Mensonge, omission ou transparence ?

 En fin d’année, le stress des fêtes, les contraintes liées au COVID, le temps perdu dans les transports ou l’écart (de plus en plus grand) entre vos valeurs et celle de votre entreprise, vous amèneront à scruter ailleurs, le nez collé à la fenêtre. L’herbe n’est-elle pas plus verte dans le champ du voisin? Après la prise de conscience et la réflexion viendra le passage à l’acte: rédiger votre candidature, qui — encore aujourd’hui et malgré toutes les avancées technologiques — se compose en premier lieu d’un CV et d’une lettre d’accompagnement (ce terme me semble plus adéquat que lettre de motivation), sésames incontournables pour décrocher un entretien d’embauche. Décryptage.

 1. Si vous cherchez à duper le/la recruteur·se, autant s’abstenir

Lorsque vous établissez (ou remettez à jour) votre CV, sachez que le/la recruteur·se passe ses journées à en lire, l’œil affuté. À l’instar du boulanger qui, d’un seul coup d’œil, repère au sortir du four, les croissants « invendables ». Il/elle va débusquer à la fois les écarts entre le profil recherché et les éléments potentiellement dissonants. Partage de l’une de mes grilles de lecture afin d’éviter certains écueils lors de votre postulation :

  • Âge : un critère très important. Le profil recherché doit s’intégrer dans une équipe et l’équilibre des âges est un paramètre à ne pas négliger. Si l’équipe est composée majoritairement de seniors, l’objectif sera de rajeunir la team, et ce, malgré vos excellentes compétences.
  • Lieu de domicile : je corrèle cette information avec la lettre d’accompagnement. Si vous habitez à plus d’une heure de trajet, vous devez clairement indiquer votre flexibilité et la raison de votre intérêt pour le poste : « Actuellement Parisiens, nous avons comme objectif familial de nous établir en Suisse, dans la région de Montreux ».
  • Emploi actuel ou dernier emploi : pour comprendre l’adéquation à la fonction, le titre du CV et les principales réalisations doivent être clairs. Les données chiffrées n’ont pas lieu d’être à ce stade, car il est impossible de les corréler : mentionner une croissance de 50 % du chiffre d’affaires ou une réduction des coûts de 20 % demeure risqué ou aléatoire.
  • L’accroche du CV ou l’objectif professionnel : l’adéquation entre le poste et les objectifs se doit d’être cohérente : si vous écrivez « je veux me développer dans une société internationale » alors que l’annonce provient d’une PME locale, ne soyez pas surpris·e d’être recalé·e !
  • Les compétences linguistiques et la formation : le/la recruteur·se va analyser les « écarts » et vérifier dans la lettre d’accompagnement les réponses manquantes : si le poste requiert l’allemand et que rien n’indique votre niveau ou votre volonté à l’apprendre, votre dossier sera placé dans la mauvaise pile immédiatement.
  • Les «trous» ou omissions : la cohérence de votre parcours et les « trous » dans le CV s’analysent également. La transparence et la clarté des informations seront très appréciées. Une activité qui va de « 2018 à 2019 » sera examinée avec attention. En effet, elle peut signifier 24 mois ou… 2 mois ! Si la lecture du certificat de travail stipule une courte durée, le/la recruteur·se pourra croire à une tentative de manipulation de la vérité : une entrée en matière bancale.

À noter: adaptez votre CV au poste en question et ne cherchez pas à masquer ou travestir des informations. Il y a une forte probabilité que vous n’ayez jamais l’occasion de vous expliquer lors d’un entretien.

2. Si vous bâclez votre lettre, autant renoncer à postuler

Ah ! la fameuse lettre de motivation ou e-mail d’accompagnement du CV… Je suis estomaqué du peu de soin que les postulant·es prennent à rédiger ce document. Avec les sites d’emploi, le click est trop facile et beaucoup se contentent d’un CV pur et simple : « le/la recruteur·se fera le tri ». Effectivement. Il/elle aura une grande tendance à placer le CV sur la pile « négatif ». Alors, voici quelques suggestions pour y parer :

  • Il est primordial que le/la recruteur·se puisse comprendre les raisons de votre postulation, lister vos valeurs ajoutées et corréler votre parcours professionnel avec le poste à pourvoir. Ce document doit répondre à : «Pourquoi nous? Pourquoi vous?» pour inciter à une rencontre prochaine.
  • Afin de faciliter la gestion de votre dossier de candidature (fichiers .pdf), il est opportun de mentionner les principaux éléments de votre lettre d’accompagnement dans le corps de l’email.
  • Utilisez aussi ce vecteur de communication pour expliquer un élément différentiateur !
  • « Mon niveau d’allemand actuel correspond au B1, mais je suis des cours intensifs pour atteindre le C1 »
  • « Habitant actuellement à Bienne, j’ai comme objectif de déménager à Lausanne afin de résider près de mon lieu de travail »
  • « Je n’ai pas de certification PMI, mais je dispose de 15 ans d’expérience en gestion de projets, à mon sens tout aussi pertinents »

3. Si vous négligez sa préparation, autant abandonner

Vous venez de recevoir une magnifique nouvelle ! Votre candidature a passé les premiers filtres : vous avez été retenu·e pour un entretien d’embauche (en visioconférence ou en présentiel). À ce stade, quatre à huit personnes demeurent en lice. Je suis toujours frappé du nombre de candidat·e·s qui se présentent la bouche en cœur, sans aucune préparation. Est-ce un manque de motivation ? De la paresse ? Un ego surdimensionné ? De la naïveté ? Croyez-vous que le simple fait d’avoir été sélectionné·e vous dispense de tout effort pour décrocher le poste ? Voici quelques conseils pour optimiser votre temps de parole :

  • Lisez les derniers rapports annuels, faites des recherches en ligne sur la société et les personnes présentes lors de l’entretien
  • Si votre CV comporte quelques trous ou « virages », préparez-vous à avoir un discours clair et transparent
  • Inutile de cacher que vous venez de subir un licenciement. Votre interlocuteur/trice sera sûrement rompu·e aux techniques d’entretien : il/elle risque de détecter vos incohérences verbales ou gestuelles. Autant miser sur la réalité factuelle.

Gardez aussi à l’esprit que les compétences relationnelles, l’envie de travailler ensemble sont tout aussi importantes que les atouts techniques. En fin de compte, en tant qu’humains, nous privilégions l’envie de collaborer dans un environnement le plus agréable possible. Alors, autant investir le temps et l’énergie nécessaires pour construire votre prochaine étape de vie professionnelle.

Belles fêtes de fin d’année à vous !

Christophe ANDREAE [[email protected]www.jrmc.ch]

Professionnel du recrutement de cadres et de spécialistes (plus particulièrement dans les profils d’expert·e·s et de cadres ingénieur·e·s ainsi que dans le secteur informatique). Enfin, j’aime également partager mon expertise pour des missions confidentielles ou dites sensibles.

Suivez-moi en vous abonnant à mon blog: https://blogs.letemps.ch/christophe-andreae/author/christophe-andreae/

 

 

 

Horizon RH ? Les défis 2022

Horizon RH? Les défis pour 2022

Les vacances sont derrière nous. La belle énergie engrangée se dissipe avec de nouvelles contraintes: pass sanitaire COVID-19 et incertitudes économiques futures. Heureusement, les victoires suisses glanées aux JO de Tokyo, la fine fleur féminine de l’US Open valorisent la volonté, l’abnégation et la détermination. Elles déplacent les montagnes et rendent possible ce qui semblait hors de portée. Dès lors, quels défis attendent les départements RH, l’an prochain? Résumé des discussions partagées avec nos clients, partenaires et candidats.

 

1. Préparer le retour des collaborateurs sur site

Bien évidemment, la pandémie a obligé les entreprises à mettre en place le télétravail à 100 % pour les activités qui le permettaient. Les activités économiques ont perduré, mais ont aussi ouvert la porte à une forme de liberté nouvelle pour les collaborateurs/trices. Cet automne, il faudra gérer plus précisément les règles liées au télétravail : faire en sorte que les collègues reviennent sur site. Nombre d’entre eux/elles se sont rendu compte du temps qu’ils/elles gaspillaient chaque jour dans les trajets en voiture ou en transports publics. Si rien n’est mis en place, ces personnes vont chercher à se rapprocher de leur lieu de domicile : une perte certaine en matière de know how et de compétences. Quant à celles et ceux qui ne veulent pas revenir sur leur lieu de travail, elles/ils freineront des quatre fers pour rester à la maison. Quitte à perdre l’esprit d’équipe et le lien avec l’entreprise. Des électrons libres en puissance ? D’autre part, celles et ceux qui n’en peuvent plus d’être bloqué·es chez eux semblent tout aussi pénalisé·es par la situation.

Quelques observations :

  • La norme à venir va s’étendre à deux jours de home office par semaine
  • Les sociétés réfractaires au télétravail vont perdre en attractivité
  • Plus d’entreprises vont compter le temps de déplacement comme temps de travail (utilisé à bon escient)

 

 

2. Un équilibre de tous les dangers

Qui dit télétravail dit aussi risques accrus de dérapage ou d’excès :

  • Absence de transition entre le temps de travail et les loisirs
  • Difficulté à avoir une vraie place de travail
  • Qui paie quoi? Bureau, connexion, matériel informatique
  • Soucis de sécurité Web et risques de hacking

On remarque aussi, dans le domaine informatique, l’émergence de collaborateurs «nomades»: ils n’ont plus de lien solide avec l’entreprise. L’un d’eux (employé de notre client), résidant en Haute-Savoie, s’est vu offrir un travail à Londres tout en habitant Annecy. Payé à un tarif légèrement inférieur qu’à Londres, mais supérieur à celui octroyé en France, celui-ci a saisi une opportunité financière sans les inconvénients de déplacement.

Que du bonheur ? Impossible pour son employeur actuel de s’aligner avec la concurrence sans mettre en danger toute sa grille salariale. Ce mode de collaboration va se multiplier dans les prochaines années.

3. La marque employeur

Dans les métiers technologiques où JRMC est actif, le virus COVID-19 n’a pas diminué la pénurie en main-d’œuvre. Bien au contraire. Le développement en matière de sécurité informatique, besoins systèmes, réseaux et consultants métiers, s’accroît de jour en jour. Ceci s’applique aussi au domaine électrique et au Génie civil. Par conséquent, la chasse aux talents va continuer à faire rage. Dans cet environnement « tendu », les sociétés vont soigner leur marque employeur pour attirer les talents (cadres ou spécialistes).

 

Voici quelques « avantages » qui font mouche actuellement :

  • La possibilité de faire du télétravail
  • Le temps partiel (de plus en plus de personnes demandent un 80 %)
  • L’effort mis sur la formation continue
  • Le support RH
  • Le sens donné au travail
  • Un environnement soigné et agréable pour le/la collaborateur/trice
  • Les actions qui forment et maintiennent l’esprit d’équipe

Par les temps incertains et compliqués qui courent, le partenariat « RH/management/équipes » s’avère très important. Les départements RH ne doivent pas s’occuper que du recrutement, traiter les problèmes et régler les aspects administratifs, mais aussi soutenir les managers. Il s’agit de les aider à développer leurs teams, retenir les talents et créer une dynamique positive afin de donner du sens à la mission et générer du plaisir au travail.

Ici, les directions générales et les conseils d’administration doivent prendre la mesure de l’importance d’investir dans les équipes RH, car trop souvent, les HR Business Partners ont trop de personnes à superviser : elles ne peuvent se concentrer que sur le strict nécessaire. Le nez dans le guidon, elles courent d’urgence en urgence et ne peuvent — malheureusement — s’occuper du précieux capital humain. Un dommage pour l’évolution de l’organisation de toute entreprise.

 

Christophe ANDREAE [[email protected]www.jrmc.ch]

Professionnel du recrutement de cadres et de spécialistes (plus particulièrement dans les profils d’expert·es et de cadres ingénieur·es ainsi que dans le secteur informatique). Enfin, j’aime également partager mon expertise pour des missions confidentielles ou dites sensibles.

 

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J’ai postulé à l’interne. Verdict : recalé-e !

La nouvelle vient de tomber: vous êtes K.O. Le poste que vous convoitiez en interne, pour lequel vous pensiez être LE ou LA candidat·e idéal·e, a été attribué à une personne hors sérail. Elle sera votre future manager. Pourtant, vous pensiez avoir tous les atouts en main: plusieurs collègues du management vous l’avaient assuré. Maintenant, vous vous retrouvez seul·e face à votre déception, frustration, voire, humiliation. Dès lors, comment rebondir à cette situation?

1. Mettre son égo de côté

Votre (première) mauvaise nuit achevée, vous traversez tous les états d’âme : « Je démissionne de suite et je pars à New York » ; « ils ne me méritent vraiment pas » ; « qu’ils aillent donc se faire voir chez les Grecs ! » La défaite ruminée les jours suivants, une phase d’introspection s’impose. Il s’agit de mettre de côté votre égo, analyser et décomposer — avec le recul nécessaire — les tableaux de ce mauvais film :

  • Ai-je pêché par suffisance ?
  • Ma préparation était-elle lacunaire ?
  • Ai-je vraiment repéré les signaux faibles ?
  • Ai-je occulté des jeux politiques sous-jacents ?
  • Le saut pour ce poste était-il trop important ?
  • Les encouragements de mes pairs étaient-ils sincères ?
  • Pourquoi du sang neuf pour ce poste ?
  • Qu’a-t-il/elle de plus que moi ?

Cette remise en question – à l’instar d’un·e amant·e éconduit·e – demeure fondamentale.

Il s’agit de comprendre la raison de cet échec pour affiner votre stratégie lors d’une prochaine postulation. Prenez le temps d’étudier le parcours professionnel de votre concurrent·e externe. Vous y trouverez quelques éléments de réponse. N’oubliez pas non plus ceci : si vous êtes un très bon élément à votre poste actuel, vous nommer pour celui que vous convoitiez aurait créé un « vide ». Ce qui vous aurait peut-être desservi·e.

Il peut être judicieux également de « pousser votre avantage » à demander une nouvelle formation, une augmentation salariale ou une modification de votre périmètre de compétence. Si votre employeur a envie de vous garder, vos cartes ne sont que meilleures. Jouez de vos atouts !

Vis-à-vis de vos collègues, la meilleure attitude reste celle d’une posture sobre et positive. « Certes, je n’ai pas eu le poste. Je l’accepte et reste motivé·e pour la suite. Je vais tout faire pour accueillir notre nouveau manager et lui apporter mon soutien. » Inutile de critiquer ouvertement votre employeur ou le processus de sélection. Ceci peut se retourner contre vous. Il n’y a rien à gagner à endosser un personnage de mauvais perdant ou revanchard. On a vu trop souvent des candidat·es déçu·es, annoncer leur lettre de congé dans la semaine et… demeurer en poste après quelques mois. Votre crédibilité est en jeu.

2. Attendre, soutenir, observer.

Après l’analyse des écarts entre vous et votre challenger, vous comprenez les raisons de votre non-sélection. Il est temps de digérer cette déception, de faire « contre mauvaise fortune bon cœur ». Si la Direction a choisi cette personne, c’est pour sa valeur ajoutée à l’entreprise. Il est donc important d’attendre son arrivée (ou de l’anticiper par un contact préliminaire), de soutenir son intégration et d’observer ce qui se passe.

Il y a toujours matière à apprendre d’un sang managérial neuf, garant d’autres expertises :

  • Il n’a aucun a priori par rapport à la société.
  • Il insuffle une nouvelle énergie dans le département.
  • Il possède des compétences dont vous pourrez bénéficier : gestion de projet, management, expertise, contrôle des budgets […].
  • Il nécessitera votre appui pour s’intégrer dans l’entreprise.

 

Alors, utilisez cette période pour observer le nouveau membre de la direction. Laissez-vous au moins trois à six mois avant de vous faire votre opinion. Ces mois seront à coup sûr enrichissants de part et d’autre.

3. Rester en poste ou partir ?

Quelques mois ont passé. La personne responsable du management est maintenant intégrée et fait partie de l’entreprise. Vous avez eu tout le loisir de collaborer avec elle et de quittancer la nouvelle dynamique. Dès lors, il est opportun de faire un arrêt sur image et de se poser les questions suivantes :

  • Ai-je envie de continuer à travailler avec ce membre de la direction ?
  • Est-ce que je trouve ma place dans cette nouvelle organisation ?
  • Ai-je développé des connaissances grâce à lui/elle ?
  • Est-ce que ce qui m’a été promis a été respecté ?
  • Est-ce que mon évolution à ce poste fait toujours sens ?

Ensuite, il sera temps de décider de rester… ou pas. En toute conscience, vous prendrez la bonne décision pour vous et vous seul·e. Avant de tracer la suite de votre carrière professionnelle. Ne confondez pas vitesse et précipitation, égo et compétences. Prenez le recul et la hauteur nécessaires : le gage d’un·e futur·e manager de haut vol.

Christophe ANDREAE [[email protected]www.jrmc.ch]

Professionnel du recrutement de cadres et de spécialistes [plus particulièrement dans les profils d’expert·es et de cadres ingénieur·es ainsi que dans le secteur informatique]. Enfin, j’aime également partager mon expertise pour des missions confidentielles ou dites «sensibles».

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«Comment se tirer une balle dans le pied avant même d’avoir commencé le processus de recrutement ?»

Je vous propose un jeu de rôle : celui de «recruteur·se», le temps de ce blog.

Devant votre écran, plus de 100e mails liés au poste “à repourvoir”. Vous avez 5 à 10 minutes pour traiter une postulation: ouvrir et parcourir les documents, les trier, les classer, les transférer et les imprimer. Avant même de commencer, vous «savez» que vous en avez pour 1-2 jour de travail. Vous savez aussi — par expérience — que 90 % du temps investi sera «perdu». En cause? L’analyse des candidatures «alibis» ou hors cible. Votre niveau d’empathie va fortement diminuer entre le premier CV et le 96ème, croyez-moi. Si après réflexion, vous avez un peu de compassion pour le/la chargé·e de recrutement, prenez en compte les suggestions suivantes.

 

1. Un dossier de candidature cohérent et structuré

 

Imaginez que votre dossier de candidature soit un cadeau : prenez le temps de l’emballer avec soin et d’y ajouter un mot personnel. Et non de le fourrer dans un sac en plastique taché et usagé !

Il est déroutant de constater à quel point, peu de candidats se mettent à la place du recruteur.

En discutant avec mes clients, voici leurs principales recommandations :

 

  • Le CV et la lettre d’accompagnement doivent être rédigés dans la langue de l’annonce.
  • Privilégiez le format PDF au format Word (désagréments de conversion de texte à l’ouverture du fichier).
  • Sauf demande spécifique, ne joignez que le CV et la lettre de motivation (mentionnez que vous tenez à disposition les certificats et diplômes si nécessaire).
  • Si vous joignez des documents complémentaires, veillez à ce qu’ils soient bien paramétrés (le dossier ne doit pas dépasser 5 mégaoctets).
  • Veillez à ce que votre CV comporte une photo récente (!) et optimisée pour l’envoi.
  • Évitez les noms de dossiers du genre «CV client»ou «Certificat de travail 1».(insérez plutôt «Nom_Prénom_CV», bien plus simple et lisible)
  • Chassez les fautes d’orthographe.

 

2. Oubliez les «omissions» dans votre CV

 

Cacher des informations dans votre CV s’avère un très mauvais calcul. Si l’on doit chercher votre date de naissance et les mois exacts de votre temps en poste dans les certificats de travail, et de surcroît, votre lieu de domicile dans la lettre de motivation, le/la recruteur·se vous enverra au Diable. On est en Suisse, avec des us et coutumes différents de l’Europe : autant les suivre. Quelques points essentiels à retenir :

 

  • Votre titre et votre objectif doivent correspondre au poste auquel vous prétendez («Je veux travailler dans un environnement international»alors que le poste est pour une PME romande, fait «tache»).
  • Pour les durées de chaque emploi, privilégiez la forme «MM.AA» à la forme «AAAA» (12.2018 – 01.2019 n’a pas la même valeur que 01.2018 – 12.2019).
  • La règle d’or : deux pages maximum (les détails seront traités en entretien).

 

Il est de bon ton, dans la pratique, de mettre son objectif professionnel en tête de CV. Ceci comporte deux avantages :

  1. clarifier subtilement son adéquation au poste.
  2. mentionner le tout sur votre CV (au cas où le/la recruteur·se ne prenait pas la peine de parcourir votre lettre de motivation).

 

3. Une lettre de motivation inspirante

 

Ah ! Internet et la facilité du «clic» : nul besoin de lire l’annonce en détail. Je postule et je laisse au recruteur le soin de trier. N’oubliez pas que nous avons une excellente mémoire et que les systèmes informatiques deviennent de plus en plus redoutables. Ce serait dommage, en ne mettant pas plus de soin à votre postulation, de vous bloquer les options futures pour l’entreprise convoitée. Je ne peux résister à partager avec vous ma dernière anecdote concernant un poste où le client demandait un bon niveau d’allemand. Un candidat a eu l’excellente idée de créer un nouveau code linguistique : le «A0» (?) No comment.

En discutant avec mes collègues recruteur·se·s, voici ce qu’il en ressort :

La lettre de motivation est très importante. Insérez-la dans le corps de l’e-mail ainsi qu’en pièce jointe. Ainsi, le/la recruteur·se dispose d’un exemplaire conforme. 1 page maximum. Elle doit faire comprendre pourquoi vous avez proposé vos services, quelle est votre adéquation au poste ainsi qu’à l’entreprise. Inutile de répéter votre parcours. Mentionnez en quoi votre futur employeur vous intéresse et quels sont vos principaux atouts pour l’emploi visé. Il vous manque une compétence secondaire ? Précisez comment vous comptez la combler. Il vous manque une compétence primordiale ? Argumentez solidement pour ne pas passer tout droit dans la pile «out».

Votre lettre de candidature doit donner envie d’en savoir plus, comme la 4e de couverture d’un livre — qui vous incitera à l’acheter. Ni trop ni trop peu. Évitez les envolées lyriques du genre «c’est moi qu’il vous faut» ou encore «je suis le/la candidat·e idéal·e». Vous n’avez aucune idée du potentiel des autres postulant·e·s. J’entends aussi souvent : «Bon, j’essaie quand même, car la société m’intéresse. On ne sait jamais…». Dans la pratique, vous avez 99 % de probabilité de ne pas aller plus loin. Par conséquent, je vous suggère de faire plutôt une candidature spontanée qui décrit vos talents et ce qui vous attire dans cette entreprise.

En résumé :

  • Plus vous serez précis·e dans votre candidature,
  • Plus vous vous mettrez à la place du/de la recruteur·se,
  • Plus vous exprimerez votre adéquation à la fonction,
  • Plus vous aurez compris les tenants du poste ainsi que la société,
  • Plus vous serez invité·e à un entretien.

Alors, à vos claviers !

Christophe ANDREAE [[email protected]www.jrmc.ch]

 

Professionnel du recrutement de cadres et de spécialistes (plus particulièrement dans les profils d’expert·e·s et de cadres ingénieur·e·s ainsi que dans le secteur informatique). Enfin, j’aime également partager mon expertise pour des missions confidentielles ou dites sensibles.

 

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Les clés des derniers entretiens d’embauche

Je vais vous faire une confidence: dans un processus de recrutement, si vous êtes invité aux derniers entretiens, c’est que vous remplissez les critères techniques liés au poste. À ce stade, ce ne sont plus les compétences qui vont faire la différence, mais votre capacité à donner envie de collaborer avec vous. Comme lors d’une finale de tournoi de tennis: aligné dans sa tête, c’est celui qui a le plus envie de gagner, de se démarquer qui va l’emporter. Voici trois clés pour se placer à la première marche du podium.

 1.Se projeter dans le poste

En tout premier lieu, il est fondamental de bien valider votre compréhension du poste : son périmètre, les responsabilités liées, l’équipe à gérer ainsi que les défis attendus. Prenez le temps de bien relire l’annonce ou les documents reçus. Posez-vous les bonnes questions et quittancez les éléments clés. Projetez-vous dans l’écosystème de votre potentiel employeur. C’est ainsi que vous aurez la meilleure vue de votre futur :

  • La taille de l’équipe et son ADN
  • Vos pairs
  • Votre manager
  • La stratégie de l’entreprise
  • Les projets en cours
  • Les derniers résultats financiers

Ensuite, vous pourrez réitérer votre valeur ajoutée, vos actions premières: exprimer — subtilement — pourquoi vous êtes la personne ad hoc pour le poste. Par exemple, si une présentation PowerPoint vous est demandée, voici quelques éléments à garder en tête :

  • Créez des slides percutantes
  • Mémorisez-les
  • Imprimez un exemplaire pour le comité de sélection (2-3 slides par page)
  • Déroulez votre présentation debout
  • Exprimez vos hypothèses de travail et challengez vos interlocuteurs
  • Cherchez à obtenir des confirmations positives (les fameux « OUI »)
  • Tenez-vous au temps imparti

2.Donner envie de vous engager

 

Durant les derniers entretiens, il est très important d’écouter les «signaux faibles» émis par le comité de sélection. Les hochements de tête convenus, les sourires polis ne suffisent pas pour ressentir les énergies et réelles intentions de vos interlocuteurs. À ce stade, vos compétences techniques passent en 2e position : c’est bien la capacité à « enthousiasmer » votre audience, à lancer de nouvelles idées qui vont convaincre et rassurer. On vous engagera si :

  • Vous donnez le meilleur de vous-même
  • Vous analysez les énergies de la salle et en tirez parti
  • Vous rassurez le comité de sélection avec fiabilité
  • Vous incarnez la « solution » pour le poste
  • Vous confirmez votre volonté d’être des leurs

Parlez aussi de vous, hors champ professionnel : votre cadre familial, vos passions, vos astuces pour vous ressourcer, vos points d’amélioration, vos « échecs » et leur enseignement. Une candidature trop lisse, trop parfaite, sera toujours suspecte. Soyez authentique.

3.Le statut de “futur interne”

 

Lors de la phase finale, j’observe souvent un changement d’attitude et d’énergie avec le candidat choisi : un subtil passage vers le statut de «futur interne». Grâce à son écoute, attitude et force de propositions, le postulant transforme l’entretien d’engagement en une séance de travail. Ensemble, nous élaborons dès lors les plans, les actions à entreprendre.

En revanche, si vous sentez que la dynamique n’est pas au rendez-vous, que l’atmosphère est lourde, posez-vous la question suivante : « Est-ce que ce poste est fait pour moi? »

Ne pas être élu signifie (trop) souvent un échec personnel. Ce qui n’est pas le cas !

Décentrez-vous et décompressez : reculez d’un pas, prenez une bonne respiration. Puis, analysez les différents échanges et posez-vous les vraies questions. De celles qui vous font avancer. Vous ciblerez mieux votre prochain employeur. Vous améliorerez vos interventions et vous décrocherez le poste qui vous correspond.

Bonne préparation, bons échanges. Et n’oubliez pas : les derniers entretiens sont bilatéraux. Nous nous choisissons mutuellement.

Christophe ANDREAE [[email protected]www.jrmc.ch]

https://www.linkedin.com/in/christopheandreae/

«Je vous accompagne lors de vos prochains recrutements de cadres dirigeants ou d’ingénieurs»

Le télétravail affirmé

Le Covid-19 et les services RH en entreprise : le point

J’espère que ce billet de blog vous trouve en bonne forme avec le moral en hausse. Le déconfinement est en cours et c’est tant mieux. Permettez-moi de partager avec vous mes observations sous l’angle du management, durant cette période dite «extraordinaire»: télétravail à mettre en place d’urgence, RHT, gestion des équipes à distance, création de nouveaux cycles de décision. Nous allons voir plus en détail ces aspects, et surtout, essayer d’imaginer ce qui pourrait subsister, six mois après la crise sanitaire.

  1.Panique à bord ou cap maintenu

Vendredi 13 mars : le Conseil fédéral édicte ses premières directives Covid-19. Il est demandé aux collaborateur·trice·s de rester à la maison autant que faire se peut. Principales exceptions ? Les activités liées à la logistique, l’alimentation et les produits de première nécessité, sans oublier les « 3 S » (Santé, Social et Sécurité).

En moins de 24 h, les organisations ont dû mettre en marche la logistique informatique, la sécurité et les processus de travail. Celles qui avaient de l’avance dans les domaines précités étaient opérationnelles ; quant aux autres, elles ont « ramé » pour se mettre à niveau. Trois mois plus tard, on observe que :

  • Le télétravail est tout à fait possible dans la plupart des entreprises,
  • la productivité des collaborateur·trice·s est bonne,
  • l’autonomisation des personnes se révèle fiable.

Bien évidemment, il a fallu jongler avec les horaires, alterner travail et garde d’enfants : en écoutant mes clients, la direction s’est dite surprise par la faculté d’adaptation et l’implication des employé·e·s.

Les managers « fédérateurs » ont réussi à maintenir l’esprit d’équipe en organisant des cafés virtuels: les tâches dévolues à chacun·e étaient claires. Les collaborateur·trice·s pouvaient organiser leur propre travail avec une certaine souplesse.

Et les responsables qui ont manqué le coche ? Ils ont marqué les esprits par leur absence de leadership. Nonobstant, les informaticiens ont été mis à rude épreuve, se transformant parfois en livreurs d’écrans et de laptops. Grâce à eux, les outils de visioconférences (Webex, Zoom, Skype, Teams […]) font désormais partie du langage courant.

 2. Des cycles de décision raccourcis et efficaces

Au début de la crise sanitaire, avec la distanciation des collègues, il a fallu revoir les cycles de décision, la gestion des signatures, les approbations de projets; et trouver des alternatives au management pyramidal. Certains plans digitaux ont abouti en quelques jours, alors qu’habituellement, 12 à 18 mois étaient nécessaires.

Les multiples séances i-n-t-e-r-m-i-n-a-b-l-e-s s’abrègent ou s’annulent. La gestion du temps s’améliore : transports publics et voitures sont remplacés par des visioconférences courtes et structurées. Fini le temps où l’on palabrait à qui mieux mieux : l’organisateur·trice de la séance gère désormais seul·e interventions et temps de parole. Impossible de parler tous·tes en même temps !

Ce qui ressort de cette période ? Des réunions efficaces en temps et en heure, l’assouplissement des contraintes décisionnelles et la mise en œuvre d’actions pour aller droit à l’essentiel.

 3.Les défis pour la suite

Avec le déconfinement, les entreprises vont devoir gérer « l’après ». Quelques sujets de discussion fixés à l’agenda :

  • Home Office : les collaborateur·trice·s ont pris goût au télétravail. Un gain de temps quotidien sur les transports et une efficacité prouvée [sans compter le retour des enfants à l’école]. La tendance actuelle ? Pérenniser le travail chez soi avec une durée de deux jours, au minimum. Conséquence prévisible : désertification des restaurants et des transports publics.
  • Esprit d’équipe : il va falloir motiver les collègues de travail à revenir au bureau, renouer les liens. Enfin, prendre le temps de débriefer la période de confinement passée.
  • Nouvelles mesures : il s’agira de mettre le curseur au bon endroit, entre le tout directif et le tout participatif ou autonome.

Et si cette période de confinement était le déclencheur pour une nouvelle organisation professionnelle? Si, au lieu de courir tous azimuts, de séance en séance, nous prenions le recul nécessaire pour obtenir des résultats probants ? Ceci pourrait être plus productif pour les deux parties : employeur et employé·e·s. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Bon retour en entreprise: tirez profit de ces trois derniers mois.

Christophe ANDREAE [email protected]www.jrmc.ch

Comment “déchirer” à son premier entretien

J’espère que ce blog vous trouve en bonne santé physique et morale. Il est vrai que le coronavirus a bouleversé nos vies et qu’il remet en question nos choix professionnels. Dès que la situation sanitaire sera revenue à la normalité (et que nous aurons repris une vie professionnelle régulière), il se peut que vous figuriez prochainement dans un processus de recrutement. Et qui dit processus de recrutement, dit entretien avec votre futur employeur. Révisez vos gammes, à l’instar d’un musicien.

 1.Bien se préparer, un gage de réussite

Je me souviens d’un de mes professeurs arguant ce précepte : « 80 % du succès réside dans la préparation. Plus vous serez au point, plus vous serez libre dans votre esprit pour rebondir sur des questions imprévues ». Il avait raison. La préparation d’un entretien relève d’une importance stratégique. Quelques étapes clés à prendre en compte :

  • La connaissance de l’entreprise
  • L’analyse du poste à repourvoir
  • La teneur du cahier des charges
  • La concertation avec votre chasseur de têtes
  • Votre adéquation au poste
  • L’argumentaire de votre parcours professionnel (en lien avec votre CV)

Prenez le temps de bien préparer votre pitch (qui ne devrait pas excéder 10 min) !

 

Mettez-vous dans la peau de votre interlocuteur·trice :

  • Que souhaite-t-il/elle entendre ?
  • Quelles expériences vont l’intéresser ?
  • Quelles compétences faut-il mettre en avant en fonction de l’annonce ?
  • Quels éléments plus personnels faut-il partager : famille, loisirs, bénévolat (…) ?

Il est tactiquement subtil, lors de votre présentation, de «répondre» de manière anticipée aux questions auxquelles vous n’échapperez guère. Et « mener le bal » est nettement plus agréable qu’adopter une posture purement réactive.

 2. Le jour “J”: interaction !

Voici venu le jour « J » : vous êtes préparé·e, décontracté·e et serein·e. Il y a de fortes probabilités que votre interlocuteur·trice vous donne la parole en premier : « Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? » Étant donné qu’en amont, vous avez bien travaillé votre argumentaire, lancez-vous !

Attention au détail des accessoires que vous aurez pris soin d’emporter avec vous :

  • Un bloc-notes
  • Une fiche de questions (les personnes du recrutement adorent les entrevoir)
  • Le rapport annuel de l’entreprise
  • Quelques impressions des pages du site web
  • Toute documentation relative à l’entreprise (qui prouve votre vif intérêt)

Dans votre présentation, gardez le timing en tête. Attention à ne pas vous laisser dépasser par le temps. À force de donner trop de détails, vous vous égarez et vous perdez le fil de votre pitch. Restez fidèle à votre feuille de route. Ainsi, vous gardez la main sur l’entretien.

À la fin de votre présentation, ouvrez la discussion en posant, par exemple, les questions suivantes :

  • Souhaitez-vous que je détaille un point particulier de mon parcours professionnel ?
  • J’ai une première question : dans l’annonce, il est demandé(…). Ai-je bien compris (…) ?
  • En fonction de ce que j’ai saisi de vos défis futurs, je peux vous apporter (…). Est-ce bien le cas ?

 3. Laissez une trace

Mon expérience me montre que c’est lors du premier entretien que le/la candidat·e doit se démarquer. Et laisser une empreinte suffisamment forte pour que son potentiel « futur employeur » ait envie de le revoir. C’est à ce prix qu’il décrochera les entretiens suivants. Alors, pourquoi ne pas préparer une fiche qui résume ces éléments ?

  • Les points clés de votre parcours professionnel en relation avec le poste
  • Votre compréhension du poste : vos atouts et valeurs ajoutées
  • Quelques éléments personnels
  • Vos questions ou points à approfondir

Vous pouvez distribuer ce document avant de commencer l’interview : il sera le fil rouge de votre présentation. Et permettra à votre interlocuteur de se concentrer sur votre propos tout en y apposant ses notes. Ceci démontre votre professionnalisme et vous gagnez des points. Le temps et l’énergie investis vous démarqueront des autres. Rien d’exceptionnel dans ces conseils… Mais ne vous y trompez pas. Revenir aux éléments simples et fondamentaux lors de votre candidature, demeure une valeur sûre.

Bonne préparation et « déchirez tout » à votre premier entretien !

Rester à son poste ou partir ?

Nous sommes à la mi-janvier. Les bulles se sont dissipées et 2020 a vite englouti la trêve des fêtes de fin d’année. Vous voici de retour aux affaires, avec les mêmes collègues, les mêmes soucis, après avoir «di-géré» les emails reçus en amont et en aval de la Saint-Sylvestre. Où se cachent les défis exaltants, l’énergie conquérante? Si janvier joue les prolongations avec une certaine introspection, lisez ces quelques lignes.

 1.Faire le point.

Un état des lieux de votre situation actuelle est primordial. Avant de penser à évoluer sous d’autres cieux, il convient de prendre conscience du chemin parcouru, des projets réalisés, des compétences acquises et des formations suivies. Tout aussi important : analyser les raisons qui vous poussent à regarder par la fenêtre.

 

 

  • Est-ce lié à un environnement qui devient irrespirable ?
  • Est-ce lié à une impression de stagnation ?
  • Est-ce lié à la fin d’un cycle ?
  • Est-ce lié à un manager âpre et bourru ?

«Je veux changer de poste!» Très bien. Qu’avez-vous à offrir ?

 Le bon timing est souvent la clé et l’adage «Il est plus facile de trouver un emploi quand on en a déjà un» demeure toujours d’actualité. « Vouloir bouger » pour de bonnes raisons semble légitime. Cependant, il est recommandé d’éviter le piège du « tout de suite, au plus vite ». Je rencontre trop souvent des candidats qui, malheureusement, ont agi avec précipitation : ils ont donné leur congé sans avoir de plan B. Résultat : une grosse pression familiale et financière à gérer. Combien sont partis pour fuir un chef tyrannique et — s’ils avaient patienté un peu plus — auraient pu fêter son départ et non le leur ?

 

 

2.Étape suivante

Une fois la volonté de quitter son job analysée, soupesée et validée, vous pouvez passer à l’étape suivante : esquisser votre prochain poste. Il est important de bien faire la différence entre les activités qu’on souhaite garder dans le prochain défi et leur nature proprement dite.

En effet, aimer le contact avec les gens, la gestion de projets, l’autonomie ou les responsabilités, peuvent se décliner de différentes façons :

  • Quelles valeurs doit avoir mon prochain employeur ?
  • Je cherche un poste d’expert ou de manager ?
  • Les trois compétences que je souhaite exploiter ?
  • Les aptitudes que j’aimerais développer ?
  • Dans quel laps de temps je désire changer de fonction ?

Ces éléments-clés vous permettront à la fois de : mieux préparer votre CV, cibler les offres d’emploi auxquelles répondre et aussi quels intermédiaires solliciter afin d’apparaître dans leur radar.

3.La patience, mère des vertus?

Cette fois, vous avez les idées claires sur la suite à donner à votre carrière : un CV à jour et une furieuse envie d’aller de l’avant. Mais c’est ici qu’il va falloir — peut-être — apprendre à développer une nouvelle compétence : la patience. Rome ne s’est pas faite en un jour : il s’agit de ne pas confondre vitesse et précipitation. L’emploi suivant existe quelque part, encore faut-il que les planètes « choix – opportunité – temps » soient alignées.

 

Investissez du temps pour relancer votre réseau, envoyez des signaux indiquant votre ouverture aux défis et changements. Soyez aux aguets : ouvrez grand vos yeux et vos oreilles. Pourquoi ne pas mettre à profit votre envie d’évoluer en démarrant une nouvelle formation ou certification d’envergure ? Cela vous permettrait de patienter tout en stimulant vos neurones.

And last but not least…, si vous misiez sur un autre poste, au sein de votre entreprise actuelle ? L’herbe n’est pas forcément plus verte chez le voisin.

 

 

Réponse négative, mode d’emploi

Qui parmi nous n’a pas vécu le sentiment désagréable du rejet, lors d’une réponse négative? A fortiori, dans le cadre d’une postulation? Passée l’étape de la déception, il est utile de faire un travail d’introspection afin d’en tirer les enseignements pour demain. Trois grandes étapes se profilent dans un processus de recrutement:

 

1.Postulation rejetée 

Si vous êtes recalé à la première lecture, vous n’avez pas eu l’occasion de défendre — de vive voix — votre dossier, vos compétences et votre personnalité. Dès lors, voici quelques questions à se poser pour éviter, autant que faire se peut, ce désagrément :

Curriculum Vitae

  • Ai-je mentionné ma date de naissance complète ?
  • Ai-je résumé ma carrière en trois lignes, en haut de la 1ère page ?
  • Ai-je mis en avant mes expériences au regard des exigences du poste ?
  • Ai-je précisé la durée exacte des emplois précédemment occupés ?
  • L’ai-je rédigé dans un langage corporate qui prouve mon adéquation avec la firme ?

Lettre de motivation

  • Est-elle écrite de façon personnalisée sur une seule page ?
  • Est-elle pertinente par rapport aux profil et responsabilités énoncés ?
  • Explique-t-elle les écarts que j’ai par rapport au poste et surtout comment j’entends les combler au plus vite ?

Grâce à ces éléments, le recruteur analysera votre dossier et le retiendra… ou pas. En toute franchise, avez-vous fait acte de candidature par obligation vis-à-vis du chômage? Ou par défi — en sachant que vos chances étaient (très) faibles ?

Je demeure surpris par le nombre de postulants qui m’avouent : « J’ai essayé, car votre cabinet ou votre entreprise m’intéresse, alors j’envoie ». Démarche périlleuse ! Mieux vaut candidater de manière spontanée en expliquant clairement vos motivations.

 

2.Recalé au premier ou deuxième entretien

Vous avez eu l’opportunité de vous présenter face à face au recruteur. Vous avez démontré vos compétences pour le poste, mais le processus s’arrête à ce stade. Vous avez investi du temps pour cette entrevue : votre interlocuteur vous doit plus que le juste « Désolé, nous avons trouvé une personne plus en adéquation avec le poste ». Vous êtes en droit de demander des informations : il s’agit de récolter de précieux indices pour vos prochaines candidatures . Les questions à se poser :

 

  • Ai-je bien compris les enjeux du poste et de l’entreprise ?
  • Ai-je convaincu de la pertinence de ma candidature ?
  • Est-ce que j’ai valorisé suffisamment mes atouts ?
  • Est-ce que mes exigences salariales étaient acceptables ?
  • Les candidats retenus, qu’avaient-ils de plus que moi ?

Rappelez-vous qu’on invite entre deux et quatre candidats pour les entretiens suivants : les places sont chères. Il est difficile de lutter contre une «plus grande expérience» ou des soft skills plus appropriées à l’entreprise.

 

3.La médaille d’or vous échappe 

Vous étiez dans le dernier trio ou quatuor. Malheureusement, le choix s’est porté sur un autre candidat. Dans la phase de recrutement, il n’y a qu’une seule place sur le podium. Plus vous avancez dans le processus, plus vous vous projetez dans le poste convoité. Et dans votre potentiel futur. Il est important de garder en tête le mot « potentiel » afin d’alléger votre amertume. Souvent, la décision finale se joue sur des détails. Ici encore, interrogez–vous :

  • Ai-je exprimé clairement ma motivation ?
  • Ai-je vraiment démontré ma valeur ajoutée ?
  • Me suis-je vraiment projeté du statut de « candidat » à celui de « futur collègue » ?
  • Avec quelle énergie me suis-je battu pour obtenir cet emploi ?

 

Même si cela est difficile à accepter, un processus de recrutement reste un parcours complexe et particulier. Bien qu’il n’y ait qu’un seul élu, soyez fier d’être arrivé jusqu’ici. Tirez-en les leçons nécessaires pour affûter votre dossier. Et surtout, gardez en mémoire que si ce poste vous est passé sous le nez, le prochain — en parfaite adéquation avec vous — vous attend de pied ferme !

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30 secondes pour attirer l’attention

Je vais vous confier un secret : les recruteurs passent infiniment moins de temps devant votre CV et votre lettre de motivation que ce que vous pouvez imaginer dans vos pires cauchemars. Avec l’arrivée de l’Intelligence artificielle et des algorithmes liés à la digitalisation des processus, ce temps va sûrement encore diminuer. Actuellement, selon les indications de mes clients, ce premier regard-filtrage dure… trente petites secondes. Une demi-minute afin de décider si OUI ou NON on va creuser plus en profondeur les informations et décider d’inviter le candidat à un premier entretien. Raide mais pas rédhibitoire. Il y a des moyens simples de surmonter cette première épreuve pour décrocher le poste de vos rêves. Il faut être percutant, suivre quelques règles, et se mettre dans la peau d’un recruteur pressé d’identifier la perle rare.

Quel est votre fil rouge ?

Bien évidemment, la pièce maîtresse reste le CV (Curriculum Vitae). Les points cruciaux ? Deux pages maximum et en format PDF. Si vous voulez mettre une photo, alors elle doit être de qualité. Inutile en revanche de cacher votre âge, vos origines ou les trous dans votre CV. Votre date naissance est indiquée dans chaque certificat. Mais devoir aller la chercher au milieu de divers documents va énerver le recruteur. A vous de voir. Il en est de même pour les périodes de travail. Si vous mettez 2015-2016, ceci peut aussi bien être 12.2015-01.2016 … Facilitez la tâche du lecteur.
Ce qui prime dans un CV, c’est de détecter rapidement quel est le fil rouge de votre parcours professionnel. C’est ce fil rouge qui va donner du relief à votre carrière.
Inutile aussi de bombarder le lecteur de pourcentage de croissance, de réussites magnifiques ! A ce stade du processus, il s’agit des données impossibles à vérifier, donc pas pertinentes. Que signifie vraiment l’assertion selon laquelle le chiffre d’affaires aurait doublé en une année grâce à vous ? Qu’il a grimpé de 50. Fr à 100. Fr, de 100mios à 200mios ? Bon : il est vrai que si vous postulez pour des entreprises anglo-saxonnes, celles-ci sont plus friandes de métriques qu’une PME locale. Un résumé de son parcours ou ses objectifs peut valoriser vos compétences, à condition que vous fassiez le lien avec les éléments de profil mentionnés dans l’annonce. Dire que l’on veut travailler dans une entreprise internationale alors que l’activité est circonscrite au canton de Vaud va juste démontrer que vous n’avez pas investi le temps nécessaire à votre postulation.

Que savez-vous de votre potentiel futur employeur ?

Je peux vous l’assurer : la lettre de motivation ou d’accompagnement a encore beaucoup d’importance. Surtout si elle est bien structurée. Les points cruciaux ? Une page maximum et en format PDF. La lettre doit clairement exprimer votre compréhension de l’environnement de votre potentiel futur employeur, mettre en avant vos points en adéquation avec le poste, mais aussi ceux qui s’en écartent afin d’indiquer comment vous comptez les combler. Cette lettre doit être « VOUS » et le lecteur doit sentir qu’elle a été vraiment réfléchie et structurée. Trop souvent, on n’y lit que des banalités convenues, ou une liste dithyrambique de qualités sans lien avec le poste.

Voulez-vous vraiment démotiver le recruteur ?

Malgré toute la littérature qu’on peut lire sur internet, dans les livres spécialisés ou au travers des portails, l’envoi par mail de votre lettre d’accompagnement ou de motivation, de votre CV et des certificats et diplômes peut encore être périlleux.
Le pire ? Fichiers de 40Mb, les Zip avec 40 documents du genre « choisissez ce que vous voulez dans le tas », les 30 copies de formations de un ou deux jours suivies il y a 20 ans. Si une partie de vos expériences professionnelles s’est déroulée à l’étranger, vous ne disposerez sûrement pas de certificats de travail « à la suisse ». Dans ce cas, quelques lettres de recommandation sont pertinentes.
A l’ère du numérique, il n’est pas rare que le recruteur lise ses mails depuis son smartphone, et prenne connaissance des documents dans le train. Alors imaginer sa réaction s’il faut 2 minutes pour charger un CV de 10Mb ou de quatre pages ?

Bref, soyez efficace et percutant, il sera toujours temps d’entrer dans les détails lors du premier entretien.

Christophe