Brexit deal : lourde humiliation pour la Suisse

Le Royaume-Uni obtient à peu près le même accès au marché européen que la Suisse. Sans subordination du droit britannique au droit européen, ni Cour européenne de justice. De quoi attiser la confrontation permanente entre souverainistes et soumissionnistes en Suisse. L’attitude de Bruxelles va certainement se durcir.   

L’Accord de commerce et de coopération finalisé juste avant les fêtes entre la Commission européenne et le gouvernement britannique n’est à ce stade qu’un traité « de principe ». C’est-à-dire une sorte de déclaration politique. Il est présenté à Bruxelles comme un draft, provisoire jusqu’à fin février. Il devra être ratifié individuellement par les Etats membres de l’Union, par le Parlement, puis le Conseil européen en tant que tel.

Des résistances sont probables, qui pourraient retarder encore le processus de normalisation des relations euro-britanniques. Elles ne remettront toutefois pas le deal en question, dans la mesure où la France et l’Allemagne l’ont approuvé. L’affaire devrait passer encore plus aisément devant le parlement britannique. Mesuré à l’intransigeance et aux injonctions européennes depuis 2016, dont la morgue de Michel Barnier est devenue le symbole (1), ce Brexit deal est tout de suite passé au Royaume-Uni pour une importante victoire de la Couronne. 

La consultation des quelque mille deux cent pages de l’accord, verbeuses et technocratiques au possible, est sans appel pour la Suisse : Bruxelles a finalement renoncé à l’ « incontournable » subordination du droit britannique au droit européen, de même qu’au rôle interprétatoire dévolu à la Cour de justice de l’UE (interprétation du droit européen au Royaume-Uni).

L’écart est énorme si l’on se réfère au dogmatisme de dominance mille fois proclamé pendant plus de quatre ans du côté de Paris, de Berlin et de Bruxelles. Les différends se régleront finalement en comité, sur pied d’égalité, avec possibilité très classique d’exercer des rétorsions. En réintroduisant par exemple certaines barrières douanières compensatoires. Cette approche pragmatique, respectueuse de la souveraineté britannique malgré le rapport de force démonstratif, était également présentée comme impossible et fantaisiste par les soumissionnistes en Suisse.     

L’écart est énorme si l’on se réfère au dogmatisme de dominance mille fois proclamé pendant plus de quatre ans du côté de Paris, de Berlin et de Bruxelles.

La subordination des Britanniques à laquelle l’Union a renoncé est précisément ce qu’elle exige des Suisses depuis plus de cinq ans, de manière toute aussi intransigeante : un premier accord institutionnel de reprise automatique du droit européen, sous contrôle de la Cour européenne de justice. Ramené au « simple » accord de commerce et de coopération, sans parallélisme (clauses guillotines) ni volet institutionnel, le Brexit deal apparaît en ce sens comme une véritable humiliation pour la Suisse.    

Surdoté en dispositions restreignant la souveraineté dans des domaines de plus en plus larges, l’Accord cadre institutionnel Suisse-UE est de son côté en attente de ratification à Berne. Pour mémoire, le gouvernement lui-même refuse de l’approuver tant que des garanties (“clarifications”) n’auront pas été obtenues contre certains développements juridiques ultérieurs. Les retards pris dans la procédure ont déjà fait l’objet de représailles et de contre-représailles (dénonciation par Bruxelles de l’équivalence boursière depuis 2019). Une ratification en vote populaire semble peu envisageable dans ces conditions.

Position officielle depuis quatre ans à ce sujet à Berne : il n’y a pas de rapport entre Brexit et voie bilatérale d’intégration, dans laquelle la Suisse s’est engagée il y a trente ans. Cette voie est en effet gérée à Bruxelles dans le cadre de la politique d’élargissement de l’UE, en vue d’une probable future adhésion de la Suisse. Alors que le Brexit va dans le sens inverse, et qu’une ré-adhésion n’est plus du tout envisagée. Cette non-comparabilité est au centre d’innombrables analyses et commentaires, en Suisse et en Europe, adoptant en général le point de vue de Paris, Berlin et Bruxelles.

Si rien n’est comparable, il semble en revanche assez probable que l’attitude de l’Union européenne franco-allemande vis-à-vis de la Suisse va se durcir. Le Royaume-Uni ayant été abandonné en quelque sorte dans la périphérie, il s’agira pour les Européens de consolider l’intégration de la Suisse, dont les frontières sont entièrement européennes. Une fois au même niveau que la Norvège et l’Islande, de nouvelles étapes intégratoires pourraient alors être franchies sur une base multilatérale.        

Obstacles techniques au commerce (ARM)

Bien qu’il s’agisse d’une évidence tautologique, le texte de l’Accord de commerce et de coopération insiste beaucoup sur le fait que les exportations britanniques sur le continent devront continuer de se conformer aux normes techniques européennes (sécurité, environnement, etc.). Tous les exportateurs du monde conçoivent et développent en fait leurs produits en fonction des normes en vigueur sur les marchés de destination. A noter en revanche, par rapport aux débats de politique européenne en Suisse, que le Royaume-Uni n’a pas obtenu d’Accord mutuel de reconnaissance des normes techniques (ARM)

Le fait que les parties n’aient pas (encore) convenu d’un ARM, contrairement à d’autres accords récents finalisés par l’UE dans le monde (avec la Suisse en 1999 déjà), signifie que le Royaume-Uni est discriminé sur ce plan par rapport à des Etats plus lointains comme le Canada ou les Etats-Unis. Les exportateurs britanniques devront faire homologuer leurs produits par une éventuelle filiale sur le continent, ou par une agence spécialisée. Dans le domaine des machines ou (plus sensible encore en Suisse) des technologies médicales par exemple.

L’absence d’ARM est perçu comme rédhibitoire en Suisse. Ce n’est apparemment guère le cas en Grande-Bretagne.

Cet inconvénient, perçu comme rédhibitoire en Suisse, n’a pas l’air d’être vécu comme un grand problème en Grande-Bretagne. Il n’a pratiquement pas été mentionné dans les analyses et commentaires depuis une semaine (même dans les médias économiques). Ne s’agit-il pas d’abord de dispositions transitoires ? En attendant un éventuel ARM par la suite, la situation de départ permettra de se faire une idée par le vide de l’importance de cet instrument largement fantasmé quant à ses effets macro-économiques.

Certains secteurs « d’intérêt mutuel » feront d’ailleurs d’emblée l’objet de « facilitations » en matière d’homologation : automobile, industrie pharmaceutique, chimie,  produits organiques et… vin. Dans les domaines les moins risqués, une simple auto-déclaration de conformité suffira pour exporter sur le marché européen. Il y a toujours moyen de s’entendre lorsque l’on se glisse au-dessous des idéologies.     

A noter aussi que la notion même d’ARM, qui représente la quasi-totalité de l’accès « privilégié » des exportateurs suisses au marché européen, n’occupe plus du tout la même place centrale qu’il y a vingt ou trente ans dans les préoccupations de commerce international. On s’en rend compte depuis les projets de partenariat européen avec les Etats-Unis (2013) et le Canada (2016) (2).

Les échanges de technologies avec la Chine ont d’ailleurs lieu dans le monde sans ARM. Tout un réseau d’agences spécialisées homologuent les exportations des PME vers le marché chinois, et réciproquement. On ne s’étonnera pas que ces « obstacles techniques au commerce », en général instrumentalisés dans une perspective protectionniste, soient rarement évoqués pour expliquer des contre-performances en matière d’exportations.  

Programmes de recherche Horizon Europe (2021-2027) 

Les documents publiés la veille de Noël sont loquaces sur la participation du Royaume-Uni aux programmes de recherche subventionnée Horizon Europe (2021-2027). Les Britanniques ont cédé sur le principe de financement forfaitaire, auquel ils avaient longtemps envisagé de renoncer. Tout semble donc rentré dans l’ordre aux yeux du lobby de la recherche publique en Grande-Bretagne. Les choses s’embrouillent cependant dès que l’on sort des généralités. Avec des enjeux concernant directement la Suisse.   

Des déclarations conjointes annexées permettent de se rendre compte que le Royaume-Uni ne siégera pas au récent Conseil européen de l’innovation (2017), nouveau pilier des programmes-cadres (finançant des projets en phase de commercialisation dans une optique protectionniste). Les entreprises britanniques ne doivent-elles pas être considérées comme rivales des européennes sur le plan industriel (3) ?

Le Brexit sort en plus la Grande-Bretagne de la Banque européenne d’investissement, qui participe à ces financements. La Suisse, qui n’est pas davantage actionnaire de la BEI, ne participant pas non plus aux délibérations et décisions du Conseil européen de l’innovation, ne doit pas s’attendre à bénéficier pleinement de financements considérés comme stratégiques. 

En tout état de cause, les modalités d’association du Royaume-Uni à Horizon Europe 2027 sont loin d’être fixées. Elles détermineront certainement le (ou les) statut(s) de la vingtaine d’autres Etats en attente d’accords d’association.

Ce qui est certain à ce stade s’agissant de la Grande-Bretagne l’est donc aussi pour la Suisse. Le statut de pleine association aux programmes-cadres précédents ne sera pas reconduit sans que l’Union ajoute de nouvelles conditions allant dans le sens d’une plus grande intégration institutionnelle et contributive. C’est aussi ce qui ressort des dernières nouvelles de la Commission européenne à Bruxelles, interrogée par les agences ATS et AWP (22 décembre), sur un dossier toujours très discret à Berne (4).

La pleine association aux programmes cadres Horizon ne sera pas reconduite en Suisse sans un nouvel accord sur la recherche. Plus institutionnel et plus contributif. 

Les négociations en vue de la participation de la Suisse à Horizon Europe (qui débute le 1er janvier 2021) peuvent commencer parallèlement aux discussions avec le Royaume-Uni. Un nouvel accord-cadre sur la recherche va donc devenir nécessaire, en plus des traités des années 1980 et 1990. On ne sait pas à quoi les discussions pourraient être liées en Grande-Bretagne. En Suisse, il paraît clair que l’avancement des travaux sera subordonné à celui de l’Accord institutionnel. Le rythme risque donc d’être beaucoup plus lent.

Bruxelles a déjà prévenu que ces nouveaux accords bilatéraux sur la recherche devront inclure des dispositions par rapport aux programmes d’échange Erasmus. Ce n’est pas le cas aujourd’hui: Erasmus n’a rien à voir avec les Accords bilatéraux I ni avec la libre circulation des personnes. La Suisse a adopté les programmes Erasmus sur une base très favorable aux Européens, mais les Britanniques ont décidé d’y renoncer: trop d’étudiants européens dans les écoles britanniques. Ils ont aussi renoncé à la reconnaissance mutuelle automatique des diplômes.

ANNEXE

D’autres comparaisons possibles

Si l’on se réfère aux sept Accords bilatéraux I de 1999 entre Suisse et Union Européenne, constituant l’essentiel de la voie bilatérale d’intégration :

Les deux points sensibles sont et restent l’ARM et la recherche (voir plus haut). Instrumentalisés par Bruxelles et les soumissionnistes en Suisse lors des grands débats de politique européenne (dans le registre de la peur en général).  Comme nous l’avons fait ressortir précédemment, le poids de ces deux accords dans l’emploi et la production de valeur ajoutée en Suisse (PIB) est toutefois insignifiant (5).

Le Royaume-Uni a obtenu par ailleurs l’accès au marché européen sans barrières douanières, ni libre accès des Européens au marché britannique du travail en contrepartie (circulation des personnes). Difficile de ne pas penser qu’il s’agit également d’une humiliation pour les Suisses, qui ont largement revalidé la libre circulation en vote populaire (septembre dernier) sous différentes menaces d’ordre économique.

Marchés publics infra OMC : il s’agit d’un arrangement de proximité ne fonctionnant à peu près qu’au bénéfice des Européens. Pas retenu en tant que tel entre Union et Royaume-Uni, malgré des niveaux de coûts assez comparables.

Transports terrestres : situations de voisinage peu comparables, et dispositions plutôt transitoires s’agissant du Royaume-Uni. Des arrangements s’avèrent déjà possibles malgré les démonstrations de force de la France pour asphixier le Royaume-Uni. A noter que les contrôles douaniers plus ou moins facilités (selon les secteurs) sont pratiqués en Suisse (qui ne fait pas partie non plus de l’Union douanière que les Britanniques ont quitté).

Transport aérien : pas de changement apparemment, le Royaume-Uni continuant de participer au « ciel européen unique ». Des ajustements institutionnels paraissent envisageables par la suite. Les écologistes auraient préféré que le transport aérien du continent soit interdit d’accès au hub de Heahtrow. Les grandes compagnies européennes ne semblent pas souhaiter en revanche affaiblir le groupe British Airways, qui contrôle aussi Iberia et Aer Lingus (Irlande). De même que Swiss est liée au groupe Allemand Lufthansa, ce qui réduit le risque de rétorsions européennes sur le transport aérien. A noter que la navigation aérienne en Suisse fait depuis longtemps l’objet de reprises automatiques et volontaires de droit européen, sans qu’un accord institutionnel contraignant ait été nécessaire.

Agriculture : indifférent. Les Britanniques ont une agriculture moins protégée qu’en Suisse, ce qui ne va pas changer. Les financements non liés à des prestations environnementales de la Politique agricole commune en Europe (PAC) cesseront. Le Royaume-Uni soutiendra son agriculture selon un modèle plus proche de celui de la Suisse (paiements directs pour prestations qualitatives et environnementales).

Schengen/Dublin (Accords bilatéraux II en Suisse) : la Grande-Bretagne n’a jamais fait partie des Espaces Schengen et Dublin. Elle a néanmoins accès aux bases de données justice et police permettant de lutter plus efficacement contre la criminalité. Pas de changement majeur prévu.

Pas d’accord sur les services financiers (“passeport européen des produits financiers”) 

Le Royaume-Uni sera privé de cet accès, tout comme la Suisse depuis toujours. La Suisse va-t-elle demander d’être associée à de futures discussions tripartites ? Il n’est pas certain que le Royaume-Uni le souhaite, la place financière suisse étant considérée à Londres comme concurrente de la City (3eme et 4eme places à l’échelle mondiale).

A noter que la Suisse s’en sort plutôt bien sans libre accès au marché européen des services et produits financiers. Les banques, assurances et autres institutions financières compensent en ayant au moins une filiale homologuée dans l’UE. Elles peuvent aussi passer par des intermédiaires. Cette situation aujourd’hui « naturalisée » a abondamment été présentée dans le passé comme invivable et insoutenable par les soumissionnistes. De la même manière qu’une éventuelle et menaçante absence d’ARM dans le domaine industriel est souvent présentée comme une difficulté insurmontable pour les exportateurs.

A noter que les Européens (surtout les Français) veulent ouvertement affaiblir la City et accueillir ses activités délocalisées. La France rêve d’une place financière de substitution et d’importance mondiale à Paris. Luxembourg, Francfort et Amsterdam sont aussi sur les rangs dans la captation de morceaux de City. Lors du référendum de 2016, les prévisions des opposants tournaient autour des 35 000 emplois délocalisés, la plupart immédiatement. Elles sont plutôt de l’ordre de 10 000 actuellement, moins de 1500 transferts étant déjà effectifs.

En Suisse, l’importance des pertes sur l’emploi financier depuis 2008 est aujourd’hui davantage attribuée à la disparition du secret bancaire fiscal qu’à la faiblesse d’accès au marché européen.

Pas d’accord sur l’énergie (électricité, gaz, pétrole).

Le Royaume Uni se retrouve sur le même plan que la Suisse. Des négociations à trois sont également imaginables sur l’électricité, mais les contreparties que les Européens voudront obtenir seront certainement très différentes s’agissant de la Suisse et du Royaume-Uni. On sait de surcroît que les résistances à la libéralisation du marché de l’électricité peuvent être déterminantes (au Royaume-Uni aussi bien qu’en Suisse).     

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NOTES

(1) Le négociateur en chef Michel Barnier n’a cessé de proclamer pendant trois ans qu’il ne pouvait être question d’ « accorder » un accès au marché continental sans reprise automatique de droit européen ni interventions de la Cour européenne de justice dans les affaires britanniques. Tous les officiels européens ont campé sur la même position. Sans parvenir à expliquer pourquoi cette exigence était valable pour un Etat géographiquement proche, mais pas pour le Canada (ce principe de proximité renvoyant en fait à une mentalité impérialiste caricaturale).

https://cutt.ly/th5CEYL

Barnier s’affirme aujourd’hui peu satisfait de négociations ayant eu lieu sur un mode perdant-perdant, se posant sans rire en maître loser face au « clown » Boris Johnson. L’expérience aura en tout cas laissé l’impression que choisir un chef français vindicatif, rigide et arrogant pour négocier avec les Britanniques n’était pas une bonne idée.

(2) https://cutt.ly/Bh5MFju

(3) https://cutt.ly/Wh6q3Fb

(4) https://cutt.ly/Nh50CDM

(5) https://cutt.ly/3h6ugus   https://cutt.ly/zh6umRw

 

François Schaller

Ancien de la Presse et de L’Hebdo à Lausanne. Rédacteur en chef de PME Magazine à Genève dans les années 2000 (groupe Axel Springer), et de L’Agefi dans les années 2010 (Quotidien de l’Agence économique et financière). Pratique depuis 1992 un journalisme engagé sur la politique européenne de la Suisse. Ne pas céder au continuel chantage à l'isolement des soumissionnistes en Suisse: la part "privilégiée" de l'accès au marché européen par voie dite "bilatérale" est dérisoire. C'est tout à fait démontrable avec un peu d'investigation. Des accords commerciaux et de partenariat sur pied d'égalité? Oui. Une subordination au droit européen? Non. Les textes fondamentaux: Généalogie de la libre circulation des personnes https://cutt.ly/1eR17bI Généalogie de la voie bilatérale https://cutt.ly/LeR1KgK

42 réponses à “Brexit deal : lourde humiliation pour la Suisse

  1. Il faut être un peu naïf pour comparer la Grande-Bretagne à la petite Suisse : les implications politiques ou économiques entre l’UE et UK se trouvent à un niveau incomparablement plus élevé qu’entre l’UE et la Suisse !
    Il ne faudrait pas oublier que la Grande-Bretagne a participé pleinement à la construction européenne pendant de nombreuses années , contrairement à la Suisse toujours frileuse de s’engager et surtout soucieuse de conserver ses petits privilèges de pays nanti !
    Alors , les petites exceptions en faveur des Anglais se comprennent aisément , n’en déplaisent aux Helvètes refermés sur leurs montagnes …

    1. De s’engager dans quoi ? Dans ce château de carte bureaucratique que vous appelez union européenne ? Dans cette bouffonnerie monétaire qu’est l’euro ? Refermés sur leurs montagnes et profitant de leurs hauteurs, les Helvètes ont une bien meilleur vision de Réalpolitique que leurs voisins français…

      1. Si il n’y avait pas eu cette bouffonnerie qu’est l’Euro en 2009 la Grèce et le Portugal aurait été à vendre en faillite. Sans cette farce qu’est l’euro selon vous la plupart des pays européens se seraient payé cette année une dévaluation massive de leur monnaie et sombreraient dans une crise économique catastrophique… L’euro tant décrié est jusqu’à présent le meilleur garant de stabilité.

    2. N’importe quoi. Si la Suisse refuse aujourd’hui aux Allemands et aux Français de venir travailler chez nous, il y aura la galère a mille pour cent. Nous sommes petits mais mieux organisés.

    3. Des montagnes dans lesquels beaucoup de français (et d’autres) viennent sécuriser leurs avoirs, ou rêveraient de le faire…sans la menace d’un contrôle fiscal. Et je suis français…

    4. Monsieur Giot,
      Puisque apparemment vous vivez dans un pays de frileux et de nantis, je ne vois pas pourquoi vous vous obstinez a y résider, rien ne vous contraint de rester enfermé dans nos montagne ! Si par hasard vous êtes un non résident, alors nettoyez d’abord devant votre porte avant de vomir sur les Helvètes qui vous emm., pour rester poli.

  2. Sur le plan démographique, la population britannique c’est 66 Mo, la CE c’est 750 Mo et la Suisse 8 Mo. N’étant pas économiste, mais scientifique, je ne me prononcerai pas sur les contreparties financières des flux commerciaux et des matières, ni sur les libertés de circulation des personnes dans la zone Schengen.
    Je vous trouve plutôt pessimiste dans votre commentaire et il n’est pas dit que nos diplomates ne seront pas en mesure de rééquilibrer les données du contrat en discussion entre CH et CE. La nouvelle situation sanitaire mondiale (infectieuse) et les altérations de nos milieux environnementaux planétaires (pollutions diverses en raison des flux économiques) ne pourront être ignorés.
    On peut dès lors aisément comprendre que, idéalement, nous serons désormais dans une logique de gestion d’une biosphère et là nos politiques et notre monde économique vont devoir opérer des changements de cap complexes (certains l’ont déjà compris ce qui est plutôt rassurant). Certains penseurs contemporains évoquent même un horizon de possible (souhaitable) changement de civilisation.
    Je ne sais pas si nos institutions démocratiques limitées aux frontières de notre territoire suisse, seront en mesure de soutenir cette démarche qui nécessitera évidement du temps.

    1. En tant que scientifique, vous savez certainement que les effectifs d’une population et son importance économique au niveau mondial sont deux choses différentes, sans quoi le Niger serait une grande puissance.

  3. le rêve de Paris place financière très importante est tombé à l’eau le jour où la justice française s’est ridiculisée en condamnant sans preuve l’UBS à plus que 4 milliards, puisque dans le même jugement elle reconnaît que la Direction générale à Zurich n’était pas au courant. Les poursuites à l’encontre d’un très haut cadre de la banque ont été abandonnées en même temps. Depuis ce jour-là les grandes banques américaines et européennes ont mis l’accent sur Frankfurt. Très bon article !

    1. “UBS condamnée sans preuves” : renseignez-vous ! Et UBS a fait la même chose aux USA : lourdement condamnée ! Apparemment l’Europe et les USA ont fini par en avoir marre de financer le développement de la Suisse par l’évasion fiscale organisée à Berne ! Pan sur le bec aux Suisses donneurs de leçons !

        1. Vous vous doutez bien qu’en haut ils se sont protégés ! D’ailleurs les démarcheurs sévissant à Paris ou à Verbier n’ont aucun document UBS sur eux… Tout le monde a tout nié ou détruit les preuves, malgré ça la pêche a été fructueuse, bravo les enquêteurs !

  4. Comme si la gouvernance des banques, des pharma et industries suisses n’étaient pas déjà soumises de fait au droit US et ce sans négociation. Les blocs imposent leur façon de faire Chine, US. L’EU négocie cependant.

  5. Il en ressort entre autres de cet article que notre système politique est de moins en moins capable de gérer avec efficacité les problèmes qui affectent notre avenir. Nos instances miliciennes, notre division en cantons ne reflétant plus la réalité villes-campagnes mais celle prévalant au 19ème siécle, fonctionnent encore par beau temps mais en cas de crise ou d’urgence, elle souffrent d’une paralysie de plus en plus visible. Et s’il fallait un exemple de plus, les récents allers et retours liés à la gestion du Covid entre cantons et Confédération en sont une preuve criante. Aussi je me pose la question de savoir s’il ne serait pas temps de réviser notre système, sans pour autant jeter l’enfant avec l’eau du bain. Le système fédéral a fait ses preuves, mais ne serait-ce pas une bonne idée de redécouper le territoire en entités correspondant à la réalité. L’arc lémanique est aujourd’hui une conurbation (large agglomération). On a vu ce que donnaient des mesures mises en œuvre à Genève seulement. La région zurichoise en est une autre. Elle fonctionne moins mal mais est aussi divisée en plusieurs cantons.
    Autre problème, les gouvernements de milice. Par exemple, la finance est aujourd’hui une science complexe. Se borner à accumuler des billets sous un matelas peut être néfaste au développement d’un pays. Cette situation et bien d’autres posent la question de l’adéquation entre les compétences de nos magistrats et leurs fonctions.
    Bref, il me semble qu’il serait judicieux de s’interroger et d’apporter des solutions nouvelles à notre gouvernance afin de préserver la compétitivité de la Suisse à l’avenir. Sinon, comme c’est déjà le cas dans certains domaines de pointe, les activités de pointe risquent d’émigrer vers des cieux plus agressifs et tournés vers l’avenir. Le WEF se tiendra à Singapour 2021. Reviendra-t-il vraiment en Suisse les années suivantes ?

  6. Votre titre ronflant est digne des pires appels populistes et ne donne guère l’impression d’une réflexion motivée et sereine. Souverainiste? Peut-être. Mais pas très suisse. S’il ne tenait qu’à moi, ce serait un zéro pointé et retour à la case départ.

  7. Cet opinion est tordue et ça commence dès le chapeau: «souverainistes» vs «soumissionnistes»… Soumissionnistes ! Belle façon d’entamer un débat. La suite ne vaut pas la peine d’être lue. Cette certitude d’avoir raison est tellement pathétique qu’on en vient à se demander pourquoi certains Anglais se posent eux aussi des questions sur leur avenir. Par exemple Prospect Magazine: «We are about to enter that brief, deceptive interlude between tumbling over the cliff edge and crashing onto the rocks below. When we land, the pain will expose the lies we were told since the Brexit referendum, and clarify the choice that we have ducked for 75 years.» (https://www.prospectmagazine.co.uk/politics/soon-we-will-finally-be-able-to-have-an-informed-debate-about-europe)

    1. Le titre de l’article que vous citez ne semble pas faire preuve de moins de certitude. En fait, ce sont les certitudes des autres qui vous dérangent, pas les vôtres.

  8. Excellente analyse et excellent article; que les euroturbos Suisses en tirent la leçon. Depuis des années, la gauche et même le centre politiques nous suggèrent de “négocier à genoux”. Non ! Pour commencer la Suisse doit obtenir une clause de “most preferred partner” . Que nos socialistes, nos Verts quelquesPLR cessent de s’incliner devant Bruxelles (ou plutôt Paris actuellement). De toute manière le peuple tranchera et il aime les elus et elu(e)s fort(e)s et courageux(ses).

  9. L’UE se dégrade de plus en plus, la monnaie, la santé, l’éducation, les salaires et surtout l’indépendance de ses membres, personne ne peut le nier. Le UK sait bien d’où il sort, grand merci à N. Farage.

    1. Encore un troll de l’UDC tout occupé à l’auto-réalisation de ses fantasmes. Lors de la crise grecque, les mêmes nous annonçaient que l’euro allait mourir sans délai; lors du vote du Brexit, ils promettaient que l’UE allait partir en petits morceaux et maintenant quoi? Le système de santé! Eh bien, soyez contents petits fédéralistes de l’UDC, le système de santé est toujours du ressort des pays et il va aussi bien que ces pays. Peut-être moins bien en Espagne qu’en Suisse mais certainement mieux en Finlande ou en Allemagne qu’en Suisse. Quant aux salaires par pitié, ne nous faites pas croire qu’ils évoluent de la même façon à Zurich et au Locle…

  10. Depuis quand les Britanniques font-ils partie de l’Europe? Pourquoi ont-ils leur propre monnaie et non l’euro? L’histoire a montré que les Anglais étaient plus liés aux USA. Même lors du débarquement de la Seconde Guerre mondiale: ils se sont alliés avec les Etats-Unis et le Canada. La France était expulsée et colonisée. Donc depuis quand ces Britanniques pensent à l’intérêt de l’Europe? Ils ont choisi de quitter, il faut sortir et exiger les mêmes conditions qu’un Etat hors Europe. Vous oubliez que la Suisse ouvre ses portes aux travailleurs français, allemands et italiens. Je ne vous dis pas la masse des travailleurs qui débarquent chaque jours, profitent dès salaires 🇨🇭 et vivent ailleurs. Dites merci à la bouche qui vous nourrit, svp.

    1. Il ne tient qu’aux Suisses de leur refuser l’accès à leur marché du travail, aux entreprises suisses d’accepter de payer les salaires supérieurs que les citoyens suisses demanderaient légitimement pour effectuer les mêmes tâches, et aux citoyens suisses d’accepter les conséquences économiques d’une fermeture au moins partielle des marchés frontaliers aux produits suisses.

  11. Il me semble que cet accord de Brexit devrait être considéré, non comme une humiliation pour la Suisse, mais bien comme une très bonne nouvelle permettant à la Suisse de dire qu’elle n’acceptera jamais aucun accord imposant à notre pays une soumission aux règles européennes allant plus loin que ce qui est imposé au Royaume Uni.

    Cet accord de Brexit rend tout simplement caduque, inutile et ridicule la discussion d’un accord cadre. Ou alors, l’accord cadre devrait être calqué sur celui conclu entre l’UE et le Royaume Uni.

    C’est tout.

  12. Merci pour votre analyse détaillée de l’accord. Néanmoins ne pas oublier que le Brexit est un réel projet politique démocratique de rétablissement de sa souveraineté pleine et entière, face au projet mercantiliste de l’Union Européenne.
    Le gouvernement britannique a habilement publié en mai 2020 des droits de douanes sur ses futures importations européennes dans l’automobile et l’agriculture. Cela a suffi pour obtenir un quasi-libre accès au marché unique en échange de quelques concessions sur l’environnement, les aides d’état et un hypothétique arbitrage juridique extra-communautaire si besoin….
    Le vrai enjeu n’est pas là, lorsque cet accord sera ratifié par les parlements respectifs, il permettra à moyen terme à n’importe quel Etat européen de s’exfiltrer de l’UE tout en conservant les avantages du marché unique, transformant de fait l’UE en une sorte de CEI (Communauté des Etats Indépendants). Donc pour les soumissionistes de la Confédération toutes ces contraintes s’estomperont progressivement…
    Je termine avec cette remarque: ne pas être trop sévère avec Michel Barnier, un Européen et homme honnête, mais il n’est qu’un simple exécutant, les vrais décideurs étant à la chancellerie qui veille à l’intégrité de sa « Zollverein ».

  13. D’après vos propos, la Suisse semble faire une faveur aux frontaliers venant travailler chez elle, mais c’est uniquement parce qu’elle a besoin de cette main d’oeuvre qu’elle lui accorde ce droit! Imaginez un instant que toutes les infirmières françaises abandonnent leur poste, les Suisses face au virus n’auraient plus que leurs yeux pour pleurer! La Suisse ne voit là que ses intérêts ! À vous lire, on pourrait croire qu’aux frontières ce sont les autres qui tirent des avantages, mais tous ces Suisses qui achètent leurs maisons à l’ étranger, qui remplissent leurs coffres de voitures de produits alimentaires et autres…..vous semblez l’oublier!

  14. Apparemment vous ne publiez que les avis favorables à la Suisse! Pourquoi ne pas avoir publié ma réponse à Zohra? Elle n’était pas du tout insultante, mais je n’apprécie pas que l’on mette en évidence que le bon côté de la Suisse, il y a aussi une partie plus sombre, elle n’est plus à mettre sur un piédestal, cette époque est révolue ! Et vous n’êtes pas neutres dans vos publications, ce n’est plus un débat, et cela devient sans intérêt ! Signée: une Suissesse déçue !

  15. Merci pour ce point de situation aussi éclairant que nécessaire.

    A vous lire en creux, l’impression m’est cependant venue que le scénario le plus probable pour la Suisse par rapport à l’UE serait désormais celui du “soumissionisme identitaire”. J’entends par là un abandon plus ou moins progressif de tout le contenu propre à sa souveraineté (lois, monnaie, fiscalité, relations extérieures, défense etc.), mais la sauvegarde des signes extérieurs de son indépendance, à commencer par la non-adhésion définitive pure et simple + quelques apparences, telles que la couleur de la coupole du Palais fédéral à reproduire sur les timbres-poste, la participation à l’Europa League et la désignation d’un ombudsman pour, rituellement et respectueusement, recueillir et transmettre les doléances helvétiques à Bruxelles. N’est-ce pas un peu ce que le Liechtenstein a vécu avant qu’il n’entre dans l’UE, adossé qu’il était encore à la Suisse. Manifestement, il n’en est pas mort.
    Ce destin aurait l’avantage pour notre pays, outre de lui éviter les affres d’une négociation toujours très incertaine et épuisante d’un petit Etat isolé face à une coalition de grandes nations aux réactions peu prévisibles, de laisser dormir nos démons nationaux susceptibles de se déchirer à nouveau entre une Westschwyz, plutôt europhile, et une Ostschwyz à la sensibilité nettement plus europhobe.
    Dans ce contexte, il peut être utile de garder à l’esprit que le ridicule est certainement moins dangereux que le narcissisme orgueilleux; et cela malgré les apparences…

  16. Pourquoi tant de haine contre Barnier ? Il a juste fait le boulot demandé par les gouvernements européens. Et vous vous contredisez, vous parlez en même temps de l’intransigeance européenne et de ce que les Anglais ont obtenu, un accord très favorable. Quant à votre crise de jalousie par rapport à la Suisse, je trouve que la situation du Royaume-Uni et celle de la Suisse n’ont aucun rapport. La Suisse a besoin de l’Europe tout en refusant d’en faire partie, il y a un équilibre délicat à trouver, mais ça va se faire !

  17. La position que vous exprimez témoigne d’un tel parti pris qu’elle n’est guère sérieuse. Malheureusement plusieurs des commentaires témoignent qu’il suffit d’un titre populiste pour que s’engouffrent à votre suite des lecteurs attirés, volontairement ou non, par ce leurre. En effet, vous “oubliez” de préciser que l’accord obtenu par le Royaume Uni ne porte pas sur toute l’économie de service (banques , assurances, tourisme, informatique, sécurité, etc.). Ce n’est pas mince. C’est de ce secteur que dépendent la plupart des emplois en Suisse et c’est pour ce secteur que nous avons besoin d’accord avec l’UE. Comparez l’accord obtenu par le Royaume Uni avec celui ou ceux dont la Suisse a besoin relève ainsi au mieux de la mauvaise foi.

    1. Merci de votre commentaire.
      Les services que vous évoquez ne sont pas concernés par le deal avec la Grande-Bretagne, ni par les accords bilatéraux I et II entre la Suisse et l’UE. L’accord institutionnel en cause actuellement entre la Suisse et l’UE ne concerne pas non plus les services (banques et assurances en particulier). Pour le dire autrement: ni la Grande-Bretagne ni la Suisse n’ont d’accord sur les services avec l’UE.
      Bien à vous.

  18. Le Brexit entre le Royaume-Uni et l’UE s’est traduit par une négociation. Et le Royaume-Uni a utilisé un levier important : l’accès aux zones de pêche britanniques pour les pêcheurs de l’UE. C’est semble-t-il, pour garder un accès à ces zones de pêche, même moindre que précédemment, que l’UE a cédé sur d’autres volets. Quel est le levier de la Suisse ?

  19. Pourquoi ne vous étiez-vous pas mieux préparé pour le débat sur forum ? Le protégé de Burkhalter avait publié tous ses arguments dans son article…. vous êtes malade du covid ou un truc du genre? D’habitude, vous êtes meilleur !

  20. Un professeur de Genève, au journal de RTS 1 de ce soir (2/01/2021) a bien résumé la chose : la situation de l’Angleterre n’a rien à voir avec celle de la Suisse, et l’accord du Brexit n’est pas si bon que ça pour le Royaume-Uni, bien au contraire. L’accord UE -Suisse est bien plus intéressant pour la Suisse. Mais c’était trop court pour épuiser le sujet. Et ils n’ont pas parlé d’Erasmus…

    1. Désolé mais ce résumé n’était que l’opinion orientée d’un professeur dont on connait les sympathies pour la construction européenne. Son argumentaire était par ailleurs tronqué sur la question de la pêche, d’indiquant pas que la réduction des quotas pourra être rediscutée dans 5 ans. Quant à savoir si le brexit sera bon ou mauvais pour le Royaume Uni il est bien trop tôt pour tirer des conclusions, les économistes se trompant très souvent.

      1. Je suis d’accord avec vous Joye. Ce prof René Schwok est un agent euromondialiste payé par nos impôts pour faire de la propagande en faveur de l’adhésion de la Suisse à l’UE, ou du moins d’une soumission aussi poussée que possible de notre pays.

        Ses arguments n’étaient pas du tout convaincants. En gros il se contentait de dire que la Grande Bretagne revenait à une conception des relations européennes qui date des années 1970, avec un traité de libre échange. Donc selon lui c’est vieux jeu. En revanche l’accord cadre prévu avec la Suisse, ça c’est à la page, c’est tendance du point des modes des profes mondialistes comme lui.

        Ca n’est pas un argument ça. Il est bien évident que si le Royaume Uni voulait se libérer du carcan, du corset, que l’UE lui imposait et qui devenait de plus en plus insupportable, il fallait nécesssairement en passer par un retour au stade précédent l’erreur d’aiguillage de 1973. C’était déjà un tour de force pour Boris Johnson de réussir à imposer ce divorce alors que l’horrible Barnier utilisait tous les moyens de chantage possibles et imaginables pour tenter de maintenir le Royaume Uni ligoté.

        De toute façon, le Royaume Uni n’avait pas le choix. Du moment qu’ils voulaient sortir il fallait se contenter de ça. Ensuite ce sera à ce grand vieux pays de montrer qu’il est capable de réussir une fois débarrasser du boulet de sa sujétion à Bruxelles. Si Barnier un homme d’état, ou tout simplement intelligent au lieu d’être un clerc de notaire mesquin et buté, animé d’une volonté punitive envers les Anglais, il aurait du élaborer un accord gagnant gagnant, mainintenant au Royaune Uni un accès inchangé au marché unique, dans l’intérêt même de ce marché unique.

        En se montrant tellement médiocre, l’UE de Barnier punit un grand pays pour son insubordination mais ainsi elle se punit elle même, puisqu’elle entrave la propspérité commune.

        Et pour la Suisse il n’y a aucune raison de se précipiter dans la gueule du loup. Il suffit de dire NON. Nous ne voulons pas, nous ne pouvons pas, non possumus. Et alors l’accord de sujétion est caduque. Les tyrans de Bruxelles resteront tout merdeux, obligés de constater que personne ne veut plus monter dans leur bateau qui prend l’eau.

        Tant pis pour eux.

        1. “L’horrible Barnier etc…” : vous n’avez pas peur du ridicule, quel courage, je vous admire !
          “Un accès inchangé au marché unique” : il n’y aura aucun droit de douane, comment faire mieux pour l’Angleterre ? Pour le reste les Anglais, qui ont inventé le club, savent très bien qu’on ne peut être à la fois dedans et dehors ! Mais c’est ce que vous voudriez obtenir pour la Suisse : profiter de tous les avantages de l’Europe sans rien en contrepartie !
          “Les tyrans de Bruxelles ” : mais pourquoi vous les sollicitez ?
          Dans tout ça une mentalité totalement dépourvue de vision politique à long terme, juste un esprit boutiquier qui ne date pas d’aujourd’hui. Le beurre et l’argent du beurre, de l’argent de toutes origines même les plus honteuses.

          1. Je ne parle nulle part d’horrible Barnier, ni de tyrans de Bruxelles, ni même d’accès inchangé au marché (“à peu près inchanché”, ai-je peut-être dit).
            Je pense que les avantages de l’Europe dus réellement aux accords d’intégration (voie bilatérale) sont dérisoires par rapport aux contreparties consenties depuis trente ans. Les Suisses ont pourtant revalidé récemment cet acquis en vote populaire. Alors restons-en là. Continuons de nous intégrer sur une base volontaire, tenant compte du climat social et des performances macro-économiques. Mais sans la Cour européenne de justice, dont la mission est d’arbitrer dans le sens de l’intégration, rendue cette fois contraignante par voie juridique. Les Britanniques n’en ont plus voulu non plus.

            Ma vision politique de long terme renvoie à un monde dans lequel les rapports de force nationaux ne seraient pas trop dominés par les super-puissances. Je constate que l’Union Européenne franco-allemande élargie est un trivial nationalisme européen, qui n’est content que lorsque sa puissance en fait quelque chose de comparable aux Etats-Unis et à la Chine.
            Les plus de cent soixante Etats secondaires dans le monde sont de plus en plus “incités” de choisir leur camp. En faisant valoir leur neutralité, s’ils ne veulent pas se soumettre à une superpuissance plutôt qu’à une autre. Je pense que la Suisse devrait entrer en résistance, et jouer un rôle plus emblématique sur ce plan: l’histoire montre que l’égalité juridique des Etats est un facteur décisif de paix et de prospérité. Il ne suffit pas de proclamer les bienfaits de l’approche géo-stratégique multilatérale dans le monde, comme le fait le Conseil fédéral. Mieux vaut miser sur l’exemplarité et ouvrir des voies. Il est heureux de toute manière que l’Union Européenne ait dans son voisinage quelques Etats réticents à l’idée de participer à une politique de puissance régressive que le monde ne va peut-être pas trouver attrayante très longtemps.

          2. (NB Je répondais à “ON NOUS PREND POUR DES CONS”)

            Je ne suis pas d’accord avec vous (FS cette fois-ci!), il n’y a pas de nationalisme européen; au contraire l’Europe est ouverte à tous les vents de la globalisation, en partie à cause du Royaume-Uni. Et les superpuissances, malheureusement, elles existent. La Chine par exemple ne rêve que d’une chose : nous avaler tout cru. Les Américains non plus ne font aucun sentiment. Il est donc indispensable que l’Europe s’affirme comme puissance, pour pouvoir conserver ses valeurs. Et son niveau de vie, c’est ce qui intéresse les gens, ne soyons pas hypocrites ! On est donc bien obligé de “choisir son camp”, l’idéal étant qu’il y en ait le plus grand nombre possible : pas seulement 2 superpuissances, mais plusieurs alliances régionales, qui ne sont pas nécessairement condamnées à s’affronter.
            Vous dites que la Suisse devrait entrer en résistance contre ce système, et vous prônez une égalité juridique des Etats complètement utopique : les rapports de force, la volonté de puissance, existent entre les Etats, les entreprises, les individus, c’est trivial de le dire. Et c’est immuable ! Le droit reflète ces rapports. Je pense en outre que la Suisse bénéficie directement de la puissance protectrice de l’Europe, dans tous les domaines.

            Quant au projet européen, quel est-il ? Il n’est pas encore bien défini, et les Européens ne savent pas encore quelle direction va être prise ! En tout cas je comprends très bien que la Suisse n’en veuille pas, quel qu’il soit, la Suisse voulant garder sa souplesse, son efficacité, sa convivialité, ses valeurs, sa liberté… Je ne connais pas très bien la Suisse, ce que je sais c’est qu’elle est au milieu de l’Europe, qu’elle est bien obligée d’accepter un minimum de règles communes et qu’elle s’en tire pas mal au point de vue économique !

            Et puis pas de rancœurs : la Suisse a bien profité de l’Europe, depuis des lustres. Quelle est la part du capital étranger qui a atterri dans ses banques et qui a financé le développement du pays ? Il existe certainement des rapports fédéraux sur le sujet…

  21. EU a tout fait pour garder le Royaume-Uni, Bojo savait qu’il était en position de force, la langue de Bruxelles, c’est l’Anglais ( libre échange) ce pays est beaucoup trop gros en Europe pour que Eu en fasse son ennemi ce qui n’est pas le cas de notre pays magique. Comme dit plus haut nous sommes petit et donc plus facilement mis sous la pression de l’Europe. Je suis toujours étonné de lire des commentaires qui présentent la Suisse comme un pays profiteur de l’Europe, dans les faits c’est l’inverse ( le milliard de cohésion en échange d’avoir accès a la bourse Eu en est la preuve…) Bref, le futur nous dira à quelle sauce Eu va manger notre pays.

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