J’ai postulé à l’interne. Verdict : recalé-e !

La nouvelle vient de tomber: vous êtes K.O. Le poste que vous convoitiez en interne, pour lequel vous pensiez être LE ou LA candidat·e idéal·e, a été attribué à une personne hors sérail. Elle sera votre future manager. Pourtant, vous pensiez avoir tous les atouts en main: plusieurs collègues du management vous l’avaient assuré. Maintenant, vous vous retrouvez seul·e face à votre déception, frustration, voire, humiliation. Dès lors, comment rebondir à cette situation?

1.- Mettre son égo de côté

Votre (première) mauvaise nuit achevée, vous traversez tous les états d’âme : « Je démissionne de suite et je pars à New York » ; « ils ne me méritent vraiment pas » ; « qu’ils aillent donc se faire voir chez les Grecs ! » La défaite ruminée les jours suivants, une phase d’introspection s’impose. Il s’agit de mettre de côté votre égo, analyser et décomposer — avec le recul nécessaire — les tableaux de ce mauvais film :

  • Ai-je pêché par suffisance ?
  • Ma préparation était-elle lacunaire ?
  • Ai-je vraiment repéré les signaux faibles ?
  • Ai-je occulté des jeux politiques sous-jacents ?
  • Le saut pour ce poste était-il trop important ?
  • Les encouragements de mes pairs étaient-ils sincères ?
  • Pourquoi du sang neuf pour ce poste ?
  • Qu’a-t-il/elle de plus que moi ?

Cette remise en question – à l’instar d’un·e amant·e éconduit·e – demeure fondamentale.

Il s’agit de comprendre la raison de cet échec pour affiner votre stratégie lors d’une prochaine postulation. Prenez le temps d’étudier le parcours professionnel de votre concurrent·e externe. Vous y trouverez quelques éléments de réponse. N’oubliez pas non plus ceci : si vous êtes un très bon élément à votre poste actuel, vous nommer pour celui que vous convoitiez aurait créé un « vide ». Ce qui vous aurait peut-être desservi·e.

Il peut être judicieux également de « pousser votre avantage » à demander une nouvelle formation, une augmentation salariale ou une modification de votre périmètre de compétence. Si votre employeur a envie de vous garder, vos cartes ne sont que meilleures. Jouez de vos atouts !

Vis-à-vis de vos collègues, la meilleure attitude reste celle d’une posture sobre et positive. « Certes, je n’ai pas eu le poste. Je l’accepte et reste motivé·e pour la suite. Je vais tout faire pour accueillir notre nouveau manager et lui apporter mon soutien. » Inutile de critiquer ouvertement votre employeur ou le processus de sélection. Ceci peut se retourner contre vous. Il n’y a rien à gagner à endosser un personnage de mauvais perdant ou revanchard. On a vu trop souvent des candidat·es déçu·es, annoncer leur lettre de congé dans la semaine et… demeurer en poste après quelques mois. Votre crédibilité est en jeu.

2.- Attendre, soutenir, observer.

Après l’analyse des écarts entre vous et votre challenger, vous comprenez les raisons de votre non-sélection. Il est temps de digérer cette déception, de faire « contre mauvaise fortune bon cœur ». Si la Direction a choisi cette personne, c’est pour sa valeur ajoutée à l’entreprise. Il est donc important d’attendre son arrivée (ou de l’anticiper par un contact préliminaire), de soutenir son intégration et d’observer ce qui se passe.

Il y a toujours matière à apprendre d’un sang managérial neuf, garant d’autres expertises :

  • Il n’a aucun a priori par rapport à la société.
  • Il insuffle une nouvelle énergie dans le département.
  • Il possède des compétences dont vous pourrez bénéficier : gestion de projet, management, expertise, contrôle des budgets […].
  • Il nécessitera votre appui pour s’intégrer dans l’entreprise.

 

Alors, utilisez cette période pour observer le nouveau membre de la direction. Laissez-vous au moins trois à six mois avant de vous faire votre opinion. Ces mois seront à coup sûr enrichissants de part et d’autre.

3.- Rester en poste ou partir ?

Quelques mois ont passé. La personne responsable du management est maintenant intégrée et fait partie de l’entreprise. Vous avez eu tout le loisir de collaborer avec elle et de quittancer la nouvelle dynamique. Dès lors, il est opportun de faire un arrêt sur image et de se poser les questions suivantes :

  • Ai-je envie de continuer à travailler avec ce membre de la direction ?
  • Est-ce que je trouve ma place dans cette nouvelle organisation ?
  • Ai-je développé des connaissances grâce à lui/elle ?
  • Est-ce que ce qui m’a été promis a été respecté ?
  • Est-ce que mon évolution à ce poste fait toujours sens ?

Ensuite, il sera temps de décider de rester… ou pas. En toute conscience, vous prendrez la bonne décision pour vous et vous seul·e. Avant de tracer la suite de votre carrière professionnelle. Ne confondez pas vitesse et précipitation, égo et compétences. Prenez le recul et la hauteur nécessaires : le gage d’un·e futur·e manager de haut vol.

Christophe ANDREAE [[email protected]www.jrmc.ch]

Professionnel du recrutement de cadres et de spécialistes [plus particulièrement dans les profils d’expert·es et de cadres ingénieur·es ainsi que dans le secteur informatique]. Enfin, j’aime également partager mon expertise pour des missions confidentielles ou dites «sensibles».

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Christophe Andreae

Christophe Andreae

Depuis plus de 20 ans, Christophe Andreae exerce le métier de chasseur de têtes, avec un accent plus particulier sur les métiers technologiques, tant pour les experts que pour les cadres. Il est en contact permanent avec des sociétés qui recherchent des talents, des candidats qui veulent faire évoluer leur carrière et des conseil d'administrations.

2 réponses à “J’ai postulé à l’interne. Verdict : recalé-e !

  1. Mon chef a commis une erreur. Je l’ai discrètement corrigé à temps, sans la mentionner à des tiers.

    Il a fait irruption dans mon bureau et m’a dit “tu m’emmerdes ! Tu aurais dû attirer mon attention plus tôt”… Comment aurais-je pu ?

    J’en ai marre d’être considéré comme un paillasson…

    Vous me conseillez de démissionner, malgré la covid ?

    1. OH .. effectivement, pas très cool.

      Ce que je peux suggérer avec le peu d’élément :

      –> J’aurai une vraie discussion avec mon chef pour exprimer de que je ressens et
      essayer de trouver une amélioration de la situation
      –> Si rien ne se passe, je commence à chercher, mais SANS démissionner.

      la pratique montre qu’il est plus facile de trouver un nouveau travail en en ayant un.
      Bien évidemment, tout dépend de votre secteur et de votre employabilité.

      Mais surtout ne pas garder tout en vous.
      Bonne suite
      Christophe

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