qu’aussi bien le FMI que l’Union européenne ne prendront pas le risque de laisser tomber la Grèce au risque de mettre en péril la zone-euro a franchi une étape supplémentaire sur l’échelle des rapports de force dans les relations diplomatiques entre Etats. Je dirai qu’il les a rendues brutales. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si la troïka aura le courage et/ou la témérité de renchérir ou si par sagesse et/ou prudence ils laisseront la Grèce gagner ce set, à défaut du match.

La seconde question consistera à déterminer quelle est l’importance donnée par l’Union européenne au fait que la position prônée par le gouvernement grec a été plébiscitée par plus de 60% de la population. Si la réponse devait être que ce facteur a joué un rôle déterminant, cela replacerait la démocratie directe au centre de la construction européenne et ne manquerait pas de donner des idées à d’autres Etats membres.

La réponse aux deux questions mentionnées ci-dessus ne manquera pas d’intérêt pour la Suisse. En effet, si notre pays devait observer que les rapports de force brutaux légitimés par une décision populaire sont une bonne tactique pour négocier avec l’Union européenne, le Conseil fédéral poussé par certain(s) parti(s) pourrait être tenté de durcir le ton avec Bruxelles concernant la mise en œuvre de l’initiative « contre l’immigration de masse ». Même si ce ne devait pas être la solution à adopter, elle mérite en tout cas d’y réfléchir. En effet, si la solution grecque est gagnante, pourquoi la décision du peuple grec du 5 juillet 2015 devrait être plus respectée que la décision du peuple suisse du 9 février 2014 ?

Affaire à suivre…