30 secondes pour attirer l’attention

Je vais vous confier un secret : les recruteurs passent infiniment moins de temps devant votre CV et votre lettre de motivation que ce que vous pouvez imaginer dans vos pires cauchemars. Avec l’arrivée de l’Intelligence artificielle et des algorithmes liés à la digitalisation des processus, ce temps va sûrement encore diminuer. Actuellement, selon les indications de mes clients, ce premier regard-filtrage dure… trente petites secondes. Une demi-minute afin de décider si OUI ou NON on va creuser plus en profondeur les informations et décider d’inviter le candidat à un premier entretien. Raide mais pas rédhibitoire. Il y a des moyens simples de surmonter cette première épreuve pour décrocher le poste de vos rêves. Il faut être percutant, suivre quelques règles, et se mettre dans la peau d’un recruteur pressé d’identifier la perle rare.

Quel est votre fil rouge ?

Bien évidemment, la pièce maîtresse reste le CV (Curriculum Vitae). Les points cruciaux ? Deux pages maximum et en format PDF. Si vous voulez mettre une photo, alors elle doit être de qualité. Inutile en revanche de cacher votre âge, vos origines ou les trous dans votre CV. Votre date naissance est indiquée dans chaque certificat. Mais devoir aller la chercher au milieu de divers documents va énerver le recruteur. A vous de voir. Il en est de même pour les périodes de travail. Si vous mettez 2015-2016, ceci peut aussi bien être 12.2015-01.2016 … Facilitez la tâche du lecteur.
Ce qui prime dans un CV, c’est de détecter rapidement quel est le fil rouge de votre parcours professionnel. C’est ce fil rouge qui va donner du relief à votre carrière.
Inutile aussi de bombarder le lecteur de pourcentage de croissance, de réussites magnifiques ! A ce stade du processus, il s’agit des données impossibles à vérifier, donc pas pertinentes. Que signifie vraiment l’assertion selon laquelle le chiffre d’affaires aurait doublé en une année grâce à vous ? Qu’il a grimpé de 50. Fr à 100. Fr, de 100mios à 200mios ? Bon : il est vrai que si vous postulez pour des entreprises anglo-saxonnes, celles-ci sont plus friandes de métriques qu’une PME locale. Un résumé de son parcours ou ses objectifs peut valoriser vos compétences, à condition que vous fassiez le lien avec les éléments de profil mentionnés dans l’annonce. Dire que l’on veut travailler dans une entreprise internationale alors que l’activité est circonscrite au canton de Vaud va juste démontrer que vous n’avez pas investi le temps nécessaire à votre postulation.

Que savez-vous de votre potentiel futur employeur ?

Je peux vous l’assurer : la lettre de motivation ou d’accompagnement a encore beaucoup d’importance. Surtout si elle est bien structurée. Les points cruciaux ? Une page maximum et en format PDF. La lettre doit clairement exprimer votre compréhension de l’environnement de votre potentiel futur employeur, mettre en avant vos points en adéquation avec le poste, mais aussi ceux qui s’en écartent afin d’indiquer comment vous comptez les combler. Cette lettre doit être « VOUS » et le lecteur doit sentir qu’elle a été vraiment réfléchie et structurée. Trop souvent, on n’y lit que des banalités convenues, ou une liste dithyrambique de qualités sans lien avec le poste.

Voulez-vous vraiment démotiver le recruteur ?

Malgré toute la littérature qu’on peut lire sur internet, dans les livres spécialisés ou au travers des portails, l’envoi par mail de votre lettre d’accompagnement ou de motivation, de votre CV et des certificats et diplômes peut encore être périlleux.
Le pire ? Fichiers de 40Mb, les Zip avec 40 documents du genre « choisissez ce que vous voulez dans le tas », les 30 copies de formations de un ou deux jours suivies il y a 20 ans. Si une partie de vos expériences professionnelles s’est déroulée à l’étranger, vous ne disposerez sûrement pas de certificats de travail « à la suisse ». Dans ce cas, quelques lettres de recommandation sont pertinentes.
A l’ère du numérique, il n’est pas rare que le recruteur lise ses mails depuis son smartphone, et prenne connaissance des documents dans le train. Alors imaginer sa réaction s’il faut 2 minutes pour charger un CV de 10Mb ou de quatre pages ?

Bref, soyez efficace et percutant, il sera toujours temps d’entrer dans les détails lors du premier entretien.

Christophe

 

Qu’attendre d’un chasseur de têtes … ou pas !

Je vais vous confier un secret : le chasseur de têtes peut donner l’impression qu’il ne sait plus où donner de la tête. Ce métier passionnant allie la gestion de son réseau, l’analyse des entreprises, la validation des descriptions de fonction, l’évaluation et la sélection des candidats et les conseils. Le recruteur doit ainsi arbitrer son temps entre les recherches à effectuer pour ses clients, la rencontre des candidats dont le profil pourrait être intéressant pour un futur mandat, sans oublier de suivre les candidats placés, de prospecter des mandataires potentiels et d’avoir un œil sur les nouvelles tendances du marché. Ces multiples préoccupations déconcertent parfois les candidats qui s’imaginent le spécialiste à leur écoute totalement concentré sur leur seul avenir.

Essayons de décrire ce que vous pouvez attendre d’un chasseur de têtes, et ceci en fonction de votre situation personnelle.

Vous êtes en recherche active

Vous êtes entre deux emplois, et votre priorité est de retrouver dans un délai raisonnable une activité professionnelle adéquate. Dans ce cas de figure, vous êtes à 100% dédié à votre recherche, en répondant à des annonces, en travaillant votre réseau et en entretenant le contact avec des cabinets de recrutement. Durant cette période, il ne faut pas oublier qu’il faut que, dans le même espace temporel, le consultant en recrutement dispose d’un poste adapté à vos compétences. Malgré toute sa bonne volonté, s’il n’a rien d’adéquat dans son pipeline, il ne pourra pas inventer des jobs parfaits pour vous. Dès lors, organiser une rencontre ne fera qu’encombrer son agenda et le vôtre. Le moyen le plus rapide et le plus efficace d’entrer dans le viseur du chasseur de têtes est d’avoir un contact téléphonique au cours duquel vous expliquerez vos axes de recherches (postes, entreprises, secteurs géographiques, fourchette salariale). Et comme nous vivons au XXIième siècle, confirmez ensuite les points de la discussion par mail. Ainsi vous figurerez dans le radar du recruteur, qui ne manquera pas de vous appeler, et de prendre l’initiative d’une rencontre lorsqu’il aura quelque chose de concret à vous proposer. N’oubliez pas de l’informer, par courtoisie, si vos recherches aboutissent.

Vous êtes en poste mais commencez à avoir un œil ouvert

Dans ce cas, le momentum n’est pas le même. Vous êtes dans la position d’un conducteur qui est content de sa voiture, mais commence à regarder les nouvelles offres ou à se renseigner sur les conditions de reprise et les promotions. Ici, ce sont les circonstances et les opportunités qui vont jouer un rôle primordial. Le temps n’a pas la même importance, car votre horizon de changement se situe en général entre 12 et 24 mois. On peut considérer que les paramètres à communiquer au chasseur de têtes restent les mêmes (les axes d’évolution, le type d’entreprise, les aspects géographiques et salariaux). En revanche, un entretien sera plus performant, car le consultant pourra challenger certaines de vos attentes, vous conseiller sur une formation complémentaire ou vous renseigner précisément sur les évolutions salariales actuelles. Vous pourrez ainsi créer ou raviver un lien de confiance. Choisissez un chasseur de têtes qui est actif dans votre domaine de compétences. Il suffit de demander à vos amis ou collègues de vous donner deux ou trois noms de cabinets spécialisés dans votre industrie. Contactez en priorité celui qui est cité le plus souvent.

Le chasseur n’a pas toutes les réponses

Quelle que soit votre situation professionnelle, sachez que la moyenne des postes repourvus par des intermédiaires se situe entre 15 et 20%. Ce pourcentage, non négligeable, indique qu’il serait peu raisonnable de se priver des autres canaux, principalement le réseau, le “bouche à oreilles” et les annonces (jobboards ou sites des entreprises). A vous d’optimiser l’énergie mise dans vos recherches entre les intermédiaires, les annonces et le réseau. Se contenter d’envoyer votre dossier à trois recruteurs, fussent-ils particulièrement réputés, et attendre n’est pas la meilleure voie du succès.

Christophe ANDREAE

christophe.andreae@jrmc.ch

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