Interview du Dr Jérome Sobel

J’ai interviewé Jérome Sobel il y a 5 ans, en 2013.

Quelles sont les nouvelles de la Suisse ? Que pense-t-il de la situation en France ? Les réponses de notre ami…

Jérôme Sobel est assez optimiste. Il pense qu’une fois que nous aurons brisé le tabou, nous pourrons enfin parler de la mort comme d’un événement normal que l’on peut anticiper avec sérénité tant que l’on est encore lucide et capable de discernement.

Les Suisses ont brisé ce tabou et avancent à petits pas vers une plus grande auto-détermination des patients et une compréhension de plus en plus résolue de la part des médecins.

Il existe encore en Suisse des médecins qui s’opposent au suicide assisté ; mais il y en a de plus en plus qui acceptent de faire l’ordonnance pour un produit létal. L’accompagnement n’est plus un problème ni dans les hôpitaux ni dans les maisons de retraite.

En France, nous n’osons parler que de grands malades en phase terminale de maladies incurables, de « longues » maladies, et n’avons même pas la permission de les aider à mourir, à ne plus souffrir, à échapper à l’agonie et la déchéance qui précèdent toute fin. On peut les laisser mourir « sans obstination déraisonnable », dans le cas où le médecin accepte d’appliquer la loi du 22 avril 2005. On peut accélérer la survenance de leur mort en les privant de nourriture et d’hydratation. Mais on ne peut pas, lorsque la fin de vie est là, que le diagnostic de mort imminente a été posé, déclencher intentionnellement la fin d’une vie qui n’est plus de la survie, de manière humaine et rapide. Quelle hypocrisie !

Le docteur Sobel me confirme qu’un quart des personnes qui ont demandé un suicide assisté en 2013 sont des personnes atteintes des polypathologies invalidantes de la vieillesse. Des personnes arrivées au bout de leur chemin et qui ne veulent plus des souffrances du grand-âge, inapaisables.

En France, il faut vivre avec l’arthrose, il faut vivre avec la polyarthrite, il faut vivre avec l’incontinence, la surdité, la cécité. Vivre avec la volonté de ne plus vivre parce que le corps et l’esprit ne répondent plus. Ce ne sont certes pas, prises séparément, des affections graves et invalidantes. Mais ces affections sont les signes évidents et définitifs d’une vie de souffrances, de peines…

Jérôme me confirme également que les personnes qui font cette demande ne sont pas des personnes abandonnées de leurs proches. Parfois – rarement – cela peut arriver. Il y a alors une réponse psychologique, voire psychiatrique, qui est donnée à ces demandes. Dans la majorité des cas, les personnes qui font ces demandes, toujours graves, toujours murement réfléchies, sont des personnes entourées, qui aiment et sont aimées, qui ont une vie sociale riche, dévorent passionnément la vie mais ne veulent pas la subir lorsqu’elles l’ont dirigée.

En France, plutôt que d’écouter la seule personne concernée, c’est-à-dire le citoyen, le patient, le malade, la femme ou l’homme, ce sont les autres qui décident : le professeur de médecine, l’homme d’église, la famille, parfois pétrie de mauvaises intentions. Mais quelle absurdité ! Quel manque de respect ! Quelle lâcheté devant la seule certitude de notre vie qu’est notre finitude !

La médecine fait de plus en plus de progrès pour prolonger la durée de la vie. Parfois au détriment de la dignité, souvent au détriment de la liberté. Mais si on préfère la qualité de vie à la quantité de vie, on ne peut pas le dire. C’est tabou. Il faut subir ce principe : la vie serait sacrée…

L’ADMD Suisse Romande compte 18.500 membres, soit 1% de la population helvétique. 10% ont moins de 50 ans, 60% entre 50 et 75 ans et 30% plus de 75 ans.

Si 1% de la population française adhérait à notre ADMD, nous devrions avoir 650.000 adhérents.

Si nous pouvions aider et accompagner comme en Suisse, si nos compatriotes étaient plus attentifs à l’intérêt général, nous les aurions, ces 650.000 adhérents.

Mais nous n’avons pas encore brisé le tabou, voilà le grand problème. On ne dit pas la vérité aux patients atteints de maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson, Charcot etc). En Suisse, on ne leur ment ni sur le déroulement de leur maladie ni sur le pronostic – toujours fatal. Lorsqu’on sait que l’on est atteint d’une d’une telle maladie, on sait qu’il y aura une porte de sortie tant que l’on sera lucide et capable de discernement. Tant que l’on sera capable de communiquer avec nos amis, de reconnaître les membres de notre famille. Et c’est le patient qui décide, et pas les médecins ni les proches. La médecine doit être au service des patients et pas le contraire. Les proches ne doivent pas faire preuve d’égoïsme et accepter le départ de ceux qu’ils aiment.

En Suisse – n’en déplaise à nos détracteurs – comme dans les pays du Benelux qui ont légalisé l’euthanasie, les critères pour accéder à une aide active à mourir sont très rigoureux : il faut une lettre manuscrite du patient qui explique sa situation et une attestation du médecin traitant. Ce médecin traitant peut aussi faire l’ordonnance lui-même pour le produit létal et, s’il le désire, accompagner son patient jusqu’à la fin. S’il ne le désire pas, ce sont les accompagnants, formés, de l’association qui prennent le relai.

La méthode suisse est humaine et respectueuse de chacun. Des malades, bien sûr, mais également des soignants.

Le docteur Sobel décrit les quatre saisons de la vie et puis, en souriant, me dit : « Lorsque l’hiver arrive et que l’on sait qu’il n’y aura plus de printemps, on n’a peut-être pas envie d’avoir trop froid. »

Certains d’entre nous veulent vivre leur hiver jusqu’au bout en ayant même très froid. C’est très respectable. Mais d’autres, entre 1 et 2% de la population, préfèrent partir avant d’être frigorifiés. C’est tout aussi respectable. Ce doit devenir une liberté. Même s’il s’agit de l’ultime.

L’article 8 de la Convention européenne des Droits de l’Homme, s’il est respecté, garantit cette ultime liberté pour chacun de ses citoyens. Cependant, cette liberté ne peut être exercée sans aide.

Il existe un produit qui permet de partir en douceur et sans souffrir. Les médecins suisses peuvent le prescrire. Ils ne sont pas obligés de le faire. Ils agissent en leur âme et conscience.

A quand cette possibilité pour les médecins français ? Ce ne sera jamais une obligation pour quiconque, bien évidemment. Il faut simplement briser le tabou en France : désacraliser la vie et dédramatiser la mort. C’est ce qu’ont fait les Suisses depuis longtemps déjà.

Jacqueline Jencquel,

Jacqueline Jencquel

Jacqueline Jencquel

Jacqueline Jencquel est née en 1943 à Tien-Tsin en Chine. Elle milite pour le droit de mourir dans la dignité, notamment au sein de l’ADMD France. Dans ce cadre, elle a accompagné des dizaines de Français en Suisse pour leur permettre d’obtenir un suicide assisté. Dans ce blog elle évoquera l’expérience d’une vie entre plusieurs continents ainsi que le quotidien de son combat.

26 réponses à “Interview du Dr Jérome Sobel

  1. Belgique, Suisse, Pays-Bas … des sociétés certainement moins rétrogrades et moins frileuses que la France. L’ Hexagone est encore empreint de religiosité. Un jour peut-être arriverons-nous à une vraie liberté, à un choix de fin de vie respecté

  2. Merci Jacqueline, tout est dit, c’est si simple,
    et si compliqué par “les autres”.
    Je n’aurais pas mis de “e”, j’aurais mis un “s”:
    “” le professeur de médecine, l’homme d’église,
    la famille, parfois pétris de mauvaises intentions””.

    Fraternellement.

  3. J’aime beaucoup cette image du froid qui arrive. Alors avant de grelotter atrocement, pourquoi un médecin ne devrait-il pas vous tendre la main pour y échapper?

  4. Bonsoir,
    Pouvez-vous expliquer pourquoi Maria Pacôme n’a pu se rendre en Suisse pour accélérer son départ ? Son fils explique que c’était très, très compliqué. Qu’aurait-elle dû faire ?
    Comment devrait agir une dame habitant en France âgée de 90 ans souffrant de paraplégie, incontinence, surdité et bientôt cécité pour partir en douceur ?
    À vous lire.
    Cordialement.

    1. Pour pouvoir être aidé en Suisse en tant qu’ étranger , il
      faut avoir adhéré en amont , pendant qu’
      on est encore en forme . La Suisse ne peut prendre personne qui arrive sans avoir été adhérent. Il
      n’ y a pas en Suisse de ”
      tourisme de la mort ”
      La mort s’ apprivoise . Et en France , elle reste dans une zone tabou , donc on ne peut pas s’ y préparer comme des personnes adultes et éclairées .

    2. quand je parle ”
      d’ adhérer ”
      je parle des associations en Suisse qui aident les étrangers : Dignitas à Zurich , Lifecircle à Bâle et Ex International à Berne

  5. N’en pouvant plus d’avoir à supporter l’entretien du tabou de la fin de vie qui profite sûrement à certains, j’ai envoyé cette missive en réponse aux évêques.

    Novembre 2018 58 Av de Breteuil 75007 Paris

    Messieurs les évêques de France,

    En tapant ces mots « Evêques et Fin de vie » sur un moteur de recherche, voilà ce qui vous arrive : DECLARATION du jeudi 22 mars 2018, intitulée « FIN DE VIE : OUI A L’URGENCE DE LA FRATERNITE » .https://eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/textes-et-declarations/454305-fin-de-vie-oui-a-lurgence-de-fraternite/ . Tombée dessus par hasard, même si cela date un peu, j’ai envie de réagir. Aucun lobby ne me soutient, j’y réponds sans aucune pression :
    Autrefois les médecins et les curés étaient les seuls à avoir un mot à dire devant une grande souffrance. Le patraque lui, se contentait d’obéir aux ordres et de patienter, mais c’est du passé. Dans votre 2ème § vous parlez de compassion… J’exprime aussi la mienne en respect pour tous ceux qui souffrent, mais sans oublier tous les enfants victimes d’abus sexuels… Notons que ceux qui oublient ainsi l’éthique quand ça les arrange, n’ont pas trop leur place dans un débat justement d’Ethique. Ceci dit, à propos des Soins Palliatifs, oui c’est une bonne invention pour tout le monde. Pour les soignants qui on le suppose, espèrent pouvoir en bénéficier si leur tour venait un jour, et qui ont un travail, en attendant, des plus humains on peut le dire, car demandant beaucoup d’empathie. Une bonne invention aussi pour tous les malades qui n’ayant pas d’autres choix, souhaitent ainsi apaiser au moins certaines de leurs souffrances. Malheureusement ce n’est pas garanti que le nombre de ces unités augmentera beaucoup ces prochaines années. L’argent étant le nerf de la guerre, cela pourrait même aller decrescendo. Enfin, de là à avancer que c’est à cause des carences en SP que certains réclament le Droit au suicide assisté ou à l’euthanasie, la marche est haute. Ce n’est pas pour cette raison qu’on est POUR le Droit à l’aide médicale à mourir (AMM) comme en Belgique ou pour le Droit au suicide assisté comme en Suisse ! En 2018 nous ne sommes pas au Moyen-âge. Avec notre niveau de culture, comment peut-on s’opposer à cette Liberté de l’individu en souffrances inapaisables à son ressenti ? Par quel tour de passe-passe votre assemblée de chefs ecclésiastiques se retrouve-t-elle en accord parfait avec l’ordre des médecins ? Avec tous ceux en bonne santé je suppose, qui se voudraient tout puissants face à mes souffrances? C’est la question que je me pose. Je croyais qu’on ne pouvait s’opposer à cette ultime liberté que par ignorance du sujet ou par intérêt, mais ce n’est pas votre cas ? Le malheur des uns en fait chanter beaucoup d’autres, mais pas vous ? Que seraient devenus les apôtres du Jésus de notre catéchisme?
    Rapidement reprenons point par point votre déclaration :
    1er point : « Revoir la loi serait faire preuve d’un manque de respect du travail législatif accompli et aussi envers les soignants impliqués… » ?? Mais qui doit s’inquiéter de qui, pour finir? Ce serait au souffrant de s’inquiéter pour ces pauvres députés, également au souffrant de s’inquiéter pour ses propre soignants gratifiés heureusement pour une profession qu’ils ont choisie ? Au souffrant dépendant de se résigner dans un silence consentant : Allez, faites donc ce que vous voudrez avec ma carcasse … ! ? Ce ne serait pas le contraire plutôt ? Ne sont-ils pas là, députés, marchands de soins et soignants, avant tout pour entendre les attentes des souffrants et citoyens du XXIème siècle?

    2ème point. En Suisse le suicide assisté, possible dans certains cas, n’est pas autorisé pour un simple état dépressif passager et la Suisse développe des plans de luttes pour ces derniers. Cela n’est pas contradictoire du tout ! D’autre part à la question « Qu’as-tu fait de ton frère ? » soyez-en sûrs : en Belgique, un docteur à qui on poserait la question serait moins gêné de répondre que certains dans vos rangs pourraient l’être en répondant à celle-ci « Qu’as-tu fait de mon fils ? » Je continue : le fait de répondre positivement à la supplique d’un souffrant qui vous a fait et vous refait une demande d’euthanasie n’a rien d’inhumain. Ce n’est pas anodin, mais cela reste Humain. Le mot TUER convient lorsqu’on enlève la vie à quelqu’un qui ne demandait qu’à vivre. Comme par exemple le jour de votre Saint Barthélémy : Entre 10 000 et 30 000 personnes ont été tués et massacrés en une seule journée, parce qu’ils protestaient contre certains de vos dogmes et sacrements. Rappelez-vous aussi l’Inquisition. Votre religion, elle, a bien commis des crimes ! Des meurtres, qui n’ont ABSOLUMENT rien à voir avec le geste du docteur Yves de Locht acceptant en Belgique d’euthanasier un curé qui était la première personne à le contacter pour cela !
    3) Le terme tuer n’a rien à faire ici, vous vous répétez. De bonne foi on devrait le comprendre !
    4) Ce 4ème § est un délayage d’idées affreusement décousu, et vous y parlez de cohérence ! Celui qui l’aura pondu saura vendre un dentier à une poule je vous le dis. Tout soin différent devrait avoir lieu à la même adresse sinon il y aurait incohérence ? Qu’est-ce que c’est que ce charabia ? Pour avoir un soin dans son pays on s’adresse là où il est prodigué, non ? Enfin vous y parlez …d’abandon prématuré au silence de la mort… Vous croyez vraiment qu’une personne souffrante, face à une mort douce demandée par elle-même et sur le point de lui être accordée pourrait se sentir «… abandonnée au silence de la mort… ? » Connaissant le sujet de la fin de vie de par ma carrière passée à la côtoyer quotidiennement, vous m’excuserez, mais ici encore, soit vous rêvez, soit vous mentez.
    5) La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres on le sait. Mais en quoi cette liberté de laisser ainsi sa place à quelqu’un d’autre, aurait-elle un si grave revers ? Cela vous convenait mieux comme c’était avant-même la loi Clayes-Leonetti ? OK ? Mais à qui est-ce que cela convenait le mieux? Nous savons que moyennant une belle transaction couverte par un silence religieux, on peut parfois espérer obtenir ce qui est interdit par une loi. Mais est-ce là ce qu’on peut faire de mieux dans le domaine en 2018? Pour qui? Pour celui qui reçoit l’oseille ou pour celui qui se sacrifie ? Un soignant ainsi récompensé serait alors moins choqué de voir ensuite son patient le planter là ? Avec une loi, pas de risque de mettre un zéro de trop sur mon chèque à cause d’une très grande fatigue. Ce serait trop triste ? Pour vous aussi ? Quant à parler de gestes traumatisants, pour cette aide humaine et encadrée comme elle l’est… Souciez-vous donc plutôt de certains gestes que vous avez couverts et qui sont Ô combien plus traumatisants. Tous sont-ils mis au grand jour ?
    6) Enfin, est-ce à vous de vous soucier du financement laïc, maintenant? Du financement d’une telle mesure, si la loi était votée ? Aussi vous craignez ici que les gens soient déstabilisés au point de ne plus savoir s’ils devront continuer à vivre ou pas ? Un peu de sérieux quand même! Vous parlez pour finir de Fraternité. Oui, mais être fraternel cela suppose de respecter tous ceux que nous côtoyons. Y compris la personne qui, considérant que sa vie n’a absolument plus rien d’humain pour elle, déciderait d’y mettre fin. Or pour cela, en 2018, ne peut-on pas espérer une aide médicale pour ne pas avoir à se jeter sous un train ou se pendre dans son grenier ou foncer dans une voiture, peut-être la vôtre, arrivant en face ?
    A vos réflexions.
    Une de vos infidèles lectrices.

    1. Bravo, Zazo et bien dit…On dirait bien qu’on leur enlève leur os à ronger à ces religieux. 70ans valide pour l’instant mais rongée par l’arthrose je calcule comment je vais partir bientôt en envisageant toutes les solutions. Entre ne pas laisser derrière moi un corps assassiné dans des conditions trash parce que pas d’autres choix, et ne pas imposer une présence sénile avec tout ce que cela comporte de lourdeurs et dégoûts pour les autres, pendant des années, avec en plus peu de moyens financiers, j’ai choisi et mon choix se met en place sereinement dans ma tête. Et comme je crois en l’Au-Delà (auquel ces religieux ne semblent pas adhérer bizarrement) je suis décidée pour ce départ anticipé. Et c’est ma liberté. Cordialement

    2. Le 58 Av Breteuil n’est hélas pas mon adresse mais celle de la Maison des Conférences des Evêques de France! Les mots se déplaçant parfois pour se caser dans un emplacement de commentaire. (Il doit leur en falloir des sponsors pour entretenir ce château, qu’on peut visiter sur le web)!

  6. J’aimerais tant pouvoir discuter avec vous des problématiques que vous soulevez. Luttant face à la dépression et à des problèmes psychiques depuis plus de douze ans, j’ai perdu mes parents de façon brutale, parents dont je dépendais affectivement.J’ai pmris l’initiative de me renseigner auprès de l’amd et de médecins belges, la procédure est très longue… Ce qui est dur c’est de faire face à des sentiments de honte et d’angolisse(peur de la punition karmique, damnationn éternelle,e,fer,etc).Je ne veux de mal à personne.Bien entendu je ne parle de cela à personne dans ce qui reste de mon entourage(je n’ai ni soeurs ni frères, il me reste mon père avec lequel j’ai une relation qui n’est pas simple).

    On me trouvera peut-être faible, je n’ai que 33 ans et une partie de moi vous envie car je me dis que vous avez moins d’années à tirer.

  7. Merci pour cette interview, j’avais déjà commenté votre article du 14 septembre et je continu de vous suivre, il est vrai que je trouve votre parcours et votre combat intéressant et nécessaire! J’attends avec impatience la sortie de votre livre. Très bonnes fêtes de fin d’année, profitez de votre entourage.

  8. Bonjour Jacqueline,
    Journaliste, je travaille actuellement sur un site vidéo autour des femmes françaises inspirantes. Vivement intéressée par votre profil, j’aurais voulu échanger avec vous. Pouvez-vous me contacter par email afin que je vous en dise plus svp ?
    Bien à vous.

  9. Il n’existe AUCUNE loi suisse qui autorise le suicide assisté ou l’euthanasie, contrairement aux Pays Bas et à la Belgique.

    La SEULE loi est celle-ci :
    _ « Celui qui, poussé par un mobile égoïste, aura incité une personne au suicide, ou lui aura prêté assistance en vue du suicide, sera, si le suicide a été consommé ou tenté, puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire » (Code Pénal Suisse, 1937, art. 115) _

    On mesure combien ce qui permet le suicide assisté en Suisse est juridiquement fragile.
    Par ailleurs la suite d’un suicide assisté consiste dans l’heure qui suit, en la visite de policiers, de médecins légistes et d’un substitut du procureur pour un examen en règle du défunt totalement dénudé, comme de son dossier, et dure 2 à 3 heures.

    Les opposants sont nombreux et nomment l’aide au suicide “tourisme de la mort”.
    Encore récemment l’association Life Circle a été inquiétée par des procédures juridiques contre elle.

    Enfin, Jérôme Sobel n’a pas les compétences d’un médecin comme Boudewijn Chabot.

    Mais ce qui m’étonne le plus c’est que vous prétendue amie d’Erika Preisig, vous n’écriviez rien pour parler de son combat, de portée planétaire…

    Je suppose que le mutisme sera votre réponse

    1. Monsieur Wajeman , vous passez votre temps à m’ attaquer partout , de toutes les manières possibles et imaginables et auprès de tout le monde .

      Comment pouvez – vous traiter le Dr Sobel d’ incompétent ? Il a été président de Exit ADMD Suisse Romande pendant des années tout en exerçant sa profession d’ otorhino à Lausanne .

      Je suus en train d’ écrire un livre et quand je l’ aurai terminé , je me remettrai sur le blog . Erika Preisig est plus qu’ une amie , elle est comme une soeur . Nous nous battons ensemble pour la même cause . Que se passe- t- il , monsieur Wajeman ? Pourquoi tant de haine ? Nous ne nous connaissons même pas .

  10. Bonjour madame Jencquel,
    Je vous ai vue pour la première fois il y a quelques mois lors des interviews que vous avez accordées à un ou deux médias français. J’adhère totalement à votre démarche, et je partage votre point de vue. Je n’ai “que” 59 ans et suis en bonne santé, mais je souhaite, comme vous, terminer ma vie à l’âge de 75 ans. J’ai une vie heureuse et bien remplie, mais je ne veux pas connaître le déclin, la souffrance et la déchéance. Aujourd’hui, en France, l’espérance de vie pour une femme est de 82 ans et des poussières, mais l’espérance de vie EN BONNE SANTÉ est d’environ dix ans de moins, donc 75 ans me paraît bien. Je vis au Canada où les règles encadrant l’aide médicale à mourir sont aussi très strictes et il est impossible de l’obtenir si on n’a pas une maladie grave au stade terminal. Vous citez plus haut des associations en Suisse, mais dites qu’aucune n’accepte quelqu’un qui débarque comme ça en dernière minute. Je souhaiterais donc adhérer dès à présent à l’une d’entre elles. Dignitas na pas très bonne réputation. Je pencherais pour Ex International, mais leur site semble inopérant. J’aimerais aussi avoir votre avis sur cette organisation. Merci d’avance. J’ai hâte que votre bouquin sorte, je vais le lire à coup sûr !

    1. Bonsoir,
      J’ai 72 ans et ne me sens pas du tout
      prête à partir à 75 ans ! Je ne
      souhaite pas terminer ma vie aussi
      tard que ma mère (101 ans), ne
      marchant plus et ne voyant plus.
      Je suis également pour le choix de l’
      ultime liberté plutôt que du
      “mal mourir”.
      Cordialement

  11. Bonjour Jacqueline,
    Mes pensées vont souvent vers vous étant dans la même démarche que la vôtre mais sans doute avec moins d’assurance d’obtenir ce que je souhaite malgré mon adhésion à une association suisse.
    Je m’interroge sur le dossier médical à fournir le moment venu, lorsque ma décision sera prise de mettre en oeuvre mon choix (si je ne suis pas atteinte de cancer ou autre maladie qui me rendrait invalide, en manque d’autonomie etc.), parce que j’aurai décidé donc QUE CA SUFFIT toutes ces douleurs, ces vertiges qui me minent et pourrissent ma vie. J’ai un gros doute sur l’obtention du “feu vert” suisse pour les polypathologies qui pourtant ne feront qu’empirer.
    Quelle raison devrais-je fournir à ma généraliste (médecin traitant) pour obtenir mon dossier médical, sachant qu’elle possède un exemplaire de mes Directives anticipées et connaît mon état d’esprit sur mon choix de fin de vie ? A-t-on le droit d’obtenir son dossier médical sans donner de justification ?
    Merci de votre réponse.
    Bon courage à vous et merci pour tout ce que vous faites pour faire avancer les choses sur un sujet qui reste tabou.
    J’aimerai pouvoir écrire : elle a bien vécu, elle a bien fini ( en de plus jolis termes) ?
    Amicalement.

    1. Vous n’ avez aucune justification à donner pour avoir accès à votre dossier médical
      ( loi Kouchner 1999 )

      Les Suisses acceptent les polypathologies invalidantes de l’ âge . Il ne suffit pas de dire que vous vous portez bien , mais que vous en avez marre !!! on vous dira de voir un psy dans ce cas – là !!!!

  12. Bonjour madame,

    Je suis oh combien d’accord avec vous. J’ai vu ma maman dépérir jour après jour pendant un mois (j’étais avec elle tout le temps en soin palliatifs), elle avait toute sa conscience, et elle a souffert autant physiquement que moralement. On doit absolument pouvoir choisir de partir dans la dignité. J’ai souffert pour elle, et je refuse que mes enfants souffrent de la même façon. Je vous admire énormément, et j’adore votre humour. Vous êtes une magnifique personne….mon seul regret, ne pas vous connaître personnellement. Merci à vous pour vos témoignages.

  13. J’ai vu une interview de vous et je vous admire d’avoir pu faire quelque chose de militant de votre choix
    je suis dans des démarches pour partir à cause d’une vie devenue insupportable de douleurs chroniques depuis plus de 25 ans(et cela s’aggrave) mais je me demande dans quelle mesure je dois le taire ou le dire. Mon penchant naturel serait , tout comme vous de dire haut et fort pourquoi je veux le faire, de parler sans tabous des raisons de santé, de l’abandon de la médecine et en n’omettant surtout pas la violence sociale qu’on se prend dans la figure quand on est handicapé de longue date, je crois que j’aurais beaucoup à dire et je n’exclus pas le moment venu de faire comme vous. Avec un journaliste. Mais tant que rien n’est décidé/programmé je me dis que si je parle on risque de me mettre les bâtons dans les roues pour entraver mon choix (déterminé), et j’ai peur aussi que parler beaucoup se retourne contre ceux qui a l’étranger nous aide à partir. Parce que c’est une chance pour nous d’avoir une aide pas loin…, vu qu’en France, avec l’hypocrisie ambiante et le manque de courage politique, avec de surcroit une surévaluation de la médecine (qui sur le terrain n’est pas du tout celle que présente Michel Cymès à la télé, lui c’est un propagandiste) on n’est pas prêt de légiférer pour permettre à des gens comme moi de quitter leur vie de souffrance. On préfère les laisser vivoter seuls, pauvres, abandonnés et aller finir misérablement leur vie dans un EHPAD. J’aimerais parler avec vous hors ligne, est-ce possible. merci

    1. Je vais vous écrire sur votre mail . Si toutes les personnes comme vous se taisent , on laisse le champs libre aux donneurs de leçons . La liberté , c’est de pouvoir dire des choses qui ne plaisent pas à tout le monde . Nous n’ avons pas tous les mêmes convictions , mais pourquoi le faut – il ? Nous sommes des individus et le produit d’ une réflexion personnelle que nous ne cherchons pas à imposer . Qu’ ils ne nous imposent pas la leur !!!

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