Rien ne passe après tout si ce n‘est le passant

Cet article est le dernier publié par Jacqueline Jencquel, 78 ans, qui défendait la fin de vie choisie, et s’est donnée la mort comme elle l’avait souhaitée en fin de semaine dernière. L’information a été confirmée par son fils à Nathalie Rouiller, journaliste de Libération. «Le Temps», 2 avril 2022.

C‘est une chose au fond que je ne puis comprendre, cette peur de mourir que les gens ont en eux. Comme si ce n‘était pas assez merveilleux que le ciel nous ait paru un moment si tendre (Aragon).

Et pourtant , au moment de passer à l’acte, j’ai peur. Je ne peux pas écrire un texte, que je voudrais militant, alors qu’en réalité je ne suis qu’une vieille égoïste qui ne se résigne pas à changer son style de vie dont elle n’a plus les moyens. Je regarde autour de moi, je vois bien la souffrance de la majorité de la population mondiale  Quelle importance a ma vie ou ma mort? C’est un privilège de pouvoir écrire et d’être publié, même si on n’écrit que des conneries. Je ne suis un exemple pour personne. Une hédoniste qui peut choisir le moment de sa mort. Quel luxe! J’ai vécu la vie que j’ai voulu vivre. J’ai fait du mieux que j’ai pu et maintenant je suis au bout du rouleau. Et alors? Je ne cherche pas la compassion car je ne suis pas une victime.

J’aurais aimé pouvoir mettre mes talents au service de la communauté mais je ne sais pas comment m’y prendre ni à qui m’adresser.

Je réfléchis sans trouver de réponse ni de solution, alors je suis résignée et en même temps, je n’aime pas ce mot car -au risque de me répéter – je ne suis pas une victime.

Je veux mourir chez moi, entourée de mes livres de mes photos et de mes objets familiers. Personne ne pourra m‘accompagner. Pourquoi pas? Car il y a  une loi idiote: non- assistance à personne en danger. En danger de quoi? De mourir? Mais j‘ai l‘âge de mourir. Le danger est de vieillir encore plus. La dépendance et la décrépitude me font bien plus peur que la mort. Je ne veux pas devenir plus vieille. C‘est mon choix. Mon droit aussi. Il est inscrit dans la Constitution, ce droit. Et pourtant , on ne me permet pas de festoyer, entourée de mes proches. Et pire encore, si je n‘avais pas le pentobarbital, interdit pour les humains , mais autorisé pour les chiens – il faudrait que je me jette sous un train, traumatisant ainsi le conducteur et les passagers. Ou bien que je fasse comme mon voisin , Romain Gary, me tirer une balle dans la bouche, offrant le spectacle de ma cervelle éclatée pendant que je baignerais dans une mare de sang. Est-ce plus légitime que de prendre le bon barbiturique pour m‘endormir tranquillement?

Par contre, on fait de la pub  pour des cercueils, des tombes, des couronnes mortuaires. Et ces pubs vous affirment qu‘il faut préparer sa mort. Ce n‘est pas préparer sa mort que se soucier de son cercueil, puisqu‘une fois dedans, on sera déjà mort. Je ne veux ni de cercueil ni de tombe. Je veux être incinérée et me transformer en plante dans le jardin de mon fils à Bali. Si ce n‘est pas possible, ce n‘est pas grave.

Rien n‘est grave, sauf le locked- in syndrome  (Frédéric Beigbeder).

Je n‘ai pas eu envie de m‘exiler pour mourir et j‘ai la chance de pouvoir choisir car j‘ai le bon produit. Pourquoi? J‘y ai pensé en amont. C‘est tout.

Législateurs français, quand allez-vous comprendre que cette liberté n‘enlève rien à personne? Et que cette interdiction me prive, moi, de ceux que j‘aime lorsque le moment est venu pour moi de mourir? Ce moment est très important et je veux le vivre en pleine conscience. J‘ai 78 ans , pas 48, ni 58 ni même 68. C‘est assez, non?

Je ne veux pas assister à ma propre déchéance. Je ne veux pas être déjà mourante pour avoir le droit de mourir. Je suis vieille mais encore lucide et capable de discernement.

Le monde ne me plaît plus. Il n‘y a plus de sages ni de philosophes qui le dirigent. Plus que des idéologues fanatiques et des imbéciles qui les suivent. Paris est sale. La Seine est devenue une poubelle, tout comme les lacs et les océans de toute la planète.

Et maintenant, la guerre! On s’y attendait et on ne s’y est pas préparé. Et pourtant, c’était tellement prévisible.

Je suis trop vieille pour protéger mes enfants. Autant ne pas être une charge additionnelle. Le moment est venu.

Je me suis battue pour des libertés encore fragiles, même si elles semblent acquises: les vrais droits des femmes: droit de vote et de planifier nos familles en utilisant la contraception et- dans le pire des cas – l‘ IVG.

Aujourd‘hui je revendique mon droit à l‘ IVV (interruption volontaire de vieillesse).

Je regrette de ne pas pouvoir être entourée de ceux que j‘aime.

Je n‘ai pas envie de mourir dans un autre lit que le mien.

Je ne veux être à la charge de personne et je ne peux pas attendre de mon mari – qui ne m‘aime plus – de continuer éternellement à m‘entretenir. J‘ai accompli ma tâche: lui donner une belle descendance dont je me suis bien occupée et à laquelle j‘ai transmis mon amour des mots, de la réflexion et de la beauté. Grâce à lui, j‘ai pu passer mes dernières années dans de beaux endroits, accompagnée de personnes que j‘ai eu envie de voir et sans obligations autres que celles que je me suis imposées à moi-même.

En fait , je pars au bon moment. Un peu triste de ne pas pouvoir le partager, ce moment. En même temps, pourquoi obliger les enfants à voyager en cette époque de Covid et de guerre?

Ils  ont assez de soucis et voir sa mère mourir n’est probablement pas tellement marrant. Alors festoyer? Je n’en ai même plus envie. Le malheur des autres est omniprésent. Je veux juste m’endormir, ne plus avoir mal à la tête, mal au bide, tous ces maux qui accompagnent la vieillesse et dont on n’a pas envie de parler car cela n’intéresse personne.

Difficile à réaliser, ce planning d’une mort choisie et organisée, comme un mariage ou un baptême. J’aurais pu le faire il y a deux ans, comme prévu. Mais la naissance de mon petit-fils le jour de mon anniversaire a été comme un moment volé au destin.

On ne refuse pas ces moments- là. Et puis , la vie a repris son cours malgré le Covid et tout le reste. Je n’ osais plus fixer de dates et en même temps , je savais qu’il fallait y aller car je ne rajeunissais pas. Maintenant , je prends cette décision seule et en pleine conscience. Personne ne me pousse à la prendre. Pourtant, j’aurais aimé revoir mes enfants et leurs petits, passer du temps sur une île avec eux ou en haut d’ une montagne, n’ importe où … mais j’ai la tête qui explose et je ne peux plus attendre.

J‘ espère que la loi va changer et que d‘autres, après moi, auront la possibilité de partir, entourés de leurs proches, lorsqu‘ils l‘auront décidé et qu‘ils auront atteint l‘hiver de leurs vies.

Devoir se cacher pour mourir, voilà ce à quoi nous sommes réduits si nous refusons de vieillir au-delà du seuil qui nous paraît acceptable. Et si nous sommes malades, il faut s‘exiler si nous ne voulons pas finir dans une chambre d‘hôpital, perfusés et ventilés. Infantilisés dans le meilleur des cas et maltraités dans le pire. On l‘a bien vu pendant le premier confinement: il fallait nous protéger sous prétexte que nous étions vulnérables, donc nous enfermer sans plus revoir personne, puis mourir étouffés.

Est-ce que quelqu‘un nous a demandé notre avis? Peut-être que certains d‘entre nous auraient préféré être écoutés et respectés plutôt que protégés.

Tellement absurde d‘interdire un passage doux de la vie à la mort. Tellement absurde de criminaliser les médecins qui accompagnent leurs patients jusqu‘au bout lorsque les patients le leur demandent. Absurde d‘utiliser des verbes comme tuer dans ce contexte. Le verbe euthanasier ne veut rien dire non plus. L‘euthanasie (en grec la bonne mort) ne se conjugue pas. On aide, on accompagne, on embrasse, on sourit en pleurant. C‘est la fin de la vie. A la fois triste et normal.

Je meurs seule. C‘est vrai. Mais je suis chez moi. Je regarderai intensément le visage de mes enfants avant de fermer les yeux pour toujours. Je penserai à tout l‘amour qu‘ils m‘ont donné et que je leur ai bien rendu.

Il ne me reste qu‘à remercier Le Temps pour avoir hébergé mon blog, ainsi que ma fidèle amie, le docteur Erika Preisig, qui n‘aurait pas hésité à m‘aider si j‘étais allée à Bâle pour mourir.

Merci à mes lecteurs, avec lesquels j‘ai aimé débattre et aux militants de l‘ADMD – France, qui m‘ont accordé leur confiance pendant tellement d‘années. Je vous souhaite à tous de bien profiter des moments, en sachant que si des problèmes se présentent, vous saurez les surmonter. Et que s‘ils deviennent insurmontables et que votre vie n‘ est plus la Vie, que vous puissiez descendre du train au moment de votre choix, sans devoir vous cacher comme des criminels.

Un vieillard qui meurt , c’est dans l’ordre des choses, tout comme un bébé qui naît. Pourtant, personne ne nous serre dans ses bras pour nous dire au-revoir. Pas le droit. C’est illégal en France. Un pays qui  est fier de fabriquer et d’exporter des armes qui servent à tuer, mais ne laisse pas les vieux mourir accompagnés, s’ ils en font le choix lucide et éclairé! Le pays de Voltaire et de Montesquieu nous interdit un droit garanti par notre Constitution.

Celui de disposer de nos corps. Le suicide n’est pas un crime et ne peut donc pas être puni. Mais quid de l’accompagnement? Non assistance à personne en danger? Vous rendez- vous compte de l’absurdité de cette phrase dans le contexte d’un suicide voulu et consenti  d’une personne arrivée au terme de sa vie? Plutôt que  de vouloir me protéger écoutez-moi et respectez-moi, au lieu de m’obliger à me cacher et à me taire.

Jacqueline Jencquel

Jacqueline Jencquel est née en 1943 à Tien-Tsin en Chine. Elle milite pour le droit de mourir dans la dignité, notamment au sein de l’ADMD France. Dans ce cadre, elle a accompagné des dizaines de Français en Suisse pour leur permettre d’obtenir un suicide assisté. Dans ce blog elle évoquera l’expérience d’une vie entre plusieurs continents ainsi que le quotidien de son combat.

118 réponses à “Rien ne passe après tout si ce n‘est le passant

  1. bonsoir,
    je pensais que la naissance d’un nouveau petit fils vous avait donné envie de vivre encore quelques années.
    Je m’interroge juste sur le choix de mourir chez vous, dans votre lit…

    Après, oui je vous souhaite de trouver la paix… et qu’enfin les politiques, prennent en compte le souhait légitime de chacun de s’endormir, le jour où ils pensent que c’est pour eux le moment de fermer les yeux, soit à cause de souffrances, de dépendance, ou d’une décision réfléchie.

    Je suis persuadée que le docteur a fait hospitaliser mon mari, quelques jours seulement avant son décés, pour éviter qu’il ne décède dans son lit… Si j’ai longtemps vivement culpabilisé, regretté que l’homme que j’aimais, soit mort seul… ds un lit d’hôpital, j’ai réalisé que je n’aurais pas su habiller le corps etc …
    et si l’on devait enfin obtenir le droit de mourir au moment choisi , je souhaiterais que ce soit … directement dans le cercueil …. habillée, prête à partir au four, et ainsi délivrer mes enfants de ces tracas là.

    Mes meilleures pensées.
    rdb

  2. Bonsoir Jacqueline,
    J’ai le cœur serré en vous lisant, je ne
    voulais plus y croire…
    Votre choix est sacré, il vous appartient. Il nous fait beaucoup de peine, et pourtant nous partageons tous la même philosophie.
    Avoir le produit chez soi est une liberté
    donnée dans certains états des Etats-Unis qui n’obligent pas les gens à rester seuls pour mourrir alors qu’en
    France il ne faut surtout pas impliquer
    quiconque. Comme c’est triste…
    Ce mot est difficile à écrire Jacqueline,
    j’ai peur d’être maladroite. Je vous
    admire pour votre courage. Je pense
    à vous ❤️
    Laure

      1. Nous etions amie et pourtant on se voyais peu depuis mon depart de paris.tu es partie .je te garde dans mon coeur.j embrasse affectueusement tes enfants et en particulier Maximilien.

    1. Nous partageons tous le même sentiment et le même vœu « CHOISIR »
      Pourriez-vous svp me dire dans quels états des usa on peut acheter ce produit cela serait un vrai bonheur pour moi d’avoir cette liberté quand je le choisirai –
      De tout cœur Merci.
      Maryse

      1. Bonjour Ambroise,
        J’en connais certains mais il y en a 5 :
        l’Oregon, le Vermont je crois; les autres
        cela doit être mentionné sur internet,
        je risque de me tromper. Le produit
        est prescrit par un médecin seulement
        si la personne a une maladie incurable.
        Il arrive souvent que les personnes
        gardent le produit chez elles et qu’en
        fin de compte elles ne s’en servent
        pas…
        Laure

          1. Merci Nathalie ! Les choses ont évolué,
            de cinq états c’est passé à dix ! En effet,
            les droits de séjour aux Etats-Unis sont
            complexes…

          2. Les 5 Etats cela remonte à quelques années déjà !
            Il vaut mieux se battre pour obtenir une loi en France ou, pour les personnes déjà malades et sans espoir, pouvoir se tourner vers la Belgique ou la Suisse. En Espagne, avec la loi, il faut aussi être résident

      2. Bonjour,

        Dix Etats aux USA permettent à leurs résidents, ayant une espérance de vie d’environ 6 mois, d’obtenir une ordonnance après avoir vu un médecin et si celui-ci estime leur demande recevable. Actuellement et très récemment, un seul de ces Etats a mis fin à l’obligation de résidence…Ce qui ne signifie nullement qu’un non résident aux USA peut espérer en bénéficier

  3. Chère Jacqueline,
    Merci beaucoup pour votre sincérité et ces mots choisis sur des sentiments que tout le monde finit par ressentir.
    Vous faites partie du happy few qui m’aide à mieux comprendre et accepter.
    Bon voyage et que votre nuit soit douce.
    Adieu

  4. Très chère Jacqueline, nous entendrez-vous encore, nous tous sans doute si nombreux qui voudrions vous accompagner jusqu’au bout… vous tenir la main et laisser le coeur déborder de larmes et de reconnaissance en amour partagé… MERCI à vous… Bien sûr, on aimerait vous retenir, parce que nos coeurs sont emplis de sentiments contradictoires… MERCI à vous… On ne vous oubliera jamais… et à bientôt en retrouvailles dans le Royaume de celles et ceux qui aiment pour toujours…

  5. Bonsoir Jacqueline,
    Vous écrivez de très beaux textes tellement vrais et je ressens les mêmes choses que vous.
    Si vous voulez partir : je peux le comprendre mais il n’y a aucune personne qui pourra écrire de votre manière : on ne se lasse pas de vos écritures. Vous êtes une femme intelligente. Pourquoi nous ne servirions pas de ce droit faisant partie de la constitution pour poser la question directement ?
    “L’euthanasie demandée par une personne doit par partie de ses dernières volontés et doit être acceptée par les médecins” : question aux sages. Ils devront étudier la question est répondre. Cela est possible et ensuite ce sera plus facile. Il faudrait le soutien de plusieurs associations et vous connaissez beaucoup de monde, par rapport à moi. Cela vous permettrait de rester chez vous. J’espère quand même vous lire prochainement . Bonne soirée.

  6. Merci Jacqueline pour tout ce que vous avez fait et écrit. J’espère, moi aussi, que les choses évolueront. J’ai 52 ans et je pense comme vous, que c’est de belle hypocrisie qu’il s’agit. Bravo pour ce que vous avez écrit et bravo d’avoir le courage de faire ce que vous souhaitez. Vous êtes pour moi un bel exemple de prise de position sans égo mais avec intelligence et humanité. Je ne vous connais pas personnellement mais je suis très émue à l’idée de ne plus recevoir de mail de votre part, à l’idée que vous ne soyez plus là. Mais vous avez tellement raison, sur toute la ligne. Avec tout mon respect. Karine

  7. Bonsoir,
    J’ai lu avec émotion votre message ce soir et je tiens à vous remercier de notre correspondance brève par mail que nous avons eue en partie en 2020 et 2021 et vous m’avez donné une adresse à Bâle : Pégasos qui est dirigée par le frère du Docteur Erika Preisig et je suis adhérent à cette association en 2021.
    Je vais avoir 75 ans et je viens d’avoir début janvier 2022 une DMLA à l’oeil gauche (je ne vois plus rien de cet oeil et cela en quelques mois en 2021) et mon ophtalmo m’a dit que j’aurai certainement la même chose (j’ai dit à ce médecin de me dire la vérité et je le remercie de sa franchise).
    Je ne veux pas vivre sans ne plus rien voir (sans la vue, c’est mort pour moi) et j’ai informé ma démarche d’aller à Pégasos à mon fils lorsque le moment sera venu.
    Je suppose que c’est votre dernier message aux personnes qui vous ont suivie dont moi et j’ai apprécié de vous avoir connue.
    André

  8. Chère Jacqueline,
    Le fait de ne pas avoir droit à l’interruption volontaire de vieillesse, comme vous dites, fait qu’il faut un sacré courage pour en finir le moment venu. Je ne suis pas sûre que je l’aurai, moi!
    Votre texte est triste et déterminé…et pourtant j’ai envie de vous dire: “Restez encore un peu, Jacqueline!”

  9. Merci pour avoir lutté et consacré du temps pour qu’on puisse un jour avoir le droit à l’IVV! C’est très important pour moi et je ne pourrai vivre sereinement que quand on obtiendra ce droit!

  10. Riens ne se passe effectivement comme on le souhaitait ou l’avait décidé…mais tout à une fin, même (et surtout) notre vie lorsqu’il nous semble qu’elle n’en vaut plus la peine.

    Je t’embrasse

  11. Bonjour chère Madame,
    Ne partez pas,
    Vous avez tant à donner,
    Encore,
    《Pour bien voir une chose, il vous faut toucher à son contraire. Par l’ombre, vous allez à la lumière. Par l’indifférence vous atteignez à l’amour.》

  12. Alors c’est quoi ce découragement jacqueline??
    Vous voulez nous quitter alors que vous nous aidez à dire – écrire – ce que nous sentons, vivons et espérons-le, planifions aussi?
    Vous savez bien que vous servez une cause essentielle: le respect de nos droits , et parmi eux, celui de choisir notre mort: quand, où, comment, avec qui!
    Vous participez à certains départs avec EXIT, donc rien n’empêche de vous endormir entourée de ceux qui vous aiment et le souhaitent.
    Nous comprenons un moment de lassitude, de désespérance: l’état présent de notre monde – proche ou lointain – n’encourage pas à la joie d’y séjourner.
    Bon, si vous décidez de le quitter, nous vous souhaitons le meilleur voyage possible, dans une sérénité choisie depuis longtemps.
    Dites vous quand même – contrairement à ce que vous dites – que des ami-es inconnu-es seront quand même tristes de ne plus vous sentir proche.
    A bientôt?

  13. 《Pour bien voir une chose, il vous faut toucher à son contraire. Par l’ombre, vous allez à la lumière. Par l’indifférence vous atteignez à l’amour.》

  14. Chère Madame, j’ai 81 ans veuve de mon mari et de fils décédé a 53 ans x
    J’aurais pu dire a peu pres les mêmes choses que vous x je peux partir aussi quand je l’aurai décidé x mais j’ai peur x finalement parler de la mort c’est facile mais quitter notre histoire de vie c’est plus difficile x il va falloir que je me decide x
    Merci a vous x je ne vous dit a bientôt nous ne pourrons pas prendre un dernier the ensemble x
    Pourrons nous assumer notre engagement??

  15. Tellement en accord avec ce que vous écrivez, ressentez et espérant pouvoir trouver le jour arrivé le pento!! ce qui est loin d’être sûr.
    Merci de mettre des mots si justes, si profonds, si humains sur mon ressenti.

  16. Madame, dans le second paragraphe de votre article, que vous êtes sévère avec vous-même !
    Vous n’êtes pas égoïste, et pourquoi ajouter « vieille » ? La vieillesse nous vole le plaisir de vivre, ce n’est pas de notre faute. Votre vie a de l’importance même si la majorité des humains souffrent, vous ne pouvez pas donner à celle-ci une part de votre bien-être, mais aider dans votre mesure à rendre possible ce que vous souhaitez pour les autres aussi, et c’est ce que vous faites. Écrire et être publié n’est plus aujourd’hui un privilège, tout le monde parle, parle, et écoute de moins en moins. Le comble dans ce chahut, ce sont les imbéciles qui prennent la parole pour déclarer que d’autres ne méritent pas d’être écoutés. Laissons tomber cet enseignement du « mérite » par lequel nous avons été menés par le bout du nez dès les premières classes d’école. Enfin moi déjà beaucoup moins puisque dans ma famille je ne méritais rien, ni récompenses, ni réprimandes, mais je recevais plein de beaux cadeaux sans que des commentaires soient nécessaires ! J’en ai beaucoup profité, et ne pense pas être devenu un enfant gâté ou un égoïste. Et les bons exemples… On se fout d’être des exemples ! Il y a des personnes dans le monde auxquelles on ne s’intéresse pas, des rien du tout qui ont rendu la vie meilleure là où ils étaient, cela peut être dans la brousse, entre deux igloos, ou sur un radeau en pleine mer… Je ne veux pas laisser la société me juger, j’ai le doit d’arriver et partir si cela me plaît (pas seulement de la vie mais en tous lieux). Si le jour venu les conditions s’y prêtent, je souhaiterais dire adieu à ceux que j’aime, avec lesquels il était possible de partager nos luxes, nos chances, nos peines… Ainsi chacun sera resté libre, encore vivant avant ce gouffre que l’on peut peindre en noir ou en bleu dans ses rêves. Au moins nous n’aurons pas vécu dans un cimetière…

    « Chérie, nous sommes comme deux cercueils côte à côte dans un jardin figé… » (L’année dernière à Marienbad, Alain Resnais, 1961).

  17. 《Pour bien voir une chose, il vous faut toucher à son contraire. Par l’ombre, vous allez à la lumière. Par l’indifférence vous atteignez à l’amour.》

  18. Je vous remercie d’avoir écrit ce que je pense, ce que je ressens et qui tout comme vous devrait être déjà en place de nous laisser le libre arbitre de nous laisser partir en toute et belle quiétude lorsque notre temps est terminé sur cette terre. Que le paix puisse vous accompagner, Joan

  19. Magnifique !

    Ce témoignage de douceur et d’Amour pour l’humanité m’a fait venir les larmes aux yeux.

    Pour l’instant, je ne suis pas encore dans le cas de cette merveilleuse dame, mais à bientôt 73 ans, je dois commencer à affronter ma fin de vie !

    Merci madame Jenquel et que vous puissiez reposer en Paix et de Là-Haut, vous puissiez veiller à protéger tous les êtres que vous avez aimés et qui vous ont aimé.

  20. j espère que j aurais le courage de Jacqueline quand je jugerai le moment venu et que je serai entourée si les politiciens montrent enfin une volonté de faire changer la loi
    Je garde un beau souvenir de cette femme remarquable et une grande admiration. Une pensée pour sa famille et ses proches.
    Lison de Caunes

  21. LA MORT ATTENDRA

    La mort assistée
    Douce, accompagnée
    Il est bon de savoir
    Qu’un jour on peut pouvoir
    Enfin l’utiliser
    Quand on ne peut supporter
    Une vie trop dégradée.
    Cet outil me rassure
    S’il arrive qu’au futur
    Je ne puisse accepter
    De ne pouvoir bouger
    De ne pouvoir penser.
    En attendant je vieilli
    M’adaptant à cette vie,
    Mes centres d’intérêt
    Ont beaucoup évolués.
    J’essaie donc de trouver
    Quelques moments joyeux
    Quelques instants heureux
    Quelques Etres à aimer.
    Je vis l’instant présent
    Le seul qui est existant.

    30/03/2022

  22. Oh Jacq ! Jacq !
    J’ai essayé de te joindre, mais il était déjà trop tard.
    Je regarde ton visage magnifique.
    Quel courage tu auras eu dans la vie, comme dans la mort.
    Pourvu que je sois digne de toi lorsque le moment sera venu.
    Tu demeures un exemple pour nous tous.
    Je regarderai les étoiles désormais en pensant à toi.
    Je t’embrasse.
    Emmanuel

  23. Merci Madame pour le courage de vos mots ,je vous ai rencontré lors de la présentation de la personne qui vous succède et vous nous aviez donné déjà les raisons de votre choix que je partage ,que votre témoignage puisse convaincre notre société de ce droit à mourir dans la dignité ,chez soi , sans violence et dans l’environnement de tous les souvenirs de nos vies .
    Merci , merci.

  24. Madame Jencquel, c’est comme si entre les lignes de votre article vous nous dites adieu et ne désirez pas voir arriver du monde dans cette colonne qui reste blanche. Quoi qu’il en soit, que la porte reste fermée ou non, je vous fais signe dans notre présent en pensant bien à vous.

  25. Dans ce tunnel où les EMI ont été propulsés tu as je l’espère, trouvé cet immense amour dans l’inconnu humain, qui te guide vers un univers où ta vie brillante sur notre planète que tu as remplie d’humanité et de bienveillance pour les derniers parcours de nous tous, te transporte vers le merveilleux
    bonne route Jacqueline

  26. Dors en paix, chère Jacqueline, forte femme, courageuse; peut- être – mais j’en doute – que ton acte personnel, individuel, accompagné de ton beau texte d’adieu, servira à faire fléchir certains esprits bornés.
    Ruth

  27. … Tu es partie… Toutes mes pensées t’accompagnent, les meilleures.
    Ne soyons pas tristes (essayons) tu as fait ton choix et il est donc respectable.
    Avec beaucoup de tendresse et d’amitié….
    Patricia

  28. Respect Madame, ce fut un plaisir de vous lire et j’espère avoir les moyens de faire comme vous le moment venu.

  29. Maintenant je sais que Jacqueline est
    partie, c’est sûr, le 29 Mars.
    J’en suis très triste mais j’ai toujours
    compris sa philosophie, je la partage
    comme beaucoup d’autres personnes.
    Je présente toutes mes condoléances à
    sa famille que nous avons appris à
    connaître à travers les échanges avec
    Jacqueline et par ses photos. Elle était comme une amie pour nous, et
    malheureusement je n’ai pas eu le
    temps de la rencontrer à Paris comme
    je l’envisageais. Elle nous manque
    déjà beaucoup ! Qu’elle repose en
    paix, son souvenir reste dans notre
    cœur, ❤️
    Laure

    1. Bonsoir, je vous remercie pour votre message et je m’y joins Elle va nous manquer et je n’ai pas eu le temps de connaitre cette merveilleuse personne.
      Je présente mes condoléances à la famille.
      Jacqueline restera dans nos coeurs
      Corinne

    2. Comme toi Laure, je suis triste et j’essaye de ne pas l’être puisqu’il nous faut respecter sa volonté.
      Comme toi je présente mes condoléances à sa famille (je ne l’avais pas fait).
      Et pour Jacqueline toutes mes pensées les plus douces et les plus respectueuses.
      Je la souhaite en paix.
      Patricia

  30. Sans bruit tu es partie.
    En beauté tu as terminé.
    Ce sourire va manquer.
    Jusqu’à la fin d’une vie.
    Adieu Jacqueline……..

    1. Il est vrai que l’image que nous garderons toutes et tous de Jacqueline est celle d’une femme pleine d’humanité et intelligente ! Voir ce que j’ai écrit sur ma page Facebook et le site du Choix. Je suis fière d’avoir été son amie toutes ces années

  31. ARRETER DE SOUTENIR CE GENRE DE DEPRESSIF !!!

    Cette après midi je roule avec un pote qui a 80 ans et qui fait 8000 km à vélo par année.

    En faisant du sport tous les jours on est en TOP forme quelque soit l’age, et on se sent bien dans sa tête.

    A méditer..

    1. Monsieur,

      Vous confondez tout , Jacqueline Jencquel n’est pas morte à “cause” d’une dépression.
      Moi-même j’ai pratiqué différents sports et marche 10kms par jour, cela ne signifie pas qu’un jour nos soucis de santé nous donnent le droit de choisir notre mort

    2. Votre commentaire est tout à fait
      déplacé, vous ne connaissiez pas les
      problèmes de Jacqueline ! Que votre
      ami continue sportivement sa vie,
      tant mieux pour lui. Il faudrait qu’en
      France on arrête les généralisations
      et qu’on respecte les libres choix de
      chacun. Jacqueline était une personne
      très lucide et humaine, elle repose
      en paix comme elle le souhaitait et
      nous respectons son choix, nous y
      adhérons même, un jour nous serons
      probablement devant un choix à
      faire. J’admire son courage car elle n’a
      eu personne à côté d’elle. Cordialement

    3. Bonjour Pierre-Yves,
      Bienvenue chez les dépressifs. Continuez votre vie, comme vous l’entendez.
      Nous sommes tous différents.
      Bon lundi.

        1. lol… ben oui… j’ai cherché pour Emmanuel … Effectivement pas possible directement, et rien sur Le Monde. (pour le moment).

        2. Ah ! Ah ! Ah… oui, c’est vrai, vous avez raison, je n’y avais même pas songé. Voilà ce que c’est que d’être scotché à nos PC.

          1. J’ai pas fait gaffe à la date et j’ai foncé dans plusieurs magasins de presse, sans succès. J’ai pris le dernier exemplaire du jour au fin fond d’une galerie marchande. Ouf ! Je n’avais pas lu Libé depuis une éternité. Sauf que l’article est paru samedi et que nous sommes lundi. Loupé. J’en rage !
            Je vais voir demain si on peut le commander, mais pour avoir travaillé dans ce domaine, je sais que c’est assez aléatoire.

          1. Tuki,
            Toutes mes condoléances pour vous et votre famille. Votre mère a eu toute mon admiration, pour son courage, ses
            idées et son choix de liberté. Elle
            était une grande amie pour beaucoup.
            Je suis peinée mais rassurée qu’elle ait
            pû choisir librement. Le futur dira si
            nous aurons aussi bientôt le choix d’une ultime liberté, entourés de nos
            proches, comme cela est possible
            dans d’autres pays…
            Bien sincèrement,
            Laure

        1. C’est très aimable à vous. Merci beaucoup. Je viens d’aller demander à un magasin de presse s’il était possible de le commander, mais la salariée ne savait pas, il faut que je repasse un matin pour voir ses collègues.

  32. Vous aviez l’option de vous rendre en Suisse. Bien.

    Vous aviez l’option de votre propre lit avec le bon produit. Très bien.

    Vous n’aviez pas l’option qu’une personne vous accompagne…mais laissez-nous l’option d’y croire.

    Merci, respect.

  33. Liebe Jacqueline!
    Martina und ich reisten 1987 von Argentinien bis Kanada und wie konnte es anders sein: in Caracas öffnete sich so manche Haustür der Familie Jencquel für uns!
    Wir streiften gemeinsam durch diese schöne Stadt, genossen die Einladung in eurem Haus, ritten auf kernigen venezolanischen Pferden durch schöne Landschaft und schliefen in Hängematten!
    Danke für Deine Zeit und die Nähe, die wir auf unserer Reise erfahren durften…. ohne uns vorher zu kennen!

    Erinnerungen bleiben und das ist so wundervoll!

    Martina & Andreas Isenberg (Kamp)

  34. Liesel und Rainer Großkopf
    5. avril 2022 a` 9 h 3 min

    Jaquelin,- gemeinsam hatten wir nur eine kurze Zeit, aber sie reichte aus, um Dein kraftvolles
    Werben für einen neuen Blick auf die letzte Lebensphase zu spüren. Mögen Deine Familie und
    Freunde die Kraft haben, dies mit Dir zu tragen. Liebe Jaquelin, finde nun die Ruhe, die Du Dir
    gewünscht hast. Liesel und Rainer

  35. Je viens juste de vous connaître , hélas trop tard pour moi….. mais je “” suis heureuse”” tout de même de vous lire….. je pense vraiment comme vous… une honte pour notre pays , que nous ne puissions pas décider de notre mort…c est notre vie, et les autres ne doivent pas décider pour nous….. moi aussi je veux décider de mon départ, j espère que je pourrais le faire .. et moi aussi je veux mourir dans mon pays et ne pas ennuyer mes enfants avec ç a….Oui la vieillesse , est une maladie, qui nous prend tout , petit à petit, c est tout au moins ce que je pense, je ne demande pas aux autres de penser comme moi…je fais partie de l ADMD depuis 20 ans j ai 70 ans… et Madame je vous admire … Vous êtes enfin arrivée ou vous le vouliez … je vous envie …. car comme vous le dites , entre le covid , la guerre , je trouve la vie vraiment moche, j ai eu la peine de perdre mon mari , il avait 55 ans , nous n ‘étions marié que depuis 2 ans… une fin horrible… j ai tout de même pu le faire sortir de l hôpital, je lui avais promis…. il est partit sans mon aide, comme un dernier cadeau ..mais j étais prête a ” l aider “” une ultime preuve d amour …. Vos enfants, vos amis peuvent être fiers de vous…. je vous imagine las haut dans un halo de douceur …. que vous avez bien mérité..

  36. Magnifique texte. Maintenant vous connaissez la “grande réponse” et j’espère que vous continuerez de vivre dans un ailleurs inconnu et lumineux, mais débarrassé de votre corps terrestre qui avait fait son temps. Bon voyage, Jacqueline !

  37. Mon âme est dégoûtée de la vie

    Tes mains m’ont formé, elles m’ont créé, Elles m’ont fait tout entier… Et tu me détruirais!
    Souviens-toi que tu m’as façonné comme de l’argile; Voudrais-tu de nouveau me réduire en poussière?
    Ne m’as-tu pas coulé comme du lait? Ne m’as-tu pas caillé comme du fromage?
    Tu m’as revêtu de peau et de chair, Tu m’as tissé d’os et de nerfs;
    Tu m’as accordé ta grâce avec la vie, Tu m’as conservé par tes soins et sous ta garde.
    Pourquoi m’as-tu fait sortir du sein de ma mère? Je serais mort, et aucun oeil ne m’aurait vu;
    Je serais comme si je n’eusse pas existé, Et j’aurais passé du ventre de ma mère au sépulcre.
    Mes jours ne sont-ils pas en petit nombre? Qu’il me laisse, Qu’il se retire de moi, et que je respire un peu,
    Avant que je m’en aille, pour ne plus revenir, Dans le pays des ténèbres et de l’ombre de la mort,
    Pays d’une obscurité profonde, Où règnent l’ombre de la mort et la confusion, Et où la lumière est semblable aux ténèbres.
    Job 10

    Jésus lui dit: Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.
    Jean 11 v. 25-26

    Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement.
    Hébreux 9 v. 27

  38. „Denn eins von beiden ist das Totsein: entweder so viel als nichts sein noch irgend eine Empfindung von irgend etwas zu haben, wenn man tot ist; oder, wie auch gesagt wird, es ist eine Versetzung und Umzug der Seele von hinnen an einen anderen Ort.
    (Apologie des Sokrates, Kapt. 32 c)

    Liebe Jacqueline,

    seit dem Jahre 1986 warst Du mir eine wichtige und enge Freundin.

    Wir haben viele Dinge geteilt: Gedanken, Erlebnisse, Erfahrungen, Freuden, Trauer und Sorgen. Deine Familie war für mich meine Familie.

    Dabei teilten wir nicht immer eine Meinung, häufig standen sich unsere Positionen sogar konträr gegenüber; aber gerade dies war immer bereichernd, niemals trennend oder gar feindlich. Wir haben uns immer in dem Land getroffen, „in dem es kein Richtig und kein Falsch gibt“.

    Deine Sicht des Freitods deckte sich nicht mit meinen, aber die Diskussion dieses Gegensatzes bestärkte unsere Freundschaft. Und für die Hilfe, die Du Menschen auf ihrem letzten Weg gegeben hast, habe die Dich bewundert und geschätzt.

    Ich wäre so froh, wenn es Dich noch hier auf dieser Welt gäbe, ich hätte Dir noch so viel zu sagen, ich habe noch so viele Fragen, die Du mir jetzt nicht mehr beantworten kannst.

    Nun herrscht Schweigen, aber ich habe die Hoffnung dass es nur ein vorrübergehender Zustand ist.

    Auf Wiedersehen Jacqueline,
    Du warst mir sehr wichtig und ich habe Dich sehr geliebt.

    W.

  39. Liebe Jacqueline !
    Unser Austausch in den letzten Monaten war mir eine große Freude und hat mir sehr viel gegeben. Du hast Dein Leben konsequent geführt bis zum Ende, und das verdient alle Bewunderung, vor allem, weil für Dich die Herzenswärme immer im Vordergrund stand, auch und gerade da, wo Du gekämpft hast.
    Daß Du auch eine Liebe für die Poesie hattest, war fast neu für mich, aber wenn ich es recht bedenke, dann hattest Du schonmal, als ich Euch in Caracas besucht habe, einen großen Eindruck auf mich gemacht, als Du auf der Gitarre ein Lied gespielt hast, es war ganz einfach, mit nur zwei Akkorden, und wunderschön. Und damals hatte ich begriffen, daß Schönheit keine komplizierte Technik braucht, sondern nur ein aufrechtes Herz, und danach habe ich immer versucht zu leben. Ich habe Dir also sehr viel zu verdanken, mehr als Du ahnen konntest.
    Du wirst als Vorbild für mich weiterleben.
    Dein Andreas

  40. Meine liebe Jacqueline,
    Ich durfte dich auf deinen letzten Tagen begleiten. Wir haben diskutiert, gestritten. Ich wollte, dass Du lebst, Du wolltest den Tod. Wie intensiv das war. Wir haben nicht nur gut gegessen und getrunken, sondern auch deine Lieblingskirche St Thomas d’Aquin besucht. Ich schließe dich in meine Gebete ein, gerade jetzt zur Karwoche, die vom Wunder der Auferstehung gekrönt wird.
    Dein
    Matthias Matussek

  41. Ach Jacqueline, eines noch: Du hattestmich beschworen, abzunehmen, denn ein Bauch sei lebensverkürzend. Ausgerechnet du wolltest, dass ich noch lange lebe – dass ist eine der wundedrbaren Paradoxien, an denen unsere Begegnung so reich war. Nun, ich melde Verzug. Seit meinem Abschied faste ich (wie stets vor Ostern) unmd habe bereits 9 Kilo abgeworfen. Was sagst du nun? 🙂
    Küsschen
    dein
    M

  42. Sincerest condolences to Jacqueline’s family. Sad to lo lose such an extraordinary person. Jacqueline was a very much international lady – something which opened and broadened her mind. I was fortunate enough to know her for the past 15 years. I continue to be impressed by how she stood up for her believes. In this, Jacqueline has taken the lead in a movement for more freedom for all of us. Now, once again, she has gone ahead of us … this time without return. Fare well. My deep thank for Jacqueline’s courages and passionate commitment. Bernard (Switzerland)

  43. Je suis ému de lire tous ces commentaires bienveillants à l’égard de ma mère. Vous lui témoignez respect et admiration, pour certains d’entre vous en ayant à affronter des problèmes de santé pénibles, pour d’autres dans l’anticipation des décisions que vous aurez un jour à prendre. En tous les cas, je tiens à vous remercier chaleureusement d’avoir pris le temps d’écrire ces lignes et de rendre ainsi un dernier hommage à ma mère.
    Bien à vous tous,
    Julian

    1. Merci beaucoup pour ce très gentil
      message. Je vous souhaite tout le
      meilleur possible avec votre si
      sympathique famille.
      Bien sincèrement,
      Laure

    2. La femme la plus lucide et la plus élégante avec laquelle j’ai eu le plaisir d’échanger sur internet.

      Un exemple, un amour de femme forte et féminine à l’extrême. Elle me manque déjà …

  44. Un ange est parti, mais un mystère reste – quelle mélange extrordinaire de beauté et contemplation, de force et subtilité. Seulement peut de temps passé ensemble, mais un souvenir fort qui reste. Je ressens avec sa famille et ses proches. Thies

  45. Bonjour à tous, bonjour à toi Jacq quelque part, bonjour à tes fils.
    J’ai du temps, j’ai passé en revue plusieurs articles sur Jacqueline que j’ai trouvé sur Internet. J’en ai trouvé un très bien sur Marianne et j’en ai trouvé un tout à fait exécrable sur un site dont je ne veux même pas écrire le nom tellement il est odieux.
    J’ai beaucoup aimé l’article de Marianne.
    J’ai le temps aujourd’hui, je suis en congés pour décès. Je suis complètement naze, après 10 heures de route, mais bon, je peux m’isoler et me reposer un peu.
    Plus que jamais, je crois à ce que nous disait Jacq ici. Putain, tu vas nous manquer !
    Mon frère qui avait un cancer avec des métastases partout, au foie, aux poumons et au cerveau est mort lundi. Je l’avais vu une dernière fois le dimanche de Pâques dans une unité de soins palliatifs sinistre. J’avais préféré l’hôpital, plutôt que truc au fin fond de la brousse de chez moi, où il m’a fallu passer par l’Ehpad, descendre des couloirs, des corridors, des escaliers à n’en plus finir, pour aller au sous-sol. Il m’a reconnu tout de suite. “Ca fait longtemps !”, il m’a fait. J’ai été heureux qu’il me reconnaisse, après avoir retiré mon masque et donné mon surnom familial.
    Mais c’est surtout moi qui ai fait la conversation, entrecoupée de longs silences.
    La télé était allumée, mais il ne la regardait pas vraiment. Il s’agissait d’un reportage sur la forteresse de Massada. Ca m’a fait rire, parce que pendant le premier confinement, j’avais regardé et écouté les cours du rabbin Yann Boissière intitulés “Les fondamentaux du judaïsme”. Pour un descendant, entre autres, de juifs ashkénazes, au moment où sa vie se terminait, j’ai trouvé ça tout à fait symbolique.
    Je lui avais apporté le bouquin sur le foot que je lui avais offert à Noël, mais il n’avait pas eu le temps de le lire, puisque deux jours après il avait été hospitalisé. Il pouvait à peine le porter. “Il est lourd…” il m’a fait. Je l’ai pris et l’ai déposé sur une chaise. J’ai compris en voyant que le téléphone reposait sur une tablette à un mètre de lui, pourquoi il ne répondait jamais à mes appels téléphoniques. Non seulement, il était mourant, shooté complètement et sans doute épuisé physiquement, mais il était totalement incapable d’atteindre le combiné. Silences encore.
    Je lui ai parlé de mon fils qui avait trouvé un boulot, mais il n’a pas répondu.
    Je m’attendais à pire, comme je n’avais pas pu venir depuis février parce que que moi-même je suis tombé très malade et que je n’ai pas pu rencontrer Jacqueline comme je le souhaitais et comme nous avions prévu l’un et l’autre, j’ai trouvé mon frangin pas trop mal. Sauf qu’il avait des barrières entourant son lit. Il s’était levé une fois, une nuit et il était tombé, et il avait fallu du temps pour qu’on le relève et qu’il soit soigné avec des points de suture. Du coup, on lui imposait ses barrières, ce qui l’exaspérait.
    Tout à coup, il a commencé à s’énerver :”Qui c’est qui m’a piqué mon paquet de cigarettes !?” C’était un fumeur invétéré, mais bien sûr il n’avait plus touché une clope depuis le 27 décembre. Et puis il s’est affaissé et au bout d’un moment il somnolait, alors j’ai décidé de partir, mais j’aurais du rester, l’accompagner encore, regarder ce reportage à la télé, consulter mon portable, mais rester là, silencieux, auprès de lui. Je m’en veux horriblement. Mais non, je me suis levé et je lui ai dit que je le laissais dormir. J’étais presque arrivé à la porte de la chambre, qu’il m’a dit :”Qu’est ce que tu as fait du cheval ?!” Ca m’a bouleversé. C’est la seconde fois que je vivais un de ses moments de délire. J’ai tenté une réponse, mais je n’ai pas réellement réussi. Et je suis parti en laissant la porte entrouverte comme elle était à mon arrivée et je me suis perdu dans les couloirs, les étages, les jardins, les parkings, j’ai du appuyer sur des codes, des sonnettes, des portes, attendre que celle-ci et les barrières s’ouvrent. J’ai fini par regagner ma voiture, je n’arrivais plus à respirer, j’étouffais littéralement.
    Il est mort lundi et on l’a enterré hier, dans ce caveau où mon père repose déjà. On a mis son cercueil dessus et on mettra celui de mère après. Ils vont s’empiler comme des millefeuilles. Il y a six places. J’ai toujours dit que je voulais me faire incinérer et que mes cendres soit jetées sur une plage, paradis de mon enfance et de mon adolescence. Rien à foutre de la loi. Mais en même temps, je me dis que mes fils pourraient me mettre là, ça ne leur coûterait rien. Mais je ne supporte pas l’idée que dans 100 ans, 150 ans, 200 ans, tout soit à l’abandon, écroulé. Et puis comme je ne suis pas pratiquant , issus de deux traditions religieuses, je ne veux pas me retrouver avec les “corbeaux” qui viennent me faire chier et déverser des palabres inutiles.
    J’ai vu mon frère à l’Espace Funéraire, comme on dit, on m’avait envoyé par Watsapp les photos, puis par mail celles de l’hosto juste après son décès. Il est méconnaissable. Il ne porte pas ses lunettes, ce qui change tout et puis les pompes funèbres lui ont teint ses cheveux en noir. Ridicule. Grotesque. Il était blond, auburn, tirant vers le roux. Je ne l’ai pas reconnu.
    Entre le dimanche où je l’ai vu, et le jeudi, il semble que sa santé se soit dégradée et ils l’ont mis sous perfusion avec de la morphine. Donc il a mis plusieurs jours à mourir… de faim !!! Cette idée m’est insupportable, car il ne mangeait déjà presque rien. Je lu ai posé la question d’ailleurs et il m’a répondu : “Ce que j’aime…” C’est à dire rien. Il n’avait plus que la peau sur les os. Auschwitz ou le Biafra, choisissez votre camp camarade !
    Une agonie de quatre mois. Alors non merci. Vive le suicide assisté.

    1. Bonjour Emmanuel,

      Quelle triste fin a eu votre frère… Combien faudra-t’il encore de vilaines fins de vie pour que la France progresse et se dote d’une loi permettant à celles et ceux qui en feront le choix de partir dans le respect de leur dignité ?

      Nathalie

    2. Emmanuel,
      votre témoignage , je viens de le lire, il me brise comme si c’était arrivé à quelqu’un de très proche de moi. Je suis sure que toutes les personnes qui lisent ce qui est dit ici, ont toutes les mêmes pensées, les mêmes désespoirs . Cela va mettre tellement de temps en France la possibilité du suicide assisté que tant et tant de souffrances ne seront évitées.
      On n’a pas besoin de se connaître pour être en union de pensées
      C’est seulement la troisième fois que je me permets un petit écrit
      DE TOUT COEUR AVEC VOUS
      marie-thé nonon

      1. Également, j’aimerais souligner,
        qu’en dehors des cas de fins de
        vie lors d’une maladie incurable,
        qui devraient être aussi douces que possible, il y a cet hiver de la
        vie qui commence à 75 ans et
        que redoutait Jacqueline. Je
        comprends parfaitement sa
        pensée car je vais entrer dans
        cette partie de ma vie cet été.
        C’est l’âge du bilan : les enfants
        qu’on a élevé le mieux qu’on a
        pû nous donnent-ils toute l’attention qu’on souhaiterait ?
        Tout prend beaucoup d’importance et il faut une dose
        double de bonheur pour faire
        front à tout et garder la joie de
        vivre… À tous je souhaite de
        garder cet amour de la vie et
        d’oser dire à notre entourage ce
        qui ne va pas lorsque c’est le
        cas. Nous avons pris soin d’eux,
        maintenant nous devrions être
        chouchoutés en retour. Peut-être
        ce devrait être une valeur essentielle pour la société !
        Bien sûr, la mort douce et choisie
        viendrait naturellement comme
        une évidence… On peut encore
        rêver, mais qui sait ? Enfin, plein
        de séniors s’assument sans enfants et petits-enfants, donc
        ce n’est pas une règle universelle!
        C’est juste mon ressenti…
        Laure

          1. Tout à fait Nathalie, on a la vie qu’on
            peut et c’est parfait si on peut partir comme on souhaite et sans douleur.
            Tout de même il faut se rendre compte
            que l’hiver de la vie a besoin de
            beaucoup de soleil ☀️ ☀️☀️
            Laure

        1. Laure,
          je crois que beaucoup d’enfants qui ont été choyés et partis faire leur vie n’ont pas en eux la connaissance ni la sensibilité de comprendre et l’opportunité d’être en communion de vie, de pensées avec ceux qui ont tout fait pour que tout soit au mieux pour eux. Tous les problèmes de leur vie quotidienne les happent et ils veulent entendre de nous que tout va bien car ils ne sauraient se consacrer à nous comme on l’a fait avec tant d’amour et d’abnégation . Cette vie moderne plus centrée sur le virtuel, la réussite, l’argent, les relatives possessions, les pressions au travail, cela enlève de l’humanité , de la bienveillance , du regard compatissant pour celui ou celle qui comme disait le Général de Gaulle se retrouve dans ce contexte de l’âge ” la vieillesse est un naufrage ” . Eux ils naviguent, nous on va couler lentement mais surement. Je viens d’avoir 72 ans et cela fait longtemps que je suis réaliste de tellement de choses…………Tous les jours pour ceux qui me connaissent je cherche ” l’équilibre des forces ” entre le corps et l’esprit. Cela rejoint cette prière ancienne que beaucoup connaissent : ” Mon Dieu, donnez moi la force d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer les choses que je peux et la sagesse d’en connaître la différence ” . J ‘ai une croyance d’un grand horloger qui nous a donné un destin à vivre dans un mystère que l’on ne peut résoudre . On devrait avoir cette même liberté que l’on pense ce que l’on veut, que notre corps qui est nôtre on puisse penser le voir s’arrêter dans une ultime pensée pour cet inconnu que l’on doit en définitive tous rejoindre et choisir librement ce moment . Jacqueline , fut exemplaire, j’aurais aimé la connaître et la serrer dans mes bras, comme je crois on a tous envie de cela.
          On est tous dans le même bateau , seule chacun a sa propre navigation.
          MERCI d’être allé au bout de cet écrit.
          TENDRESSE et AMITIE
          marie-thé NONON

          1. Merci beaucoup Marie-The pour votre beau texte plein de sagesse. L’âge donne de la relativité aux choses et
            nous rend lucides. Toutefois je ne
            désespère pas encore d’habituer mes
            enfants à nous faire profiter de nos
            deux tous jeunes petits-fils rien que
            par un FaceTime vidéo où un “coucou
            Mamie” venant de l’aîné de deux ans
            me mettrait au septième ciel !
            C’est mon endorphine à moi !
            Pour ce qui est d’une mort sereine,
            lorsque j’ai expliqué à mon mari comment l’apaisement total agissait
            avec le penthobarbital, il m’a dit :
            “cela devrait être utilisé par la médecine pour toute personne qui
            meure” ! Ce qui veut dire que personne
            n’a envie de souffrir en mourant.
            Je trouve la vie encore très belle mais
            elle l’est encore plus si on ne se fait pas
            de soucis pour la fin. Moi aussi
            j’admirais beaucoup Jacqueline ! Elle a été au bout de ses convictions, c’est à la fois admirable et très triste car elle
            nous manque à tous.
            Laure

  46. Je viens de lire votre lettre, c est trop tôt pour moi pour faire un commentaire.

    J ai besoin de réfléchir mais je vous remercie sincèrement.

    Moukie

  47. Chère Jacqueline,
    Un mois déjà que tu nous as quitté. Je voulais te remercier de t’être battue jusqu’au bout pour la liberté de choisir notre moment de partir, que ce soit pour une maladie ou pour ne pas avoir à vivre notre déchéance qui arrive inexorablement avec l’âge.
    La vie est bien injuste suivant l’endroit et le milieu dans lequel on arrive sur terre et bien injuste aussi avec la vieillesse qui permet à certains d’être en bonne santé et autonomes jusqu’à un âge avancé et pour certains elle est remplie de souffrances et dépendances. Comme tu le disais dans un reportage, on n’a pas mis des enfants au monde pour devenir dépendant d’eux qui ont des vies actives bien remplies.
    Je ne voudrais pas devenir un poids et une charge pour eux et qu’ils ne souffrent pas de voir leur mère aller mal et se sentir coupables de ne pas pouvoir s’en occuper plus.
    Ton choix de rester à la maison pour partir est un acte militant jusqu’au bout.
    Non seulement pouvoir choisir le moment de son départ mais l’endroit en pouvant être entouré de nos proches. Alors Merci à toi d’avoir osé et pour ce combat de longue haleine et peut-être qu’un jour enfin tu seras entendue… et que nous on pourra choisir… Bon voyage….

    1. Bonjour Marie,

      Quelle jolie lettre à JJ ! Oui, elle a été militante jusqu’au dernier souffle. Un petit bout de femme qui, sous un aspect fragile, était très forte et déterminée

      Espérons, qu’un jour …enfin, nous puissions toutes et tous être entendus dans notre dernier souhait
      Nathalie

    2. Bonjour Marie,
      Je suis absolument d’accord avec vous,
      c’est mieux de ne pas être une charge pour ses enfants. Moi même je n’y compte absolument pas et de toutes façons j’aurai les moyens pour.
      Par contre, toute personne vieillissante
      a besoin d’être entourée affectivement,
      que ce soit par sa famille, ses amis ou
      autre… L’injustice se trouve dans les
      différences de santé pendant la
      vieillesse, mais aussi les différences affectives. Celles-ci ne se commandent pas bien sûr ! Loin de moi l’idée de peser sur mes enfants pour quoi que ce soit ! Il y a tout de même une faille dans la mentalité d’aujourd’hui : les séniors vivent-ils trop longtemps ?
      Sont-ils vus comme “des vieux” à 75 ans ? Là je rejoins Jacqueline pour son idée de l’IVV si vraiment il n’y a rien de
      mieux, si c’est la maladie, la solitude
      ou le manque de moyens. La société va
      devenir de plus en plus dure de toutes
      façons… Je dis : “pitié pour les vieux,
      la mort n’est pas le graal, mais au
      moins si elle doit arriver, qu’elle soit
      douce avec une simple picûre, sans tabou” ; la vieillesse pourrait être de la joie partagée, là aussi il est impossible de généraliser. Merci à Jacqueline pour
      tous les beaux textes qu’elle a écrits,
      toute la profondeur des sentiments
      humains s’y trouvait, je ne l’oublie
      pas, nous la savons en paix. Elle reste
      dans nos mémoires ❤️

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