Jérôme Meizoz : un auteur tendre, constant et prolifique

Jérôme Meizoz: érudition et discrétion

Sans tapage, ni déclarations fracassantes, le valaisan Jérôme Meizoz écrit et la liste de ses publications est longue. Essayiste, il s’adonne également à la poésie, aux récits historico-socio-politiques et à la fiction. En 2018, il devient le lauréat du Prix suisse de littérature pour Faire le garçon, un roman documentaire pertinent et tendre, sur les contraintes que l’on impose aux hommes, dès leur plus jeune âge, afin d’en faire de vrais modèles de masculinité selon les normes sociales en vigueur à la fin du XXème siècle dans une campagne catholique. En ce jour de St-Valentin où quitter, partir ou être seul-e, semble souvent plus pesant qu’un autre jour, j’ai choisi de vous présenter un poème qui décrit le désœuvrement que l’on éprouve parfois dans les gares. Paru dans Terrains vagues, éditions de L’Aire -2007-, un recueil réédité par L’Âge d’Homme – «Poche suisse », 2015.

 

Jérôme Meizoz :  biographie succincte

Jérôme Meizoz, né en 1967 en Valais, vit à Lausanne. Ecrivain et professeur de littérature française à l’Université de Lausanne, auteur de diverses études consacrées à Rousseau, Töpffer, Ramuz, Céline, à des auteurs suisses (Chappaz, Bille, Cherpillod, Nessi, Lovay) comme à la littérature française contemporaine (Annie Ernaux, Pierre Bergounioux). Son premier récit, Morts ou vif (Zoé, 1999) a reçu la mention «Livre de la Fondation Schiller Suisse 2000». Il a publié notamment Les Désemparés (Zoé, 2005), Terrains vagues (L’Aire, 2007), Fantômes (En bas, 2010), Séismes (Zoé, 2013), Haut Val des loups (Zoé, 2015). En 2018, le roman Faire le garçon (Zoé), reçoit un Prix suisse de littérature.

Pour davantage d’information, vous pouvez consultez son site où écouter l’entretien accordé à Mélanie Croubalian dans son émission Entre nous soit dit – RTS- lors de la réédition de Terrains Vagues. Meizoz y déclare aimer écrire -ou plutôt prendre des notes- dans les trains.

Afin de rester dans l’ambiance de l’auteur et de donner un écho au poème de ce 14 février, je vous invite à découvrir une vidéo tournée à la gare Genève-Cornavin d’où, Jérôme Meizoz, nous explique l’importance que l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau revêt encore aujourd’hui.

 

Charline Lambert: le rappel de la chair dans le son des mots

Charline Lambert: poétesse de l’urgence

Charline Lambert, jeune poétesse plusieurs fois primée, a une inclination pour les formes denses, courtes et incisives. Le poème ci-dessous est tiré du recueil Désincarcération, paru aux éditions L’Âge d’Homme.

 

Charline Lambert: une poésie qui touche à l’essentiel

Charline Lambert est née en Belgique en 1989. Après Chanvre et lierre, publié aux éditions Le Taillis Pré, elle a sorti deux recueils à L’Âge d’Homme: Sous dialyses et Désincarcérations.

Page après page, les courts poèmes de Charline Lambert déploient une histoire avec la volonté d’enlever la mièvrerie que l’on inflige souvent à la poésie. Son désir c’est d’aller au but, de toucher à l’essentiel. Sa recherche c’est de donner à percevoir, à vibrer, afin que l’on soit plus sensible à des qualités sonores. Ce qu’elle aime c’est la séduction des mots. Se laisser emporter par un mot, sentir comment le mot peut nous emporter dans ce que nous sommes. Elle défend l’intention, le travail, la persévérance, la recherche à tous les niveaux. Au niveau sonore, au niveau du choix des mots.

Selon l’inclassable écrivain, poète et typoperformeur Vincent Tholomé  « Charline Lambert est affamée. Écrit. Aime. Se frotte aux autres. Elle sait qu’on peut, de temps à autre, sentir un souffle. Briser la glace. Raviver. Elle sait qu’on est des volcans en sommeil. »

Dans son ouvrage Désincarcération le corps est le hors sujet du livre. Tout autours, des éclats, des ruptures, des issues.

Ci-dessous une vidéo de la poétesse réalisée par Alice Khol.

Sources:

– Revue des Lettres belges francophones

Désincarcérations, éditions L’Âge d’Homme 2017

-Cinémathèque Fédération W-B

 

Clémentine Faïk-Nzuji Madiya: littérature orale et interculturalité

Clémentine Faïk-Nzuji Madiya : la tradition orale pour inspiration

Les premiers vers de Clémentine Faïk-Nzuji Madiya, professeure, philosophe, écrivaine et poétesse kino-congolaise paraissent en 1967.

Sa poésie inspirée de la tradition orale, érotique, souvent voluptueuse, se réfère au pays natal, à la femme, la mère, l’amante et l’épouse. Elle décrit aussi certaines situations tragiques comme dans le poème ci-dessous :

 

Clémentine Faïk-Nzuji Madiya est née à Tshofa le 21 janvier 1944 dans la province du Kasaï-Oriental, en République démocratique du Congo. Elle fait ses études à l’institut religieux du Sacré-Cœur, puis à l’École normale moyenne de Kinshasa. Au début des années 1960, elle obtient une licence en philologie africaine de l’Université nationale du Zaïre et commence sa carrière de poétesse. De 1964 à 1966, elle dirige le « cercle culturel de la Pléiade » à l’Université Lovanium. Son amour pour la poésie l’amène, en 1969, au Festival de Dakar où elle remporte le premier prix du concours de poésie Léopold Sédar Senghor. Elle réalise des études à l’Université de la Sorbonne Paris III et devient Docteur d’Etat ès Lettres et Sciences Humaines. Elle enseigne les littératures orales et la stylistique africaines, d’abord à l’Université Nationale du Zaïre de 1972 à 1978, puis à l’Université de Niamey de 1978 à 1980. Depuis 1981, elle enseigne la linguistique, les littératures orales et les cultures africaines à l’Université Catholique de Louvain, en Belgique.

De 1986 à 2016, elle a dirigé le Centre international des langues, littératures et traditions d’Afrique au service du développementCILTADE-  qu’elle avait fondé, et au sein duquel elle a poursuivi ses recherches dans les domaines de la linguistique bantu générale, et dans ceux de la symbologie, des tatouages et des scarifications. Cette organisation a été dissoute en 2016.

Actuellement, elle continue des recherches à titre personnel et collabore avec des institutions universitaires africaines, notamment avec la Faculté de Philosophie Saint-Pierre Canisius Kimwenza, à Kinshasa, RD Congo et à  l’IFAN – Institut fondamental d’Afrique noire- à Dakar au Sénégal. Elle est régulièrement invitée dans des institutions universitaires européennes pour des consultations et des expertises. Ses nombreuses publications scientifiques se regroupent essentiellement dans les domaines des littératures orales, de la symbolique africaines et de l’interculturalité. Ces recherches l’ont l’amenée à participer à de multiples rencontres scientifiques internationales, à donner de nombreuses conférences et à animer des séminaires sur ses thèmes de recherche.

Clémentine Faïk-Nzuji Madiya a aussi été lauréate au Concours de nouvelles en langues africaines de l’Afrique centrale, organisé par l’Académie Royale des Sciences d’Outre-Mer -Belgique, 1987- et lauréate au Concours de la Meilleure Nouvelle de langue française organisé par Radio France-International à Paris en 1990.

 

Vous pouvez consulter le site de Clémentine Faïk-Nzuji Madiya en cliquant ici.

Sources :

-Poètes d’Afrique et des Antilles, de Hamidou Dia, Editions de la Table Ronde

– Wikipédia

-Groupe culturel et artistique “Kamikaze”.

 

Anne-Sophie Dubosson: une globe-trotteuse studieuse

Une poésie d’eau rage

Originaire de Troistorrents, en Valais, Anne-Sophie Dubosson, née en 1986, parcourt le monde en étudiant. Les poèmes qui suivent sont extraits de son recueil De rage et d’eau.

 

 

J’ai rencontré Anne-Sophie Dubosson, un peu par hasard, au Salon du Livre et de la Presse, à Genève, le printemps dernier. Après la lecture de son recueil de poèmes, j’ai eu envie de publier son travail sur ce blog. La biographie qu’elle m’a donné étant pleine d’allées-venues, je lui ai demandé des éclaircissements.

« J’ai obtenu un Bachelor en sociologie de la communication à Fribourg, puis je suis partie faire une maîtrise, aussi en communication, à Paris, pendant une année. Je suis par la suite allée vivre pendant un moment au Colorado, je suis revenue en Suisse puis repartie à nouveau aux USA où j’ai eu mon Master en littérature française en Ohio. J’ai enseigné par la suite en Floride et je suis revenue vivre en Suisse pendant 3 ans. Et me voilà à nouveau aux Etats-Unis où je vis avec mon mari américain ».

Comment est né De rage et d’eau ?

« Après avoir vécu quelques années aux Etats-Unis, j’ai ressenti le besoin de rentrer en Suisse et de me reconnecter à mes origines. J’ai donc passé du temps en Valais mais aussi à Fribourg et à Yverdon. Ce retour aux sources s’ouvre pour moi sur une période de réflexion et d’introspection. Le recueil De rage et d’eau en est le reflet ; il est imprégné de ces ponctuels émerveillements, d’un certain abandon face à la nature et à la vie. Ecrire ce recueil, c’était choisir quelque chose proche du dénuement. C’est ce que je recherchais à ce moment-là. Lorsque j’ai décidé de vivre à Yverdon, j’ai voulu écrire l’absence, ce sentiment d’absence, la difficulté à retrouver du sens dans ce pays qui est pourtant le mien. Un déchirement intérieur peut-être. Cette nécessité d’avoir ces montagnes et ces eaux, cette nature spectaculaire, d’entendre la parole des gens de chez moi et la difficulté d’y vivre complètement. J’ai fait cependant en Suisse, à cette période-là, de magnifiques rencontres. Fondamentales même. Ce retour en Suisse s’est révélé être extrêmement créatif. Et ce recueil en porte aussi la marque.

En décembre 2017,  De rage et d’eau est publié aux éditions Torticolis et frères et j’écris pour des revues littéraires, tels que Le Persil et La Cinquième Saison. Mais la nécessité de partir se fait à nouveau ressentir. Je quitte mon travail pour aller vivre pendant 5 mois au Vietnam. Je passe mes journées à écrire et prendre des photos entre Hanoï et Ho Chi Minh Ville. Je suis en train de réécrire l’histoire de ce séjour en Asie et j’espère que ces textes poétiques pourront faire l’objet d’une publication dans l’année à venir.

Je vis actuellement à Nashville, où j’ai commencé un doctorat qui porte sur la littérature francophone caribéenne et haïtienne ».

Sources:

Anne-Sophie Dubosson

 

SIFAW: dans le corps de Lilian Schiavi

Les Fables de l’Origine

Parfois deux esprits habitent un seul corps. J’ai connu l’essayiste Lilian Schiavi, le voici à présent habité par Sifaw. Le poème choisi est paru dans le recueil Landscape Solitudo aux Éditions Torticolis et Frères. Ensuite, je laisserai la parole au poète lui-même. Vraiment lui-même?

 

 

“Sifaw est né dans la vallée Dadès au Maroc. Il est né d’un désir de vérité et d’une adresse bienveillante. Il est né, au-delà du biologique, au regard de l’amazighité. L’accueil et l’amitié qu’on lui porte, sans questions, ni impudeur, le souffle. Il part dans le désert habité de musique et de paroles soufi. Sifaw est l’éveilleur en tamazight, un dialecte berbérophone, c’est-à-dire et plus amicalement : amazigh. Le prénom Sifaw pour les imazighen est habité du souffle de Saïd Sifaw, poète lybien qui résista au pouvoir du colonel Kadhafi. Saïd El- Sifaw est né à Jadou dans les montagnes de Néfoussa au Nord Ouest de la Lybie, il est mort à Tunis où il s’exila à la suite d’un grave accident de la route, accident mais attentat.

Aujourd’hui Sifaw vit dans la vallée des Ormonts aux Diablerets. Cette vallée sans dessus-dessous réveille en lui, un désir de poésie, jamais disparu, mais ténu. Les montagnes qui l’entourent n’attirent aucune protection, ni limitation, il ne se sent pas au creux d’une vallée qui se termine. Le Scex Rouge qui culmine à plus de 3000 mètres a le nom du désir.

Les ombres portées de chaque roche, pointe et pic menacent la silhouette de l’essayiste qu’il fut. En 2006, sous le nom Lilian Schiavi, qui est aussi celui de sa fiche d’état civil, il publie un essai de théorie esthétique sur la croyance dans l’image. Puis il entreprend un vaste chantier de recherche philosophique sur la représentation, l’image, le sensible et la pensée, intitulé : Les enjeux du sensible dans la représentation. Son travail est ponctué par un essai sur le sensible au bout de dix années, Les Déferlements de l’image étant lui, un essai sur la saturation des images et des concepts, publié en 2011 et écrit en 2008. Essai dont certaines pages sautent aux yeux de Sifaw sur les problématiques de l’altérité et partant de l’exil et celle de la censure religieuse et ainsi du blasphème.

Lilian Schiavi est né en 1980 dans le Jura français. Il meurt à 33 ans et sa posture sacrificielle avec lui lors d’une performance où il déclame, éructe et crie son Tuer.

La poésie de Sifaw est habité de terres lointaines ou invisibles. Elle cherche l’expression d’une conscience née de la matière. Elle soulève des approches pudiques faites de mystères, de peurs et de courage. Elle ne se réfugie pas sur les territoires actuels du geste poétique furtif qu’elle ironise. Elle ne clive pas le concept et la sensation. Le concept tout comme l’image est aussi une charge sensible. Elle se donne des inspirations sans tutelles : Okoundji, Adonis, Darwish, Du Bouchet ou Joe Bousquet… La quête de Sifaw est une transformation de la langue philosophique en langue poétique. Dans ce jeu de langues, s’imprègne une sensualité qui est aussi une conception philosophique du monde où l’esthétique est le procès sensuel de la pensée”.

 

Bibliographie

Aux Éditions Torticolis et Frères, La Chaux-de-Fonds

Landscape solitudo, Sifaw

  1. Les Fables de l’origine, Sifaw

Couplé avec Sensible (d’outre-tombe), Lilian Schiavi

  1. Tuer

Aux Éditions de L’Harmattan, Paris :

  1. Les Déferlements de l’image ; situations ironiques, théoriques et critiques.
  2. Spectre-chair, essai sur l’expérience des images.

Patti Smith: amoureuse des poètes français du XIXe siècle

Passionnée par les Arts

Alliant poésie Beat et garage rock des années 1960 et 1970, l’on considère Patti Smith comme la « marraine » du mouvement punk. Toutefois, depuis son enfance, ses passions sont le dessin et la littérature, en particulier la poésie. Le poème qui suit est extrait du recueil Présages d’innocence.

 

Traduction de Jacques Darras.

 

Issue d’un quartier très pauvre du New-Jersey, rien ne destinait Patti Smith à devenir l’auteure-compositrice, interprète, poétesse, écrivaine, guitariste, chanteuse, humaniste… que l’on connaît, même si dès l’enfance elle sut qu’elle voulait faire de l’art.

Fille d’une serveuse et d’un ouvrier, Patti Smith – Patricia Lee Smith -, est née à Chicago en 1946, dans une famille extrêmement religieuse. A 18 ans, elle tombe enceinte : on la radie de l’Ecole Normale. Son projet de devenir institutrice prend fin. En 1967, elle part à New-York où elle rencontre le photographe Robert Mapplethorpe. Pendant la première partie des années 1970, Patti Smith se livre intensivement à la peinture et à l’écriture, se produit en tant qu’actrice au sein d’un groupe poétique.

Au cours des années suivantes, elle s’adonne à la musique, en conjuguant rock et performances poétiques. Les paroles de ses chansons font découvrir la poésie française du XIX siècle aux jeunes Américains. Conjointement, elle devient une icône de la scène underground new-yorkaise.

Durant les années 1980-90, parallèlement à ses créations musicales, elle poursuit son travail artistique, mêlant dessin, photographie et écriture.

En 2007, les éditions Christian Bourgeois publient, en bilingue, son premier recueil de poésie : Présages d’innocence.

La Fondation Cartier pour l’art contemporain accueille, en 2008, à Paris, une grande exposition de ses œuvres, intitulée “Land 250”, comprenant des pièces réalisées entre 1967 et 2007.

En 2010, elle publie Just Kids, qui relate son amitié avec Robert Mapplethorpe, qui recevra le National Book Award.

Version originale.

 

Sources:

Éditions Christian Bourgeois

Just Kids, Patti Smith, éditions Denoël

-Wikipédia

Anaïs Carron : poétesse en corps et en griffes

Des textes aux fragrances puissantes

 

Poème d’Anaïs Carron, une jeune poétesse valaisanne installée sur les bords du Léman.

 

Anaïs Carron a grandi à Collombey, en Valais, entre les montagnes et les raffineries. En 2017, elle obtient un Master en histoire de l’art et sciences sociales à l’Université de Lausanne.

En décembre de la même année, elle publie son premier recueil de poèmes, La griffe, aux éditions Torticolis et Frères. Ses textes en prose dissèquent les êtres qui habitent son quotidien, corps charnels ou inertes qui se révèlent à travers leurs textures, leurs lignes ou leurs saveurs. Vibrant et beau.

 

Anaïs Carron, lisant ses poèmes lors de l’un des Apéros Poétiques des Bains des Pâquis, le 2 décembre 2017 .

En 2018, elle publie une nouvelle dans la revue littéraire La cinquième saison. Intitulée Compulsions, elle raconte l’histoire d’une écrivaine ratée qui enquête sur la mort d’une poétesse anonyme, atteinte du syndrome de Diogène.

Enseignante, Anaïs Carron vit actuellement à Morges.

Sources:

-Anaïs Carron

Les éditions Torticolis et Frères

Michel Houellebecq : un poète devenu romancier

Soufre et amertume

Avant d’être l’auteur des très controversés Particules élémentaires ou Soumission, Michel Houellebecq écrivait de la poésie. Ce poème a été publié en 1991, par les Éditions de la Différence aujourd’hui disparues, dans un recueil intitulé A la poursuite du Bonheur.

 

 

Né sur L’île de La Réunion en 1956 ou 1958 – sa date de naissance reste un mystère sa mère ayant probablement falsifié son acte de naissance – Michel Houellebecq est considéré comme l’un des plus grands écrivains français contemporains. Avant de séduire le grand public avec sa prose, sa poésie rencontrait déjà un succès d’estime dans les milieux intellectuels et littéraires. Ses deux premiers recueils de poèmes, parus en 1991, passent inaperçus, les deux suivants seront primés : A la poursuite du bonheur, prix Tristan Tzara 1992 et Le Sens du Combat, prix de Flore 1996. Dans ces recueils les thèmes essentiels des livres à venir y sont déjà traités : solitude existentielle, dépression, dénonciation du libéralisme qui prend corps jusque dans l’intimité des individus.

Sa poésie, amère, violente et sans espoir, contient tous les signes de la souffrance humaine.

 

Sources :

Éditions J’ai Lu

Bibliothèque nationale de France

-Wikipédia

Annette Mbaye d’Erneville

Initiatrice du féminisme en Afrique

Poème d’Annette Mbaye d’Erneville, première poétesse africaine d’expression française.

 

Annette Mbaye d’Erneville est née en 1929 au Sénégal. Ses premiers poèmes remontent à 1952. Elle est la vraie précurseure de la poésie féminine négro-africaine. Journaliste, elle fait également partie des initiatrices du mouvement féministe africain. Sa maison à Dakar, surnommée La Roulotte, est un véritable salon littéraire que visitent tous les écrivains de passage au Sénégal.

Ses thèmes soulignent la souffrance, la révolte et l’amour qui appartiennent foncièrement à la femme et à l’Afrique. Ses vers parlent de trahison, de nostalgie, d’humanité, de solitude et de regrets ainsi que de certains aspects de la négritude. Ses poèmes se construisent autour d’images visuelles frappantes, aux cadences musicales appropriées. Sa poésie ne cesse d’explorer son amour pour l’humanité, les déboires des entreprises humaines et le pouvoir des femmes africaines.

Sources :

-Poètes d’Afrique et des Antilles, de Hamidou Dia, Editions de la Table Ronde

La Voix de la Poésie

Carlos Drummond de Andrade

Une poésie toujours d’actualité

Ce poème de Carlos Drummond de Andrade, traduit du portugais par Ariane Witkowski, figure dans La mort dans l’avion & autres poèmes, publié par les Editions Chandeigne.

 

Version française : *Sertão désigne l’ensemble des terres semi-arides du Brésil.

Carlos Drummond de Andrade (31 octobre 1902 – 17 août 1987), est l’un des plus grands auteurs de la littérature brésilienne, considéré comme le plus grand poète national du XXe siècle. Malgré cela, ce pharmacien de formation qui devint très vite professeur de lycée, resta fonctionnaire la plus grande partie de sa vie.

Intégrée dans la deuxième phase du modernisme brésilien, sa production littéraire reflète certaines caractéristiques de son époque : l’utilisation de la langue actuelle, les questions quotidiennes, les réflexions politiques et sociales.

Par sa poésie, Drummond a retenu l’attention et obtenu l’admiration des lecteurs contemporains. Ses poèmes se concentrent sur des questions qui restent d’actualité : la solidarité, la mémoire, la vie en société, les relations humaines.

Ses poèmes expriment des réflexions profondes sur l’existence, où le sujet expose et questionne sa façon de vivre, son passé et son but.

Carlos Drummond de Andrade a également écrit des contes et des chroniques.

Version originale.

Sources :

-Editions Chandeigne

-Wikipédia

-Cultura Genial