Le fascisme n’est pas là où l’on croit

« Un vice-président proche des néo-fascistes ». C’est ainsi que Le Courrier me présente sur toutes ses affichettes de Suisse romande. Sans contexte, sans scrupules, sans déontologie, sans gêne. Car non, disons-le clairement, je ne suis pas « proche des néo-fascistes ».

Commençons par l’objet du crime, puisque c’est de ça qu’il s’agit. Le 18 juin, à l’invitation du média satirique La Hallebarde, j’ai l’occasion de donner une conférence sur la démocratie directe, l’Etat de droit et la neutralité. Présentant un thème institutionnel avec ma casquette de juriste investi en politique, je ne risque pas grand-chose, non ? D’autant plus que mon rôle, précisément, est de défendre nos institutions politiques…

Deux autres orateurs seront présents. Et alors ? J’ai l’habitude de tenir le même discours où que je sois, quel que soit mon public. Je ne travestis guère mes idées par complaisance, c’est ainsi. Et il se trouve que je fais partie de ceux qui croient au pouvoir du dialogue.

Le 18 juin, donc, je présente mon sujet – démocratie directe, Etat de droit, neutralité – puis écoute les autres conférences. Des points de vue fort intéressants et sans propos litigieux à ma mémoire. Et quand bien même il y en aurait, faut-il refuser de défendre un point de vue s’il n’est pas partagé par tous ? La conférence se termine de manière conviviale, entre débats et partage avec le public.

Une campagne digne de l’inquisition

Voilà que, deux mois plus tard, le site criminogène « renverse.co » (interdit en Suisse puis exilé aux Etats-Unis, bien connu pour la revendication d’incendies criminels, les appels à la violence, la désinformation et la diffamation) relance le sujet. On y jette pêle-mêle des affirmations plus ou moins étayées pour affubler les autres conférenciers de gros mots, afin de me salir par association : néonazi, fasciste, extrême-droite… les ficelles sont grosses, mais les termes sont lancés.

Evidemment, pas un mot sur l’événement en soi. Pas une ligne sur le fait que je suis un invité « externe ». Pas un iota non-plus sur la teneur de mon discours. Pas une chance donnée aux intéressés pour se défendre. Si le site criminogène renverse.co ne fait pas état de cela, c’est qu’il n’y a rien à redire sur ma participation. J’ai défendu, à mon habitude, l’Etat de droit, la démocratie directe et la neutralité. Pourtant, les médias dits « traditionnels » reprendront directement les formulations malveillantes pondues pour eux. Ils feront exactement ce qui était attendu d’eux.

Me voilà affiché « proche des néo-fascistes » dans toute la Suisse romande. Pour avoir donné une conférence, faut-il le rappeler une fois encore, sur des valeurs inhérentes à notre Etat de droit. Pour avoir défendu la démocratie directe – l’antithèse du fascisme. Pour avoir expliqué les enjeux de notre politique de neutralité. Je rejette avec la plus grande fermeté ces accusations aussi graves qu’infondées. Autant le dire tout aussi clairement : je continuerai à partager ce en quoi je crois. Je le ferai tant auprès des gens qui sont d’accord avec moi qu’auprès des autres, dans le respect de la loi. Car sans cela, la liberté d’opinion ne fait aucun sens. Et sans elle, c’est la démocratie directe qui disparaît.

Des questions ouvertes

Partant de ce qui précède, plusieurs questions sont ouvertes :

  • Les rédactions de la RTS et du Courrier, entre autres, ont-elles l’habitude de promouvoir des sites criminogènes comme renverse.co ? Sur les ondes de la RTS, ce dernier était décrit hier comme « un site d’information » alors que le Courrier qualifiait benoîtement la plateforme de « site antifasciste ». La même question se pose au sujet des personnalités politiques qui ont partagé l’article en question, dont le président du PS Vaud Romain Pilloud et le député Vincent Keller.
  • La RTS et le Courrier ont-ils l’habitude de reprendre le vocabulaire militant de telles plateformes de désinformation sans vérification ? L’expression « néo-fasciste », par exemple, est loin d’être anodine. Le fait d’imprimer ces mots en grandes lettres sur les placards de Suisse romande constitue une profonde atteinte à l’honneur de l’élu de milice que je suis (je me réserve par ailleurs la possibilité d’exercer mes droits à ce sujet), cela d’autant plus alors que rien ne vient plaider pour une prétendue proximité idéologique entre de telles idées et moi-même.
  • Doit-on renoncer à promouvoir des valeurs qui nous sont fortes pour éviter l’inquisition médiatique ? C’est  ce que feront sans nul doute ceux qui ne voudront pas payer le prix dont je m’acquitte aujourd’hui. Mission accomplie pour les tenants de la cancel culture et de l’auto-censure, donc. Parmi ces valeurs, celles du débat et de la liberté d’opinion, de toutes les opinions, passeront à la trappe dès lors que l’on criminalisera socialement l’échange d’idées.
  • Faut-il isoler les moutons noirs ? A supposer qu’il y ait effectivement eu des personnes sujettes à l’extrémisme dans la salle, l’ostracisation aurait-elle réellement été la bonne solution, ou le dialogue offre-t-il de meilleures perspectives ? En isolant les personnes qui s’interrogent sur le bien-fondé des valeurs libérales de notre société, ne les pousse-t-on pas précisément vers l’extrémisme et la sectarisation ?

Pour ma part, je ne regretterai jamais d’avoir participé au débat démocratique, promu les valeurs fondamentales de notre Etat de droit et présenté diverses particularités juridiques de nos institutions. Je ne renoncerai pas au dialogue et refuse de me fermer aux échanges d’opinions qui s’inscrivent dans le cadre légal. Parler avec tout le monde, ce n’est pas être idéologiquement proche de tout le monde.

Aujourd’hui, quel que soit le nombre de commentaires haineux habilement engendrés à mon encontre par les médias de masse, j’ai la conscience parfaitement tranquille et je peux me reposer sur une certitude revigorante : si certains comportements dans cette affaire s’apparentent effectivement à des pratiques fascisantes, j’en ai la conviction, ils ne viennent pas de moi.

Comment la vague verte nous impose le «choix» entre gaz de schiste et gaz qatari

Il semble loin, le temps des promesses de transition énergétique synonyme d’abandon des énergies fossiles. Par un manque coupable de prévoyance – les lacunes de la stratégie avaient été largement annoncées – la Suisse se retrouvera prochainement devant un choix douloureux entre le gaz naturel qatari et le gaz de schiste américain, si elle compte éviter les pénuries.  

Vox populi, vox dei. Il s’agit d’un principe auquel je crois fortement et je ne vais ainsi jamais demander de passer outre une décision démocratique prise dans les règles. L’adoption de la loi sur l’énergie en 2017 ne fait pas exception. Toutefois, quand l’expérience des faits démontrent qu’une erreur a été faite, il est sain de savoir se remettre en question et de chercher des solutions – là encore, dans le respect des règles.

En l’occurrence, la stratégie énergétique adoptée en votations sous la pression de la gauche écologiste s’avère être une erreur : toutes les craintes soulevées à l’époque par l’UDC et le comité interpartis de centre-droit sont confirmées, jour après jour, et démentent les fausses promesses de l’époque.

Le centre de la stratégie énergétique n’est pas « pilotable »

Et ces promesses étaient alléchantes. Dans ses explications adressées à la population, le Conseil fédéral vantant les incitations à « diminuer la part des combustibles fossiles importés » et assurait que « notre dépendance à l’égard de l’étranger pourra ainsi être réduite et le climat préservé ». Pour cela, « les énergies renouvelables indigènes issues du soleil, du vent, de la géothermie et de la biomasse » seraient encouragées. Quel programme !

Le problème, c’est que tous ces beaux projets ne sont pas suffisants pour assurer la production électrique durant toute l’année. La raison est simple : en pariant largement sur le solaire et l’éolien, l’on mise sur des énergies non pilotables. En d’autres termes, l’on ne peut pas choisir de produire plus au moment où la consommation est la plus haute – il faut au contraire espérer que la demande soit élevée lorsque le vent souffle ou que le soleil brille et qu’elle soit faible lorsque ce n’est pas le cas. Il s’agit bien entendu d’une vue de l’esprit qui doit être corrigée.

La voie royale pour le gaz

Les moyens de correction, dans un monde post-vague verte, ce sont les centrales à charbon ou à gaz. Il n’existe pas d’autres alternatives crédibles et suffisantes, l’énergie atomique ayant fait les frais de l’engouement climato-politique. Voilà donc que le 17 février 2022 encore (!), Simonetta Sommaruga annonçait son intention de construire deux à trois nouvelles grandes centrales à gaz pouvant produire l’équivalent d’une centrale nucléaire, et cela pour combler les lacunes de la stratégie énergétique.

Alors que le Parti socialiste s’empressait de soutenir sa ministre – préférant toutefois remplacer les grandes centrales par 2’000 petites unités régionales – les Verts restaient bien évasifs quant aux solutions à apporter. A Lausanne, par exemple, le Municipal écologiste en charge des SIL, Xavier Company, rappelait qu’il fallait « privilégier les gaz renouvelables », tout en omettant de préciser… qu’il est impossible en termes de quantité d’en produire en suffisance.

Le drame de la gauche : avoir misé électoralement sur la fin du nucléaire dès 2011

Le grand drame de la transition énergétique si chère au camp rose-vert, c’est qu’elle est montée au premier rang de l’actualité après quelques années de combat acharné contre l’énergie nucléaire, seule alternative à (très) bas CO2 aux sources de production fossiles capable de supporter l’usage grandissant de l’électricité (transport, numérisation etc.). Il fut impossible à la gauche de revenir en arrière sur son combat antinucléaire, même quand il est devenu évident que l’on ne pourrait lutter contre les gaz à effet de serre sans une augmentation massive de l’énergie atomique – de l’aveu même du GIEC.

Forcée de trouver une béquille capable de soutenir sa transition énergétique, la gauche écologiste a dû se résoudre au choix du gaz naturel, alors largement importé de Russie. Raison pour laquelle ce combustible fossile était encore privilégié début 2022 – solution refusée tant par la droite que par les manifestants pour le climat, dont les appels ne sont que mal relayés par la classe politique socialiste et verte.

La guerre étant passée par là, il reste désormais à savoir s’il sera compensé par le gaz naturel qatari ou le gaz de schiste américain – tous deux sources importantes de CO2. Choix forcément perdant : le premier vient d’un pays qui, pour des raisons religieuses et culturelles, ne connait pas les droits de l’homme. Le second, importé par bateau, vient d’un mode de production qui était il y a encore peu l’ennemi numéro un des Verts, Vassilis Venizelos en tête.

Une situation pourtant annoncée

En voyant l’échec cuisant de la stratégie énergétique, l’on pourrait croire qu’il est dû à des événements imprévisibles et inattendus. Il n’en est rien : l’UDC et le comité interpartis qui combattait la loi avaient répété les risques : dépendance accrue à la production étrangère, augmentation des prix, recours forcé au gaz, risque de pénuries. Tous ces arguments avaient été balayés par le Conseil fédéral et les experts climatiques acclamés par les foules étudiantes et les prix Nobel au fil des manifestations.

Rattrapés par la réalité, il est temps de prendre conscience des faits et d’y apporter des solutions. La sécurité de l’approvisionnement et l’indépendance énergétiques doivent être des priorités. Alors qu’il faudra remplacer 40TWh d’ici 2050, le besoin de réaction est plus pressant que jamais. C’est en ce sens que l’UDC a publié son document de fond pour un approvisionnement énergétique sûr, abordable et respectueux de l’environnement.

Sécurité énergétique et alimentaire : nous allons payer dix ans de dogmatisme écologiste

La guerre qui sévit en Ukraine a ravivé le débat sécuritaire dans notre pays. D’un point de vue militaire, on aperçoit facilement les lourdes conséquences que le blocage politique constant exercé par la gauche pourrait avoir en cas de conflit. Mais à plus court terme, ce sont les effets de la pression écologiste sur deux autres aspects de notre sécurité qui pourraient se faire sentir : l’approvisionnement en denrées alimentaires et en énergie.  

La crise pandémique semblait terminée et la stabilité en passe d’être retrouvée. Grâce aux réserves que nous avions pu constituer au prix d’efforts étalés dans le temps et à une bonne situation structurelle, notre pays semblait pouvoir se relever rapidement. C’était sans compter sur la guerre russo-ukrainienne, qui vient mettre en évidence les dérives d’une décennie de politique fondée sur l’émotion et la peur.

En quelques années de pressions intenses de la gauche écologiste, notre pays a augmenté sa dépendance à l’étranger dans des domaines essentiels pour la vie de tous les jours. Partant, notre vulnérabilité face aux crises de portée globale ou régionale ne s’en est que renforcée. Et c’est précisément à de telles crises que la Suisse devra faire face dans un avenir proche.

Affaiblissement de l’agriculture locale et dépendance étrangère

L’une des caractéristiques du combat écologiste mené contre l’agriculture est qu’il s’attaque aux paysans suisses sans pour autant toucher les produits étrangers importés. Il s’agit là de la suite logique des Bilatérales I et du fameux Cassis de Dijon, soit le procédé qui permet aux producteurs européens de vendre en Suisse des produits qui ne répondent pas à nos normes environnementales et qualitatives, tant qu’ils sont homologués dans un pays européen.

Citons en exemple les initiatives anti-agricoles contre les pesticides, bien connues des citoyens. Elles ne s’attaquaient qu’aux producteurs helvétiques, tout comme l’initiative contre l’élevage intensif sur laquelle nous nous prononcerons bientôt. Les denrées alimentaires importées, elles, ne sont pas touchées. Bien que les deux initiatives précitées aient été refusées, elles exemplifient à merveille la déferlante qui touche nos chambres parlementaires fédérales et cantonales et augmente année après année la pression portée sur nos agriculteurs, amenés au nom de l’écologie à se muer en jardiniers des campagnes au service prétendu de la biodiversité.

La productivité agricole, elle, s’en retrouve toujours plus affaiblie, et la part d’autoapprovisionnement chute au fil des succès de la révolution climatique. Mais fondamentalement, est-il acceptable que la Suisse refuse d’exploiter le potentiel de terres de haute qualité au centre de l’Europe et se repose sur l’importation, alors que la production est tendue au niveau mondial ?

Cette vision a tout du moins deux suites inévitables : en Suisse, elle fragilise la sécurité de l’approvisionnement en le rendant dépendant d’acteurs étrangers dont les intérêts sont parfois contradictoires. A l’étranger, elle tend à affamer les populations précarisées en temps de crise, la Suisse pouvant alors plus facilement acquérir des biens qui manqueront aux pays pauvres.

Une politique énergétique vouée à l’échec

La transition énergétique est certainement le thème le plus fort porté ces dix dernières années par les mouvements verts. Partis la fleur au fusil en 2011 pour réclamer la fin du nucléaire, ces éminents stratèges ont enchainé les promesses. Aujourd’hui, la Suisse se retrouve face à la triste réalité d’un écolo-dogmatisme qui n’en tient aucune : les pénuries d’électricité menacent à court terme et les émissions augmentent. Pire : les carences des énergies dites renouvelables ne pouvant être évitées (notamment le manque de pilotabilité), le Conseil fédéral est forcé de proposer la construction de nouvelles centrales à gaz.

Avoir recours au gaz, c’est également le constat du parti socialiste, qui réclame la mise en service de 2’000 nouvelles unités, capables ensemble de fournir l’équivalent électrique d’une centrale nucléaire. Le problème, de l’aveu même des principaux concernés, c’est qu’il n’est pas possible d’avoir recours en suffisance au biogaz, dit « renouvelable ». Il faut donc se tourner vers l’importation et choisir entre gaz russe et qatari, alors que d’autres pays prolongent l’utilisation des centrales à charbon, sources extrêmes de CO2.

Il est temps de se ressaisir

Bousculant les majorités fédérales et cantonales, la politique écologiste rose-verte a déstabilisé durablement la sécurité stratégique de la Suisse. L’influence démesurée que ces mouvements ont prise est largement due à un traitement émotionnel plus que rationnel de l’information et à une médiatisation à sens unique des problématiques concernées.

Il est aujourd’hui temps de revenir à une vision plus crédible. Si la volonté populaire de responsabilité écologique doit naturellement être prise en compte, notamment par le biais d’économies d’énergie, de lutte contre le gaspillage alimentaire et de recherche technologique, la sécurité de la population doit être à nouveau être mise au centre d’une politique énergétique et agricole à même d’assurer l’approvisionnement de tous.

Il est d’ores et déjà trop tard pour se prémunir de tous les effets que l’angélisme des années 2010 aura causés. Ma foi, l’on se rappelle toujours dos au mur que gouverner, c’est prévoir.

 

 

Quelques réflexions sur l’islam en Suisse

En 2018, la population musulmane représentait 5,3% des habitants de notre pays âgés de 15 ans ou plus, soit 2,5% de la population de nationalité suisse et 14,7% des résidents de nationalité étrangère[1]. Il s’agit d’une réalité dont les influences sur notre pays sont nombreuses. Elles doivent être considérées de manière objective, avec respect mais sans naïveté, en particulier lorsqu’elles entrent en conflit avec les valeurs locales.

Comme tous les sujets de droit, les Églises sont soumises aux exigences de l’État de droit. Pour des raisons historiques, la Suisse étant un pays de tradition chrétienne, certaines d’entre elles sont reconnues par des cantons et dotées d’attributions diverses. Cette réalité ne saurait justifier de revendication séparatiste d’aucune sorte : toute velléité de passe-droits ou de traitements spéciaux doit être fermement rejetée. Afin de garantir la paix religieuse qui a court dans notre pays, la loi doit être la même pour tous.

Les institutions qui refusent ce principe de base n’ont pas leur place en tant qu’Églises reconnues d’un État démocratique et confessionnellement neutre. De même, les individus qui commettent au nom de l’islam des actes illicites, discriminants voire violents doivent être sanctionnés fermement.

Les droits découlant de la liberté de culte ne sauraient justifier toutes les dérives. Dans le présent document, nous prenons position tant sur des principes généraux que sur des questions précises concernant l’attitude que doivent avoir les pouvoirs publics vis-à-vis de l’islam, des mosquées et des musulmans.

Respect des religions et garantie de l’État de droit

La liberté religieuse, telle que reconnue par la Constitution[2], est une conséquence logique de la séparation de l’Église et de l’État au profit d’une société confessionnellement neutre et démocratique. Ce principe, hérité de la tradition chrétienne de notre pays, n’impose pas seulement aux pouvoirs publics de s’abstenir de toute entrave injustifiée à la pratique religieuse des citoyens, mais leur prescrit aussi de prendre les mesures nécessaires pour garantir cette liberté[3].

Il ne s’agit pas seulement du droit des individus de s’affilier à une Église et de pratiquer sa liturgie, mais également celui de changer de religion, de la quitter ou de n’en confesser aucune[4].

Garantir la liberté religieuse ne signifie donc pas fermer les yeux, au nom des droits fondamentaux, sur tout ce qui se passe dans les lieux de cultes, leurs publications, leurs discours et leurs pratiques. Il s’agit au contraire pour l’État de garantir que la liberté de conscience et de pratique soit effective pour tous les individus, qu’il s’agisse de croire ou de ne pas croire : laisser des influenceurs religieux sanctionner l’apostasie ou discriminer les fidèles qui abandonnent leurs rites est contraire aux droits fondamentaux constitutionnels[5].

D’une manière générale, la primauté de la loi ne pose que rarement problème dans notre pays. Dans la plupart des cas, les fidèles acceptent la séparation du politique et du religieux et se soumettent à la législation en vigueur.

L’État de droit peut cependant être mis à mal lorsque la frontière entre le domaine théologique et le domaine politico-juridique devient poreuse. Dans ces cas, nous exigeons une attitude intransigeante : la primauté du droit suisse n’est pas négociable. Tout individu et toute Église doit respecter la loi.

Intransigeance envers l’intégrisme religieux

En Europe, les musulmans sont largement divisés entre une majorité libérale, qui accepte de faire passer les textes religieux au second plan, et une minorité radicale. Il faut bien comprendre ici que le terme radical, issu du latin radicalis (radix, la racine), ne désigne pas de nouveaux mouvements extrémistes, mais bien l’application littérale des enseignements coraniques.

Or, une lecture non-contextualisée des écrits islamiques n’est pas compatible avec l’État de droit tel qu’il est conçu en Suisse[6]. Une telle approche va en effet plus loin que l’islam culturel voire cultuel des conceptions libérales et se confond avec les impératifs politico-juridiques fondamentalistes.

L’islam radical donc, basé sur l’application des dires du prophète Mahomet et les textes fondamentaux, n’est pas compatible avec la démocratie[7]. C’est celui-ci que l’on nomme islamisme, intégrisme ou encore fondamentalisme et dont découlent la majorité des conséquences décrites au fil des prochaines pages.

L’existence d’un fort courant intégriste au sein de l’islam suisse est malheureusement un fait avéré. Selon le Conseil fédéral, plusieurs milliers de personnes en Suisse défendaient les idées islamistes en 2013[8], ce qui correspond au nombre similaire de partisans du djihadisme établis sur notre territoire[9].

La Suisse semble prendre le chemin de ses voisins, tels que la France, où c’est même une claire majorité des jeunes musulmans qui estime que la charia est plus importante que les lois de la République[10].

La présence d’influenceurs fondamentalistes est un réel danger. D’une part, en encourageant leurs fidèles à agir de manière radicale. D’autre part, en propageant un islam discriminatoire et violent, comme en atteste le fait que les convertis et les musulmans ayant grandi dans un milieu libéral ou laïc sont surreprésentés parmi les cas de radicalisation les plus extrêmes[11].

Ne pas tolérer le communautarisme

Les Églises offrent force et aide à la vie par la prédication et l’activité pastorale. Elles participent grandement à l’épanouissement de la société et accompagnent les fidèles et les nécessiteux dans toutes les étapes de leur vie. En tant qu’État de droit, la Suisse respecte et doit respecter pleinement la liberté de culte : les partis politiques comme l’État ne sauraient entraver arbitrairement ce droit fondamental.

Cela ne doit cependant pas nous empêcher, dans un souci déplacé du politiquement correct, de prendre fermement position contre les revendications sectaires de minorités intégristes et contre l’émergence de sociétés parallèles. Il faut faire clairement comprendre que nos règles valent pour tous, sans distinction d’origine et de religion.

Cette exigence est particulièrement valable en ce qui concerne l’islam. Si la majorité des fidèles se comporte conformément à l’ordre juridique établi, des leaders radicaux instrumentalisent avec brio le morcellement de l’État de droit au nom de la liberté religieuse[12]. Une telle ségrégation religieuse volontaire au sein de la société est dangereuse.

D’une part, parmi les fidèles, une grande majorité silencieuse subit directement l’influence d’une minorité dominatrice qui impose la suprématie d’une culture importée dans l’ordre social local. Les personnes les plus vulnérables socialement sont les premières victimes, alors même qu’elles étaient initialement prêtes à s’intégrer.

D’autre part, avec des revendications toujours plus fortes et des passe-droits courants – dans les hôpitaux, les écoles, les établissements publics ou dans les entreprises – c’est la suprématie de la loi qui est remise en cause.

Il est impératif pour notre État de droit d’exiger de la part des religions minoritaires le respect total de notre régime juridique et d’éviter toute concession aussi faible soit-elle. Cela passe aussi par le respect des us et coutumes locaux, qui sont trop souvent sacrifiés sur l’autel du multiculturalisme. Pourtant, comme nous le verrons, les traditions et usages sont essentiels pour l’unité et l’intégration. À ce titre, nous nous positionnons contre les revendications diverses qui s’opposent au mode de vie autochtone, qu’il s’agisse de dispenses de participation aux traditions locales ou, par exemple, d’exigences alimentaires dans les écoles, les hôpitaux et les casernes.

Nous nous engageons pour le strict respect de la liberté religieuse et pour la séparation de l’Église et de l’État. À cet effet, nous combattons fermement l’émergence de sociétés parallèles défiant l’autorité et revendiquant un traitement particulier.

Ainsi, nous :

  • refusons tout droit spécial à motivation religieuse qui entre en contradiction avec notre régime juridique ;
  • nous opposons notamment à des règlementations spéciales des jours fériés pour des religions non reconnues ;
  • refusons les revendications, notamment en matière alimentaire, ou les demandes de dispenses motivées par des motifs religieux ou culturels entrant en opposition avec les usages locaux ;
  • demandons que toutes les écolières et tous les écoliers fréquentent les cours obligatoires.

L’intégration contre la radicalisation

En Suisse, la population musulmane se distingue notamment par sa composition majoritairement issue de l’immigration[13]. De fait, même si l’on inclut les naturalisés et les binationaux, seul un tiers de fidèles est au bénéfice de la nationalité suisse[14]. Si cet état de fait n’est pas problématique en tant que tel, il illustre l’importance d’une politique d’assimilation efficace pour lutter contre le séparatisme religieux.

Une société segmentée et divisée est propice aux conflits. Cela est encore plus vrai en ce qui concerne les individus qui multiplient les motifs de distinction : linguistique, ethnique, religieux etc. L’apprentissage de la langue locale, la pratique religieuse conforme aux valeurs du pays et l’intégration dans la société par le travail et l’engagement associatif sont autant d’éléments indissociables d’une vie sociétale saine.

Au contraire, le regroupement au sein de communautés plus ou moins distantes du reste de la société, l’usage majoritaire d’une langue étrangère, l’isolation des femmes et le refus des coutumes locales sont autant d’éléments hostiles à l’intégration et, partant, propices à la radicalisation[15]. C’est ainsi que l’idéal multiculturaliste du siècle dernier était voué à l’échec dès le départ.

De telles dérives sont particulièrement visibles dans des pays voisins qui ont laissé la situation se détériorer. Ainsi, en France, des écoles islamistes illégales sont fermées chaque semaine et des milliers d’enfants, hors système, n’ont pas accès à l’éducation nationale[16]. Au Danemark, la situation est devenue tellement insupportable que le gouvernement a dû instaurer des lois différenciées dans les ghettos, prévoyant des peines et des lois plus strictes au sein de ces zones[17].

Nous ne pouvons accepter un tel développement dans notre pays. Le vivre-ensemble ne peut exister sans une intégration complète des immigrants. Pour nous, l’intégration est l’affaire de l’arrivant. Une personne qui souhaite immigrer dans un pays doit au préalable être parfaitement consciente de ce que cela signifie. Elle doit apprendre la langue locale et se familiariser avec les us et coutumes. Or, la politique actuelle prône la démarche inverse : les autorités suisses doivent veiller à l’intégration des étrangers. Un tel paradigme est contreproductif et doit être abandonné.

Nous sommes convaincus que la lutte contre la radicalisation ne peut passer que par une intégration efficace des immigrants. Ces derniers doivent fournir l’effort dans ce sens s’ils désirent rester en Suisse, notamment en apprenant la langue locale, en respectant l’ordre juridique suisse et en se familiarisant avec les us et coutumes du pays.

Ainsi, nous :

  • défendons l’apprentissage et l’usage courant d’une langue nationale comme élément essentiel pour le renouvellement du permis des immigrants ;
  • exigeons que toute personne souhaitant séjourner en Suisse respecte les règles, us et coutumes de notre pays ;
  • soutenons une exigence d’intégration au niveau de la vie privée et d’assimilation au sein de la vie publique ;
  • considérons que l’effort d’intégration doit venir de l’étranger pour être efficace.

Lutter contre la radicalisation dans les mosquées

Des études récentes mettent en évidence l’influence des prédicateurs et des mosquées fondamentalistes dans le processus de radicalisation[18]. Leurs enseignements peuvent aller de la justification des discriminations au quotidien jusqu’au recrutement de djihadistes[19]. Selon une étude qui a passé en revue un échantillon de voyageurs suisses du djihad, les quatre-vingts pourcents d’entre eux étaient en contact avec des prédicateurs salafistes[20].

Il est devenu habituel de lire dans la presse qu’un imam prêchait l’usage de la violence contre les femmes, acceptait la lapidation ou justifiait la peine de mort envers les musulmans qui délaissent la foi. La militante et écrivaine musulmane Saïda Keller-Messahli affirme que l’endoctrinement organisé par les institutions islamiques est en augmentation et concerne aujourd’hui la majorité des imams en Suisse[21].

Sans être aussi explicite, le Conseil fédéral reconnaît que les responsables religieux peuvent jouer un rôle dans la radicalisation des jeunes[22], précisant que les « imams formés à l’étranger, fondamentalistes et peu intégrés, qui essaient de jouer le rôle de chefs religieux et spirituel au sein des communautés musulmanes, représentent ici un risque élevé[23] ». En particulier, la fedpol estimait en 2013 déjà qu’une dizaine de mosquées prônaient en Suisse une « interprétation extrémiste de l’islam[24] ».

Cependant, le Service de renseignement n’est pas autorisé à rechercher ou à traiter des informations liées au culte musulman sur la base d’opinions radicales au sein de l’organisation[25]. Il est urgent de combler cette lacune, tout en garantissant la liberté religieuse. Toutes les mosquées dont des imams ou fidèles appartiennent à des mouvances listées comme extrémistes doivent pouvoir être mises sous surveillance et, le cas échéant, fermées.

La problématique des prêches incompatibles avec les valeurs démocratiques n’est cependant pas limitée à quelques imams de passage dans notre pays. Des sermons ouvertement discriminatoires sont largement répandus. Ainsi, l’imam Youssef Ibram, qui a prêché à Genève et Zurich notamment, a refusé de condamner la lapidation, précisant que cette peine faisait partie de l’islam[26].

A ce propos, une publication du Centre Suisse Islam et Société de l’Université de Fribourg concernant les successions interpelle particulièrement[27]. On peut y lire que la majorité des imams interrogés en Suisse est favorable à une interprétation littérale des paroles de leur prophète[28]. Selon le rapport, ces derniers soutiennent que les garçons doivent être favorisés par l’héritage. Des explications juridiques sont données au lecteur pour permettre de léguer deux fois plus aux héritiers masculins que féminins de manière conforme à la loi suisse[29].

La référence au droit islamique plutôt qu’au droit suisse est d’autant plus inquiétante qu’il commence à être toléré à travers le continent. Alors que la Cour européenne des droits de l’homme considérait jusqu’alors la charia comme fondamentalement incompatible avec la démocratie[30], elle a changé de jurisprudence en 2018 pour encadrer les conditions de son applicabilité en Europe[31]. Cette décision, fondant le recours à des juridictions parallèles, est jugé problématique par des juristes de renom tels que le directeur du Centre européen pour le droit et la justice Grégor Puppinck[32].

La radicalisation est aussi une réalité dans les prisons, dans lesquelles les musulmans sont surreprésentés (un tiers des détenus environ[33], parfois près de la moitié[34]). Le processus de radicalisation est alors très difficile à déceler et, le cas échéant, pratiquement impossible à enrayer, selon divers professionnels de la branche[35]. Pourtant, il est en augmentation et représente un réel danger pour la société.

Nous ne tolérons pas la coexistence d’un droit parallèle à l’ordre juridique suisse. Il n’est pas acceptable que des imams extrémistes propagent un discours de haine et participent à la radicalisation des fidèles.

Ainsi, nous :

  • exigeons la fermeture des mosquées salafistes et la possibilité pour les services de renseignements d’investiguer sur les prêches de haine, en particulier au moyen d’écoutes et d’infiltrations ;
  • demandons l’interdiction des mosquées proches de mouvements ouvertement opposés à l’intégration et à l’État de droit, tels que les Frères musulmans ;
  • réclamons un registre des imams dans lequel sont notifiées les tendances radicales et les condamnations pénales de ces derniers ;
  • demandons que les islamistes emprisonnés soient isolés des autres détenus pour éviter toute radicalisation en milieu carcéral.

Les femmes, premières victimes du communautarisme islamique

Conséquence directe du communautarisme islamique, les violences et discriminations subies par les femmes sont une réalité largement sous-estimée. Force est malheureusement de constater que ces cas ne concernent pas une petite minorité d’individus radicaux, mais qu’il s’agit bien d’une réalité dont sont victimes de nombreuses femmes dans notre pays.

Selon une étude de la haute école zurichoise ZHAE, un jeune musulman sur cinq tolère la violence contre les femmes[36]. Contrairement à ce que l’on aurait pu présupposer, le statut social des personnes interrogées n’a pas d’influence significative sur les résultats. Il s’agit bel et bien d’un acquis culturel et communautaire dont les conséquences sont malheureusement perceptibles.

Parmi les atteintes physiques les plus abjectes, l’excision est une réalité en Suisse. Alors qu’en 2001, il estimait à 6’600 le nombre de filles et femmes excisées ou menacées de l’être[37], le Conseil fédéral évalue qu’elles étaient 22’410 en 2018[38]. Cette coutume, généralement pratiquée avant l’arrivée en Europe[39] voire pendant les vacances[40], est soutenue par certaines communautés musulmanes suisses, telles que le Conseil central islamique (CCIS)[41].

La discrimination des femmes ne se limite pas à la question de la violence et des mutilations. Outre les discriminations successorales que nous avons déjà abordées plus haut, la triste réalité des mariages forcés est encore présente en Suisse. Le Conseil fédéral estime à plus de 700 le nombre de cas dans lesquelles une personne a subi une contrainte pour se marier ou a été empêchée de vivre une relation amoureuse de son choix entre 2009 et 2010[42]. Ceci n’est que la pointe de l’iceberg, le nombre de cas non recensés étant considéré comme élevé.

Fait choquant, près de 30% des personnes subissant un mariage forcé sont mineures[43]. Il faut ajouter à cela les personnes qui ont subi une contrainte ou des pressions pour renoncer à demander le divorce, estimées à 700 durant la même période[44].

La réalité des mariages fictifs n’entre pas non-plus dans cette statistique, alors qu’elle implique des conséquences graves, en particulier lorsqu’une femme se « marie » dans une mosquée – sans préalable civil – puis se retrouve à la merci de son mari, sans protection juridique en cas de mise à la porte[45].

Ces chiffres n’incluent pas les autres pratiques forcées et parfois traumatisantes comme les contrôles de virginité et les hyménoplasties, opérations visant à refermer l’hymen de jeunes femmes, souvent pour préserver l’honneur de la famille. Selon une enquête récente, ces cas sont en augmentation en Suisse, de jeunes femmes cédant à la pression familiale en mettant leur intégrité physique en danger, au péril de leur vie[46].

Nous refusons qu’une attitude bien-pensante empêche de dénoncer, de prévenir et de sanctionner les discriminations et les violences faites aux femmes. La Suisse est un État de droit dans lequel l’ordre doit régner. Tous les citoyens doivent pouvoir vivre en sécurité et bénéficier de leurs droits.

Ainsi, nous :

  • exigeons des sanctions lourdes contre quiconque inflige ou favorise des mutilations génitales féminines ;
  • réclamons une surveillance accrue des mariages forcés afin de les prévenir, de protéger les victimes et d’identifier et de punir les responsables ;
  • demandons des peines plus lourdes pour les auteurs de crimes et délits contre l’intégrité physique, psychique et sexuelle ;
  • soutenons l’application immédiate et complète de l’article constitutionnel prévoyant l’expulsion des criminels étrangers.

L’interdiction du voile intégral doit être appliquée

Le port du voile intégral est absolument problématique en ce qu’il constitue l’exemple par excellence de la négation des femmes en tant qu’individus. Sa justification première est en elle-même incompatible avec les valeurs suisses : le port de la burqa ou du niqab servirait à éviter que les hommes ne ressentent des pulsions sexuelles et ne puissent les contrôler. En somme, il s’agit de contraindre les femmes de porter un vêtement dénigrant pour combler d’éventuelles errances masculines.

Cela sans parler de l’effet excluant que ce vêtement exerce sur les femmes qui en sont victimes. Il ne leur est pas possible de s’intégrer ou même d’être simplement reconnues en tant qu’individu par leurs voisins ou collègues. Un tel phénomène aggrave encore l’exclusion sociale et, partant, le séparatisme religieux que nous avons vu plus haut.

C’est à dessein que le Conseil de l’Europe considère qu’aucune femme « ne devrait être contrainte de porter une tenue religieuse par sa communauté ou par sa famille » et qu’il est du devoir des États membres de protéger « les femmes victimes de ce crime »[47]. C’est également à dessein que la Cour européenne des droits de l’homme a estimé qu’une interdiction générale du voile intégral était licite[48].

Les motifs sécuritaires ne doivent pas être omis. Autoriser le port du voile intégral en Suisse, c’est ouvrir la porte à maints abus, allant du rapt d’enfant à la sortie de l’école aux délits les plus divers. Ainsi, des criminels ont déjà utilisé des burqas de manière répétée pour commettre leurs méfaits en Angleterre, en France ou en Autriche, commettant en particulier cambriolages[49] et braquages[50]. Ce vêtement est aussi connu pour son utilisation fatale dans divers attentats terroristes[51].

De nombreux pays ont déjà interdit ou limité le port du voile intégral. Ce panel comprend tant des pays membres du Conseil de l’Europe, tels que le Danemark, l’Autriche ou la France, que des pays musulmans, tels que le Maroc, l’Egypte ou la Tunisie. Il ne s’agirait ainsi ni d’une décision insolite du point de vue de la Cour européenne des droits de l’homme ni d’un choix incompréhensible dans le monde arabo-musulman. Le Conseil fédéral lui-même reconnaît que la dissimulation du visage pour des motifs religieux « est l’expression d’un courant fondamentaliste au sein de l’islam et d’un refus de s’intégrer, et ne correspond pas aux valeurs d’ouverture et d’échange portées par notre démocratie[52] ».

Outre le voile intégral, le port du foulard doit pouvoir être limité lorsque des motifs notamment sécuritaires l’imposent. Il ne doit par exemple pas être possible de porter un voile sur les photos de ses documents officiels et, par voie de conséquence, un agent – homme ou femme – doit pouvoir demander le retrait du foulard à des fins d’identification.

De même, le personnel de l’administration et les représentants de l’État ne doivent pas porter le voile durant leurs heures de travail. L’administration est au service de tous et ne saurait afficher son idéologie ou son rejet de la culture locale.

Nous soutenons l’interdiction de la prison portative que représente le voile intégral. Ce dernier viole les droits de nombreuses femmes et les exclut encore plus de la société, niant leur qualité d’individu.

Ainsi, nous :

  • réclamons l’application l’interdiction du voile intégral votée par le peuple et les cantons ;
  • refusons le contre-projet inefficace adopté par le parlement ;
  • exigeons des limitations au port du foulard islamique, notamment pour des raisons sécuritaires lorsqu’il ne permet pas une identification correcte d’une personne. À ce titre, il ne doit plus être possible de porter de voile sur les photos officielles.

Être intraitables à l’égard de l’homophobie, de l’antisémitisme et de la haine des chrétiens

À la suite des attaques terroristes qui ont touché l’Europe ces dernières années, la menace s’est accrue en Suisse notamment pour les ressortissants de confession juive[53]. La situation est telle que la Confédération a décidé de prendre des mesures de protection pour les minorités menacées par le terrorisme islamiste, à l’image des communautés israélites[54].

En Suisse, les agressions physiques représentent heureusement avant tout l’exception. Les insultes, injures et autres discriminations verbales sont cependant fréquentes et proviennent souvent de personnes originaires de pays musulmans, notamment des Balkans[55].

Ce phénomène n’est pas cantonné à notre pays. À travers l’Europe occidentale, les victimes de propos antisémites déclarent que leur auteur est motivé par une idéologie islamiste dans plus de la moitié des cas[56]. La motivation islamiste arrive également en tête pour les violences physiques, loin devant les autres causes[57].

Les discriminations islamiques à l’encontre des homosexuels ont été particulièrement mises en évidence à la suite de l’attentat d’Orlando, lorsque 49 personnes ont été tuées par un terroriste dans une boîte gay. Selon un sondage représentatif mené en France par le très sérieux Institut français d’opinion publique (IFOP) en 2019, deux tiers des musulmans de France estiment que l’homosexualité est une perversion ou une maladie. Soit quatre fois plus que les catholiques[58].

Pire : la même année, 37% des personnes LGBT de confession musulmane interrogées en France avaient été agressées au cours des 12 derniers mois, chiffre largement supérieur aux autres communautés religieuses[59]. De fait, les discriminations homophobes subies en famille ou en communauté ciblent particulièrement les jeunes musulmans[60].

Il est inacceptable que l’incapacité de notre société à combattre l’islamisme, sous prétexte de ne pas vouloir stigmatiser les musulmans, conduise à la violation des droits fondamentaux d’autres minorités dans notre pays.

Nous voulons mettre fin au tabou entourant les violences antisémites et homophobes, entre autres, perpétrées par des islamistes. Il faut pouvoir parler de toutes les formes d’agressions afin de les prévenir et de les punir. Cela vaut aussi pour les actes anti-chrétiens.

Ainsi, nous :

  • refusons que des minorités soient discriminées en raison du laisser-aller concernant l’islamisme ;
  • réclamons une protection efficace pour tous les citoyens, y compris ceux qui sont issus de minorités menacées ;
  • estimons que les frais de sécurité consentis par la Confédération doivent pouvoir être mis à la charge des instigateurs d’actes violents ;
  • soutenons une augmentation des peines pour les auteurs de crimes et délits.

Protéger les personnes qui fuient les régimes islamistes

Arrivés en Europe, les musulmans qui ont fui des régimes islamistes ne sont pas au bout de leurs peines. Les actes terroristes commis en Europe ces dernières années contre la communauté musulmane montre que cette minorité peut devenir la cible de tels attentats[61]. Les fidèles dits « modérés » ainsi que les membres non-croyants de famille musulmane sont particulièrement menacés.

La liberté religieuse telle qu’elle est inscrite dans la Constitution implique tant le droit de pratiquer la religion de son choix que celui de ne pas le faire. La Suisse doit rendre possible l’exercice de ce droit fondamental en permettant aux musulmans qui le veulent d’abandonner leur foi[62].

Dans les faits, ce n’est malheureusement pas chose aisée, l’apostasie étant considérée comme un pêché grave, puni de mort. L’imam Youssef Ibram, qui a officié dans plusieurs mosquées suisses dont celle de Genève, estime par exemple que le châtiment de l’apostasie est « du ressort de l’État musulman », précisant que s’il ne reste pas discret, le musulman qui abandonne sa foi doit être tué pour « protéger la religion et la société » [63] .

Il ne s’agit pas ici d’un cas isolé ou anodin. Youssef Ibram a représenté la Suisse auprès du Conseil européen de la fatwa et de la recherche, la branche juridique de l’Union des organisations islamiques en Europe, présidé par Youssef al-Quaradâwî. Cet organisme vise à expliquer aux fidèles installés en Europe comment appliquer le droit islamique dans leur quotidien.

Cependant, Al-Quaradâwî est connu pour avoir soutenu le fait pour un mari de battre sa femme[64], la peine de mort des apostats[65], le génocide des juifs[66] ou encore les attentats-suicide[67]. Il soutient par ailleurs la conquête de l’Europe par les musulmans, précisant qu’elle n’aurait cette fois pas lieu par l’épée, mais par « la prédication et l’idéologie » [68].

Al-Quaradâwî n’est pas seul. Des mosquées proches des Frères musulmans financées par les pays du Golfe accueillent des partisans du djihadisme[69]. La présence de mouvements extrémistes favorables à une radicalisation violente au sein des mosquées suisses est attestée par les services de renseignement depuis plus de quinze ans[70]. En 2005 déjà, plusieurs mosquées étaient impliquées dans la radicalisation de jeunes fidèles à qui l’acceptation du système légal suisse était présentée comme interdite, parvenant à en motiver à partir au Moyen-Orient pour combattre aux côtés d’Al-Qaïda[71].

Il est impératif de refuser l’application de la charia parmi les fidèles, par respect des institutions démocratiques d’abord, mais aussi pour protéger les musulmans et anciens musulmans qui vivent dans notre pays et ne parviennent pas à se libérer des prédicateurs extrémistes à cause du laxisme de la classe politique.

De plus, les gouvernements et organisations étrangères qui soutiennent l’islamisme voire le terrorisme ne doivent plus pouvoir financer les mosquées et les écoles coraniques dans notre pays. La Confédération doit investiguer sur les liens entre les associations islamiques suisses et les institutions extrémistes existant à l’étranger, telles que les Frères musulmans, Al-Qaïda ou l’État islamique.

Nous n’acceptons pas que des islamistes puissent imposer leurs visions sur les musulmans de Suisse. L’oppression des éléments radicaux sur leurs coreligionnaires présents en Suisse est inacceptable tant du point de vue des victimes musulmanes que du reste de la société, menacée par son effet extrémisant. L’envoi d’imams financés par des gouvernements ou lobbys étrangers doit aussi être interdit.

Ainsi, nous :

  • souhaitons garantir aux musulmans qui immigrent en Suisse un pays d’accueil où l’islamisme n’a pas sa place et où ils seront en sécurité ;
  • voulons élargir la liste des organisations extrémistes interdites en Suisse aux Frères musulmans, aux Loups gris et aux autres structures intégristes ;
  • réclamons l’interdiction en Suisse des mosquées et des imams financés par des gouvernements ou lobbys étrangers ;
  • nous battons pour garantir la liberté religieuse, y compris la liberté de quitter une religion sans avoir à craindre pour son intégrité physique.

Expulsion immédiate et définitive des islamistes et terroristes

Alors que cette réalité semblait lointaine il y a quelques années encore, la présence de prédicateurs islamistes et de terroristes est aujourd’hui bien concrète dans notre pays. En novembre 2020, le service de renseignement de la Confédération (SRC) a enregistré 49 personnes à risques et 92 voyageurs du djihad. Le nombre de cas traités par son monitoring du djihad est passé de 670 en mai à 690 en novembre[72].

Jusqu’à ce jour, 77 départs ont été recensés vers la Syrie et l’Irak, 14 vers la Somalie, l’Afghanistan et le Pakistan, et un aux Philippines. 16 individus sont déjà retournés en Suisse[73]. Outre les personnes en liberté, les djihadistes arrêtés ou radicalisés en prison se comptent par centaines dans les cellules européennes. La Suisse se trouve elle aussi confrontée à des individus radicalisés sortis de prison[74] et à plusieurs milliers de sympathisants du djihadisme[75].

Ce constat alarmant ne concerne ainsi pas seulement le Jihad dans des contrées lointaines, mais aussi des combattants présents en Suisse. Le SRC indique sans détour que la menace terroriste qui pèse sur la Suisse est élevée et que des attentats sont possibles[76], à l’image des deux attaques terroristes de Morges et Lugano en septembre et novembre 2020.

Seule une réponse à la hauteur de la situation permettra d’endiguer le phénomène : peines lourdes, abandon du sursis pour les cas portant sur la sécurité de la population, déchéance de nationalité et expulsion effective des islamistes.

Force est malheureusement de constater que les peines sont trop clémentes. La Suisse a d’ailleurs été critiquée pour la légèreté de ses peines par le GAFI, organisme intergouvernemental reconnu, qui critique le manque d’effet dissuasif des sanctions helvétiques en matière de financement du terrorisme[77].

Alors que le constat est criant, le Conseil national a refusé en décembre 2020 la déchéance systématique de la nationalité des djihadistes binationaux. Une telle option est prévue dans la loi pour les personnes qui « portent gravement atteinte aux intérêts de la Suisse ». Il est incompréhensible que cette disposition ne soit utilisée qu’exceptionnellement dans le cas de personnes qui ont choisi de faire la guerre contre nos valeurs.

Quoi qu’il en soit, l’expulsion des criminels islamistes et djihadistes doit devenir une réalité systématique en Suisse. Il faut en finir avec la généralisation de la soi-disant « clause de rigueur » et des autres excuses empêchant le renvoi effectif des extrémistes.

Face à l’horreur terroriste, nous soutenons une réponse forte et crédible. Tout le processus doit être fermement combattu, de l’immigration au passage à l’acte en passant par la radicalisation et la propagation.

Ainsi, nous :

  • soutenons la déchéance automatique de la nationalité des voyageurs du djihad et des prédicateurs islamistes ;
  • réclamons l’expulsion des djihadistes et de toute personne soutenant ou encourageant le terrorisme ;
  • exigeons des peines fermes plutôt que du sursis pour les personnes soutenant les mouvements terroristes ;
  • refusons l’octroi du droit d’asile à des fondamentalistes qui représentent un danger pour la population et réclamons leur expulsion.

Garantir la liberté d’expression

Tout comme la liberté religieuse, la liberté d’opinion et la liberté d’information découlent de la Constitution[78]. Elles ne sauraient être limitées, voire remises en cause, sous prétexte du respect de la première : cela vaut d’autant plus en Suisse, pays où le citoyen participe directement au pouvoir législatif au travers des initiatives et référendums[79]. Il n’existe que peu d’exemples de systèmes dans lesquels le droit des citoyens de se forger une opinion et de la partager n’ont autant d’importance.

Or, la liberté d’expression constitue l’environnement indispensable à la recherche de la vérité, et – partant – à la formation d’une opinion. Pourtant, les pressions pour faire taire les avis critiques face à l’intégrisme islamique se multiplient et pèsent sur la concrétisation du débat démocratique. Depuis l’instauration de la norme pénale luttant prétendument contre les discriminations[80], des associations idéologiquement impliquées peuvent à leur guise dénoncer tout ce qui leur paraît relever de l’incitation à la haine, à grand renfort de communiqués de presse et de couverture médiatique. Ainsi, même si elles sont finalement innocentées, les personnes visées apparaîtront irrémédiablement comme douteuses au mieux, infréquentables dans la majorité des cas.

Cette nouvelle réalité va à contre-sens des principes inhérents à une société démocratique. D’une part, toute forme d’atteinte à l’honneur, de diffamation, d’insulte ou de menace sont punies, sans besoin d’une telle disposition pénale. Mais surtout, la méthode employée pour empêcher tout débat sur des thèmes tels que l’islamisme et la radicalisation est totalement infondée : c’est par une argumentation libre et conséquente que l’on peut combattre des erreurs de pensée et de jugement, pas par des interdictions[81].

Nous nous engageons pour une liberté d’expression large et effective. Il est essentiel de pouvoir nommer les problèmes afin d’espérer les résoudre. Si l’on ne peut préserver ce droit, la politique de l’autruche mènera la Suisse dans le mur du séparatisme, de la radicalisation et des actes violents motivés par l’islam radical.

Ainsi, nous :

  • soutenons la garantie pleine et entière de la liberté d’expression ;
  • déplorons l’auto-censure des associations de défense des minorités et de la presse ;
  • nous opposons à l’élargissement de la norme pénale prétendument anti-discrimination, qui déploie plus d’effets pervers que positifs ;
  • désirons élargir le champ d’application de la dénonciation calomnieuse aux dénonciations faites à la légère par des associations ou leurs représentants.

[1] Appartenance religieuse depuis 1910, 2020, OFS.

[2] Art. 15 Cst.

[3] Voir La liberté religieuse, la situation juridique au sein du Conseil de l’Europe et en Suisse, Gonin Luc, Schulthess Verlag, Zurich, 2013, pp. 106ss.

[4] Ibid.

[5] Ibid, p. 109.

[6] Voir le rapport du Conseil fédéral sur la situation des musulmans en Suisse, eu égard en particulier à leurs relations plurielles avec les autorités étatiques, en réponse aux postulats 09.4027 Amacker-Amann du 30 novembre 2009, 09.4037 Leuenberger du 2 décembre 2009 et 10.318 Malama du 1er mars 2010, 2013, p. 75.

[7] Arrêt CEDH, Refah Partisi et autres c. Turquie du 13 février 2003.

[8] Ibid, p. 65.

[9] Jihadist Radicalization in Switzerland, CSS Studie, ETH Zurich, 2013, p. 4.

[10] Pour 57% des jeunes musulmans, la charia plus importante que la République, Le Point, 5 novembre 2020.

[11] Infra, 2.3 et sources correspondantes.

[12] Infra, 2.2 et 2.3.

[13] Rapport du Conseil fédéral sur la situation des musulmans en Suisse, eu égard en particulier à leurs relations plurielles avec les autorités étatiques, 2013, p. 20.

[14] Appartenance religieuse selon la nationalité, population résidante permanente âgée de 15 ans ou plus, 2020, OFS.

[15] Voir à ce sujet Plan d’action national de lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, Réseau national de sécurité, 2017, p. 9.

[16] La République en acte, discours du président Macron du 2 octobre 2020, consulté sur https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2020/10/02/la-republique-en-actes-discours-du-president-de-la-republique-sur-le-theme-de-la-lutte-contre-les-separatismes, le 4 janvier 2020.

[17] Le Danemark part en guerre contre ses ghettos, le Monde, 26 décembre 2018.

[18] Voir à ce propos Etat des lieux et évolution de la radicalisation djihadiste en Suisse – actualisation d’une étude exploratoire assortie de recommandations pour la prévention et l’intervention, rapport final, 2019, ZHAW.

[19] La sécurité de la Suisse 2020, rapport de situation du Service de renseignement de la Confédération, 2018, SRC.

[20] Etat des lieux et évolution de la radicalisation djihadiste en Suisse – actualisation d’une étude exploratoire assortie de recommandations pour la prévention et l’intervention, rapport final, 2019, ZHAW, p. 18.

[21] « La majorité des Imams suisses est islamiste », Le Temps, 27 août 2017.

[22] Rapport du Conseil fédéral sur la situation des musulmans en Suisse, eu égard en particulier à leurs relations plurielles avec les autorités étatiques, 2013, p. 66.

[23] Ibid, p. 69.

[24] Ibid, p. 68.

[25] Réponse du Conseil fédéral à l’interpellation 20.3780 d’Andreas Gafner « La mosquée Tulipan est-elle financée par des musulmans extrémistes et des bailleurs de fonds étrangers ? ».

[26] La grande mosquée ne veut plus de l’imam controversé, Tribune de Genève, 24 novembre 2016.

[27] A propos de l’héritage, usages et enjeux pour les musulman.e.s (sic) de Suisse, CSIS.

[28] Ibid., p. 34.

[29] Ibid., p. 12.

[30] Arrêt CEDH, Refah Partisi et autres c. Turquie du 13 février 2003.

[31] Arrêt CEDH, Molla Sali c. Grèce du 19 décembre 2018.

[32] Charia : ce que révèle la décision de la CEDH, Le Figaro, 26 décembre 2018.

[33] L’impossible mission des imams, La Liberté, 2 février 2015.

[34] Voir Rapport sur la politique pénitentiaire au Conseil d’Etat vaudois, 2016, p. 75 et Champ-Dollon : un détenu sur deux est musulman, GHI, 15 novembre 2017, consulté sur https://www.ghi.ch/le-journal/la-une/champ-dollon-un-detenu-sur-deux-est-musulman.

[35] État des lieux et évolution de la radicalisation djihadiste en Suisse – actualisation d’une étude exploratoire assortie de recommandations pour la prévention et l’intervention, rapport final, 2019, ZHAW, p. 23 ss.

[36] « Toxische Männlichkeit »: Jeder fünfte junge Muslim in der Schweiz toleriert Gewalt gegen Frauen, 3 septembre 2019, Aargauer Zeitung.

[37] Mutilations sexuelles féminines. Mesures de sensibilisation et de prévention, Rapport du Conseil fédéral en réponse à la motion Bernasconi (05.3235), 2015.

[38] Mesures contre les mutilations génitales féminines, rapport du Conseil fédéral donnant suite au postulat 18.3551 Rickli Nathalie du 14 juin 2018, 2020.

[39] Les mutilations génitales féminines en Suisses, risques, étendue de la pratique, mesures recommandées, 2012, UNICEF Suisse.

[40] Prévenir l’excision à Genève, Etude appréciative des projets cantonaux genevois de prévention contre les mutilations féminines, SFM Studies 69, 2018, Université de Neuchâtel, p. 38.

[41] Le Conseil central islamique justifie la circoncision des filles, 19 février 2018, lematin.ch.

[42] Programme fédéral de lutte contre les mariages forcés 2013-2017, rapport du Conseil fédéral, 2017, p. 6.

[43] Programme fédéral de lutte contre les mariages forcés 2013-2017, rapport du Conseil fédéral, 2017, p. 17.

[44] « Mariages forcés » en Suisse : causes, formes et ampleur, Office fédéral des migrations, 2012.

[45] Mariage religieux musulman en Suisse : attention danger, Suzette Sandoz, consulté le 12 janvier 2021 sur https://blogs.letemps.ch/suzette-sandoz/2016/08/15/mariage-religieux-musulman-en-suisse-attention-danger/.

[46] Das Diktat der Jungfräulichkeit, SRF, https://www.srf.ch/news/schweiz/immer-mehr-operationen-das-diktat-der-jungfraeulichkeit, consulté le 22 décembre 2020.

[47] Résolution 1743 (2010) de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, paragraphe 15.

[48] Arrêt CEDH, S.A.S. c. France, du 1er juillet 2014.

[49] Räuber in Burka erbeuten Luxusuhren, ntv, consulté le 6 janvier 2021 sur https://www.n-tv.de/panorama/Raeuber-in-Burka-erbeuten-Luxusuhren-article10783261.html.

[50] Burka-Überfälle : Tatverdächtiger festgenommen, Oe24, consulté le 6 janvier 2021 sur https://www.oe24.at/oesterreich/chronik/wien/burka-ueberfaelle-tatverdaechtiger-festgenommen/346847515.

[51] Frau in Burka verübt Selbstmordanschlag – viele Tote, Welt, consulté le 6 janvier 2021 sur https://www.welt.de/politik/ausland/article11820051/Frau-in-Burka-veruebt-Selbstmordanschlag-viele-Tote.html.

[52] Message relatif à l’initiative populaire « Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage » et au contre-projet indirect (loi fédérale sur la dissimulation du visage), FF 2019 2895.

[53] La sécurité de la Suisse 2020, rapport de situation du Service de renseignement de la Confédération, 2020, SRC, p. 40.

[54] Antisémitisme en Suisse romande, Rapport 2019, CICAD, p. 18.

[55] Rapport sur l’antisémitisme en Suisse alémanique, 2019, FSCI, p. 22.

[56] Discrimination and hate crime against Jews in EU Member States: experiences and perceptions of antisemitism, European union agency for fundamental rights, FRA, 2013. Les participants pouvaient sélectionner plusieurs catégories. Le fondement islamiste a été sélectionné dans 51% des cas et n’est dépassé que par la motivation d’extrême gauche, citée dans 53% des cas.

[57] Antisemitic Violence in Europe, 2005-2015, Exposure and Perpetrators in France, UK, Germany, Sweden, Norway, Denmark and Russia, Center for Research on Extremism, University of Oslo, 2017.

[58] Rapport sur les LGBTIphobies 2020, SOS homophobie, p. 117.

[59] Observatoire des LGBTphobies – État des lieux 2019 », enquête IFOP pour la Fondation Jasmin Roy – Sophie Desmarais en partenariat avec la Dilcrah et la Fondation Jean Jaurès, p.13.

[60] Rapport sur l’homophobie 2017, SOS homophobie, p. 110.

[61] La sécurité de la Suisse 2020, Rapport de situation du Service de renseignement de la Confédération, 2020, SRC, p. 40.

[62] Etienne Grisel, Droits fondamentaux : libertés idéales, Berne (Stämpfli), 2008, N. 349

[63] Islam : apostasie et autres joyeusetés, Marie-Hélène Miauton, Le Temps, 10 novembre 2019.

[64] Le licite et l’illicite en islam, Youssef Al-Qaradâwî, chapitre 3, 1960.

[65] After Saturday Comes Sunday: Understanding the Christian Crisis in the Middle East, Elizabeth Kendal, Wipf and Stock, 2016, p. 36.

[66] Analysis: Yusuf al-Qaradawi – a man for all seasons, Jerusalem Post, 20 février 2011.

[67] Controversial preacher with star status, BBC News, http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/3874893.stm, consulté le 29 décembre 2020.

[68] L’islam conquérant, Shafique Keshavjee, la maison de la Bible, 2019, p. 129.

[69] Jihadist Radicalization in Switzerland, CSS Studie, ETH Zurich, 2013, p. 26.

[70] Service d’analyse et de prévention, rapport, 2003, p. 32.

[71] Moschee als Dunkelkammer, Weltwoche, 9 décembre 2009.

[72] Personnes à risque, voyageurs du djihad, monitoring du djihad, novembre 2020, SRC.

[73] Ibid.

[74] La sécurité de la Suisse 2020, Rapport de situation du Service de renseignement de la Confédération, 2020, SRC, p. 38.

[75] Jihadist Radicalization in Switzerland, CSS Studie, ETH Zurich, 2013, p. 4.

[76] Ibid, p. 44.

[77] Mesures de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, Suisse, Rapport d’évaluation mutuelle, 2016.

[78] Art. 16 Cst. Ces libertés sont aussi défendues par divers traités internationaux, tels que la CEDH.

[79] Voir à ce sujet le rapport du service de recherche du Parlement européen : Liberté d’expression, une perspective de droit comparé, Suisse, 2019, EPRS, p. VI.

[80] art. 261 bis CP.

[81] A ce sujet, lire l’homophobie doit-elle être poursuivie pénalement, La Nation, Olivier Delacrétaz, 1er mars 2019.

Mon profond mépris à l’égard des manifestants de Morges

Meurtre. Assassinat. Bâtards. Crime. Prison. Tous ces mots sont parus dans la presse ou les discours de figures de gauche dans les heures qui ont suivi les événements survenus en gare de Morges ce lundi 31 août. Alors que le sang était encore visible sur le quai 4, Le Matin relançait déjà le débat sur les bavures policières, alors que la RTS titrait sur l’homme mort sous les balles de la police – le ton était donné.

J’ai coutume de respecter toutes les opinions et, a fortiori, toutes les personnes qui en expriment – c’est l’un des acquis de mes valeurs chrétiennes. J’ai ainsi l’habitude de différencier les personnes de leurs dires et de leurs actes. Aujourd’hui, je parle avec les sentiments le plus profonds que m’inspirent les comportements abjects de celles et ceux qui ont sauté sur ce terrible événement pour justifier leur idéologie antipolicière voire abolitionniste.

Aujourd’hui, j’exprime un profond mépris à l’égard des manifestants de Morges, avides de visibilité, dénués de décence.

Je méprise la conseillère communale verte Mathilde Marendaz lorsqu’elle ose prétendre, avant de se rendre à la manifestation, que la police assassine des personnes noires et alimente le racisme structurel. Je la méprise lorsqu’elle parle de police colonialiste et raciste et demande son abolition.

Je méprise la juriste chez Unia et ancienne conseillère communale socialiste (que je ne nomme pas en l’absence de fonction politique actuelle) lorsqu’elle accuse la police de meurtre et de biais racistes, avant de traiter tous les agents de police de bâtards (ACAB) – cela quelques heures à peine après les faits.

Je méprise les personnalité publiques – politiques et médiatiques – lorsqu’elles exploitent les drames qui ont eu lieu aux Etats-Unis et le désespoir des familles d’autres agresseurs décédés, notamment à Bex, pour justifier leurs actions politiques. Les personnes qui se nourrissent de sang pour rassasier un appétit dogmatique.

Comprenez-moi bien : je respecte ces personnes en tant que telles. Je respecte leurs idées en tant que croyances, opinions. Je ne respecte cependant pas l’action qu’elles mènent depuis quelques jours, la personne qu’elles sont depuis ce lundi soir.

Et maintenant, qu’en est-il ? Maintenant, prenons un peu de hauteur : attendons les résultats de l’enquête et respectons la douleur des personnes concernées. Les éléments accessibles au public et les témoignages vont dans le sens d’un cas d’école de légitime défense. Que se serait-il passé sans intervention policière ? Les récents événements de Nouvelle Zélande nous offrent une hypothèse. Qu’en est-il du temps d’attente ? Je propose aux manifestants de nous raconter l’état dans lequel ils étaient la dernière fois qu’ils ont été obligés d’ôter la vie d’un individu qui leur sautait dessus, armé d’un couteau de 26 cm. Peut-être pourront-ils nous éclairer. A défaut, encore une fois, attendons les résultats de l’enquête.

Derrière le débat idéologique, il y a des humains. Mes prières vont ainsi aux proches de l’agresseur décédé. Elles vont d’autant plus aux agents et à leurs proches ainsi qu’aux tiers impliqués. Tout le reste est vil, bas, abjecte.