Chloé Saas, un laboratoire d’idées en ébullition

Présentez-vous en quelques mots…

Fondatrice et directrice d’une fondation active dans la promotion de la santé et le développement durable, je suis également directrice de Kinitic SA qui a pour but l’étude, la conception, le développement, la fabrication et la commercialisation de solutions intégrées et technologiques. Créée en janvier 2016, cette start-up est une agence de créativité qui est la fois un laboratoire et une organisation qui met en œuvre et offre des solutions. Elle développe de outils digitaux permettant de réinventer la communication et d’offrir des outils d’échanges et d’informations globaux où la communauté entre l’utilisateur et le prescripteur est au centre. Il s’agit d’une approche sociologique et non conventionnelle qui me ressemble. Kinitic correspond à mon parcours et à mon expérience. Je ne viens pas du milieu de la technologie mais des sciences sociales et des politiques publiques: je n’ai pas 20 ans alors que je rêve de lancer ma start-up en baignant dans un écosystème qui l’encourage. Aujourd’hui, j’ai 38 ans, une expérience de plus de 14 ans dans la gestion de projet et la communication et ma start-up est le résultat logique de mon parcours personnel enrichi par différentes approches et surtout par les rencontres et échanges avec d’autres milieux.

 

Quel a été votre parcours professionnel?

Licenciée et diplômée en travail social et politiques sociales à l’université de Fribourg, j’ai commencé ma carrière professionnelle comme assistante mais j’ai décidé après une année de ne pas poursuivre une carrière académique, tout en poursuivant l’enseignement de manière épisodique. J’ai été engagée comme déléguée à la prévention et promotion de la santé dans le canton du Jura puis j’ai fondé la Fondation O2, centre de compétences en gestion de projets dans les domaines de la prévention, du développement durable et de la promotion de la santé que je dirige encore aujourd’hui. La création de cette fondation a permis de développer de nouvelles approches et d’augmenter sensiblement les investissements dans ces domaines. Je me suis toujours formée en parallèle à mon travail, car il est essentiel pour moi de mélanger les connaissances et l’expérience. J’ai ainsi obtenu un master en santé publique (Université de médecine sociale et préventive de Genève) et un diplôme en management et administration publique.

Femme de projets, je ressens toujours la nécessité de créer et de faire évoluer les choses. Ainsi, dans un souci de créativité et de bonne utilisation des ressources, la Fondation O2 a emménagé en janvier 2016 avec d’autres centres de compétences, de domaines très différents, dont Créapole, société soutenant l’innovation. Cette mutualisation a encouragé et encourage aujourd’hui nos différentes structures à être innovantes et surtout à ne pas travailler en silo, étant donné le mélange de compétences que nous avons réuni entre tous. C’est dans cette dynamique et cet espace créatif que la société Kinitic a vu le jour et que son projet phare SNUKR s’est développé.

 

Votre rencontre avec le digital ?

Ma première vraie rencontre était il y a 18 ans quand j’ai pu, depuis un café internet, téléphoner via Skype alors que j étais à l’autre bout du monde. On ne pouvait pas encore se voir, mais je trouvais déjà cela incroyable, les distances étaient raccourcies d’un seul coup, si facilement! Pour moi, le digital n’est pas une fin en soi, mais un moyen pour arriver à créer un univers; c’est dans ce sens qu’il est logique avec mon parcours car je l’utilise pour créer un univers dédié à la découverte et au partage de son style de vie, de ses intérêts et de son environnement. Kinitic signifie le mouvement et fait un clin d’œil aux TIC: c’est le nom parfait qui regroupe nos différentes valeurs et ce qu’on a voulu créer. Des racines et des ailes, un ancrage et un voyage, c’est ce que le digital nous permet, si on l’utilise bien !

 

Qu’est-ce qu’une « femme digitale » pour vous ?

C’est une femme qui utilise le digital comme un outil pour faire passer ses valeurs, ses idées, pour moi personnellement, je reprends le slogan de snukr : une fenêtre ouverte sur le monde…le digital me permet de raconter une histoire…et d’écouter celle des autres.

 

Le digital a-t- il, selon vous, un genre ?

Je pense que l’approche du genre dans le digital peut être une lunette très intéressante, comme dans tous les domaines. On y retrouve très certainement une approche différente selon le genre et comme dans tous les domaines professionnels, je suis certaine qu’on y retrouve des stéréotypes et des dynamiques semblables aux autres domaines, où la femme y a une place particulière. Malheureusement, encore aujourd’hui une femme cadre ou directrice reste une thématique en soi…

 

La Suisse, un pays digital ?

En Suisse nous avons la chance d’avoir un excellent réseau et de très bons accès ainsi qu’une excellente éducation et égalité des chances, donc certainement, la Suisse est un environnement favorable au digital.

 

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