Laetitia Kulak, un coeur digital qui bat pour les RH

Présentez-vous en quelques mots…

Directrice et Fondatrice de Global HR Talents, j’exerce depuis plus de 20 ans des fonctions dans le secteur des Ressources Humaines. «HR Activist», spécialiste de l’écosystème numérique RH et du développement des nouvelles technologies issues du digital, je forme et connecte les RH à l’ensemble des solutions, outils et applications de la Tech RH, pour injecter de l’innovation et de l’agilité dans leurs processus. Chroniqueuse pour la presse RH en Suisse, j’apporte mon expertise dans des articles sur la transformation digitale de la fonction RH et œuvre au quotidien pour permettre aux Ressources Humaines d’être considérées comme vecteur d’innovation au sein de leur entreprise.

 

Quel a été votre parcours professionnel?

Après plus de 15 ans dans le recrutement de cadres dans le secteur bancaire et financier en tant que Consultante, puis Directrice au sein de grands groupes internationaux, j’ai souhaité – en 2009 – créer ma propre société Global HR Talents pour offrir à mes clients toutes la palette des métiers RH. Depuis 2010, je me suis spécialisée dans la transformation digitale de la fonction RH par l’exploitation de toutes les données numériques et technologiques comme vecteur d’innovation me permettant de devenir une experte digitale du secteur RH. Depuis 2017, je suis membre organisatrice et «track leader» (médiatrice) dans l’évènement disruptif RH #tuGeneva, et organisatrice des «HR Tech Drink» en Suisse romande pour rapprocher les Ressources Humaines de la Tech RH.

 

Votre rencontre avec le digital ?

Au quotidien ! J’ai la chance de travailler en tant que HR Business Partner en free-lance dans le démarrage de start-ups technologiques et cela me permet de découvrir l’innovation digitale et technologique directement au cœur de ces jeunes pousses.

 

Qu’est-ce qu’une « femme digitale » pour vous ?

Une femme digitale pour moi est avant tout une femme agile, qui sort de sa zone de confort, qui s’intéresse à l’innovation technologique et qui travaille en réseau.

 

Le digital a-t-il, selon vous, un genre ?

Non, le digital est pour moi une ouverture d’esprit, avec une bonne dose de créativité et d’agilité.

 

La Suisse, un pays digital ?

La Suisse est un acteur majeur de l’innovation au niveau international avec chaque année un classement dans les 10 premiers de l’OMPI (Organisation mondiale de la propriété intellectuelle). La Suisse favorise la culture de l’innovation et de la digitalisation avec ses parcs où collaborent la recherche universitaire et les entreprises, et où fleurissent des jeunes pousses technologiques. Mais la Suisse perd son potentiel et ses start-ups technologiques au moment des levées de fonds qui sont inexistantes ou presque ! Les start-ups sont rachetées par des investisseurs de la Silicon Valley et nous perdons notre technologie au profit des géants américains entre autre. La Suisse peut devenir la Silicon Valley de l’Europe et le ciment de l’innovation digitale mais cela doit avant tout être politique, pour une meilleure coordination et un déploiement au niveau national.

 

Pour en savoir plus sur Laetitia Kulak ou les services de Global HR.

Priya Burci: l’associatif conjugué en mode digital

Présentez-vous en quelques mots…

Je suis la cofondatrice de « Project Integration », une association qui enseigne la programmation informatique et le codage aux réfugiés à Genève. Je suis autant passionnée par la technologie que de venir en aide aux autres, et dans un monde digital défini par l’accroissement de la connectivité, de l’information et des opportunités, je suis convaincue du potentiel disponible pour créer un impact social.

 

Quel a été votre parcours professionnel?

J’ai précédemment travaillé dans le secteur de la technologie, dans une start up Tech Ed, et dans le secteur humanitaire, aux Nations-Unies. J’ai eu la chance de pouvoir combiner ces deux dimensions à travers mon expérience d’analyste à Flowminder, une ONG qui utilise les données de téléphonie mobile et des techniques avant-gardistes afin de localiser et de suivre les flux migratoires dans les situations de conflits et les désastres humanitaires. Son approche innovante de la technologie dont le but d’avoir un impact humanitaire m’a inspirée dans le choix d’une carrière dans ce domaine.

J’ai co-créé le Project Integration avec mon ami Vincent Baumgartner en Octobre 2016. Nous avons mis en place des cours gratuits qui enseignent aux réfugiés le codage dans le but de favoriser leur insertion professionnelle sur le marché du travail tout en répondant au déficit d’informaticiens en Suisse.

Nos étudiants sont actuellement en train de développer leur propre site web et d’intégrer le marché du travail dans le secteur digital, en apportant leurs diverses et uniques perspectives. Un aspect important de notre association est de s’attaquer aux inégalités paritaires homme/femme dans le secteur de la technologie. A cet effet, notre première classe pour les femmes réfugiées aura lieu le mois prochain et nous avons pour objectif d’atteindre 50% de femmes dans nos classes d’ici la fin de l’année 2017.

 

Votre rencontre avec le digital ?

Ayant grandi dans un monde de plus en plus digitalisé, ma première interaction avec le digital fut le même que tant d’autres, c’est-à-dire en utilisant internet. Étant fascinée par le monde de l’information et de la connectivité, j’ai décidé de me consacrer à ce domaine. Bien que mon parcours académique fut plus général, j’ai appris à coder et je m’efforce de mettre le monde digital à la portée de ceux qui ont été moins fortunés que moi.

 

Qu’est-ce qu’une « femme digitale » pour vous ?

Une femme digitale pour moi est une femme captivée par la technologie, laquelle définit de plus en plus notre monde, et qui y contribue par sa vision.

 

Le digital a-t-il, selon vous, un genre ?

Le monde digital d’aujourd’hui est largement dominé par les hommes mais cela ne veut pas dire que le digital n’a qu’un genre. Bien au contraire, les femmes furent les premières à coder et à développer des programmes informatiques. Un des exemples les plus notables est le cas de Margaret Hamilton qui créa le code de la NASA qui a permis d’envoyer des personnes dans l’espace.

Je pense que les caractéristiques du monde technologique en font l’un des secteurs les plus ouverts. Quand on pense au fait que les langues de programmations sont les mêmes dans tous les pays du monde, que travailler en ligne permet de surmonter la distance, et que l’on peut apprendre à coder en ligne pour gratuitement ou presque, cela démontre que le monde digital est universel et à la portée de tous quel que soit le genre, la classe sociale ou l’origine d’un individu.

 

La Suisse, un pays digital ?

Oui, la Suisse est un pays pionnier dans le secteur digital avec des entreprises comme Logitech. Malheureusement, je trouve qu’il y a un manque de diversité dans le domaine de la technologie qui est plus important qu’en Allemagne ou aux Etats-Unis. Sur le long terme ce manque de diversité pourrait mener à une baisse de l’innovation. J’ai participé en avril a un événement organisé à Zurich par DigitalSwitzerland et j’ai été choquée par le fait que les femmes représentaient moins de 10% de l’auditoire. C’est pour ces raisons que j’ai lancé Project Integration, je crois fermement qu’en intégrant des personnes aux parcours variées au secteur de la technologie ils pourraient  contribuer à le rendre plus innovant.

Pour en savoir plus sur Priya Burci

Marie-Christine Müller, coordinatrice digitale à l’Etat de Fribourg

Présentez-vous en quelques mots…

Polyvalente, je m’adapte facilement. Ma curiosité aime les grands chantiers sur des sujets que je connais peu. Travailler en réseau afin que chacun amène sa pièce du puzzle est important à mes yeux.

 

Quel a été votre parcours professionnel?

Après une carrière dans l’information documentaire, je coordonne la communication digitale de l’Etat de Fribourg et participe à des projets de cyberadministration. Je suis aussi membre l’état-major cantonal de conduite en cas de catastrophe.

 

Votre rencontre avec le digital?

En 1995, lorsque j’ai catalogué le premier journal entièrement numérique de Suisse, qui s’appelait « XJournal », édité par l’ancêtre de Scout24. Puis en 1996,  sur le stand de la Bibliothèque nationale suisse, au Salon du livre de Genève, je faisais des démonstrations de sites web…

 

Qu’est-ce qu’une « femme digitale » pour vous?

Une femme qui pense et agit en réseaux, qui aime les nouveautés et se remet en question.

 

Le digital a-t-il, selon vous, un genre?

Non, même si les femmes sont peu présentes dans l’IT « traditionnelle ». Le digital n’est pas qu’une technique, c’est une attitude et une aptitude à mettre en relation. La mixité apporte plus d’innovation.

 

La Suisse, un pays digital ?

Pas encore, mais le changement est en marche. Les connaissances et les compétences sont là, mais les esprits sont plus lents. Quand les deux se rejoindront, la Suisse sera digitale.

 

Pour en savoir plus sur Marie-Christine Müller

Victoria Marchand, Madame communication romande 2.0

 

Présentez-vous en quelques mots…

Comme Don Draper, le héros de la série Mad Men, je crois que « le changement n’est ni bon ni mauvais. Il n’est que changement. » Raison de plus pour rester curieux et ne pas avoir d’habitudes ! Le reste n’est que du travail….

 

Quel a été votre parcours professionnel?

Journaliste RP, rédactrice en chef et depuis le début de l’année, éditrice du magazine et du site Cominmag.ch

 

Votre rencontre avec le digital?

En 2005, lorsque j’ai ouvert mon premier blog en WordPress. Depuis c’est l’outil que j’utilise le plus…

 

Qu’est-ce qu’une « femme digitale » pour vous?

Une femme qui a compris que la vie professionnelle, comme la vraie vie, n’est pas statique. Qui cherche, teste, et qui est capable de faire la synthèse entre le meilleur des deux mondes (pré et post-digital).

 

Le digital a-t-il, selon vous, un genre?

Le digital est un état d’esprit et non un genre.

 

La Suisse, un pays digital ?

Pourquoi pas ? Les Suisses prennent souvent leur temps et ce n’est finalement pas un mal. Mais lorsqu’ils partent dans une direction, ils le font sincèrement et à fond. La transformation digitale qui ne fait que commencer demande que l’on garde sa raison et son sang-froid. Des qualités très suisses…

 

Pour en savoir plus sur Victoria Marchand